Category: politique

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Pour les communistes, la censure est une évidence après la reconduite de Sébastien Lecornu à Matignon en dépit de son échec et de celui de ses prédécesseurs. « Nous censurerons, nous appelons à retourner aux urnes », a indiqué Fabien Roussel, secrétaire national, en ouverture du conseil national du PCF, qui se tenait à Paris, ce samedi. Pour le dirigeant communiste, il faut prendre la mesure du « dégoût de la politique », provoqué par l’attitude du président de la République, dont une majorité de Français souhaite le départ.

    Les communistes ne doutent pas qu’une dissolution interviendra rapidement, peut-être d’ici vendredi prochain, car si le chef de l’État et son Premier ministre veulent à tout prix présenter le projet de budget ce lundi, c’est pour permettre à un texte d’austérité d’être lancé dans les délais constitutionnels et de servir de base de discussion, quelle que soit la suite des événements.

    Périmètre du rassemblement

    Au regard de la dislocation du socle commun et de l’inflexibilité présidentielle, la direction communiste table sur l’hypothèse de l’adoption d’une motion de censure dans la semaine suivie d’une dissolution. Dans cette optique, Fabien Roussel liste trois objectifs : « empêcher l’extrême droite de l’emporter, faire gagner la gauche et renforcer le PCF partout en France comme à l’Assemblée nationale ».

    Dans la discussion, la question du périmètre du rassemblement a été posée, certains intervenants souhaitant renouer avec le périmètre du Nouveau front populaire, d’autres rappelant qu’il n’avait pas permis d’être majoritaires et que le PCF ne s’était vu attribuer qu’une cinquantaine de circonscriptions. Des limites qui avaient été pointées lors d’une conférence nationale du PCF après les dernières législatives.

    Stéphane Peu, président communiste du groupe GDR a indiqué : « le groupe m’a donné explicitement mandat : aller partout où se discutent les conditions d’une alternative progressiste sans se substituer à la responsabilité exclusive du parti qui est de négocier un accord électoral. » Son homologue du Sénat, Cécile Cukierman, a fait part de son scepticisme sur un accord « à quatre, car dans les quatre, il y en a deux qui n’en veulent pas : le PS et la FI ».

    Dans une résolution adoptée par 86 voix pour, 12 contre et 7 abstentions, les communistes lancent « un appel aux travailleurs et travailleuses, aux forces syndicales et associatives du pays et à toutes les forces de gauche, à débattre des propositions de rupture que nous portons, à s’unir pour obtenir le changement de politique tant attendu et pour battre la droite et l’extrême droite. » Le texte souligne aussi l’importance des municipales « pour protéger les habitants et développer les services publics locaux ».

  • Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Comment répondre à la crise provoquée par Emmanuel Macron ? « Avec l’union évidemment et dans les Bouches-du-Rhône, on sait faire ! » À la Fête de la Rose, ce samedi 11 octobre, le premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, Yannick Ohanessian, annonce la couleur, du rose à l’arc-en-ciel. Il ne s’agit pas là d’une réunion de militants, mais d’un « rendez-vous avec l’histoire ». Où le contexte national s’entrechoque avec les enjeux des municipales. Et d’ériger Marseille en exemple, un « terrain d’union, témoin d’une gauche rassemblée et responsable » qui « redonne de la dignité » quand, à droite, la candidate Martine Vassal (DVD) lorgne sur l’extrême. « Elle veut se servir de Marseille, pas servir Marseille », balance Yannick Ohanessian, pour qui elle représente « toujours la même droite rigide et rance ».

    Dans la salle des Tables de la Friche, on retrouve presque toutes les composantes de la gauche, du sénateur PCF Jérémy Bacchi à l’écologiste Didier Jau, en passant par l’Après 13 avec Katia Yacoubi, des syndicalistes aussi.

    « Revenir à ce que

    nous sommes »

    Les maires PS d’Avignon, Cécile Helle, et de Vitrolles, Loïc Gachon, celle des 1-7 à Marseille, Sophie Camard (GRS), rappellent, lors d’une table ronde, combien ils sont en prise directe avec les citoyens. Loin de « l’ego trip de la présidentielle », commente cette dernière.

    Kamel Guemari, pilier de l’Après M, McDo devenu resto solidaire à Sainte-Marthe (14e), insiste : « il ne faut pas reproduire ce que l’on a déjà subi, les échéances sont courtes. »

    Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, lui, martèle : « Faites de Marseille un exemple national, nous devons gagner les municipales avec la gauche rassemblée », avant de laisser la place à celui qui l’incarne : le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). « Il est temps de revenir à la genèse de qui nous sommes », s’enflamme l’élu, rappelant l’histoire du congé maternité, de l’abolition du travail des enfants ou de la réduction du temps de travail, des « conquêtes sociales », dont les « mêmes toujours nous disaient que ça allait être une catastrophe ». Il n’oublie pas de tirer sur LFI, affirmant sa « honte » quand il entend « certains députés pointer du doigt les communistes, oubliant que le parti des fusillés s’est levé avec les socialistes, les gaullistes, pour défendre nos libertés ». Vient le tour de la droite, avec sa honte « pour ceux qui oublient leur passé qui, se réclamant de l’héritage du général de Gaulle, sombrent et rampent devant les héritiers de Vichy ». Avant d’asséner, solennel : « nous n’avons pas été élus pour faire des compromissions mais pour changer la vie des gens. »

  • L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure en Vaucluse

    L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure en Vaucluse

    Ce vendredi en ouverture de la séance plénière, la présidente LR du Département Dominique Santoni a appelé l’assemblée départementale à « donner une toute image et débattre de manière respectueuse et collective, loin du spectrale affligeant de la scène politique nationale ». Message entendu, il est vrai grâce à un ordre du jour sans dossier explosif. Les élus ont expédié les 34 rapports en une heure et quart.

    En attendant plus de débat le 21 novembre lors d’une séance consacrée au rapport d’orientations budgétaires, la question de la protection de l’enfance a été le cœur des discussions. Le vote d’un plan d’actions 2025-2027 conjoint avec l’État a permis à la gauche de rebondir sur le sujet brûlant du centre départemental enfance famille (CDEF), dont deux services vont faire l’objet d’une transformation (notre édition du 19 septembre). « Si on doit passer à une autre gestion à cause d’une décision de justice [un arrêt de la cour de cassation met fin au SAPSAD, service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile], il est normal que ça suscite des inquiétudes pour les agents », interpelle Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique, se posant en appui de la présidente « pour rassurer, prendre le temps de réfléchir et de travailler avec vous ».

    Une « opacité »

    à « désamorcer »

    Un message loin d’être anodin. Car le flou entoure ce complexe dossier, où même les conseillers départementaux siégeant au sein du conseil d’administration (CA) du CDEF n’ont pas toutes les données. « On ne veut pas se retrouver informé en CA d’une situation à laquelle nous n’étions pas avisés, c’est inconfortable », déplore Annick Dubois, élue PS. Le 18 septembre dernier, à l’appel de la CGT, plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies pour s’opposer à la fermeture ou réorganisation du SAPSAD et du centre maternel.

    Depuis, les agents demeurent dans le brouillard. Ce vendredi, en amont de la séance, le syndicat CGT des personnels du Conseil départemental a de nouveau déployé un barnum revendicatif, en présence d’agents du CDEF. « Ce n’est plus possible d’agir dans l’opacité alors qu’on parle de service public envers une population fragile », dénonce Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Dans l’hémicycle, Dominique Santoni temporise et renvoie à une « réflexion » plus large sur le CDEF. « Mais rien n’est avancé, on mènera ensemble cette réflexion », assure la présidente.

    « Je désamorce, il n’y a aucune inquiétude à avoir », insiste-t-elle. Rémy Blanc (PCF) tente d’obtenir plus de détails : « Est-ce que l’équipe du SAPSAD peut candidater à sa propre succession et si elle n’est pas retenue, nous serions une nouvelle fois confrontés à la perte d’un service public qui fonctionne 7 jours sur 7 et 24h24 », questionne-t-il. « On est bien trop en amont », renvoie Dominique Santoni demandant « à ne pas agiter de torchons ». En creux, la gauche redoute que la protection de l’enfance soit victime de contraintes budgétaires et qu’on « se retrouve devant le fait accompli comme lors de la fermeture du labo [départemental d’analyses fermé l’an dernier] », prévient Rémy Blanc.

  • Un transfuge LR sera le candidat RN à Vitrolles

    Un transfuge LR sera le candidat RN à Vitrolles

    Ancien attaché parlementaire de Renaud Muselier (Ren), ex-directeur de cabinet de Bruno Gilles (Hor), ex-conseiller au cabinet de Martine Vassal (DVD) à la Métropole, Fabien Bravi a rejoint l’extrême droite en janvier via le label « La Provence qu’on aime », lancé par le Rassemblement national pour investir des candidats sans adhésion formelle. Il avait été aussi adjoint au maire de Marignane, Éric Le Dissès (ex-LR). Sa désignation comme candidat officiel a provoqué des tensions internes à l’extrême droite. Philippe Sanchez, élu RN d’opposition depuis plusieurs mandats à Vitrolles, a été écarté par la commission d’investiture avait dénoncé une « OPA » sur le parti par des personnalités issues de la droite traditionnelle, accusant Franck Allisio, patron départemental du RN, député de Marignane, de promouvoir des proches de Vassal. Bravi, qui n’a pas pris sa carte au RN, est censé incarner cette stratégie de recomposition.

    Dans une ville de Vitrolles, où le souvenir de la gestion du couple Mégret (1997-2002), période durant laquelle la ville fut un laboratoire de l’extrême droite, reste vivace et douloureux, le symbole se veut fort.

  • Aubert englué dans un grand écart entre national et local

    Aubert englué dans un grand écart entre national et local

    En juin 2024, lors des élections législatives pour lesquelles il n’était pas candidat, Julien Aubert avait déjà assuré sans ciller préférer voter pour un candidat RN que LFI. L’ex-député LR, vice-président de son parti, va désormais plus loin. Dans la même veine que Bruno Retailleau, voilà qu’il voterait dimanche « évidemment pour le candidat de l’UDR [parti d’Éric Ciotti allié du RN] » face à la candidate PS lors de l’élection législative partielle dans le Tarn-et-Garonne.

    Une déclaration, sur BFM jeudi soir, que n’a pas manqué d’applaudir Éric Ciotti, « saluant un appel clair ». De quoi jeter le trouble en vue des municipales à Avignon. Depuis un an, Julien Aubert prépare sa campagne sans s’être encore déclaré. Sollicité par nos soins pour savoir si son raisonnement s’appliquerait localement, l’intéressé s’en sort par une pirouette : « On m’a posé la question : qui voteriez-vous dans le Tarn-et-Garonne ? À Avignon, la réponse est : pour moi, au premier et surtout au 2nd tour ! » Cela veut donc dire qu’il est candidat ? Julien Aubert s’empresse de modifier et de parler – encore – au conditionnel pour Avignon.

    « Aucun lien avec le projet municipal »

    Pressentant que sa prise de position pour l’extrême droite le mettait dans l’embarras local, celui qui avait tenté de conquérir la mairie de Carpentras en 2014 démine sur ses réseaux sociaux : « Tout ceci n’a aucun lien avec un projet municipal. Bien que non-macroniste, j’ai tendu la main au socle commun. Bien que de droite, j’accepterai volontiers et nous en avons des gens de gauche qui veulent changer de mairie. Idem pour des gens qui ont pu voter RN et ne sont pas convaincus par la candidate actuelle [Anne-Sophie Rigault] », développe Julien Aubert, regrettant au passage les cavaliers seuls annoncés d’Olivier Galzi (lire ci-dessus) et de Stephan Fiori (DVD), pourtant cofondateur d’Avignon passion, le mouvement de Julien Aubert. « Seuls ces candidats peuvent faire perdre, mais pas gagner », égratigne-t-il.

    La semaine dernière, le vice-président des LR se posait en seule « alternative » crédible au RN pour battre la gauche, assumant n’avoir « aucun problème à parler aux électeurs du RN et à prendre leur défense ». Un grand écart qui peut vite virer au claquage.

  • L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure

    L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure

    Ce vendredi en ouverture de la séance plénière, la présidente LR du Département Dominique Santoni a appelé l’assemblée départementale à « donner une toute image et débattre de manière respectueuse et collective, loin du spectrale affligeant de la scène politique nationale ». Message entendu, il est vrai grâce à un ordre du jour sans dossier explosif. Les élus ont expédié les 34 rapports en une heure et quart.

    En attendant plus de débat le 21 novembre lors d’une séance consacrée au rapport d’orientations budgétaires, la question de la protection de l’enfance a été le cœur des discussions. Le vote d’un plan d’actions 2025-2027 conjoint avec l’État a permis à la gauche de rebondir sur le sujet brûlant du centre départemental enfance famille (CDEF), dont deux services vont faire l’objet d’une transformation (notre édition du 19 septembre). « Si on doit passer à une autre gestion à cause d’une décision de justice [un arrêt de la cour de cassation met fin au SAPSAD, service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile], il est normal que ça suscite des inquiétudes pour les agents », interpelle Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique, se posant en appui de la présidente « pour rassurer, prendre le temps de réfléchir et de travailler avec vous ».

    Une « opacité »

    à « désamorcer »

    Un message loin d’être anodin. Car le flou entoure ce complexe dossier, où même les conseillers départementaux siégeant au sein du conseil d’administration (CA) du CDEF n’ont pas toutes les données. « On ne veut pas se retrouver informé en CA d’une situation à laquelle nous n’étions pas avisés, c’est inconfortable », déplore Annick Dubois, élue PS. Le 18 septembre dernier, à l’appel de la CGT, plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies pour s’opposer à la fermeture ou réorganisation du SAPSAD et du centre maternel.

    Depuis, les agents demeurent dans le brouillard. Ce vendredi, en amont de la séance, le syndicat CGT des personnels du Conseil départemental a de nouveau déployé un barnum revendicatif, en présence d’agents du CDEF. « Ce n’est plus possible d’agir dans l’opacité alors qu’on parle de service public envers une population fragile », dénonce Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Dans l’hémicycle, Dominique Santoni temporise et renvoie à une « réflexion » plus large sur le CDEF. « Mais rien n’est avancé, on mènera ensemble cette réflexion », assure la présidente.

    « Je désamorce, il n’y a aucune inquiétude à avoir », insiste-t-elle. Rémy Blanc (PCF) tente d’obtenir plus de détails : « Est-ce que l’équipe du SAPSAD peut candidater à sa propre succession et si elle n’est pas retenue, nous serions une nouvelle fois confrontés à la perte d’un service public qui fonctionne 7 jours sur 7 et 24h24 », questionne-t-il. « On est bien trop en amont », renvoie Dominique Santoni demandant « à ne pas agiter de torchons ». En creux, la gauche redoute que la protection de l’enfance soit victime de contraintes budgétaires et qu’on « se retrouve devant le fait accompli comme lors de la fermeture du labo [départemental d’analyses fermé l’an dernier] », prévient Rémy Blanc.

  • « La droite trahit ses électeurs et le gaullisme »

    « La droite trahit ses électeurs et le gaullisme »

    Pendant que nous rassemblons la gauche et tous les humanistes, la droite toulonnaise se déchire », commence le conseiller municipal André De Ubeda (PCF), en pointant le soutien d’Hubert Falco, condamné pour détournement de fonds publics, au candidat LR, Michel Bonnus. Mais aussi l’accueil par ce dernier, sur sa liste, d’une grande partie de la majorité actuelle. Il ajoute : « Voter Bonnus, c’est voter Falco. C’est ce qu’ils ont dit. Moi, je rajoute, voter Bonnus, c’est voter Retailleau, voter Macron, et c’est voter pour la politique qui a mis la France dans cet état. »

    Selon l’élu d’opposition, « les deux hommes se sont mal comportés avec Josée Massi [maire sortante sans étiquette de Toulon, Ndlr.]. La traiter de cette manière montre le peu de morale qu’il y a à droite. » Il constate aussi « le virage à droite » de l’ancien patron du Département du Var, qui avait justement quitté LR pour son positionnement trop proche de l’extrême droite, et qui soutient aujourd’hui un candidat investi par Les Républicains, « dont le premier geste a été d’inviter Bruno Retailleau ».

    Les discussions avec LFI vont continuer

    Concernant justement le très droitier secrétaire général des Républicains, il en profite pour rappeler son appel à voter contre la gauche dans un duel opposant un candidat socialiste à l’extrême droite au second tour d’une législative partielle, dans le Tarn-et-Garonne. Il poursuit : « Nous mesurons ce que ça veut dire pour la France et ici à Toulon. Le rempart contre le RN que soi-disant représentait Falco n’existe plus, puisqu’il soutient un des admirateurs de Retailleau. Et que dans le Var, des maires LR font des accords avec le Rassemblement national, comme c’est le cas à Saint-Raphaël. »

    Le conseiller municipal de Toulon en Commun conclut, cinglant, à propos des élus qui ont suivi Michel Bonnus et Hubert Falco : « Ils ont tout trahi, les électeurs qui ne veulent pas du RN, la morale et le gaullisme. »

    Sur les relations entre Toulon en commun et la France insoumise, le syndicaliste Didier Quattropani a rendu compte de la dernière réunion avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Il a demandé si l’Assemblée populaire donnait mandat aux représentants de TEC de poursuivre les discussions. Ce sera chose faite, même si des réticences ont été exprimées, compte tenu des exigences de LFI. Parmi les plus surprenantes, celle de limiter à 20 maximum les personnes non encartées sur la liste.

    Toulon en Commun a précisé ses deux lignes rouges. Premièrement qu’il ne peut y avoir de partenariat entre TEC et LFI, mais bien une intégration individuelle à Toulon en Commun de tous ceux qui acceptent de signer la charte, comme tous les adhérents des autres forces politiques. Et qu’il n’est pas question que soit remise en cause la tête de liste, Magali Brunel (PS), désignée de manière unanime par l’Assemblée populaire souveraine. « Nous avons été clairs sur la volonté réelle de gagner cette élection municipale à Toulon en précisant que seule une liste gauche unique pourrait y arriver », a conclu Didier Quattropani.

    Diplomate, Magali Brunel a dit comprendre les interrogations des participants, tout en rappelant que ce n’est pas la première fois que TEC est confronté à ce type de problématiques depuis 2010 : « Nous savons que c’est possible d’arriver quand même à cheminer avec des partenaires, même s’ils sont parfois très éloignés de nous. Même si l’expérience nous rend un peu circonspects, on ne peut pas s’afficher comme une liste d’union de la gauche et des progressistes si on n’a pas un discours d’union total. Nous avons suffisamment de cohésion interne pour accepter des différences si elles se jouent en toute sincérité. » La balle est dans le camp des insoumis.

  • Olivier Galzi se lance sans partis, sans exclure leur soutien

    Olivier Galzi se lance sans partis, sans exclure leur soutien

    Moi, mon patron, ce n’est pas le président d’un parti, c’est Avignon », pose ce vendredi 10 octobre Olivier Galzi, ancien journaliste et présentateur du JT de France 2, lors de sa première conférence de presse en tant que candidat aux élections municipales à Avignon en mars prochain.

    Et il commence celle-ci en annonçant vouloir créer « un îlot de protection local » avec son mouvement citoyen contre « la grande urgence nationale dans un temps de folie incroyable ». Mais ce, sans l’appui d’un parti, même s’il est présenté par Renaud Muselier, président (Ren) de la Région, comme une candidature qui « mérite une grande attention », ou par Dominique Santoni comme quelqu’un qui « amène un discours de bon sens, un regard différent ». « Car si on tombe dans une logique partisane, on retombe dans les affairements nationaux. Donc on doit proposer quelque chose de 100% apartisan et tourné dans l’intérêt de la ville d’Avignon », poursuit-il en prônant « le bon sens ». Il assure déjà avoir « plus d’une centaine de soutiens prêts à se mouiller la chemise » et qu’il sent ainsi « une dynamique ». Il sera ce samedi 11 octobre en tractation dans les rues du quartier des Carmes.

    Questionné sur ces soutiens, le candidat rétorque par l’interrogative en demandant si, « soutenu par Mélenchon, cela ferait-il de moi un insoumis ? » Tout en concédant que « quand on est apartisan, on ne peut pas commencer à exclure les partis ». Un soutien qui est le bienvenu donc, confiant plus tard que, s’il fallait le définir « sur un axe droite-gauche, je dirais que je crois beaucoup en l’entreprise ». Tout en ajoutant que « dans la vie locale, elles sont devenues une protection pour les familles ».

    Des propositions

    en janvier

    Si l’ancien journaliste n’a pas détaillé de mesures, il confie tout de même « vouloir redonner de l’attractivité à la ville ». Et ce à travers trois axes prioritaires selon lui. Avec en premier chantier la sécurité, en deuxième la propreté et en troisième la circulation. Et ce, sans détailler comment il compterait procéder, précisant qu’il « veut écouter les Avignonnais et les Avignonnaises jusqu’à Noël » afin « d’affiner » ses idées pour les proposer en janvier prochain. Il plaide tout de même pour une reprise de la liaison Est-Ouest, dénonçant des « tergiversations », tout en présentant le projet rejeté par Avignon et le Grand Avignon comme une solution contre la « perte d’attractivité » de la ville. Tout en reconnaissant « que des choses ont été bien faites » pendant les mandats de Cécile Helle, comme les rénovations de la rue Carreterie ou la cantine scolaire de qualité et à prix réduit.

    Quant à un rapprochement avec Paul-Roger Gontard (La Convention) ou Joël Peyre (PRG), il assure qu’il ne va « avec personne », mais qu’ils « sont les bienvenus ».

  • L’avenir des parkings aixois remis sur la table du conseil municipal

    L’avenir des parkings aixois remis sur la table du conseil municipal

    La piétonnisation du centre-ville augmente l’utilité des parkings et plus encore avec l’arrêté de fermeture du parking Méjanes, pose, en début de conseil municipal ce vendredi, Philippe Klein (Horizons), à la tête du groupe municipal d’opposition Aix Autrement. La Métropole a adopté deux résolutions relatives à la régie des parkings métropolitains, qui exploite les parkings aixois récemment perdus. Ils sont pourtant indissociables de la gestion du centre-ville. »

    Le 2 octobre dernier, la Ville a contesté, face au tribunal administratif, la mainmise de la Métropole sur ses parkings, votée lors d’une délibération en décembre 2022, dans le cadre de la loi 3DS, relative à l’action publique locale. Requête rejetée par la rapporteuse publique. Alors qu’un délibéré est attendu le 17 octobre sur la question, Philippe Klein a tout de même interrogé : « Est-ce que qu’il existe une chance de récupérer ces parkings perdus ? », et « comment envisager la future offre de parking en centre-ville en espérant qu’elle échappera au joug métropolitain ? »,

    Sophie Joissains, maire (UDI), souligne, dans un premier temps, l’unanimité « contre la décision métropolitaine » qui à son sens « souffre de nombre de défauts ». Entre autres, un vote à main levée, à contre-courant des indications du règlement intérieur, selon le maire.

    « Nous ne lâcherons pas »

    Si l’avis n’est pas partagé par la rapporteure publique, qui a balayé tout risque de vice de procédure, la maire rappelle que « nous [la Ville, Ndlr] ferons appel si la décision ne nous convient pas (…). nous ne lâcherons pas. Ces parkings sont à la fois la capacité de piétonniser le centre-ville avec les abonnements résidents, c’est aussi faire en sorte que nous puissions venir sur Aix lors de manifestations [diverses], à des tarifs avantageux. C’est une chose que nous souhaitons poursuivre en termes de politique ».

    Sophie Joissains met d’ores et déjà en avant une « perspective d’accroissement des parkings » et, sans dévoiler les emplacements, assure que trois projets pourront bientôt être mis en concertation avec les habitants. La Semepa (Société d’économie mixte d’équipement du Pays d’Aix) sera en charge de mettre en route le projet. « Il y a une chance de récupérer ces parkings », assure le maire.

    Du côté de l’opposition Aix-en-Partage, Marc Pena, également député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, s’interroge : « Votre politique est donc de faire une offre de parking un peu plus importante, un peu plus diversifiée plutôt que de diminuer le flux des voitures ? » Avant de reconnaître que « les conclusions du rapporteur public sont vraiment étonnantes ». Pour Marc Pena, il y a une solution : que « la Métropole change de main, ça pourrait arriver. S’il y avait une autre majorité, la Métropole ne se comportera pas de la même manière vis-à-vis d’Aix-en-Provence sur ce point, comme partout ».

    Le débat n’ira pas plus loin. Sophie Joissains conclut, avant de passer à l’ordre du jour : « Il faut des parkings parce que nous voulons des familles en centre-ville, et elles ont des voitures. Il nous faut une offre de parking supérieure. »