Category: politique

  • [Entretien] David Tessier (PCF) : « On fait campagne pour rassembler le plus largement possible et gagner »

    La Marseillaise : Vous êtes le chef de file des communistes pour les municipales. Où en sont les discussions avec vos partenaires de gauche ?

    David Tessier : Elles se font comme toutes les discussions dans un cadre unitaire en ayant le souci d’équilibrer les candidats des partis politiques et ceux qui ne seraient pas membres de partis mais présentés au sens de leur engagement citoyen, et en respectant les règles démocratiques de chaque formation. Ce processus peut sembler long mais le temps est une condition de la démocratie. Et on n’est pas en retard, je suis même extrêmement confiant sur le fait qu’on débouchera bientôt sur une annonce.

    La question de la tête de liste est tranchée ?

    D.T. : Ce qui est convenu, c’est que simultanément à son annonce, seront annoncés les 10 à 20 premiers noms de la liste pour manifester un souci de cohérence politique globale. Ce début de composition de liste dira quelque chose du projet politique.

    Quel périmètre de rassemblement est espéré par le PCF à Aix ?

    D.T. : On fait campagne pour rassembler le plus largement possible, gagner et proposer des solutions allant dans le sens de l’intérêt général. Le périmètre, c’est toute la gauche. Et elle est pluraliste avec des formations qui ont des analyses, des histoires, des cultures, des positions différentes. Et c’est très bien. Pour l’heure, la liste comprend toute la gauche, à l’exception de la France Insoumise qui a décidé de jouer dans les Bouches-du-Rhône et au national, une autre stratégie, ce que nous regrettons. Nous, les communistes, avons un adversaire, c’est la droite et la famille Joissains, et un ennemi mortel, l’extrême droite. Mortel car entre eux et nous, il n’y a pas que des divergences, il y a l’histoire, il y a du sang. Mais on n’a pas d’adversaire à gauche, on ne fera pas campagne en tapant à gauche.

    Quels sujets les communistes vont porter sur cette campagne ?

    D.T. : Notre spécificité et notre utilité est de porter les sujets qui concernent la vie quotidienne des salariés et des gens des quartiers populaires, les transports, l’école, le logement, et de poser la question du droit à la ville. Aix est une ville qui, comme d’autres en France, tend à exclure les classes populaires en les rejetant loin du noyau central. On tient à ce que tout le monde puisse vivre et habiter en ville. Les questions d’égalité, de justice sociale et de territoire sont centrales. Un exemple, banal, c’est la question des transports. Aix est une ville qui a un réseau de transports en commun qui ne correspond pas à la réalité de ce qu’elle est aujourd’hui. Quand les 47 000 habitants du Jas de Bouffan, les quartiers ouest de la ville où se trouvent beaucoup de logements sociaux, n’ont plus de bus après 22h, une sorte de couvre-feu s’impose sur un tiers de la ville, et ce n’est pas acceptable. On va aussi porter un combat plus politique sur la question du désengagement de l’État et des moyens.

    Le contexte politique national heurté, pour ne pas dire chaotique, peut-il avoir des conséquences ?

    D.T. : L’expérience nous enseigne que les électeurs et électrices ne mélangent pas nécessairement les scrutins et que le score national d’un parti ne dit pas forcément ce que sera son score municipal. En même temps, tout n’est évidemment pas déconnecté. La question des salaires, des retraites, de l’emploi sont des grandes questions nationales qui se retrouvent aussi en ville. La paix par exemple est une question diplomatique et un maire n’est pas ministre des Affaires étrangères mais il peut prendre des positions et des décisions qui marquent un attachement au camp de la paix.

    Vous avez placé cette rentrée sous le signe de la paix. Comment jugez-vous l’évolution de la situation au Proche-Orient ?

    D.T. : Aujourd’hui, le cessez-le-feu semble s’être imposé, les otages sont rentrés, des prisonniers politiques palestiniens ont été libérés, ce sont d’excellentes choses. Il faut désormais passer à l’étape suivante : construire les conditions politiques permettant d’assurer une paix juste et durable. Ça passe par la reconnaissance de l’État palestinien c’est acté, et par une conférence internationale. Il n’y a aucune solution militaire possible, ni dans cette région ni ailleurs sur Terre. Il faut donner des moyens pour que la paix puisse se réaliser.

    Jeudi, 18h30, 35 impasse Granet

  • Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Un discours d’une trentaine de minutes et une phrase très attendue : « Je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle », annonce Sébastien Lecornu ce mardi lors de son discours de politique générale, suivi de quelques applaudissements sur les bancs socialistes. « Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 », précise le Premier ministre. Il a, quelques minutes auparavant confirmé l’abandon de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. « C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire mais pas seulement, dans tous les domaines, vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote », assure-t-il face à la représentation nationale.

    Le chef du gouvernement a ainsi accédé aux requêtes du Parti socialiste, qui avait fait de la suspension de la réforme honnie, la condition sine qua non pour éviter la censure. C’est en tout cas ce qu’a implicitement confirmé Boris Vallaud, président des troupes socialistes. « La suspension de la réforme des retraites, la voici enfin », insiste-t-il, saluant une « victoire », un « premier pas » avant l’« abrogation ». Conspuant un budget « insupportable et gravement insuffisant », le député des Landes concède : « Nous faisons un pari, un pari risqué dont seul l’avenir nous dira ce qu’il est. » Le parti à la rose ne censurera donc pas – dans l’immédiat – le gouvernement Lecornu II.

    LFI, le PCF, EELV et le RN promettent la censure

    Mais ces concessions – temporaires – n’ébranlent pas la volonté du reste de la gauche de voir l’exécutif tomber. « La réforme des retraites est une faute originelle. Elle devient aujourd’hui l’assurance-vie des macronistes », ironise Cyrielle Châtelain, patronne des députés écologistes. « Le groupe Écologiste et Social ira à la censure, car nous refusons l’accaparement du pouvoir par Emmanuel Macron », renchérit la députée. Stéphane Peu, coprésident du groupe communiste et ultramarin voit dans la suspension annoncée « potentiellement une victoire ». Mais fait peu mystère sur l’issue de son vote jeudi : « Dernier grognard du président Macron, vous tomberez vous aussi pour le défendre », lance-t-il à l’adresse du locataire de Matignon.

    Plus tôt dans la journée, le président de la République a menacé les oppositions : les motions de censure sont « des motions de dissolution et doivent être vues comme telles », argue Emmanuel Macron en Conseil des ministres, en appelant à la « stabilité institutionnelle » et au sens du « compromis », selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Encore une fois, le chef de l’État renvoie la responsabilité de cette crise politique sur ses opposants. « La logique des insoumis a toujours été la même : nous ne participerons pas à votre sauvetage », prévient Mathilde Panot, cheffe des députés LFI. « Une réforme imposée contre tout un peuple, contre l’ensemble des organisations syndicales et contre l’Assemblée nationale, elle ne se conclave pas, ne se discute pas, ne se suspend pas, elle s’abroge », tranche-t-elle.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

    « La suspension de la réforme des retraites à 62 ans, 9 mois, 170 trimestres est une première victoire pour les 500 000 salariés qui en profiteront dès cette année C’est le fruit de toutes les mobilisations Poursuivons le combat jusqu’à l’abrogation et pour un financement juste ! »

    Olivier Faure, 1er secrétaire du PS

    « Je reste dans l’opposition mais je veux que le débat ait lieu et je souhaite que l’on puisse avancer. Nous ne censurerons pas le Premier ministre (..) Je suis heureux pour les 3,5 millions de personnes qui pourront partir à la retraite plus tôt. Quand on fait de la politique, c’est pour changer la vie des gens et provoquer une dissolution, ce n’est pas changer la vie des gens (..) Le projet de budget n’est pas le nôtre, le combat ne fait que commencer. »

    Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV

    « Même si je me réjouis que notre opiniâtreté permette une avancée sur les retraites, Les Écologistes ne peuvent pas laisser passer ce gouvernement qui s’apprête à soutenir le budget que nous connaissons. Comme nous l’avions annoncé, nous censurerons ce gouvernement. »

    Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, député des BDR

    « Le budget Lecornu prévoit l’explosion de ce que l’on doit payer lorsque l’on fait une demande de titre de séjour ou de titre de nationalité. Retailleau est sorti, mais pas ses idées racistes. Comment un député de gauche pourrait-il accepter une telle faute morale ? »

    Benjamin Lucas, député Génération.s

    « Je n’ai pas été élu pour aménager le macronisme mais pour rompre avec cette dangereuse politique. Au nom de l’intérêt général, de la défense des classes moyennes et populaires, du respect des principes démocratiques et républicains, je voterai la censure. »

    François Ruffin, député Debout!

    « Enfin, après deux années de tensions, de crispations, un Premier ministre bouge sur les retraites… Mais sur le budget ? C’est toujours du Macron, Robin des bois à l’envers, qui prend aux modestes, aux malades, aux handicapés, pour donner aux plus riches. Les milliardaires paieront toujours moins d’impôts que leurs secrétaires. Ce sera donc la censure. »

    Bruno Retailleau, président LR

    « La gauche n’est pas au gouvernement mais elle le dirige. La suspension de la réforme des retraites et le silence du premier ministre sur l’immigration prouvent que ce gouvernement est l’otage des socialistes. (…) Pour éviter la censure, le gouvernement fait payer aux Français un prix considérable. »

    Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance et ex-ministre

    « Je salue la main tendue sur la réforme des retraites. Ce débat doit désormais s’ouvrir en responsabilité, en ayant pour seules boussoles l’amélioration de notre système de retraites pour les travailleurs et son équilibre financier, gage de sa crédibilité pour les plus jeunes. »

  • Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Un discours d’une trentaine de minutes et une phrase très attendue : « Je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle », annonce Sébastien Lecornu ce mardi lors de son discours de politique générale, suivi de quelques applaudissements sur les bancs socialistes. « Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 », précise le Premier ministre. Il a, quelques minutes auparavant confirmé l’abandon de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. « C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire mais pas seulement, dans tous les domaines, vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote », assure-t-il face à la représentation nationale.

    Le chef du gouvernement a ainsi accédé aux requêtes du Parti socialiste, qui avait fait de la suspension de la réforme honnie, la condition sine qua non pour éviter la censure. C’est en tout cas ce qu’a implicitement confirmé Boris Vallaud, président des troupes socialistes. « La suspension de la réforme des retraites, la voici enfin », insiste-t-il, saluant une « victoire », un « premier pas » avant l’« abrogation ». Conspuant un budget « insupportable et gravement insuffisant », le député des Landes concède : « Nous faisons un pari, un pari risqué dont seul l’avenir nous dira ce qu’il est. » Le parti à la rose ne censurera donc pas – dans l’immédiat – le gouvernement Lecornu II.

    LFI, le PCF, EELV et le RN promettent la censure

    Mais ces concessions – temporaires – n’ébranlent pas la volonté du reste de la gauche de voir l’exécutif tomber. « La réforme des retraites est une faute originelle. Elle devient aujourd’hui l’assurance-vie des macronistes », ironise Cyrielle Châtelain, patronne des députés écologistes. « Le groupe Écologiste et Social ira à la censure, car nous refusons l’accaparement du pouvoir par Emmanuel Macron », renchérit la députée. Stéphane Peu, coprésident du groupe communiste et ultramarin voit dans la suspension annoncée « potentiellement une victoire ». Mais fait peu mystère sur l’issue de son vote jeudi : « Dernier grognard du président Macron, vous tomberez vous aussi pour le défendre », lance-t-il à l’adresse du locataire de Matignon.

    Plus tôt dans la journée, le président de la République a menacé les oppositions : les motions de censure sont « des motions de dissolution et doivent être vues comme telles », argue Emmanuel Macron en Conseil des ministres, en appelant à la « stabilité institutionnelle » et au sens du « compromis », selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Encore une fois, le chef de l’État renvoie la responsabilité de cette crise politique sur ses opposants. « La logique des insoumis a toujours été la même : nous ne participerons pas à votre sauvetage », prévient Mathilde Panot, cheffe des députés LFI. « Une réforme imposée contre tout un peuple, contre l’ensemble des organisations syndicales et contre l’Assemblée nationale, elle ne se conclave pas, ne se discute pas, ne se suspend pas, elle s’abroge », tranche-t-elle.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

    « La suspension de la réforme des retraites à 62 ans, 9 mois, 170 trimestres est une première victoire pour les 500 000 salariés qui en profiteront dès cette année C’est le fruit de toutes les mobilisations Poursuivons le combat jusqu’à l’abrogation et pour un financement juste ! »

    Olivier Faure, 1er secrétaire du PS

    « Je reste dans l’opposition mais je veux que le débat ait lieu et je souhaite que l’on puisse avancer. Nous ne censurerons pas le Premier ministre (..) Je suis heureux pour les 3,5 millions de personnes qui pourront partir à la retraite plus tôt. Quand on fait de la politique, c’est pour changer la vie des gens et provoquer une dissolution, ce n’est pas changer la vie des gens (..) Le projet de budget n’est pas le nôtre, le combat ne fait que commencer. »

    Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV

    « Même si je me réjouis que notre opiniâtreté permette une avancée sur les retraites, Les Écologistes ne peuvent pas laisser passer ce gouvernement qui s’apprête à soutenir le budget que nous connaissons. Comme nous l’avions annoncé, nous censurerons ce gouvernement. »

    Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, député des BDR

    « Le budget Lecornu prévoit l’explosion de ce que l’on doit payer lorsque l’on fait une demande de titre de séjour ou de titre de nationalité. Retailleau est sorti, mais pas ses idées racistes. Comment un député de gauche pourrait-il accepter une telle faute morale ? »

    Benjamin Lucas, député Génération.s

    « Je n’ai pas été élu pour aménager le macronisme mais pour rompre avec cette dangereuse politique. Au nom de l’intérêt général, de la défense des classes moyennes et populaires, du respect des principes démocratiques et républicains, je voterai la censure. »

    François Ruffin, député Debout!

    « Enfin, après deux années de tensions, de crispations, un Premier ministre bouge sur les retraites… Mais sur le budget ? C’est toujours du Macron, Robin des bois à l’envers, qui prend aux modestes, aux malades, aux handicapés, pour donner aux plus riches. Les milliardaires paieront toujours moins d’impôts que leurs secrétaires. Ce sera donc la censure. »

    Bruno Retailleau, président LR

    « La gauche n’est pas au gouvernement mais elle le dirige. La suspension de la réforme des retraites et le silence du premier ministre sur l’immigration prouvent que ce gouvernement est l’otage des socialistes. (…) Pour éviter la censure, le gouvernement fait payer aux Français un prix considérable. »

    Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance et ex-ministre

    « Je salue la main tendue sur la réforme des retraites. Ce débat doit désormais s’ouvrir en responsabilité, en ayant pour seules boussoles l’amélioration de notre système de retraites pour les travailleurs et son équilibre financier, gage de sa crédibilité pour les plus jeunes. »

  • Sébastien Lecornu annonce qu’il souhaite suspendre la réforme des retraites

    Sébastien Lecornu annonce qu’il souhaite suspendre la réforme des retraites

    A l’occasion de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu annonce : « Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle. Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 ».

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce mercredi

  • Les écolos vont choisir leur chef de file aux Municipales

    Les écolos vont choisir leur chef de file aux Municipales

    Trois candidats pour une orientation ? Les écologistes marseillais, toujours sous la tutelle de la direction nationale, sont appelés à s’exprimer sur leur stratégie pour les Municipales. Un ultime « débat » a eu lieu lundi en visioconférence. Le vote se fera en présentiel à la Maison arménienne de la jeunesse et de la culture (13001) ce mardi entre 18h30 et 21h.

    Un premier scrutin permettra de désigner un chef de file pour la campagne. Trois noms sont en lice : Hassen Hammou, membre du bureau politique exécutif national, Mirabelle Lamoureux, fondatrice d’une start-up spécialisée dans le reconditionnement informatique, et Christine Juste, adjointe au maire de Marseille, en charge de l’environnement, candidate du Nouveau Front Populaire aux législatives de 2022.

    Quel qu’il soit, sa marge de manœuvre sera étroite. « Le chef de file ne négociera pas, sa mission sera surtout d’animer l’équipe en fonction de lignes établies par les militants », précise Christine Juste. Le candidat devra en effet suivre « la trajectoire programmatique » élaborée par des groupes de travail ayant défini une dizaine de lignes rouges et vertes pour encadrer les discussions. Elles sont en finalisation.

    Sur la stratégie globale, trois options devraient être sur la table. Le ralliement au Printemps marseillais, l’union avec les Insoumis et la candidature autonome. « À ce stade, la majorité des militants souhaite le rassemblement autour du Printemps marseillais, il ne devrait pas y avoir de suspense », estime un responsable du parti. « D’après les échos de la tutelle, les choses se passent bien. On a compris que LFI ne souhaitait pas faire partie de l’union et les discussions sont bonnes avec nos partenaires », reprend Christine Juste. « Il faut que cette promesse d’une ville plus verte soit portée dans un Printemps 2 (…) Plusieurs chantiers ont été lancés, nous devons aller plus loin et plus vite. »

    « Adhésions suivies »

    Un autre vote doit aussi permettre de valider une liste de vingt noms désignés pour intégrer la liste des candidats à la mairie centrale. Ils ont été sélectionnés par la tutelle en fonction des différentes tendances. « On nous a assuré que toutes les tendances s’y retrouveront », précise encore un responsable écologiste.

    Toutes sauf une. Celle de Sébastien Barles, adjoint à la transition écologique. Ce dernier s’est lancé en solitaire dans la course aux municipales avec le collectif Vaï Marseille. Dénonçant « un simulacre de démocratie », le candidat écologiste aux municipales de 2020 critique « une assemblée où il n’y a aucun débat d’orientation » et « une opération de ralliement sans exigences politiques à la liste du Maire sortant ». Lui regarde du côté de LFI, dont des cadres l’ont soutenu, il y a cinq ans. Et de pointer des « opérations d’entrisme » et « la multiplication de cartes de complaisance ».

    Tout a été contrôlé par la tutelle, rassure-t-on dans le camp des « loyalistes ». « À partir du moment où il y avait une interrogation, on a fait une procédure d’adhésions suivies, on a vérifié les réalités des adhérents, leur domiciliation, leur engagement dans les quatre groupes locaux et il n’y a aucun doute, en tout cas sur ce qu’on a constaté », explique Olivier Bertrand, délégué aux élections pour le bureau national. À Marseille les écologistes comptent environ 450 adhérents. Selon lui 350, ayant fait vérifier et valider leur inscription, participeront vote.

  • Les écolos vont choisir leur chef de file aux Municipales

    Trois candidats pour une orientation ? Les écologistes marseillais, toujours sous la tutelle de la direction nationale, sont appelés à s’exprimer sur leur stratégie pour les Municipales. Un ultime « débat » a eu lieu lundi en visioconférence. Le vote se fera en présentiel à la Maison arménienne de la jeunesse et de la culture (13001) ce mardi entre 18h30 et 21h.

    Un premier scrutin permettra de désigner un chef de file pour la campagne. Trois noms sont en lice : Hassen Hammou, membre du bureau politique exécutif national, Mirabelle Lamoureux, fondatrice d’une start-up spécialisée dans le reconditionnement informatique, et Christine Juste, adjointe au maire de Marseille, en charge de l’environnement, candidate du Nouveau Front Populaire aux législatives de 2022.

    Quel qu’il soit, sa marge de manœuvre sera étroite. « Le chef de file ne négociera pas, sa mission sera surtout d’animer l’équipe en fonction de lignes établies par les militants », précise Christine Juste. Le candidat devra en effet suivre « la trajectoire programmatique » élaborée par des groupes de travail ayant défini une dizaine de lignes rouges et vertes pour encadrer les discussions. Elles sont en finalisation.

    Sur la stratégie globale, trois options devraient être sur la table. Le ralliement au Printemps marseillais, l’union avec les Insoumis et la candidature autonome. « À ce stade, la majorité des militants souhaite le rassemblement autour du Printemps marseillais, il ne devrait pas y avoir de suspense », estime un responsable du parti. « D’après les échos de la tutelle, les choses se passent bien. On a compris que LFI ne souhaitait pas faire partie de l’union et les discussions sont bonnes avec nos partenaires », reprend Christine Juste. « Il faut que cette promesse d’une ville plus verte soit portée dans un Printemps 2 (…) Plusieurs chantiers ont été lancés, nous devons aller plus loin et plus vite. »

    Un autre vote doit aussi permettre de valider une liste de vingt noms désignés pour intégrer la liste des candidats à la mairie centrale. Ils ont été sélectionnés par la tutelle en fonction des différentes tendances. « On nous a assuré que toutes les tendances s’y retrouveront », précise encore un responsable écologiste.

    Toutes sauf une. Celle de Sébastien Barles, adjoint à la transition écologique. Ce dernier s’est lancé en solitaire dans la course aux municipales avec le collectif Vaï Marseille. Dénonçant « un simulacre de démocratie », le candidat écologiste aux municipales de 2020 critique « une assemblée où il n’y a aucun débat d’orientation » et « une opération de ralliement sans exigences politiques à la liste du Maire sortant ». Lui regarde du côté de LFI, dont des cadres l’ont soutenu, il y a cinq ans. Et de pointer des « opérations d’entrisme » et « la multiplication de cartes de complaisance ».

    Tout a été contrôlé par la tutelle, rassure-t-on dans le camp des « loyalistes ». « À partir du moment où il y avait une interrogation, on a fait une procédure d’adhésions suivies, on a vérifié les réalités des adhérents, leur domiciliation, leur engagement dans les quatre groupes locaux et il n’y a aucun doute, en tout cas sur ce qu’on a constaté », explique Olivier Bertrand, délégué aux élections pour le bureau national. À Marseille les écologistes comptent environ 450 adhérents. Selon lui 350, ayant fait vérifier et valider leur inscription, participeront vote.

  • Le PCF interpelle le député Yannick Chenevard

    Le PCF interpelle le député Yannick Chenevard

    La lettre ouverte envoyée par la section du PCF de Toulon au député de la 1ère circonscription du Var, Yannick Chenevard (Ensemble), vise à éclairer en retour les électeurs de gauche sur le positionnement politique de celui pour lequel ils se sont, comme un seul homme, massivement reportés, en 2024, afin de faire barrage à l’extrême droite et empêcher le RN de réaliser un carton plein dans le Var.

    Les communistes proposent au parlementaire de s’exprimer sur les déclarations graves de sens du chef du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, entre les deux tours de la législative partielle dans le Tarn-et-Garonne opposant un candidat d’extrême droite à celui du Parti socialiste. Il appelait alors à ne donner « pas une voix pour la gauche ». Le candidat soutenu par le RN l’a emporté…

    Le PCF dénonce donc un honteux front antirépublicain unissant LR et le parti à la flamme créé entre autres, par d’anciens Waffen SS. Le PCF demande donc au député élu, lui, grâce au front républicain, de se déterminer, étant donné qu’il soutient aux municipales le candidat LR Michel Bonnus, un proche de Retailleau.

    La section communiste toulonnaise prévient que, s’il partage les positions du chef des Républicains, il « trahit la confiance des électeurs de gauche comme de droite ». Et dans le cas contraire, elle ajoute : « Nous nous demandons comment vous pouvez soutenir aux élections municipales un candidat qui est le délégué toulonnais du parti de M.Retailleau ? »

    Des contradictions auxquelles le député ne sera pas le seul à devoir répondre.

  • [Entretien] Yannick Bosc : « Nous vivons sur une idée appauvrie de la République »

    [Entretien] Yannick Bosc : « Nous vivons sur une idée appauvrie de la République »

    Ce mardi à 18h30, l’association Provence Mémoire du monde ouvrier (Promemo) et l’Université populaire du pays d’Aix organisent une conférence-débat à l’institut d’études politiques (25 rue Gaston-de-Saporta) sur « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre » avec Yannick Bosc, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Rouen, auteur, notamment, de La liberté contre le capitalisme, Le républicanisme du XVIIIe siècle et les révolutions à venir et Robespierre. La fabrication d’un mythe.

    Dans votre ouvrage, « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre », vous revisitez l’idée (et la pratique) de « république » entre 1789 et 1794. De quelle république sommes-nous les héritiers ?

    Yannick Bosc : Nous vivons, aujourd’hui, sur une idée très appauvrie de la République, souvent réduite à être définie négativement par rapport à la monarchie. En France, elle est essentiellement construite à partir de nos représentations de la Troisième République, celle de Jules Ferry. En revanche, ses devancières, la Première (pendant la Révolution française) et la Deuxième république (1848), sont la plupart du temps ignorées et renvoyées au magasin des curiosités historiques dans lesquelles il serait vain de chercher une quelconque aide concrète pour penser le monde d’aujourd’hui.

    Vous analysez l’action de Robespierre, qui œuvra sans relâche au triomphe d’une République démocratique et sociale. Les Thermidoriens qui écrasèrent le mouvement populaire au nom de la bourgeoisie possédante nommèrent (après coup) « Terreur » le gouvernement révolutionnaire (1793-1794)…

    Y.S. : La Première République, et plus précisément la Première République dans son moment démocratique, entre 1793 et 1794 (l’an II), a de surcroît l’inconvénient majeur d’être qualifiée de « Terreur », un qualificatif répulsif, conçu pour l’être, qui n’incite guère à investir ce moment républicain pour réfléchir sur notre actualité. Or, Robespierre incarne cette « Terreur ». Le mot « terreur », au sens de la crainte que doit ressentir l’ennemi face à la détermination de ceux qui le combattent, est d’un usage très courant pendant la Révolution française. Tous les camps l’utilisent, tous cherchent à terroriser l’autre dans ce temps de guerre. Mais ce sont ceux qui ont réprimé l’expérience politique démocratique de l’an II, dont Robespierre est une des figures emblématiques, qui ont forgé la notion de « Terreur », au sens d’un système politique. Jamais ceux qui sont alors désignés comme des « terroristes » ne se sont réclamés d’un « système de Terreur ». Les qualificatifs « Terreur » ou « terroriste » ont été des moyens très efficaces pour occulter la nature de cette expérience républicaine. La vision des vainqueurs a en grande partie effacé celle des vaincus.

    En quoi consistait donc ce républicanisme des vaincus, dont Robespierre a été l’un des porte-parole, et que l’on s’est efforcé d’initialiser ? Au-delà, en quoi ce républicanisme peut-il nous aider à interroger nos sociétés actuelles ?

    Y.S. : La société française s’affirme républicaine et la tradition républicaine repose sur un contrôle très strict des pouvoirs délégués et le refus de la domination (la soumission arbitraire à la volonté d’un autre). Pourtant, la souveraineté populaire et la décision politique sont aujourd’hui confisquées par ce que l’on nomme « la représentation nationale » et par les « experts », ce qui est une source importante de la défiance des citoyennes et citoyens vis-à-vis de leurs représentants. La crise politique que traverse la France, aujourd’hui, en est une des manifestations. La tradition républicaine repose également sur le contrôle des ressources, qui permettent de garantir l’existence de la communauté et de ses membres. En quoi le républicanisme porté par Robespierre peut-il nous aider à interroger les normes de nos sociétés fondées sur la propriété privée exclusive et le marché (le capitalisme) ? Un capitalisme dont on nous explique aujourd’hui qu’il est compatible avec les principes républicains et la Déclaration des droits, mais plus encore, dont on a pris l’habitude de considérer qu’il en serait l’expression même. Quel était, à l’époque, le sens de cette devise, fondée sur la Déclaration des droits et formulée pour la première fois par Robespierre : Liberté, Égalité, Fraternité ?

  • [Entretien] Yannick Bosc : « Nous vivons sur une idée appauvrie de la République »

    Ce mardi à 18h30, l’association Provence Mémoire du monde ouvrier (Promemo) et l’Université populaire du pays d’Aix organisent une conférence-débat à l’institut d’études politiques (25 rue Gaston-de-Saporta) sur « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre » avec Yannick Bosc, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Rouen, auteur, notamment, de La liberté contre le capitalisme, Le républicanisme du XVIIIe siècle et les révolutions à venir et Robespierre. La fabrication d’un mythe.

    Dans votre ouvrage, « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre », vous revisitez l’idée (et la pratique) de « république » entre 1789 et 1794. De quelle république sommes-nous les héritiers ?

    Yannick Bosc : Nous vivons, aujourd’hui, sur une idée très appauvrie de la République, souvent réduite à être définie négativement par rapport à la monarchie. En France, elle est essentiellement construite à partir de nos représentations de la Troisième République, celle de Jules Ferry. En revanche, ses devancières, la Première (pendant la Révolution française) et la Deuxième république (1848), sont la plupart du temps ignorées et renvoyées au magasin des curiosités historiques dans lesquelles il serait vain de chercher une quelconque aide concrète pour penser le monde d’aujourd’hui.

    Vous analysez l’action de Robespierre, qui œuvra sans relâche au triomphe d’une République démocratique et sociale. Les Thermidoriens qui écrasèrent le mouvement populaire au nom de la bourgeoisie possédante nommèrent (après coup) « Terreur » le gouvernement révolutionnaire (1793-1794)…

    Y.S. : La Première République, et plus précisément la Première République dans son moment démocratique, entre 1793 et 1794 (l’an II), a de surcroît l’inconvénient majeur d’être qualifiée de « Terreur », un qualificatif répulsif, conçu pour l’être, qui n’incite guère à investir ce moment républicain pour réfléchir sur notre actualité. Or, Robespierre incarne cette « Terreur ». Le mot « terreur », au sens de la crainte que doit ressentir l’ennemi face à la détermination de ceux qui le combattent, est d’un usage très courant pendant la Révolution française. Tous les camps l’utilisent, tous cherchent à terroriser l’autre dans ce temps de guerre. Mais ce sont ceux qui ont réprimé l’expérience politique démocratique de l’an II, dont Robespierre est une des figures emblématiques, qui ont forgé la notion de « Terreur », au sens d’un système politique. Jamais ceux qui sont alors désignés comme des « terroristes » ne se sont réclamés d’un « système de Terreur ». Les qualificatifs « Terreur » ou « terroriste » ont été des moyens très efficaces pour occulter la nature de cette expérience républicaine. La vision des vainqueurs a en grande partie effacé celle des vaincus.

    En quoi consistait donc ce républicanisme des vaincus, dont Robespierre a été l’un des porte-parole, et que l’on s’est efforcé d’initialiser ? Au-delà, en quoi ce républicanisme peut-il nous aider à interroger nos sociétés actuelles ?

    Y.S. : La société française s’affirme républicaine et la tradition républicaine repose sur un contrôle très strict des pouvoirs délégués et le refus de la domination (la soumission arbitraire à la volonté d’un autre). Pourtant, la souveraineté populaire et la décision politique sont aujourd’hui confisquées par ce que l’on nomme « la représentation nationale » et par les « experts », ce qui est une source importante de la défiance des citoyennes et citoyens vis-à-vis de leurs représentants. La crise politique que traverse la France, aujourd’hui, en est une des manifestations. La tradition républicaine repose également sur le contrôle des ressources, qui permettent de garantir l’existence de la communauté et de ses membres. En quoi le républicanisme porté par Robespierre peut-il nous aider à interroger les normes de nos sociétés fondées sur la propriété privée exclusive et le marché (le capitalisme) ? Un capitalisme dont on nous explique aujourd’hui qu’il est compatible avec les principes républicains et la Déclaration des droits, mais plus encore, dont on a pris l’habitude de considérer qu’il en serait l’expression même. Quel était, à l’époque, le sens de cette devise, fondée sur la Déclaration des droits et formulée pour la première fois par Robespierre : Liberté, Égalité, Fraternité ?

  • Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    C’est un nouveau coup de théâtre auquel Les Républicains nous ont habitués. Que va-t-il advenir des six membres qui ont bravé l’interdit de Bruno Retailleau pour rejoindre l’éphémère gouvernement Lecornu II ? Leur sort définitif sera tranché par les instances du parti dans les prochains jours.

    La décision risque de coûter cher au parti de droite. Car parmi eux, Annie Genevard, reconduite au ministère de l’Agriculture. Poids lourd de LR, elle a été nommée au début de l’année présidente de la stratégique commission nationale d’investiture (CNI). Figure également Rachida Dati qui poursuit son activité à la Culture, alors qu’elle vient tout juste d’être investie par les Républicains comme candidate à la mairie de Paris. La droite va-t-elle s’en priver à quelques mois de l’élection ?

    Reconduit aux Transports, Philippe Tabarot a écrit à ses collègues du Sénat en leur disant qu’il était « cohérent avec la position qui était celle des Républicains jusqu’au 5 octobre dernier ». Les trois autres LR à entrer au gouvernement sont tous députés : Vincent Jeanbrun (Logement), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur et attractivité). Avec une cinquantaine d’élus, les députés LR occupent une position pivot à l’Assemblée et constituent aux côtés du bloc macroniste la deuxième composante du socle commun.

    En première ligne en cas de dissolution, ils étaient largement favorables à la participation au gouvernement Lecornu II, contrairement aux sénateurs qui ont soutenu la position de Bruno Retailleau. Après la dissolution de juin 2024, de nombreux députés LR avaient sauvé leur siège face au RN, en grande partie grâce à leur ancrage local. Mais aussi grâce au front républicain, auquel ils n’ont pourtant pas appelé.