Category: social

  • À Marseille, pour sauver l’emploi à Monoprix

    À Marseille, pour sauver l’emploi à Monoprix

    Sur le parking les drapeaux rouges des UL CGT Marseille Sud, Croix rouge, Fapt et Télécoms flottent autour du boucher. Employé depuis 27 ans dans l’enseigne du Prado, il était convoqué par sa direction à un entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. « Un de trop à faire les frais d’un management agressif, estime Stéphanie Escamez, élue CGT au CSE, depuis un an la nouvelle direction met le paquet contre la CGT ». Alors, « tous pour un et un pour tous ».

    Dans le rassemblement, Gérald ne saisit pas. « Ce qui m’échappe, c’est le motif profond » de cette convocation, déplore-t-il. « J’étais en train d’aider un apprenti au labo quand le responsable m’a ordonné d’aller à la pesée. J’ai refusé car ce n’est pas mon poste. Ce n’est pas tolérable d’être traité comme ça », explique-t-il avant d’entrer dans le bureau fortement soutenu par ses camarades. Dans le rassemblement Christophe, libraire, craint une nouvelle vague de licenciements. « Depuis 15 ans que je travaille ici, j’ai vu nos conditions de travail se détériorer. On est passé de 301 à 160, et récemment on a eu un document officiel de Monoprix où il était indiqué qu’un magasin de notre taille devait fonctionner à 130 salariés. »

    La lutte se poursuit le 18

    Une fonte des effectifs qui a entraîné « une surcharge de travail dans des conditions plus que douteuses », complète Stéphanie. La syndicaliste note : « En accidents de travail et maladie, on atteint un taux au-dessus de la moyenne nationale. En mai 2023 la Carsat s’était même intéressée à nous et avait relevé, selon ses barèmes, beaucoup de points dans le rouge. » Christophe, en arrêt pour accident de travail, en a fait les frais récemment. « Une chute dans les escaliers, à courir partout, avec des garde-corps très bas et des antidérapants tellement usés qu’ils sont inefficaces », précise-t-il. La librairie avait liquidé la presse dans ses rayons. Elle a été remise en place « il y a deux jours, la clientèle s’était plainte de ne plus trouver ses journaux », annonce la remplaçante.

    Gérald ressort de sa convocation un peu soulagé. « On a pu discuter. J’ai expliqué qu’on n’était pas reconnu à notre juste valeur, qu’on n’avait pas à pallier le manque d’effectifs, ça c’est leur politique. Ils se donnent un mois pour prendre leur décision », lâche-t-il, très ému par l’élan de solidarité. La direction n’a quant à elle « pas souhaité commenter ». Nadia Grine, déléguée syndicale CGT, appelle à « continuer la lutte… le 18 ».

  • Les territoriaux FO de Marseille dans la bataille

    Les territoriaux FO de Marseille dans la bataille

    Écoles, crèches, propreté, musées, police municipale… le 18 septembre, les agents territoriaux FO de Marseille seront en grève. À l’aune de cette mobilisation, dans son bureau du boulevard d’Athènes, Patrick Rué, leur secrétaire général, affiche sa détermination. Calme et ferme : « Le 18 va aller dans ce sens : ou vous nous entendez ou la mobilisation va se durcir. Ce doit être un vrai avertissement », glisse l’homme de 70 ans, dont la figure reste encore incontournable dans le paysage syndical marseillais.

    Cette mobilisation du 18 septembre s’inscrit logiquement selon lui dans une colère sociale plus large, nourrie par les inégalités et le sentiment de décisions politiques injustes. « Tout le monde a l’impression d’une forte iniquité. Les 2% les plus fortunés ont une fortune équivalente au reste de la France, et qu’à eux, on ne demande rien », souffle-t-il. Et d’appeler les responsables politiques à « donner l’exemple », notamment en réduisant les privilèges des anciens présidents et ministres : « Ce n’est pas ça qui va changer le budget mais par contre c’est quand même très ancré dans l’esprit des gens. »

    La réforme des retraites pourrait être « le déclencheur » d’un signe d’inflexion de ces politiques, poursuit Patrick Rué. Malgré quatorze mobilisations en 2023, « les Français ont été ignorés ». Pour lui, ce mépris alimente la radicalisation : « À partir du moment où vous ne tenez pas compte des mouvements ordonnés, vous laissez la place au désordre. » Revenir sur cette réforme serait « le vrai signe d’ouverture à une négociation réaliste ». Et ce n’est pas le renoncement aux deux jours fériés qui change grand-chose à l’affaire : « C’est la pratique de négociation avec les syndicats : on met la barre très haut puis on redescend… Quand on ne recule pas, je ne sais pas si c’est une avancée, du surplace peut-être, mais c’est un signe… attendu. »

    Pour Patrick Rué, la stratégie syndicale aussi doit évoluer. Lui défend une mobilisation plus structurée, capable de peser réellement en s’inspirant du mouvement du 10 septembre : « Il faut arriver à des blocages organisés, qui ne partent dans tous les sens. Le jour où il n’y a plus de négociation, c’est la révolution. » Il insiste sur la nécessité d’une « révolte réfléchie » : « Le but, ce n’est pas de mettre le pays à l’asphyxie, mais de bloquer pour débloquer. »

  • Un millier de tracts distribués à Martigues

    Un millier de tracts distribués à Martigues

    À Martigues, l’Union locale CGT s’organise et mobilise. Ce mardi, les militants étaient sur le pied de guerre dès 6h30 sur un rond-point du complexe pétrochimique de Lavéra pour appeler à la grève et à la manifestation. Au total, un millier de tracts ont été distribués aux travailleurs de la zone. Ce jeudi, un bus collectif partira à 9h du parking de la Halle en direction du Vieux-Port.

    Le syndicaliste Fabien Rangade affirme : « Le capitalisme organise la casse de nos vies : salaires bloqués, retraites attaquées, services publics démantelés, industries bradées, précarité généralisée… Pendant que nous, travailleuses et travailleurs, subissons l’austérité, les actionnaires s’enrichissent toujours plus. Face à la barbarie de ce système, seules l’unité et la lutte peuvent inverser le rapport de force. »

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement.

    Plusieurs rendez-vous sont programmés dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse.

    Bouches-du-Rhône

    Marseille, 10h30 : parcours modifié en raison de la forte affluence attendue, avec un cortège au départ du Vieux-Port qui prendra la direction de la Porte d’Aix, en passant notamment par la Joliette.

    Aix, 10h30 : manifestation unitaire au départ du rectorat en direction de la sous-préfecture.

    Arles, 10h30 : le rendez-vous est fixé au kiosque à musique.

    Salon-de-Provence, 10h30 : rendez-vous donné devant la mairie.

    Vaucluse

    Avignon, 10h30 : les manifestants partiront depuis la cité administrative.

    Var

    Toulon, 14h : départ place de la liberté.

    Saint-Raphaël, 10h30 : rendez-vous au rond-point Kennedy.

    Brignoles, 15h : rendez-vous aux berges du Caramy.

    Draguignan, à 10h30 en sous-préfecture.

  • À Brignoles, à l’épreuve de la difficile mobilisation des salariés du privé

    À Brignoles, à l’épreuve de la difficile mobilisation des salariés du privé

    Jeudi, après les manifestations de Saint-Raphaël et Draguignan (10h), puis celle de Toulon (14h), c’est celle de Brignoles qui fermera la marche, à partir de 15h, au départ des berges du Caramy. L’intersyndicale CGT et Unsa espère y voir 700 personnes, tenant à conserver une dimension locale, notamment en raison de la présence de la Confédération paysanne, qui s’est jointe au mouvement. « Un mouvement social s’ancre localement. On a l’ambition, par la grève, de le construire par le haut. Mais on veut surtout le construire par le bas, que les salariés se réunissent en assemblée générale, discutent », détaille Quentin Dauphiné, délégué FSU et enseignant au lycée Janetti de Saint-Maximin.

    D’autant plus que le territoire brignolais, et les 102 000 habitants de la communauté de communes de la Provence verte, n’échappent pas à la paupérisation latente : « 40% des familles du territoire ne partent pas en vacances, 59% de la population de l’arrondissement se posent des questions sur les frais de soin et de loisir. Et on a 12% de chômeurs. Le revenu médian est de 1 634 euros », alerte Michel Debruyne, retraité de la Poste et militant CGT.

    « Un rapport de personne à personne »

    Mais mobiliser n’est pas chose aisée. Les autres forces syndicales (CFDT, FO, Solidaires…), pour certaines peu ou pas présentes sur le territoire, n’ont pas donné de réponse. Néanmoins, le problème réside surtout dans la dépossession des salariés de leur pouvoir de décision, du fait, notamment, de la pression supplémentaire exercée sur eux avec la réforme de l’assurance chômage, et la crainte de perte d’emploi. « Il y a une pression permanente sur les conditions de travail des salariés. Elle ne redescend pas quand ils sont demandeurs d’emploi, avec toutes les épées de Damoclès comme celle de la rupture conventionnelle pour laquelle le Medef veut supprimer l’assurance chômage. C’était ce qui permettait de se réorienter avec un revenu garanti. Mais depuis 2017, le salarié ne cotise plus à l’assurance chômage, seul le patronat le fait. Le rapport de force est biaisé », fustige Céline Germain, déléguée CGT France Travail Paca. « Si on prend l’exemple de la Poste, elle discute avec l’État et l’Association des maires de France. Les organisations syndicales ne sont pas invitées, bien que porteuses de propositions », déplore Michel Debruyne.

    Si certaines cellules syndicales, comme celle de Primark à Avenue 83, se mobilisent, ce n’est pas le cas partout. « On manque de syndicats organisés », regrette Corinne Perrier, déléguée CGT éduc’action et enseignante au collège d’Arbaud de Barjols. Ce qui mène à des situations critiques, comme à Nicopolis : « On a des échos de salariés qui parlent de dictature. Un jour, l’un d’eux est venu nous voir avec un coquard. On est confronté à un salariat éclaté dans des petites et moyennes entreprises. La mobilisation collective a perdu ses repères, la solidarité s’est étiolée et les gens sont confrontés à un rapport de personne à personne, ce qui fait que c’est compliqué pour les salariés de venir à la grève. Il faut voir comment créer une organisation syndicale dans ces entreprises en partant des besoins des salariés », milite Michel Debruyne.

  • Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    « Pourquoi ta facture d’électricité et de gaz a explosé ? Ton salaire ne suffit plus à payer ? » interrogent les grévistes de la CGT du secteur de l’énergie Marseille. Une invitation à un ciné-débat sur leur piquet de grève, au 6 boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement, mercredi 17 septembre, à partir de 19h pour le débat sur l’évolution de la production et de la diffusion de l’électricité et du gaz, et à 21h pour la projection du film documentaire du réalisateur Gilles Balbastre Main basse sur l’énergie.

    En lutte depuis le 2 septembre, les gaziers et électriciens de la CGT Énergie de Marseille tiennent un piquet non-stop sur le site qui réunit les directions de GRDF et Enedis. Ils revendiquent une revalorisation salariale et refusent l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers. Autant de bonnes raisons de les y retrouver, la veille du deuxième round d’une grande manifestation contre l’austérité.

    Un vrai service public

    Depuis le 2 septembre, la CGT appelle tous les agents à la grève reconductible, partout, dans tous les services, dans toutes les entreprises des IEG et à participer aux assemblées générales prévues tous les jours de la semaine à 9h30 sur le piquet du boulevard Gueidon.

    Hausse exponentielle des factures et accroissement de la précarité énergétique ne sont que la partie visible de l’iceberg. C’est le décryptage de la partie immergée que propose le documentaire. Depuis 2007, le secteur de l’énergie est entièrement ouvert à la concurrence. Mais il faut remonter encore dans le temps, à la fin des années 90, pour connaître une série de lois libérales qui va démembrer pierre après pierre le service public incarné par EDF et GDF. Faute d’information, le citoyen lambda mesure mal les conséquences de cette dérégulation. Le film revient sur le « vaste hold-up », qui se déroule sous nos yeux. Comment agir ? Les énergéticiens ont des propositions. Face aux risques de la marchandisation de l’énergie, ils luttent pour réaffirmer la nécessité de revenir à un vrai service public de l’énergie, qui œuvre à l’intérêt général. C’est ce que le débat permettra de mettre en perspective.

  • En Vaucluse, une intersyndicale pour la justice sociale

    En Vaucluse, une intersyndicale pour la justice sociale

    Ils étaient huit autour de la table de l’intersyndicale ce lundi 15 septembre, représentant la CGT, la CFDT, l’Unsa, la FSU et FO, pour évoquer l’appel national à la grève et la mobilisation de ce jeudi 18 septembre à Avignon. Ils appellent à la grève et à une manifestation qui se tiendra à 10h30 au départ de la cité administrative, avec un cortège jusqu’à la place du Palais des Papes où une prise de parole unitaire aura ensuite lieu.

    « Cette journée, qui est à l’appel de l’intersyndicale, est essentielle pour la mobilisation. D’autant plus que le gouvernement Bayrou a sauté et que Lecornu est aujourd’hui Premier ministre, et on sait bien que changer de visage ne change pas la politique économique et libérale de Macron, qui sera toujours au service des plus riches ainsi que du patronat », pose d’emblée Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT de Vaucluse, en amorce de la conférence. En insistant, pendant que les participants acquiescent, qu’il « faut mettre le gouvernement sous pression syndicale » afin de reprendre « l’agenda politique et social et imposer nos exigences sociales ».

    « Bien sûr, nous voulons des moyens budgétaires qui soient à la hauteur des missions de service public et des politiques publiques. Surtout des investissements pour une transition écologique juste avec, derrière, une réindustrialisation, car il y a des enjeux liés entre eux », enchaîne Frédéric Pelleing, secrétaire général de l’UD CFDT de Vaucluse. « Si on doit revenir sur les dernières déclarations du gouvernement, on leur répond que l’on n’est pas dupe. L’abandon de la suppression des deux jours fériés n’enlève en rien les offensives antisociales qui demeurent », confie de son côté Étienne Raoul, secrétaire départemental de Force ouvrière. Avant d’évoquer plusieurs chiffres pour illustrer son propos, comme l’augmentation de 6,5 milliards d’euros du budget des armées, le fait que les 500 plus grandes fortunes de France ont dépassé les 1 128 milliards d’euros cumulés, soit trois fois plus qu’il y a dix ans, ou les milliards d’euros reversés à leurs actionnaires par les entreprises du CAC40, tandis que « le gouvernement demande toujours aux plus précaires de faire des sacrifices », poursuit-il. « Le projet de budget n’a en rien disparu. On ne va pas se laisser aveugler par l’arbre qui cache la forêt », ajoute Nicolas Odinot, secrétaire départemental du SNUipp-FSU.

    Appel à se syndiquer

    Si c’est bien la première mobilisation intersyndicale, le mouvement fait suite à celui du 10 septembre, constitué en partie de personnes sans étiquette syndicale revendiquée. Mais pour continuer le combat, Laurence de Villèle appelle « tous les citoyens et les citoyennes qui partagent nos idées d’augmentation de salaire, d’abrogation de la réforme des retraites, de plus de justice fiscale, de plus de justice sociale, de lutte contre les licenciements, pour une transition écologique, à se syndiquer ». Et ce, car « le rapport de force, c’est au sein de l’entreprise qu’il doit se produire. Tant que l’on n’arrêtera pas la production, la vente ou les administrations, on n’y arrivera pas. C’est seulement dans ce cadre-là que l’on gagnera ».

    D’autant que les orientations du gouvernement de « remettre en cause les politiques d’élévation sociale, comme l’école ou l’hôpital, font le lit d’une certaine frange politique qui est l’extrême droite », dénonce de son côté Nicolas Odinot. « On le constate de plus en plus dans nos entreprises, la digue a cédé. Il ne faut pas se cacher de cette réalité », ajoute Frédéric Pelleing. Ils souhaitent ainsi faire de cette date du 18 septembre une occasion de « vraiment peser sur les orientations budgétaires afin qu’elles soient à la hauteur de l’attente des citoyens et d’une société civile en cohérence avec le monde actuel et non pas avec les espèces de maraudes de certains autoritaristes », conclut le secrétaire FSU.

    « Changer
    de visage ne change pas la politique de Macron »

  • « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur la mobilisation « Bloquons tout » du 10 septembre de laquelle Force ouvrière s’est tenue à distance ?

    Frédéric Souillot : On n’oppose pas les mobilisations. « Bloquons tout » était une mobilisation citoyenne, j’y ai d’ailleurs vu peu de revendications syndicales mais nous avions décidé que notre mobilisation serait le 18, et j’y ai appelé, sans m’opposer à ceux qui souhaitaient manifester le 10. Ce serait schizophrène pour un responsable syndical.

    Le succès du 10 septembre donne une dynamique à l’intersyndicale dans le cadre de cet appel au 18 septembre ?

    F. S. : Oui mais des mobilisations, il y en a tous les jours. Je pourrais parler de celle des salariés de Biscuits International en grève le 11 et qui ont obtenu ce qu’ils revendiquaient. Ce mardi, il y a une marche en Loire-Atlantique, en direction des ARS contre les courriers d’économie sur l’hôpital public. FO a déposé un préavis de grève du 1er septembre au 30 novembre parce que les mobilisations construisent celles du 18 à laquelle ne manque aucune organisation.

    Cette intersyndicale vous rappelle celle de 2023 contre les retraites ? Vous sentez la même dynamique ?

    F. S. : Il est écrit sur la feuille de route que m’ont donnée les syndicats au congrès qui m’a mis en place en 2022 : l’unité la plus large possible. Et bien là, en termes d’organisation syndicale elle ne peut pas l’être plus. Et pour Force ouvrière, j’ai appelé à la grève reconductible à partir du 18. Donc il va y avoir des AG le soir, il y en a déjà qui se déroulent avant la mobilisation, pour savoir ce que l’on fait après.

    Vous appelez à la grève reconductible, qu’est-ce qui justifie une telle intensité dans la mobilisation ?

    F. S. : Pour éviter le concours Lépine des mauvaises idées, et qu’à chaque fois on présente juste la facture aux travailleurs. Que dit le communiqué intersyndical ? On veut plus de justice fiscale, plus de justice sociale et la fin des budgets d’austérité.

    Et ça nécessite quelque chose de fort ?

    F. S. : Oui, il faut montrer à ceux qui réfléchissent au budget qu’on n’est pas d’accord avec ces budgets d’austérité.

    Pourquoi n’avoir pas rencontré Sébastien Lecornu avant le 18 ?

    F. S. : Parce que je ne souhaitais pas que ça brouille les ondes vis-à-vis de ceux que nous appelons à se mobiliser, notamment par la grève et par la grève reconductible. Et puis on ne me demande pas mon avis, quand on choisit un Premier ministre. Je rencontrerai Sébastien Lecornu après, je vous l’annonce, ce sera le 22 septembre.

    Avec quelles revendications, sans déflorer ce que vous allez lui dire ?

    F. S. : Plus de justice fiscale, plus de justice sociale et l’abandon du projet de budget d’austérité de François Bayrou.

    La réforme des retraites et le retour aux 62 ans, est aussi une condition obligatoire pour discuter ?

    F. S. : La revendication de FO, reste l’abrogation de cette réforme, aujourd’hui encore plus qu’hier. Nous avions 49,7% de ceux qui liquidaient leurs retraites qui n’étaient plus en emploi, on est passé à 50,3%. Comme quoi, cette réforme ne répond à rien. Nous ne sommes pas assez nombreux à travailler : on a le plus bas taux d’emploi des 15-25 ans et des 55-64, selon la norme OCDE. Il faut trouver des solutions pour contribuer à la cohésion sociale de la République.

    Vous parlez d’un « budget de la violence sociale ». Qu’est-ce qui incarne cette brutalité ?

    F. S. : Elle vient du fait que la facture est juste présentée aux travailleurs. Les deux jours fériés n’étaient qu’un chiffon rouge, car dans le même temps sur l’assurance chômage, on nous demande de réduire encore les droits des demandeurs d’emploi, de responsabiliser les travailleurs en affection longue durée, de multiplier par deux les jours de carence… ça s’appelle de la violence sociale. Les aides publiques aux entreprises, on n’est pas contre mais on veut juste que la première condition ce soit l’emploi. Quand le patron de Total dit « j’ai touché par an 4 milliards de CICE, je n’en avais pas besoin, je peux les rendre », allons-y. Quand on verse des dividendes aux actionnaires, je ne parle pas de bénéfices, on n’a pas besoin d’aides publiques. L’allègement général de cotisation jusqu’à 1,6 Smic va continuer de paupériser les salariés. Cette violence sociale est toujours là.

    Sur les salaires et le pouvoir d’achat, quelles mesures vous défendriez ?

    F. S. : La consommation des ménages, c’est 56% de notre produit intérieur brut et quand ils ont de l’argent, ils consomment. Donc augmenter les salaires avec le dégel du point d’indice pour les fonctionnaires qui représentent 20% de l’effectif salarié en France, et un coup de pouce au Smic.

    Réduire les avantages des Premiers ministres, ce n’est pas un peu une mesure cosmétique ?

    F. S. : Économiquement, c’est cosmétique. Mais c’est juste montrer l’exemple par le haut. C’est la même chose sur la justice fiscale et la remise en place de l’impôt progressif pour que les plus grosses fortunes et patrimoines soient amenés à contribuer. C’est 1 800 familles en France et tous les ans, on atteint un nouveau plafond record. C’est la multiplication des dividendes aux actionnaires… La politique de l’offre ne marche pas.

    Vous êtes en meeting à Marseille, ce 16 septembre pour leur dire quoi ?

    F. S. : Depuis 2022, je fais ma rentrée dans la plus grande Union départementale de Force ouvrière. Je vais dire tout cela, appeler à la mobilisation, expliquer les choses, rappeler qu’en 2017 notre Sécurité sociale était à l’équilibre et que c’est cette politique de l’offre qui a démonté nos systèmes de protection sociale collective.

    Un mot sur le contexte marseillais avec cette scission chez les territoriaux de FO. Quelle est votre position ?

    F. S. : Certains pensent représenter le syndicat mais le culte de la personnalité n’a jamais rien apporté à personne et surtout pas aux travailleurs qu’il représente.

  • Mobilisation pour défendre le service de famille d’accueil en psychiatrie

    Mobilisation pour défendre le service de famille d’accueil en psychiatrie

    « Le service d’accueil familial thérapeutique ce n’est pas du luxe, il limite l’hospitalisation. » Pour Djemilla Tizi, représentante syndicale de FO à l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, fermer ce service serait une catastrophe. Face à une direction qui compte arrêter le financement de l’accueil familial thérapeutique (AFT), les syndicats FO et CGT appellent à la mobilisation, ce mardi à 13h30, juste avant le comité social et économique (CSE).

    Créé dans les années 90, ce dispositif emploie huit personnes agréées en CDI, qui accueillent chez elles un à deux patients atteints de troubles psychiatriques stables, mais qui ne peuvent pas vivre seuls. Ils sont 15 actuellement à bénéficier de ce type d’accompagnement. Certains vivent dans ces familles depuis de nombreuses années. Ce mode d’accompagnement permet une alternative à l’hospitalisation et un semblant de vie autonome pour les patients. C’est ce dont témoigne José Tréol, qui s’occupe d’Assia et Corinne depuis un an : « Les filles vont souvent chercher le pain seules ou prendre un café. Et puis elles participent à la vie de famille. »

    Fin du financement

    En juin, lorsque le directeur d’Édouard-Toulouse, Thierry Acquier, annonce vouloir financer l’unité de remédiation cognitive et d’évaluation (URCE) avec le budget de l’AFT, c’est le coup de massue pour les familles. Une décision qui pourrait mettrait fin aux contrats des huit personnes agréées pour accueillir des patients et laisserait les 15 patients sur le carreau. Les syndicalistes craignent notamment qu’ils soient envoyés vers des Ehpad. « Il n’y a pas de service de gérontopsychiatrie, se désole Pierre-Édouard Thiebaud, représentant de la CGT d’Édouard-Toulouse. Ce qui fait que la plupart des patients risquent de se retrouver dans des Ehpad, où le personnel n’est pas formé. » Contre cette décision de fermeture, les syndicats de FO et de la CGT appellent donc à une mobilisation à 13h30 ce mardi, dans le hall de l’administration de l’hôpital. « Nous avons deux revendications : pas un seul licenciement et le maintien du service », affirme la syndicaliste de FO.

    Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital ne souhaite pas s’exprimer à ce sujet.

    Eva Janus
  • L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    Si bien des syndiqués se sont joints à l’appel citoyen du 10 septembre pour « tout bloquer », les syndicats n’étaient pas vraiment partie prenante, même si le mouvement était soutenu par la CGT et SUD. « Le blocage du pays ne peut se faire que par la grève, pas en bloquant des ronds-points », estime pour sa part Gilbert Fouilhé (FO 34).

    Jeudi 18 septembre, ce sera justement au tour des syndicats d’entrer pleinement dans la contestation sociale. Une journée de grèves et de manifestations* à l’appel d’une intersyndicale pour la première fois au complet depuis 2023 et le grand mouvement contre la réforme des retraites finalement passée en force via le 49-3. Si à l’époque l’épisode jugé anti-démocratique avait amené démobilisation voire résignation l’année suivante, il semble avoir été digéré et les troupes semblent à nouveau gonflées à bloc. « Une journée intersyndicale aussi tôt à la rentrée, c’est le signe de quelque chose qui va durer », professe Sébastien Audebeau, secrétaire de la FSU 34.

    Rien que dans l’Hérault, une cinquantaine d’appels à la grève public/privé sont déjà recensés le 18 septembre. De là à dire que des débrayages reconductibles vont s’enchaîner et réussir à faire fléchir le nouveau gouvernement Lecornu, il y a un pas. « Nous n’avons pas de bouton pour déclencher les grèves. Ce serait présomptueux d’annoncer tel ou tel mot d’ordre. Nous attendons les remontées de terrain, nos bases nous diront », tempère Franck Mary-Montlaur (FO 34). « L’intersyndicale a déjà prévu de se revoir. Mais ce n’est pas une journée de grèves qui suffira à faire plier le gouvernement », prévient le Sébastien Boudesocque pour la CGT 34.

    Ce qui est sûr c’est que tous les ingrédients de la colère sont là : une précarité grandissante et des solutions toujours plus austéritaires proposées par les gouvernements d’Emmanuel Macron au mépris du résultat des urnes. Mais plutôt que de réclamer le départ du chef de l’État ou de cibler son nouveau Premier ministre, l’intersyndicale appelle à un changement de leurs choix politiques.

    Redistribution des richesses

    À commencer par la question des salaires et des pensions à revaloriser. « Depuis 2010 et le gel du point d’indices des fonctionnaires, les collègues ont perdu 15 à 20% de pouvoir d’achat », calcule Sébastien Audebeau (FSU 34). Même tendance baissière du côté des cadres, insiste Frédéric Thieffy, président de la CFE-CGC 34. « Les entreprises privilégient l’actionnariat à l’encadrement. Le ruissellement à la baisse touche aussi les cadres. Il faut aussi arrêter de taper sur les retraités qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. »

    Bref, « Les sacrifices pour
    le monde du travail, ça suffit
     ! », synthétise Sébastien Boudesocque. À la récurrente problématique de la dette, le cégétiste répond que des alternatives existent à l’image des 211 milliards d’euros annuels distribués aux entreprises sans contrepartie. « La part du PIB passé de la poche des travailleurs à celle du patronat est passée de 6 à 40%. » « La France est l’un des pays qui compte le plus de milliardaires où la rémunération du CAC40 est le plus élevée. Le monde du travail en a marre d’être les vaches à lait », abonde Franck Mary-Montlaur (FO 34). « De moins en moins de gens vivent dignement de leur travail. On a besoin d’une autre répartition des richesses, marre des miettes plutôt que la baguette », illustre Marie-Pierre Zabalète, co-secrétaire de Solidaires 34.

    Services publics à l’os

    L’inquiétude est tout aussi grande sur l’avenir des services publics. « Il y a une déconnexion entre les gouvernants et la réalité du terrain. Ils mettent en difficulté de fonctionnement les services publics, ce qui génère un sentiment de manque de reconnaissance », déplore Grégoire Delattre, secrétaire académique de l’Unsa. L’école et l’hôpital se disent particulièrement à l’os. « Certaines AESH sont rémunérées sous le seuil de pauvreté. On nous parle de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite », s’indigne Sébastien Audebeau (FSU) sans parler de la crise des vocations dans l’Éducation nationale qui a besoin « d’emplois pérennes ». Au CHU, « tout va mal, la colère monte. On a eu le Ségur, il faut passer à autre chose, on a besoin de ratios soignants/soignés », abonde Pierre Renard (CGT). Du côté de la CFTC enfin, Sylvie Bernard alerte aussi sur le besoin de justice sociale. « Pendant le Covid, on a vu le rôle d’amortisseur de la Sécu. Depuis 2019, il y a un durcissement des conditions d’accès à France Travail. Or, le chômage nous pend au nez à tous. »

    * À 10h30 place Albert 1er
    à Montpellier.

    À 14h30 haut des allées
    Jean-Jaurès à Nîmes.