Category: international

  • « Les Palestiniens demandent à être reconnus comme des êtres humains »

    « Les Palestiniens demandent à être reconnus comme des êtres humains »

    La Marseillaise : Pourquoi était-il important pour vous, en tant que Palestinienne, de participer à ce forum pour la paix ?

    Huda Abu Arqoub : Il est essentiel pour chaque Palestinien de faire entendre sa voix. Parfois les gens pensent que nous sommes tous du Hamas ou avec l’Autorité palestinienne corrompue. Ce n’est pas le cas et nous, nous pouvons parler de la vie des Palestiniens sur le terrain. Je suis juste une femme de 55 ans qui vit en Cisjordanie à Al Khalil [Hébron en hébreu, Ndlr] avec ma mère qui a 85 ans et qui est terrifiée. Elle voit tout le monde, y compris les personnes de son âge, être arrachées à leurs maisons à Gaza et périr. Je suis ici aussi pour être reconnue par le reste du monde comme une égale, comme un être humain qui a les mêmes droits que les autres. Je ne veux pas d’un monde qui se partage en deux camps, l’un pour Israël, l’autre pour la Palestine. Je veux d’un monde qui se réveille et reconnaisse les uns comme les autres en tant qu’êtres humains, en rejetant la propagande, l’expression de la haine et des frustrations. Nous sommes les peuples, nous devons nous unir pas nous diviser.

    De quelle manière les femmes peuvent-elles jouer un rôle dans l’arrêt des conflits ?

    H.A.A. : Nous avons le courage, les voix, les outils pour cela. Mon engagement vise à créer des modèles de leaders différents des hommes politiques que nous connaissons. Cela commence par se départir des intérêts étroits et de l’obsession du pouvoir, pour faire primer la justice, la paix, la sécurité, l’amour de son prochain. Les êtres humains ne peuvent pas s’épanouir dans la haine. Les femmes sont souvent des mères. Si un seul enfant souffre dans le monde, nous le ressentons comme une douleur. Cela commence par là : ne pas perdre son humanité, son âme, son cœur. C’est une longue lutte dans laquelle il nous faut faire beaucoup d’efforts pour changer le système qui domine aujourd’hui.

    Pouvez-vous témoigner de la situation humanitaire à Gaza
    mais aussi en Cisjordanie
     ?

    H.A.A. : Comme beaucoup de Palestiniens j’ai perdu de la famille à Gaza dans des conditions terribles. Moi je vis en Cisjordanie et c’est devenu une prison géante. Venir ici, c’est prendre un risque pour ma vie. Je vais devoir passer à travers des territoires jordaniens, israéliens, à travers le système de check-points mis en place par les colons. J’ai perdu mon travail parce que je parle avec franchise. Notre système de santé s’est complètement écroulé. Conduire ma mère à l’hôpital est devenu quasiment impossible. Tout cela est source d’angoisse et de peur du lendemain. J’espère seulement que le jour venu, elle pourra mourir dans la dignité. Ce n’est pas trop demander. Quant à la nouvelle génération de Palestiniens, elle grandit dans un environnement où la haine est partout. C’est ce monde qui leur enseigne la haine, pas nous. En tant que femme éduquée, je sais que si nous laissons nos jeunes dans cette haine, c’est notre cause qui perdra à la fin. C’est la raison pour laquelle après ce Forum je retournerai là-bas. Je ne veux pas être une réfugiée, je ne veux pas être un objet de charité. Je veux juste être un être humain comme tout le monde. Je pense tout le temps aux enfants de Gaza. Tout est détruit, beaucoup ont perdu leurs parents, ils n’ont plus de maison. La maison c’est essentiel pour se construire soi-même. C’est un refuge quand on est triste, quand on a peur, c’est le lieu où on peut être heureux aussi. Le monde voit tout cela mais ne fait rien. Comment pourront-ils se reconstruire dans ce monde ? Comment pourront-ils grandir ? Cela me préoccupe profondément.

    Que pensez-vous de l’initiative française pour la reconnaissance de la Palestine ?

    H.A.A. : Je pense que c’est important. J’ai toujours pensé que la solution ne peut être qu’internationale. En tant que Palestinienne je ne peux que soutenir l’initiative conduite par la France et l’Arabie saoudite. Je sais que dans le quotidien elle ne changera pas la situation du tout au tout mais j’espère qu’elle contribuera à stopper le génocide en cours. La Palestine a le droit d’être un État, la question qui doit se poser maintenant pour les Européens c’est comment aider les Palestiniens concrètement alors que les États-Unis ont perdu toute chance d’apparaître comme un intermédiaire honnête. Ce que je veux dire au peuple français, c’est de ne pas se diviser sur cette question. Reconnaître la Palestine ne veut pas dire nier Israël, c’est reconnaître les deux.

    Quel est votre regard sur la flottille ?

    H.A.A. : Cela ne date pas d’hier, il y en a eu dans les années précédentes. C’est une marque d’attention du monde à ce qu’il nous arrive, nous les Palestiniens. Cela ne changera rien sur le terrain mais c’est une façon de montrer que nous ne sommes pas seuls, nous qui faisons face à la mort.

    Quelle place pour les droits humains et les droits des femmes dans le futur État palestinien ? Craignez-vous les extrémistes religieux ?

    H.A.A. : Oui absolument. Je n’ai pas peur de dire que le Hamas a aidé les extrémistes israéliens à croître. Ils se nourrissent mutuellement. J’ai grandi dans un milieu laïque, je pratique l’islam en dialoguant avec mon âme, cela rejoint de bien des façons ce que font les juifs ou les chrétiens. Ce qui m’inquiète c’est l’extrémisme insufflé par des gens dont le pouvoir réside dans la violence et dans les armes. Cela fait 25 ans que je me bats pour la paix, et cela n’a rien donné. C’est très difficile de convaincre. Et pour autant je crois en l’avenir de la Palestine. Les armes ne règlent rien. Ce n’est pas seulement en imposant des élections maintenant ou en comptant sur un leader qu’on y parviendra. Cet avenir, il est entre nos mains à tous. C’est notre nation qui se bat pour sa liberté qui doit le construire.

  • Avec ces femmes qui exigent la paix

    Avec ces femmes qui exigent la paix

    Réunies au sein du Forum mondial des femmes pour la paix, dont la deuxième édition se tient à Essaouira – la première avait été organisée en 2023 – elles lanceront ce samedi un « appel des femmes du monde » à la veille de la journée internationale pour la paix.

    Objectif : faire entendre en grand des voix trop peu audibles dans un monde secoué par les conflits, particulièrement meurtri par la guerre au Proche-Orient et l’horreur qui se déroule à Gaza.

    Amina, étudiante qui porte un sac « Shalom Aleykoum » se dit « très fière que ce soit au Maroc, mon pays, et à l’initiative de femmes, qu’un forum pour la paix soit possible ».

    Floriane, française, femme rabbin, renchérit : « je ressens énormément de force en étant là. Chaque personne a le pouvoir d’agir. Ici on porte toutes et tous des narratifs différents et c’est très impressionnant ». Cherazade, du conseil local des jeunes d’Aubervilliers est, quant à elle, venue chercher des éléments de réponse à une question ambitieuse : « comment faire en sorte que la paix devienne la religion de tous ? ». « S’il y a un endroit où je voulais être, c’est ici », ajoute-t-elle.

    « Nous sommes l’espoir et l’avenir »

    Zhor Rehihil, conservatrice musulmane du musée du judaïsme marocain de Casablanca, « je crois qu’ici nous sommes l’espoir et l’avenir. Beaucoup de juifs sont partis du Maroc mais une petite communauté reste et nous vivons en paix. La composante hébraïque est inscrite dans la Constitution de 2011, la mémoire juive est très riche ici, y compris des musulmans travaillent à sa transmission. Il n’y a pas qu’un judaïsme séfarade et ashkénaze, il y a aussi un judaïsme amazigh ancré ici depuis 2 500 ans. Il faut casser les préjugés, c’est là la mission des musées », témoigne-t-elle.

    Point de départ des échanges : un documentaire réalisé par deux femmes, Hanna Assouline, française de culture juive et Sonia Terrab, marocaine de culture arabo-musulmane, co-fondatrices du mouvement des Guerrières de la paix. On y croise des habitants du Proche-Orient, broyés par l’engrenage de la guerre mais qui refusent de céder à la haine.

    Dans la salle, l’émotion est palpable, des larmes coulent sur de nombreuses joues notamment lors du témoignage du fils de Vivan Silver, cette militante pacifiste israélienne morte brûlée vive par le Hamas dans sa maison du kibboutz Be’eri cinq jours après sa participation à la marche des « mères pour la paix ». « Je suis fier qu’un centre de secours pour les orphelins de Gaza porte son nom, plutôt qu’il soit gravé sur une bombe qui tue des innocents », confie-t-il. Certains protagonistes du film sont dans la salle comme le militant palestinien de la non-violence Ali Abu Awad, prisonnier pendant 4 ans dont le frère a été tué par un soldat israélien. « Je ne suis pas quelqu’un d’extraordinaire, je ne suis qu’un être humain. je ne supporte plus cette compétition morbide de souffrance, je crois qu’il faut être pro-solution, pro-paix bien sûr pour cela il faut de la justice », affirme-t-il.

    « Pas suffisamment de leaders »

    Dans le public, Meriem, une jeune marocaine partage entièrement la démarche mais doute de l’issue. « Je ne pense pas que nous avons suffisamment de leaders », déplore-t-elle, constatant que le camp de la paix est considérablement affaibli.

    Ali Abu Awad lui répond : « en effet, nous avons aujourd’hui des politiciens qui sont des gestionnaires de la réalité comme elle est. Nous avons besoin de plus de leaders pour impulser le changement. Ça commence par chacun d’entre nous, il faut être un peu un héros pour défendre le pays ».

    Hanna Assouline répond à son tour à la jeune femme : « les leaders, elles sont devant vous, elles devraient parler devant l’assemblée générale des Nations unies, amplifions leurs voix ! ».

  • Avec ces femmes qui exigent la paix

    Réunies au sein du Forum mondial des femmes pour la paix, dont la deuxième édition se tient à Essaouira – la première avait été organisée en 2023 – elles lanceront ce samedi un « appel des femmes du monde » à la veille de la journée internationale pour la paix.

    Objectif : faire entendre en grand des voix trop peu audibles dans un monde secoué par les conflits, particulièrement meurtri par la guerre au Proche-Orient et l’horreur qui se déroule à Gaza.

    Amina, étudiante qui porte un sac « Shalom Aleykoum » se dit « très fière que ce soit au Maroc, mon pays, et à l’initiative de femmes, qu’un forum pour la paix soit possible ».

    Floriane, française, femme rabbin, renchérit : « je ressens énormément de force en étant là. Chaque personne a le pouvoir d’agir. Ici on porte toutes et tous des narratifs différents et c’est très impressionnant ». Cherazade, du conseil local des jeunes d’Aubervilliers est, quant à elle, venue chercher des éléments de réponse à une question ambitieuse : « comment faire en sorte que la paix devienne la religion de tous ? ». « S’il y a un endroit où je voulais être, c’est ici », ajoute-t-elle.

    « Nous sommes l’espoir et l’avenir »

    Zhor Rehihil, conservatrice musulmane du musée du judaïsme marocain de Casablanca, « je crois qu’ici nous sommes l’espoir et l’avenir. Beaucoup de juifs sont partis du Maroc mais une petite communauté reste et nous vivons en paix. La composante hébraïque est inscrite dans la Constitution de 2011, la mémoire juive est très riche ici, y compris des musulmans travaillent à sa transmission. Il n’y a pas qu’un judaïsme séfarade et ashkénaze, il y a aussi un judaïsme amazigh ancré ici depuis 2 500 ans. Il faut casser les préjugés, c’est là la mission des musées », témoigne-t-elle.

    Point de départ des échanges : un documentaire réalisé par deux femmes, Hanna Assouline, française de culture juive et Sonia Terrab, marocaine de culture arabo-musulmane, co-fondatrices du mouvement des Guerrières de la paix. On y croise des habitants du Proche-Orient, broyés par l’engrenage de la guerre mais qui refusent de céder à la haine.

    Dans la salle, l’émotion est palpable, des larmes coulent sur de nombreuses joues notamment lors du témoignage du fils de Vivan Silver, cette militante pacifiste israélienne morte brûlée vive par le Hamas dans sa maison du kibboutz Be’eri cinq jours après sa participation à la marche des « mères pour la paix ». « Je suis fier qu’un centre de secours pour les orphelins de Gaza porte son nom, plutôt qu’il soit gravé sur une bombe qui tue des innocents », confie-t-il. Certains protagonistes du film sont dans la salle comme le militant palestinien de la non-violence Ali Abu Awad, prisonnier pendant 4 ans dont le frère a été tué par un soldat israélien. « Je ne suis pas quelqu’un d’extraordinaire, je ne suis qu’un être humain. je ne supporte plus cette compétition morbide de souffrance, je crois qu’il faut être pro-solution, pro-paix bien sûr pour cela il faut de la justice », affirme-t-il.

    « Pas suffisamment de leaders »

    Dans le public, Meriem, une jeune marocaine partage entièrement la démarche mais doute de l’issue. « Je ne pense pas que nous avons suffisamment de leaders », déplore-t-elle, constatant que le camp de la paix est considérablement affaibli.

    Ali Abu Awad lui répond : « en effet, nous avons aujourd’hui des politiciens qui sont des gestionnaires de la réalité comme elle est. Nous avons besoin de plus de leaders pour impulser le changement. Ça commence par chacun d’entre nous, il faut être un peu un héros pour défendre le pays ».

    Hanna Assouline répond à son tour à la jeune femme : « les leaders, elles sont devant vous, elles devraient parler devant l’assemblée générale des Nations unies, amplifions leurs voix ! ».

  • Offensive sur Gaza : l’ONU demande la fin du « carnage »

    Offensive sur Gaza : l’ONU demande la fin du « carnage »

    « Le monde entier crie pour la paix. Les Palestiniens, les Israéliens crient pour la paix. Tout le monde veut que ça s’arrête, et ce qu’on voit, c’est une escalade continue qui est totalement et parfaitement inacceptable », a déclaré Volker Türk à l’AFP et Reuters. « C’est absolument clair que ce carnage doit cesser », a-t-il ajouté. « Nous voyons une accumulation de crimes de guerre sur crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et potentiellement, même davantage », a poursuivi le dirigeant onusien.

    Pour la première fois, une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé, mardi, Israël de commettre un « génocide » à Gaza depuis octobre 2023 avec l’intention de « détruire » les Palestiniens, mettant en cause le Premier ministre et d’autres responsables israéliens. Israël a rejeté un « rapport mensonger ».

    L’armée israélienne a annoncé le lancement, mardi avant l’aube, de son offensive terrestre majeure à Gaza-ville, après le soutien « indéfectible » affiché par l’allié américain pour éliminer le mouvement islamiste palestinien Hamas. Cette offensive a été condamnée par l’ONU, l’Union européenne et Londres, alors que la Défense civile a fait état de 31 morts à travers le territoire palestinien, dont plusieurs à Gaza-ville.

    L’assaut a été annoncé juste après le départ d’Israël du secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a qualifié de « groupe de sauvages » le Hamas, dont l’attaque sans précédent en Israël le 7 octobre 2023 a provoqué la guerre dans la bande de Gaza.

    Les troupes israéliennes avancent « vers le centre » de Gaza-ville et ont « étendu les activités terrestres dans ce principal bastion du Hamas », a dit un responsable militaire. « La phase principale de l’offensive a commencé pendant la nuit (…) », a-t-il dit en estimant à « 2 000 à 3 000 » le nombre de combattants du Hamas opérant dans l’agglomération dont l’armée veut s’emparer.

    Des témoins ont fait état de bombardements intenses et incessants sur Gaza-ville, déjà en grande partie détruite par l’offensive israélienne lancée il y a près de deux ans dans la bande de Gaza assiégée en riposte à l’attaque du 7-Octobre.

    « Enfants déchiquetés »

    « On peut entendre leurs cris », a raconté un habitant, Ahmed Ghazal, en allusion « aux nombreuses personnes bloquées sous les décombres à Gaza-ville », la plus grande agglomération du territoire située dans le nord. « Nous avons retiré des enfants déchiquetés », a dit un autre, Abou Abd Zaqout, alors que des Palestiniens fouillent sous des blocs de béton.

    L’armée israélienne « frappe d’une main de fer les infrastructures terroristes (…) pour créer les conditions nécessaires à la libération des otages et à la défaite du Hamas. Gaza brûle ! », a déclaré le ministre de la Défense Israël Katz, en allusion aux otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre et retenus à Gaza.

    Selon le responsable militaire, environ 40% des habitants de Gaza-ville et ses environs, estimés à un million par l’ONU, ont quitté la ville. Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.

    « Les Israéliens ont commencé à mener des opérations là-bas [Gaza-ville]. Nous avons une petite fenêtre pour qu’un accord [de cessez-le-feu] puisse être conclu », avec le Hamas, a dit Marco Rubio avant son départ d’Israël, mardi, évoquant « probablement quelques jours, peut-être quelques semaines ».

  • [Tribune] Monsieur le président, laissez-nous accueillir nos confrères et consoeurs palestinien.nes de Gaza

    [Tribune] Monsieur le président, laissez-nous accueillir nos confrères et consoeurs palestinien.nes de Gaza

    Nous sommes plus de 400 journalistes et professionnels des medias français et francophones apportant notre soutien, depuis le mois de juillet, à la constitution de dossiers d’évacuation et à l’accueil de nos confrères et consœurs palestiniens de Gaza, qui entretiennent pour la plupart des liens avérés avec la France. Parmi eux, certains collaborent avec de grandes rédactions comme Le Monde, BFM TV, l’Agence France Presse ou encore LCI. Ces journalistes, au péril de leur vie, permettent aux Français d’accéder à l’information malgré le «black-out» médiatique imposé par Israël, qui a transformé Gaza en une véritable «zone létale» pour la profession.

    De notre côté, nous nous plions aux conditions drastiques de constitution des dossiers de nos confrères et consœurs. Nous récupérons leurs documents d’identité, nous rassemblons les attestations de travail auprès des organes de presse français ou étrangers pour lesquels ils ont travaillé, nous réunissons des promesses d’embauche, des attestations d’hébergement et de soutien financier, nous leur trouvons des logements pour les accueillir dignement. Nous les connaissons : ce sont des journalistes méritants, intègres, qui font honneur à leur profession, loin de l’image que leur attribuent les campagnes de propagande visant à les assimiler à des militants du Hamas. En août, un média israélien a ainsi révélé l’existence d’une «cellule de légitimation» de l’armée, chargée de fabriquer de faux dossiers liant les journalistes au Hamas pour tenter de justifier leur exécution.

    Selon les derniers décomptes d’ONG reconnues, 220 d’entre eux ont déjà été tués dans des frappes israéliennes, faisant de Gaza le conflit le plus meurtrier de l’histoire pour la presse. Or depuis la suspension des évacuations, onze journalistes ont été tués ; l’ONU a déclaré l’état de famine à Gaza ; l’IAGS (International Association of Genocide Sholars) a adopté une résolution inédite qui reconnaît que les actions d’Israël à Gaza répondent à la définition du crime de génocide ; Israël a lancé l’invasion de Gaza-ville, et l’administration Trump a proposé un plan assimilable à un projet de nettoyage ethnique.

    Le sort de ces journalistes tués pourrait être celui de ceux que nous aidons, de ceux figurant déjà sur la liste du ministère des Affaires Étrangères. «En tant que journaliste travaillant sur le terrain, j’ai commencé à avoir peur de sortir, de me déplacer. J’ai peur d’être tué et de n’être qu’une simple brève oubliée après quelques heures», nous écrit un journaliste dont le processus d’évacuation a été suspendu.

    Pourtant, depuis plus d’un mois, toutes les évacuations de Palestiniens de Gaza, sans exception, sont suspendues par les autorités françaises. Cette suspension fait suite à la découverte d’une ancienne publication antisémite, sur les réseaux sociaux, d’une étudiante gazaouie évacuée vers la France, ce qui a entraîné l’ouverture d’une enquête interne. Quelles ont été les conclusions de cette enquête ? Comment une seule publication a-t-elle pu conduire à la suspension de toutes les évacuations, y compris celles des malades, des blessés, et des familles relevant du regroupement familial ? Et ce, alors que chaque évacuation est soumise à des procédures de sécurité et d’investigation menées en premier lieu par le Cogat, unité militaire israélienne rattachée au ministère de la Défense. Pour nous, cette décision s’apparente à une punition collective.

    Cette suspension frappe aussi des universitaires et des étudiants, dont la rentrée de septembre est désormais compromise, des artistes, et des familles qui devaient être réunies au titre du regroupement familial. Elle rappelle le sort tragique d’Ahmed Shameia, architecte et professeur d’ingénierie, décédé en mai dernier faute de soins, alors qu’il devait être accueilli en France grâce au programme PAUSE – aujourd’hui suspendu ; ou celui de Omar Harb, universitaire renommé, mort de maladie et de malnutrition le 5 septembre.

    De nombreuses rédactions, des syndicats et sociétés de journalistes, ainsi que RSF, se sont mobilisés afin que le ministère des Affaires Étrangères lève la suspension de ces évacuations. Après vingt-deux mois à subir des conditions de travail inhumaines, aggravées par la famine, ces journalistes n’ont désormais plus même la force de survivre.

    Nous, journalistes français et francophones, réaffirmons notre solidarité avec nos confrères et consoeurs palestinien.nes qui, jour après jour, documentent la destruction de la société palestinienne de Gaza. C’est pourquoi nous voulons leur offrir un accueil digne de leurs nombreux sacrifices. Et la France gagnerait à appliquer les principes humanitaires et de protection de la presse qu’elle met en avant partout ailleurs. «Pourquoi n’avons-nous pas de protection internationale, comme les autres journalistes dans le monde ? Ou bien notre sang est-il sans valeur ?» interpelle un journaliste figurant sur la liste d’évacuation.

    Il est aujourd’hui essentiel que la France mobilise ses moyens pour contribuer à prévenir le génocide et les crimes contre l’humanité en cours, afin que les Palestiniens puissent vivre dignement sur leur terre. Son rôle diplomatique devrait être déterminant pour garantir l’accès de journalistes internationaux à Gaza et soutenir la reprise des évacuations de leurs confrères gazaouis, dont les dossiers sont déjà constitués ou en cours. Enfin, une simplification des procédures et la création d’un programme spécifique dédié aux journalistes est indispensable pour faciliter le départ de celles et ceux qui ne peuvent plus rester sur place.

    Allan Kaval, journaliste Le Monde, prix Bayeux et prix Albert Londres ; Agnès Briançon-Marjollet, journaliste et première secrétaire du SNJ ; Annette Gerlach, journaliste ARTE ; Ariane Lavrilleux, journaliste Disclose ; Antoine Chuzeville, journaliste et premier secrétaire du SNJ ; Aurélie Charon, journaliste et documentariste France Culture ; Aziza Nait Sibaha, rédactrice en chef France 24, vice-présidente de la SDJ France 24 ; Benjamin Barthe, journaliste Le Monde ; Christophe Boltanski, journaliste, écrivain, chroniqueur ; Dominique Vidal, journaliste et historien ; Edith Bouvier, journaliste et réalisatrice ; Edwy Plenel, journaliste Mediapart ; Elise Descamps, secrétaire générale de CFDT-journalistes ; Hélène Lam Trong, journaliste réalisatrice, prix Albert Londres ; Hervé Kempf, journaliste, Reporterre ; Inès Léraud, journaliste et autrice ; Mona Chollet, journaliste essayiste, cheffe d’édition Monde Diplomatique ; Nicolas Hénin, auteur, ancien journaliste ; Nicolas Vescovacci, journaliste-réalisateur indépendant ; Pablo Aiquel, journaliste, sec. général du SNJ-CGT, vice-président de la FEJ ; Pablo Pillaud-Vivien, rédacteur en chef de Regards ; Paul Moreira, journaliste réalisateur Premières Lignes ; Pierre Jacquemain, rédacteur en chef Politis ; Rosa Moussaoui, rédactrice en chef à L’Humanité ; Sophie Nivelle-Cardinale, journaliste, Prix Albert Londres ; Véronique Gaymard, journaliste RFI

    et Aabla Jounaïdi, reporter RFI ; Abdallah Shokair Khaled, journaliste, correspondant Journal al Wafd (Egypte) ; Adèle Surprenant, journaliste ; Adrien Labit, journaliste ; Adrien Vicente, journaliste, AFP ; Agnès Duperrin, journaliste Notre Temps Bayard ; Akram Belkaïd, journaliste ; Alberic de Gouville, journaliste, France 24 ; Alex Robin, Radio Zinzine ; Alexandra Henry, photojournaliste indépendante ; Alexandre Rito, journaliste ; Alexandre-Reza Kokabi, Reporterre ; Alice Fabre, journaliste free lance ; Alice Froussard, journaliste ; Alix de Crécy – Marsactu ; Amanda Jacquel, journaliste, collectif La Friche ; Amaury Baqué, journaliste La Marseillaise ; Amel Zaki, journaliste Libération ; Amina Kalache, journaliste indépendante ; Amira Souilem, reporter, RFI/ARTE ; Ammar Abd Rabbo – journaliste photographe ; Amélie Mougey, directrice de la rédaction Reporterre ; Amélie Zaccour, journaliste ; Anaïs Delmas, journaliste indépendante ; Anaïs Moran, journaliste Libération ; Anaïs Renevier – journaliste pigiste ; Andreina De Bei, journaliste ; Anne Ilcinkas, journaliste ; Anne Paq, photojournaliste ; Anne Pitoiset, journaliste et réalisatrice ; Anne Proenza, journaliste free lance ; Annika Will, journaliste ARTE ; Antoine Boyer, journaliste AFP ; Antoinette Lorenzi, journaliste ; Antonin Maja- journaliste – La Marseillaise ; Aude Lorriaux, journaliste ; Barbara Lohr, journaliste à ARTE ; Barioulet Lucas, journaliste indépendant ; Benjamin Beraud, journaliste ; Benoît Christal, journaliste TF1 – CFDT Journalistes ; Boris Petzold, journaliste ARTECamille Khellaf – journaliste pigisteCamille Malplat, journaliste, AFP ; Camille Balzinger, journaliste indépendante ; Carole Duffréchou, journaliste pigiste ; Catherine Deunf, journaliste à Splann ! ; Caroline du Saint, journaliste Nova Production ; Catherine Deunf, journaliste à Splann ! ; Caroline Fontaine, journaliste ; Camille Paix, journaliste, Libération ; Caroline Renaux, journaliste indépendante ; Catherine Le Gall, journaliste ; Catherine-Marie Degrace, journaliste ARTE ; Cécile Andrzejewski, journaliste ; Cecilia Baeza, chercheure ; Celia Izoard, journalisteCelia Mebroukine, journalisteCéline Cammarata, journaliste ; Céline Cantat, chercheure ; Celine Clery, journaliste AFP ; Céline Martelet, journaliste ; Cemil Sanli, journaliste, réalisateur ; Chanaël Chemin, journaliste ; Charlotte Gauthier, journaliste ; Christian Dauriac, journaliste ; Clair Rivière, journaliste ; Claire Gatinois Bernaud, journaliste réalisatrice ; Claire Grazini ; Clara Hage, journaliste ; Clara Gabillet, journaliste à RMC ; Claudine Cordani, journaliste indépendante ; Clément Guillou, journaliste Le Monde ; Clément Pouré, journaliste ; Coline Charbonnier – journaliste – 15-38 Méditerranée ; Cristina L’Homme, journaliste free lance ; Cyrielle Granier, journaliste ; Cyril Castelliti – journaliste ; Damien Coquet, journaliste, France 24 ; Daniel Vallot, journaliste RFI ; David Arnold, journaliste ARTE ; David Courbet, journaliste AFP (SNJ-CGT) ; David Zurmely, journaliste ARTE ; Delphine Banas, journaliste au Républicain Lorrain ; 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Julie Dungelhoeff, Grand Reporter France 24 ; Julie Pacorel, journaliste AFP ; Julie Schneider, ancienne journaliste, humanitaire et juriste ; Julien Fouchet, journaliste, prix Albert Londres 2014 ; Kamel Boudjemil – journaliste – Reuters ; Karl Laske – journaliste, Mediapart ; Kenan Augeard, journaliste AFP ; Khadija Toufik reporter indépendante ; Kristell Bernaud, journaliste réalisatrice ; Kristen Falc’hon – journaliste ; Latifa Madani, journaliste – l’Humanité ; Laura Menassa, photographe documentaire ; Laura Raim, journaliste ; Laure Piraud, ingénieure de recherche ; Laure Watrin – journaliste ; Laureen Piddiu, journaliste, La Marseillaise ; Laurence Geai photojournaliste free-lance ; Laurent D’Ancona -journaliste ; Laurence Defranoux, journaliste à Libération ; Laurent Mardelay, journaliste SNJ CGT ; Laury-Anne Cholez, journaliste Reporterre ; Laëtitia Moreau réalisatrice-journaliste ; Laure-Maïssa Farjallah, journaliste à L’Orient-Le Jour ; Léa Cornu, journaliste – la Provence ; Léa Guedj, journaliste ; Lea Martinez, journaliste Off Investigation ; Leïla Beratto – 15-38 Méditerranée ; Leslie Fauvel, journaliste AFP ; Lionel Dian – RMC ; Lionel Jullien, journaliste ARTE ; Lisa Legeay, journaliste – Blast ; Lise Kiennemann, Journaliste ; Loïc Radenac, journaliste BFMTV ; Loreline Merelle, journaliste ARTE ; Lorène Lavocat, journaliste à Reporterre ; Louis Rengard, journaliste ; Louis Witter, journaliste à RMC ; Louisa Benchabane, journaliste ; Louise Bihan, journaliste à Espaces ; Louise Mohammedi, journaliste, Reporterre ; Louizart Lou photographe indépendante ; Luc Mathieu reporter à Libération ; Lucas Lauber, journaliste freelance ; Lucas Roxo, journaliste, collectif La Friche ; Lucien Chapotte, Ouest France ; Lucien Lung, journaliste ; Lucile Leclair, journaliste ; Ludovic Finez, secrétaire général adjoint du SNJ-CGT ; Madjid Zerrouky, journaliste, Le Monde ; Mael Daniel, Journaliste ; Manuel Dantas, journaliste ARTE ; Manuela Bermudez, journaliste France Médias Monde ; Marie Poupinel, journaliste ; Margaux Bergey, journaliste AFP ; Margaux Houcine, journaliste ; Margaux Seigneur, journaliste ; Marianne Skorpis, journaliste ARTE ; Marianne Truffert, ARTE ; Marie Albessard, journaliste pigiste ; Marie Anne Gongora, journaliste indépendante ; Marie Astier, journaliste, Reporterre ; Marie-Claire Polo, journaliste ; Marie Jo Sader journaliste et réalisatrice ; Marie-José Sirach, journaliste l’Humanité ; Marie Gall, journaliste ; Marie-Madeleine Sève, journaliste ; Marie-Noëlle Battaglia, journaliste indépendante, réalisatrice ; Marine Penot, journaliste, BFMTV ; Marius Rivière, journaliste indépendant, membre du collectif Presse-Papiers ; Martin Dumas Primbault, journaliste ; Martine Monti, journaliste – La Marseillaise ; Marin Lefèvre, journaliste AFP ; Mario Lawson, journaliste AFP ; Martin Roux, journaliste à Reporters Sans Frontières (RSF) ; Mathieu Grégoire, journaliste – l’Equipe ; Mathieu Magnaudeix, journaliste, Mediapart ; Maud Vergnol, codirectrice de la rédaction de l’Humanité ; Maël Galisson, journaliste ; Melissa Chemam, journaliste à RFI ; Mélanie Ferhallad, journaliste ; Mellit Derre, journaliste ; Meriem Bioud pigiste ; Meriem Laribi, journaliste ; Michel Despratx, journaliste ; Mohamed Errami, journaliste ; Momolemalin, reporter indépendant pour Taragüi Média ; Mona Hammoud, journaliste réalisatrice indépendante ; Morad Ait-Habbouche Journaliste ; Morgan Large Journaliste ; Muriel Rozelier, journaliste independante ; Mylene Sauloy, réalisatrice reporter, enseignante TV ; Myriam Guillaume, La Marseillaise ; Nabia Makhloufi, journaliste, France 24 ; Nadia Ettayeb, journaliste Aligre FM ; Nadia Henni-Moulaï, journaliste ; Nadia Leila Aissaoui, sociologue, journaliste indépendante ; Nadja Vancauwenberghe, journaliste ; Natacha Marbot, journaliste ; Nathalie Kamileris, Radio Zinzine ; Nathan Gallo, journaliste ; Nicolas Ancellin, journaliste indépendant ; Nicolas Cossic, journaliste ; Nicolas Legendre, journaliste, Prix Albert Londres ; Nicolas Mayart, journaliste au Média TV ; Nicolas Puig, journaliste ; Nicolas Rouger, journaliste ; Nina Droff, journaliste ; Nina Hubinet, journaliste, collectif Presse-Papiers ; Nina Moreno, journaliste Libération ; NnoMan – photojournaliste ; Noé Pignède, journaliste ; Nolwenn Weiler – journaliste ; Noura Doukhi, journaliste à L’Orient-Le Jour ; Nouran Gad, doctorante en science politique, Aix Marseille Université ; Olivia Snaije, journaliste ; Olivier Da Lage, journaliste ; Olivier-Jourdan Roulot, journaliste à Blast ; Olivier Koch, maître de conférence en SIC, Université Paris Sorbonne Nord ; Oriane Mollaret, journaliste ; Oriane Marty, journaliste à Blast ; Ouissem, Urbania ; Paloma Moritz, journaliste Blast ; Pascal Riché, journaliste, Le Monde ; Pascale Mariani, journaliste indépendante ; Patrick Gherdoussi, photojournaliste indépendant ; Paulina Benavente, journaliste RMC ; Pauline Pidoux, journaliste ; Pauline Piraud-Fournet, chercheure – Univ.Paris 1 Panthéon Sorbonne ; Pedro Brito da Fonseca, réalisateur, photojournaliste ; Pierre Labrousse, journaliste – La Marseillaise ; Pierre-Yves Bulteau, journaliste à Splann ; Quentin Bonade-Vernault, journaliste et photojournaliste ; Rachid Laïreche, journaliste Libération ; Rachida El Azzouzi, journaliste, Mediapart ; Remi Dybowski Douat, journaliste ; Rislene Achour, journaliste, présidente du Club de la presse de Marseille ; Romane Frachon, journaliste ; Régine Fiorani – Radio Galère ; Rémi-Kenzo Pagès, journaliste ; Ryad Ouslimani, journaliste ; Sabine Colpart, journaliste AFP ; Sabrina Djellal, photographe ; Sandrine Issartel, journaliste SNJ-CGT ; Sarah Benichou – journaliste ; Sarah Boumghar, journaliste reporter indépendante ; Sarah Tahlaiti – réalisatrice et cofondatrice on.suzane ; Severine Sajous, photojournaliste ; Simon Leplâtre, journaliste, le Monde ; Solène Gripon, journaliste indépendante ; Solène Leroux, journaliste à RMC ; Solenn Guillanton, journaliste à RMC ; Sophie Bouillon, journaliste, prix Albert Londres ; Sophie Boutière-Damahi – journaliste pigiste ; Sophie Shihab, Le Monde ; Sophie Tardy-Joubert, journaliste indépendante ; Soraya Morvan-Smith, secrétaire générale adjointe du SNJ-CGT, journaliste à France 24, enseignante, école de journalisme de Lannion ; Stenka Quillet, journaliste réalisatrice ; Stéphane Antoine, journaliste L’Equipe ; Stéphane Foucart, journaliste Le Monde ; Stéphane Herbert, photographe ; Stéphanie Maupas, journaliste ; Sylvain Mercadier, journaliste ; Sylvie Briet, journaliste indépendante ; Sylvie Dellus, journaliste ; Sébastien Fontenelle, journaliste à Blast ; Ségolène Ragu, photographe indépendante ; Tarek Kai, grand reporter, France 24 ; Thibault Izoret, journaliste à Blast ; Thibaut Schepman, journaliste indépendant ; Thierry Vincent, journaliste à Blast ; Thilelli Chouikrat, journaliste ; Thomas Dandois, journaliste, réalisateur ; Thomas Hofnung, La Croix ; Thomas Lemahieu, journaliste à L’Humanité ; Tristan Arnaud, La Marseillaise ; Vahid Shamsoddinnezhad, journaliste RFI ; Valentina Napolitano, sociologue, IRD ; Valerie Rohart, journaliste indépendante ;Victor Joanin, journaliste à RMC ; Vinciane Joly, journaliste, La Croix ; Véronique Meynier, journaliste La Marseillaise ; Veronique Rossi, graphiste indépendante ; Walid Bourouis, journaliste ; William de Lesseux, journaliste ; Wilson Fache, journaliste ; Wissam Charaf, journaliste et réalisateur ; Xavier Monnier, journaliste à Blast ; Yannis Angles, journaliste ; Yanis Mhamdi, journaliste à Blast ; Yann Plougastel, journaliste (CFDT-Journalistes) ; Yaël Goujon, journaliste et réalisateur ; Yasmine Canga-Valles, coordinatrice vidéo AFP ; Yohanne Lamoulère, photographe ; Youssef Charifi, ancien formateur au CFJ, producteur indépendant ; Yves Souben, journaliste à La Marseillaise, délégué Filpac-CGT ; Zoé Cottin, journaliste ; Zoé Neboit, journaliste pigiste.

  • Commémoration des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale au consulat de Chine à Marseille

    Commémoration des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale au consulat de Chine à Marseille

    « Le fascisme a infligé de profondes souffrances aux peuples du monde entier mais il a aussi suscité une résistance acharnée de toutes les nations », a rappelé He Youlin, le consul général de Chine à Marseille dans son allocution. « En Chine, elle s’est menée au prix de 35 millions de morts et de blessés tant militaires que civils », a-t-il ajouté tout en louant l’appui de Français comme le médecin Jean Jérôme Augustin Bussière qui « s’est engagé dans la lutte du peuple chinois contre l’agression japonaise ». Le général David Galtier pour la Métropole et Lisette Narducci pour la Ville de Marseille ont ensuite eux aussi souligné la nécessité d’une paix durable.

  • Plus de 200 journalistes palestiniens tués

    Plus de 200 journalistes palestiniens tués

    Chaque semaine, les mêmes scènes d’une dramatique banalité se répètent : des corps inanimés, ensanglantés, sont enveloppés dans des draps blancs et recouverts d’un gilet pare balles siglé « PRESS » en lettres capitales. Des appareils photos ou des caméras encore salis par la poussière des bombardements sont disposés sur ces cadavres. Un symbole, un rappel, une triste réalité : ils ont été tués parce qu’ils étaient journalistes. Leur crime était d’informer.

    Ils sont les yeux de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, au moins 210 journalistes ont été tués dans l’enclave selon le bureau des droits de l’Homme de l’ONU, la grande majorité d’entre eux étaient palestiniens. Pour la plupart, ils ont été tués dans le cadre de leur fonction, ce qui constitue un crime de guerre. À titre comparatif, 13 journalistes ont été tués par les forces russes depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Pour rappel : Israël empêche les journalistes internationaux d’accéder au territoire palestinien qu’il occupe à 70%.

    Les images de Khan Younès

    Les images de la dernière tuerie en date ont été largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux, provoquant l’émoi et la condamnation de la communauté internationale. La scène se déroule lundi dernier, après l’explosion d’un drone sur l’hôpital Nasser de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza. Alors que les journalistes et les secours se rendent sur place pour aider les victimes et constater les dégâts un bombardement aérien frappe. L’agence de presse Reuters a par la suite indiqué qu’au moment de la première frappe, l’un de ses collaborateurs diffusait un flux vidéo en direct. « Encore plus de journalistes tués aujourd’hui. On fait taire les dernières voix qui dénoncent la mort silencieuse des enfants victimes de la famine. L’indifférence et l’inaction du monde sont choquantes. (…) Cela ne peut pas être notre nouvelle norme pour l’avenir. La compassion doit prévaloir. Mettons fin à cette famine provoquée par l’homme en ouvrant les portes sans restrictions, protégeant les journalistes et les travailleurs humanitaires et sanitaires. Il est temps de faire preuve de volonté politique. Pas demain, maintenant », fustige Philippe Lazzarini, le chef de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

    « Je veux mon fils que tu ne m’oublies pas, j’ai tout fait pour te rendre heureux », tels sont les mots de Mariam Abu Dagga, adressé à son fils, Ghaith, 13 ans. La journaliste de 33 ans est l’une des victimes de ces frappes. Indépendante, elle travaillait avec Associated Press, Independent Arabia et MSF. Elle est morte, appareil photo en main, aux côtés de quatre de ses confrères.

    Si Tsahal a reconnu avoir mené ses frappes, elle dit avoir visé et « identifié une caméra placée par le Hamas dans la zone de l’hôpital Nasser, utilisée pour observer l’activité des troupes [israéliennes] afin de diriger des activités terroristes contre elles ». Les soldats « ont agi pour éliminer la menace en frappant et en démantelant la caméra », est-il ainsi écrit dans ce texte du commandant militaire, présentant les résultats de l’enquête. Selon l’AFP, six victimes ont été présentées comme « terroristes » par l’armée israélienne mais aucun de leur nom ne correspondant à aucun de ceux des journalistes tués. Au total, 20 personnes sont mortes ce jour-là.

    « Une fois de plus, j’appelle Israël à cesser de tuer ceux qui tentent d’informer le monde de ce qui se passe à Gaza. Les journalistes, les médecins et les secouristes doivent être protégés à tout moment », martèle Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’Égalité et à la gestion de crise. Au-delà des condamnations, de réelles sanctions se font toujours attendre. Le génocide se poursuit.

    L’attaque du 7-Octobre 2023 perpétrée par le Hamas a entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues à Gaza dont 27 sont décédées selon l’armée. La guerre déclenchée par Israël a fait au moins 62 744 morts dans le territoire palestinien occupé, en majorité des civils, femmes et enfants essentiellement. Dimanche 31 août, la Défense civile de Gaza a fait état de 16 personnes tuées au cours d’opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien, dont 10 près de sites de distribution d’aide.

    « On fait taire les dernières voix qui dénoncent la mort silencieuse des enfants victimes de la famine. »

  • Des flottilles humanitaires partent pour Gaza

    Des flottilles humanitaires partent pour Gaza

    Les initiatives ne sont pas les mêmes mais toutes convergent vers le même objectif : rallier le territoire palestinien de Gaza avec de l’aide humanitaire et briser le blocus israélien.

    Ce week-end, plusieurs dizaines de navires ont pris la direction de la Palestine. D’une part avec la flottille « Global Sumud Flotilla », en partance notamment de Barcelone et d’autres ports méditerranéens comme Toulon. Une manifestation avait d’ailleurs lieu, samedi, pour le départ du navire toulonnais qui doit rejoindre ses homologues, en présence de nombreux militants FI et Manuel Bompard, député FI de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. « Ce qui fait bouger les lignes, c’est la mobilisation populaire. Il ne suffira pas de la reconnaissance de l’État de Palestine », explique-t-il. Une autre flotte de navires avec « Thousand Madleens to Gaza », trouvait écho à Marseille avec la participation d’un voilier. Là encore, des centaines de personnes étaient présentes pour le départ, dimanche. « Cette mobilisation répond à une urgence : amener de l’aide humanitaire à l’heure où tout est détruit à Gaza », développe Adrien, de « Thousand Madleens to Gaza ». Le voilier marseillais doit rejoindre d’autres navires avant de prendre la direction de la Palestine à la mi-septembre.

  • « Il y a plus de 150 000 morts au Soudan »

    « Il y a plus de 150 000 morts au Soudan »

    La Marseillaise : Quelle est
    la situation aujourd’hui
    au Soudan
     ?

    Issam Othman : La situation est catastrophique. Depuis le début de la guerre le 15 avril 2023, il y a eu plus de 150 000 morts au Soudan. 34 millions de personnes dont 14 millions d’enfants ont besoin d’une aide humanitaire et d’un soutien urgent. On compte environ 12 millions de déplacés dont 4 millions sont partis à l’étranger. Plus de 70% des hôpitaux sont hors service. L’Organisation mondiale de la santé parle de 15 millions de personnes sans accès aux soins primaires vitaux. Et on estime que 18 millions d’enfants n’ont pas accès à l’école. À cela, il faut ajouter les mariages forcés, de l’esclavage sexuel et l’enlèvement d’enfants par les milices. 24,6 millions de Soudanais sont aussi confrontés à une insécurité alimentaire aiguë. La guerre a transformé le Soudan, autrefois considéré comme le grenier du monde, en un holocauste humain menacé par le spectre de la famine.

    Quelle est l’origine du conflit ?

    I.O. : L’Accord de paix de Juba, signé en octobre 2020 entre le gouvernement et le Front révolutionnaire soudanais, est un arrangement pour se partager le pouvoir. Il a exclu des acteurs clés sur le terrain, notamment les civils dans les camps de déplacés et d’importants groupes rebelles comme le Mouvement de libération du Soudan et le SPLM-Nord. Le 25 octobre 2021, l’armée a mené un coup d’État contre-révolutionnaire. Le Soudan a alors vu émerger les Comités de résistance comme force populaire dominante, qui organisaient de nombreuses manifestations de masse dans tout le pays. Les divisions internes ont fini par alimenter un mouvement contre-révolutionnaire croissant, dirigé par le Mouvement islamique et ses alliés. Le conflit entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (FSR), autrefois unies contre la révolution, a éclaté le 15 avril 2023 et s’est depuis transformé en une guerre civile. Les objectifs de la révolution soudanaise [de 2019, Ndlr] ont inquiété la région, incitant les pays voisins à tenter de la contenir. Les puissances régionales ont joué un rôle majeur dans l’intensification du conflit, motivées par des ambitions de contrôle des vastes ressources du Soudan. Les Émirats arabes unis soutiennent un camp, tandis que l’Égypte soutient l’autre, transformant le Soudan en théâtre d’une guerre par procuration.

    Quel est le poids du Parti communiste au Soudan ?

    I.O. : Il existe au Soudan depuis 1950. Mais nous restons minoritaires et il a longtemps opéré dans la clandestinité notamment sous le règne du général Béchir et des Frères musulmans. En 2020, le parti s’est retiré des Forces de la Liberté et du Changement, et en 2021, il a lancé un appel à rectifier le cours de la révolution ou à renverser le régime. Nous tentons de nous organiser pour dessiner le chemin vers la paix.

  • « La coopération franco allemande servait à la paix »

    « La coopération franco allemande servait à la paix »

    La Marseillaise : Que vous évoque le thème de ce 26e Conseil des ministres franco-allemand ?

    Ulrike Eifler : Cette réunion contraste aujourd’hui totalement avec la véritable coopération franco-allemande que nous avons connue par le passé, qui servait principalement à maintenir la paix. Désormais, il s’agit d’établir l’unité pour mieux préparer la guerre. La militarisation en Allemagne vise également à renforcer la logique militariste dans la société. Dans ma région, une loi a été promulguée pour obliger les enseignants à inviter les soldats en classe. Ce n’est pas facultatif, mais obligatoire. Ce n’est qu’un des nombreux exemples…

    Les gouvernements français et allemands promeuvent l’austérité en ce qui concerne les dépenses sociales, mais pas la défense. Quelles conséquences ?

    U.E. : Les réductions des dépenses sociales vont accentuer la crise que nous vivons, en particulier la crise de la représentation et de la démocratie. En France et en Allemagne, les partis d’extrême droite se renforcent à chaque mesure d’austérité sociale prise par les gouvernements. Merz a annoncé vouloir mettre fin à la journée de huit heures et donc d’élargir le temps de travail. Ils veulent supprimer des jours fériés, comme en France, réduire les pensions de retraite et relever l’âge de départ à 70 ans. Ces coupes budgétaires seront massives et sans précédent par rapport aux 30, 40, voir 50 dernières années. Ils prévoient des coupes drastiques dans le système de sécurité sociale.

    Le Premier ministre français a proposé la suppression de deux jours féries, dont le 8 mai.
    Quel symbole cela renvoie
     ?

    U.E. : Cela montre que les temps changent. Ce n’est pas que la militarisation, c’est aussi la manière dont on appréhende l’Histoire. Le 8 mai était un symbole très important pour la paix. La guerre était terminée, c’était la promesse de construire la paix en Europe et plus particulièrement au travers de l’amitié entre l’Allemagne et la France. Maintenant, ils essaient de supprimer ce symbole. Cela signifie que le temps de la paix, cette promesse de paix a été brisée par nos gouvernements.

    Dans les deux pays, l’extrême droite est aux portes du pouvoir. En Allemagne, elle talonne la CDU, le parti de Friedrich Merz. Comment la vaincre ?

    U.E. : En Allemagne, le grand risque est que le parti conservateur, la CDU, et l’AfD, parti d’extrême droite, collaborent, coopèrent. C’est un grand danger qui est en lien avec cette crise. La classe dirigeante fait pression pour des réformes néolibérales et des coupes dans les dépenses sociales. Si le gouvernement, composé des conservateurs et des sociaux-démocrates, ne fait pas assez de coupes budgétaires comme le demande la classe dirigeante, les conséquences seront terribles. Les Conservateurs vont tourner le dos au gouvernement et se dirigeront vers le parti fasciste. Je ne veux pas dire par là que le gouvernement actuel doit mener ces mauvaises réformes, mais qu’il faut être conscient de ce danger et mobiliser les gens dans les rues. À cet égard, je trouve que Parti du travail de Belgique (PTB), nous montre un bon exemple. Ils ont lancé une discussion au sein des syndicats pour préparer des grèves générales et confronter le gouvernement. Je pense qu’il est vraiment important d’avoir ces discussions au sein de la gauche politique en Europe et surtout en Allemagne. La lutte contre l’extrême droite ne se limite pas aux Parlements, c’est une lutte que l’on doit mener dans les rues et dans la société.

    Les guerres en Ukraine et à Gaza ont démontré la faiblesse de la diplomatie européenne. Où se cachent les pacifistes ?

    U.E. : Les pacifistes en Europe et en Allemagne ne sont pas dans le Parlement, mais dans les rues. Ce sont les mouvements de jeunesse en solidarité avec les Palestiniens. Ces jeunes qui ont été dans les rues au cours des 22 derniers mois. C’est aussi le mouvement de paix traditionnel. Les plus anciens, qui ont été politisés par le grand mouvement de paix des années 1980. Malheureusement, en Allemagne, ils ne sont pas ensemble, nous devons organiser cela, nous devons les unir. Au sein du Parlement, il y a les partis de gauche, comme le nôtre, Die Linke, qui veut mettre en œuvre cette paix. Les mouvements pacifistes sont vraiment faibles en ce moment. Nous ne pouvons pas attendre quoi que ce soit de nos gouvernements, ils préparent la guerre. Nous devons mobiliser les gens dans les rues pour forcer nos gouvernants à construire la diplomatie. Ils ne le feront pas d’eux-mêmes.

    Le chancelier Friedrich Merz est attendu, ce vendredi à Toulon, pour le 26e Conseil des ministres franco-allemand. Avant cela, il a été reçu par Emmanuel Macron au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents français. Le lieu se veut à la hauteur de l’enjeu : seuls deux chanceliers y ont été reçus avant lui, Helmut Kohl par François Mitterrand en 1985 et Angela Merkel par Emmanuel Macron en 2020. Ainsi, les deux dirigeants évoqueront les grands sujets diplomatiques du moment, de la guerre en Ukraine au massacre à Gaza, en passant par la question du nucléaire iranien.