Category: politique

  • La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La dégringolade du Football club de Martigues (FCM) n’en finit pas de faire parler. Après la liquidation de la structure professionnelle, le club Sang et Or était reparti en Régional 1 en juillet dernier, les garanties financières promises par l’actionnaire n’étant pas arrivées à temps. En août, la chute des Martégaux s’était amplifiée avec une deuxième sanction, cette fois-ci de la part de la Ligue Méditerranée de Football, qui l’avait rétrogradé en Départemental 1. Au conseil municipal, jeudi dernier, l’avenir du club aux 450 licenciés a interrogé les élus.

    Le conseiller municipal d’opposition et candidat (DVD) aux municipales Jean-Luc Di Maria a décrit un FCM « aujourd’hui en 9e division et endetté jusqu’au cou », pointant la responsabilité de la majorité : « Avec 380 000 euros de subvention par an, je vous laisse comptable de cette situation. » Pourtant, la responsabilité de trouver les fonds nécessaires pour que le club s’engage en championnat national incombait à l’actionnaire américain du club.

    Éliane Isidore, conseillère municipale déléguée aux sports, a répondu : « Cette rétrogradation n’est pas due aux dettes du FCM, mais à des décisions d’instances fédérales. (…) La situation en 2025/2026 va être la même que cette année, pas moins de joueurs, pas plus de dette. Ce n’est pas à la Ville que vous devriez vous en prendre mais aux instances pour leurs décisions inconséquentes. Dans le monde du foot, on n’a jamais vu une rétrogradation de 7 divisions. »

    La Goutte d’or libérée

    Quant à la demande de Frédéric Grimaud (LFI) de mettre en place une commission d’enquête pour « comprendre la descente faramineuse » du club et s’assurer de « la bonne gestion des deniers publics », l’élue a rétorqué : « Créer une commission qui va aller éplucher les comptes, c’est du délit d’ingérence. La Ville n’a pas de pouvoir d’enquête sur les associations et c’est une bonne chose. Quand les associations sont subventionnées à cette hauteur-là, elles ont des commissaires aux comptes. Ce sont eux qui attestent de la sincérité des finances. » Un autre dossier a fait jaser : celui de la Goutte d’or. La Ville avait acheté ce bâtiment, situé au bout du cours de Jonquières, en 2019. Après six ans de contentieux pour « récupérer notre bien et pouvoir le valoriser », c’est désormais chose faite avec l’approbation d’un protocole d’accord transactionnel de 275 000 euros que la municipalité versera à la SARL la Renaissance au titre de l’indemnité d’éviction. La société demandait initialement 550 000 euros. La Ville récupérera les locaux le 15 janvier.

    Jean-Luc Di Maria a déploré le « manque de vision » de la municipalité, l’accusant d’avoir acheté sans « stratégie » ni « anticipation ». Le premier adjoint Henri Cambessedes (PCF) a affirmé : « Le service de l’urbanisme travaille masqué pour faire en sorte que, le plus vite possible, des commerçants, des notaires, des médecins puissent s’installer dans le cœur de Martigues et rehausser la qualité de notre centre-ville. »

  • Marseille : Sébastien Delogu veut sortir « le Kärcher »

    Marseille : Sébastien Delogu veut sortir « le Kärcher »

    On va nettoyer au Kärcher ce système corrompu. » Ce samedi, pour son premier meeting de campagne en vue des élections municipales, l’insoumis et député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, a joué à fond la carte du dégagisme.

    Dans une salle de la Cartonnerie pleine à craquer, à la Friche de la Belle de Mai (3e), l’élu LFI des quartiers Nord a martelé sa volonté de s’attaquer « aux élus corrompus » de la ville. « Une poignée de petits notables ne survivent que des fruits de la résignation qu’ils engendrent, échangeant des logements sociaux, des postes dans les collectivités et des subventions, contre des allégeances, des services et de l’argent », dénonce-t-il. Comme une reprise du fameux refrain « tous pourris », largement utilisé par l’extrême droite, en mettant tous ses adversaires dans le même panier : « Les candidats qui sont face à nous sont tous les mêmes. Ils nous donnent des leçons de République mais ils sont invisibles quand nous souffrons. »

    Car l’insoumis a notamment débuté son discours en s’attaquant aux violences policières et « aux souffrances des quartiers populaires », dans la foulée d’une intervention d’Assa Traoré, fondatrice du comité Vérité et Justice pour Adama et sœur d’Adama Traoré, mort des suites d’une interpellation par des gendarmes en 2016. En faisant référence à l’assassinat de Mehdi Kessaci, frère d’Amine Kessaci, militant écologiste marseillais, il persiste et signe dans son tacle des élus locaux et nationaux : « Vous avez fait honte à Marseille en jouant des coudes, autour d’une famille en deuil pour faire oublier votre inaction. Mais quelques heures après, un enfant de 15 ans a reçu une balle dans la tête […]. Et aucun de ces hypocrites que vous avez vu autour de la famille Kessaci n’a dit un mot. »

    Faire cavalier seul

    En ouverture du meeting, le député Manuel Bompard reprenait la même rhétorique mais en faisant des distinctions : « Marseille ne veut pas d’un député touriste d’extrême droite élu de Vitrolles, Marseille ne veut pas de Franck Allisio. […] Marseille ne veut pas d’une incompétente, 8 ans à la tête de la Métropole qui n’a rien fait pour les habitants de la ville [Martine Vassal, Ndlr] ». Et sans retenir ses coups à l’égard de la mairie actuelle : « Marseille ne veut pas d’un maire qui se fait élire à gauche et qui gouverne au centre [Benoît Payan Ndlr]. » Enfin, sur les accusations de division de la gauche alors que la menace du RN plane sur la ville, Sébastien Delogu répond sans sourciller : « Ils nous reprochent de faire cavalier seul, de diviser la gauche… Mais nous ne sommes pas seuls : les vrais écologistes, le peuple qui s’organise sont avec nous. » Il s’appuie notamment sur le soutien de l’élu écologiste, Sébastien Barles, paradoxalement encore adjoint à la mairie, qui avait pris la parole plus tôt dans le meeting : « C’est la vraie tête de liste des écologistes à Marseille. » De quoi vanter un programme basé sur « plus de 200 auditions » et incarné par plusieurs tables rondes pendant le meeting, rassemblant des représentants d’associations de plusieurs quartiers de Marseille.

  • [Rue de la République] Romain Simmarano : « Je saisis la chambre régionale des comptes pour connaître l’état de Marseille »

    [Rue de la République] Romain Simmarano : « Je saisis la chambre régionale des comptes pour connaître l’état de Marseille »

    Le positionnement vis-à-vis du RN

    Didier Gesualdi : Votre tête de liste, Martine Vassal, a alimenté un peu de flou sur sa position par rapport au RN au second tour des municipales. Vous avez dû faire le pompier depuis le début de la semaine ?
    Ni l’un ni l’autre mon capitaine. Martine Vassal, depuis très longtemps dans sa vie politique a toujours été claire comme Renaud Muselier, sur les lignes rouges à ne jamais franchir sous aucun prétexte. Quelque part, l’exercice de cette semaine est intéressant parce qu’il a permis une clarification nette, définitive, ancrée désormais dans l’esprit de chacun. Il n’y aura pas d’alliance, pas d’accord d’appareil ni d’accord tout court avec les extrêmes dans Marseille pour les élections municipales. Si certains en doutaient, ils peuvent être rassurés et nos adversaires politiques déçus car nous n’avons jamais été aussi courtisés. Ce retour aux valeurs essentielles du gaullisme, de l’identité de la droite et du centre, pose une autre question dans notre ville : est-ce que Benoît Payan aura vis-à-vis de la France insoumise et de l’extrême gauche, le même comportement. Je lui demande de s’engager aussi clairement que Martine Vassal et son équipe l’ont fait, sur une alliance de premier, deuxième ou troisième tour avec la France insoumise.

    Léo Purguette : Vous comprenez que ces paroles troublées aient pu choquer les Marseillais progressistes qui, en 2020, ont vu d’un bon œil la défaite du RN dans les 13-14 grâce au retrait d’une liste de gauche ?
    Ces Marseillais progressistes ont raison de rester fidèles à leurs valeurs qui sont aussi les miennes d’ailleurs. Ils ont raison d’exiger de la classe politique, clarté, constance, fidélité à une forme de tradition républicaine et gaulliste. Ce que je veux leur dire au nom de Martine Vassal et de toute l’équipe qui l’entoure, c’est que l’on porte la possibilité de ne pas choisir des gens à l’extrême droite qui veulent confiner les Marseillais pour lutter contre le narcotrafic et de l’autre côté, une extrême gauche qui veut désarmer la police municipale.

    Didier Gesualdi : La candidature d’Erwan Davoux et Nora Preziosi ne peut-elle pas vous prendre les quelques points qui risquent de vous manquer au premier tour par rapport au Rassemblement national ?
    Je ne suis pas sorcier. Je ne sais pas à qui Mme Preziosi et M. Davoux vont prendre des voix. Je ne sais pas quel est leur projet politique. Je ne fais pas de jugement de valeur, au fond chacun a le droit de se présenter en démocratie aux élections municipales. En vérité cette candidature n’a pas encore montré son vrai visage donc je n’ai rien à en dire.

    L’extrême droite

    Didier Gesualdi : Vous parlez d’amateurisme à propos du RN.Au-delà des valeurs, vous considérez donc qu’ils ne sont pas prêts pour gouverner Marseille ?
    Quand on fait de la politique, il faut avant tout penser aux Marseillais. On s’est posé la question comme n’importe qui : LFI, Payan, RN, pourquoi on les combat ? Pour des questions de valeurs, bien sûr, mais aussi parce qu’ils proposent aux Marseillais ne fonctionnera jamais. Quand on constate que M. Allisio, à Paris, dans ses activités de député de Marignane est capable de voter 36 milliards d’impôts supplémentaires sur le dos des Français ; quand on voit qu’il est capable d’aller se rallier à des propositions de la France insoumise pour créer plus de taxes, on voit bien la limite de leur exercice. Quand on voit leur réaction, assez indigne je dois dire, au moment des obsèques de Mehdi Kessaci où M. Allisio demande pendant les questions au gouvernement, l’état d’urgence pour Marseille, autrement dit le confinement des Marseillais pour lutter contre le narcotrafic, on voit bien que ces gens-là sont programmés pour sortir des punchlines sans aucune notion de ce qui ferait réussir Marseille.

    Léo Purguette : Dans le cadre de ces punchlines, Franck Allisio a dit qu’il réservait la présidence de son comité de soutien à Martine Vassal. Qu’est-ce que ça vous inspire ?
    Rien, si ce n’est que Martine Vassal est au cœur de cette élection municipale. Tout le monde parle d’elle. Il y a trois blocs cohérents qui sont capables d’emporter la mairie de Marseille. Le nôtre est le seul à proposer quelque chose de rassembleur pour les Marseillais.

    La France insoumise

    Léo Purguette : Croyez-vous crédible – y compris chez les Marseillais de droite – d’assimiler Benoît Payan à l’extrême gauche ? Si c’est LFI que vous désignez, tout semble plutôt indiquer qu’ils souhaitent faire chuter le maire.
    M. Payan est dans un théâtre d’ombres qu’il a lui-même créé. Comme expliquer la présence dans son exécutif de M. Barles qui a affirmé son alliance avec LFI aux municipales. N’importe quel leader de gauche aurait mis fin à cette situation, de même que nous, dans nos secteurs, ceux qui transigent avec le RN perdent leurs délégations le jour même ou alors on leur demande leur démission. Comment expliquer qu’on ait des déclarations dans la presse de M. Payan qui s’étonne d’être attaqué par LFI et que M. Delogu, dans sa première interview de candidat annonce d’entrée qu’il souhaite trouver une alliance de second tour. C’est comme dans une enquête pénale, les preuves sont trop accablantes pour laisser le moindre doute. Je ne suis ni procureur ni juge mais je fais de la politique. La politique, c’est la clarté. Je pose la question sur votre plateau : M. Payan, pouvez-vous vous engager, formellement, solennellement, comme l’a fait Martine Vassal ces derniers jours pour le RN, à ne nouer d’alliance sous aucun prétexte avec LFI au second tour ?

    La santé

    Léo Purguette : Vous parlez de développer la ville, ça veut dire quoi ? Vous y mettez l’activité économique et les services publics ?
    Qui aujourd’hui propose un véritable développement du Port de Marseille comme véritable vivier d’emplois du futur ? Qui aujourd’hui s’engage pour la santé des Marseillais en termes de couverture d’accès aux soins ? Elle s’est encore aggravée puisque l’hôpital public vient de sortir du top 35 des hôpitaux français !

    Léo Purguette : N’est-ce pas plus imputable à la politique du gouvernement que vous soutenez qu’à celle du maire de Marseille ?
    Que je sache, le conseil de surveillance de l’assistance publique hôpitaux de Marseille est présidé par le maire de Marseille et son représentant, en l’occurrence la maire légitimement élue par les Marseillais en juin 2020, Michèle Rubirola.

    La gestion de Marseille

    Didier Gesualdi : Marseille est une ville fracturée, ça ne date pas du dernier mandat. Que proposez-vous pour corriger cela ?
    D’abord répéter toute la journée que ce n’est pas une fatalité.

    Didier Gesualdi : Ça l’a été sous Jean-Claude Gaudin, c’est peut-être pour ça que le Printemps marseillais a été élu.
    Mais en réalité personne ne veut fracturer Marseille sauf que dans les actes, dans les preuves d’amour comme on dit dans les relations sentimentales, il y a ceux qui font et ceux qui ne font pas. Je ne veux pas remonter à l’an pèbre pour vous parler de Robert-Paul Vigouroux ou de Jean-Claude Gaudin. Je veux vous parler des six années qu’on vient de passer. Il y avait une fracture réelle de la ville sur le sujet des écoles, l’état du bâti et aussi ce qu’on y faisait. L’État, en début de mandat, a mis un milliard d’euros sur la table en disant qu’on allait pouvoir rénover et reconstruire 87 écoles. On moment où je vous parle, il y en a eu au total uniquement 9 de réellement faites par la société des écoles de Marseille dans le cadre du plan Marseille en grand. Pendant ce temps, dans les transports vous avez eu des projets majeurs de développement du tramway et des bus à haut niveau de service, plus une modernisation du métro avec la totalité des crédits mis sur la table, utilisée par Mme Vassal.

    Léo Purguette : Vous parlez de preuves d’amour, la chambre régionale des comptes démontre par les chiffres que peu d’aides du Département sont allées à Marseille, n’est-ce pas un problème ?
    Je regarde les dynamiques et je constate qu’à l’époque de M. Guérini, le maître à penser et à agir de M. Payan, il y avait 7 fois moins d’aides et de subventions à Marseille qu’il n’y en a eu sous le mandat de Martine Vassal depuis 10 ans. On peut considérer que c’est jamais assez, que ce n’est pas suffisant mais…

    Léo Purguette : … Vous critiquiez à l’époque l’absence d’aide à Marseille.
    …7 fois plus que lorsque la gauche gouvernait ! Mais je vais plus loin : Martine Vassal a mis sur la table avec le Département et la Métropole un certain nombre de crédits, comme Renaud Muselier à la Région, qui n’ont jamais été engagés. Comme les crédits d’État, comme les crédits européens… Il y a un problème de gestion de cette ville et de capacité à se saisir des opportunités. Sinon, c’est dans les poches des Marseillais qu’on va piocher l’argent comme pour les galeries Lafayette. Benoît Payan est devenu au fil du temps le pire maire de l’histoire de cette ville.

    Didier Gesualdi : Il dit qu’en arrivant c’était la gabegie et qu’il a dû demandé un audit sur les finances.
    La Chambre régionale des comptes et la Ville détiennent un rapport tenu secret qui recense, l’ensemble de la situation de la Ville. Nous allons saisir la chambre la semaine prochaine pour demander, par souci de transparence et de rigueur démocratique, le contenu de ce rapport. Les Marseillais méritent de savoir dans quel état Benoît Payan a laissé la Ville, comme ils méritaient de savoir dans quel état Jean-Claude Gaudin l’avait laissée. Aucun fonds européen n’est allé dans les caisses de la Ville mais M. Payan est capable de venir sur votre plateau pour dégainer 50 millions d’euros pour acheter les galeries Lafayette.

    Léo Purguette : Sur ce même plateau, Mme Camard parlait des efforts de désendettement de la Ville. Vous êtes en désaccord ?
    Non, mais j’ai une nuance avec Mme Camard. Elle est dans le camp des décroissants, de ceux qui ne veulent pas le développement, le progrès. Elle était la suppléante de Jean-Luc Mélenchon. Elle pense que le centre ville mérite d’être dans l’état où il est. Elle en est très fière.

    La garde d’enfants

    Didier Gesualdi : Quelles propositions avancez-vous ?
    Regardez le sujet de la garde d’enfants. C’est un sujet très important pour l’équipe que je représente. On a une municipalité qui a été incapable de se saisir de cet enjeu sociétal et qui a dégainé à un moment un milliard d’euros d’urgence sans qu’on comprenne bien ce que ça voulait dire. Aujourd’hui vous avez des mères, et même des pères, des parents isolés qui ne sont pas en mesure de chercher un travail ou d’avoir une vie tout simplement, parce que le sujet de la garde des enfants est devenu un problème. Ça a des conséquences parce que certains- quand on n’a pas le choix – sont laissés à eux-mêmes.

    Didier Gesualdi : Comment on fait ?
    On porte avec Martine Vassal un droit opposable à la garde d’enfants. Ça se fait dans plusieurs villes d’Europe.

    Léo Purguette : Est-ce compatible avec vos exigences de rigueur budgétaire ?
    Bien évidemment, il y a des crédits qu’on peut aller chercher, notamment à l’Europe où Benoît Payan aurait pu se saisir de la main tendue par Renaud Muselier.

    Christophe Gleizes

    Léo Purguette : La condamnation de notre confrère Christophe Gleizes en Algérie a été alourdie en appel. Quelle est votre réaction ?
    Je suis particulièrement choqué comme beaucoup d’entre nous, y compris d’ailleurs des Marseillais d’origine algérienne et qui constate que ce régime ne sait répondre à la critique, à l’analyse, au journalisme que par la violence et les sanctions pénales. Ce qui me choque encore plus, c’est que Benoît Payan a donné une interview à So Foot, le journal qui employait M. Gleizes comme pigiste, et il n’a pas eu la dignité de dire un mot de lui. C’est un scandale. Surtout quand son propre député, M. Lhardit, est président du groupe d’amitié, France-Algérie.

    La question des lecteurs

    Jérôme Toul : Je trouve incompréhensible que Martine Vassal fasse campagne en critiquant son propre bilan sur la propreté et les commerces de centre-ville. C’est un acte de contrition ?
    Non, Martine Vassal a le mérite d’être lucide sur l’état de la ville mais tous les efforts qui ont été faits à la fois en termes de redynamisation du centre ville et de propreté ont été faits par la Métropole sur ce dernier mandat. Le vrai scandale dans le centre-ville de Marseille comme dans les noyaux villageois d’ailleurs, c’est l’absence total de sanctions. Aujourd’hui Benoît Payan a créé un permis de salir en ne sanctionnant et en verbalisant – alors que c’est sa compétence – seulement 200 personnes par an, là où une ville comme Nice qui a trois fois moins d’habitants, en sanctionne 2 000 !On a un problème parce qu’il a laissé s’installer une situation dans laquelle les habitants de Marseille ne descendent plus dans le centre ville, y compris à cause de l’absence de propreté, mais ce n’est certainement pas à cause de Martine Vassal.

  • Département du Gard : cap sur le social

    Département du Gard : cap sur le social

    En dépit de l’absence de budget national, qui ajoute aux difficultés des collectivités locales à se projeter, les 46 conseillers départementaux du Gard ont débattu la semaine dernière du rapport d’orientations budgétaires. Un débat sans vote qui s’est déroulé le 28 novembre et qui est le prélude au vote du budget 2026 prévu en début d’année. Un budget qui devra être à l’équilibre.

    Pour la présidente de la collectivité dirigée par la gauche, Françoise Laurent-Perrigot (PS) « si, comme toujours, ce débat sonne l’heure des choix, ceux-ci s’avèrent cette année plus cruciaux et difficiles que jamais ». Et de rappeler que « malgré notre situation budgétaire dégradée et préoccupante, il serait irresponsable de céder au défaitisme, car nous avons d’autres ressources que celles strictement comptables pour poursuivre notre action au service du Gard et des Gardoises et Gardois ».

    Le budget 2026 sera charpenté autour de trois priorités : « Soutenir et accompagner tous ceux qui en ont besoin ; protéger notre santé et notre qualité de vie ; relier les personnes et les territoires. » Quant à la fragilité financière de la collectivité soulevée par la Chambre régionale des comptes, la dette est en passe d’être maîtrisée et, surtout, la capacité d’investissement est là avec 672 millions programmés d’ici 2030 dont 125 millions en 2026.

    Le vice-président au logement Christian Bastid a rappelé au nom du groupe communiste « qu’en deux ans et demi, l’État a imposé aux départements plus de 6 milliards d’euros de dépenses nouvelles tout en nous retirant 8,5 milliards d’euros de recettes. L’État participe à l’asphyxie de nos départements », tempête l’élu. Pour l’élu communiste, « la solidarité n’est pas une charge. Nous avons besoin de nos services publics pour accompagner nos habitants gardois toute l’année ».

  • « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : jeudi 11 décembre, a lieu la restitution publique des réponses au questionnaire de « Nîmes en commun » auxquels ont répondu plus de 3 000 habitants. Pourquoi cette démarche ?

    Vincent Bouget : C’est une des étapes de la construction politique que nous avons engagée il y a un an maintenant et qui consistait à changer de perspective dans une campagne électorale. C’est-à-dire qu’au lieu d’arriver avec des propositions soumises au choix des électeurs nous avons d’abord souhaité écouter les habitants de la ville. Quels étaient les sujets qui les préoccupaient le plus ? Les objets de débats, de controverses, les problématiques essentielles pour eux. Cela a été la première partie du travail, jusqu’en juin.

    Ensuite, à partir des problématiques et des controverses qu’on avait identifiées nous avons essayé de voir quelles étaient les priorités et les réponses à apporter. Dans les sujets de débat qui avaient été posés – le cadre de vie, la question de la réussite économique ou sociale, la question de la démocratie, du rôle du politique – il n’y avait pas toujours les mêmes priorités émises par les uns et les autres dans la population. On voulait avoir l’émanation la plus fidèle possible de là où en était la population nîmoise.

    Ces réponses vont-elles charpenter le programme de « Nîmes en commun » ?

    V.B. : Ce questionnaire vise à la fois à quantifier les sujets et à dégager un certain nombre de priorités telles qu’elles sont pensées par les habitants. Elles peuvent, des fois, nous percuter ou ne pas être dans nos façons de penser ou de faire. Mais on doit répondre aux questions telles qu’elles sont posées et pas telles qu’on imagine qu’elles devraient l’être ! Souvent, on a l’impression d’avoir la science infuse et des propositions qui peuvent être crédibles mais qui ne rencontrent pas d’écho parce qu’on n’arrive pas en entrer en dialogue avec la population.

    L’enjeu de la soirée du jeudi 11 décembre est d’affiner le projet et de dégager les priorités du prochain mandat : priorités opérationnelles, dans le temps, de voir par quoi on commence et de quelle manière. Après, nous ferons des choix politiques. L’objectif est de présenter publiquement soit fin janvier ou début février la liste et le programme.

    Le nombre de questionnaires
    à analyser est impressionnant…

    V.B. : Oui, nous avons plus de 3 000 questionnaires remplis, essentiellement « papier ». Ce n’est pas le questionnaire en ligne qui a le mieux marché. C’était une volonté parce qu’un questionnaire « papier » permet la rencontre. Cela nous a permis de nous déployer dans la ville et d’aller échanger avec les habitants. Et cela a permis à des habitants de se retrouver dans un appartement ou dans un marché pour engager une discussion. Notre volonté, depuis le début, c’est vraiment de retrouver les voies de la discussion et de la délibération collective. Parce ce que dans nos sociétés ces espaces démocratiques existent de moins en moins et sont mis à mal. Le monde politique est déconnecté parfois du débat.

    La volonté est de dialoguer, d’échanger, confronter des idées et de faire que les gens se reparlent. Quand on crée les cadres du débat, on s’aperçoit que non seulement les gens ont envie et besoin de s’exprimer mais, qu’en plus, cela se passe bien. Partout depuis le début, on a trouvé des gens prêts à s’écouter. Tout cela avec un collectif de trois cents personnes qui nous permet d’être dans tous les quartiers.

    Comment va se constituer la liste qui va incarner Nîmes en commun ?

    V.B. : Nous sommes un collectif soutenu et investi par la quasi-totalité des partis de gauche [sauf la FI, Ndlr], et des propositions de candidatures émaneront des forces politiques mais pas que. Notre objectif est d’avoir une liste représentative de ce que nous sommes, c’est-à-dire à la fois un mouvement qui est soutenu par des organisations politiques et un mouvement ancré dans la ville avec des personnalités engagées aux profils différents. Il faut qu’on soit à l’image de la gauche et à l’image de la ville. Ensemble, on va porter un message dans ces élections. Car nous sommes à la croisée des chemins dans cette ville. On ne pouvait pas se résigner à ce qu’une minorité de personnes s’engagent dans les élections juste pour mettre un bulletin dans une urne. Parce que ça, c’est le risque de laisser la place à des discours qui vont s’appuyer sur la division, la méfiance des uns vis-à-vis des autres. « Nîmes en commun » c’est dire : on construit ensemble. On n’est pas d’accord sur tout – à gauche c’est le cas – on a des différences et on a fait le pari que nos différences nous enrichissent et que la diversité est un atout. On veut être l’équipe de toute la population.

    En fait, vous êtes le véritable antidote à l’extrême droite RN ?

    V.B. : Face à la division, il faut faire du commun et je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite. Si on veut faire reculer le terreau sur lequel se nourrit l’extrême droite, c’est aussi en proposant un espace démocratique, apaisé, dynamique qui permet aux gens de se reparler. Parce que c’est quand on ne se parle plus que l’on cherche des boucs émissaires, qu’on a de la frustration. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi des réponses économiques et sociales qu’il nous faut apporter.

    On a vocation, quand nous serons aux manettes après mars, à continuer cette méthode participative tout en apportant des réponses concrètes aux difficultés qui sont posées immédiatement et des choses qui nous permettent de se projeter.

    Si on ne se projette pas collectivement, soit on fait du chacun pour soi, ça c’est la ville libérale où les intérêts particuliers priment sur le collectif. Soit on fait du tous contre tous, ça c’est les forces de l’extrême droite qui divisent la population. Soit on regarde ensemble, on se parle et on fait du commun.

  • Un centième édile inscrit aux Maires de Provence

    Un centième édile inscrit aux Maires de Provence

    Le mouvement s’élargit. Ils sont désormais 100 sur les 119 maires de la région Paca à adhérer au label des Maires de Provence créé en 2020 par Georges Cristiani (SE), maire de Mimet. Ce vendredi, à Pélissanne, sous l’œil d’une poignée de leurs confrères, Frédéric Vigouroux (DVG), maire de Ventabren et Patrick de Carolis (Hor.), maire d’Arles, ont couché sur le papier leur inscription au mouvement. Respectivement 99e et 100e maires à rejoindre ce cercle, la signature est actée à 100 jours du premier tour des élections municipales 2026. « J’ai signé un peu tardivement : vous connaissez la situation arlésienne, j’avais fort à faire pour redresser cette ville. On a commencé à le faire en diminuant la dette. Nous, maires, n’avons pas le droit d’avoir des budgets en déséquilibre (…) si la France aujourd’hui tient encore debout, malgré les engueulades, c’est parce que nous assurons une stabilité, qu’on est au feu tous les jours. On nous empêche d’avoir la réactivité nécessaire à notre temps, c’est ça qui nous préoccupe », précisait de son côté Patrick de Carolis, novice dans la fonction. Signature symbolique oui, mais aussi un moment saisi par les différents édiles pour réitérer leurs volonté de « rester des maires de plein exercice » à l’instar de la « France d’en haut », selon Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence.

    Prioriser le rôle du maire

    « Aujourd’hui, nous regrettons de voir chaque jour des instances supra-municipales nous gêner dans notre gestion de ce bien sacré : la proximité (…) qui nous empêchent d’avoir les outils pour réussir des politiques publiques meilleures, si nous avions les coudées un peu plus franches », poursuit l’édile salonnais. Urbanisme et construction de logements sociaux dans une région carencée, gestion des déchets… autant de sujets soumis aux injonctions « contradictoires » dénoncées, régulièrement, par les maires. « Nous arrivons à un mouvement de fond que l’on devrait suivre au plus haut national. C’est anormal qu’à l’Assemblée nationale, ce soit devenu le temple de la discorde alors que c’est un lieu ou doit régner la concorde dans l’intérêt des Français. Ils oublient qu’en France, il y a des gens qui vivent derrière Matignon, derrière l’Élysée, il y a des gens qui travaillent (…) on veut être dissociés de ce monde politique qui nous dirige sans se rendre compte que nous vivons et travaillons ici », introduisait de son côté Georges Cristiani, maire de Mimet. « Il y a beaucoup de sujets où l’on galère seuls dans nos communes, ajoute Pascal Montécot (LR), maire de Pélissanne. Quand on pose les sujets ensemble devant les institutions, c’est déjà plus facile. L’avenir, c’est la fédération des maires. » Des positions déjà évoquées lors de la Convention annuelle des maires, le 13 novembre dernier, où le président du Sénat plaidait pour un très controversé « acte de décentralisation ». « Ce que proposait Gérard Larcher, c’est comme une forme de libération, selon moi », glissait Georges Cristiani.

  • Distancés par Michaël Delafosse, ses opposants toujours divisés à Montpellier

    Distancés par Michaël Delafosse, ses opposants toujours divisés à Montpellier

    Un sondage n’est jamais une prédiction mais au vu des projections de celui de l’Ifop pour le Métropolitain, il va falloir aux opposants plus que des punchlines pour battre Michaël Delafosse en mars 2026.

    Selon une étude menée auprès d’un échantillon représentatif de 706 personnes, le maire socialiste de Montpellier serait largement en tête au 1er tour avec 36%. À l’instar de l’ancien maire Philippe Saurel (13%), du milliardaire Mohed Altrad (9%), du RN Thierry Tsagalos (9%) ou de la macroniste Patricia Mirallès (2%), pour l’heure non déclarés, ou encore d’Isabelle Perrein (8%) soutenue par la droite, les opposants de gauche du maire socialiste, sont distancés.

    Pour l’heure, la députée LFI Nathalie Oziol (16%), l’écologiste Jean-Louis Roumégas (4%) et Alenka Doulain (1%) font cavaliers seuls bien que portant un discours relativement proche. Au Printemps montpelliérain, Jean-Louis Roumégas critique la politique de « greenwashing » du maire et lui reproche son « étalement urbain ». Du côté des insoumis, Livia Jampy veut elle aussi « en finir avec les projets écocides (COM, Lien…) ». Rhany Slimane qualifie le maire sortant de « faux champion de la laïcité » qui a « une vision restrictive de la loi de 1905 ». Selon le natif de Saint-Martin, Michaël Delafosse (qu’il qualifie de « maire de la Comédie ») délaisse les quartiers populaires à l’instar de « l’un des plans Anru les plus ridicules de France » selon elle. Antoine Bertrand, le 3e co-chef de file de Nathalie Oziol, lance dans le même esprit un appel pour un « plan d’urgence sur le logement ».

    Ces critiques et propositions trouvent de l’écho chez le candidat de Révolution permanente, Max Muller, ou chez Cause commune. En vue de constituer une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition Alenka Doulain, Cause Commune va, samedi 6 décembre (14h) au parc Tastavin, à la rencontre des Montpelliérains qui veulent « rompre avec la baronnie socialiste et la politique des élites locales ».

    Les critiques comme dénominateur commun

    Osé pour celle qui en 2020 n’a pas hésité à faire alliance avec le milliardaire Mohed Altrad. Pour ce mouvement « Les quartiers populaires sont exclus du conseil municipal et n’ont aucun pouvoir de décision. On veut une liste qui nous ressemble, pas un empilement de féodalités », synthétise le porte-parole Soufyan Heutt. « On veut prendre le pouvoir et le redonner aux habitants » assène son homologue Anne Bisson. Mais à cette heure, si les critiques sont le dénominateur commun de tous ces candidats, l’union des anti-Delafosse est loin d’être acquise. « On est prêt à discuter avec LFI et le Printemps montpelliérain. Mais si ça ne se fait pas, on est armés et légitimes », prévient Marc Nougier de Cause commune. Côté LFI, Nathalie Oziol qui compte sur les électeurs dans les quartiers populaires (avec une campagne d’inscription sur les listes comme le pratique la FI dans d’autres villes de gauche à l’instar de Marseille), confirme que des discussions sont en cours avec Cause commune. « J’espère qu’Alenka Doulain sera sur notre liste » ajoute-t-elle.

    Avec Jean-Louis. Roumégas en revanche, les échanges restent indirects. « On a intérêt à faire liste commune pour être en tête au 1er tour », constate Nathalie Oziol.

  • L’extrême droite passée au peigne fin à Sète

    L’extrême droite passée au peigne fin à Sète

    L’extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre. Tel est le leitmotiv de la journée de débat organisée à Sète, salle René-Llense, le 6 décembre. À la manœuvre, le collectif sétois de lutte contre l’extrême droite, qui avait déjà programmé une journée, en juin, pour analyser la gestion des municipalités d’extrême droite.

    Bis repetita donc. Car le danger d’une extrême droite au pouvoir est toujours bien présent quatre mois avant les municipales où nombre de communes occitanes pourraient tomber sous l’effet d’une vague brune. Alors, pour le collectif, il devient urgent de réagir face à l’inexorable progression de ces partis xénophobes. « On voit que l’extrême droite progresse électoralement. Il y a 20 ans, on s’inquiétait quand elle faisait 15%, aujourd’hui elle est à 40%. Il faut donc s’organiser pour l’affronter, en décortiquant son programme pour montrer l’imposture sociale que c’est », soutient Daniel Kupferstein, du collectif. C’est en ce sens qu’est organisée une conférence portant sur l’histoire de l’extrême droite et ses liens avec le monde économique, qui sera animée par l’historienne Ludivine Bantigny (14h). Le journaliste et militant René Monzat proposera de son côté un débat concernant la résistance des quartiers, dans les familles face à l’extrême droite (15h30).

    Pas de profil type d’électeur du RN

    Mais la journée s’attardera surtout à décortiquer l’électorat de l’extrême droite, emmené par le Rassemblement national (RN). Après avoir ciblé le vote dans l’Hérault et dans les quartiers sétois (une conférence de Nadia Belaouni, de l’Observatoire départemental de l’extrême droite et Régis Catinaud, ingénieur de recherche à l’université Paul-Valéry à Montpellier, à 10h), la journée élargira la focale à l’Hexagone pour analyser le vote RN avec Christèle Lagier, politiste et maître de conférence de science politique à Avignon (11h30).

    Premier parti de France avec plus de 9 millions de voix au premier tour des législatives de 2024, le RN ne peut néanmoins pas compter sur un électorat homogène. « Il y a une volatilité très forte de cet électorat. Il y a aussi le fait que depuis 2017, l’abstention est devenue majoritaire avec des gens qui ne votent pas tout le temps. Ils votent parfois pour le RN, parfois pour d’autres formations politiques », développe Christèle Lagier. N’en déplaisent aux tenants de la thèse des extrêmes qui se rejoignent, la politiste n’observe pas d’électeurs transfuges de la gauche venus se réfugier au RN. En revanche, la porosité entre la droite et l’extrême droite est assez marquée. « Le RN se solidifie car il s’appuie sur ces bases électorales assez mouvantes. Il est renforcé par des clientèles qui, elles, ont l’habitude de voter, notamment les électeurs de droite qui ont tendance à voter régulièrement et sont souvent plus âgés. Ceux-là se sont déportés de manière beaucoup plus constante sur l’extrême droite », poursuit Christèle Lagier.

    Une porosité accentuée depuis la stratégie de Nicolas Sarkozy, venu labourer les terres du FN (ex-RN) lors de la Présidentielle de 2007. À cela s’ajoute une responsabilité médiatique impliquant des « catégories de la population qui s’autorisent à voter pour ce parti parce qu’il y a un accompagnement médiatique très fort de l’idée que ce n’est pas si grave d’être raciste. Les médias s’autorisent un certain nombre de propos qu’on n’aurait jamais entendus il y a dix ans », fait valoir la politiste.

    Dans cette droitisation des élites politiques et médiatiques – une thèse portée par le chercheur Vincent Tiberj – les forces de gauche ne sont pas lavées de tout soupçon. « Quand vous regardez le spectacle offert par la gauche aujourd’hui, avec des possibilités de cinq candidatures pour les élections, comment voulez-vous que les catégories populaires – qui normalement devraient se retrouver dans ces formations politiques – puissent s’identifier ? Soit elles ne votent pas, soit elles se rapprochent du parti qui leur paraît pouvoir taper du poing sur la table ou renverser le système », soupire Christèle Lagier. À quand la fin de la guerre des ego à gauche ?

  • En Provence, multitude de soutiens locaux à Sophie Binet

    En Provence, multitude de soutiens locaux à Sophie Binet

    Front commun du mouvement social provençal pour soutenir Sophie Binet. Après la mise en examen de la secrétaire générale, pour injure publique, suite à sa déclaration « les rats quittent le navire » lorsqu’elle avait été interrogée à propos des menaces de délocalisations par de grands patrons, nombreuses sont les organisations à lui faire part de leur solidarité. « Le Comité régional CGT Paca et les six Unions départementales qui le composent prennent acte du cap qui est franchi. Nous souhaitons assurer à notre secrétaire générale de notre soutien infaillible », tonne le Comité régional CGT dans un communiqué diffusé ce vendredi, qui assure : « Sophie Binet a raison. » « Elle a raison de dire que le patronat organise sa désertion fiscale, refusant la moindre contribution financière à la patrie républicaine », martèle-t-il. Avant de prévenir : « Nous souhaitons aussi assurer ceux qui sont à l’origine de cette mise en cause que nous mesurons parfaitement le message qu’ils adressent à la CGT et aux travailleurs de ce pays. » La FSU 13 va dans le même sens : « S’en prendre à Sophie Binet, c’est s’en prendre à l’ensemble du monde du travail. Ce qui est une injure, c’est l’attitude du patronat et sa volonté d’aller toujours plus loin dans la casse des conquis sociaux.» Côté politique, le secrétaire départemental du PCF des Bouches-du-Rhône et sénateur, Jérémy Bacchi se dit « scandalisé » par cette mise en examen et « pleinement solidaire avec elle ». « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. On est sur une manœuvre de diversion alors que des milliards d’euros échappent chaque année à la solidarité nationale », tacle-t-il. Avant de développer : « Lorsque le milliardaire Arnault, plus riche Français de tous les temps, est mis à l’index par Sophie Binet, il pousse des cris d’orfraie. »

    « Les chantres d’un capitalisme apatride »

    Même retour du côté de la fédération varoise des communistes qui met également le focus sur le contexte de sa déclaration : « Il s’agissait de viser un comportement patronal insupportable ! Les mêmes qui ont bénéficié des largesses de l’argent public durant des années (…) et menacent de quitter le pays. » Et de dénoncer : « Ils sont les chantres d’un capitalisme apatride s’exonérant de toute responsabilité sociale pour leur pays ! » La maire (GRS) des 1er et 7e arrondissements de Marseille, Sophie Camard a tenu également apporter son soutien. « Un pays qui n’arrive même plus à comprendre les différents registres de sa langue va vraiment très mal », s’inquiète-t-elle. Du côté du NPA-A, on dénonce aussi « le grotesque d’une plainte contre l’usage d’une expression bien banale ». Et d’asséner : « Oui, les grands patrons et actionnaires sont bien des rapaces qui vivent sur notre travail

  • Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    La Marseillaise : Vous inaugurez ce jour votre nouveau local de campagne. Que va-t-il vous apporter ?

    Magali Brunel : On veut ce local ouvert à tous, qu’il soit un point de rencontre et de départ, car il ne s’agit pas de s’ancrer dans le centre-ville mais de s’ouvrir vers les différents quartiers et l’ensemble des habitants. Il est en plus situé rue Jean Jaurès, un heureux hasard car le quartier de l’opéra est le cœur battant de Toulon. Et aussi car Jean Jaurès est celui qui croyait à l’éducation et aux luttes sociales, qui s’est battu contre la corruption et la peur de l’étranger. Ça correspond à notre vision de l’avenir.

    Votre début de campagne est mouvementé, avec des attaques envers la gauche dans le département, qui vous ont touché personnellement avec l’arrachage du panneau de la rue d’Oradour-sur-Glane déposé devant chez vous. Comment vivez-vous cela ?

    M.B. : Il y a de la tension, de l’inquiétude. On m’a cisaillé mes pneus récemment. Ça renforce ma détermination. Je suis résolue et je me dis que quand cette agitation se manifeste, c’est un signe de fébrilité et que notre message porte. Ça traduit la dynamique d’un projet dont la maturité est perçue par tous.

    LFI a aussi décidé de mener
    sa propre liste, en vous mettant en cause, en tant que socialiste. Que pensez vous de ce choix
     ?

    M.B. : Je suis tête de liste de Toulon en commun avant tout et c’est bien à Toulon en commun que LFI a tourné le dos, pas au PS. On regrette ce retrait, et que les militants LFI aient cédé aux directives nationales. Dans leurs rangs, certains sympathisants s’interrogent. Nous les accueillons à bras ouverts s’ils se retrouvent dans notre projet.

    Peut on encore imaginer une candidature unique à gauche ?

    M.B. : Nous l’espérons. Nous appelons à l’union la plus large possible. Le rassemblement doit se faire autour de valeurs et d’orientations. Il s’adresse à tous les progressistes, les humanistes, les encartés ou pas, parfois sensibles aux idées du centre, qui refusent les petits arrangements, ne veulent pas céder aux sirènes de la xénophobie, et veulent ouvrir une nouvelle page de l’avenir, plus sociale et plus écologique, à Toulon.

    L’extrême droite est donnée favorite sans avoir officialisé
    sa candidature, quelles sont vos armes pour remporter l’élection
     ?

    M.B. : C’est le projet. Nous y travaillons depuis des mois avec 400 personnes qui nous accompagnent dans nos actions. On développe un projet solide pour changer le quotidien des Toulonnais, et qui correspond à leur identité. On travaille sur le fond, et c’est à la fois par notre méthode, collective et participative, et par les propositions émanant du collectif, que nous convaincrons, et pas à coups de selfie. Le RN ne propose rien, madame Lavalette s’agite dans les médias nationaux, mais je ne la vois pas parler d’idées pour Toulon. Pour convaincre les gens de voter pour nous, on leur parle des réalités du quotidien. On s’attaque aux problèmes, on ne rejette pas la faute sur le national. Les problèmes de logement, d’éducation, de transport, de sécurité, c’est cela le quotidien. Des leviers existent et nous allons les activer.

    Votre liste est-elle prête ?

    M.B. : C’est l’étape suivante. Lors de la dernière assemblée nous avons établi des critères. L’idée n’est pas que chacun sauve sa place, mais de faire gagner l’équipe. La prochaine assemblée aura pour but de constituer une première équipe, avec un bouquet de compétences pour m’encadrer. Dans un dernier temps, on fera la liste complète. Chacun pourra y prétendre. Notre appel à l’ouverture n’est pas qu’un mot, Toulon en commun est un collectif de citoyens où on retrouve des personnes du monde associatif, encartées ou non, des syndicalistes. C’est cette diversité que nous représentons.

    « Nous appelons à l’union la plus large possible »