Category: politique

  • Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Depuis qu’en juin dernier, Paul-Roger Gontard s’est positionné dans la course aux municipales pour prendre la suite de Cécile Helle à Avignon, l’adjoint (La Convention) à l’urbanisme est adepte du louvoiement. D’abord sans afficher clairement son intention, parlant d’idées et pas de casting, puis en se disant prêt à endosser le costume de maire tout en assurant vouloir élargir la majorité actuelle. « Nous arriverons à l’union, c’est une exigence », assurait-il dans nos colonnes il y a un mois et demi. Entre-temps, son possible allié le plus proche, Joël Peyre, s’est retiré de la course et la maire (PS) Cécile Helle a apporté son soutien à David Fournier (PS).

    Si quelques-uns des soutiens initiaux de Joël Peyre l’ont depuis rejoint, son espace politique s’est assez restreint. Virer vers le centre droit d’Olivier Galzi est une option qui a été très vite rejetée. Ce vendredi matin devant la presse, Paul-Roger Gontard avait pour but de présenter son projet culturel et patrimonial avec 15 propositions. Mais à moins de deux mois du premier tour, avec qui porter ce programme ? « Il n’est ni questions d’ego ou de posture mais d’une candidature aujourd’hui qui propose une offre politique claire aux Avignonnais », défend-il, pensant incarner « l’espace social-démocrate, progressiste, écologiste ».

    Pour justement clarifier, Paul-Roger Gontard, qui ne souhaite pas d’accord avec les insoumis et la liste de Mathilde Louvain au second tour (la réciproque est vraie), reproche à David Fournier de ne pas s’engager sur la question. « C’est un sujet important mais pas le seul », poursuit-il, évoquant « une charte éthique, un élément décisif dans l’exercice des responsabilités publiques ». Sur la question de LFI, David Fournier renvoyait, il y a une semaine, sa réponse au soir du 1er tour. « Ce sera une décision collégiale », indiquait-il, guidée par les scores des listes respectives.

    Pour l’heure, Paul-Roger Gontard confirme « absolument » qu’il sera candidat le 15 mars. « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout, nous ne voulons pas tomber dans une gouvernance de majorité qui serait instable et prise en otage par les extrêmes et les alliances », martèle-t-il. Mais en gardant la porte ouverte « à une main tendue et discours d’ouverture » car « personne ne pourra gagner seul ». Manière d’accentuer la pression sur David Fournier avec qui une rencontre est encore prévue en début de semaine ?

  • Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Un enjeu peut en cacher un autre. L’installation de nouvelles usines et la décarbonation de celles existantes impliquent de nouveaux emplois, dont les prévisions varient entre 6 000 et 10 000 sur une durée et un statut encore inconnus à ce jour. De nouvelles familles vont s’installer, nécessitant des logements, des médecins, des transports ou des écoles, entre autres.

    Des services publics

    La première des préoccupations des élus face à ces annonces est avant tout celle de « réindustrialiser dans l’intérêt des travailleurs, cela doit permettre le maintien des emplois existants, mais aussi la création de nouveaux emplois, dans les proportions qui ont pu être annoncées », selon le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) invité lors du dernier congrès de l’Union départementale CGT. Les incertitudes qui concernent certaines entreprises du 1er pôle pétrochimique européen de Lavéra, comme Kem One (notre édition du 13/01) conduisent l’édile à vouloir « conforter les emplois industriels de notre territoire. Les meilleurs salaires du territoire martégal se trouvent dans l’industrie et nous voulons les conserver », disait-il lors de sa déclaration de candidature en novembre. Ce pourtour de l’Étang de Berre est « un territoire à la fois stratégique pour l’industrie et pour le développement du service public », rappelle le premier magistrat de Martigues.

    La santé est centrale dans l’approche des élus du golfe. Particulièrement au regard de la situation de l’hôpital de Martigues, construit en 1974 pour soigner la zone et absorber le risque industriel. « Notre hôpital est structurant pour le territoire de tout l’ouest du département, avec tous les sites Seveso », rappelait Gaby Charroux lors de l’annonce du plan immobilier (notre édition du 22/01). Le manque chronique de personnel et de moyens dénoncé par l’ensemble des syndicats CGT de la zone conduit l’élu à batailler depuis 3 ans avec l’État et l’Agence régionale de santé (ARS) pour obtenir les 90 emplois et 170 millions d’euros revendiqués par la CGT.

    Bataille à l’hôpital, et « du lobbying » pour Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc en difficulté au plan médical. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous demande si des nouveaux médecins vont s’installer », indiquait l’élu lors d’une réunion publique début janvier. « La santé n’est pas une compétence municipale, mais on a besoin de répondre aux besoins de la population. Alors on prend tous les moyens possibles pour faciliter les projets d’implantation publics comme privés », détaillait-il. Du reste, « la Ville de Martigues a décidé de protéger l’environnement foncier immédiat du centre hospitalier de manière à prévoir des extensions possibles », précisait ce vendredi Gaby Charroux.

    Construire du logement

    Il faudra également trouver une solution de logement pour les milliers de demandeurs actuels dans le parc social et les futurs milliers à venir. « On a besoin de continuer à construire », insistait Gaby Charroux en réunion publique à la mi-janvier. Selon l’édile, « il faudrait construire 250 logements par an pour loger les habitants actuels et les futurs salariés de l’industrie dans les projections du plan local d’urbanisme intercommunal » rien que pour Martigues. « L’État doit aller voir les villes qui ne respectent pas les obligations en matière de logement » pointe également l’élu, de même que le besoin pour la Ville de « veiller au peuplement » pour la mixité sociale.

    Le défi posé par l’aménagement du territoire nécessaire à l’accueil de la population pose la question de la gouvernance de cette mutation. La Commission nationale du débat public (CNDP) retient dans son dernier rapport du 13 janvier qu’« un pacte de gouvernance associant l’ensemble des communes du bassin, les industriels et autres parties prenantes est annoncé en 2026 ». Une fois encore, la balle est dans le camp de l’État.

  • Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    À sept semaines du 1er tour des élections municipales (15 et 22 mars), le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne. Installé à l’angle du cours Belsunce et de la Canebière (1er). Le lieu fourmille déjà depuis quelques semaines. Les 800m2 de cette ancienne banque installée au cœur de Marseille ont été apprivoisés au fil des semaines. Vendredi, la façade jusqu’ici parée d’un soleil, symbole du Printemps marseillais, noir sur fond blanc, s’est colorée. Du fuchsia, du rouge, du vert, du bleu et quatre chiffres énormes, 2026, blancs et bleus, planté au milieu de la rade de Marseille, laissant figurer en fond la Bonne Mère. Côté Belsunce, le nom de tous les quartiers de Marseille.

    Plusieurs rendez-vous y ont été organisés. Benoît Payan, le maire (DVG) sortant y a officiellement annoncé sa candidature le 10 janvier. Audrey Garino, son adjointe (PCF) en charge des solidarités y a dévoilé les vingt premières mesures programmatiques du Printemps marseillais pour la future mandature, la semaine passée. Mercredi, c’est Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes qui est venue apporter son soutien, le tout premier venu d’une personnalité politique nationale.

    L’inauguration va battre le rappel des troupes et donner le véritable coup d’envoi de la campagne du Printemps marseillais version 2026 même si les militants sont engagés sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà. Porte-à-porte, affichage, tractage de rue se multiplient. Plusieurs centaines d’entre eux sont attendues ce samedi, au côté des représentants de toutes les forces politiques et citoyennes engagées derrière Benoît Payan.

    « Le but est de montrer toute l’ampleur de ce rassemblement », glisse l’entourage du maire ou l’appui sur l’enthousiasme qui anime les troupes. L’ambiance soutenue par les derniers sondages et les retours des Marseillais est bonne. Comprenez ici, joyeuse.

  • Le mouvement Debout de Ruffin se lève en Vaucluse

    Le mouvement Debout de Ruffin se lève en Vaucluse

    Pas une nouvelle liste de gauche à Avignon mais un nouvel acteur politique. Le mouvement Debout, impulsé par le député ex-LFI François Ruffin, vient de s’implanter en Vaucluse. Fort de 400 sympathisants et 50 adhérents, il a été présenté ce vendredi à Avignon. « La politique doit servir à protéger les gens, pas à les écraser, François Ruffin représente une voix qui n’a jamais accepté que la résignation devienne la règle, il montre que l’on peut mener un combat sans se trahir », fait valoir Philippe Pascal, référent départemental.

    Connu comme lanceur d’alerte comme inspecteur de l’Urssaf, – « François Ruffin faisait partie de mon comité de soutien » – celui qui a porté une candidature DVG aux dernières législatives à Avignon avant de soutenir au second tour Raphaël Arnault, défend « la dignité au travail, la justice fiscale, les services publics et la lutte contre la précarité ». Des thèmes qu’il entend porter dans la campagne des municipales mais pas à n’importe quel prix.

    « On va discuter avec David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) mais on ne veut pas de liste hétéroclite entre amis d’aujourd’hui ensemble et ennemis d’hier puis de demain, on veut échapper à la cuisine et aux arrangements dont les gens ont marre », pose Philippe Pascal, orphelin de Joël Peyre dont il était un soutien initial. « Certains m’ont demandé de prendre sa suite mais il y a déjà assez de listes à gauche pour ne pas rajouter de la division », estime-t-il. Debout Vaucluse pourrait donc aussi ne soutenir aucun candidat mais « dans tous les cas, on appellera à voter à gauche, le pire serait d’abandonner le terrain aux marchands de haine », assure Philippe Pascal. Notons que hors Avignon, Philippe Armengol, maire-candidat de Velleron est membre de Debout.

  • Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Coup de tonnerre sur les bancs de l’Assemblée nationale, le 14 janvier. Alors que la veille, les députés votaient pour une revalorisation de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), un amendement déposé par le Rassemblement national (RN) et ses alliés ciottistes – prévoyant de réduire de 4,9 milliards d’euros la DGF – a été adopté. Pour cause, la faible présence de députés dans l’hémicycle (57 voix pour et 47 contre). Le RN a pu compter sur la docilité des députés gardois et héraultais puisque Stéphanie Galzy (RN, 5e circo de l’Hérault) et Yoann Gillet (RN, 1ère circo du Gard) ont voté pour le texte.

    Une mesure justifiée par le fait de lutter contre « le millefeuille territorial français […] source d’une véritable gabegie pour les finances publiques ». Dans le viseur, les Régions et les Établissements publics de coopérations intercommunales (EPCI) – on retrouve notamment les Communautés de communes, d’Agglomération ou encore les Métropoles. Une victoire pour le groupe présidé par Marine Le Pen, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy fanfaronnait même « les autres partis blablatent et dépensent à tout va, le RN vote 5 milliards de dépenses en moins » sur son réseau X.

    Augmenter les impôts ?

    Pourtant, ces EPCI sont importants pour la vie locale. Ils permettent d’élaborer des projets d’aménagement, d’urbanisme que seule la Commune ne pourrait tenir. De plus, ceux-ci rendent possible la gestion commune de compétences telles que le ramassage des ordures ménagères, l’assainissement, les transports en commun. D’autres vont même plus loin en mettant en commun des compétences facultatives. À l’instar de la Communauté de communes de Cèze-Cévennes. « Nous exerçons ensemble la politique culturelle et celle concernant l’enfance-jeunesse. Ce sont des choix politiques forts. Nous gardons le même niveau d’engagement cette année car c’est important. Mais demain, si on a des recettes qui diminuent, on ne pourra pas garder ce même niveau d’engagement », soupire Olivier Martin, président de Cèze-Cévennes et maire de Gagnières.

    Et ainsi de se retrouver avec le dilemme entre une baisse des services publics – déjà mis à mal par le désengagement de l’État, notamment en ruralité – ou augmenter les impôts locaux, au risque de se mettre à dos ses propres administrés. Dans les deux cas, les citoyens sont les grands perdants de cette combine de l’extrême droite. Si le recours à l’article 49-3 par Sébastien Lecornu pour adopter le budget – le soutien du PS au gouvernement semble éloigner le risque de censure – a permis de ne pas retenir l’amendement décrié, l’affaire montre le vrai visage de l’extrême droite, qui, une fois au pouvoir, aura les mains libres pour mettre à mal les services de proximité.

  • Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Lors de ses vœux, ce jeudi 22 janvier, Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille, a tenu à rappeler que son activité relevait avant tout du « fruit du travail des travailleuses et travailleurs du port ».

    S’il convient que « le port dispose d’un modèle économique robuste », il s’interroge sur l’avenir de cet outil de développement crucial du territoire, notamment « sur la finalité de certains projets sur les segments à la fois liés à la décarbonation et soumis à une concurrence exacerbée ». Pour le responsable syndical, « les prochaines élections municipales sont un laboratoire politique ». Et de souligner que « depuis plusieurs semaines, nous voyons fleurir des discours d’équilibrisme électoral, le fameux “en même temps” ». 

    Décarbonation sans ligne THT ?

    À savoir : « Un emploi industriel mais en même temps sans industrie, pour la souveraineté énergétique mais avec une baisse de la production, pour la décarbonation mais contre la ligne à très haute tension, pour la transition écologique mais contre le transport ferroviaire, pour la qualité de l’air mais contre le branchement des navires à quai. » Et au final, des positionnements « toujours contre les industries des activités portuaires, qu’il s’agisse des passagers, de la réparation navale ou du transport des marchandises », résume-t-il. Autant d’éléments qui poussent le syndicat à la plus grande prudence.

  • « Moi Marseille »

    « Moi Marseille »

    Laissez passer les cartes postales. Celle de la ville de coups de vents, des coups du sort que les magazines habillent de lumière, de ferveur et de passions, de caricatures. Et revenons à ce que je suis.

    Hier, j’ai célébré mes 2600 ans. Grecque, ouverte sur la Méditerranée, j’ai souvent résisté avec courage, parfois folie, moins souvent j’ai cédé à la sagesse. Des excès, nombreux, me direz-vous. Sans doute, mais je suis ainsi faite. De cycles, de dépressions, de rebonds et c’est dans ce flot incessant que j’ai déployé ma légende.

    Trompant les projets des urbanistes, jouant de l’espace entre ma centaine de villages, j’ai fait ville sans jamais trahir l’âme de ceux qui m’ont façonnée durant ces siècles. J’ai tissé ma force, à l’abri du massif de la Nerthe et de la chaîne de l’Etoile, me dressant contre la Provence, négligeant le tourisme, préférant les orients lointains.

    Alors, d’aucuns ont parlé de moi comme un carrefour alors que je ne suis rien d’autre qu’un havre où les hommes se croisent, travaillent et galèjent. Oui, ici le verbe est haut, moqueur mais je suis ville de labeur et d’efforts, contrairement aux clichés exhibés par ceux de la capitale.

    Aujourd’hui, je le sais. Je suis à la croisée des chemins et je sens que le bruit et la fureur, transformés en étendards par certains, me menacent. Ils excluent, rejettent et se sont persuadés que mes excès traduisent une lâche tentation vers les extrêmes, que mes emportements justifient leurs aveuglements et leurs ressentiments.

    Ils font table rase de ce qui m’a nourri. Leurs propos et programmes, à l’emporte-pièce, sont la négation de mon passé, qui s’est pétri dans l’accueil et le mélange. N’allez pas croire que mon essence populaire signifie l’amour de la révolution. Je manifeste, je crie, je conteste parce que j’aime la justice et refuse les exclusions. Mes colères, elles sont là.

    Si j’ai chanté La Marseillaise, c’est pour sauver la République, pas pour faire preuve d’insoumission. Cette République, elle est égalité, fraternité et liberté. Elle est peut-être menacée, comme ce qui fait ma chair, mes espérances.

    Ceux qui affirment sans sourciller que la police tue, ceux qui refusent le compromis, rejettent tout ce qui ne s’accorde pas avec leur credo. Ils ont les mêmes défauts que ceux qui font porter les péchés capitaux à l’autre, celui qui ne leur ressemble pas. Leurs combats ne sont pas les miens. Ils instrumentalisent mes emportements. Oubliant ce que je veux.

    Je veux continuer à grandir sans perdre mon authenticité, je veux que chacun de mes habitants ait sa juste place, que tous mes quartiers soient apaisés. Le temps n’est plus où je cherchais ma force dans le refus de tendre la main à mon arrière-pays. Le développement auquel j’aspire est fait de coopérations, de dialogues et d’échanges avec mes voisins, proches ou lointains.

    À leur laisser les rênes, ces ingrédients du vivre ensemble disparaîtraient refermant le chapitre d’une ville où les projets, enfin, peuvent bénéficier d’investissements de l’État.

    Je veux être Marseille, une ville de projets pour une jeunesse libérée du déficit d’investissement, de formation, d’emplois qualifiés… Je veux être une ville de logements décents pour tous, d’espaces publics accueillants, de nature préservée. Je veux une économie dynamique qui reflète le potentiel de cette terre de recherche, de savoirs, d’innovation. Je veux des politiques qui rapprochent et non qui opposent, des choix qui protègent et non qui affaiblissent.

    Ce sillon, je l’ai creusé durant des années, avec des maires de conviction, courageux, auxquels mille et un reproches peuvent être lancés. Mais ils n’étaient pas enkystés par cette fatigue démocratique qui menace.

    Il faut être démocrate, républicain, courageux. Le pire n’est jamais sûr mais il nous appartient, désormais ensemble, de tourner le dos aux passions tristes des extrêmes.

  • M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    Une conférence de presse en début de semaine et un premier meeting jeudi 22 au Rockstore, situé avenue de Verdun à Montpellier. S’il a « pris le temps de la réflexion en famille » pour dire qu’il brigue un second mandat, Michaël Delafosse s’est lancé au sprint dans une campagne éclair qu’il espère « digne » – « Je n’entrerai pas dans les polémiques » – contrairement à celle de 2020 où il avait dû aller voter sous protection policière. « Je participerai aux débats. », met au clair le maire socialiste sortant. Confiant mais concentré. « Si on écoute les sondages, c’est plié, ce n’est pas sérieux. J’ai gagné une campagne où je n’étais pas favori. Je vais rencontrer les gens. »

    Au-delà des réunions publiques, il dévoilera chaque lundi une thématique de son programme. Si son premier mandat a été celui du « rattrapage », notamment autour de la 5e ligne d’un tramway devenu gratuit comme promis, le second mandat doit être celui de la « transformation » de la 7e ville de France. Sachant que la ville en chantiers a généré des nuisances et demandé des sacrifices aux Montpelliérains, il se veut rassurant. « J’ai assumé de faire deux mandats en un, j’ai absorbé la dette grise des réseaux qui fuyaient. Il n’y aura pas une telle phase de travaux avant 25 ans », promet-il jouant la carte de « l’apaisement ».

    Priorité aux déplacements…

    Pour autant, maintenant qu’elle est réveillée, Montpellier doit être « transformée ». « Je veux une ville plus solidaire, écologiste et innovante. J’ai un cap pour Montpellier », assure M. Delafosse s’inscrivant ainsi dans les pas de son mentor, le bâtisseur Georges Frêche. Tandis que la croissance démographique reste exponentielle, il prévient : « Montpellier ne peut pas accueillir tous les habitants. Il faut mieux répartir cette croissance. » Grâce au travail partenarial engagé auprès des intercommunalités voisines, le maire président souhaite « faire sortir le tramway des frontières de la métropole ». Au Sud notamment. Ce qui laisse supposer non « pas une 6e ligne de tramway » (trop coûteuse) mais une extension vers l’aéroport ou bien un terminus de la ligne 3 à la mer. Le tout complété par les 4 lignes de bustram à finaliser. Après le vélo, il souhaite réaménager les trottoirs pour les piétons, les places, rénover les écoles, désimperméabiliser. Comme l’avenue de Toulouse, qui va s’ouvrir sur le parc Montcalm, une « percée  » sera réalisée autour du Polygone pour « relier le centre historique à la ville contemporaine » (Zac R. Bofill à Antigone).

    … et à l’emploi

    Côté économie, M. Delafosse compte créer 30 000 emplois. Là encore, si la Medvallée ou le quartier Cambacérès près de la gare TGV seront un « moteur », l’activité devra être répartie. « Je ne me résigne pas face au chômage des jeunes. » Pour les seniors, il prévoie un « plan anti-solitude ». Le logement sera un autre fil rouge. En parallèle de la rénovation urbaine menée avec l’État (Mosson, Cévennes, Saint-Martin…), et dans la lignée des premiers dispositifs destinés à lutter contre les marchands de sommeil (encadrement des loyers, permis de louer…), le maire veut « aider à devenir propriétaire ». Il mise sur le « Bail réel solidaire (BRS) », qui permet d’acheter les murs à moindre coût et de payer une redevance pour la location du terrain.

    Pour limiter les embouteillages, il compte, outre la 5e ligne et les aménagements, sur le Contournement routier ouest (COM). Il assume son choix de transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR pour brûler les déchets dans le quartier Tournezy. « Si certains veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où. » Sur le plan de la sécurité, il reste ferme également suite à son arrêté sur les épiceries de nuit dont certaines sont, dit-il, « le visage du narcotrafic ». Il prend un peu plus ses distances avec Nathalie Oziol (LFI) qui veut « désarmer la police et éteindre les caméras » ou avec Mohed Altrad. « C’est emblématique de ces milliardaires comme Musk ou Bolloré qui viennent s’ingérer dans la démocratie sans en respecter les règles ni les valeurs ». Soutenu par 8 partis politiques de gauche et des membres de la société civile (lire ci-après), M. Delafosse promet de rester droit dans ses bottes. Sans alliance de la carpe et du lapin. « Ma liste du premier tour sera celle du second tour ». Elle sera dévoilée prochainement.

  • Le PCF en première ligne contre l’extrême droite et ses idées

    Le PCF en première ligne contre l’extrême droite et ses idées

    Il aura fallu ouvrir les vœux communistes sur un constat : aux quatre coins du globe, révolutions, luttes pour l’indépendance et guerres éclatent, dessinant ainsi les combats à venir. Mais aussi rappeler que « cette année qui s’ouvre, est marquée par les élections municipales qui précèdent elles-mêmes l’année de l’élection présidentielle : on sait déjà qu’elles seront marquées par la croissance de l’extrême droite dans un contexte ou l’impérialisme se déchaîne, rappelle Arthur Patou, responsable départemental des Jeunes communistes. Nous baserons nos actions pour l’année 2026 sous le signe de la lutte et du rassemblement de toute la jeunesse. » De son côté, Sophie Rothon, secrétaire de section du PCF Pays d’Aix estime que les crises nationales et internationales ont une « racine commune. Le capitalisme en bout de course qui ne survit plus qu’à l’austérité, la guerre, la concurrence généralisée et la division des peuples ». Cette cérémonie de vœux, qui rassemble d’ailleurs toutes les forces de gauches et les militants de la CGT, aura été l’occasion d’annoncer qu’une large mobilisation est organisée samedi prochain, au départ de la Rotonde, à 15h sous le mot d’ordre « Pour la paix, dites non à la guerre ». « L’année 2026 commence avec plus de 60 pays en guerre », rappelle Sophie Rothon. Et de rappeler que le parti reste solidaire de la lutte du peuple Kurde du Rojava, du peuple cubain, du peuple soulevé en Iran, des Palestiniens.

    Combattre l’extrême droite

    Entre autres. Au niveau national « le terrain social » reste aussi à défendre. « Le pouvoir mène une politique de classe brutale imposée par la force. Le budget a été imposé deux fois par 49.3 par le gouvernement Lecornu, lui qui avait promis ne pas y avoir recours. C’est un grave déni démocratique, poursuit Sophie Rothon. D’un autre côté, les 211 milliards d’euros d’aide publique aux entreprises, révélées par la Commission d’enquête sénatoriale présidée par Fabien Gay [sénateur PCF, Ndlr.] ont mis le pouvoir en difficulté. On exige des sacrifices du monde du travail, de l’autre on arrose le capital à coups de milliards. C’est un choix de classe assumé que nous combattons. » Le panel de causes à défendre reste large : soutien d’une jeunesse « précarisée », mais aussi les causes féministes, antiracistes, contre l’antisémitisme, pour les personnes LGBTQIA+, aux côtés des agriculteurs dans leur combat contre les accords de libre-échange et pour la souveraineté alimentaire… Mais surtout, contre l’extrême droite et ses idées, à l’aube du scrutin municipal. « Nous continuerons de la combattre partout où elle tente d’imposer ses idées, ses réseaux, ses financements. Comme à Aix, où la Nuit du bien commun financée par Pierre Edouard Stérin a été annulée grâce à la mobilisation. Quand le monde du travail s’organise, l’extrême droite recule », poursuit la secrétaire de section. David Tessier, désigné chef de file du PCF en vue des élections municipales à Aix-en-Provence, a pris lui la parole pour rappeler « le sens de nos combats ». « Nous sommes le parti des travailleurs (…) nous sommes, à Aix, le parti de Prados [Ernest Prados, résistant communiste aixois, Ndlr.]. Nous sommes hier le parti qui défilait aux côtés de nos camarades Kurdes (…) le parti de la paix qui n’a jamais porté atteinte à la démocratie (…). Nous n’avons jamais, et ne jouerons jamais avec le danger du fascisme et de l’extrême droite, quelles que soient les circonstances », a longuement rappelé David Tessier. Le ton est donné.

  • Le maire de La Cadière René Jourdan tire sa révérence

    Le maire de La Cadière René Jourdan tire sa révérence

    Après une longue réflexion, parce que j’aime cette commune dans laquelle je suis né, en raison de mon âge, il me semble plus sage de ne pas solliciter à nouveau votre confiance jamais démentie depuis 55 ans. » C’est en ces termes que le maire de La Cadière, René Jourdan, longtemps adhérent du PCF, a annoncé aux citoyens de ce village de 5 600 habitants qu’il ne briguerait pas un autre mandat le 15 mars prochain. Il faut souligner qu’à 93 ans, le deuxième maire le plus âgé de France, peut être satisfait de son parcours. Il avait d’ailleurs été réélu en 2020 avec 64% des suffrages dès le premier tour. René Jourdan fut viticulteur de profession. En plus d’un demi-siècle de mandat il a su, avec son équipe, faire évoluer La Cadière tout en préservant son caractère rural et provençal.

    Une population diverse

    Aujourd’hui, résident dans cette commune 67 agriculteurs, 434 artisans, commerçants et chefs d’entreprise mais aussi 461 cadres et professions intellectuelles supérieures, 596 salariés de professions intermédiaires, 631 employés et 312 ouvriers. Si les retraités représentent 35,4% de la population avec 1 393 habitants, la commune est aussi forte de sa jeunesse avec quelque 1 850 enfants selon l’Insee. Elle est d’ailleurs « ville amie des enfants ». Un label mérité qui offre aux plus jeunes (comme à toute la diversité de la commune) des services publics de qualité.