Category: social

  • Les rendez-vous du 10 septembre dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Les rendez-vous du 10 septembre dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Dans les Bouches-du-Rhône

    Marseille.

    6h30 : Des points de rendez-vous sont programmés par « Indignons nous, bloquons tout » dès 6h30 à la Porte d’Aix, Place Castellane, au métro La Rose et sur le parking McDo de la Valentine.

    10h Réformés : appel à une manifestation rejoint par l’intersyndicale CGT, FSU, FO, Solidaires.

    18h Assemblés aux Réformés.

    Des blocages des autoroutes sont programmés au niveau de l’autoroute nord, du littoral et de la L2.

    La CGT AP-HM et la CGT des Territoriaux appellent à la grève.

    Pertuis. 10h Rond point MacDO

    Vitrolles. 6h30 Rond point Coca-cola

    Septèmes-les-Vallons. Grève des Territoriaux CGT.

    Aix-en-Provence. Un rassemblement est prévu à la Rotonde à partir de 12h à l’appel de « Indignons nous, bloquons tout ».

    Gardanne. Grève des Territoriaux CGT.

    Aubagne. 8h à la gare. Puis 17h assemblée populaire à l’espace des Libertés.

    Istres. Un rassemblement est organisé au rond-point du Auchan à 9h à l’appel de membres de « Indignons nous, bloquons tout ».

    Marignane. Grève des Territoriaux CGT.

    Martigues. Grève à l’appel de la CGT au centre hospitalier.

    Salon-de-Provence. 8h30 Hyper Intermarché. Grève des Territoriaux CGT.

    Arles : deux rassemblements sont organisés à 7h, place de la République et au Rond-Point Point de Crau à l’appel de « Indignons nous, bloquons tout ».

    Saint-Martin de Crau. Des blocages d’entrepôts sont annoncés par « Indignons nous, bloquons tout ».

    Vitrolles. « Indignons-nous, bloquons tout » annonce un blocage de Ikea.

    Et aussi : les salariés CGT Mines Energies en grève continuent les piquets de grève à Marseille, Tarascon, Fos-sur-Mer, Gardanne, Roquefort-La-Bédoule, Bouc-Bel-Air et Aix-en-Provence.

    Dans le Var

    Deux rassemblements vont cibler des zones commerciales. Une opération de blocage à partir de 5 heures du matin, sur le parking d’Hyper U aux Arcs-sur-Argens. suivie d’un pique-nique partagé et d’une Assemblée Populaire et Citoyenne dans le parc du Réal. Une autre à partir de 9 heures sur le parking de Leroy Merlin à La Valette-du-Var, à proximité de l’Avenue 83.

    Des actions sont aussi prévues à partir de 7 heures au parking du collège de Montauroux et 7 heures 15 devant le lycée Dumont d’Urville à Toulon. À 11h, un « pique-nique militant » est annoncé sur les berges du Caramy, à Brignoles. Le rond-point du péage de Bandol devrait aussi être occupé.

    Dans le Vaucluse

    Avignon. 10h rassemblement place de l’Horloge à l’appel de « Indignons nous, bloquons tout ». 11h agora citoyenne place du Palais des papes. 14h30 : rassemblement devant la préfecture à l’appel du Snudi-FO. Appel à la grève de la CGT CPAM et des Territoriaux du conseil départemental 84.

    Carpentras. Agora à partir de 10h30 devant la mairie.

  • « Le blocage, c’est notre seule arme »

    « Le blocage, c’est notre seule arme »

    Ils étaient une vingtaine début août, ils sont désormais plus de 300. Étudiants, chômeurs, salariés… Syndicalistes, gilets jaunes, apolitiques, ou rien de tout ça. Chaque mardi, ils sont de plus en plus nombreux à se regrouper sur les marches du Corum, à Montpellier, pour organiser la riposte contre la casse sociale et l’austérité programmée par le Premier ministre François Bayrou, et « tout bloquer ».

    « Il faut s’engager sur une action pour tracter et créer des affiches. Il faut communiquer, la masse montpelliéraine n’est pas encore au courant. Si on ne leur dit pas on va se retrouver tout seuls ! », prévient Daniel en début d’AG. Pour lui, hors de question de laisser « le carnaval de Bayrou » et son vote de confiance freiner l’expression de ce « ras le bol populaire ». Dans la foulée, un autre abonde : « Je suis content de voir que tout le monde est “déter”! Derrière Bayrou et le gouvernement, il y a le patronat qui s’enrichit sur notre dos. Il faut arriver à créer des collectifs de lutte dans un max d’entreprises », argue-t-il.

    Sur les marches du Corum le 26 août, un volontaire prend les tours de parole ; un autre s’occupe du compte rendu ; une autre encore organise le groupe Signal qui permettra de drainer toutes les infos du mouvement local. On évoque aussi l’éventualité de monter une caisse de participation pour l’impression des tracts, ainsi qu’un appel aux dons pour alimenter la cantine populaire qui devrait nourrir les manifestants et les préposés aux barrages filtrants, tels qu’ils et elles les imaginent déjà pour le jour J. Sur les marches également, un militant a mis en libre-service des manuels pour guider les manifestants en cas de garde à vue.

    « Je voulais évoquer deux idées, avance encore un militant au micro. Si on veut bloquer l’économie, il faut viser la production et les transports ! Deuxième chose : il faut qu’on arrive à se compter, pour se donner de la force et de la catharsis… Il va donc falloir prévoir une AG le 10, et organiser la suite  : le 11, le 12 etc. »

    Tout au long de ce début de soirée, la question de l’indépendance de ce mouvement social est revenue à plusieurs reprises, comme un leitmotiv. « Jusqu’à présent, si on a décidé de s’organiser sans chef, c’est pour ne pas ressembler aux partis ou aux syndicats  », lâche un ex-gilet jaune au micro. « Il faut sortir des manifestations à pancartes. Ce qui nous manque, c’est une petite étincelle, un brin de folie, un petit truc en plus qui fait que cette fois c’est différent. Un truc qui fait que ça va marcher », espère un étudiant.

    Depuis les prémices de l’appel à tout bloquer, qui remonte approximativement au printemps dernier, le mouvement a pris de l’ampleur. Horizontal, populaire, multiforme et libre de toute appartenance politique, il a clairement déplacé son curseur vers la gauche depuis les premiers appels issus des sphères conspirationnistes et souverainistes. Désormais, sur Telegram, les militants des groupes d’Occitanie y causent aussi écologie, antiracisme et féminisme… Rassurés par la vague populaire et les valeurs véhiculées lors des premières AG, au fil de l’été, de nombreux mouvements de gauche ont donc soutenu l’appel, comme LFI, le PCF, les socialistes, les écologistes, mais aussi les syndicats CGT, FSU, et Solidaires, seule organisation à appeler à la grève ce jour-là…

    « L’extrême droite n’a rien
    à faire
    dans nos mouvements »

    Présents dans l’AG, nombre de ses militants ont tenu à apporter leur soutien au groupe sans badge ni drapeaux, et à se mettre à disposition de la mobilisation. « Le syndicat n’est pas un métier, c’est un outil », a rappelé une militante de Sud Collectivités territoriales. « On ne pourra pas faire l’économie de se réunir tous ensemble à un moment donné. La manifestation est nécessaire, ne serait-ce que pour se compter », a ajouté un représentant de Sud éducation, avant d’appeler à la vigilance vis-à-vis de l’extrême droite. « Ils n’ont rien à faire dans nos mouvements. Eux, ils sont avec les bourgeois et les racistes ! »

    En marge de l’AG, Barnabé* soupire : « Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est le blocage. C’est la seule arme des travailleurs et des sans-emploi. » Membre actif des Gilets jaunes du rond-point de Prés d’Arène, Daniel abonde : « Il faut qu’on arrive à montrer au gouvernement notre colère et notre mal-être… » Pourtant, à la question de savoir s’il a espoir de voir le mouvement arriver à ses fins, il reste sceptique. « Je suis quelqu’un qui agit sans espoir, mais je n’ai pas d’autre solution. »

    * Prénom d’emprunt.

    À Montpellier, l’appel du 10 septembre prévoit des blocages autoroutiers, une manifestation à 11h place de la Comédie, et une AG qui devrait se dérouler dans le courant de l’après-midi pour organiser l’avenir du mouvement.

    À Nîmes, un rassemblement
    est prévu le 10
     septembre, à 7h au stade des Costières, pour organiser les différentes actions. La manifestation devrait ensuite démarrer à 14h devant le taureau de l’avenue Jean-Jaurès.

  • Le collège Éluard en grève pour garder sa surveillante

    Le collège Éluard en grève pour garder sa surveillante

    Collègues, cheffe d’établissement et même inspection académique s’accordent sur un point : Delphine Guiraud, assistante d’éducation (AED) au collège Paul-Éluard de Bollène, remplit parfaitement sa mission. Le rectorat, contacté par nos soins, parle de « bons états de service ». Le gros hic, c’est qu’au bout de six années de contrat à durée déterminée au sein du même collège, la surveillante s’est vu refuser un CDI à Éluard.

    Une décision incompréhensible pour l’ensemble de ses collègues, cheffe d’établissement et parents d’élèves, dont une centaine a signé la pétition pour que Delphine Guiraud puisse être titularisée. Une grève a donc été menée, ce lundi, impliquant l’ensemble de la vie scolaire et une quinzaine de professeurs. Devant l’établissement, une trentaine de personnes s’est réunie à l’appel des syndicats Snes-FSU et CGT Éduc’action, en présence également d’Anthony Zilio, maire (SE) de Bollène et conseiller départemental qui a adressé un courrier de soutien.

    « Le 14 mars, le rectorat a refusé ma demande de CDI par une réponse non officielle, en prétextant que mon établissement comptait déjà “trop de CDI”. Après de très nombreuses relances, je reçois enfin une réponse officielle le 11 juillet : un refus sans aucun motif inscrit », retrace Delphine Guiraud, dépitée. Avec l’appui de la CGT, la justice a été saisie, le 1er août, afin de forcer le rectorat à revoir sa décision. Une requête qui a abouti le 21 août, puisque le tribunal administratif a suspendu en urgence le non-recrutement en CDI, enjoignant le rectorat à « réexaminer la situation ». Ce qui est fait puisqu’un « contrat à durée indéterminée à temps complet, au sein du collège Joseph-d’Arbaud de Vaison-la-Romaine, lui a été remis en main propre, prenant effet le 1er septembre », nous répond le rectorat, estimant qu’il s’agit du « poste non pourvu le moins éloigné de son domicile ».

    Cela reste « une injustice » pour Delphine Guiraud, qui a jusqu’au 13 septembre pour répondre à la proposition, située à 40 minutes de son domicile. « Rien ne justifie ce poste. En attendant, le collège Éluard, qui avait gelé son poste, va devoir embaucher quelqu’un d’autre en CDD », s’étrangle la CGT, qui ne comprend pas le soi-disant quota de CDI à respecter. « Le rectorat désorganise tout un établissement et une vie personnelle », ne décolère pas le syndicat, qui compte, à nouveau, sur la justice.

  • En assemblée générale, la CGT prépare une mobilisation du 10 offensive

    En assemblée générale, la CGT prépare une mobilisation du 10 offensive

    Camarades, on se serre dans la salle. S’il y a du monde en cette rentrée sociale agitée, tant mieux ! ». Devant une salle comble, Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, lance l’assemblée générale du syndicat, ce lundi midi.

    Une assemblée à laquelle ont répondu présent massivement les organisations du département. Travailleurs du port, de l’énergie, cheminots, salariés de petites entreprises, soignants ou enseignants, tous ont en tête la chute annoncée du Premier ministre et les mobilisations prévues dans la foulée. « François Bayrou est utilisé comme fusible pour poursuivre les mêmes politiques, chaque remaniement a laissé la place à de nouvelles attaques qui vont plus loin dans la casse sociale », campe Jessica Jadé. Avant de planter les objectifs des débats à venir : « Nous devons mettre les conditions pour qu’un remaniement ou une dissolution ne soit pas un frein au mouvement social, mais que ça pousse à la montée du rapport de force. L’enjeu est d’articuler le 10 et le 18 ».

    Ça tombe bien, tous s’accordent sur le fait que « les piquets commencent à se préparer ». « À Airbus, on appelle le 10 et le 18. Il faut aller à la grève, on fait des assemblées de secteur dans l’usine. […] La CGT doit contribuer à la construction d’un mouvement par en bas », plaide François Roche, pour le site d’Airbus Marignane. Si certains notent que les mots d’ordre au lancement du 10 « étaient un peu flous », beaucoup insistent sur la nécessité d’une présence syndicale massive à cette date. « Aux finances publiques, on ne croit pas à la convergence des colères, mais celle des luttes. Derrière le 10, il y avait le risque que l’extrême droite s’empare du mouvement. Mais heureusement, le 10 s’est transformé. On va sur des valeurs de progrès social », analyse Frédéric Larrivée, secrétaire général de la CGT Finances publiques du département. Raisonnement similaire pour Jean-Marie Battini, militant CGT à l’Union locale de l’Huveaune : « Les mouvements comme celui-ci ciblent les gouvernements, l’État. Et ils oublient que le donneur d’ordre, c’est le patronat. La CGT rejoint le mouvement sur ses revendications, afin de montrer qui est l’ennemi de classe ». En clair, il invite ses homologues à préparer une grève franche : « Bloquer des ronds-points ne bloque pas la bourse ! »

    Une vraie effervescence ?

    En tout cas, plusieurs militants font part d’une vraie effervescence dans les entreprises et collectivités pour cette date de mobilisation. « Au conseil départemental, tout le monde est sur le 10. Il faut l’investir à la manière de la CGT : on a l’habitude de mener des combats, on est là pour prendre part », relève Valérie Marques. Faouzi Jacquot, pour la CGT Croix-Rouge, résume finalement le ressenti de bon nombre de syndicalistes : « Pour la première fois, je n’ai pas eu besoin d’aller vers les salariés pour leur parler de cette date. Ce sont eux qui sont venus à moi. Il faut se saisir de ça ! ». Même retour pour les travailleurs de la Caisse primaire d’assurance maladie. « On a lancé le préavis, les agents viennent nous voir aussi. La volonté, c’est plus d’écoles, plus d’hôpitaux, plus de salaires. On doit organiser une convergence », explique Sébastien Kassapian, secrétaire de la CGT CPAM 13.

    Justement, la question de la grève est bien le nerf de la guerre pour les militants. Préavis de six mois pour les cheminots, un autre à l’AP-HM, appel et préavis pour la RTM, piquet à venir à l’usine Arkema à Marseille… À deux jours de cette première étape de la riposte sociale, les retours semblent plutôt positifs. D’autant que la journée intersyndicale du 18 est aussi dans le viseur. Avec le flou persistant sur l’avenir politique du pays. « La réussite de ces dates n’est pas une fin en soi, l’échec ne sonnerait pas le glas non plus. Faisons tout pour mobiliser, mais ne nous arrêtons pas là », conclut Marc Pietrosino, pour l’UL CGT Huveaune. En clair, un combat au long cours qui débute ce mercredi.

  • Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Des palettes pour le feu le soir, des hamacs, des lits de camp et des matelas gonflables, un barbecue et même un écran télé « pour suivre le départ du Premier ministre, indique un gréviste d’Engie, avec une bonne dose d’ironie. On n’en attend pas grand-chose, vu que c’est plus un souci de fond que de forme qu’on a avec ce gouvernement, comme avec nos directions. C’est un tout, on a beau militer au sein d’un syndicat, on est tous tributaires de la politique de ce pays ».

    « Bayrou casse-toi et emmène Macron avec toi » affiche un panneau CGT devant l’entrée bardée de pneus sur le site du boulevard Gueidon, dans le 13e arrondissement. Leur mouvement pour la revalorisation des salaires et contre la hausse des factures de l’énergie ne fait qu’un avec la colère sociale et populaire qui s’exprimera mercredi dans la rue. Avec 30 000 agents en grève reconductible depuis le 2 septembre en France, les énergéticiens ont entamé une action de longue haleine, destinée à rebattre les cartes pour les prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO). En se battant pour les salariés et pour les usagers, le secteur se positionne en fer de lance d’un mouvement social qui grondera encore le 18 septembre.

    Devant le tableau des astreintes, où chacun vient s’inscrire pour assurer un tour de garde permanente, Géraldine, électricienne, explique : « Nos secrétaires généraux font le point quotidiennement sur les suites de l’action. Mais on est encore nombreux à vouloir tenir et les soutiens arrivent tous les jours. » Retraité des IEG, Bernard confirme : « les anciens, les jeunes, les portuaires, les cheminots, toutes les sections locales de la CGT s’organisent pour assurer l’intendance. C’est cette solidarité qui fait notre force ». Et le soir même, c’est la section PCF du 13e qui s’y colle volontiers. « Ils offrent l’aïoli », annonce Michel Pruvost, militant CGT énergie, « pour fêter le départ, mais surtout pour organiser la suite », précise-t-il, convaincu « qu’un changement politique profond doit avoir lieu pour permettre aux forces les plus progressistes de prendre la main ».

    Agrégat de colères

    Un besoin s’intensifie au sein des entreprises, pour ceux qui produisent les richesses, étranglés par un pouvoir d’achat en chute libre, de reprendre le gouvernail pour fixer un autre cap. « Travailleur, rejoins la lutte » ou encore « tu es une force pas un coût ». Partout autour du piquet, les pancartes engagent à l’action. « Pour beaucoup de salariés, nous savons qu’il est difficile de faire grève. Il y a cet étranglement financier, avec les salaires qui n’évoluent pas et le coût de la vie qui s’envole, les emprunts à payer… », reconnaît Frédéric Gonnella. Le secrétaire général CGT Ufict des Alpes-de-Haute-Provence se montre cependant optimiste : « quand on fait le tour des sites, on entend bien la colère. Et on touche aussi les usagers. Il y a eu quelques chefs d’entreprise qui sont venus s’intéresser à nos revendications ». à ses côtés, un agent ajoute : « Même l’huissier qui est venu sur le site a semblé réceptif… ».

    Les restrictions budgétaires sur le dos des travailleurs sont de plus en plus difficiles à justifier pour le gouvernement, au regard des profits redistribués aux actionnaires qui ont encore progressé de 40% entre 2021 et 2024. « Les discours du gouvernement sont hors-sol », assure Bernard. Plus de 12 millions de foyers sont en situation de précarité énergétique. Et « l’année noire » annoncée passe encore par une hausse de facture : jusqu’à maintenant, la France pratiquait une TVA réduite à 5,5% sur l’abonnement et une TVA à 20% sur la consommation. La loi de finances 2025 a fait sauter ce plafond à compter du 1er aoûtdernier. « Comment, dans ces conditions, exiger des 68% des ménages qui ont restreint leur chauffage faute de pouvoir payer leur facture, de payer la note ? », s’indigne Frédéric Gonnella. La Fédération CGT des mines et de l’énergie (FNME) revendique la baisse de cette TVA sur l’abonnement et sur la consommation. Elle soutient à ce titre la proposition de loi présentée au Sénat, le 16 juillet, par Fabrien Gay pour le groupe communiste.

    En soutien, Nicolas Guglielmacci, pour la CGT CPMM, voit dans le mouvement social qui se prépare « une agglomération des colères, sociale, politique et citoyenne » et appelle à participer. Cheminote, Charlotte assure également : « Le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille sera présent ce mardi sur le piquet. Nous aussi, nous mettons la pression sur les 10 et 18 septembre ». Dans l’ouverture à la concurrence du service public ferroviaire qui se joue sur nos lignes, les cheminots refusent de voir leurs accords se faire lessiver.

  • Un accord historique pour la centrale de Gardanne

    Un accord historique pour la centrale de Gardanne

    Une annonce aux allures de double victoire pour la CGT de la Centrale de Gardanne. L’organisation a annoncé, ce lundi, qu’elle avait signé un protocole d’accord, cet été, avec l’État et la direction de l’entreprise propriétaire du site, GazelEnergie.

    Un accord qui porte sur deux points centraux de la lutte que les travailleurs du site mènent depuis des années : la réembauche de 27 salariés licenciés lors du dernier plan de suppression d’emplois, et un premier pas vers le projet de production de biométhane sur le site que portent justement les salariés. Le tout, annoncé via un communiqué commun rassemblant la CGT du port de Marseille, les dockers de Fos, les fédérations des mines-énergie et celle des ports et docks ainsi que l’UD 13 et le comité régional Paca.

    Concrètement, le protocole d’accord « acte la création d’une société, au statut des IEG [Industrie électrique et gazière Ndlr] qui va permettre l’embauche des 27 licenciés restants et le lancement de la 1ère phase de construction du projet de production de biométhane et bio-charbon porté par les travailleurs avec la CGT au travers de leur association, l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne Ndlr] ».

    Coup double pour

    les salariés

    En clair, c’est « une avancée majeure », puisque l’accord permet aux salariés du site de faire coup double : « Le lancement du projet de production de biométhane BMP [BioMéthane Provence, nom du projet porté par l’ATCG Ndlr] », via la création de la société tout en permettant la réembauche de leurs collègues licenciés. Ce dernier point avait été le sujet des dernières mobilisations de la CGT du site, qui avait multiplié les rassemblements, sur le site, mais aussi auprès de services déconcentrés de l’État, à Marseille, comme la direction de l’inspection du travail. « C’est effectivement un coup double, puisque l’accord acte la mise en œuvre effective du projet BMP. On se réjouit de la signature d’un protocole d’un si haut niveau, la réembauche était un point des plus importants », se félicite Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site.

    Ce dernier explique que la société est en cours de création, avec l’embauche déjà prévue des licenciés lors de la fin de leurs congés d’accompagnement spécifique, dispositif mis en place depuis leur licenciement. « BMP sera actionnaire majoritaire avec une participation minoritaire de GazelEnergie », développe le syndicaliste, précisant que l’état apporte plusieurs garanties : « Garantie d’affiliation aux statuts des IEG, aide pour la formation et soutien financier sur le plan technique ». Le tout confirmé par GazelEnergie. « On est sur une normalisation des relations à Gardanne dans la continuité des engagements pris. La participation de Gazel est de l’ordre de quelques millions », explique Camille Jaffrelo, porte-parole de l’entreprise.

  • Vergèze : un rassemblement décisif

    Vergèze : un rassemblement décisif

    La mobilisation reprend de plus belle à la verrerie de Vergèze. Après une première démonstration de force le 3 juillet, qui avait réuni plusieurs milliers de personnes aux côtés de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, un nouveau rendez-vous est fixé au mardi 9 septembre à 10h. « On espère au moins 3 000 ou 4 000 personnes. C’est énorme, mais à la hauteur de l’enjeu », confie Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Depuis l’annonce, en avril, de la fermeture du site par le groupe américain Owens Illinois, l’inquiétude n’a cessé de grandir parmi les 164 salariés concernés. « On nous dit d’attendre octobre pour savoir si Perrier conserve son label eau minérale naturelle. Mais en attendant, c’est toute une usine qui vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête », rappelle Yohan Goupille.

    « La rentrée sociale sera explosive »

    Pour le syndicaliste, la bataille dépasse largement le cas de Vergèze. « On assiste à une hémorragie de plans sociaux partout en France. Des usines viables ferment uniquement pour donner plus de profits aux actionnaires, avec la bénédiction de l’État. C’est un scandale », dénonce-t-il. Le 9 septembre, la CGT veut donc frapper fort. À Vergèze, mais aussi à Vayres, en Gironde, où une action parallèle est prévue le même jour avec la présence de Sophie Binet. Le but : élargir la mobilisation et mettre sous pression élus et gouvernement. « Ce qu’on veut, c’est que les Français ouvrent les yeux : ça n’arrive pas qu’aux autres. Quand une usine ferme, ce sont des familles entières et tout un territoire qui trinquent », insiste Yohan Goupille.

  • La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    Des centaines de chapiteaux ont poussé dimanche sur le Vieux-Port, à l’occasion du festival Vivacité. Un important moment de visibilité pour le tissu associatif local qui, dans un contexte d’austérité budgétaire, doit redoubler d’efforts pour continuer d’assurer l’une de ses missions : l’éducation populaire. Christophe Betti, président de l’association en charge de l’Open festival de Marseille, permettant la diffusion sur deux jours de 44 courts-métrages dans les cinémas Pathé Madeleine et Pathé Joliette, dit s’appuyer avant tout sur la détermination de ses collaborateurs. « Nous sommes 16 bénévoles à travailler à l’année et 30 bénévoles en plus nous rejoignent au moment du festival. Il faut des gens motivés car nous avions 3 229 courts-métrages à visionner cette année pour en sélectionner 44 », raconte-t-il. Subventionnée exclusivement par la mairie après un refus de participation du Département, de la Métropole et de la Région, l’association, qui propose un festival 100% gratuit, a pour objectif de redonner, au plus grand nombre, le goût du cinéma, un lieu « d’échange et de partage », selon Christophe Betti.

    Véronique Manzah, créatrice de l’association les Mots passants, proposant des ateliers d’écritures pour toute la famille, ne bénéficie, elle, d’aucune subvention. « Je n’ai pas encore fait la demande, pour l’instant c’est ma poche qui subventionne et le travail des deux bénévoles qui m’accompagnent », ironise-t-elle. Son ambition : permettre aux adhérents d’apprendre dans la convivialité, l’inclusion et l’humilité.

    Mécénats et billetteries adaptées

    La ZEF, ou Scène nationale de Marseille, dont les salariés disent être relativement épargnés par les baisses de financements avec une poursuite presque inchangée des versements de subventions de la part de toutes les collectivités, s’inquiètent tout de même du sort de leurs partenaires. « Les modifications des accès au Pass culture impactent les scolaires, avec qui nous collaborons beaucoup. Peut-être ne pourront-ils plus assister aux mêmes spectacles qu’avant », confie une bénévole. Composée de deux lieux dans les 14e et 15e arrondissements, l’association dispose d’une résidence d’artistes et d’une salle dédiée à la diffusion de spectacles. Pour rendre la culture accessible au plus grand nombre malgré les manques, les tarifs d’entrée aux spectacles sont adaptés aux revenus et varient entre 3 et 15 euros. Des billetteries solidaires, permettant aux plus aisés d’acheter en plus de leur billet une deuxième entrée à 5 euros, sont également mises en place. Le Studio théâtre (1er), proposant des ateliers théâtre pour tout niveau et n’ayant, lui, obtenu aucune subvention, pratique aussi la méthode de la billetterie adaptée, allant de 150 euros à 60 euros l’année.

    Du côté de Kipawa, association qui aide les personnes exilées avec des cours intensifs de français et l’accompagnement vers le bénévolat, les financements se cherchent un peu partout. « On a des subventions de la Ville et du Département mais on se finance aussi grâce à la recherche de mécénat et aux dons des particuliers », explique Nathalie Dehay, formatrice français langue étrangère, salariée de l’association. D’après le Mouvement associatif, 45% des subventions accordées aux associations en 2025 sont en baisse par rapport à 2024, dont 20% en « forte baisse ». Et de sortir les rames.

  • L’urgence des luttes en débat à la Cride

    L’urgence des luttes en débat à la Cride

    Il faut canaliser ces colères et leur donner un contenu. Notre boulot, c’est ça ! » Durant les échanges, dimanche matin, sous l’ombre agréable des pins du parc Victorin-Blanc, quartier de la Cride, Pierre Daspre, secrétaire de la fédération PCF du Var, termine ainsi son intervention. Quelques instants auparavant, Jean-Pierre Meyer, secrétaire de la section PCF ouest Var et élu au conseil national du PCF, avait planté le décor : « Cette fête se situe dans une période de toutes les préoccupations. C’est une situation ouverte sur toutes les possibilités, les meilleures comme les pires. Le 8 septembre, un certain Premier ministre va devoir rendre ses affaires, puis il y aura les 10 et 18 septembre », présente-t-il.

    Certains dans le public, comme Amaryllis, ne voient pas d’un bon œil le fait de rallier le mouvement du 10 septembre, cette nébuleuse. Sylvie Vinceneux, membre du conseil national du PCF, déclare : « Vous avez vu cet été que la pétition contre la loi Duplomb a rassemblé 2 millions de signatures. C’est pour ça qu’on ne peut pas rejeter le 10 septembre en disant “c’est tous des fachos”. Le problème principal aujourd’hui, c’est que le travail ne paie plus, les salariés ne peuvent plus se loger, partir en vacances… » Présent dimanche à la fête, Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, rappelle la position de son parti : « Nous pensons que nous devons être de toutes les mobilisations qui participent à la construction du progrès social. Je crois que l’heure est venue de la convergence de toutes celles et de tous ceux qui veulent plus de justice et d’égalité, encartés ou non dans une organisation. » Sur la dette et la manière de renflouer le bateau France, le sénateur communiste a une vision radicalement opposée à celle de François Bayrou. « On n’a pas un problème de dépenses, qui sert pour lui à justifier de devoir faire 44 milliards d’économies, en ciblant les services publics et les collectivités, mais un problème de recettes », pose-t-il. « Le patrimoine des 500 familles les plus riches en France atteint 1 300 milliards, l’équivalent de 40% de la dette française qui s’élève à 3 000 milliards. » Pour le PCF, il faut « réformer la fiscalité, pour faire payer moins d’impôts aux classes populaires et moyennes, et mettre davantage à contribution les plus hauts revenus ».

  • L’Union locale CGT appelle à participer au 10 septembre

    L’Union locale CGT appelle à participer au 10 septembre

    La lutte est le seul moyen que le gouvernement écoute nos revendications aujourd’hui comme avant », martèle le secrétaire général de l’Union locale des syndicats CGT de Martigues, Daniel Bretonès, lors d’une conférence de presse organisée vendredi.

    Alors que la rentrée sociale a débuté depuis une semaine avec le mouvement de grève initié par la CGT de l’énergie, l’Union locale suit l’engagement confédéral de se raccrocher à la mobilisation du 10 septembre contre le budget proposé par le Premier ministre, François Bayrou. « On espère que ce mouvement s’inscrive dans la durée, à partir du 10 septembre, puis le 18 et bien après », avise le syndicaliste, qui souhaite « une grève reconductible d’ampleur qui bloque l’économie pour montrer notre désaccord avec le patronat ».

    Daniel Bretonès justifie le choix de rejoindre le mouvement du 10 septembre en affirmant que « nous, on est du côté des travailleurs qui expriment leur mécontentement car on comprend cette envie de changer les choses quand on voit qu’il n’y a plus d’argent pour le service public ou la santé, mais qu’il n’y a plus de limites pour financer l’armée ou la guerre », affirme le secrétaire. D’autant plus au regard de la situation de l’hôpital de Martigues, « très tendue entre le manque de personnel, de moyens et face aux promesses non tenues », selon Daniel Bretonès, qui « ne rêve pas des gilets jaunes, mais d’une unité de tous les travailleurs pour qu’à la fin on gagne ».

    L’UL CGT propose un départ en bus pour Marseille mercredi 10 septembre à 9h depuis le parking de la Halle de Martigues.