Category: politique

  • LFI présente ses têtes de liste dans les quartiers Nord

    LFI présente ses têtes de liste dans les quartiers Nord

    Le principal problème dans les quartiers Nord ce sont les logements », affirme Rabya Boinaheri, tête de liste pour les 15e et 16e arrondissements. Ce samedi, Sébastien Delogu, accompagné d’autres candidats insoumis de France, présentait les deux têtes de liste des 13-14, Mohamed Bensaada, et des 15-16 à Marseille devant environ 400 personnes. Les candidats ont rappelé leur programme et dénoncé, selon eux, « le système corrompu et clientéliste » de la ville.« Le logement est la priorité, lance Sébastien Delogu. Dès le 23 mars, nous mettrons en place un plan contre le sans-abrisme, une brigade contre les marchands de sommeil et la réquisition des logements vides. La ville manque de logements, donc nous construirons 30 000 logements très sociaux. »

    Un tramway de l’Hôpital Nord à la Valentine

    La question des transports a également été soulevée par Mohamed Bensaada, tête de liste pour les 13-14, en proposant le projet du tramway des collines, pour relier l’hôpital Nord à la Valentine. « Et des transports gratuits pour les moins de 26 ans », ajoute le chef de file des 13 14.

    L’enjeu de la tranquilité publique a été évoqué avec notamment le développement de la police de proximité. « Elle devra être un service public, c’est-à-dire un outil à la vie en collectivité des habitants et non un moyen de répression. […] On ne réglera pas la question du crime organisé par des effectifs supplémentaires ou des caméras. À la France insoumise on a un plan national qui prend en compte l’aspect sanitaire, sécuritaire et remonter les flux financiers et mettre fin au trafic d’armes », martèle Mohammed Bensaada. Un meeting marqué par la volonté d’être en « rupture

  • Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Au pied des tours de la Solidarité, à l’extrémité du 15e arrondissement de Marseille, la pluie a contraint les militants à s’abriter. « C’est vous qui nous donnez envie de continuer », les applaudit le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, venu soutenir ce samedi matin sa tête de liste pour les 15-16, la maire adjointe Samia Ghali, dans ce quartier au cœur des opérations de renouvellement urbain.

    « On a commencé à faire des choses, mais on a hérité d’une situation difficile », reconnaît-il au milieu de la foule. Refusant que ces quartiers soient une fois de plus oubliés. « Ça n’existe plus, ça n’existera pas », lance-t-il. Avant d’interpeller : « Pour la première fois dans l’histoire de notre ville, c’est ou le RN et les fachos, ou nous. » Les applaudissements ne laissent aucun doute sur le choix des personnes présentes. « Nous avons une histoire particulière, douloureuse, avec le FN dans les quartiers Nord », explique le chef de file des communistes dans le secteur, Ibrahim Mzé, évoquant l’assassinat d’Ibrahim Ali en 1995 par des colleurs d’affiches du parti lepéniste. « Ils ont changé une lettre, mais les idées restent les mêmes. »

    Vaincre l’abstention

    Les insoumis de leur côté avaient obtenu la moitié des suffrages lors des européennes. Mais dans ce scrutin local, les soutiens de Sébastien Delogu se font moins ressentir, assurent les personnes présentes. « Comment quand on se dit de gauche, on peut ne pas avoir un mot à dire sur le RN, sur le Département pour le social, sur la Métropole pour les transports… Pour lui, le problème c’est nous. C’est une méconnaissance de l’histoire qui peut s’avérer dramatique », s’irrite Benoît Payan.

    Mais l’abstention surtout est en ligne de mire. « Pourquoi ils ne vont pas voter ? Mais c’est parce qu’ils ont été déçus, déçus du gouvernement », interpelle une femme venue visiter sa mère. « Pendant six ans, les élus ont été au quotidien auprès des habitants », répond-on dans l’entourage de Samia Ghali. Et de désigner la crèche et le centre social sauvés de la fermeture, les chantiers qui vont commencer pour la mosquée, pour la maison intergénérationnelle. « Bien sûr qu’il reste des choses à faire, finir ce qu’on a entamé, continuer encore », admet la maire adjointe. Le désamiantage a commencé avant la démolition de la barre G de Kallisté, les travaux vont commencer pour l’école. « Il y a des choses positives qui commencent à se voir, il faut amplifier ce mouvement pour que les habitants aient accès à l’éducation, à la santé, aux transports en commun », appuie Ibrahim Mzé, bataillant pour le prolongement du métro à l’hôpital Nord.

  • Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Les touches de jaune des mimosas ont illuminé la rue de Friedland, samedi en fin d’après midi. C’est dans cette première « Rue des enfants » de son secteur que la maire sortante des 6e et 8e arrondissements de Marseille, Olivia Fortin, a officiellement lancé sa campagne en compagnie du maire Benoît Payan.

    Son ambition, pour le prochain mandat : « Toujours plus de lien avec les habitants et entre les habitants, favoriser la rencontre, la coopération via des événements mais aussi en faisant une cartographie des possibilités et de l’existant pour fédérer les initiatives. » L’élue insiste : « Il y a un enjeu hyperimportant à positionner les mairies de secteur dans leur utilité. On a un territoire gigantesque, 16 quartiers dans lesquels vivent 180 000 Marseillaises et Marseillais, et je suis persuadée que c’est à cet échelon qu’on arrive à connaitre la sensibilité des habitants. Et c’est en sensibilité, en proximité, qu’on peut construire les transformations du territoire. » Avec des problématiques de mobilité, d’aménagement du littoral sud ou encore de transition écologique.

    Benoît Payan affirme : « Notre devoir est de protéger, bien sûr avec la question de la sécurité, mais de toutes les sécurités, sociale, environnementale, des services publics… Et surtout de rassembler, comme Olivia Fortin le fait dans sa mairie de secteur, dans un moment où tout pourrait nous diviser. »

  • La gauche espère vaincre l’extrême droite dans les 13-14

    La gauche espère vaincre l’extrême droite dans les 13-14

    De porte en porte, le même message. « C’est très important de voter, il ne faudrait pas que la ville bascule au Rassemblement national », répète le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi dans les cages d’escalier de Jean-Jaurès, dans le 14e arrondissement de Marseille. Ce samedi après-midi, les militants du Printemps marseillais sont venus en nombre dans la cité gérée par Provence métropole logement (PML, ex-HMP) pour convaincre ses habitants de voter.

    Les listes se sont multipliées dans le secteur des 13e et 14e arrondissements, le plus peuplé de Marseille, et la campagne s’y tend déjà. L’ex-présidente (SE) de 13 Habitat accuse la maire (DVD) d’arrondissements Marion Bareille d’avoir mobilisé des agents du bailleur social ; celle-ci dénonce des pressions sur des associations et les propos du candidat LFI Mohamed Bensaada qui veut selon elle que les habitants « soient en capacité de mettre des gifles ». Mais la menace de l’extrême droite surtout est présente. Le RN y a préféré Sandrine D’Agio, nièce du sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier et ancienne maire du secteur, au conseiller départemental (RN) Cédric Dudieuzère.

    Faire bouger le bailleur

    de la Métropole

    « Nous voulons réussir là où nous n’avons pas réussi en 2020 en rassemblant largement dans ce secteur historiquement à gauche », insiste Jérémy Bacchi, qui s’était retiré en 2020 pour éviter que l’extrême droite ne conserve la mairie de secteur. Le souvenir de cette mandature est encore dans toutes les têtes. « Le RN n’a rien apporté de positif, il a fermé des services publics : le centre municipal d’animation de Bon Secours, la piscine de Font-obscure », rappelle la tête de liste (DVG) du Printemps marseillais, Tina Biard-Sansonetti, ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph (14e). En face, les habitants alertent sur l’état d’abandon dans lequel se trouve la cité. La moisissure sur les murs. Les installations électriques sans protection. L’aménagement inachevé pour installer des jeux pour enfants. La crainte de voir disparaître le bus 89. « La parole que je peux donner, c’est de me battre pour le plan de rénovation », promet la candidate face aux habitants, alors que la Ville a déjà mis en demeure le bailleur métropolitain. « Ces élections peuvent avoir un impact sur la personne qui gère vos logements », insiste-t-elle. Elle promet de rouvrir le centre municipal d’animation. Et refuse d’opposer noyaux villageois et grands ensembles. « C’est ensemble qu’on se relèvera, pas les uns contre les autres. »

  • [Entretien] « Rendre aux Sétois le pouvoir de décider »

    [Entretien] « Rendre aux Sétois le pouvoir de décider »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur Sète après 25 ans de gestion de droite ?

    Laura Seguin : Sète est gouvernée par des logiques libérales avec une économie dédiée au tout tourisme. La spéculation immobilière a pris énormément de place sans régulation. Il y a aussi eu une logique de privatisation des services publics : l’eau, les déchets, l’éclairage… Il y a eu des dérives graves avec la condamnation pour détournement de fonds publics de François Commeinhes. Son successeur Hervé Marques ne l’a pas été mais il s’inscrit dans la continuité et l’héritage de ce système qu’il n’a jamais remis en cause.

    Que faire pour redonner confiance et l’envie aux gens de s’investir ?

    L.S. : Pour tourner la page, il ne suffit pas de changer de visage mais de logique, de méthode avec démocratie, ouverture, transparence. Rendre le pouvoir de décider aux Sétois. Les conseils citoyens doivent avoir un pouvoir décisionnaire, or ils sont fantômes. On veut en faire de vraies assemblées de quartiers pour une gestion commune avec citoyens, élus et services. Avoir aussi un conseil citoyen associé à la ville en lien avec le conseil municipal. Sur les grands projets structurants, on aura de grandes consultations des habitants. À l’entrée Est de Sète où sont les dernières réserves foncières de Sète, on aimerait développer les parkings relais avec des buts fréquents et navettes sur les canaux toute l’année. Enfin, on proposera le référendum d’initiative citoyenne (RIC).

    Que faire pour améliorer la sécurité et le lien social ?

    L.S. : On a besoin d’une police municipale de proximité au quotidien dans les quartiers. Dans l’île de Thau, il y a aussi un enjeu de narcotrafic. Il faut négocier avec l’État une hausse des effectifs de la police nationale et le retour d’un commissariat de proximité. Ensuite, on veut miser sur le lien social en recrutant des éducateurs de rue, créer des équipes de médiation. Les maisons de quartier, les centres sociaux ont été vidés de leur sens, il faut les redynamiser sur le modèle des MJC pour de l’éducation populaire. On veut aussi des régies de quartiers prioritaires (île de Thau et centre-ville) qui proposent aux gens des petits emplois utiles du quotidien. Enfin, on veut créer une maison communale de santé pour la prévention, l’accès aux soins.

    Le maire de Sète doit-il présider l’Agglo ?

    L.S. : Absolument pas, je ne revendiquerai pas la présidence de l’Agglo. Il y a eu des dérives. On veut recréer de la confiance et de la coopération entre communes, pas de l’hégémonie. On a besoin d’un vrai projet de territoire. À l’Agglo, Sète a mis en concurrence des communes. Il faut être en rupture avec le passé de Commeinhes.

  • [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    La Marseillaise : Les Jeux olympiques de Milan Cortina s’ouvrent de l’autre côté des Alpes. Quel regard portez-vous sur eux et quels enseignements en tirez-vous pour préparer ceux de 2030 dans les Alpes françaises ?

    Renaud Muselier  : Milan Cortina, je suis ça de très près puisqu’on est les prochains. Ce sont les premiers Jeux à se faire sur des sites éclatés, nous serons les seconds donc c’est intéressant pour nous de regarder comment ça s’organise, quelles difficultés se présentent… Je serai là-bas jusqu’à lundi pour échanger avec les organisateurs et soutenir bien sûr les athlètes français et régionaux. On m’a expliqué il y a six mois que Milan Cortina c’était une catastrophe et que les Italiens ne seraient jamais prêts. Il me semble que ce n’est pas le cas. C’est comme Paris 2024 qui a été déglingué par tout le monde avant d’être un succès planétaire extraordinaire. Je crois qu’il ne faut pas trop écouter les critiques, tracer le chemin et s’entourer des meilleurs. J’aime les grands événements. C’est comme ça que m’est venue l’idée de Jeux olympiques d’hiver ici. Jeune parlementaire, j’avais suivi le dossier de Lillehammer. C’était un objectif accessible en nous appuyant sur ce qu’on a chez nous : la neige et les chalets, avec des projets sobres. Je pense que ça aura une plus-value énorme. Quand on parlera des Jeux on parlera de la France et dans ce monde complexe, où on perd ses repères, s’affronter à la loyale ce n’est pas rien. Et ça donne toujours un bonus de bonne humeur ! On en a tous besoin. Les anneaux seront pour tout le monde !

    Vous parlez de « sobriété » et pourtant, il y a une attente forte d’un héritage des Jeux dans les Alpes du Sud. Comment résoudre la contradiction ?

    R.M. : C’est l’occasion de remettre le plus possible nos montagnes à niveau. Nous n’avons jamais eu les Jeux donc c’est le nord qui en a profité qui a pu ensuite organiser des coupes du monde… C’est la discussion que nous avons eue avec nos amis d’Auvergne-Rhône-Alpes. Je leur ai dit « laissez-nous rattraper notre retard ». Maintenant qu’on a décroché les JO, on fait un budget le plus bas possible et on s’efforce de s’y tenir.

    Comment les JO de 2030 se préparent-ils ? À quel rythme ? Quelle répartition des rôles ?

    R.M. : Pour que les Jeux réussissent, il y a trois piliers essentiels. D’abord, il y a le Dijop, le délégué interministériel aux jeux olympiques et paralympiques. C’est l’État. Ça se passe plutôt très bien. Ensuite, il y a la Solideo que je préside et qui est installée à Marseille. C’est la société qui livre ou rénove les équipements avec un budget d’un milliard. Tout est en route. Enfin, il y a le Cojop. C’est le comité d’organisation, souvent c’est ce qu’on connaît le plus parce que c’était l’instance pilotée par Tony Estanguet pour les Jeux de Paris. C’est Edgar Grospiron qui s’en charge pour 2030. Là, il y a quelques difficultés organisationnelles, humaines, il y a un choc des cultures.

    Vous parlez des démissions successives ?

    R.M. : Je m’explique : on a hérité de beaucoup de gens de Paris 2024. C’est une très bonne chose parce qu’ils ont de l’expérience. Mais, en même temps, ils ont une forme de suffisance envers le territoire qui pose des difficultés. Ils ne connaissent ni la montagne ni les montagnards. L’osmose est complexe. Ils ont la culture des moyens presque illimités pour Paris alors que nous avons des moyens très limités pour la montagne. Quand vous avez quelqu’un qui arrive en mocassins pour aller voir une piste de ski dans la neige, vous vous rendez compte qu’il y a un problème d’adaptation au terrain. Mais j’ai entendu M. Grospiron et la ministre s’exprimer devant le CIO à Cortina, on va avancer. Il y a un soutien politique très fort des deux régions et de l’État. On a désormais la loi olympique sur laquelle on peut s’appuyer.

    À quoi va ressembler l’héritage de ces Jeux pour le territoire ?

    R.M. : On va avoir une modification structurelle très forte au niveau des transports. J’avais mis un astérisque dans le contrat de plan État-Région pour clause de revoyure si nous avions les Jeux. On avait déjà engagé pas mal de dossiers. Les JO sont un accélérateur. Grâce à ça, on a pu débloquer ce qu’on attendait depuis 50 ans : le contournement de Martigues-Fos ça touche 900 000 personnes. Le train Marseille-Briançon est sauvé grâce aux Jeux, il va faire 3h40 au lieu de 5h et on va refaire les 16 gares qui montent. C’est énorme, ça touche 800 000 personnes.

    Avec la SNCF ?

    R.M. : Oui, c’est la SNCF qui s’en occupe. Est-ce qu’il y aura après un appel à projet ? On n’est pas là dedans pour le moment. On a un opérateur avec lequel on s’est entendu. Les relations sont plutôt bonnes parce que tout le monde a fait des efforts. J’ajoute qu’il y a un autre volet, c’est le train de nuit Briançon-Paris qui dessert toute l’étoile de Veynes autour de Gap. Il n’y a pas énormément d’habitants mais c’est énorme au niveau du désenclavement. Il y a là un historique ferroviaire très important, c’est nous qui avons sauvé le site et les Jeux qui vont le redynamiser. L’autre volet ferroviaire, c’est Marseille-Menton, la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, le Nice-Digne dit le train des pignes…

    Au-delà des transports quel sera l’héritage des Jeux pour les Alpins ?

    R.M. : On a des problèmes de logement. Si on peut, grâce à cet événement international, sauver les forts Vauban et leur donner une destination hôtelière, touristique et d‘habitation pour les saisonniers ou les Alpins, ce sera énorme. Côté niçois, il y aura un complexe olympique avec une patinoire qui perdurera.

    Comment ces Jeux aideront-ils à penser les Alpes de 2050 ? Quelle adaptation au changement climatique ?

    R.M. : Oui c’est très important, on en tient compte. Les stations de basse montagne voire de moyenne montagne surtout lorsqu’elles sont exposées sud, sont mécaniquement en danger. On travaille la suite. Celles où il y aura les épreuves, la neige sera au rendez-vous. Même lorsqu’il y a une mauvaise saison, il y aura de la neige mais il n’y en aura pas partout. J’entends les critiques mais ce n’est pas tout blanc ou tout noir. Il faut donner de la perspective.

    La Région a en charge les lycées. Quelle prise en compte de la jeunesse dans la démarche des JO ?

    R.M. : On va copier le plan rugby que l’on a fait à l’occasion de la coupe du monde. On a aidé les clubs, refait les vestiaires, payé les camionnettes… Je crois que c’est plutôt réussi puisqu’on est en très bonne place au niveau des licenciés de rugby en France. Il y a un engouement réel. Nous avons déjà fait la même chose avec le plan voile en soutenant les clubs que ce soient sur les lacs ou le littoral. On accompagne désormais trente clubs de sports de montagne, on a multiplié par trois le soutien régional aux ligues de sports d’hiver et aux deux comités de ski. 800 000 euros pour les équipements de clubs et équipements de sport de proximité. On soutient 75 événements et compétitions nationales et internationales. On sort d’ailleurs de la coupe d’Europe de snowboard d’Isola. On a la coupe d’Europe de ski alpin, les championnats d’Europe de vitesse à Vars, la coupe du monde d’alpinisme à Puy-Saint-Vincent et le championnat de France de patinage artistique à Briançon. On a aussi lancé le pass Sud Montagne. Il y a déjà 7 000 jeunes qui ont déposé une demande d’inscription. C’est 100 euros pour financer la licence, la location de skis, l’équipement, les forfaits… S’ils sont abonnés Zou, ils prennent le train ou le bus, s’ils partent tôt le matin ils peuvent revenir le soir. S’ils veulent passer le week-end, ils se mettent à quatre et ils louent un studio. L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne. On va réinventer les classes de neige pour permettre à nos jeunes de savoir ce que c’est un chamois ou une marmotte.

    Serez-vous le président de Région qui coupera le ruban en 2030 ?

    R.M. : Je n’en sais rien. Ce que je sais c‘est que c’est lancé, que ça apportera un plus à la région et que ça aura fait avancer des dossiers à l’arrêt depuis 50 ans tout en montrant nos pôles d’excellence au-delà du tourisme, des cigales et de la lavande.

    « La Marseillaise » arrive ce 7 février dans les Alpes. Quel regard portez-vous sur cette démarche ?

    R.M. : Ça ne peut que me réjouir. Premièrement parce que j’ai toujours défendu la presse. J’en suis respectueux. Deuxièmement, parce que c’est malin. Je pense que tous ceux qui sont dans ces vallées et ces montagnes auront la possibilité d’avoir des informations complémentaires sur des choses qui vont arriver chez eux. C’est une formidable opportunité.

  • [Entretien] « Un journal qui porte une autre vision des choses »

    [Entretien] « Un journal qui porte une autre vision des choses »

    La Marseillaise : « La Marseillaise » arrive dans votre département ce samedi. Quelle est votre réaction ?

    Éliane Barreille : C’est toujours bon d’avoir des médias qui puissent porter une autre vision des choses. Cela fait plus de 10 ans que La Marseillaise s’était retirée des Alpes-de-Haute-Provence, ne nous laissant qu’un seul interlocuteur. C’était dommage. Apporter une vision différente et éventuellement une contradiction, ça a du sens. Je suis ravie que nous ayons ce retour de votre journal qui apporte un pluralisme supplémentaire.

    En tant que présidente de Département vous vous occupez des collèges. La propagation des fake news, notamment chez les jeunes, vous préoccupe-t-elle ?

    É. B. : Je crois qu’il y a un vrai clivage générationnel. Les gens de plus de 60 ans sont ceux qui se tournent le plus vers la presse quotidienne régionale et qui sont le moins pollués par les réseaux. Les plus jeunes, oui, il faut bien le reconnaître, ils sont toute la journée sur le smartphone avec les problèmes que cela comporte. Au Département, nous leur avons fourni une tablette dont ils ne peuvent se servir que comme de livre. Il faut une sensibilisation pour distinguer une information vérifiée d’une autre.

    Quels sujets sont, selon vous, prégnants dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    É. B. : J’ai un dada en ce moment : la décentralisation. Le Premier ministre en parle beaucoup, moi je réponds « ruralité ». On ne peut pas être traité de la même manière quand on est un département comme le nôtre avec peu de population et peu de budget que des départements très urbanisés. J’ai rencontré le président des départements de France, j’ai pris rendez-vous avec le ministre de la Ruralité même si pour cause de municipales j’ai cru comprendre qu’il risquait de changer, pour porter ce message. Par exemple, les grands départements de France se verraient bien confier la santé. Mais moi, ici, je n’ai pas les moyens de l’assumer en totalité même si on fait des efforts pour répondre aux besoins. On ne peut pas tous être traités sans distinction depuis Paris.

    Quid des transports, des services publics ?

    É. B. : Nous sommes un département de montagne avec des contraintes fortes d’entretien du fait d’éboulements fréquents. On ne peut pas être logé à la même enseigne qu’un département parisien. Les transports en commun sont gérés par la Région et donc d’assez loin. Les agglo ont des transports qui fonctionnent intramuros, mais dès qu’on en sort, c’est très difficile. Je veux m’y pencher pour le prochain mandat.

    Il n’y aura pas d’épreuves des JO dans le 04 mais des changements sont-ils à attendre ?

    É. B. : J’ai été désignée comme porte-parole des territoires non-hôte des JO. Je suis en train de travailler pour apporter des propositions d’héritage pérenne. Mais d’ores et déjà, la ligne des Alpes, c’est 100 km de voie ferrée dans le 04 avec cinq gares qui vont être refaites. Je ne veux pas me limiter à ça. A priori, il y aurait quelques possibilités de financements à destination des collégiens. J’aimerais bien les sensibiliser au sport à cette occasion. Ensuite nous réfléchissons, comme pour le passage de la flamme des Jeux de Paris, à des animations dans les communes qui le souhaiteront. J’avais eu 7 communes partenaires en 2024, ça avait drainé un monde fou. Je vais réfléchir avec les autres départements à ce qu’on peut porter autour des JO, par exemple en anticipant des formations sur le tourisme en amont.

  • Sète, le logement au cœur de la campagne

    Sète, le logement au cœur de la campagne

    Tourner la page de la droite affairiste de François Commeinhes et offrir de nouvelles perspectives aux Sétois. Tel est le pari des progressistes de l’île singulière qui fut dirigée par la gauche de 1996 à 2001 avec François Liberti (PCF).

    Vingt-cinq ans de droite plus tard, Sète a conservé des atouts : son lido, ses fêtes et festivals, son port développé par la Région… Mais les difficultés l’assaillent. Avec un taux de chômage de 12,7% et un revenu moyen d’à peine 19 960 euros, la précarité a explosé. Le narcotrafic gangrène l’île de Thau. Si Sète regagne des habitants depuis 2024, beaucoup sont retraités : 32% des Sétois le sont, ce qui élève la moyenne d’âge (48 ans au lieu de 37 ans à Montpellier) et réduit la part des actifs (35,5% contre 45%).

    Le logement semble être le nœud du problème, lié au succès touristique de la ville. Il est devenu inaccessible car trop rare et inadapté aux revenus modestes de la population. « On a construit pour les investisseurs, pas pour répondre aux besoins réels », regrette Laura Seguin. Résultat : « Beaucoup de jeunes ne peuvent plus se loger à Sète à l’année », pointe la tête de liste « Nouvelles pages pour Sète ». Soutenue par le PCF, LFI, Les Écologistes, Génération.s ou le Parti occitan, sa liste citoyenne qui assume ses valeurs de gauche promet de « réguler les meublés de tourisme type Airbnb » en instaurant des « seuils » par quartier. La loi Le Meur permet aussi de « réserver les constructions neuves à la résidence principale ». Laura Seguin souhaite accroître l’offre de logements sociaux « à l’échelle de l’Agglo » et faciliter l’accession à la propriété via le bail réel solidaire (BRS). Enfin, la tête de liste veut « mettre l’accent sur la rénovation urbaine du bâti ancien en faisant des avances des aides de l’Anah aux propriétaires ».

    Leurs mesures concrètes

    Soutenu par le PS, Place Publique, le PRG, Génération Écologie et l’Engagement, Sébastien Denaja fait lui aussi du logement une priorité. L’ancien député PS prône des « quotas par quartier » pour les Airbnb et la réduction de la durée de mise en location saisonnière de 120 à 90 jours. « On veut s’inspirer de Michaël Delafosse à Montpellier ». Il compte sur le BRS ou le prêt social location-accession pour favoriser l’accès à la propriété. Il propose des « prêts municipaux à taux zéro et l’interdiction des résidences secondaires dans les programmes neufs ». Sa liste à 80% citoyenne « Sète, allons ensemble » qui va, dit-il, « de la gauche républicaine aux centristes humanistes », a l’intention de construire du logement social. Pour favoriser le « turnover » dans le parc public, Sébastien Denaja compte sur une « bourse d’échange entre locataires, des déménagements clé en main pour les seniors ou un encadrement des loyers temporaires ». Mais pour le conseiller régional PS, « le logement se réglera d’abord par le travail ». « La création d’emplois c’est la base. » S. Denaja mise sur le développement de l’économie portuaire, imagine une « technopole de l’économie bleue » et un tourisme mieux réparti sur l’année.

    De son côté, Laura Seguin veut freiner le « tout tourisme », qui « confisque une partie de l’espace public, produit de l’emploi saisonnier précaire ainsi qu’une dépendance à la voiture ». La chercheuse en sociologie veut repenser le quartier Est pour l’économie en « favorisant l’installation d’entreprises culturelles et créatives », des métiers d’avenir dans la transition écologique, l’économie sociale et solidaire, le recyclage des déchets ou l’économie maritime (entretien des bateaux). Face à la crise conchylicole, elle propose de créer un espace dégustation au port du Barrou et de « protéger l’étang en investissant dans les réseaux d’assainissement défaillants ». Enfin, Laura Seguin mise sur la commande publique pour créer de l’emploi grâce aux retours en régies (lire ci-dessous).

    Sur le volet social, S. Denaja promet un « grand plan contre la solitude et l’isolement ». Il veut « recréer du lien en ville » via des maisons pour tous, des bancs, des abris bus avec toit, des petits terrains couverts de pétanque ou encore un « foyer de restauration intergénérationnel en cœur de ville ». Pas de « projet pharaonique », les finances étriquées de la Ville (+30% de dette en 6 ans) nécessitant du « sérieux » dit-il. L. Seguin assure, elle, avoir les marges de manœuvre (150 000 euros) pour offrir la cantine à « tous les enfants » et vise la gratuité des transports en commun. « On le défendra à l’Agglo. »

  • Fadelha Benammar-Koly : « Nous sommes la liste des solutions »

    Fadelha Benammar-Koly : « Nous sommes la liste des solutions »

    La Marseillaise : Comment se sont déroulées les discussions après l’annonce de Gaëlle Lévêque ?

    Fadelha Benammar-Koly : Nous nous sommes assez rapidement entendus pour partir sur un binôme d’élues issues de la majorité, à savoir Nathalie Rocoplan et moi. Il y a six mois, je n’étais candidate à rien, donc il a fallu se poser la question. Beaucoup de travail a été fait dans la précédente mandature, mais il en reste encore beaucoup. Nous avions envie de poursuivre ce qui a déjà été mené et de continuer l’union que nous avions avec d’autres forces à gauche.

    Quelles sont vos priorités ?

    F.B.-K. : Nous en avons cinq ! D’abord « une ville qui bouge », qui concerne l’économie, la mobilité, la culture et le sport. « Une ville qui protège », avec les questions de sécurité mais pas que car la protection c’est aussi le logement et la santé. « Une ville belle », avec l’occupation de l’espace public pour tout le monde. « Une ville fraternelle » car la solidarité est un pilier de la ville de Lodève et nous avons par exemple un plan de lutte contre la solitude. Et enfin « une ville qui dialogue », parce que les gens veulent s’impliquer et être entendus. Je crois beaucoup au trio élus, agents et citoyens. Nous sommes la liste des solutions.

    En quoi êtes-vous en rupture avec la municipalité sortante ?

    F.B.-K. : Nous aurons une liste renouvelée aux deux tiers. Il y a une envie de renouveau dans la ville et c’est normal. Nous sommes là pour concrétiser ce renouveau tout comme la continuité est importante car des projets et des programmes ont été enclenchés et il faut les mener à terme. C’est le cas pour le parc municipal ou le pôle d’échanges multimodal par exemple. Nous voulons aussi qu’il y ait plus de dialogue avec la population.

    Quelles sont vos propositions pour le cœur de ville ?

    F.B.-K. : J’ai pu faire un tour du centre avec un paysagiste et je me suis rendue compte que le centre-ville n’était pas bien identifié. Il y a tout un travail de signalétique à réaliser pour qu’il devienne une balade. Les aménagements piétons doivent aussi être revus. Et il faut revoir également le plan de stationnement pour pouvoir consommer dans les commerces de proximité.

    Pourquoi l’union avec l’ancien député insoumis Sébastien Rome n’a pas été possible ?

    F.B.-K. : Quand on veut l’union, on montre une attitude favorable à l’union. L’union existe avec notre liste qui s’appuie sur des socialistes, des communistes, des citoyens, Génération.s et peut-être demain les écologistes. Sébastien Rome veut l’union de la gauche derrière lui. Ce n’est pas une posture d’humilité, d’autant que tout le monde est uni et qu’il n’y en a qu’un qui est à l’extérieur.

  • À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve-lès-Avignon, la campagne municipale s’installe dans un climat de plus en plus politique. Deux visions de la ville s’affrontent frontalement. Maire depuis 2020, Pascale Bories (LR) brigue un second mandat avec la liste « Villeneuve avance », dans la continuité de la majorité de droite en place depuis plus de vingt ans. Si l’édile sortante revendique un bilan axé sur le cadre de vie, la sécurité et l’attractivité, sa gestion est aujourd’hui critiquée : fiscalité parmi les plus élevées du département, équipements municipaux fragilisés, difficultés persistantes des commerçants du centre ancien.

    Face à cette continuité assumée, Anne Daniel, conseillère municipale d’opposition et militante écologiste, conduit la liste citoyenne « Parce que j’aime Villeneuve ». Professeure des écoles et engagée sur les questions d’inclusion, elle incarne une alternative ancrée à gauche. Son projet met en cause une fiscalité jugée déconnectée des services rendus, ainsi qu’une politique d’urbanisme accusée d’alimenter la spéculation immobilière au détriment de l’habitat permanent et des jeunes actifs.

    Centre-ville en souffrance

    La mobilisation récente des commerçants du centre historique, auteurs d’une lettre ouverte aux candidates, illustre l’inquiétude grandissante face à la baisse de fréquentation et à la fragilité économique locale. Elle met en lumière un enjeu central de ce scrutin : celui d’une ville attractive pour les touristes mais de plus en plus difficile à vivre pour ses habitants à l’année.