Category: politique

  • Jour J pour l’avenir politique du maire d’Orange Yann Bompard

    Jour J pour l’avenir politique du maire d’Orange Yann Bompard

    C’est un délibéré d’une extrême importance que doit rendre, ce lundi matin, le tribunal correctionnel de Marseille. À moins de deux mois du premier tour des municipales (15-22 mars), la décision est en passe de bouleverser le paysage politique à Orange, ville détenue par l’extrême droite et la famille Bompard depuis 1995. Le fils, Yann, maire depuis 2021 du fait de la condamnation de son père devenu inéligible, risque le même sort que son paternel.

    À la mi-décembre, à l’issue de son procès où il est poursuivi pour emploi fictif et détournement de fonds publics lorsqu’il était assistant parlementaire de la députée RN Marie-France Lorho, la procureure a requis 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Autrement dit avec application immédiate de la peine. Le maire (Ligue du sud) risque aussi deux ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et la confiscation de 8 000 euros sur son compte joint. Aux yeux de nombreux observateurs, il semble illusoire que Yann Bompard échappe à l’inéligibilité. Si celle-ci venait à être confirmée, cela marquerait un tournant dans l’histoire politique d’Orange.

    Évidemment, si proche des élections, les Orangeois ne devraient pas être convoqués aux urnes pour une élection anticipée et le conseil municipal devrait élire un maire ultra transitoire. Bien malin qui pourrait prédire la relève alors que Jacques Bompard n’a pas achevé son inéligibilité. Dans la majorité, « les rats quittent le navire », n’a pas manqué de railler Yann Bompard lors du dernier conseil municipal. Plusieurs élus, comme son 1er adjoint, ont tôt fait de rejoindre les rangs du RN qui, pour les municipales, a investi Jean-Dominique Artaud, issu aussi des rangs Bompard puis mis au ban.

    La députée RN dans l’incapacité de concourir ?

    Outre Yann Bompard, une autre figure de l’extrême droite orangeoise pourrait aussi être inéligible : Marie-France Lorho, députée RN et discrète conseillère municipale. Jugée en même temps que son ex-collaborateur parlementaire a priori fantoche, Marie-France Lorho risque, pour sa part, 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. En cas d’appel, elle pourrait néanmoins finir son mandat de députée sans toutefois pouvoir être candidate aux municipales ou à d’autres futurs scrutins.

    Le procès, notamment en dévoilant des écoutes téléphoniques, avait démontré la vacuité du travail de Yann Bompard auprès de la députée. Lors de ses réquisitions, la procureure avait pointé « le déni » des accusés sur les faits reprochés et que ne pas les condamner serait « leur laisser une seconde chance d’abuser de leur mandat ». La décision de ce lundi matin devrait donc mettre un coup d’accélérateur à la campagne à Orange, où un collectif citoyen Tous orangeois, et sa tête de liste Antoine Boudet, entendent remettre « de la sérénité » dans le débat public.

  • Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Période électorale oblige, le maire sortant et candidat à sa réélection, ne fera pas le bilan de ces dernières années de mandat. « Sachez que nous continuerons à nous investir jusqu’au dernier jour et jusqu’à la dernière heure de mon mandat », promettait Hervé Granier (LR), ce samedi en halle Léo Ferré. Après les hommages, l’heure aura donc été davantage au constat. Sur le plan national, entre autres. À l’échelle locale, le premier magistrat partage celui d’un territoire en croissance. Certes, « la population a évolué ces dernières années (…) nous accueillons à bras ouverts les nouveaux habitants, mais tout en respectant l’âme de notre commune », estime Hervé Granier.

    Un conflit, pour finir

    Il poursuit : « Les afflux trop importants de population dérèglent les fonctionnements et c’est pour cela que j’y suis opposé. De nouveaux habitants, de manière maîtrisée, c’est aussi faire face à la demande pour de nouveaux équipements (…) Prévoir, anticiper, équiper en parallèle notre commune et répondre aux besoins, je dis oui… car on peut très bien grandir sans le traumatisme de barres d’immeubles défigurant notre commune ». Des vœux, qui pourtant se concluront par une passe d’armes. Après cérémonie, le maire relate, sur sa page de campagne, qu’au moment ou « l’ensemble des élus » montaient sur scène pour l’hymne national, « Monsieur La Piana, candidat aux prochaines élections municipales avec ses amis de l’extrême gauche et de la France insoumise, ont décidé de descendre de la scène ». Un geste expliqué par le Collectif Citoyen Gardanne Biver, inclus dans l’union de gauche de Jean-Marc La Piana : le refus d’être sur scène aux côtés d’élus d’extrême droite : José Gonzalez (député RN) et Stéphane Ravier (sénateur RN). « N’ayant rien à partager avec ces personnages, les élus sont descendus de la scène », conclut le collectif.

  • Les vœux réjouissants et volontaristes d’André Molino à Septèmes-les-Vallons

    Les vœux réjouissants et volontaristes d’André Molino à Septèmes-les-Vallons

    C’est en présence du maire de San Damiano d’Asti, Davide Migliasso, avec qui sa commune est jumelée, que le maire de Septèmes-les-Vallons, André Molino (PCF) a présenté ses vœux, vendredi 23 janvier, aux habitants.

    À moins de sept semaines du premier tour des élections municipales, le 15 mars, le maire (qui se représente) n’a pas dressé de bilan mais, comme la loi l’y autorise a détaillé avec gourmandise « les réalisations en cours et celle de l’année écoulée », à savoir 2025.

    « Ne pas céder à

    la pression foncière »

    Sur le plan de l’habitat, André Molino a évoqué « l’opération de réhabilitation-construction des logements acquis par la commune dans les noyaux villageois », en passe d’être terminée. Ainsi que le « dernier dispositif en date, le permis de louer à Notre-Dame-Limite, aux Caillols et à Septèmes-centre ». Ajoutant : « C’est un outil simple et très utile à l’amélioration de l’habitat. »

    Dans cette commune de plus de 12 000 habitants, l’objectif d’André Molino est de « conserver une bonne qualité de vie » et de continuer « d’attirer de nouveaux habitants » mais « sans jamais céder à la pression foncière, en respectant les équilibres existants et en préservant l’intégrité de nos 1 200 hectares en zone naturelle ».

    Outre le logement, le maire de Septèmes a insisté sur l’accès à la santé. « Le travail engagé continue, en lien étroit avec nos partenaires, dont la Communauté professionnelle et territoriale de santé. » Il précise : « Nous poursuivons un double objectif : créer les conditions d’une attractivité suffisante pour maintenir nos professionnels de santé en place et susciter l’installation de nouveaux. » Il annonce l’installation d’un « nouveau médecin dans les prochaines semaines au centre médical de la Gavotte-Peyret, dans des locaux acquis par la Ville à cet effet ».

    Cultiver le bien-vivre

    Le maire de Septèmes-les-Vallons est fier d’annoncer également que « les dix parcelles des jardins familiaux de l’Oliveraie sont prêtes à être mises en culture ». Et de détailler l’objectif de ce projet lancé en 2025 : « L’idée est simple. Que des familles septémoises ne disposant pas d’espace extérieur, puissent bénéficier d’un lopin de terre pour y faire pousser leurs fruits et légumes après avoir reçu une formation adaptée. »

    André Molino a tenu à saluer l’engagement des associations dans la vie de Septèmes-les-Vallons. Faisant montre du volontarisme de sa municipalité. « Cette vitalité associative, nous l’entretenons par une politique de subventions que nous maintenons malgré les contraintes financières, par un soutien technique, et par un travail minutieux de concertation avec chaque structure. »

    De l’importance de l’action communale en ces temps difficiles.

  • [Entretien] Waren Boukhecham : « C’est le bon moment pour proposer une vision nouvelle »

    [Entretien] Waren Boukhecham : « C’est le bon moment pour proposer une vision nouvelle »

    La Marseillaise : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

    Waren Boukhecham : J’ai 38 ans, je suis père de deux filles, je suis né à La Roque d’Anthéron, j’y vis toujours. Professionnellement je suis brigadier-chef de police municipale à Marseille. Depuis seize ans. De 2007 à 2011 j’étais militaire sur la base de Salon-de-Provence, j’ai aussi joué au rugby dans l’équipe de France Armée de l’Air et j’ai joué au Pays d’Aix rugby club. Des expériences, qui m’ont transmis le sens du collectif. J’ai également fait partie du milieu associatif à Marseille. J’ai aidé à créer des activités pour les jeunes des quartiers Nord, entre autres. Je n’ai aucune expérience politique et je n’ai jamais été candidat à une élection. Si je m’engage aujourd’hui, ce n’est pas par ambition personnelle mais par attachement profond à mon village.

    Vous êtes candidat à la tête d’un collectif citoyen. Quels sont vos projets pour le village ?

    W.B. : Oui, un collectif sans étiquette, avec des femmes et des hommes du village, de tout bord, sans appartenance aux extrêmes. On veut une équipe à l’image du village, de terrain, proche des Rocassiers. On a des gens de tous milieux. C’est une liste complémentaire. Aujourd’hui, je suis convaincu que notre village peut retrouver de l’énergie : il fonctionne, mais il a perdu une partie de son dynamisme. Or, un village, ce n’est pas seulement une gestion, c’est aussi de la vie, du lien, des projets… Aujourd’hui, il y a des attentes, beaucoup de Rocassiers veulent préparer l’avenir. C’est le bon moment pour proposer une vision nouvelle. Être candidat c’est choisir l’action plutôt que le commentaire. Aujourd’hui, le village est calme (…) Les commerces ferment les uns après les autres, le marché n’est plus assez fréquenté, on est obligés d’aller dans les communes alentour pour se divertir le week-end. J’ambitionne d’être un maire présent et proche des habitants du village.

    Où en est-on, dans votre campagne et de votre programme ?

    W.B. : On travaille tous les jours sur le programme avec mon équipe et les habitants. Les grands axes seront révélés d’ici 10 à 15 jours.

  • Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Ils étaient tous là, réunis autour de Benoît Payan. Les communistes du sénateur Jérémy Bacchi et leur chef de file Anthony Goncalvez, les écologistes de Michèle Rubirola, les socialistes du député Laurent Lhardit, de la sénatrice Marie-Arlette Carlotti et du secrétaire fédéral Yannick Ohanessian, ou encore Eric Méry, le président de Mad Mars, collectif citoyen à l’initiative du Printemps marseillais en 2019.

    Au service des Marseillais

    Avec eux Samia Ghali, la maire-adjointe (DVG), Pierre Huguet, le président (G.s) du groupe au conseil municipal, les maires de secteur Didier Jau (EELV), Olivia Fortin (Mad Mars), Anthony Krehmeier (PS) et Sophie Camard (GRS) ; des adjoints aussi, Pierre Marie Ganozzi (PM), Christine Juste et Hervé Menchon (EELV), Ahmed Heddadi (GRS) ou Hedi Ramdane (RDG) ; et de nouvelles têtes enfin, comme Pascaline Lecorché (PP) ou Cécile Vignes (GE).

    Après, une annonce de candidature très « personnelle », c’est cette fois la force collective « d’une équipe qui pendant six ans a choisi de servir les Marseillais plutôt que de se servir », qui est mis en avant. La remontée de la Canebière, en rangs serrés, bras dessus-dessous, rappelle le 4 juillet 2020. C’est ainsi que le Printemps marseillais avait débarqué à Bargemon, sous les vivats de la foule et un soleil d’été, pour prendre les clés de la mairie. Samedi, le temps était pluvieux « mais après la pluie vient toujours le beau temps et après l’hiver vient toujours le printemps », rappelle Benoît Payan.

    Face à eux, des centaines de militants et citoyens engagés sont réunies pour cette inauguration du QG de la gauche écologistes et citoyenne pour les municipales. Des écharpes et des parapluies aux couleurs du Printemps, ont été distribués. Le rendez-vous sonne le coup d’envoi de leur campagne. Un moment « historique », martèle le maire alors que l’extrême droite est donnée haute dans les derniers sondages.

    Benoît Payan, lui, veut « lever un espoir », « barrer la route aux fascistes » et « empêcher ceux qui ont abîmé cette ville pendant 25 ans de revenir au pouvoir ». Après six ans de mandats, l’insouciance et l’espoir ont laissé place à une forme de conviction. La formule, elle, reste la même. Dans le local ouvert au public, des habitants et des enfants écrivent sur une fresque militante, une expo présente la grande enquête menée à l’automne… Entre deux selfies, le maire – candidat souffle : « ça fait du bien de voir toutes ces personnes réunies avec nous pour porter l’espoir d’une ville rassemblée ».

  • À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    On a les amis qu’on mérite. Le parti de la France a annoncé, vendredi, son soutien à Franck Allisio, candidat du Rassemblement national à Marseille. Il « a réussi à fédérer le RN, la section locale de Reconquête et le sénateur Stéphane Ravier », argumente son président qui voit pour « le camp national [a] une occasion historique » de ravir la mairie à « l’islamo-collabo Benoît Payan ». Fondé en 2009 par Carl Lang, ancien secrétaire général du Front national, en réaction à la « dédiabolisation » du parti lepéniste, le PDF se revendique d’une « droite nationale, sociale et identitaire », sur fond de nostalgie pétainiste, d’antisémitisme et de néonazisme documenté par nos confrères de StreetPress.

    « Les convictions et le parcours de Franck Allisio sont à l’opposé absolus de ce groupuscule aux relents antisémites et pétainistes. Comme Marine Le Pen et Jordan Bardella nous les combattons », a réagi Olivier Rioult, le directeur de campagne du candidat de l’extrême droite, y voyant « une provocation ». Lui n’assume que les soutiens reconnus, de Stéphane Ravier à Reconquête, et les ralliements « de LR à Horizon ». « A contrario, on défend nos compatriotes de confession juive et ils seront avec nous sur la liste », glisse-t-il en réponse à la droite montée au créneau contre ce soutien sans surprise.

    « Le RN et ses soutiens problématiques. Quand des groupuscules pétainistes, antisémites et néo-nazis se reconnaissent dans un candidat, ce n’est jamais un hasard », écrit Martine Vassal quand son directeur de campagne, Romain Simmarano (Ren) pointe « le silence collectif de la gauche et de Benoît Payan sur ce dossier ». Une gauche qui n’a pourtant jamais rien cédé à l’extrême droite et lui a toujours barré la route, tête haute.

    Distancée dans les sondages, la candidate (DVD) qui assumait cet automne partager des valeurs du RN, cherche surtout désormais à s’en démarquer. Une stratégie à la peine. Vendredi, La Provence soulignait que Christine Frontera, une ex-commandante de police mise à l’honneur jeudi lors de la présentation de son comité de soutien, tractait encore début janvier avec le RN. On a les soutiens qu’on mérite.

  • Yannick Ohanessian : « Nous porterons le nombre de policiers municipaux à 1 600 à Marseille »

    Yannick Ohanessian : « Nous porterons le nombre de policiers municipaux à 1 600 à Marseille »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité, c’est un thème qui revient beaucoup dans la campagne, qu’en dit le Printemps marseillais ?

    D’abord, nous avons démarré depuis plusieurs mois, ce que nous avons appelé une enquête auprès des Marseillaises et des Marseillais pour leur demander leur avis sur la ville aujourd’hui, sur leurs priorités pour les sept prochaines années. La sécurité, la propreté reviennent beaucoup.

    Didier Gesualdi : Pour vous, ce n’est pas un thème subi ?

    Vous imaginez bien que non ! On est la majorité qui a doublé les effectifs de la police municipale. Je rappelle qu’elle a été créée en 1974. Entre 1974 et 2020, les effectifs ont atteint 397 policiers municipaux. Désormais, nous en avons plus de 800. En un peu plus de 5 ans, nous avons créé plus d’effectifs de policiers municipaux que depuis les 46 dernières années.

    Léo Purguette : Et pourtant vos adversaires de droite et d’extrême droite vous font un procès en naïveté sur la question de la sécurité.

    Évidemment, dès lors qu’ils sont confrontés à leurs propres turpitudes, sur un thème de prédilection pour la droite et l’extrême droite, ils en sont à répandre des fake news, à raconter de grossières bêtises. La vérité, elle est vérifiable : nous avons doublé les effectifs de la police municipale, nous avons augmenté le nombre de caméras de vidéoprotection dans la ville. Loin des petites phrases sur les réseaux sociaux, nous sommes dans l’action au service des Marseillaises et des Marseillais.

    Didier Gesualdi : On a vu des images où le maire de Marseille dit à un journaliste qu’il n’y a pas de Kalachnikov dans les rues. C’était une erreur ?

    Il y a un Marseille bashing, il faut venir voir cette ville, sa richesse culturelle, son attractivité économique. Toutes les Unes de toutes les presses locale, nationale ou internationale disent à quel point Marseille est en train de changer vers du mieux. Tout n’est pas réglé bien évidemment, on a mis énormément de moyens, on va poursuivre.

    Le narcotrafic

    Léo Purguette : Le narcotrafic pèse énormément ici, ailleurs aussi, mais ce n’est pas une question qui relève directement de la municipalité. Est-ce audible pour des citoyens exaspérés et inquiets ?

    Le maire de Marseille l’a toujours dit et il a mille fois raison : c’est une compétence première de l’État. Et pour autant, le maire a mis tous les moyens qu’il pouvait à travers sa police municipale et du développement du réseau de vidéoprotection. La lutte contre le narcotrafic ce n’est pas simplement des mots, des opérations « place nette » ou « XXL ». C’est bien, ça compte, ça aide les fonctionnaires de police nationale que je veux saluer ici. Mais lutter contre le narcotrafic ce doit être s’attaquer à la racine du mal, couper la tête de la pieuvre, pas simplement ses tentacules. Ça veut dire mettre des moyens sur une vraie coopération internationale, pour renforcer la police nationale. Redonner du souffle, du corps, de l’énergie, aux magistrats. Créer des postes de magistrats spécialisés. Il faut lutter contre le narcotrafic de la même manière qu’on lutterait contre le terrorisme.

    Didier Gesualdi : Les chiffres de policier nationaux la nuit ont fait l’objet d’une polémique entre le maire et le préfet……

    Honnêtement, peu importe la bataille des chiffres. Le maire a raison : on ne peut pas se retrouver dans la deuxième ville du pays qui compte désormais 900 000 habitants, avec une poignée de fonctionnaires de police nationale mobilisée la nuit. Ce n’est pas entendable ni acceptable. C’est un service public nécessaire du 1er au 16e arrondissement. Il faut travailler sur l’appel 17 et police secours, remettre de l’îlotage. Nous le faisons du côté de la police municipale.

    La police municipale

    Léo Purguette : Vos adversaires de droite vous reprochent de ne pas jouer votre rôle en sanctionnant ceux qui déposent des encombrants ou stationnent mal. Que leur répondez-vous et comment faire mieux ?

    En arrivant, on a créé en 2021 la brigade de l’environnement et de la lutte contre les dépôts sauvages. Elle n’existait pas dans notre ville. Elle compte aujourd’hui plus de 600 affaires à son actif. Des affaires transmises au parquet avec lequel nous avons créé une relation privilégiée pour sévir sur celles et ceux qui s’adonnent à ce type de comportements. On a multiplié le nombre de caméras nomades qui sont plus faciles à installer pour lutter spécifiquement contre cette délinquance. Il fallait qu’on trouve des moyens nouveaux. Est-ce qu’il y a encore à faire ? Bien sûr, on va continuer, c’est pour ça qu’on a annoncé qu’il y aurait à nouveau le doublement de la police municipale. On va passer de 800 à 1 600.

    Didier Gesualdi : Martine Vassal parle de 200 sanctions par an, ça paraît ridicule.

    Je vais rester poli. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Dans quelle ville vivent-ils ? La police municipale aujourd’hui c’est un peu plus de 200 000 verbalisations, très majoritairement sur les stationnements abusifs et dangereux et les dépôts.

    La non-censure

    Léo Purguette : Vous êtes socialiste, croyez-vous possible de construire un projet municipal ambitieux avec le budget national qui est passé ?

    Ce qui est certain, c’est que nous avons un gouvernement qui n’est pas de gauche…

    Léo Purguette : ni de gauche ni de gauche…

    C’est un gouvernement de droite. Personne n’a la majorité dans l’hémicycle parlementaire. Il y avait deux options. S’opposer à tout et subir le budget initial, extrêmement douloureux pour les Français et ultralibéral, ou – et je suis fier de le dire – aller vers une négociation pour obtenir des compromis. On a obtenu des avancées sociales, ce n’est pas la panacée mais le repas à un euro pour les étudiants, ne pas avoir les franchises médicales qui augmentent, 400 millions d’investissements sur les bailleurs sociaux…

    Léo Purguette : Cela rend-il possible votre projet municipal ?

    Ça participe à l’idée d’améliorer le pouvoir d’achat. C’est notre objectif ici à Marseille aussi.

    Les quartiers populaires

    Didier Gesualdi : Ceux qui souffrent le plus de l’insécurité sont dans les quartiers populaires où il manque aussi des services publics, des centres sociaux, et là, la Ville a des leviers.

    Oui et on les a très largement activés. Quand on va chercher avec le plan Marseille en grand, des moyens colossaux pour la politique de la ville, pour la rénovation et la reconstruction d’un certain nombre de logements, pour rouvrir des centres sociaux qui sont des lieux de rencontre et de partage de toute une jeunesse marseillaise. Elle n’est pas condamnée, assignée aux pieds d’immeuble. On lui donne d’autres perspectives. Les centres sociaux c’est la découverte de la vie, de la ville, des musées, de la plage, du parc national des calanques. C’est de cette manière que la Ville travaille à remettre du lien social. La question de la sécurité on la traite, mais ce n’est pas que ça Marseille. Il faut participer, travailler, regarder la ville telle qu’elle est en essayant de construire autre chose. Autre chose c’est quoi ? La culture, le sport, le logement, les transports, la propreté et le vivre-ensemble.

    Léo Purguette : Le candidat d’extrême droite propose de ne pas avoir d’adjoint à la sécurité pour s’en occuper lui-même. Ça ne sert à rien un adjoint à la sécurité ?

    Ne pas compter dans son équipe un adjoint qui s’occupe H24 de ces problématiques-là, c’est dire à quel point il ne s’y intéresse guère en réalité. Il y a les discours, les grandes phrases, les déclarations intempestives mais il y a la réalité du terrain. Ça me donne l’occasion de lui dire « bon courage » si vous souhaitez demain trier les gens qui pourraient venir ou pas sur les plages. On est dans le ridicule absolu.

    Didier Gesualdi : Benoît Payan est sur toutes les affiches, il y a un culte de la personnalité ?

    Le Printemps marseillais a-t-il disparu ?Je ne crois pas. On est sur un mouvement historique qui s’est même beaucoup élargi par rapport à 2020. Des nouvelles formations politiques et citoyennes nous ont rejoints. Et puis, on a aujourd’hui un maire de Marseille qui a eu le courage de mener toutes ces actions depuis 5 ans et qui se présente au suffrage des Marseillais. Il est tout à fait normal que la campagne soit menée avec Benoît Payan comme leader de ce mouvement. Derrière, c’est l’ensemble des formations politiques qui sont engagées dans le Printemps marseillais. D’ailleurs toutes les propositions mises sur la table sont le fruit d’un travail avec les formations politiques. Nous avons des réunions régulières au QG de campagne, tout le monde y a sa place.Léo Purguette : Serez-vous tête de liste dans un secteur ?Vous le saurez bien assez tôt. Je suis élu dans les quartiers Est de la ville, j’y suis né, j’y ai grandi, j’y ai un attachement particulier. C’est là que j’ai fait mes premières armes en politique. Ce sont des discussions en cours. Vous aurez bientôt les visages des têtes de liste qui partiront au combat sur les huit secteurs de la ville.

    Didier Gesualdi : Le RN est-il votre principal adversaire ?

    Il n’y a qu’à voir les sondages, vous les lisez aussi attentivement que moi…

    Didier Gesualdi : Celui de La Marseillaise plutôt que celui du JDD.

    Vous avez raison ! Mais sondage après sondage l’adversaire de Benoît Payan ça sera le RN. J’appelle à Marseille et dans le département à se mobiliser dès le premier tour pour les candidats humanistes.

    Léo Purguette : Y a-t-il encore des possibilités de rapprochement au second tour avec les insoumis ?

    J’ai lu avec beaucoup d’attention les déclarations de Sébastien Delogu. Quand on est capable de déclarer d’un autre candidat de gauche à la tête de la deuxième ville du pays, qu’on ne souhaite pas le voir gagner, ça en dit long sur l’état d’esprit de LFI. Si ce n’est pas Benoît Payan qui doit gagner, c’est qui ? Le RN ? Ça pour moi, c’est plus qu’une faute politique, c’est une ligne rouge franchie.

    Les Bouches-du-Rhône

    Léo Purguette : Assez parlé de Marseille, vous êtes aussi premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Un accord d’union de la gauche a été signé dans une soixantaine de communes. Quelles perspectives de conquêtes à gauche ?

    En 2020, nous n’avions pu réaliser l’union quand dans quelques communes, aujourd’hui 60, ce n’est pas rien c’est globalement l’ensemble des communes de 20 000 habitants. Cette union, la plus large possible, elle est le fruit de plus d’un an de travail avec le PCF, les Écologistes et d’autres formations politiques. Il y a un enjeu pour la gauche sur Gardanne, Aubagne, Arles, Aix-en-Provence également. Et puis on est aussi en soutien dans des communes de citoyennes et citoyens non encartés.

    La question des lecteurs
  • Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Dans l’auditorium de Pablo Neruda, la gauche nîmoise a choisi le décor et le message : l’heure n’est plus aux intentions générales, mais au « grand oral ». Autour de Vincent Bouget, l’équipe de Nîmes en commun (union de la gauche hors LFI) a présenté ce 19 janvier ce qu’elle appelle un « projet » faisant office de programme, et insiste : « ce n’est pas un catalogue de promesses  ». Avant tout, la campagne se veut être une rupture après les 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier : la gauche souhaite surtout mettre un cap lisible sur la table. Avec une idée simple, martelée : la mairie ne peut pas se contenter de gérer des chantiers et des façades. Elle doit réparer le quotidien – logement, écoles, santé, transports, sécurité – et retisser du commun.

    Une méthode : « Rendre le pouvoir aux Nîmois »

    Le collectif met d’abord en avant sa manière de faire. Film participatif, dizaines de réunions publiques, 3 000 contributions : le projet se revendique issu du terrain. « Aucune décision importante ne doit être prise sans les habitants », insiste Vincent Bouget, qui promet des conseils de quartier renforcés, des débats municipaux transparents et des outils concrets de participation. Sur des dossiers sensibles comme les Halles, la gauche veut tourner la page des décisions descendantes et « repartir sur une large concertation ».

    En finir avec « Nîmes
    à deux vitesses »

    Le diagnostic est partagé par toute l’équipe : Nîmes est aujourd’hui une ville fragmentée. La campagne se construit donc autour d’un fil rouge, celui de l’unité. « Les Places communes » en deviendront le symbole : des lieux ouverts dans les quartiers pour se retrouver, monter des projets, recréer du lien. « On a besoin de se parler, de se retrouver ensemble », répète Bouget. Une dizaine de sites sont évoqués à l’échelle du mandat. Derrière cette idée, une exigence simple : que chaque quartier bénéficie du même soin, de la même attention, de la même présence des services publics.

    Remettre de la dignité

    Sur le logement, le candidat attaque frontalement : « Nous voulons loger tous les Nîmois. » Observatoire du logement, lutte contre les logements vacants, développement du logement social, guichet unique : la gauche assume un virage social face à une ville qu’elle juge excluante. Sur la santé, la médecin Catherine Fenech pose un constat simple : « Il y a 70 médecins pour 100 000 habitants dans cette ville, dont la moitié partiront à la retraite en 2030. » D’où la proposition d’un centre de santé municipal pluriprofessionnel et universitaire, d’une mutuelle communale et d’une approche globale liant santé, environnement et conditions de vie.

    Sécurité : la proximité

    Sur un thème souvent confisqué par la droite et l’extrême droite, la liste avance une ligne sans ambiguïté. La police municipale resterait armée, mais davantage tournée vers la proximité, avec des horaires élargis, des postes mobiles et un maillage plus équilibré dans la ville. Le commissariat de plein exercice à Pissevin est présenté comme une priorité, tout comme le renforcement des médiateurs, dont le rôle est jugé essentiel pour apaiser les tensions. Et pour couper court aux caricatures : « Le RN ment. Nous ne voulons pas désarmer la police municipale. »

    Jeunesse : « Une ville
    à hauteur d’enfant »

    La jeunesse traverse tout le projet. Vincent Bouget parle d’une ville pensée à hauteur d’enfant, où on lutte contre le décrochage, où on accompagne chaque parcours. Cela passe par un réseau de réussite, la gratuité des transports pour les scolaires et une mesure qui marque les esprits : « 1 000 enfants partiront en vacances chaque année. » Marianne Bernède prolonge cette vision dans l’espace public : abords d’écoles piétonnisés, cours végétalisées, rues sans voiture expérimentées. Elle y associe un combat plus large pour l’égalité. « Nous voulons faire de Nîmes une ville féministe », dit-elle en évoquant notamment des transports nocturnes adaptés pour permettre aux femmes de circuler sans crainte.

    Économie et finances : reprendre la main

    Sur le développement économique, Pierre Jaumain (PS) décrit un territoire trop cloisonné. Il plaide pour une agence locale capable de fédérer les acteurs, d’accompagner les entreprises et de redonner une dynamique à la ville. La gauche entend aussi rouvrir plusieurs dossiers emblématiques : gestion publique des monuments romains, avenir des Halles, défense du site universitaire des Carmes. Enfin, la question budgétaire est abordée sans détour. Gilles Guillaud dresse un constat sévère – 758 M€ de dette cumulée entre la Ville et l’Agglo – et assume une ligne de rigueur sélective : pas d’augmentation d’impôts, mais un recentrage des dépenses pour retrouver des marges d’investissement. En conclusion, il résume l’enjeu du mandat à venir d’une formule limpide : « Ce sont des choix politiques. »

  • L’Union pour Arles veut dérouler le tapis rouge de la Ville aux médecins

    L’Union pour Arles veut dérouler le tapis rouge de la Ville aux médecins

    À Salin-de-Giraud, on a un médecin présent 2 jours par semaine pour 2 200 habitants », déplore Charlie Scandagliari, ancien directeur du CCAS, lors d’un rendez-vous de presse de l’Union pour Arles vendredi matin. Situation semblable à Mas Thibert pour Serge Meyssonnier, plus de 70 ans et médecin généraliste depuis 1984, qui « continue, car si je m’arrête il n’y a pas de succession ». Le docteur, ancien adjoint de Patrick de Carolis, alerte : « Il est urgent de faire venir des généralistes à Arles car beaucoup ont plus de 70 ans et ne sont pas éternels. »

    Alors, Nicolas Koukas (PCF) et son équipe ont pris le sujet à bras-le-corps, développant 7 propositions dont la première est de « dérouler le tapis rouge » aux médecins pour faciliter leur installation. « Des locaux municipaux il y en a, on veut les mettre à disposition des médecins pour y établir leur cabinet en priorisant l’exercice regroupé, plus attrayant », détaille le candidat, rappelant qu’il y avait « 53 médecins en 2018 à Arles contre 35 en 2025 ».

    Défendre l’hôpital

    L’hôpital est également dans le viseur de l’Union pour Arles. « Les agents s’inquiètent de la fermeture de lits suite à la fusion des services de gastro et cardiologie », indique Nicolas Koukas. De la même manière que « tout sera fait pour maintenir la maternité d’Arles », également source d’inquiétudes.

    Pour ce faire, le candidat compte composer la liste de l’Union pour Arles avec « au moins 10 personnes qui travaillent dans le domaine de la santé réparties en plusieurs endroits du territoire ». Cette composition devrait être révélée en février.

  • À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À moins de soixante jours du scrutin, j’ai décidé de prendre mes responsabilités et d’être candidat aux prochaines élections municipales », a déclaré, devant plus de 150 personnes, salle St-Marceaux, le communiste Karim Ghendouf.

    Quelques minutes plus tard, il a lancé : « L’histoire de La Ciotat le montre : la gauche gagne lorsqu’elle est unie. » D’accord. Et c’est pour cela que Karim Ghendouf se présente sous les seules couleurs de La Ciotat nous rassemble ? Après les discours, l’homme a accepté de faire une – bien utile – explication de texte. « Cela fait de nombreux mois qu’on discute avec le PS, LFI, le collectif Nouveau front populaire, EELV. Mais les discussions pour l’union de la gauche aux municipales n’aboutissent pas. J’ai donc pris mes responsabilités, et je les assume. Cela suffit, les palabres. La loi impose de déposer les listes entre le 9 et le 26 février. Si ça peut provoquer un électrochoc… On a un bilan, une expérience, et en même temps on dit qu’on n’est pas fermé », explicite Karim Ghendouf. Le PS de Toni Delogu voulait, lui, placer Martine Cuccaroni en tête de liste de l’union de la gauche ciotadenne.

    2 000 logements sociaux de plus

    À l’exact opposé du « clinquant, du show perpétuel de la municipalité actuelle », a épinglé Albert-Jean Morazzini ; « nous devons faire du commun », a plaidé Karim Ghendouf. « Le mandat de la majorité de droite [Alexandre Doriol, DVD, est maire depuis 2023, Ndlr.] s’achève avec une commune dont les impôts, le prix du mètre carré du foncier et le coût du logement sont les plus élevés du département, creusant les inégalités et empêchant, contrairement à ce qu’ils disent, une ville équilibrée et solidaire », a mis en exergue le communiste. « L’école est la priorité de La Ciotat nous rassemble », a posé Sylvie Demoulin. Le programme promet « la gratuité des fournitures scolaires, de l’accès à la culture, des temps périscolaires ». Mais surtout, LCNR veut agir pour le logement, « alors que les jeunes ménages quittent la ville », faute de pouvoir se loger. Aujourd’hui, le taux de logements sociaux est de 21%. LCNR veut le porter à 30%, selon son estimation des besoins, soit « au minimum 2 000 logements sociaux de plus », a exposé Hervé Watteau.