Category: politique

  • La mairie des 15-16 solidaire de la flottille pour Gaza

    La mairie des 15-16 solidaire de la flottille pour Gaza

    Alors que s’ouvre la Saison méditerranéenne avec, dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, le vernissage ce samedi à Jeanne-Barret de l’exposition Déplacer le silence en soutien aux artistes de Gaza, la mairie du 8e secteur dirigée par le communiste Jean-Marc Coppola, a tenu, à travers un communiqué publié ce mercredi, apporter son soutien aux équipages des flottilles humanitaires qui tentent de briser le blocus de Gaza. Après l’arraisonnement dans la nuit du 29 au 30 avril de navires civils par la marine israélienne dans les eaux internationales, la mairie d’arrondissements condamne ainsi « des violations graves du droit international ».

    « La mairie des 15ᵉ et 16ᵉ arrondissements réaffirme son attachement aux principes de paix, de justice et de solidarité internationale et adresse son soutien aux civils engagés dans ces missions humanitaires », appuie le communiqué. Qui rappelle aussi que « Marseille, ville portuaire ouverte sur la Méditerranée, historiquement attachée aux valeurs de fraternité entre les peuples avait accueilli, préparé et soutenu depuis le port de l’Estaque une de ces flottilles parties vers Gaza le 4 avril dernier ».

    Alors face à la situation humanitaire et sanitaire dans la bande de Gaza sur laquelle alertent les organisations internationales, « ces actions de solidarité destinées à acheminer une aide humanitaire vers Gaza doivent pouvoir être menées dans des conditions de sécurité et de respect du droit », insiste la mairie de secteur qui demande à l’État de « garantir le droit de la Palestine à accepter souverainement l’aide humanitaire dans ses ports, sans interférences d’État étrangers ».

  • Les exigences du monde du travail vis-à-vis de la gauche

    Les exigences du monde du travail vis-à-vis de la gauche

    Après des années de règne de la droite en France, l’élection présidentielle de 2027 pourrait voir un candidat ou une candidate de gauche s’imposer et s’installer pendant cinq ans à l’Élysée. L’occasion pour les syndicats de mettre sur le devant de la scène certaines revendications chères au monde du travail et à la fonction publique. À commencer par un meilleur partage des richesses, à l’heure où la France connaît une montée des inégalités. « Depuis les années 80, la rémunération du capital a énormément augmenté tandis que la rémunération du travail a beaucoup baissé. Ce partage des richesses se fait au détriment des salariés qui, dès le 15 du mois, pour beaucoup, commencent déjà à être à découvert », constate Édouard Gloannec, secrétaire du syndicat SUD Santé Gard-Lozère.

    À cela s’ajoute la perte du pouvoir d’achat, précarisant la vie de nombreux Français. « Beaucoup de questions liées au pouvoir d’achat sont en suspens comme le refus de revoir les mécanismes d’augmentation des salaires, la prise en compte automatique de l’inflation, d’adosser les pensions de retraite sur les salaires. Toutes ces mesures permettraient d’éviter ces pertes de revenus. On voit comment on est frappé dans la séquence avec un refus de prendre en compte tout ce qui est lié à la crise du pétrole mais pas seulement puisqu’il y a des incidences sur l’ensemble des produits de consommation courante, dont les produits alimentaires, qui pénalisent le budget des familles », estime Serge Ragazzacci, secrétaire héraultais de la CGT.

    Baisse de 25% des salaires de fonctionnaires en 10 ans

    Les salariés du privé ne sont pas les seuls impactés. Dans la fonction publique, beaucoup tirent la langue. « Il y a eu une continuité du gel des salaires de la fonction publique qui avait été mis en place par Nicolas Sarkozy puis François Hollande avec une petite exception en 2016. Cette question est maintenant devenue préoccupante à la fois parce qu’effectivement on assiste à un effondrement du pouvoir d’achat des enseignants et de l’ensemble des fonctionnaires de moins 25% de baisse du pouvoir d’achat par rapport à 2010 » fait valoir Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. « Cela entraîne une crise de recrutement et d’attractivité d’un ensemble de professions dans la fonction publique, en particulier des enseignants ». La question des retraites, centrale lors des derniers mouvements sociaux, est également mise en avant par les syndicats. « On aimerait retrouver la retraite à 60 ans et à 37,5 annuités pour pouvoir profiter de nos vies. Ce n’est pas infaisable sur un plan économique et puis il faut aussi, pour les jeunes aujourd’hui, qu’il y ait un partage du travail. Il n’est pas question de laisser des jeunes ne pas rentrer dans la vie professionnelle parce qu’il n’y a pas de place, parce qu’en plus il y a l’IA qui va détruire des emplois », reprend Édouard Gloannec.

    L’exemple des retraites illustre également une forte demande des syndicats vis-à-vis de la gauche. La dernière réforme, portée par la macronie et conspuée dans la rue et le Parlement, montre à quel point les dirigeants actuels sont étanches aux demandes populaires. « Il y a une disproportion : le prétexte de légitimité d’un pouvoir et d’élections ne peut pas justifier tous les abus de pouvoir, toutes les décisions qui vont à l’encontre de l’avis des associations, des syndicats », observe Serge Ragazzacci.

    Renforcer

    les contre-pouvoirs

    Un renforcement des contre-pouvoirs permettrait ainsi d’éviter ces abus. Ce qui doit également être mis en place dans les entreprises, en rétablissant notamment les comités d’entreprise ainsi que les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail afin que les syndicats puissent défendre au mieux les droits des travailleurs.

  • Les électeurs d’Allemagne-en-Provence s’apprêtent à revoter pour leur maire

    Les électeurs d’Allemagne-en-Provence s’apprêtent à revoter pour leur maire

    C’est reparti pour les deux candidats à l’élection municipale d’Allemagne-en-Provence : le tribunal administratif de Marseille a annulé le scrutin la semaine dernière, alors que les bulletins de la liste de Christian Gaudemard, pourtant arrivé en tête, n’avaient pas été comptabilisés en raison de l’absence de mention de la nationalité portugaise du quinzième colistier. « Quand la préfecture nous a prévenus, il y avait déjà 35% de participation. Elle ne nous a pas alertés lorsqu’on a déposé notre liste », avance le candidat, ancien adjoint de son concurrent, le maire sortant Alex Pianetti, réélu en mars en raison de l’annulation de ses bulletins de vote.

    Une pétition face au déni de démocratie

    En mars, Alex Pianetti avait récolté 132 voix et Christian Gaudemard 208, qui n’avaient donc pas été comptabilisées. « Les gens ne vont pas changer d’opinion, surtout vu l’ambiance qu’il y a là au village. Ceux qui sont pour nous, ils sont pour nous », affirme-t-il. « Il y a quand même un collectif qui s’est créé après les élections, qui a fait une pétition face au déni de démocratie. En quatre jours, ils ont fait signer 170 personnes », ajoute-t-il.

    Contacté, le maire depuis 2020 Alex Pianetti n’a pas répondu à nos sollicitations. Il a un mois pour faire appel de la décision du tribunal administratif d’annuler l’élection. Les deux listes se disent sans étiquette.

    Plusieurs élections municipales ont été annulées par la justice ces derniers jours, comme celle de Beynost (Ain) et de Communay (Rhône).

  • Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Après les propos du procureur d’Alès le mois dernier, ouvrant la porte à un classement sans suite s’il manquait d’éléments, le pessimisme avait gagné les victimes de l’attaque du Prolé. Elles s’étaient d’ailleurs donné un an avant d’envisager de poursuivre directement les suspects identifiés par la justice et reconnus par les victimes lors d’une confrontation qui s’était déroulée fin février. Mais finalement, la nouvelle est intervenue par un message envoyé par le procureur aux trois avocats des victimes : les trois suspects passeront bien devant le tribunal correctionnel au cours d’une audience prévue le 6 octobre.

    « C’est une bonne nouvelle parce qu’on pouvait craindre un classement sans suite au regard de ce qu’annonçait le procureur de la République », explique Sophie Mazas, l’une des trois avocates qui souhaite désormais obtenir des condamnations à la hauteur de la gravité des faits : « Nous sommes sur une procédure à juge unique, ce qui est étonnant lorsqu’on a deux circonstances aggravantes que sont la préméditation et le motif politique. Cela veut dire que la victime a moins de 8 jours d’ITT. Nous, nous demandons une audience collégiale qui est plus solennelle, où il y a un temps d’évaluation des préjudices des victimes qui est plus long. Nous ferons tout pour obtenir une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits. »

    L’annonce du procès a également rassuré les représentants du Parti communiste français. « C’est une excellente nouvelle. Il a fallu du temps mais on se réjouit que le procureur poursuive les suspects car il y a un faisceau d’indices important. Cela aurait été incompréhensible que ce soit classé sans suite, d’autant plus que le Bloc montpelliérain a été interdit et dans l’arrêté ministériel qui le dissout, il y avait aussi comme justification l’attaque du Prolé. Cette dissolution était une première victoire, cette audience en est une seconde mais maintenant on attend la condamnation », explique Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section communiste d’Alès, qui a porté plainte au nom du PCF.

    Sécurité renforcée pendant la feria

    Cette information est tombée quelques jours avant le début des festivités de la feria, qui a débuté le 13 mai. Pour éviter d’éventuelles représailles et surtout pour rassurer la population invitée à venir festoyer au Prolé pendant la feria, le bar alésien a prévu de renforcer sa sécurité. « La feria sera une victoire sur les violences de l’extrême droite. On est en pleine date anniversaire. Nous avons pris des mesures renforcées pour tranquilliser les gens. Ce sera donc un lieu de fête encore plus important que les années précédentes, où la fraternité et la solidarité vont s’exprimer encore plus fort », affirme Giovanni Di Francesco.

    En effet, des membres des sections communistes de tous les départements voisins ont prévu de venir au Prolé marquer leur soutien. « C’est important qu’il y ait une ambiance de fête au Prolé pour montrer que l’extrême droite ne peut pas nous empêcher de faire la fête ou de mener nos autres actions habituelles. Pour cela, nous pouvons compter sur le soutien de militants communistes qui ont l’habitude de sécuriser des événements comme la Fête de l’Huma par exemple », explique Cécile Alphon-Laire.

    Après la feria, le PCF a prévu d’organiser une conférence-débat début juin au Prolé sur l’extrême droite et à la rentrée, en septembre, un forum sur le même sujet devrait aussi se tenir. Un rassemblement est également déjà prévu le matin de l’audience, le 6 octobre, devant le tribunal d’Alès.

  • « Bonjour Nîmes », ce que la ville a sur le cœur

    « Bonjour Nîmes », ce que la ville a sur le cœur

    Il y a quelque chose d’un peu fou dans ce vieux lavoir du Puit Couchoux, ce mardi 12 mai au soir. Les chaises sont toutes prises depuis longtemps, les murs en pierre du quartier Garrigue Nord suent la chaleur de quatre cents corps, et la salle déborde encore. Des Nîmois sont debout dans les recoins, d’autres dans la cour, tendant l’oreille. On est venu de loin. Du Mas de Roulan, de la Tour Magne, de Gambetta, de Révolution.

    Certains avaient même été filmés quelques semaines plus tôt pour un court documentaire projeté en ouverture de la soirée : dix minutes de voix du quartier, portraits ordinaires d’une ville qui a envie de se parler. Une femme à l’écran parle de son escalier sans lumière depuis deux ans. Un homme évoque le carrefour où les voitures ne ralentissent jamais. La salle reconnaît. La salle hoche la tête.

    C’est la deuxième des sept rencontres que la nouvelle majorité municipale de Vincent Bouget a lancées sous le nom de « Bonjour Nîmes ». La première avait déjà fait le plein. Celle-ci confirme que quelque chose est en train de se passer à Nîmes. Pas un simple exercice de communication, pas une réunion publique de plus où les élus parlent et les habitants applaudissent poliment. Quelque chose de plus brut, de plus vivant. Une continuité assumée avec la campagne de Nîmes en commun, qui avait construit son projet à coups de réunions de quartier et d’écoute patiente, et qui arrive maintenant à l’épreuve du pouvoir.

    Et la parole se libère

    La modératrice circule dans l’allée centrale, micro tendu vers la salle. Les demandes arrivent en rafale : plus de transports en commun, et pourquoi pas gratuits comme à Montpellier ? Des vélos électriques dans les quartiers pour les personnes âgées. Des activités pour les enfants l’été, quand le bitume crame. Des cours d’école végétalisées : « Dans mes classes, ça monte à 30 degrés hors canicule », lâche une institutrice, et la salle frémit. Et puis, dans ce quartier aux identités multiples, une habitante évoque les contrôles policiers jugés trop fréquents et trop ciblés sur son fils. Une parole rare dans une salle municipale, reçue dans un silence attentif. Il y a aussi les sangliers qui descendent des garrigues, qui saccagent les jardins et mettent en danger les enfants. Un problème si pressant que la mairie avait tenu dès la veille une réunion avec la préfecture, les louvetiers et la société communale de chasse pour trouver des solutions concrètes.

    Une Nîmoise prend le micro, la voix posée mais ferme : « C’est la première fois qu’on nous donne la possibilité de nous exprimer librement et tous ensemble. » Quelques rangées plus loin, des jeunes du centre social Émile Jourdan, voix fermes, assument leur tour : « On a espoir d’être entendus. On est la génération future. » Le maire, lui, écoute. Assis derrière la table, Vincent Bouget prend des notes. Quand il reprend la parole en clôture, il cite la fierté – ce mot revenu plusieurs fois dans la salle – comme un levier plutôt qu’un ornement. « Vous êtes plus de 400, et je salue la qualité de nos échanges. On assiste à un bel exemple de démocratie participative. » Son conseiller Olivier Bénézet, lui, reconnaît volontiers être débordé : « Il y a beaucoup de doléances. Cela nous donne beaucoup d’énergie et de motivation. »

    La méthode est celle de la campagne, assumée et prolongée : écouter d’abord, décider ensuite. Mais ce soir dans le lavoir, on sent aussi que l’écoute n’est plus seulement une posture : c’est une exigence que les habitants ont intégrée et retournent vers leurs élus. Une Nîmoise le dit sans détour depuis l’assistance : « On peut être un bon maire, mais on peut aussi être un très bon maire. Il faut écouter tous les Nîmois. » Le défi, pour Bouget et sa majorité, sera de tenir ce cap quand les arbitrages budgétaires et les contraintes juridiques viendront tempérer les enthousiasmes. Cinq rencontres restent à venir d’ici au 2 juillet. Le vrai test viendra à l’automne, quand il faudra transformer l’écoute en décisions. Mais pour l’heure, dans ce lavoir qui déborde, Nîmes a repris goût à se parler.

  • Audrey Garino élue à la tête du bailleur de la Métropole

    Audrey Garino élue à la tête du bailleur de la Métropole

    Dans son nouveau bureau qui surplombe Frais-Vallon dans le 13e, la nouvelle adjointe (PCF) au logement Audrey Garino reconnaît tout de go : « C’est une très grande responsabilité de prendre la tête de cet office. » Ce mercredi matin, le conseil d’administration du bailleur social métropolitain, Provence métropole logement (PML, ex-HMP) a sans surprise élu à sa tête l’élue communiste, « dans le cadre des accords qui participent des nouvelles relations entre la Ville et la Métropole », précise-t-elle, en soulignant l’important renouvellement parmi les administrateurs et l’attention portée à représenter chaque secteur de la ville. C’est que l’essentiel des 15 000 logements et 35 000 locataires du bailleur sont situés à Marseille, particulièrement dans les 13e et 14e arrondissements.

    800 millions à investir

    « Il est trop tôt pour moi de donner une feuille de route, parce que je veux prendre le temps d’échanger avec l’ensemble des interlocuteurs », prévient d’emblée Audrey Garino, qui souhaite visiter l’ensemble du patrimoine du bailleur d’ici à l’été. Mais elle n’en présente pas moins des priorités à poursuivre. « Le logement est un droit, et j’ai la conviction que le logement social doit concourir à cet objectif », souligne l’adjointe qui veut que l’office public soit « en accompagnement et en soutien des publics les plus fragiles et les plus vulnérables ». S’y ajoute une attention particulière aux pieds d’immeubles, « pour favoriser la cohésion et le lien social », l’adaptation au réchauffement climatique et au vieillissement de la population. Pour traduire ces ambitions, le plan stratégie de patrimoine déjà préparé doit être revu avant la fin de l’année. Avec 110 millions d’euros abondés par la Métropole à l’automne dernier, celui-ci doit permettre d’investir 800 millions d’euros sur dix ans, pour construire 2 000 nouveaux logements et en rénover 4 000 sur la période. Face à la tutelle préfectorale sur le budget métropolitain, « j’ai la faiblesse de penser que le logement ne sera pas la première piste d’économies », avance Audrey Garino. La présidente du bailleur espère aussi que celui-ci sera intégré au troisième programme national de renouvellement urbain (Anru 3). Un programme « dans le viseur depuis quelque temps » indique le directeur général Jean-Bernard Dambier, qui espère intégrer les ensembles de Frais-Vallon, des Oliviers A et de la Marine bleue.

  • L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    Six mois de débats, 67 auditions, 234 personnes interrogées : la fastidieuse commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a débouché mardi 5 mai sur la publication par l’Assemblée nationale d’un rapport de plus de 550 pages. Son rapporteur, le député de l’Hérault Charles Henry Alloncle (UDR), y formule 69 recommandations pour une refonte profonde de l’audiovisuel français, notamment via des réductions budgétaires draconiennes, supposées aboutir à 1,12 milliard d’euros d’économies par an à l’horizon 2030.

    Parmi ces propositions, le député d’extrême droite propose notamment de supprimer France TV Slash, France 4 et la station radio Mouv’ ; de confier la tutelle de l’audiovisuel public à un nouveau secrétariat général à l’audiovisuel public placé sous l’autorité du Premier ministre ; de confier la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public au Président de la République ; de réduire de trois quarts le budget des jeux et divertissements et d’un tiers le budget des sports de France Télévisions ; de fusionner France 2 et France 5 ainsi que France 24 et Franceinfo ou encore, de fusionner totalement les réseaux France 3 Régions et ICI (France Bleu) pour créer une chaîne unifiée de l’information et de la vie locale. Sur ce dernier point, Thierry Will, journaliste à France 3 Occitanie et délégué syndical du Syndicat National des Journalistes (SNJ) pour Montpellier, s’inquiète : « La marque commune existe déjà en Outre-mer et nos retours montrent que le rythme et les conditions de travail sont rudes. Nous sommes habitués aux réformes, mais le problème ici c’est que l’esprit du rapport est purement et simplement de réduire le périmètre de l’audiovisuel public, alors que la présence des journalistes de terrain sur le territoire est essentielle. »

    Une instruction à charge

    De fait, rarement une commission d’enquête n’avait autant suscité la critique, de l’aveu même de son président, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui affirme regretter « des méthodes contestables et des dérives regrettables ». Dans une longue introduction au rapport, dans laquelle il formule ses propres recommandations, ce dernier fustige : « L’utilisation massive des réseaux sociaux par le rapporteur a accéléré la propagation de fausses informations et perturbé la sérénité des travaux et des auditions qui se sont transformés souvent en procès à charge. » Dès sa publication le 5 mai, Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, a également réagi en dénonçant sur X (ex-Twitter) un rapport construit sur « des insinuations, des approximations et des contrevérités » et qui propose « le plus grand plan social de l’histoire culturelle française ». De son côté, Thierry Will n’est pas moins critique : « Il n’y a rien de bon dans le rapport Alloncle. Cette commission d’enquête s’est transformée en véritable foire d’empoigne, qui décrédibilise complètement le travail des députés. Je n’en attendais rien de plus, puisque cette commission fait partie d’une campagne [pour le parti ciottiste Union des Droites Républicaines, ndlr]. Cela renforce peut-être simplement chez nous une combativité qui a toujours été là. »

    Prise illégale d’intérêt

    Avant même que le rapport ne soit rendu public, le journal Le Monde révélait dans un article du 26 avril que la direction des affaires institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, avait envoyé des listes de questions à des députés. Des révélations qui ont conduit à ce que Charles Alloncle soit visé par une plainte, déposée contre X par l’association AC !! Anti-corruption, samedi 2 mai, devant le Parquet national financier pour « prise illégale d’intérêts  » et « trafic d’influence passif ». Dans cette même plainte, Lagardère News est visé pour « trafic d’influence actif ».

  • Comment le RN tisse sa toile contre la culture

    Comment le RN tisse sa toile contre la culture

    Tandis qu’à peine quelques semaines après l’arrivée de nouveaux maires RN, on constate déjà leurs coupes sombres voire leur censure contre des événements culturels, nous avons sollicité l’œil expert d’Emmanuel Négrier.

    Spécialiste de l’économie des festivals, le politologue montpelliérain nous rappelle en préambule que s’il en existe une grande diversité, la plupart reste « de taille modeste souvent entièrement ou presque fondés sur le bénévolat, avec un soutien municipal qui peut être en nature, fourniture d’équipements ou détachement temporaire de personnels, ou en subvention ».

    Dans les études menées par le chercheur au Cepel, la part des subventions est « minoritaire » dans l’économie globale, mais elle est « significative » par rapport à d’autres pays. Elle se situe « entre le tiers et la moitié des recettes, selon que l’on se situe dans les univers des musiques actuelles, ou des musiques classiques, par exemple », illustre-t-il.

    « Une régression considérable »

    Ainsi, les récents choix de maires RN (aides coupées, festivals annulés) mettent-ils en péril au-delà des plus petites structures ? Tout en précisant qu’il n’y a pas que le RN qui sabre dans la culture, Emmanuel Négrier prend l’exemple de Vauvert où la structure qui organise l’un des festivals de jazz les plus populaires d’Occitanie a déménagé à Vergèze. Autre exemple marquant que celui du festival international du film politique de Carcassonne qui a renoncé aux aides de la nouvelle mairie RN. « Le RN reste parfois plus prudent, en apparence, à l’égard de gros festivals rayonnants, tels que Visa pour l’Image à Perpignan. Mais rien ne dit que cela perdure. Le RN souffle le chaud et le froid dans un secteur où il cherche à imposer ses méthodes faites, plus ou moins selon les villes qu’il gouverne, de réaction patrimoniale, de privatisation, de politisation et de proscription des acteurs qu’il sait hostiles à sa vision. C’est une régression démocratique considérable ».

    Ailleurs, l’extrême droite force le trait sur les traditions (Beaucaire) quand elle ne réécrit pas l’Histoire à sa main, comme celle des Cathares à la sauce Robert Ménard à Béziers. « Le niveau de dépense culturelle des villes RN n’est pas forcément l’indicateur le plus pertinent. On voit que ce niveau n’a pas baissé à Perpignan sous Louis Aliot jusqu’en 2026. C’est le contenu qui change et auquel il faut être attentif : l’offre continue d’exister, elle n’est plus tout à fait la même, et effectivement les nostalgies coloniales, discours contre-révolutionnaires et récits révisionnistes y ont une place de choix, tandis que les projets d’action culturelle dans les quartiers populaires y sont châtiés. C’est le populisme du RN : contre le peuple ».

    Dans ces situations, le secteur culturel va parfois devoir tenter de s’émanciper des collectivités hostiles en « se déployant en résistance ou en contournement ». « C’est bien sûr difficile sans l’appui du principal financeur de la culture et du maître de beaucoup de lieux d’accueil des projets artistiques… », concède Emmanuel Négrier.

  • « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    Fondateur du Triptyk Théâtre, et désormais adjoint aux Arts, à la Culture, et à l’Éducation populaire à Nîmes, Denis Lanoy ne sépare jamais création et politique. Dans un Gard où l’extrême droite prospère électoralement, il pose un diagnostic sans détour : « Nous avons sans doute perdu du terrain. La gauche a un peu abandonné le terrain culturel depuis la fin des années 1990. » Pour lui, ce renoncement pèse lourd. À l’heure où le RN impose ses obsessions identitaires, la gauche doit « se ressaisir » et refaire de la culture « une question centrale de son projet politique ».

    Car la culture n’est pas, à ses yeux, un supplément d’âme. « J’aime bien l’idée de la culture comme un droit », explique-t-il. Un droit qui n’a de sens que s’il vise « l’émancipation ». Et pour garantir ce droit, il faut un outil : le service public. « Sans service public, il ne peut pas y avoir de droit. Sinon, la relation entre les êtres repose sur le droit du plus fort à imposer au plus faible. » C’est précisément pour cela, estime Denis Lanoy, que l’extrême droite s’acharne contre la culture. Parce qu’elle demeure « l’endroit de mise en critique permanente », celui où se défendent le droit, l’égalité, la pensée et la liberté.

    « Plus violent

    que la censure »

    Dans la région, les exemples se multiplient : festivals annulés, expositions empêchées, subventions menacées, récits patrimoniaux verrouillés. Mais Denis Lanoy refuse presque le mot de « censure ». Trop faible, selon lui. « Censurer, ça voudrait dire qu’ils laissent faire mais qu’ils contrôlent un peu le contenu. Là, ils suppriment complètement. C’est plus violent que la censure. » L’extrême droite, poursuit-il, avance vite et fort. Elle se drape dans la légitimité des urnes pour justifier des politiques d’étouffement. « Ils disent : on a été élus pour prendre des décisions, on prend la décision de supprimer la culture. » Derrière l’apparence démocratique, Denis Lanoy voit une logique profondément antidémocratique : tarir les lieux où se fabrique la contradiction.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’élu nîmois, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit. »

    Tenir la digue

    À Nîmes, la nouvelle majorité promet des annonces en matière culturelle. Denis Lanoy reste prudent sur le détail, mais revendique une méthode : « favoriser le débat démocratique » et permettre « au plus de monde possible d’avoir accès à la culture ». Une ambition qui prolonge son combat de longue date contre la réduction de Nîmes à une simple carte postale romaine ou touristique. La ville, rappelle-t-il, est faite de « circulations, de métissages, de mémoires populaires, ouvrières, méditerranéennes. »

    Reste la question des moyens. Alors que l’État serre les collectivités à la gorge, Denis Lanoy prévient la gauche : céder sur les budgets culturels serait une faute historique. « Si nous ne tenons pas le cap de dire : coûte que coûte, on maintiendra les budgets culturels, le jour où on cède, la digue va péter et le RN s’engouffrera partout. » Dans ce combat, pas de neutralité possible : abandonner les théâtres, les bibliothèques, les festivals, les artistes et les lieux d’éducation populaire, c’est laisser le terrain libre aux récits réactionnaires, aux falsifications historiques et aux politiques de fermeture. À l’extrême droite qui rêve d’une culture triée, domestiquée ou supprimée, Denis Lanoy oppose une autre ligne : une culture vivante, populaire, conflictuelle, capable d’armer les consciences. Une culture qui ne demande pas la permission d’exister et qui défend « la richesse d’humanité de chacun ».

  • L’élection municipale d’Allemagne-en-Provence annulée

    L’élection municipale d’Allemagne-en-Provence annulée

    Le tribunal administratif de Marseille a décidé la semaine dernière d’annuler l’élection municipale d’Allemagne-en-Provence en raison de l’absence de mention de la nationalité étrangère d’un candidat de la liste arrivée en tête. « Les opérations électorales du 15 mars 2026 relatives aux élections municipales de la commune d’Allemagne-en-Provence sont annulées », peut-on lire dans la décision du tribunal administratif du 7 mai, confirmant des informations de BFM DICI et de La Provence. La liste de Christian Gaudemard était arrivée en tête de l’élection municipale, mais c’est son adversaire, le maire sortant Alex Pianetti, qui avait été déclaré vainqueur, les bulletins de Christian Gaudemard ayant été annulés. Ce dernier avait saisi le tribunal administratif. Une nouvelle élection municipale devra être organisée dans les trois mois, précise le jugement.