Category: politique

  • Un bilan « exceptionnel » revendiqué sur la baisse de la délinquance à Gardanne

    Un bilan « exceptionnel » revendiqué sur la baisse de la délinquance à Gardanne

    « Si vous me demandez quels sont les résultats [en matière de baisse de délinquance Ndlr], venant de la bouche de la gendarmerie, ils sont exceptionnels », se félicite Hervé Granier, maire (LR) sortant, lors du conseil municipal de Gardanne, tenu ce lundi. Interrogé par Samia Gamèche, élue d’opposition au sein du groupe de Claude Jorda (PCF), au sujet d’une demande de subvention pour le déploiement de la vidéosurveillance – dont les sept dernières caméras, sur un total de 108, devraient être installées dans la vieille ville – Hervé Granier a tiré le bilan sécurité de la Ville.

    « Les faits de résolution de délinquance générale en France sont à hauteur de 39%. Ils sont de 45% sur Gardanne. C’est-à-dire qu’un fait sur deux est résolu : les auteurs sont retrouvés et déférés sur les parquets. Cela montre l’efficacité de la vidéoprotection (…) qui déplace la délinquance sur d’autres villes. Les résultats le montrent de manière objective, on a des faits de délinquance qui ont baissé de 5% pendant que, dans d’autres villes, ils augmentent », poursuit le maire.

    « C’est bien beau d’avoir des caméras pour mettre des amendes parce qu’on est mal garés ou que l’on grille un stop, mais ce qui m’inquiète, en ce moment, c’est ce qu’il se passe aux abords des écoles, surtout », tranche Samia Gamèche, qui prêche pour davantage de « prévention ». « On a des effectifs de médiation sur le terrain, un CLSP (Conseil local de sécurité et de prévention) où on fait le point sur toutes les situations, on essaie de trouver des solutions. L’entièreté des chiffres 2025 sera donnée en janvier », précise le maire. La même réponse a été donnée à Jean-Marc La Piana, candidat aux municipales à la tête d’une union de gauche, qui interrogeait sur la diminution des délits.

  • Belsola défend l’emploi public comme « idéal républicain »

    Belsola défend l’emploi public comme « idéal républicain »

    Il suffit d’évoquer la création d’un emploi à la Ville de Port-de-Bouc pour lancer le débat politique du dernier conseil municipal de l’année, mardi soir. Il s’agit d’un poste d’assistant de suivi de l’entretien des locaux, d’ores et déjà pourvu en interne, comme l’a rapporté l’adjoint Marc Depagne (PCF).

    Mais, à l’extrême droite de l’opposition, Claude Bernex (UDR), se dit « fortement étonné de cette embauche à 100 jours des élections municipales », pointant « le nombre d’agents par habitant : il y en avait 350 en 2019 et près de 400 cette année, pour 16 400 habitants. Vous êtes dans les 16 000 embauches publiques, mais à un moment donné, ça devient cher pour les gens qui payent le foncier ». Précision : le chiffre de 16 000 emplois publics supplémentaires concerne l’ensemble des fonctions publiques en France, au 3e trimestre, selon l’Insee.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola assume : « Nous avons toujours parié sur le service public et on manque encore d’agents. Quand vous voulez une police municipale, une ville propre avec des arbres taillés il faut des agents ». Quant au poste, « il va chercher des économies, il faut savoir perdre de l’argent pour en gagner », affirme l’édile.

    « Vous avez supprimé

    le cœur de la France »

    Claude Bernex persiste et signe : « Notre strate des villes entre 10 000 et 20 000 habitants fait que nous devrions être à 230 agents à Port-de-Bouc ». De quoi provoquer l’ire du maire communiste. « Avec 230 agents municipaux, c’est ingérable. Vous voulez tailler dedans, mais regardez votre politique, Sarkozy a fait péter un fonctionnaire sur trois et c’est la débandade dans tous les services publics, dans les hôpitaux comme la police, ça manque de partout ! Il ne fallait pas supprimer le cœur de la France », tance Laurent Belsola.

    L’opposant Pascal Spanu (RPR) reprend la source de son collègue : « C’est le JDD qui le dit ». Il avance aussi que « les charges de personnel sont de 17 millions d’euros alors que dans notre strate, on devrait être à 10 millions ».

    L’édile port-de-Boucain défend ses « idéaux républicains » : le service public a « un coût, compensé par l’impôt que chacun doit payer » face au « système libéral à l’américaine où chacun paye pour sa santé. On promet des merveilles aux jeunes, mais ils n’oublient pas d’aller chez l’ophtalmo et le dentiste avant d’y aller ». Et il conclut : « Vous voulez retirer 140 agents à la Ville. Dites-le aux agents et syndicats présents, et aux gens d’aller faire du sport à Fos. » L’extrême droite locale a donc affiché son projet libéral.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de cette visite de 48 heures à Bruxelles ?

    Renaud Muselier : J’y vais pour rencontrer les commissaires européens, l’ambassadeur représentant la France, présenter mon dossier, son évolution. Là, je leur ai remis le tome 11 du recueil de projets soutenus en novembre, c’est 500 millions investis dans la région sur différents dossiers, comme la communauté du Guillestrois, la gestion intégrale des risques incendie dans les baronnies provençales… J’ai rencontré la présidente du Parlement, Mme Metsola, et je me suis exprimé en ouverture du comité européen des régions sur les coopérations territoriales, avant de m’entretenir avec M. Fitto, vice-président chargé de la politique de cohésion, du développement régional, des Villes.

    Notamment sur la renationalisation des fonds européens ?

    R. M. : L’enjeu est simple : est-ce que ces fonds sont recentralisés par les États membres ou est-ce qu’ils restent organisés en proximité et en territorialité ? L’association des Régions de France, que je copréside, plaide pour laisser aux Régions leur capacité d’action. Nous sommes très inquiets, nous ne voulons pas que l’état français récupère ces fonds et les engloutisse dans le budget national sans les reventiler comme nous savons le faire. Les Régions espagnoles et allemandes sont sur la même ligne, mais d’autres pays en mauvaise santé aimeraient les récupérer au profit de l’État central. C’est un lobbying important pour rappeler que la politique de cohésion est absolument indispensable.

    Ce n’est pas l’orientation prise sur le prochain plan quinquennal ?

    R. M. : Oui, surtout qu’aujourd’hui, compte tenu de ses difficultés de gouvernance, la position de la France n’est pas claire. Il faut qu’elle le devienne dans le premier trimestre 2026 pour peser. Pour notre région, qui est la première de France et la 10e région d’Europe en termes de captation de fonds, on parle de 10 milliards.

    D’autres sujets sont évoqués ?

    R. M.: Il y a tout le volet stratégie militaire, avec en la matière tout ce qui est déplacements civil et militaire sur la vallée du Rhône : entre Istres et Salon, le ferroviaire jusqu’au port de Marseille pour les marchandises et de Toulon pour les militaires. C’est co-finançable à 100% par sa commission (transports et tourisme), selon M. Tzitzikostas (commissaire européen), dans le cadre de stratégies d’aménagements de déplacements mixtes. Il y a un intérêt majeur à avoir un portage stratégie par stratégie, dossier par dossier : la sécurité, les transports, l’aménagement des territoires, Erasmus sport, les clubs amateurs, les bénévoles…

    Avez-vous un exemple concret ?

    R. M. : Un exemple qui nous concerne directement. Avec le travail que nous avons fait au Costa Rica, qui organise une scannérisation de la totalité des conteneurs portuaires, nous avons demandé avec les douanes, dans le cadre du contrat de plan, un scanner éligible aux Fonds européens à hauteur de 60%. C’est concret dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic en amont de l’entrée des marchandises suspectes.

    Ça se discute comment ?

    R. M. : On est une région très représentée à Bruxelles et plus de 140 personnes à Marseille transforment des dossiers techniques pour les rendre éligibles. Après, c’est une validation politique avec des interlocuteurs qui savent que je défends l’Europe et me connaissent comme le loup blanc. Je fais ce travail de présentation d’évolution des dossiers tous les 4 à 6 mois. M. Tzitzikostas m’a par exemple donné des pistes sur la ligne nouvelle parce que les Italiens font la même chose de leur côté. Donc, les gares sont éligibles comme ce qu’on appelle le « RTMS », le volet technique… Là, il y a 90 millions d’euros pour nous.

    Les JO sont-ils facilitateurs à l’échelle européenne aussi ?

    R. M. : Dans le cadre de l’accélération de la validation des décisions. Comme pour le contournement Fos-Martigues, la zone industrielle de Fos… Ces fonds européens représentent 20 à 40% des investissements. C’est d’autant plus facile que je suis dans le contrat de plan, que ça a été validé grâce aux Jeux, que j’ai été intégré dans le budget qui, j’espère, sera voté. Tout est prêt, ensuite, il faut faire le lobbying nécessaire pour que la signature arrive en bas de la feuille.

    Vous les avez eues ?

    R. M. : En tout cas, ils m’ont dit qu’ils le faisaient. Donc, je pars plutôt content de mes rendez-vous. Très content.

  • L’Assemblée valide le budget de la Sécu

    L’Assemblée valide le budget de la Sécu

    À 247 voix pour et 234 contre, l’Assemblée nationale a adopté, mardi soir, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Une nouvelle étape franchie pour le gouvernement de Sébastien Lecornu qui, jusqu’à la dernière minute, a travaillé au corps les oppositions.

    Comme annoncé, Liot et le PS ont voté en faveur de ce texte. Le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, se félicite d’avoir « nettoyé le musée des horreurs » qu’« était le projet du gouvernement » en listant les mesures abandonnées, parmi lesquelles la « suppression de deux jours fériés, la réforme de l’assurance chômage, le gel des minima sociaux, des pensions et du barème de la CSG », sans oublier, évidemment la suspension de l’emblématique réforme des retraites.

    Dans les heures précédant le vote, l’hémicycle valide un amendement du gouvernement qui acte une hausse de 3% des dépenses de l’assurance maladie (Ondam). L’ultime tentative d’arracher l’abstention des Écologistes. Et d’y parvenir. « Si j’écoutais mon cœur et mes tripes, je vote contre ce texte », entame la cheffe du groupe, Cyrielle Châtelain, avant d’en venir au fait. « C’est un petit texte dans lequel nous avons évité la casse », justifie-t-elle. C’est ainsi que les 26 abstentions écolos (sur 38 députés) ont fait basculer le vote.

    Pour les Insoumis, qui ont tous voté contre, c’en est trop. « Ce soir marque le moment de vérité sur l’avenir de la Sécu, mais aussi sur les alliances que les différents groupes ont pu nouer », annonce la députée LFI Ségolène Amiot. Son collègue Hadrien Clouet fustige, lui, les arrangements de couloir, les « magouilles ». « Il n’y aura rien [dans ce texte] pour répondre à la détresse la plus vive de millions de Françaises et de Français », prévient-il.

    Pour le groupe communiste, dont la majorité s’est opposée au texte, « ces débats ont permis de faire évoluer le texte initial », fait valoir Yannick Monnet, tout en réaffirmant l’impérieuse nécessité « de rétablir l’équilibre de la Sécurité sociale en lui donnant les moyens de son existence », pousse le député PCF qui s’est, pour sa part, abstenu.

    Le socle commun définitivement enterré ?

    Si ce texte ne convient à personne – et les orateurs l’ont martelé à chacune de leurs prises de parole – le scrutin qui en découle bouleverse les alliances à la gauche comme à la droite de l’hémicycle. Car, si Renaissance et le Modem se sont unanimement prononcés en faveur du texte, ce n’est pas le cas d’Horizons. Le parti d’Édouard Philippe, le premier de la longue liste de Premiers ministres d’Emmanuel Macron, s’est majoritairement abstenu (25 abstentions sur 34 députés). Et critiqué un texte « qui ne prépare rien, n’anticipe rien et affaiblit même la France », estime le député Paul Christophe. Le socle commun vit bien.

    Quant aux députés LR, seuls trois d’entre eux ont écouté les consignes de leur patron, Bruno Retailleau, en votant contre le budget de la Sécu, 28 se sont abstenus et 18 ont voté pour. Un camouflet. L’extrême droite elle, s’est massivement opposée au texte, après une abstention surprise lors du vote de la seule partie « dépenses » adoptée à 227 voix pour et 86 contre. Le PLFSS est désormais transmis au Sénat.

    Réactions

    Olivier Faure, député, Premier secrétaire du PS

    « Ce budget n’est le budget de personne. Si nous avions été majoritaires seuls, nous aurions fait différemment. Nous avons cherché à être utiles aux Français et nous n’avons trahi personne. »

    Stéphane Peu, député, président du groupe communiste

    « La vision politique qui existe dans ce budget n’est pas la nôtre. »

    Eric Coquerel, député LFI, président de la commission Finances à l’Assemblée nationale

    « Honte aux opposants qui n’ont pas voté contre le PLFSS 2026. Depuis février 2025 et la non-censure de Bayrou, le PS sauve la Macronie. »

    Gabriel Attal, député, président du groupe Ensemble pour la République

    « Ce que le Parlement a fait ce soir, c’est juste son travail. Le considérer comme un exploit historique en dit long sur la crise profonde de nos institutions. »

    Marc Fesneau, député, président du groupe Modem

    « Quelque chose de nouveau s’est construit. Le Parlement a pris l’habitude un peu dans ce texte, et c’est une bonne nouvelle, de prendre ses responsabilités ».

    Paul Christophe, président du groupe Horizons

    « Nous avions annoncé que majoritairement, nous nous abstiendrions sur le vote de ce budget et c’est ce que nous avons fait. »

    Bruno Retailleau, président de LR

    « Ce budget emmène la France dans le mur et je le regrette profondément. »

    Laurent Wauquiez, député, président du groupe LR

    « Ce texte n’est ni parfait, ni idéal. C’est un moindre mal. »

    Eric Ciotti, député, président du groupe UDR

    « Le PLFSS socialiste invotable selon Bruno Retailleau passe avec les 18 voix du groupe de Laurent Wauquiez Un naufrage. Quelle tristesse. ».

  • Le budget de la Sécurité sociale est adopté

    Le budget de la Sécurité sociale est adopté

    À l’issue d’un scrutin extrêmement serré et d’explications de vote aux allures de règlements de comptes, les députés ont adopté l’ensemble du budget de la Sécurité sociale pour 2026.

    Les voix du PS et l’abstention in extremis des Écologistes ont changé la donne. Le texte est désormais transmis au Sénat.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Anthony Krehmeier

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Anthony Krehmeier

    Municipales, Marseille, alliances, quartiers populaires, narcotrafic, logement, écoles, transports… À vous la parole ⬇️

  • [Entretien] Vincent Bouget : « Je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    [Entretien] Vincent Bouget : « Je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : Jeudi 11 décembre, a lieu la restitution publique des réponses au questionnaire de « Nîmes en commun » auxquels ont répondu plus de 3 000 habitants. Pourquoi cette démarche ?

    Vincent Bouget : C’est une des étapes de la construction politique que nous avons engagé il y a un an maintenant et qui consistait à changer de perspective dans une campagne électorale. C’est-à-dire qu’au lieu d’arriver avec des propositions soumises au choix des électeurs nous avons d’abord souhaité écouter les habitants de la ville. Quels étaient les sujets qui les préoccupaient le plus ? Les objets de débats, de controverses, les problématiques essentielles pour eux. Cela a été la première partie du travail, jusqu’en juin.

    Ensuite, à partir des problématiques et des controverses qu’on avait identifiées nous avons essayé de voir quelles étaient les priorités et les réponses à apporter. Dans les sujets de débat qui avaient été posés – le cadre de vie, la question de la réussite économique ou sociale, la question de la démocratie, du rôle du politique – il n’y avait pas toujours les mêmes priorités émises par les uns et les autres dans la population. On voulait avoir l’émanation la plus fidèle possible de là où en était la population nîmoise.

    La Marseillaise : Ces réponses
    vont-elles charpenter le programme de «
     Nîmes en commun » ?

    V.B. : Ce questionnaire vise à la fois à quantifier les sujets et à dégager un certain nombre de priorités telles qu’elles sont pensées par les habitants. Elles peuvent, des fois, nous percuter ou ne pas être dans nos façons de penser ou de faire. Mais on doit répondre aux questions telles qu’elles sont posées et pas telles qu’on imagine qu’elles devraient l’être ! Souvent, on a l’impression d’avoir la science infuse et des propositions qui peuvent être crédibles mais qui ne rencontrent pas d’écho parce qu’on arrive pas en entrer en dialogue avec la population.

    L’enjeu de la soirée du jeudi 11 décembre est d’affiner le projet et de dégager les priorités du prochain mandat : priorités opérationnelles, dans le temps, de voir par quoi on commence et de quelle manière. Après, nous ferons des choix politiques. L’objectif est de présenter publiquement soit fin janvier ou début février la liste et le programme.

    Le nombre de questionnaires
    à analyser est impressionnant…

    V.B. : Oui, nous avons plus de 3 000 questionnaires remplis, essentiellement « papier ». Ce n’est pas le questionnaire en ligne qui a le mieux marché. C’était une volonté parce qu’un questionnaire « papier » permet la rencontre. Cela nous a permis de nous déployer dans la ville et d’aller échanger avec les habitants. Et cela a permis à des habitants de se retrouver dans un appartement ou dans un marché pour engager une discussion. Notre volonté, depuis le début, c’est vraiment de retrouver les voies de la discussion et de la délibération collective. Parce ce que dans nos sociétés ces espaces démocratiques existent de moins en moins et sont mis à mal. Le monde politique est déconnecté parfois du débat.

    La volonté est de dialoguer, d’échanger, confronter des idées et de faire que les gens se reparlent. Quand on crée les cadres du débat, on s’aperçoit que non seulement les gens ont envie et besoin de s’exprimer mais, qu’en plus, cela se passe bien. Partout depuis le début, on a trouvé des gens prêts à s’écouter. Tout cela avec un collectif de trois cents personnes qui nous permet d’être dans tous les quartiers.

    Comment va se constituer la liste qui va incarner Nîmes en commun ?

    V.B. : Nous sommes un collectif soutenu et investi par la quasi totalité des partis de gauche [sauf la FI, Ndlr.], et des propositions de candidatures émaneront des forces politiques mais pas que. Notre objectif est d’avoir une liste représentative de ce que nous sommes, c’est-à-dire à la fois un mouvement qui est soutenu par des organisations politiques et un mouvement ancré dans la ville avec des personnalités engagées aux profils différents. Il faut qu’on soit à l’image de la gauche et à l’image de la ville. Ensemble, on va porter un message dans ces élections. Car nous sommes à la croisée des chemins dans cette ville. On ne pouvait pas se résigner à ce qu’une minorité de personnes s’engagent dans les élections juste pour mettre un bulletin dans une urne. Parce que ça, c’est le risque de laisser la place à des discours qui vont s’appuyer sur la division, la méfiance des uns vis-à-vis des autres. « Nîmes en commun » c’est dire : On construit ensemble. On n’est pas d’accord sur tout – à gauche c’est le cas – on a des différences et on a fait le pari que nos différences nous enrichissent et que la diversité est un atout. On veut être l’équipe de toute la population.

    En fait, vous êtes le véritable antidote à l’extrême droite RN ?

    V.B. : Face à la division, il faut faire du commun et je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite. Si on veut faire reculer le terreau sur lequel se nourrit l’extrême droite, c’est aussi en proposant un espace démocratique, apaisé, dynamique qui permet aux gens de se reparler. Parce que c’est quand on ne se parle plus que l’on cherche des boucs émissaires, qu’on a de la frustration. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi des réponses économiques et sociales qu’ils nous faut apporter.

    On a vocation, quand nous serons aux manettes après mars, à continuer cette méthode participative tout en apportant des réponses concrètes aux difficultés qui sont posées immédiatement et des choses qui nous permettent de se projeter.

    Si on ne se projette pas collectivement, soit on fait du chacun pour soi, çà c’est la ville libérale où les intérêts particuliers priment sur le collectif. Soit on fait du tous contre tous, çà c’est les forces de l’extrême droite qui divisent la population. Soit on regarde ensemble, on se parle et on fait du commun.

    Bouget en tête au premier tour

    Selon un sondage, Vincent Bouget arrive en tête du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, devant le Rassemblement national. Réalisée par Le Réveil du Midi et l’Institut Quorum, l’enquête crédite Vincent Bouget de 28% et le candidat de l’extrême droite (pas désigné) de 27%. La droite pointe en 4e et 5e position avec 22% pour Franck Proust et 8% pour Julien Plantier devancé par les 9% de Valérie Rouverand (Ren). La FI obtient 6%. Le scrutin est ouvert avec une dynamique à gauche incarnée par « Nîmes en commun ».

  • Municipales : le préfet de Vaucluse « inquiet des tensions »

    Municipales : le préfet de Vaucluse « inquiet des tensions »

    Sauf chamboulement national, les municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochain. Une échéance électorale qui préoccupe beaucoup la préfecture. Et pas que pour des questions organisationnelles. « Je suis inquiet des tensions, j’appelle les candidats et les électeurs à être respectueux les uns des autres », implore le préfet Thierry Suquet qui recevait la presse, jeudi matin. Le représentant de l’État prend l’exemple de « Carpentras, un cas caricatural », où notamment le maire-candidat Serge Andrieu (DVG) a déposé plainte après avoir reçu une lettre anonyme d’intimidation, y voyant la patte de son prédécesseur et aussi candidat, Francis Adolphe.

    « Il ne faut pas que le débat démocratique ne déverse des menaces sur les maires », estime le préfet. Ou que cela les aggrave car plusieurs élus ont déjà témoigné de violences verbales ou physiques reçues. « Des maires me disent recevoir des menaces sur leur famille, il y a des demandes de protection fonctionnelle, quatre élus au total sont déjà équipés d’un système de bouton d’alerte », décrit-il.

    Autre menace, celle de l’entrisme du narcotrafic dans la campagne. La Commission nationale des comptes de campagne et de financements politiques a pointé du doigt cette possible ingérence. Se disant « attentif », Thierry Suquet tempère : « Je n’ai pas de crainte particulière sur le fait que les réseaux de narcotrafiquants tenteraient de s’introduire en masse dans les conseils municipaux ». Sans pour autant exclure que « le risque de se laisser corrompre et d’acheter la paix sociale existe, mais le système des comptes de campagne permet de contrôler qui donne, il n’y a pas de don en liquide ».

  • Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Ce n’était pas encore la dernière séance, mais cela fleurait drôlement la fin de règne, ce lundi soir, en conseil communautaire du Grand Avignon. Si un ultime rendez-vous est normalement fixé au 9 février, le vote de l’ultime budget de la mandature n’a soulevé aucun emballement majeur, que ce soit un bilan pro domo ou critique acerbe des presque six années de mandat. Même le président (SE) Joël Guin n’aura pas dit un mot sur les finances et ses réalisations, laissant Xavier Belleville, son vice-président (LR) au budget, dérouler son propos.

    « Ce budget 2026 laisse des marges de manœuvre, il faudra faire des choix complémentaires », avance Xavier Belleville, à l’adresse de ceux qui seront aux manettes à l’issue des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars. Un budget, encore une fois voté par la majorité de gauche des élus avignonnais, et pour lequel seul le RN s’est opposé sans qu’un élu d’extrême droite ne prenne la parole pour s’en justifier. Les écologistes se sont, eux, abstenus : Jean-Pierre Cervantès a tracé un programme communautaire des projets à réaliser. Personne n’est revenu sur la hausse prévue puis finalement retirée de l’ordre du jour de la fiscalité sur l’eau (nous y reviendrons dans l’édition de mercredi).

    Autre sujet fort attendu, l’audit sur la gestion de la société publique locale (SPL) Tecelys, qui a notamment la charge du réseau de transports du Grand Avignon (notre édition de vendredi). Là aussi, un quasi-flop, évoqué lors d’un rapport sur le compte rendu annuel de Tecelys à la collectivité, où il n’est nullement fait mention de cet audit. Lors de la précédente séance, Joël Guin avait assuré qu’il « n’y avait pas de poussière sous le tapis » au sein de cette entité, dézinguée par son ancien directeur des services (DGS) qui avait soulevé de lourdes irrégularités. Ce que dément l’audit, évoquant « des dysfonctionnements ».

    Ce lundi soir, Joris Hébrard est monté au créneau sur le dossier, le maire (RN) du Pontet ayant trouvé là un véritable os à ronger depuis 14 mois et le début de l’affaire. « Ce rapport semble conçu pour contrecarrer méthodiquement les dysfonctionnements portés par l’ancien DGS plutôt que pour établir une vérité objective », dénonce Joris Hébrard, accusant Joël Guin, également PDG de Tecelys, « de conflit de gestion et de gouvernance ». Un grief que l’on retrouve dans l’audit, qui recommande de mettre fin à cette double casquette. Et le maire du Pontet de s’en remettre au travail « sérieux et sans complaisance » de la chambre régionale des comptes (CRC) qui a entamé un contrôle sur Tecelys et le Grand Avignon.

    La CRC en juge de paix

    « Je me réjouis qu’elle soit là, c’est moi qui l’ai demandée », répond Joël Guin, tout en laissant sous-entendre que les conclusions viendront « apporter une certaine contradiction » aux propos des accusateurs. C’est bien le seul moment où le président rejoindra Joris Hébrard qu’il fait passer pour un couard. « En commission ad hoc sur l’audit, vous vous êtes illustré par votre silence, vous n’avez pas eu le courage de dire en face des auditeurs que leur travail était bidon », pique Joël Guin. Cette brève escarmouche sera la seule sur Tecelys, SPL qui, comme son nom l’indique, dépend de l’argent public. Aucun élu avignonnais – Tecelys a aussi un volet aménageur, conduisant des travaux en ville – n’est non plus intervenu. « Tout le monde attend les conclusions de la CRC », glisse l’un d’entre eux.

    À la tribune, Joël Guin ne dira pas ce qu’il adviendra des recommandations de l’audit. Notamment sur le cumul non souhaitable des rôles de président du Grand Avignon et de PDG de Tecelys. « Il aurait pu le dire mais on ne va pas changer maintenant [à 3 mois de la fin du mandat] », confie-t-on dans l’entourage de Joël Guin après la séance. Les conclusions de la CRC ne seront de toute façon pas connues avant les élections.

  • L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    Le chemin de l’union de la gauche pour les municipales risque bien d’être semé d’embûches. Alors que, dimanche 7 décembre, le collectif La Ciotat nous rassemble, « composé de femmes et d’hommes de gauche, écologistes et citoyens » a distribué des tracts en ville, intitulés « Rassembler la gauche, les écologistes et les citoyens, c’est possible ! », Toni Delogu a réagi, ce lundi. « Je trouve cela très prématuré, car au niveau local et fédéral, aucun accord n’a été conclu à ce jour entre le PCF, le PS, les Verts… Il ne faut pas un rassemblement de façade », a-t-il désapprouvé.

    Désaccord sur la tête

    de liste

    Avant d’enchaîner : « On est à ce jour en capacité de monter une liste avec le PS, Place publique, Génération.s et certains membres du collectif “Pour que vive le NFP à La Ciotat”. Mais pas avec le représentant de LFI, Jean-Paul Coste, un mélenchoniste qui nous traite de “traîtres”. » Il poursuit : « Nous avons rencontré les Verts, il y a quelques jours. Ils sont favorables à un renouvellement de l’échiquier politique et à une tête de liste féminine. »

    Si La Ciotat nous rassemble a démarré la campagne des municipales en solo, « c’est parce que chaque jour, on me demande : “que fait la gauche ?” », justifie le communiste Karim Ghendouf. Il précise : « Et il est hors de question que nous laissions l’espace d’expression politique à l’extrême droite. »

    Dans la commune, Daniel Salenc, soutenu par le RN, a été le premier à se déclarer candidat aux municipales. Quant au maire (DVD) Alexandre Doriol, « il est ultraprésent et utilise les moyens de communication de la Ville pour sa campagne qui ne dit pas son nom », attaque le conseiller municipal d’opposition.

    Karim Ghendouf reconnaît que le contenu du tract distribué dimanche est « une déclaration d’intention. Notre volonté est de rassembler toute la gauche sans exclusive. à ce jour, elle n’a pas été entendue. Mais je ne désespère pas que la gauche prenne ses responsabilités ».

    Parmi les « points de blocage » à l’union, il cite « le périmètre de l’union. Nous la souhaitons du PS à LFI. Or, le PS ne veut pas travailler avec LFI et vice versa ». Il évoque aussi un désaccord sur « la méthode » : « Je ne veux pas que les gens soient dans une posture politique, mais qu’ils se mettent autour de la table et travaillent pour leur commune et ses habitants. » Mais le désaccord le plus flagrant concerne la tête de liste. « À ce jour, on n’a pas posé de préalable. Mais on pense avoir une légitimité non négligeable », défend Karim Ghendouf. Le comité de soutien à la liste a d’ores et déjà rassemblé « 150 personnes », indique-t-il.

    La Fédération du PS des Bouches-du-Rhône « a émis le vœu d’une candidature féminine pour la tête de liste », confie la socialiste et conseillère municipale d’opposition Martine Cuccaroni. Native de La Ciotat, engagée en politique depuis 2012, cette monitrice de sport à la retraite « à la fibre sociale » s’est portée candidate. Aux militants ensuite de voter. Pour elle, il est temps que Karim Ghendouf, « qui se présente depuis dix-huit ans dans le cadre d’une liste d’union de la gauche », passe la main, « car ses résultats plafonnent ».

    Nouveau venu, non pas dans le paysage politique ciotaden, mais dans cette nouvelle campagne des municipales : Bernard Ougourlou-Oglou. L’ex-premier secrétaire du PS se présente comme « un social-démocrate au-dessus des partis ». Commentaire de son ex-colistière, Martine Cuccaroni : « Bernard cherche à affaiblir l’union de la gauche ».