Category: politique

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    la jeunesse

    Amélie Lambiel : Quelles sont vos priorités concrètes pour favoriser l’emploi des jeunes sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Il faut permettre aux jeunes de se loger et leur proposer des conditions de vie qui leur permettent d’échapper à la précarité ; ce qui est une situation que beaucoup de jeunes, même à Gap connaissent aujourd’hui. Donc augmenter l’offre existante en logement social, faciliter l’accès aux jeunes pour les résidences étudiantes et créer des résidences intergénérationnelles. Favoriser le tissu économique local fait essentiellement de petites entreprises, celles-ci ayant besoin d’avoir plus de visibilité et de soutien au niveau local, favoriser les embauches. Il faut diversifier les formations et l’offre universitaire sur le territoire de notre ville, ce qui va nous permettre de donner plus d’opportunités aux jeunes gapençais qui souhaiteraient rester pour étudier et travailler mais aussi à des jeunes de l’extérieur pour venir s’implanter à Gap. Je dirai que soutenir la jeunesse, c’est un acte politique et une des priorités de la liste Union pour Gap, qui d’ailleurs comprend de nombreux jeunes.

    Amélie Lambiel : Ce sont de beaux projets mais quels budgets comptez-vous allouer pour ces actions ?

    Élie Cordier : On aura un fonctionnement du budget à taux constant pour la ville de Gap. Aujourd’hui la ville dispose de ressources importantes, on est la septième ville de France où le taux municipal pour la taxe foncière est le plus élevé. On va faire le choix de réorienter les priorités budgétaires pour la ville. On ne va pas augmenter les impôts locaux pour ne pas amputer le pouvoir d’achat notamment des jeunes mais travailler à budget constant en ayant d’autres priorités, en particulier sur les actions sociales.

    le Handicap

    Fatiha El Ouannassi : J’ai rencontré une personne en situation de handicap en colère et on la comprend parce que se déplacer en ville, c’est peu ou pas de transport adapté, des trajets refusés, des horaires impossibles, résultat : une liberté amputée. Or, se déplacer est un droit. Que ferez-vous concrètement dès la première année pour améliorer la vie des personnes handicapées ?

    Élie Cordier : La première priorité sera d’associer les acteurs locaux, ce qui ne se fait pas actuellement. De nombreuses associations s’investissent sur les différents types de handicap aujourd’hui. Il faudrait déjà identifier les différents besoins pour des réponses spécifiques. Par exemple, sur le handicap visuel : faciliter les passages piétons. Pour les fauteuils roulants faciliter l’accès aux trottoirs et organiser des places de stationnement mieux adaptées à la voirie. En matière de handicap, il y a ce qui dépend de la commune comme la voirie, les transports urbains qui dépendent de la communauté d’agglomération et aussi l’accessibilité des lieux privés qui dépendent de leurs propriétaires pour la mise en conformité avec la loi. Il y a un énorme travail à faire en centre-ville de Gap avec un bâti plutôt ancien qui est à mettre aux normes et en conformité pour l’accessibilité. Nous avons un premier volet qui dépend de la mise en accessibilité des lieux publics mais qui n’est pas encore tout à fait abouti. Par ailleurs, la mise en accessibilité des transports urbains devra être mise en pratique avec le renouvellement de la flotte de transports. L’accessibilité des trottoirs, la correspondance des passages piétons et des trottoirs importe beaucoup pour les déplacements des personnes à mobilité réduite, on ne s’en rend pas compte quand on est valide. Il faut aussi accompagner les commerces privés qui accueillent du public pour être en conformité et tout simplement appliquer la loi. On va être bientôt dans le 21e anniversaire de la loi de 2005 sur la mise en accessibilité. Il reste énormément à faire et on a un vrai travail à mettre en place en associant tous les acteurs du territoire. Il faut recenser, écouter, dialoguer et agir.

    Fatiha El Ouannassi : Que proposez-vous pour les transports accompagnés ?

    Élie Cordier : La chance que nous avons à Gap, je tiens à le rappeler, c’est que des élus de gauche se sont mobilisés il y a plusieurs décennies pour faire de Gap une des premières villes à avoir des transports urbains gratuits. Évidemment, cette gratuité doit être préservée. Nous maintiendrons donc cette gratuité et le service à la demande qui existent déjà. L’idée est bien sûr d’amplifier ces services. Toutes ces mesures représentent un enjeu important : lutter contre l’isolement des personnes âgées ou en situation de handicap et créer du lien social.

    la santé

    Michel Garcin : Il est très difficile de trouver un médecin généraliste à Gap, quant aux dentistes et spécialistes, il faut aller à Aix-en-Provence. Avez-vous engagé une réflexion pour faire venir des médecins dans notre ville ?

    Élie Cordier : Plus qu’une réflexion, c’est une de nos priorités. Je suis extrêmement étonné que nous soyons la seule liste pour ces élections à parler réellement du sujet d’accès aux soins. J’entends dire que ce n’est pas un sujet municipal mais qui dépasse la commune comme si on ne pouvait rien faire en la matière. Comment attirer des médecins connaissant le problème de pénurie nationale ? Notre projet phare sera d’implanter un centre municipal de santé (CMS). Dans un CMS, la ville prend à sa charge une infrastructure, le secrétariat, l’entretien pour libérer du temps aux médecins, à la différence d’une maison de santé où la commune se contente de délivrer un permis de construire. Cela fait donc appel à un nouveau type de professionnels de santé qui souhaitent être déchargés des tâches administratives pour se libérer du temps médical, avoir un rythme de vie plus équilibré entre vie professionnelle et privée. Par ailleurs, ce CMS vient en lien avec les dispositifs existants, hôpital public CHICAS, polyclinique des Alpes du sud et médecine de ville. Cela facilite de plus l’accès aux soins en étant sur une tarification en secteur 1. Nous sommes là au cœur du service public municipal.

    la Pauvreté

    Jacqueline Amouriq : Sur le programme d’Union pour Gap, on a vu que vous voulez travailler sur tous les quartiers. Pourriez-vous nous préciser ce que vous avez l’intention de faire dans tous ces quartiers où les gens sont en grande difficulté ? Je rappelle que le taux de pauvreté à Gap est de 15%.

    Élie Cordier : Je constate dans les consultations citoyennes et le travail de porte-à-porte, une précarité qui devient de plus en plus palpable. Tout d’abord, lutter contre la précarité suppose bien évidemment de favoriser le développement d’entreprises pour augmenter la création localement, cela suppose également une action dynamique de la commune pour désenclaver le territoire gapençais. On dispose de plusieurs outils au niveau de la commune pour identifier et accompagner les gens en situation de précarité : le premier travail étant d’avoir une vision claire de qui doit être accompagné en priorité, pour cela, le Centre communal d’action sociale (CCAS) est un outil privilégié. On constate des logements avec des températures de 12-13 ou 14°C en hiver dans des immeubles très mal isolés, donc, il y a des programmes massifs à mettre en place avec l’Office public de l’habitat 05 (OPH 05) pour rénover, requalifier ces logements. Il convient aussi de recréer une vie de quartier et de faciliter l’accès aux transports urbains car tout le monde ne peut pas se permettre d’avoir une voiture. Par ailleurs, il y a également un enjeu d’accès à la vie associative, sportive et culturelle. C’est pourquoi nous proposons un PASS Jeunes qui donnera un accès facilité à une inscription dans un club de sports ou une association culturelle et permettra de recréer du lien social. Plus largement, nous rencontrons des personnes en situation d’isolement qui ne voient personne de la semaine. Ces situations contribuent au sentiment d’insécurité. C’est là où la commune peut agir par un travail d’action sociale et par un travail sur des sujets de sécurité en développant des effectifs de police municipale et de médiateurs pour favoriser le travail de proximité et de lien avec la population. La tranquillité et la sécurité ne doivent pas être uniquement une affaire de répression mais il faut aussi un dialogue, une écoute, une proximité.

    les violences faites aux femmes

    Jacqueline Amouriq : Quelles propositions faites-vous pour répondre au problème des violences faites aux femmes ?

    Élie Cordier : La ville de Gap doit soutenir des acteurs qui font un travail formidable : une association, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF 05) qui fait un travail important en matière de repérage et d’accompagnement des situations difficiles. La commune doit assumer un rôle en termes d’hébergement d’urgence. Quand on détecte une situation de violences, il faut que la ville soit là pour accueillir immédiatement car les solutions proposées par l’État ne sont pas suffisantes. Il y a un modèle qui fonctionne bien, c’est celui des appartements relais municipaux. Ces appartements relais, une fois instaurés à Gap, permettraient d’accueillir sur une période de 6 à 12 mois la personne victime de violence le temps de retrouver une solution pérenne. Repérer, écouter, c’est le minimum, il faut proposer des solutions temporaires en urgence pour prendre en charge les femmes victimes de violence.

    la végétalisation

    Jacqueline Amouriq : À Gap, on a de belles places mais tout cela est minéral, est-ce qu’on peut y remédier et reverdir la ville ?

    Élie Cordier : La végétalisation est effectivement une priorité de notre programme. Aujourd’hui, en ville de Gap, on a un site fortement minéral et je vois les permis de construire délivrés et l’artificialisation à outrance alors que le nombre d’habitants n’augmente pas. On a l’impression que la politique urbanistique se limite à construire, construire, construire… En termes de végétalisation je distinguerai celle qui concerne le centre-ville et l’hypercentre qui est la partie la plus minérale de notre commune et celle de la ville dans son ensemble. Sur la végétalisation de cet hypercentre, c’est évidemment un enjeu d’une ville plus verte, plus agréable à vivre, plus esthétique. C’est aussi un enjeu de résilience du territoire contre le réchauffement climatique, des canicules et des risques naturels. Notre ville est aujourd’hui vulnérable face aux pluies diluviennes et aux risques d’inondations. Nous sommes en effet sur un site minéral situé en fond de vallée. Il faut donc que nous soyons une ville protectrice capable de lutter contre les risques naturels en arrivant à limiter et réduire l’artificialisation des sols, à végétaliser, à reverdir et à faciliter l’écoulement de l’eau. L’accès à la nature est facile autour de Gap car on a des sites majestueux comme le domaine de Charence, les collines de Saint-Mens et de Puymaure qui sont une richesse mais qui ne doivent pas occulter la nécessaire végétalisation des lieux et des espaces de vie. Cette végétalisation doit aussi avoir lieu dans toute la ville , par exemple, ponctuellement des petits marchés de quartiers qui pourraient recréer de la vie sur des places qui deviendraient agréables à vivre ou encore faciliter un libre accès à la culture avec du mobilier urbain, avec des livres, qui pourraient s’insérer dans le paysage. Une idée qui peut paraître anecdotique : l’installation de bancs dans un quartier ou sur une place, c’est recréer de la vie, un moyen pour les habitants de tisser du lien, d’échanger entre eux. Comme cela, on crée une ville plus verte, une ville agréable, accueillante et vivante.

    l’eau

    Michel Garcin : La ressource en eau pour la production d’eau potable concernant la ville de Gap se trouve essentiellement dans le Champsaur. Peut-on considérer qu’une erreur majeure a été commise par le maire actuel en s’extirpant du syndicat intercommunal qui gère la ressource du Drac. Quelle action comptez-vous entreprendre pour rétablir ces relations ?

    Élie Cordier : Concernant l’approvisionnement en eau, le sujet est simple, c’est retrouver le chemin du dialogue. Aujourd’hui nous avons à Gap, préfecture des Hautes-Alpes, une ville qui ne parle plus aux élus du Champsaur pour des questions de mésentente personnelle et de discordes individuelles d’élus avec d’autres élus. Le problème, c’est que le territoire est perdant en la matière. L’eau est un bien commun, il est normal que chaque territoire défende ses intérêts mais il faut aussi avoir la capacité d’aller plus loin et de défendre les intérêts du territoire tout entier. Aujourd’hui l’insécurité de l’alimentation en eau potable qui pèse sur Gap est un réel problème dont nous n’avons d’ailleurs pas suffisamment conscience collectivement. On est passé plusieurs fois devant un risque majeur que la commune ne puisse plus être alimentée en eau potable. Je vous rappelle que la ville est une commune agricole, donc on a un double problème, l’approvisionnement en eau pour la population et pour les activités agricoles. Et moi, je voudrais relier le sujet des ressources, de l’approvisionnement en eau avec celui du réseau. Ce dernier a été confié par la majorité actuelle au privé, à Véolia, par le biais d’une délégation de service public de 12 ans. Confier un bien aussi précieux que la ressource en eau à une entreprise privée pour cette durée pose évidemment un problème de souveraineté pour la gestion de notre réseau pour les prochaines années. Or, l’enjeu actuel est que pour un litre d’eau potable à Gap, il y a entre 1 litre sur 3 et 1 litre sur 4 perdus au niveau du réseau. Il conviendrait donc de se réapproprier le réseau d’eau par une régie municipale. Nous faisons confiance à une gestion publique de l’eau, on parle de quelque chose qui n’a pas à être une prérogative du secteur privé, on parle d’un bien commun. La réappropriation du réseau d’eau par une régie municipale sera une priorité mais je ne peux le dire pour le prochain mandat car la commune est liée à Véolia pour les 12 prochaines années donc ce sera un enjeu à moyen, voire à long terme.

    la Culture

    Amélie Lambiel : En ce qui concerne la vie culturelle, quelles sont vos propositions ?

    Élie Cordier : Le projet phare en matière culturelle sur le prochain mandat, ce sera la création d’un pavillon de la culture et de la vie associative car il y a un manque aujourd’hui en termes d’espaces de travail, de répétition et de création pour les associations de la ville de Gap. Je rappelle que la ville de Gap comprend plusieurs centaines d’association, c’est une des villes les plus riches en matière de vie associative mais il faut la soutenir. Ce pavillon de la culture doit être un lieu de rencontre, de création et d’émulation entre différentes disciplines artistiques. Il faut également capitaliser sur l’existant pour l’amplifier et le rendre plus dynamique, cela passe par des subventions pluriannuelles pour donner plus de visibilité aux associations, par des facilitations d’accès aux salles municipales et par un soutien financier accru à nos infrastructures, notamment au Tempo, au Quatro et à la médiathèque. On a la chance d’avoir une scène nationale à Gap, il faut également la soutenir en terme financier et sur l’aspect des locaux. On a une salle de concert formidable qui pourrait accueillir encore plus de concerts si les moyens étaient au rendez-vous. On peut imaginer un festival des musiques du monde ; pourquoi ne pas imaginer un salon du livre thématique qui pourrait avoir lieu en fin de printemps. On a une cinémathèque d’images de montagne, un lieu unique en France qui réunit toutes les archives du cinéma de montagne sur des dizaines d’année, un patrimoine richissime en la matière que peu de Gapençais connaissent pour le moment. Donnons à cette infrastructure les moyens de travailler et œuvrons autour de l’identité culturelle du territoire. Nous sommes en effet un territoire carrefour, une ville au carrefour entre la montagne et la Provence, entre la France et l’Italie proche, un territoire qui ne sait pas vraiment se définir, il y a une identité de l’entre-deux, il faut donc mettre la création culturelle au cœur du territoire. La culture est menacée par la baisse des crédits alloués au niveau national et par une offensive réactionnaire qui se met en place au niveau mondial.

    la Sécurité

    Fatiha El Ouannassi : Pensez-vous renforcer la présence de la police municipale et des médiateurs à Gap ?

    Élie Cordier : Aujourd’hui l’immense majorité des moyens alloués par la commune pour la sécurité et la tranquillité publique sont mis dans des caméras vidéo. 500 caméras à ce jour, ce qui, après la ville de Nice fait de Gap le taux le plus élevé de caméras par habitant. Aujourd’hui on constate une démagogie totale qui consiste en une sécurité d’affichage puisque la majorité actuelle se targue d’installations massives de caméras, sauf, que le soir et le petit matin, personne n’est au centre de supervision urbain pour pouvoir intervenir à l’aide des caméras si besoin. Lors d’un cambriolage ou d’un délit routier, c’est bien beau d’avoir des caméras si personne n’est présent pour aiguiller ou aider sur les interventions. Donc, on pourra toujours réfléchir à des installations ponctuelles de vidéosurveillance là où cela paraît nécessaire mais la meilleure façon d’assurer la sécurité de nos concitoyens, c’est de mettre le paquet sur les moyens humains. Aujourd’hui, dans la ville de Gap les effectifs sont de 20 officiers municipaux, on a donc un taux dans la ville de Gap qui est plus faible que la moyenne nationale. Les policiers municipaux sont ceux qui sont le plus en capacité de faire le travail de lien avec la population, d’identifier les situations problématiques particulièrement dangereuses avant qu’elles ne dégénèrent en conflit et en délinquance. La police de proximité est le meilleur dispositif pour faire du lien et on peut bien sûr imaginer la présence de médiateurs dans les situations qui le nécessitent.

    les jO

    Michel Garcin : Concernant les Jeux olympiques de 2030, ici, à Gap, il n’y aura rien, les épreuves de patinage espérées auront lieu à Nice. Selon vous, quel sera l’impact des JO sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Si de l’argent olympique avait été attribué à la ville de Gap, il aurait dû aller aux infrastructures durables qui auraient pu bénéficier à la population dans le temps (des chantiers importants tels que la rocade de Gap ou celui d’un centre majeur à requalifier qui est le site de Gap Bayard. Aujourd’hui, ce ne sera pas le cas, c’est peut-être une opportunité ratée mais, en tout cas, il y a eu un attentisme et une passivité qui ne fait que des perdants. C’est-à-dire qu’on n’a pas la volonté de se dire qu’il y a peut-être des financements à aller chercher. Si demain, je suis élu maire de la ville de Gap, l’idée, c’est d’aller défendre les intérêts des Gapençais et des Gapençaises.

    Amélie Lambiel : On n’a pas d’épreuves des JO à Gap mais il va y avoir beaucoup de passages et de touristes. À ma connaissance, il n’y a qu’une ligne de bus et de train pour aller jusqu’à Briançon. La mairie peut-elle agir sur le sujet ?

    Élie Cordier : La mairie ne peut agir seule mais elle se doit d’agir. Actuellement, il n’y a aucune action mise en place par exemple, pour défendre la ligne de train Paris-Briançon qui est une infrastructure majeure de desserte de notre territoire au même titre que la rocade de Gap. Sur ces dossiers, les maîtres mots sont passivité, attentisme et absence de résultats. Encore une fois, la mairie ne peut pas tout faire, toute seule, mais si on ne se donne pas les moyens, tout au moins d’essayer d’obtenir des résultats, ce qui est certain c’est qu’on n’obtiendra rien. Je pense que, demain, il conviendra d’avoir une attitude combative. Un maire doit gérer les affaires de la commune mais aussi être capable de sortir de ses prérogatives strictes pour aller porter ses dossiers au niveau national, avoir une influence auprès des ministres, des élus nationaux, des instances comme SNCF Voyageurs ou autres pour défendre les intérêts de la commune. Tout le monde peut s’accorder à dire que le compte n’y est pas et que les résultats ne sont pas là. Demain, on ne peut pas promettre que nous arriverons à rétablir un train de nuit qui roulera de manière régulière et qui soit tous les jours à l’heure mais on s’engage sur le fait qu’on va tout faire pour améliorer la situation et se battre comme des beaux diables. Je crois qu’aujourd’hui, ce minimum-là n’est même pas atteint par l’équipe en place.

    Michel Garcin : Il semblerait que la municipalité actuelle soit enfermée dans un carcan, elle ne parle à personne sur le territoire et il apparaît que sur les dossiers importants on n’ait pas su mettre la ville de Gap en avant ?

    Élie Cordier : Et cela, surtout, pour des questions de conflit personnel, le problème est là. Quand on représente une collectivité territoriale, on ne se représente pas soi-même, on représente l’ensemble d’un territoire, l’ensemble d’une population. La personne de l’élu, son identité propre doivent passer au second plan. Dans cette situation, Gap est largement pénalisée, sur de nombreux sujets. Avec la mairie actuelle, nous constatons une absence d’anticipation en matière d’infrastructures, une passivité et des questions de conflits même avec des élus à la tête d’autres collectivités territoriales, de sorte que Gap est aujourd’hui paralysée. Ce qui manque encore une fois, aujourd’hui, c’est une volonté d’avoir ce travail d’hyperactivité politique pour travailler au désenclavement de Gap et de manière plus générale des Hautes-Alpes et Alpes du Sud. C’est un enjeu d’égalité d’accès aux services publics et entre les territoires.

    Focus sur les lecteurs

    Amélie Lambiel, jeune diplômée, en recherche d’emploi

    Michel Garcin, retraité, engagé sur les sujets santé et environnement

    Fatiha El Ouannassi, fonctionnaire en activité

    Jacqueline Amouriq, retraitée, bénévole dans le domaine des solidarités

  • [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    La Marseillaise : Quel bilan dresser en matière de sécurité de ce premier mandat de Michaël Delafosse, placé selon le candidat sous le signe de la coopération  ?

    Sébastien Cote : Lorsque nous arrivons en 2020, le constat que l’on fait, c’est que l’autorité municipale ne parle pas d’autorité judiciaire et ne communique pas avec l’autorité préfectorale ou policière. Donc il y a un vrai enjeu de coordination et de se parler. La première chose a été de renouer le dialogue. Ensuite, il a fallu trouver les outils de la coordination. Les problèmes de sécurité, de sentiment d’insécurité, d’incivilité sont très importants. C’est la première préoccupation des Français. Mais en la matière, on ne peut pas tout faire. Une ville n’a pas tous les pouvoirs. On a donc besoin de se coordonner avec l’État pour que, chacun dans ses responsabilités, on puisse agir. D’où la création de forces nouvelles. Il n’y avait aucun policier dans les transports : nous avons créé la police métropolitaine des transports. Dans le logement social, dans les quartiers populaires, on sait qu’il y avait beaucoup de trafic, beaucoup d’incivilités, beaucoup de casse de voitures, de vols : on a créé la brigade du logement social. Ça décharge la police nationale de certaines choses et elle peut se consacrer davantage aux investigations, à la police judiciaire. Et ça décharge la police municipale qui, elle, peut davantage se consacrer à la régulation de l’espace public.

    Pour quels résultats ?

    S.C. : Globalement, le bilan est très positif. Une récente enquête locataire chez ACM Habitat fait état de 90% de taux de satisfaction des locataires pour l’action du GSRI [pour la Brigade du logement social, Ndlr]. Dans les transports en commun, on a une baisse de 31% des incivilités entre 2019 et 2025. Donc oui, les choses progressent, les choses avancent. Je sais qu’en matière de sécurité ou d’insécurité, les chiffres peuvent varier d’une année à l’autre, surtout quand on généralise la plainte en ligne à partir de l’année 2025. Donc nécessairement, ça peut engendrer des phénomènes d’augmentation de plaintes. Mais globalement, nous sommes bien orientés pour la ville de Montpellier.

    Ce second mandat veut donc s’inscrire dans la continuité, notamment avec le recrutement de 100 agents et le doublement du nombre de caméras vidéo ?

    S.C. : C’est à la fois la continuité et l’amplification, c’est-à-dire 100 effectifs supplémentaires que nous annonçons sur le mandat, à la fois pour le GSRI et la police des transports ou la police municipale. On dit 100, on verra ensuite où est-ce qu’on en a besoin. C’est bien beau d’annoncer des chiffres, mais le but c’est aussi de savoir ce qu’on leur fait faire. La vidéoprotection, on en a besoin. On a aujourd’hui 510 caméras sur la ville de Montpellier. On propose de passer à 1 000 caméras à l’horizon 2032. Pourquoi ? Parce que ça permet de prévenir un certain nombre de délits, ça permet d’accompagner les forces de l’ordre dans leurs opérations et ça permet surtout d’identifier un certain nombre de délinquants lorsqu’ils ont commis un acte répréhensible et donc de rendre justice aux victimes.

    Pour vous, la sécurité n’est donc pas l’apanage de la droite ?

    S.C. : Je pense que c’est une grave erreur pour la gauche – et c’est ce que nous démontrons avec Michaël Delafosse depuis 2020 – de ne pas se saisir de ces questions-là. Quand je regarde les statistiques, ça fait 6 ans que je travaille sur ces sujets, qui sont les principales victimes ? Les femmes : violences intrafamiliales, outrages sexistes, viols. Ce sont les jeunes, les jeunes dans les quartiers, victimes du narcotrafic. Ce sont les étudiants, ce sont évidemment les enfants, via violences intrafamiliales, ce sont les gens qui habitent les quartiers populaires lorsqu’il y a des émeutes, lorsqu’il y a du deal, lorsqu’il y a des véhicules brûlés. Donc si on ne s’intéresse pas aux questions de sécurité, on leur dit quoi à ces gens-là, à ces femmes, à ces jeunes, à ces gens des quartiers populaires ? Qu’on les abandonne, c’est impossible. Donc oui, je pense que la sécurité, c’est une vraie question de gauche.

  • Loi parité : des maires témoignent

    Loi parité : des maires témoignent

    Lionel Tardy, maire de Rosans (05)

    « Ce qui fait réagir, c’est la fin du panachage »

    Dans le village de Rosans, de 511 habitants des Hautes-Alpes, comme dans toutes les communes de moins de 1000 habitants, il a fallu s’adapter aux nouvelles réglementations. Le maire sortant, et candidat pour sa réélection, Lionel Tardy, a par exemple dû renouveler sa liste municipale. « En plus on a dépassé les plus de 500 habitants, donc on passe de 12 conseillers municipaux à 15. J’ai donc commencé dès l’automne à aller voir beaucoup de monde », explique le maire. « J’ai eu beaucoup de contacts avec des femmes que je souhaitais investir. Et la plupart d’entre elles, après réflexion, tout en mesurant l’intérêt, ont finalement décliné la proposition par souci de se concentrer sur leurs activités professionnelles, familiales », se désole le maire.

    Des refus que le maire explique par le fait que trop souvent encore, ce sont les femmes qui assurent une grande part du travail familial, tout en ayant une profession. Malgré ces quelques freins, il félicite l’aspect paritaire de cette réglementation et affirme ne pas avoir eu trop de mal à créer sa liste sans étiquette, composée de huit hommes et sept femmes, et de deux remplaçants.C’est surtout la fin du panachage qui l’inquiète. « C’est une tradition qui est bien ancrée dans nos villages. Beaucoup vont continuer à rayer les noms sur les bulletins. Je pense qu’il faudra être attentifs aux votes nuls que cela va engendrer. » En effet, des bulletins annotés seront dorénavant considérés comme invalides.

    Eva Janus

    Fabienne Quiévreux, maire de Saint-Estève-Janson (13)

    « Les femmes plus âgées acceptent plus facilement ce mandat »

    Successeure de Martine Cesari depuis le mois de juin, Fabienne Quiévreux, ancienne cadre d’hôpital, a décidé de se présenter pour les municipales de 2026 dans son village de Saint-Estève-Janson. Une première campagne municipale qui doit s’organiser avec les nouvelles réglementations pour les communes de moins de 1 000 habitants.

    Le respect de la règle de la parité a notamment ralenti la formation de sa liste complète. « J’ai commencé à chercher vers la fin de l’année, explique Fabienne Quiévreux. Je pense que sans cette contrainte, la liste aurait été bouclée plus vite. Car les femmes sont moins disponibles. Certaines auxquelles j’avais pensé ont refusé. L’une ne voulait pas se représenter, l’autre était déjà beaucoup engagée dans une association et une dernière a refusé par rapport à ses enfants. » Pour la candidate, attirer des femmes encore dans la vie active est assez difficile car elles ont moins tendance à accepter de s’investir sur les listes par rapport aux hommes. « C’est plus facile chez les femmes plus âgées, sans enfant, ou sans responsabilité. Elles acceptent plus ce type de rôle. Alors que chez les hommes, j’ai réussi à recruter des jeunes très volontaires, c’est plus facile pour eux. »

    C’est finalement à la tête d’une liste, sans étiquette, composée de 6 femmes et 5 hommes, que Fabienne Quiévreux se présente donc à ce scrutin proportionnel. Un changement de mode de scrutin qui pose toutefois des questions à la candidate. « Je me demande comment on va pouvoir calculer à la proportionnelle, mais je pense que c’est une bonne chose. Ce sera plus réglementaire parce qu’avant, on pouvait rajouter les noms qu’on voulait. »

    Eva Janus

    Éric Massot, maire de Saint-Léger-du-Ventoux (84)

    « On cherche à éliminer les petites communes »

    Avec Lagarde d’Apt, Saint-Léger-du-Ventoux dispute le titre de village le moins peuplé de Vaucluse avec à peine une trentaine d’habitants. Deux communes qui doivent élire 7 conseillers municipaux. Conséquence cocasse, Lagarde d’Apt devra faire un peu de place aux hommes puisqu’ils ne sont que 2 à siéger aux côtés de 5 femmes, dont la maire Maryse Bonnet. Équilibre totalement inverse à Saint-Léger-du-Ventoux où le maire, Eric Massot, siège avec 4 hommes et 2 femmes. Le premier magistrat de 60 ans, qui aspire à un « 4e et dernier mandat » conduira une liste de 4 hommes et 3 femmes.

    La féminisation du conseil s’est opéré en 2020, alors qu’en 2008 et 2014 la liste était 100% masculine. Si Éric Massot n’a pas eu de difficultés à tendre vers la parité, cette nouvelle loi « ne sert pas à grand chose, à part de mettre des contraintes supplémentaires », juge-t-il. « Je me demande si l’administration réfléchit aux petites communes rurales, parce qu’un jour ou l’autre, on n’arrivera vraiment plus à rien faire, mais ils cherchent peut-être à éliminer toutes les petites communes pour n’en faire que des grandes », redoute ce chauffeur de taxi. Natif de Saint-Léger, il vit à Mazan mais resté impliqué « dans [son] village, où [il a] grandi, pour le faire vivre ».

    Avec un budget de 50 000 euros, gare aux imprévus comme quand le système d’eau, vieillissant, a pris la foudre. « C’est 25 000 euros de travaux, où on n’est pas aidés, il a fallu prendre sur notre réserve », indique Éric Massot. Pour le reste, comme l’installation de toilettes sèches, la commune arrive à être subventionnée jusqu’à 80%. Saint-Léger compte surtout des résidences secondaires. « On a lancé une révision de carte communale pour faire quelques constructions nouvelles mais on nous a stoppés car il faut être en harmonie avec le Scot [schéma de cohérence territoriale] de l’intercommunalité Vaison-Ventoux », s’agace l’édile. En attendant, chaque année, à la fin août, la fête votive « fait le plein avec 250 personnes ».

    Florent de Corbier

  • [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    La Marseillaise : On vous voit régulièrement dans le Var, vous serez aussi à Toulon le 21 février pour le meeting d’Isaline Cornil. C’est un enjeu particulier pour LFI ?

    Manuel Bompard : C’est un département au contexte difficile car la quasi-intégralité des députés sont d’extrême droite. Il y a une volonté d’y mener un travail de résistance aux idées du RN. Je suis également le référent du Var pour LFI, je viens donc régulièrement apporter mon soutien aux militants engagés dans les mobilisations et les campagnes électorales.

    À La Seyne, à Toulon, comme dans de nombreuses villes, LFI présente sa propre liste. Pourquoi ce changement de stratégie, après avoir favorisé l’union de la gauche avec le NFP et la Nupes ?

    M.B. : Il y a un certain nombre de listes au niveau national dans lesquelles on est engagé et qui sont soutenues par d’autres formations. On a cherché à partir de notre programme, et on a proposé à celles et ceux qui voulaient construire ces listes avec nous de le faire. Ça a été possible dans certains cas, dans d’autres non. Notre conviction, c’est que les listes de gauche ne pourront gagner des villes que si elles s’engagent sur des mesures claires : des services publics qui ne sont pas délégués au privé, l’accès à certains biens communs fondamentaux comme la gratuité de la cantine scolaire, l’expérimentation du référendum d’initiative citoyenne, la lutte contre le logement indigne… On a d’abord l’objectif de répondre aux aspirations des habitants, et on essaie ensuite de rassembler autour de ces propositions.

    Si LFI se retrouve au second tour derrière une liste de gauche, notamment dans des villes sous la menace de l’extrême droite, peut-on s’attendre à un retrait ?

    M.B. : Pas le retrait, le rassemblement. C’est vieux comme la gauche que plusieurs listes se présentent au premier tour, puis qu’elles se rassemblent. Et souvent, elles fusionnent, pour que les différentes sensibilités puissent être représentées au conseil municipal. On est très clair : partout où on sera en tête à gauche, on proposera le rassemblement. Si les candidats en tête font la même démarche, on y travaillera. Est-ce possible ? Je pense que tout le monde devra prendre ses responsabilités. Il peut y avoir des désaccords, des débats extrêmement profonds, mais il y a ensuite un devoir de responsabilité. Et ceux qui utilisent des prétextes pour justifier la division, favorisant la victoire de la droite ou de l’extrême droite, prendraient une très lourde responsabilité. Mon discours est très clair, que chacun en fasse de même. C’est la moindre des choses quand on se revendique de gauche : au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble.

  • LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    Ne pas laisser le sujet de la sécurité à la droite et à son extrême. Un enjeu présenté, vendredi soir, par la liste insoumise de Mathilde Louvain, qui tenait une réunion publique sur la tranquillité publique au centre social Saint-Jean. Une thématique forte de campagne sur laquelle « on ne vient pas en réaction mais qui est une attente des habitants », souligne la tête de liste. Pour l’occasion, le député LFI de l’Essonne, Antoine Léaument, engagé dans un tour de France de la sécurité, était présent.

    Le parlementaire, qui avait rencontré les douaniers avignonnais l’après-midi, est venu casser de nombreux clichés « véhiculés par les médias d’extrême droite » et renverser les paradigmes : absence de travail, de logement, racisme sont autant « d’insécurités dont on ne parle pas ». Il pondère aussi les chiffres de la délinquance avec « une stabilité des homicides ». Antoine Léaument tape sur les politiques sécuritaires en place depuis des années : « Mettre du bleu dans les rues se fait au détriment des enquêtes et de la police judiciaire, on ne retrouve le meurtrier que dans 2 cas sur 3 ». Mais ce contexte posé ne fait pas un programme municipal. Mathilde Louvain promet « un travail de fond, coordonné, loin des paillettes, par de la présence humaine avec des médiateurs et des éducateurs, former les policiers sur les violences sexistes et sexuelles ». Pas question de céder à la course à l’échalote de celui qui promet le plus de policiers municipaux ou de caméras. « On souhaite revoir les missions de la police municipale qui doit être en proximité, cela peut passer par une augmentation des effectifs », assume la candidate qui veut s’opposer « au modèle du tout répressif ». « Alors que l’État se désengage, une loi envisage d’octroyer des pouvoirs judiciaires à la police municipale, on prend le problème à l’envers », se désole-t-elle. Loin de tout angélisme, Mathilde Louvain refuse « de fermer les yeux sur le narcotrafic », appelant surtout l’État à mettre des moyens pour faire tomber les réseaux, « ceux qui s’enrichissent vraiment et sont sur des yachts à Dubaï et pas les 8 victimes à Avignon l’an dernier », pointe Farida Mebarek (Génération.s), pour qui les « vraies victimes du narcotrafic sont les habitants ». Adjointe (DVG) aux sports, Zinèbe Haddaoui concède porter « une vision sur du temps long et pas très quantifiable avec le rôle des médiateurs ». « Quand on apporte aussi du beau, comme à la Plaine des sports, ça marche », ajoute-t-elle. Le sport, un remède à la prévention de la délinquance.

    LFI et ses alliés entendent aussi réclamer plus de moyens pour la santé mentale, « une question aveugle » de la tranquillité publique selon Julien De Benito, adjoint au maire et secrétaire départemental du PCF. « Au cours du mandat, j’ai été marqué par le fait que beaucoup de troubles à l’ordre public sont liés à des malades psy ou aux addictions, dont le suivi n’est pas à la hauteur, il faut plus de moyens pour l’hôpital psychiatrique », enjoint-il en piquant Olivier Galzi (DVD). « Avec des arrêtés anti mendicité, ce monsieur ne résoudra rien », conclut-il.

    Hervé de Lépinau candidat RN à Carpentras

    Le député RN Hervé de Lépinau remplace en urgence Christian Richaud Simoni comme tête de liste aux municipales à Carpentras. Ce dernier a été écarté par son parti pour des tweets racistes révélés mardi dernier par Libération. La priorité de Hervé de Lépinau ? « Nettoyer » la ville, selon des propos rapportés par la radio Ici Vaucluse.

  • Benjamin Margueritat promet une nouvelle gouvernance à Ventabren

    Benjamin Margueritat promet une nouvelle gouvernance à Ventabren

    Plus de 250 personnes selon les organisateurs étaient présentes à la salle Sainte-Victoire pour une réunion publique de la liste « Un vent nouveau sur Ventabren » ce samedi matin. Un rendez-vous qui a été l’occasion de continuer à présenter le programme et les colistiers du candidat (SE) Benjamin Margueritat.

    Cette liste, l’entrepreneur natif d’Aix-en-Provence a voulu la placer sous le signe du renouvellement. « Notre équipe ne dépend d’aucun clan. Elle ne doit rien à personne », insistait-il, avant de présenter chacun des candidats. C’est que avant tout, c’est la gouvernance de la municipalité sortante, dirigée par Frédéric Vigouroux (DVD) depuis la démission en 2022 de l’ancien édile Claude Filippi, que cible la tête de liste. D’emblée, il dénonçait « certaines manœuvres pour m’empêcher de me présenter ». Il déplore ainsi la faible présence de la commune en conseil métropolitaine, « une continuité d’une même gouvernance sans aucune consultation citoyenne forte, avec des dérives démocratiques », particulièrement pour « les grands projets d’aménagement qui ont profondément transformé Ventabren ».

    De son côté, il promet d’organiser une permanence du maire toutes les semaines, des réunions de quartier, des temps de concertation, un suivi public des projets mais aussi de réaliser et rendre public un audit sur la gestion de la commune. Des propositions qui seront présentées dans les boîtes aux lettres à la fin de la semaine.

  • Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Loin du catalogue, Robin Prétot (LR) a présenté un projet chiffré, « gage de responsabilité dans l’utilisation des deniers publics », pour que « les gens fassent leur choix dans les propositions » à ses sympathisants venus remplir l’Espace 233 samedi matin.

    Entre le maire sortant François Bernardini (DVG) et son principal opposant, la vision d’Istres diffère particulièrement sur un point : l’urbanisation. Pour Robin Prétot, la commune « étouffe sous le béton ». Il explique : « Je ne nie pas le besoin de logements, mais je pense qu’il y a un équilibre à trouver. Quid des routes, des services publics, des écoles, des médecins… ? »

    Le secteur du Boisgelin cristallise ce désaccord. Le conseiller municipal d’opposition souhaite construire un grand parc pour un coût estimé de 28 millions d’euros tandis que François Bernardini y a engagé la reconstruction de la maison de retraite Les Cardalines. Robin Prétot veut aussi rouvrir le Pavillon de Grignan au public.

    Côté centre-ville, le candidat envisage un plan d’investissement de 30 millions d’euros sur 10 ans, dont 12 millions seront alloués au rachat, à la préemption et à la rénovation de logements et de fonds de commerces. Parmi ses propositions : la création d’une zone franche pour attirer les acteurs économiques et les médecins qui n’y payeraient donc pas de charge, « même si c’est quelque chose qui pourrait être dégressif », nuance-t-il, ou la gratuité des parkings pendant 3h.

    L’entièreté du programme est à retrouver en ligne.

  • Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    «Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour construire une ville plus à l’écoute, plus humaine et plus forte », déclare, devant un auditoire de 364 personnes réunies à l’Espace des libertés, le candidat de « Aubagne mérite mieux ».

    Juste avant, l’Aubagnais de 35 ans, qui fut adjoint à la jeunesse durant le 1er mandat du maire (LR) Gérard Gazay a dit vouloir porter la voix des électeurs « autour d’un projet à la fois réaliste et réalisable ». Dans son équipe, Wahiba Thiery (finances) a constaté qu’il y avait aujourd’hui « moins d’agents municipaux, mais une masse salariale qui a explosé » sous la gestion du maire Gérard Gazay.

    « Le social sera protégé »

    Or « cette gestion-là, ça veut dire plus de strates hiérarchiques. Plus de cadres très bien payés. Et pendant ce temps, le terrain se vide », a-t-elle relevé. Au contraire, a développé la jeune femme, avec le programme de Giovanni Schipani, « le social sera protégé ». Le candidat, selon « la conviction que personne ne doit plus être laissé de côté », veut par exemple « une meilleure coordination entre les associations, les services de la Ville, les acteurs sociaux, notamment pour les personnes sans domicile et les situations de grande précarité. » Il défend le projet, dénommé Aubagn’elles, de « créer une maison municipale dédiée à la protection des femmes victimes de violence ». Mais aussi « une équipe de médiation sociale ». Il promet la cantine à 1 euro pour les enfants scolarisés. Le budget du Centre communal d’action sociale sera « augmenté de 10% ». Giovanni Schipani s’engage par ailleurs « à baisser de 10% les indemnités du maire et de ses adjoints ».

    Il entend également « mettre fin à la bétonisation », « classer les meilleures terres agricoles en zones protégées, et sécuriser l’eau ».

  • Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    La date limite pour déposer les listes de candidats pour le premier tour du scrutin municipal est fixé au 26 février. Dans certaines communes, la composition des équipes en lice peut tourner au casse-tête. De nouvelles règles sont en effet en vigueur pour cette campagne 2026. La proposition de loi « visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité » a été adoptée par l’Assemblée nationale après de vifs débats, le 7 avril 2025. Elle a été validée par le Sénat, un mois plus tard.

    Concrètement, ce texte prévoit de généraliser le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants : les listes doivent respecter la parité, ce qui signifie être composées d’autant de femmes que d’hommes, avec une alternance stricte entre les genres.

    Fin du système de panachage

    Auparavant, dans ces petites communes, le scrutin majoritaire plurinominal en vigueur ne permettait pas d’imposer la parité. Un système de panachage donnait la possibilité aux votants de rayer certains noms. Un procédé qualifié de « tir aux pigeons », l’an passé, par les rapporteurs du texte au Sénat. Dorénavant, ces communes éliront leurs représentants à partir de listes paritaires, sans possibilité de panachage. Ces changements doivent « permettre la constitution d’équipes municipales cohérentes et moins fragiles », déclarait, en avril 2025, la ministre déléguée chargée de la Ruralité de l’époque, Françoise Gatel.

    Selon une étude publiée par la Caisse des dépôts en septembre dernier, la part des femmes dans l’ensemble des conseils municipaux élus en 2020 s’établit à 41,5%. Avec, toutefois, des écarts très marqués selon que l’on considère les maires (17,5%), les adjoints (36,4%) ou les conseillers municipaux (40,9% chez les conseillers indemnisés et 45,8% chez les conseillers non indemnisés). Sans surprise, la part des femmes est plus faible dans les conseils des communes de moins de 1 000 habitants, pour lesquelles aucune obligation de parité ne s’appliquait en 2020 : elle atteint 37,6% dans ces communes.

    L’objectif de la loi est donc de renforcer la présence des femmes parmi les candidates aux élections municipales. La France compte quelque 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, soit environ 70% de l’ensemble des communes. Elles vont donc devoir s’adapter pour parvenir à la parité ou la maintenir. « Dans l’immense majorité des cas, ce sont des hommes qui vont devoir laisser leur place à des femmes élues », observait Julia Mouzon, présidente du réseau des Élues locales, dédié à la formation des femmes élues, sur France Inter en novembre dernier.

    Le dépôt de liste incomplète possible

    à ses yeux, il s’agit d’une « question de culture locale » à faire évoluer : « Il faut avoir en tête que même si l’application peut être difficile sur le moment, ce sont des lois qui réveillent notre vie politique, qui font entrer des personnes qui n’étaient pas dans la politique, qui obligent des têtes de listes à s’interroger pour savoir comment est-ce qu’elles vont inciter des personnes à venir participer à la vie de la cité. »

    Certains parlementaires ou élus locaux s’inquiètent de voir des communes de moins de 1 000 habitants dans l’impossibilité de constituer des listes dans le cadre de ces nouvelles dispositions. Plus de soixante sénateurs avaient ainsi saisi le Conseil constitutionnel pour contrer cette loi parité, en avril 2025, évoquant dans un communiqué « un risque de déstabilisation (…) et d’appauvrissement du nombre de candidats ». Les Sages n’avaient pas donné suite, le texte étant considéré en tout point conforme à la Constitution. La loi a donc été promulguée.

    Pour tenir compte des caractéristiques et faciliter la constitution des listes dans ces communes de moins de 1 000 habitants, la loi autorise cependant le dépôt de listes incomplètes, mais fixe un seuil minimum de candidats par liste : cinq dans les communes de moins de 100 habitants ; neuf dans les communes de 100 à 499 habitants ; treize dans les communes de 500 à 999 habitants.

    Reste à voir comment les communes relèveront ce défi pour faire vivre, concrètement, l’ambition de parité au cœur de la démocratie locale.

    En chiffres

    41,5%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, en France, selon la Caisse des dépôts.

    37,6%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, cette fois dans les communes de moins de 1 000 habitants. Par département : Bouches-du-Rhône entre 46 et 51%,

    Var entre 39 et 42%,

    Vaucluse entre 39 et 42%, Hautes-Alpes entre 34 et 39%, Alpes-de-Haute-Provence entre 34 et 39%.

    25 000

    Le nombre environ de communes de moins de 1 000 habitants comptabilisées en France et qui sont donc concernées par la généralisation de la loi sur le scrutin de liste paritaire.