Category: politique

  • Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    C’est un nouveau coup de théâtre auquel Les Républicains nous ont habitués. Que va-t-il advenir des six membres qui ont bravé l’interdit de Bruno Retailleau pour rejoindre l’éphémère gouvernement Lecornu II ? Leur sort définitif sera tranché par les instances du parti dans les prochains jours.

    La décision risque de coûter cher au parti de droite. Car parmi eux, Annie Genevard, reconduite au ministère de l’Agriculture. Poids lourd de LR, elle a été nommée au début de l’année présidente de la stratégique commission nationale d’investiture (CNI). Figure également Rachida Dati qui poursuit son activité à la Culture, alors qu’elle vient tout juste d’être investie par les Républicains comme candidate à la mairie de Paris. La droite va-t-elle s’en priver à quelques mois de l’élection ?

    Reconduit aux Transports, Philippe Tabarot a écrit à ses collègues du Sénat en leur disant qu’il était « cohérent avec la position qui était celle des Républicains jusqu’au 5 octobre dernier ». Les trois autres LR à entrer au gouvernement sont tous députés : Vincent Jeanbrun (Logement), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur et attractivité). Avec une cinquantaine d’élus, les députés LR occupent une position pivot à l’Assemblée et constituent aux côtés du bloc macroniste la deuxième composante du socle commun.

    En première ligne en cas de dissolution, ils étaient largement favorables à la participation au gouvernement Lecornu II, contrairement aux sénateurs qui ont soutenu la position de Bruno Retailleau. Après la dissolution de juin 2024, de nombreux députés LR avaient sauvé leur siège face au RN, en grande partie grâce à leur ancrage local. Mais aussi grâce au front républicain, auquel ils n’ont pourtant pas appelé.

  • Le PS conditionne la non-censure à la suspension de la réforme des retraites

    Le PS conditionne la non-censure à la suspension de la réforme des retraites

    Censurera, censurera pas ? Quelques heures avant la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste conditionne la chute du gouvernement à une suspension de la réforme des retraites.

    « Nous demandons clairement la suspension immédiate et complète de la réforme des retraites. Il faut que les choses soient claires et que chacun prenne ses responsabilités. Alors que les Français ont donné la priorité à la gauche, depuis un an, trois Premiers ministres de droite se sont succédé, et aujourd’hui nous en sommes au quatrième. Il est temps que le Président accepte une idée simple : quand on a perdu les élections, on ne peut pas vouloir imposer ses décisions », assure Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste sur France 5 ce lundi soir.

    Lors d’une réunion avec les chefs de parti vendredi, Emmanuel Macron avait esquissé une concession : un décalage dans le temps de « la mesure d’âge » de départ à la retraite (passage progressif à 64 ans), symbole de son deuxième quinquennat. Un geste insuffisant aux yeux du PS, qui veut à la fois une suspension de la mesure d’âge légal et de l’accélération de la hausse du nombre de trimestres cotisés. Sur ce point, les socialistes vont plus loin que la CFDT.

    La CGT demande l’abrogation

    La CGT elle, demande l’abrogation de cette loi contre laquelle des millions de Français ont manifesté. « Le décalage reviendrait à confirmer les 64 ans dont l’application ne serait que décalée de quelques mois, au mépris de la mobilisation de millions de travailleurs et de travailleuses. La seule réelle suspension de la réforme des retraites c’est le blocage immédiat, par la loi, à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres, qui doit ensuite permettre au parlement de voter son abrogation », pousse la centrale syndicale de Montreuil dans un communiqué.

    Une fois de plus, les socialistes sont faiseurs de roi, attendus au tournant par leurs (ex) partenaires du Nouveau front populaire. Une motion de censure a été déposée ce lundi matin par les insoumis, communistes, écologistes et Génération.s. Reste à savoir ce que feront les Roses. Leurs voix seront déterminantes pour faire chuter (ou pas) le gouvernement.

    Accusés d’avoir scellé un accord de non-censure avec la présidence, ils nient en bloc et qualifient l’information élyséenne « d’intox ». « Une partie des socialistes sont prêts à se faire acheter », a accusé le chef du RN, Jordan Bardella, dont le parti d’extrême droite réclame la dissolution. « Si nous devons aller aux urnes dans les prochaines semaines, nous irons sans crainte. Nous sommes prêts. Et nous vous battrons, comme nous vous avons déjà battus en juillet 2024 », rétorque le secrétaire général du parti Pierre Jouvet.

  • Le PS conditionne la non-censure à la suspension de la réforme des retraites

    Censurera, censurera pas ? Quelques heures avant la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste conditionne la chute du gouvernement à une suspension de la réforme des retraites.

    « Nous demandons clairement la suspension immédiate et complète de la réforme des retraites. Il faut que les choses soient claires et que chacun prenne ses responsabilités. Alors que les Français ont donné la priorité à la gauche, depuis un an, trois Premiers ministres de droite se sont succédé, et aujourd’hui nous en sommes au quatrième. Il est temps que le Président accepte une idée simple : quand on a perdu les élections, on ne peut pas vouloir imposer ses décisions », assure Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste sur France 5 ce lundi soir.

    Lors d’une réunion avec les chefs de parti vendredi, Emmanuel Macron avait esquissé une concession : un décalage dans le temps de « la mesure d’âge » de départ à la retraite (passage progressif à 64 ans), symbole de son deuxième quinquennat. Un geste insuffisant aux yeux du PS, qui veut à la fois une suspension de la mesure d’âge légal et de l’accélération de la hausse du nombre de trimestres cotisés. Sur ce point, les socialistes vont plus loin que la CFDT.

    La CGT demande l’abrogation

    La CGT elle, demande l’abrogation de cette loi contre laquelle des millions de Français ont manifesté. « Le décalage reviendrait à confirmer les 64 ans dont l’application ne serait que décalée de quelques mois, au mépris de la mobilisation de millions de travailleurs et de travailleuses. La seule réelle suspension de la réforme des retraites c’est le blocage immédiat, par la loi, à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres, qui doit ensuite permettre au parlement de voter son abrogation », pousse la centrale syndicale de Montreuil dans un communiqué.

    Une fois de plus, les socialistes sont faiseurs de roi, attendus au tournant par leurs (ex) partenaires du Nouveau front populaire. Une motion de censure a été déposée ce lundi matin par les insoumis, communistes, écologistes et Génération.s. Reste à savoir ce que feront les Roses. Leurs voix seront déterminantes pour faire chuter (ou pas) le gouvernement.

    Accusés d’avoir scellé un accord de non-censure avec la présidence, ils nient en bloc et qualifient l’information élyséenne « d’intox ». « Une partie des socialistes sont prêts à se faire acheter », a accusé le chef du RN, Jordan Bardella, dont le parti d’extrême droite réclame la dissolution. « Si nous devons aller aux urnes dans les prochaines semaines, nous irons sans crainte. Nous sommes prêts. Et nous vous battrons, comme nous vous avons déjà battus en juillet 2024 », rétorque le secrétaire général du parti Pierre Jouvet.

  • Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Comme à l’accoutumée depuis la dissolution ratée de juin 2024, c’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le gouvernement en place. Le premier Conseil des ministres de cette équipe fraîchement nommée se tient ce mardi matin à l’Élysée, autour du président. Seront ainsi présentés les deux projets de budget, de l’État et de la Sécurité sociale, afin qu’ils puissent être transmis dans les temps au Parlement.

    « Notre seul objectif et seule mission » est « de surpasser et de dépasser cette crise politique » qui « sidère », et ce avec « sobriété » et « humilité », en mettant « les ego de côté », a déclaré le Premier ministre, en introduction d’une réunion de son nouveau gouvernement à Matignon, lundi après-midi. Il avait auparavant demandé des passations de pouvoir « sobres » qui se sont déroulées au moment du déjeuner, sans presse ni invités. Et, a fortiori, sans règlements de compte… La priorité pour le chef de gouvernement est de « donner un budget à la France d’ici la fin de l’année », assène Sébastien Lecornu. Parallèlement, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, présidée par le député LFI éric Coquerel, commence ses auditions ce mardi.

    Puis, vient le moment de vérité. Le Premier ministre est ensuite attendu à l’Assemblée nationale, où il prononcera son discours de politique générale à partir de 15 heures. Les socialistes y attendent notamment la suspension « immédiate et complète » de la réforme des retraites de 2023. Si tel n’est pas le cas, les députés PS pourraient voter la censure déposée par leurs partenaires de gauche (lire ci-contre).

    Macron s’en prend

    aux oppositions

    De son côté, comme à son habitude, l’artisan du chaos en cours renvoie la responsabilité à ses opposants. « Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français », a insisté le chef de l’État à son arrivée en Égypte, pour assister à un « sommet pour la paix » à Gaza. « Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre », a-t-il osé. Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Comment cet homme méprisant le peuple, plus préoccupé par les marchés que par les Français, peut-il encore se dédouaner de ses responsabilités. Emmanuel Macron est le seul responsable et coupable du chaos », conspue Stéphane Peu, co-président du groupe communiste à l’Assemblée.

    Le locataire de l’Élysée persiste et signe, demandant « à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect ». Interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne « faire aucun pari ». « Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français », a encore déclaré le président.

    130 ministres nommés depuis 2022

    Ces nouvelles accusations en irresponsabilité ne passent pas. « L’arrogance et l’absence totale de remise en question d’Emmanuel Macron sont des cas d’école à enseigner sur la toxicité de la Ve République. Son refus d’admettre sa défaite est le seul responsable du chaos actuel, mais il prétend incarner la stabilité. Hallucinant », tacle la patronne des Écologistes Marine Tondelier.

    En réunissant pour la première fois ses troupes, Sébastien Lecornu les a remerciés « d’avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République dans un moment qui, on le sait, est difficile ». Et pour cause, cette nomination a des airs de mission d’intérim. Celui qui a participé à tous les gouvernements depuis 2017, sans discontinuer, le sait mieux que quiconque. Peu de doutes subsistent sur la durée de vie de ce nouvel effectif. Hasard du calendrier ou pas, l’AFP a compilé, lundi, des données qui donnent le vertige. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron en mai 2022, 130 personnalités se sont succédé au gouvernement, brisant déjà, à un an et demi de la prochaine présidentielle, le record absolu de ministres nommés sous un mandat présidentiel sous la Ve République. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’instabilité chronique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays.

  • Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Comme à l’accoutumée depuis la dissolution ratée de juin 2024, c’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le gouvernement en place. Le premier Conseil des ministres de cette équipe fraîchement nommée se tient ce mardi matin à l’Élysée, autour du président. Seront ainsi présentés les deux projets de budget, de l’État et de la Sécurité sociale, afin qu’ils puissent être transmis dans les temps au Parlement.

    « Notre seul objectif et seule mission » est « de surpasser et de dépasser cette crise politique » qui « sidère », et ce avec « sobriété » et « humilité », en mettant « les ego de côté », a déclaré le Premier ministre, en introduction d’une réunion de son nouveau gouvernement à Matignon, lundi après-midi. Il avait auparavant demandé des passations de pouvoir « sobres » qui se sont déroulées au moment du déjeuner, sans presse ni invités. Et, a fortiori, sans règlements de compte… La priorité pour le chef de gouvernement est de « donner un budget à la France d’ici la fin de l’année », assène Sébastien Lecornu. Parallèlement, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, présidée par le député LFI éric Coquerel, commence ses auditions ce mardi.

    Puis, vient le moment de vérité. Le Premier ministre est ensuite attendu à l’Assemblée nationale, où il prononcera son discours de politique générale à partir de 15 heures. Les socialistes y attendent notamment la suspension « immédiate et complète » de la réforme des retraites de 2023. Si tel n’est pas le cas, les députés PS pourraient voter la censure déposée par leurs partenaires de gauche (lire ci-contre).

    Macron s’en prend

    aux oppositions

    De son côté, comme à son habitude, l’artisan du chaos en cours renvoie la responsabilité à ses opposants. « Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français », a insisté le chef de l’État à son arrivée en Égypte, pour assister à un « sommet pour la paix » à Gaza. « Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre », a-t-il osé. Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Comment cet homme méprisant le peuple, plus préoccupé par les marchés que par les Français, peut-il encore se dédouaner de ses responsabilités. Emmanuel Macron est le seul responsable et coupable du chaos », conspue Stéphane Peu, co-président du groupe communiste à l’Assemblée.

    Le locataire de l’Élysée persiste et signe, demandant « à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect ». Interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne « faire aucun pari ». « Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français », a encore déclaré le président.

    130 ministres nommés depuis 2022

    Ces nouvelles accusations en irresponsabilité ne passent pas. « L’arrogance et l’absence totale de remise en question d’Emmanuel Macron sont des cas d’école à enseigner sur la toxicité de la Ve République. Son refus d’admettre sa défaite est le seul responsable du chaos actuel, mais il prétend incarner la stabilité. Hallucinant », tacle la patronne des Écologistes Marine Tondelier.

    En réunissant pour la première fois ses troupes, Sébastien Lecornu les a remerciés « d’avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République dans un moment qui, on le sait, est difficile ». Et pour cause, cette nomination a des airs de mission d’intérim. Celui qui a participé à tous les gouvernements depuis 2017, sans discontinuer, le sait mieux que quiconque. Peu de doutes subsistent sur la durée de vie de ce nouvel effectif. Hasard du calendrier ou pas, l’AFP a compilé, lundi, des données qui donnent le vertige. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron en mai 2022, 130 personnalités se sont succédé au gouvernement, brisant déjà, à un an et demi de la prochaine présidentielle, le record absolu de ministres nommés sous un mandat présidentiel sous la Ve République. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’instabilité chronique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays.

  • Jérémy Bacchi et Laurent Belsola parmi les personnalités de l’année

    Jérémy Bacchi et Laurent Belsola parmi les personnalités de l’année

    C’est l’annuaire professionnel du monde politique. Depuis 1981 et l’arrivée au pouvoir de nombreux députés socialistes inconnus du grand public, le Trombinoscope présente en photos et biographies les acteurs de la vie politique. Chaque année, il décerne aussi des prix attribués par un jury de journalistes, afin de « mettre en lumière celles et ceux qui, loin des polémiques, agissent au service du bien commun » pour reprendre la formule d’Alexandre Farro, président du Trombinoscope. Après le Grand Est, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et l’Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur prend place parmi les régions accueillant les Grands Prix des Territoires.

    Les lauréats du jury composé de cinq journalistes de la presse régionale – dont Léo Purguette pour notre titre – ont été présentés, lundi soir.

    Parmi eux, deux communistes. Le sénateur Jérémy Bacchi reçoit ainsi le prix de « révélation politique de l’année » notamment pour son combat contre le narcotrafic après avoir initié l’Appel de Marseille. Le maire de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, celui de « maire de l’année » dans le département des Bouches-du-Rhône, au titre de son action quotidienne sur un territoire difficile et pour la victoire remportée dans le contournement autoroutier de sa ville, enfin financé après des décennies de combat.

    Le cardinal Aveline

    « prix spécial » du jury

    Dans le Vaucluse, Cécile Helle a été reconnue pour son choix de ne pas se représenter après deux mandats malgré un bilan positif et, dans le Var, le prix remarque le travail réalisé par Edouard Friedler pour le logement à la mairie du Beausset.

    Parmi les autres lauréats figurent le député socialiste de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône (Aix-en-Provence/Septèmes), Marc Pena, comme « parlementaire de l’année », la présidente du département du Vaucluse, Dominique Santoni (LR), « conseillère départementale de l’année ».

    Renaud Muselier, président Renaissance de la Région Sud est, quant à lui, distingué comme « personnalité régionale de l’année », notamment pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver. Son vice-président chargé des Sports, Ludovic Perney (LR), est également distingué

    Sans oublier le cardinal Aveline, « prix spécial » reconnaissant le travail effectué pour la venue du Pape François à Marseille, en faveur de la solidarité avec les migrants et, dans la foulée, son odyssée pacifique intitulée l’Armada de la paix, qui accostera dans le port phocéen le 25 octobre prochain.

  • [Entretien] François Bernardini : « L’échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité »

    [Entretien] François Bernardini : « L’échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité »

    La Marseillaise : La révélation d’échéances judiciaires après les élections municipales interpelle dans la population. Qu’avez-vous à dire aux Istréennes et aux Istréens ?

    François Bernardini : Après 9 ans d’enquête, on pouvait imaginer que le scénario accouche d’une voie d’achèvement. Je pense que faire ce procès après les municipales me permet de mener une campagne qui se déroule d’une façon suffisamment sereine pour que je puisse proposer à la population d’Istres la continuité du travail accompli depuis des années, qui a fait de ce cadre de vie quelque chose d’exceptionnel. Cette échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité, parce qu’on est à un stade de la procédure où la vérité apparaît vraiment, et c’est celle que j’ai définie depuis le début. Au départ, les investigations et les perquisitions menées par le procureur de Paris avaient conduit à une série infamante de chefs d’inculpation, où figuraient la corruption, l’association de malfaiteurs, la notion de malversations… Aujourd’hui, il n’y a plus tout ça. Sur 17 dossiers au départ, il en reste 6, et quand on voit la nature des dossiers, on peut avoir une espèce de sérénité. Je salue le travail de la justice, qui a pris son temps, mais qui a sérieusement examiné les pièces qu’on a pu transmettre et qui a abouti à cette déperdition heureuse. Je répondrai bien évidemment aux reproches qui me sont faits. Bien sûr que je suis gêné par la procédure parce qu’elle existe, mais je ne me sens pas tétanisé, ni effondré par les accusations qui me sont portées. Elles relèvent plutôt d’erreurs que de fautes, parce que derrière la faute, il y a la notion de mauvaise intention. D’ailleurs, les recommandations ayant été établies depuis, je n’assiste plus aux procédures de marchés publics ou de permis de construire. Je n’y apparais plus officiellement par une signature ou par une présence.

    En 2020, vous aviez annoncé que ce mandat serait votre dernier. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous représenter ?

    F.B. : Plusieurs choses. D’abord, un élément très personnel. À la suite de la déflagration lourde que j’ai vécue avec mes problèmes de santé, j’ai vu, lors de mon rétablissement, ma capacité à relever les plus grands défis. Ensuite, j’ai eu des demandes des administrés de rempiler. Le troisième élément, c’est que lorsque j’ai été obligé de me retirer de la vie politique en 2001, j’ai été assez dubitatif de la médiocrité qui pouvait exister en mon absence, de voir comment Istres a décliné, a perdu des équipements, s’est retrouvée avec 14,5 millions d’euros de déficit. Je ne mets pas Robin Prétot [candidat LR aux élections municipales, Ndlr] sur le même pied d’égalité que Michel Caillat [conseiller d’opposition écologiste et ancien maire de 2002 à 2006] . Mais son opposition au développement de la Ville m’interpelle.

    Quand je vois qu’il peut y avoir le risque de cette mentalité malthusienne, rétrograde, je me dis qu’il n’en est pas question. La campagne va avant tout porter sur cette question. Quelle que soit la perspective du résultat, parce qu’on envisage sereinement la victoire mais pas naïvement la défaite non plus, je ne compromettrai jamais ma vision des choses. Je ne ferai aucune concession.

    Lors du conseil municipal du 9 octobre, vous avez attaqué « La Provence » à propos d’une enquête sur la décharge illégale d’Entressen qui aurait été écrite pour vous « causer des torts personnels ». Allez-vous porter plainte contre le journal ?

    F.B. : Je vais entamer une procédure contre des informations fausses, fallacieuses, délibérément orientées pour me nuire. J’attaquerai également, je ne sais pas encore sous quelle forme, La Provence, qui n’a pas laissé passer que cet article-là, mais aussi des descriptions déshonorantes, à charge, avec un dérivé sur quelques gravats qui seraient, par-ci par-là, issus de la Ville et une superbe première page où on voit un monticule absolument détestable qui ne correspond pas à la réalité. C’est un mensonge éhonté, le détournement d’une déontologie. Et quand je parle d’accointances entre leur journaliste et Robin Prétot, ce n’est pas sexiste. Je dis qu’il y a une accumulation d’intérêts qui est nocive, d’un point de vue politique, intellectuel.

    La décharge prospère depuis une dizaine d’années. Qu’avez-vous mis en place pour gérer cette problématique ?

    F.B. : Au départ, c’est un signalement de la collectivité, en 2019, qui a amené un début de procédure préfectorale, puisque, fort des éléments qui ont été transmis, il y a eu une considération des pouvoirs publics pour ce dossier avec une première démarche qui était un ordre de remise des choses en état. Voyant que ça n’avait pas été pris en compte, le préfet a émis un ordre d’interdiction en 2020. L’exploitation illégale s’est poursuivie jusqu’à ce que je reçoive moi-même Jean-Luc Girard [le propriétaire de trois parcelles agricoles impactées et gérant de la société Le Vallon d’Entressen, entreprise de recyclage et de vente de matériaux inertes, Ndlr.] lors d’une nouvelle médiation. On s’est mis d’accord sur un calendrier d’intervention et, un mois après, on a constaté que rien n’avait été fait. J’ai donc rappelé le préfet, qui a fait consigner une somme d’1,2 million d’euros en attendant le déroulé judiciaire en septembre. Tout ça montre que la Ville n’a pas failli, au contraire, elle a été à l’origine d’investigations judiciaires.

    La procureure a requis la confiscation des terres et de la prison ferme contre les propriétaires du site Vallon d’Entressen, lors du procès, le 9 septembre. Quelle est la suite ?

    F.B. : Il appartient à la justice de déterminer l’ampleur des choses, à savoir l’enlèvement des déchets et la fixation d’un élément d’astreinte journalière pour dépassement du délai prescrit.

    Certaines entreprises délégataires de marchés publics seraient « soupçonnées de dépôts illégaux ». Qu’en est-il ? Allez vous ouvrir une enquête administrative interne ?

    F.B. : C’est faux. On a contacté deux ou trois entreprises, comme celles qui s’occupent des travaux du théâtre de l’Olivier, on a des preuves officielles qu’elles n’y ont rien jeté.

    Des études vont-elles être menées pour mesurer l’ampleur de la pollution engendrée par cette décharge illégale ?

    F.B. : Oui, j’ai lancé une étude sur le degré de translation souterraine, donc de déversement éventuel, avec l’étang d’Entressen. Concernant la nappe phréatique de la Crau, c’est au Symcrau (le syndicat mixte en charge de sa gestion, Ndlr) qu’il appartient de lancer ce genre de prérogative.

  • Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Le gouvernement a été dévoilé dimanche à 22h, composé de 34 ministres nommés « pour donner un budget » au pays « avant la fin de l’année », selon le Premier ministre. Voici la liste des principaux membres de l’exécutif.

    Quinze ministres délégués ont également été nommés.

  • Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Le gouvernement a été dévoilé dimanche à 22h, composé de 34 ministres nommés « pour donner un budget » au pays « avant la fin de l’année », selon le Premier ministre. Voici la liste des principaux membres de l’exécutif.

    Laurent Nunez, ministre de l’intérieur.
    Catherine Vautrin, ministre des Armées.
    Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
    Monique Barbut, ministre de la Transition écologique.
    Gérald Darmanin garde des Sceaux, ministre de la justice.
    Roland Lescure, ministre de l’économie.
    Serge Papin, ministre

    des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme.
    Annie Genevard, ministre de l’agriculture.
    Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale.
    Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et

    des affaires étrangères.
    Rachida Dati, ministre de la Culture.
    Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.
    Naïma Moutchou, ministre des outre-mer.
    Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.
    Amélie de Montchalin, ministre de l’action et des comptes publics.
    Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.
    Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
    Philippe Tabarot, ministre des Transports.
    Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement.

    Quinze ministres délégués ont également été nommés.

  • À Nîmes, la guerre des chefs à droite bat son plein

    Depuis l’annonce du non-remplacement de Jean-Paul Fournier après vingt-cinq ans de règne, Nîmes vit au rythme d’une primaire à ciel ouvert. L’entrevue du mardi 30 septembre entre Franck Proust, premier adjoint et président de Nîmes Métropole, et Julien Plantier, son prédécesseur à l’Hôtel de Ville devenu dissident, n’a rien réglé. Elle a, au contraire, confirmé la divergence stratégique : Proust plaide pour un pilote unique à la Ville et à l’Agglo au nom de la « cohérence » ; Plantier n’envisage que la mairie, la tête de liste et le nom sur l’affiche. Les proches du maire sortant l’assurent : l’accord espéré par Fournier n’est plus à l’ordre du jour. « Pas pour l’instant », souffle Plantier, qui cultive l’option d’alliances latérales.

    Car l’orbite de droite et du centre se densifie. Valérie Rouverand, porte-voix de la majorité présidentielle, avance ses pions et n’exclut pas une entente… si elle fait sens électoralement. À la périphérie, Yvan Lachaud, longtemps banni, redevient un acteur : étiquette Horizons en poche et vieux comptes à solder, il s’offre comme relais, voire pivot, pour recomposer un attelage. Dans ce jeu d’équilibristes, chacun teste son rapport de force, publie des soutiens, quadrille les quartiers, verrouille les réseaux économiques et associatifs. Les ego font le reste.

    Les dossiers de fond n’en disparaissent pas pour autant. Sécurité et narcotrafic minent le débat public, l’adaptation climatique, la mobilité (bustram, vélo), le logement social et Magna Porta s’invitent dans tous les éléments de langage. Proust met en avant l’entregent acquis à Paris et Bruxelles et promet des mutualisations Ville-Agglo « trop longtemps reportées ». Plantier, 39 ans, docteur en droit, joue la carte du renouvellement et promet une méthode « au plus près des habitants », épaulé par une part non négligeable d’anciens adjoints désormais tombés en disgrâce. Au-dessus de la mêlée, Jean-Paul Fournier martèle son avertissement : divisés, « ils sont voués à l’échec ». Message reçu… mais pas entendu.

    Une primaire à ciel ouvert

    Concrètement, la droite pourrait se présenter en trois, voire quatre listes au premier tour : Proust, Plantier, Rouverand et, selon les configurations, un ticket estampillé Horizons. Une telle dispersion transformerait le 1er tour en véritable primaire, avec une question clé : le perdant se désistera-t-il réellement pour le mieux placé ? Dans les coulisses, certains jurent qu’un engagement existe pour se ranger derrière celui qui sortira en tête. Encore faudra-t-il le tenir le soir venu.

    Cet éclatement n’a pas échappé aux autres camps. Le RN, traditionnellement moins haut à Nîmes qu’ailleurs dans le Gard, observe et attend de dévoiler sa tête de liste. À gauche, en revanche, l’union patiemment construite autour de Vincent Bouget (PCF) sous la bannière Nîmes en commun est d’ores et déjà sur les rails. Dans une ville où la pauvreté touche une large part des habitants, le bloc progressiste mise sur la cohérence programmatique et la discipline d’appareil. Si la droite s’éparpille et si deux listes de centre-droit restent en lice au second tour, l’arithmétique peut soudain sourire à la gauche unie. D’ici là, tout se résume à une équation simple pour les héritiers de Fournier : additionner ou se soustraire.