Category: politique

  • A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    Debout face à la barbarie. Toujours marqué, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dont le petit frère Mehdi a été abattu par un commando le 13 novembre, suscitant une onde de choc dans la ville et tout le pays, se tient droit et digne sous les applaudissements, ce jeudi 18 décembre face à l’hémicycle, aux côtés du maire de Marseille.

    Le conseil municipal doit voter une subvention en faveur de l’association qu’il a fondée en 2020, « Conscience », pour venir en aide aux familles de victimes de narchomicides, après qu’il ait perdu son frère aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture (lire aussi ci-dessous). Les élus le feront à l’unanimité au terme de débats pas toujours reluisants.

    Si Mehdi Kessaci n’est « pas un chiffre mais un fils, un frère, un visage une voix », il se transforme volontiers en argument politique pour Martine Vassal (DVD). La présidente de la Métropole et du Département en profite pour défendre sa vision d’une République qui fasse avant tout « respecter l’ordre, la justice, la sécurité ». Sans vergogne, la candidate à la mairie remet sur la table sa proposition de brigade anticriminalité municipale.

    De quoi agacer la maire adjointe, Samia Ghali (DVG). « Il y a là une phrase que je considère comme un aveu prononcée par la présidente (…) : laisser faire c’est accepter » analyse-t-elle, avant de balancer : « En 2012, ceux qui ont laissé faire, c’est ceux qui ont accepté. » Elle s’indigne : « Arrêtez de jouer ! On laisse des enfants vivre avec la mort », quand elle compte « 350 victimes de narcotrafic en 10 ans à Marseille ».

    La palme de la victimisation en toutes circonstances revient sans conteste à Stéphane Ravier (ex-RN et ex-Reconquête). « J’ai 5 enfants, quoi qu’on en pense j’ai un cœur », ose-t-il. Selon lui, ce n’est pas le retrait des services publics des quartiers qui a laissé le champ libre au trafic de drogue mais l’inverse. « Je ne dis pas qu’à Frais Vallon c’est Saint-Tropez, mais il y a le métro, des commerces et pourtant… » lance-t-il.

    Sortir des « oppositions stériles »

    Une partie de la droite tient-elle, à parler avec ses tripes. Hayat Atia (DVD), émue, se pose en « sœur de combat, de douleur » d’Amine. Pour elle, « la sécurité, s’il en faut, ne réglera pas tout ». « Il faut leur proposer autre chose à ces jeunes » insiste-t-elle, pour qu’ils ne se fassent pas « happer » par le trafic au lieu de « pointer du doigt les parents », ce que « beaucoup font et ont trop fait au sein de cet hémicycle », s’indigne-t-elle. La lutte contre le narcotrafic doit être une « cause nationale » pour l’élue qui appelle à sortir des « oppositions stériles ».

    À l’occasion de son dernier conseil municipal avant de se retirer de la vie politique, Lionel Royer-Perreaut, ex-maire (Ren.) des 9-10, laisse son testament : « Nous avons collectivement le devoir de mener ce combat, je vous demande de la constance. » Trente ans après l’assassinat de la députée Yann Pyat tuée pour avoir défendu ses convictions estime celui qui fut son jeune attaché parlementaire, il fait la boucle avec celui de Mehdi, non sans amertume. « Tout ça pour ça », déplore-t-il, « j’ai vu tomber les quartiers les uns après les autres et en accompagnant la mère de Socayna, nous étions seuls alors ».

    En tribune, Amine Kessaci élève le niveau. Il évoque lui la dignité, la hauteur, seules « réponses politiques face à cette machine qui broie, qui tue » quand « des drames on en compte par centaines ». Le maire de Marseille revient sur le manque de services publics, de policiers, l’action vitale des associations de terrain. Benoît Payan (DVG) insiste sur la notion de République, fondée sur un « contrat social ». Vient une certitude : « La République ne peut pas accepter que ses enfants meurent sous les balles. C’est un combat pour la vie, et la vie n’est ni de droite ni de gauche. »

    « Marseille a été debout et doit continuer à l’être »
    C’est important de rendre la parole aujourd’hui, devant la représentation de la Ville de Marseille dont je suis si fier, parce qu’on s’est tenu debout, parce qu’on a dépassé les clivages politiques, parce que nous nous étions levés pour nous réunir là où mon frère Mehdi, 20 ans, est tombé parce qu’il n’était coupable que d’une seule chose : c’est d’être mon petit frère. Parce qu’il était coupable d’être le petit frère de quelqu’un qui a écrit une lettre à son frère aîné, Brahim, assassiné en décembre 2020, retrouvé calciné dans le coffre d’une voiture. Il était coupable d’avoir été le frère de quelqu’un qui a écrit une lettre d’amour à son frère aîné, pour expliquer que le narcotrafic tue, que la violence tue, que l’abandon des pouvoirs publics, le retrait des politiques sociales dans les quartiers, ont conduit à ces situations où le narcotrafic qui, fut un temps, était [constitué de] petits réseaux de quartier, est devenu [le fait de] cartels internationaux. On a beaucoup voulu comparer Marseille à Palerme, au Mexique ou je ne sais quoi, et à ça je dis stop. Stop parce que Marseille c’est Marseille, parce que la France c’est la France, parce que les situations que nous souhaitons décrire ailleurs sont présentes ici même sur le territoire national, ici même à Marseille et partout. Partout où on a attaqué la liberté d’expression. Car c’est de ça dont il s’agit. Depuis la parution de ce livre, Marseille essuie tes larmes, même si les menaces sont arrivées quelques semaines avant et que depuis je vis sous escorte policière. Aujourd’hui, le fait de vivre, de planifier, de porter quelque chose me fait d’autant plus culpabiliser. Mon petit frère Mehdi n’est plus. Je voulais juste faire passer un message, un seul : expliquer que partout il devra y avoir des liens entre l’action sécuritaire, le retour de la police de proximité, le retour de l’action concrète. Devant le Parlement européen il y a quelques jours, [j’ai expliqué] que la guerre que l’on veut mener contre la drogue est vaine parce qu’on se trompe d’ennemi. Lorsqu’on vient attaquer les jeunes au pied des immeubles, ce n’est pas ça qui va stopper ces trafics internationaux. C’est exiger des [actions] des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Thaïlande où les têtes de réseaux vivent très bien de l’argent de la drogue et font couler le sang ici chez nous, des enfants se retrouvant assassinés chaque jour. Et puis sans l’action concrète, sans la rénovation des écoles, sans l’action des centres sociaux, le développement des transports en commun pour désenclaver les quartiers, de la formation pour apporter une alternative économique au réseau, on ne pourra jamais sortir ces enfants des quartiers. C’est pour ça que c’est important de mener toutes ces actions. Marseille a été debout, doit continuer à l’être face à la guerre de la drogue, à celles et ceux qui veulent faire régner la terreur dans nos rues. Nous sommes là, face à eux, pour dire que partout les Marseillaises et les Marseillais doivent avoir les mêmes chances et vivre en sécurité. »
    Amine Kessaci
  • Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Ce samedi 13 décembre, les élus nîmois ont clôturé l’année politique par une séance de conseil municipal dense, avec 56 délibérations à l’ordre du jour. Moment fort de la matinée : l’adoption du budget primitif 2026, dernier de la mandature de Jean-Paul Fournier, dans un climat de plus en plus marqué par les échéances électorales à venir.

    Porté par l’adjoint aux finances Frédéric Escojido, ce budget affiche 402 M d’euros de dépenses consolidées, dont 125,8 M€ pour l’investissement. Il vise à poursuivre les projets structurants en matière d’urbanisme, d’éducation, de sécurité et de transition écologique, tout en maintenant un ratio de désendettement à cinq ans. « Ce budget est rigoureux, sincère, et assure la continuité de l’action municipale », a-t-il défendu. Mais à gauche, Vincent Bouget a dénoncé un « faux équilibre », pointant notamment « une baisse de plus de 2 M d’euros pour les associations ».

    Des débats électriques

    Les tensions se sont aussi cristallisées sur le financement des centres sociaux. François Courdil (adjoint) a accusé le Département de n’avoir soutenu qu’un seul centre cette année. Sur un autre front, l’élue d’opposition Sylvette Fayet a vivement critiqué l’augmentation de 50 centimes des places PMR pour les corridas, dénonçant une mesure « absurde et honteuse ». L’adjoint à la tauromachie Frédéric Pastor a répliqué que l’accompagnant bénéficie du même tarif réduit.

    Enfin, la Ville a réaffirmé son engagement pour l’égalité femmes-hommes, avec un index de 78/100 et des mesures de prévention accrues, notamment via le dispositif Angela ou la distribution de capuchons anti-GHB. À trois mois du scrutin, cette séance aura résumé en une matinée les enjeux d’un basculement politique en gestation.

  • Un service public renforcé pour le dernier conseil municipal marseillais

    Un service public renforcé pour le dernier conseil municipal marseillais

    Finir en beauté. Quelque 168 délibérations sont présentées, ce jeudi, pour le dernier conseil municipal du mandat. De quoi faire aboutir des projets menés au long terme et d’afficher avant les municipales de nouvelles ambitions. C’est le cas pour le centre Bourse, en ouverture du conseil avec le rachat du foncier des Galeries Lafayette et le lancement d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition sur trois ans.

    Mais au fil des rapports, c’est surtout la mise en place de nouveaux services publics qui structure l’ordre du jour. À commencer par la préemption signée le 4 décembre de la résidence autonomie du Roy d’Espagne (8e) pour 6 millions d’euros, afin d’y créer une résidence autonomie portée par le centre communal d’action sociale (notre édition du 03/12). Rue de Lyon dans le 15e arrondissement, c’est l’acquisition de l’immeuble de la Caisse primaire d’Assurance-maladie au numéro 450 qui va permettre d’installer, à la place de la CAF, une antenne de la police municipale ainsi qu’un centre municipal d’activités. Le reste de l’immeuble accueillera un centre de santé privé ainsi que des services du centre hospitalier Edouard-Toulouse, pour renforcer sur le secteur l’offre en matière de santé mentale. Boulevard Charles-Moretti, aux Rosiers (14e), l’ancien Casino doit quant à lui se transformer en halle sportive et culturelle, moyennant un investissement de 4,9 millions d’euros. De quoi répondre aux besoins des écoles voisines : face à l’augmentation du nombre d’écoliers, celles-ci ont dû fermer leurs salles de motricité, leurs bibliothèques, leurs espaces sportifs.

    Clivage politique

    À travers ces nouveaux investissements programmés, c’est le travail réalisé pour la reconstruction d’un service public municipal qui s’affiche. « Nous sommes très vite rentrés dans le dur avec des travaux titanesques pour remettre les services publics sur pied », reconnaissait lundi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, énumérant les 1 000 agents de plus dans les écoles, 400 policiers municipaux supplémentaires, 120 agents pour le logement. Un bilan à mettre en avant alors que les « trois premières années compliquées » ont retardé les projets en dur, assainissant les finances de la ville. La droite ne s’y trompe pas, en s’en prenant depuis la rentrée aux 569 millions d’euros supplémentaires de masse salariale sur le mandat : patrimoine de ceux qui n’en ont pas, le service public ne reste qu’un coût pour certains.

    Nouveaux parcs pour les quartiers Nord
    Un accent prononcé est mis ce jeudi sur la création de nouveaux parcs. A Frais Vallon (13e), la municipalité doit acquérir 6 hectares auprès du bailleur social Provence métropole logement (PML, ex-HMP) pour un espace vert s’étendant jusqu’au pied de la colline, avec les usages plus urbains (jeux, jardins) concentrés près de l’avenue. 4,3 millions d’euros seront investis à partir de 2028. La municipalité doit approuver aussi l’achat du parc Foresta et ses lettres Marseille, tandis que les marchés publics vont pouvoir être lancés pour aménager le parc de l’Annonciade (15e) à compter de 2026, sur 2 hectares. Enfin, les financements sont bouclés (2,7 millions d’euros, la moitié pour la Ville) pour le parc belvédère de Campagne L’Évêque (15e).
    Y.S.
  • [Municipales] A Roquefort-la-Bédoule, Marc del Grazia : « Nous allons terminer ce que nous avons commencé »

    [Municipales] A Roquefort-la-Bédoule, Marc del Grazia : « Nous allons terminer ce que nous avons commencé »

    En 2020, il avait remporté l’hôtel de ville de cette commune d’environ 6 000 habitants grâce à 30 voix en sa faveur par rapport à la liste de Jérôme Orgeas (DVD), l’ex édile.

    La Marseillaise : Pourquoi vous présenter à nouveau ?

    Marc del Grazia : Sur le premier mandat, nous avons commencé d’importantes réalisations comme la construction d’une école primaire de 16 classes, dont le chantier est en cours. L’actuelle école était trop petite, et n’était plus aux normes. Elle devrait être livrée en 2027. Nous avons aussi lancé, en 2022, avec la Ville et le bailleur social Erilia, le projet d’une maison intergénérationnelle sociale qui permet aux personnes âgées de bénéficier d’appartements, 59 logements adaptés, et 30 logements pour les jeunes, avec une crèche à l’intérieur. En dépit de concertations, le permis a été attaqué par les voisins. La Ville a gagné en première instance au tribunal administratif mais les opposants ont souhaité aller en appel. Je ne me présente pas sous une étiquette politique. Je suis là pour rassembler le plus large possible, simplement des gens qui ont envie de travailler pour la commune.

    Comment concevez-vous votre rôle de maire ?

    M.d.G. : Travailler, travailler, toujours travailler, essayer de comprendre les habitants et être attentif aux besoins de la population. Je me déplace souvent à pied dans la commune pour rentrer chez moi, donc ça fait que je suis en contact permanent avec la population.

    Que vous demandent les habitants ?

    M.d.G. : Un des problèmes est celui des transports. On les a pas mal améliorés, mais on pourrait mieux faire, avec par exemple des rapprochements avec Aubagne ou La Ciotat. Et puis la sécurité. Les habitants souhaitent que les moyens soient mis en place pour qu’ils se sentent en sécurité. Nous avons beaucoup de pavillonnaire, des maisons relativement isolées, sujettes à des cambriolages, par périodes. D’autres communes des environs, comme Cassis, Carnoux, jusqu’à Ceyreste connaissent cela. Depuis que je suis élu, les caméras de vidéosurveillance sont passées d’une vingtaine à 55. Cela aide à la résolution des affaires.

    Quels thèmes allez-vous privilégier durant cette campagne ?

    M.d.G. : Surtout, terminer ce qu’on a commencé, éviter de faire du suréquipement, améliorer les équipements qu’on a. Par exemple, aménager les espaces autour de la future école. Nous avons quand même un grand projet en collaboration avec la Métropole Aix-Marseille, celui de créer une médiathèque.

    Quels sont les défis à relever dans votre commune ?

    M.d.G. : C’est déjà préserver notre environnement. Le deuxième défi, c’est développer notre viticulture puisque Roquefort-la-Bédoule a une place privilégiée dans le monde du vin. Dans le prochain Plan local d’urbanisme (PLU), que l’on doit commencer à réviser fin 2026, on veut pouvoir donner des espaces aux viticulteurs pour planter des vignes.

  • La gauche relève le défi des mobilités durables

    La gauche relève le défi des mobilités durables

    L’équipe de Stéphane Sacco, tête de liste du mouvement « Uni.e.s à gauche pour La Seyne », poursuit ses rencontres avec les habitants afin de peaufiner avec eux sa ligne programmatique. Ce jeudi soir, la réflexion va porter sur l’immense défi que représente les mobilités urbaines. Le rendez-vous est donné à 18h au local de campagne, rue Cyrus-Hugues.

    Fluidification du trafic

    L’ex-Cité des Chantiers est en effet en proie depuis des décennies à de graves problèmes de déplacements et d’aménagement de ses axes de circulation, rappelle le candidat, soutenu par la GRS, le PCF, L’Après et le MRC.

    Un chantier d’envergure qui consiste donc à s’attaquer, pour commencer, au problème de la traversée du port, constamment saturé aux heures de pointe. Un axe pourtant incontournable pour rejoindre notamment les Sablettes et Saint-Mandrier, mais qui n’a pas été conçu pour absorber une telle quantité de trafic. Quelles solutions pour y remédier ?

    Le sujet de la corniche Tamaris, qui relie le centre-ville aux quartiers balnéaires et aux plages, est également sur la table. Cette route sinueuse et étroite n’est pas adaptée à sa fréquentation lors de l’afflux touristique et se retrouve elle aussi régulièrement congestionnée.

    Face à ces problématiques, la gauche planche sur la fluidification du trafic, mais aussi – et surtout – à l’amélioration des transports en commun, à l’extension des zones piétonnes et à l’aménagement d’espaces dédiés aux vélos, afin de redonner de la place aux mobilités douces.

    Sur tous ces sujets, et sur bien d’autres, chacun pourra apporter sa contribution ce soir, rue Cyrus-Hugues. De quoi nourrir le débat et faire fonctionner l’intelligence collective, essentielle pour répondre aux défis des mobilités durables et solidaires.

  • Un livre pour éviter le piège de la division

    Un livre pour éviter le piège de la division

    On a vu bien trop souvent cette stratégie mise en œuvre par les capitalistes pour pouvoir étendre leur taux de profit et leur influence politique, et dévier la colère des travailleurs », dénonce Jean-Pierre Kaspereck, président de l’Institut d’histoire sociale (IHS) de la CGT du Var, en présentant à la Bourse du travail le dernier ouvrage édité par l’IHS : L’Arabe, nouveau bouc émissaire du capital*. Il s’agit d’en démonter les rouages afin d’armer les syndicalistes pour mener la bataille des idées sur le terrain en répondant à l’offensive des extrêmes droites.

    « Si j’ai écrit ce livre, c’est d’abord parce que nous vivons un moment de bascule où le capitalisme, en crise profonde, cherche à survivre non pas en répondant aux besoins des peuples, mais en désignant de nouveaux coupables », explique à ses côtés André Prone. Après le Juif, l’Arabe, le musulman ou le migrant sont devenus aujourd’hui, explique-t-il, les boucs émissaires privilégiés pour détourner la colère des peuples et fracturer le monde du travail. Avec pour résultat une montée en puissance des extrêmes droites.

    Un racisme utilisé comme outil politique, poursuit l’essayiste, pour faire accepter la précarité, la financiarisation, le chômage de masse et la destruction des droits sociaux orchestrés par le néolibéralisme.

    Nouvel ennemi intérieur

    Un nouvel ennemi intérieur apparaît, le musulman ou le jeune des quartiers populaires, désigné comme responsable de tous les maux pour faire oublier ceux qui prospèrent toujours davantage sur la misère. Une stratégie de pouvoir visant à « empêcher l’unité des exploités ». Il s’agit, une fois encore, de diviser pour mieux régner, c’est-à-dire opposer les éléments d’un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir afin de les influencer.

    « C’est pour cela que ce livre est profondément syndical, profondément CGT : parce qu’il parle du cœur de la lutte de classes », insiste André Prone.

    L’ouvrage L’Arabe, nouveau bouc émissaire du capital entend en effet démontrer, argumente l’auteur, comment les discours racistes et sécuritaires deviennent aujourd’hui un mécanisme de gouvernement, alimenté par des médias possédés par des milliardaires et une classe politique qui court derrière l’extrême droite. Pendant ce temps, « l’État criminalise les solidarités et s’attaque aux mouvements sociaux ».

    Une analyse renforcée par la préface du politologue Raphaël Porteilla, qui inscrit ce livre dans le temps long. Celui des luttes anticoloniales, de la résistance au fascisme et au racisme d’État, mais aussi celui, toujours actuel, de l’internationalisme défendu par la CGT depuis sa création.

    Pour continuer ce combat, il ne suffit pas de dénoncer. Il faut aussi montrer la voie. C’est ce que propose ce nouveau livre de l’IHS, qui se veut également être « une boussole ».

    Le tout étant de bien comprendre que « l’extrême droite n’est pas un accident démocratique, mais la conséquence logique d’un capitalisme qui n’a plus rien d’autre à offrir que la peur, le racisme et la guerre. Et il rappelle surtout que si la division est l’arme du capital, l’unité est l’arme des travailleurs ». C’est pourquoi L’Arabe, nouveau bouc émissaire du capital est davantage qu’un constat, mais « un appel à reconstruire un mouvement social conscient et à refuser la guerre et la haine ».

    « Il est urgent de montrer la source du mal-être pour ne pas que la colère continue de s’abattre sur tous ceux qui n’y sont pour rien », conclut Jean-José De Ubeda, membre de l’IHS.

  • Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Le der des der. Selon notre décompte, hors conseils municipaux d’installation, Cécile Helle vivra ce samedi son 94e et dernier conseil municipal en tant que maire d’Avignon. La première magistrate a reçu, ce mercredi, La Marseillaise pour un bilan de cet exercice spécifique du rôle de maire, mené pendant deux mandats.

    La préparation

    d’un conseil municipal

    « Une séance rythme l’engagement de la vue de maire. Lors du premier mandat, je m’étais calée sur les pratiques de Mme Roig [prédécesseure] avec un conseil par mois le soir à 18h. Mais le rythme était trop lourd, pour les services aussi. Là, on est à une séance tous les deux mois, c’est mieux. Le fait de les tenir le matin, on est globalement moins fatigués et les débats sont plus apaisés. A priori, le temps de préparation d’un conseil, c’est l’équivalent de la durée du conseil. C’est ma façon de travailler si vous souhaitez maîtriser tous les sujets. En général, j’analyse les rapports toujours dans la semaine qui précède, tout un après-midi ou toute une matinée pour me permettre de bien me les réapproprier, même si je connais la plupart d’entre eux. Cela me permet de bien relire, de vérifier qu’il n’y a pas d’erreurs, ou de poser des questions aux services pour me retrouver en situation, au moment de la séance, d’avoir la réponse à toutes les questions possibles. Présider un conseil, c’est aussi une épreuve physique. J’ai un tempérament de sportive. Donc la veille, j’allège le programme en soirée, je prends un bon dîner et petit déjeuner pour éviter les fringales. Je ne sors quasiment jamais de la séance. Il faut être attentive du début jusqu’à la fin, parce qu’il suffit d’un moment où vous pouvez laisser votre esprit un peu vagabonder pour que d’un seul coup, il se passe quelque chose. Au bout de 5 heures ou 6 heures, vous en sortez bien fatiguée, physiquement mais aussi intellectuellement. Ce n’est pas un exercice qui risque de me manquer. »

    L’état d’esprit pour cette dernière

    « C’est un conseil comme un autre, important avec notamment le vote du budget. Je ne me projette pas sur des choses particulières, comme ça, je serais peut-être surprise. En général, à la fin du conseil de décembre, je remercie les services pour l’ensemble du travail fait sur l’année, donc là, simplement, je dirais peut-être la même chose, mais pour les 12 ans d’exercice. »

    La délibération qui rend le plus fier

    « C’est toujours difficile de répondre à ce genre de questions, parce que ça veut dire qu’on va citer un projet plutôt qu’un autre. S’il y avait peut-être une délibération à sortir, c’est celle sur la remunicipalisation des cantines scolaires. Elle a été prise au tout début du précédent mandat, où on m’a dit clairement dans les services, que ça ne pourrait pas se faire. Donc il fallait une vraie force et conviction politique pour porter à bout de bras et à marche forcée ce projet dans un timing très court. L’objectif était qu’au 1er septembre 2015, il fallait qu’on soit en capacité de confectionner des repas pour les enfants des cantines. On a réussi à relever le défi, ce qui a permis après aussi d’enclencher la baisse des tarifs sur l’autre mandat. »

    Le moment le plus dur

    à gérer

    « Je retiendrai le contexte lié à la crise sanitaire, ce n’était pas évident. Les assemblées délibérantes ont été bousculées dans leur fonctionnement habituel. Si on m’avait dit en 2014 qu’un jour je présiderais un conseil municipal en visioconférence, je ne l’aurais pas cru. Il y avait des difficultés techniques, des questions de sécurité sur les votes… Cela a été un début de mandat particulier, c’était compliqué aussi, du coup, de créer de la cohésion de groupe. »

    Rires et émotions

    « On peut avoir des fous rires, parfois en fin de séance, lors des questions orales. Mais les conseils d’installations restent symboliquement forts. Il faut profiter de cet instant, où on est encore dans la dynamique de la campagne, du succès, souvent avec des proches dans le public. Mais l’instant est très éphémère parce qu’après, on met les mains dans le cambouis et on est vite rattrapés par la réalité de la fonction municipale. »

    Conseils au successeur

    « L’une des règles, c’est de vraiment faire vivre la démocratie locale : être respectueux de tous les élus, de faire en sorte que quand il y a du débat, y compris contradictoire, ça se fasse dans le respect dû à chacun. Je n’aime pas les attaques personnelles, ce n’est pas comme ça qu’on combat des adversaires politiques, mais sur leurs idées, sur leurs convictions. Je me suis beaucoup inspirée de l’expérience que j’avais eue en tant qu’élue municipale d’opposition, où j’ai siégé pendant 7 ans face à Mme Roig. J’ai été plusieurs fois malmenée, y compris par des attaques personnelles dures. J’ai toujours essayé de me rappeler de ces moments-là et faire en sorte de garantir un vrai débat démocratique. »

  • La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    La Région promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    En partenariat avec le ministère des Armées et des anciens combattant, la Région Sud a lancé mardi en grande pompe l’Opération d’intérêt régional (OIR) Défense et Sécurité. Celle-ci s’articule autour de 7 priorités et de 50 actions déjà identifiées, qui doivent être rendues possible grâce à la mobilisation de 500 millions d’euros d’ici la fin du mandat.

    Une initiative qui s’inscrit dans la dynamique sécuritaire et militariste de la collectivité, entamée le 27 mars par Renaud Muselier (Ren.), président de la Région Sud, qui organisait alors une « agora de l’économie de défense ». « Avec cette OIR, la Région ne change pas de cadre, elle accélère. Elle met de la méthode, des moyens, de la clarté politique au service de la défense nationale, au service de la sécurité française, au service de la souveraineté de notre territoire et de la France », a lancé mardi Renaud Muselier, après avoir rappelé la place de choix qu’occupe Paca dans l’écosystème de la défense nationale, identifié comme « la première région militaire de France ». Yves Metayer, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud, a quant à lui vivement soutenu la démarche initiée par la collectivité, la qualifiant de « formidable opportunité » pour « capitaliser sur les atouts de la Région Sud, terre de défense historique ».

    Géopolitique instable

    Renaud Muselier s’inscrit dans la ligne d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui le 4 mars a lancé le plan ReArm Europe, promettant la mobilisation de 800 milliards d’euros dans les prochaines années pour renforcer la structure de défense européenne. Et dans celle du président de la République qui promet à la France « une économie de guerre ». Yves Metayer voit ces investissements militaires massifs de la Région comme une indispensable réponse au « contexte géopolitique instable ».

    « À l’heure où l’évolution du contexte stratégique impose d’accélérer la transformation de nos armées et notre industrie de Défense afin de les préparer aux engagements les plus durs, la synergie entre les différents acteurs conditionne directement le succès », a-t-il assuré.

    Alors, pour se préparer à toute éventualité, y compris à un potentiel « retour de la guerre », la Région entend, par cette OIR, soutenir la production d’équipement de défense, le développement de grandes infrastructures industrielles et d’entraînement des forces, l’innovation et la recherche, l’emploi dans le secteur mais aussi améliorer les moyens logistiques, de santé et de transport, augmenter les capacités de logement pour les forces et, enfin, permettre un « renforcement de l’esprit de défense ». Tout un programme.

  • Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Elle l’avait annoncé en conseil métropolitain lors de l’hommage aux victimes de la fusillade de Bondi à Sydney. Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a présenté mercredi une série de mesures programmatiques pour lutter contre l’antisémitisme. « Au moment où la communauté juive subit des attaques aux quatre coins du monde », la candidate à la mairie de Marseille estime que cette lutte doit être « une cause majeure pour une municipalité ».

    Référents, charte et tolérance zéro

    Annonçant qu’elle prendra la présidence de Marseille espérance si elle est élue, Martine Vassal promet de mettre tout en œuvre pour y faire revenir le grand rabbin de Marseille qui a quitté cette association créée en 1990 pour œuvrer au dialogue interreligieux, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

    Le plan d’action en lui-même se décline en quatre volets : éducatif, administratif, sécuritaire et culturel. Pour les élèves du primaire, elle propose des partenariats avec des associations, des visites du Camp des Milles et la mise en place de « référents antisémitisme ». Le référent laïcité n’a qu’à bien se tenir.

    Elle plaide aussi pour une « administration exemplaire » en proposant une sanction immédiate pour tous propos et soutiens à des actes terroristes, et le contrôle stricte des subventions. Martine Vassal met aussi sur la table la signature par chaque agent et élu municipal d’une charte contre l’antisémitisme. Et qu’importe si pour l’heure un tel document n’existe pas dans la collectivité départementale qu’elle préside.

    Côté sécurité, c’est « tolérance zéro » contre les « tagueurs antisémites » avec des travaux d’intérêt général pour leur apprendre l’histoire de la Shoah, et le renforcement des contrôles et de la police autour des écoles. Rayon culture, elle veut redonner un élan au Mémorial de la déportation, « délaissé par l’équipe municipale actuelle », pour en faire un lieu qui vive et fasse vivre la mémoire, et lancer un grand cycle culturel festif israélite, dans le cadre du jumelage avec Haïfa.

    « Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la 2e ville de France », martèle Martine Vassal. « Ce plan a un sens politique », glisse le macroniste Romain Simmarano arguant que le Printemps marseillais n’a pas acté qu’il ne ferait pas d’alliance avec LFI au 2e tour des municipales. Pour la droite locale, surtout, il a d’autant plus de sens que le vote RN n’a jamais autant séduit la communauté juive.

  • Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Le maire de Vitrolles Loïc Gachon (PS) a le soutien des Écologistes. Réunis en assemblée générale stratégique, les adhérents ont acté leur appui à la future candidature de l’édile.

    « Aujourd’hui, on ne peut que saluer toutes les positions prises par la Ville sur les sujets écologiques », affirme Frédéric Izacard, représentant du groupe local de Vitrolles, Rognac et Cabriès depuis 2024. Parmi les projets plébiscités : la communauté d’énergie citoyenne, qui permet aux particuliers de s’associer à la municipalité pour produire et consommer une électricité locale, d’origine renouvelable, en installant des panneaux solaires sur les bâtiments, le renouvellement du chauffage du centre urbain par des systèmes décarbonés ou encore le plan d’alimentation territorial. « Ce ne sont pas des positions programmatiques, ce sont des choses qui sont lancées, qui sont déjà en cours », constate Frédéric Izacard.

    Rassembler la gauche

    Avec ce soutien, le groupe local s’inscrit dans la ligne nationale des Écologistes. « On est souverain, on n’a pas de consigne mais les grandes orientations privilégient les rassemblements de gauche, ce qui explique le choix fait sur Vitrolles », explique le représentant.

    Loïc Gachon affrontera Damien Bravi, directeur de cabinet du maire de Rognac Christophe Gonzalez, investi par le Rassemblement national. Le groupe local des Écologistes dit ne pas avoir de « peur particulière par rapport à cette candidature-là », bien qu’elle soit « agressive et professionnelle », le délégué général du label d’extrême droite « La Provence qu’on aime » étant expérimenté. « La menace du RN est un sujet d’actualité puisqu’on a une dynamique assez forte au niveau national, on la suit avec beaucoup d’attention, mais Vitrolles fait partie des villes qui ont connu l’extrême droite et, aujourd’hui, la politique locale contribue à éviter ce risque, analyse Frédéric Izacard. Le travail de fond est fait. »