Category: international

  • À Marseille, France Cuba organise la solidarité avec l’île

    À Marseille, France Cuba organise la solidarité avec l’île

    « Nous avons une solidarité politique et internationale avec Cuba. » Pour Jean-François Gast, secrétaire de l’antenne marseillaise de l’association France Cuba depuis un an, il est plus que jamais nécessaire d’afficher sa solidarité avec Cuba. C’est dans cette optique que le théâtre du Hang’art, aux chartreux, s’est parée durant la journée de samedi, de drapeaux cubains pour accueillir débats, présentations et festivités.

    Un renouveau pour cette association qui s’est recréée il y a tout juste un an, après que l’ancienne antenne marseillaise se soit arrêtée deux ans à cause du décès des porteurs de projet. « On est super optimistes, parce qu’on est passé de 6 adhérents à presque 130 en un an », s’enthousiaste le secrétaire.

    Ce samedi, entre les murs du théâtre, ils étaient plus d’une centaine, adhérents ou non, à s’être réunis pour découvrir les enjeux cubains et afficher leur soutien. « C’est super important de soutenir les Cubains. Ils en ont besoin, et si nous ne pouvons pas les soutenir, je ne vois pas qui peut faire, affirme Renée Bonsignour, non adhérente. Actuellement, c’est vraiment un mur de guerre que les États-Unis mettent en place. »

    L’arrivée de Donald Trump a resserré l’étau autour de l’île, qui est sous embargo depuis 1962. Depuis l’enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro, le 3 janvier, le président américain a réduit les exportations vénézuéliennes vers Cuba. Fin janvier, il a également signé un décret pouvant augmenter les frais de douanes des pays échangeant avec l’île caribéenne. Une situation qui limite l’importation de denrées alimentaires, et laisse Cuba déjà enferrée dans une crise économique depuis 6 ans, dans une situation très difficile.

    9 médecins pour 1 000 habitants à Cuba

    La journée de soutien a également été l’occasion de découvrir un peu plus le système cubain et notamment le système de santé. « Il y a une vrai volonté de mettre beaucoup de lien humain dans la santé cubaine. Il y a d’ailleurs plus de médecins qu’en France, puisqu’il y en a 9 pour 1 000 habitants contre 3 pour 1 000 en France, explique Yves Perrin-Toinin, médecin généraliste. Mais ce système est mis à mal par le blocus. »

    « On a du pain sur la planche pour pouvoir aider le peuple cubain qui résiste depuis plus de 60 ans à l’impérialisme américain », s’exclame Nicole Giraudi, présidente de l’association. Pour faire connaître la situation, l’association organise régulièrement des pétitions sur le Vieux-Port. « Quand on parle aux gens, on se rend compte à quel point ils sont mal informés. » L’association a également interpellé les députés européens « car ce blocus est illégal du point de vue du droit international, se désole la présidente de l’association. Ils affament la population, car très peu d’aide humanitaire peut passer. »

    Après ces débats et la projection du film Culpables, les participants ont pu profiter d’un apéritif aux rythmes des musiques cubaines.

  • Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Philippe Sénégas, de la Ligue des droits de l’Homme, a pris la parole au nom des organisateurs pour dénoncer les conflits meurtriers à Gaza, en Ukraine, ainsi que les violences en Iran et en Syrie, évoquant également les tensions ravivées par l’offensive impérialiste menée contre le Venezuela par le président américain, Donald Trump.

  • [Passerelle interculturelle] Répétition avant la Fête du Printemps 2026

    [Passerelle interculturelle] Répétition avant la Fête du Printemps 2026

    Cette étape clé a permis de vérifier la fluidité de l’ensemble du programme, tandis que l’équipe de réalisation a continué d’affiner avec précision les choix artistiques et scéniques, afin de créer une atmosphère chaleureuse, joyeuse et porteuse de bons augures.

    La Fête du Printemps, qui correspond au Nouvel An lunaire chinois, est la célébration la plus importante de l’année pour les Chinois. Inscrite à la fin de l’année 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, elle incarne le renouveau, la transmission des traditions et, surtout, la réunion familiale. À cette occasion, les familles se rassemblent pour partager un repas, échanger des vœux et célébrer ensemble le passage à la nouvelle année, en Chine comme au sein des communautés chinoises à travers le monde.

    Dans ce contexte, le Gala de la Fête du Printemps occupe une place toute particulière. Véritable rituel télévisuel du Nouvel An chinois, il est regardé chaque année en famille et fait désormais partie intégrante des habitudes du Nouvel An. Plus qu’un simple spectacle, il accompagne l’entrée dans la nouvelle année et constitue un rendez-vous culturel incontournable pour des centaines de millions de téléspectateurs.

    Pour l’année du cheval de 2026, la scène du gala donnera vie à la chaleur et à l’énergie du quotidien de nombreux foyers. Des chansons originales évoquent les liens familiaux, rendent hommage à l’engagement discret des gens ordinaires et célèbrent la valeur précieuse des retrouvailles. Portées par des mélodies douces et émouvantes, les performances saluent celles et ceux qui travaillent avec constance et donnent le meilleur d’eux-mêmes.

    À Marseille le 6 février

    Au-delà de la soirée du Nouvel An lunaire chinois, le Gala de la Fête du Printemps s’inscrit désormais dans une dynamique mondiale. Les communautés chinoises à l’étranger, ainsi que de nombreux amis étrangers passionnés par la culture chinoise, peuvent découvrir en avant-première l’esprit et l’esthétique du Gala grâce aux événements « Prélude au Gala de la Fête du Printemps ». À partir du début du mois de février, ces célébrations se dérouleront dans de nombreuses grandes villes à travers le monde, permettant au public international de ressentir l’atmosphère festive et chaleureuse du Nouvel An chinois.

    En France, l’événement « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » se tiendra le 6 février à Marseille, offrant au public local une immersion dans l’ambiance du Gala et une occasion privilégiée de partager la joie du Nouvel An chinois.

  • [Entretien] Tulay Hatimogullari : « Le peuple du Rojava résistera avec force »

    [Entretien] Tulay Hatimogullari : « Le peuple du Rojava résistera avec force »

    Alors que la région kurde du nord-est de la Syrie est plongée dans une offensive généralisée depuis janvier, Kobané se retrouve au cœur d’un siège implacable : coupée d’électricité, d’eau et d’internet. La ville kurde est encerclée par les forces syriennes tandis que les températures sont glaciales. Les attaques répétées de milices islamistes, dont certaines soutenues par la Turquie, se multiplient autour de Kobané et dans diverses zones kurdes. C’est dans ce contexte que Damas et les Kurdes ont annoncé, vendredi, un accord sur l’intégration progressive des forces et de l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’État syrien, salué par Washington et Paris (notre édition de ce week-end). Cet accord « global », selon le terme utilisé par les deux camps, porte un coup aux espoirs d’autonomie des Kurdes, le nouveau pouvoir islamiste étant déterminé à imposer son autorité sur l’ensemble du territoire syrien.

    La Marseillaise : Les autorités turques ont interdit tout rassemblement jusqu’à samedi soir dans la province de Mardin, à la frontière avec la Syrie, où le DEM avait appelé à manifester. Quel était le mot d’ordre de cette mobilisation ?

    Tulay Hatimogullari : En tant que parti DEM, nous avons décidé de tenir notre réunion parlementaire hebdomadaire dans le district de Nusaybin (sud-est de la Turquie), dans la province de Mardin. Nusaybin est limitrophe de la ville de Qamishli (nord-est de la Syrie), dont elle est séparée uniquement par une clôture métallique. Notre rassemblement avait pour but d’attirer l’attention sur les attaques inhumaines perpétrées contre le Rojava. En effet, l’État a répondu à ces marches et manifestations démocratiques par des interdictions et des agressions contre les personnes à la frontière.

    Un jeune homme nommé Diyar Koc, accusé d’avoir retiré un drapeau à la frontière, a été victime de graves tortures. Il a ensuite été arrêté et se trouve actuellement en soins intensifs dans un hôpital d’Ankara. Je tiens à souligner que l’endroit où nous avons fait notre déclaration était loin de la frontière et que l’incident du drapeau ne s’est pas produit ici. Le gouvernement ne peut rien accomplir en recourant à la violence et en interdisant des actions et des événements, au lieu de comprendre les réactions de la population et de soutenir les efforts de paix. J’appelle à renoncer à ce type d’approche.

    Vous demandez l’ouverture de couloirs humanitaires vers Kobané où vous vous êtes récemment rendue. Quelles sont vos craintes ?

    T.H. : Kobané est soumise à un siège intense. La ville est prise en étau entre les zones contrôlées par le gouvernement intérimaire syrien et celles contrôlées par la Turquie. Les conditions météorologiques y sont actuellement extrêmement froides et défavorables. De plus, l’accès aux services de base tels que l’électricité, l’eau et Internet est impossible à Kobané. Le barrage de Tichrine, l’un des trois principaux barrages construits sur l’Euphrate, situé au sud du district de Manbij, fournissait de l’énergie à tous, sans distinction d’identité ou de croyance, lorsqu’il était sous le contrôle des forces kurdes. Depuis que le gouvernement intérimaire de Damas s’est emparé du barrage, Kobané est privée d’électricité et d’eau, alors qu’elle subit les conditions hivernales les plus rigoureuses de ces dernières années. D’après les informations dont nous disposons à ce jour, cinq enfants sont morts de froid. C’est une tragédie et une honte que le monde portera à jamais sur ses épaules.

    Lors de nos visites, nous avons clairement constaté que le Rojava était soumis à un siège brutal, intensifié par des mesures dépassant toutes les limites humanitaires. Mais le peuple du Rojava a été privé d’identité pendant des décennies. Il a combattu Daech, il a lutté contre Assad, il s’est dressé contre les organisations salafistes. Dès lors, nous avons compris qu’il résistera avec force à toute intensification des attaques.

    Quel rôle joue l’État turc dans les attaques menées par Damas au Rojava ?

    T.H. : Lors de notre visite dans le nord-est de la Syrie, le 21 janvier dernier, les responsables de l’Administration autonome ont clairement exposé la situation dans les termes suivants : ces attaques ne sont pas seulement perpétrées par les forces de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), mais aussi par des groupes armés directement soutenus par la Turquie. Ces milices, telles que la division al-Hamza, Sultan Mourad et Abou Amsha, sont responsables de ces graves violations des droits humains et de ces massacres. L’Administration autonome a déclaré que la Turquie fournissait un soutien en matière de renseignement à la fois au gouvernement provisoire de Damas et à ces groupes armés. Le rôle de la Turquie était clair dès le départ. Le jour même où les attaques contre Alep ont commencé, le ministère turc de la Défense nationale a déclaré : « Si la Syrie demande de l’aide, nous lui fournirons le soutien nécessaire. » Le ministre turc des Affaires étrangères consacre plus de temps à la question syrienne que l’administration intérimaire de Damas. Une grande partie de ce temps est consacrée à réfléchir à la manière de réduire davantage les acquis des Kurdes.

    L’exemple le plus frappant de ce double standard : le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan déclare que le Hamas est « un mouvement de résistance qui ne peut déposer les armes sans que ses droits soient garantis ». Ce même ministre, qui reconnaît le droit légitime du Hamas à se défendre, fait exactement le contraire s’agissant des Kurdes. Lorsque ces derniers se défendent, ils sont qualifiés de terroristes et lorsqu’ils revendiquent leurs droits, ils sont considérés comme une menace. Ce double standard n’est pas seulement constaté par les Kurdes, mais par le monde entier. Il est si flagrant que nul ne peut l’ignorer.

    Le régime d’Ahmed Al Charaa a-t-il pour objectif de « dékurdifier » le territoire ?

    T.H. : Le régime qu’Ahmed Al Charaa tente d’instaurer est un mélange d’autoritarisme baasiste et djihadiste. Il ne reconnaît ni peuple, ni démocratie. Tout en se forgeant une légitimité extérieure grâce à un discours sécuritaire aligné sur les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni, Israël, la Russie, la Chine, la Turquie et les pays du Golfe, et grâce à des opportunités financières, il instrumentalise cette légitimité intérieurement en menant des opérations militaires brutales contre les Kurdes, les Alévis, les Druzes etc.

    Il s’agit donc d’un plan visant à éliminer non seulement les Kurdes, mais tous les peuples. Le principal obstacle à ce régime est actuellement constitué par les Kurdes eux-mêmes. Il poursuit un objectif non seulement militaire, mais aussi sociopolitique contre eux. En créant l’illusion d’une « guerre ethnique » entre Kurdes et Arabes, il cherche à déstabiliser la région de l’intérieur et à anéantir l’entité politique kurde qui jouit d’une légitimité internationale.

    Dans une interview au média « The Amargi », vous dîtes craindre une guerre arabo-kurde. Qui aurait intérêt à cela ?

    T.H. : Le 4 janvier, alors qu’un accord était sur le point d’être conclu entre les FDS et le gouvernement intérimaire, les pourparlers ont été brusquement interrompues. Le 5 janvier, un accord a été conclu entre Israël et la Syrie à Paris. Le 6 janvier, des attaques ont été menées contre les quartiers kurdes d’Alep et des crimes contre l’humanité ont été commis. À première vue, il semble qu’une attaque ait été perpétrée avec l’approbation des puissances internationales, l’assentiment de la Turquie, la participation des forces du gouvernement provisoire, des composantes du HTS et des groupes salafistes. Toutefois, il est nécessaire d’apporter des réponses précises à certaines questions, telles que les raisons pour lesquelles les puissances internationales ont approuvé cette attaque et pourquoi Israël a apporté son soutien tacite au HTS dans ces attaques.

    Il y a un siècle, lorsque le nouvel ordre au Moyen-Orient a été établi, les Kurdes ont été exclus. Depuis cent ans, ils ont combattu les Arabes, les Perses et les Turcs dans leur région divisée en quatre. Aujourd’hui, on tente d’instaurer un nouvel ordre. Une fois de plus, on veut exclure les Kurdes. On souhaite que la guerre entre Arabes et Kurdes soit sans fin. On veut que la guerre entre Kurdes et Turcs s’intensifie. Lors de notre visite au Rojava, l’Administration autonome a déclaré s’être retirée des villes de Raqqa et Tabqa afin d’empêcher une guerre arabo-kurde. Opposer les peuples les uns aux autres est l’une des stratégies de domination des puissances impériales internationales et sous-impériales régionales. Les peuples et les administrations de la région doivent prendre conscience de ce scénario dangereux dans lequel le Moyen-Orient connaîtrait à nouveau des siècles de souffrances, de mort, de décomposition sociale et d’effondrement institutionnel.

    Le Parti des travailleurs kurdes (PKK) estime que ces attaques contre les Kurdes, en Syrie, pourraient avoir un impact sur le processus de paix en Turquie. Où en sont les discussions ?

    T.H. : Les attaques qui ont commencé à Alep ont eu un impact négatif sur le processus de paix en Turquie. Le peuple kurde est en proie à un profond sentiment de désillusion et à une crise de confiance. D’un côté, des négociations de paix sont en cours, mais de l’autre, les attaques contre le Rojava ont provoqué une vive réaction de la part des Kurdes. Je tiens à le dire très clairement : le processus se poursuit et doit se poursuivre. La paix et la résolution du conflit sont les besoins les plus urgents dans cette région. Il n’y a pas d’autre voie pour résoudre la question kurde. La guerre, la mort et la destruction n’ont jamais apporté, et n’apporteront jamais, de solution à personne.

    Cependant, deux mesures fondamentales sont nécessaires pour faire avancer le processus : premièrement, des mesures concrètes et rassurantes doivent être prises dès maintenant concernant le processus de paix mené en Turquie. Il incombe au gouvernement de surmonter cette profonde crise de confiance au sein du peuple kurde. Il doit démontrer sa foi en la paix, non seulement par des mots, mais aussi par des mesures concrètes. Deuxièmement, la politique de la Turquie à l’égard du nord-est de la Syrie doit changer. Il faut abandonner l’idée que le Rojava constitue une menace. Elle doit reconnaître les droits fondamentaux et le statut des Kurdes du nord-est de la Syrie, et renforcer le dialogue et les négociations avec l’Administration autonome. La paix est un tout indivisible. Mener des pourparlers de paix d’un côté et considérer les Kurdes comme une menace de l’autre nuit à la recherche de la paix. Nous continuons à croire en la paix et en une solution. Car il n’y a pas d’autre voie, pas d’autre avenir.

    À Marseille, des manifestations de soutien au Rojava ont dégénéré. Les organisateurs ont condamné les violences et accusé des « éléments infiltrés ». Les médias turcs n’ont pas tardé à qualifier les manifestants de « partisans de groupes terroristes ». Ces mobilisations sont-elles instrumentalisées ?

    T.H. : Des actions de soutien au Rojava ont eu lieu partout dans le monde. Ces actions sont tout à fait légitimes et visent à attirer l’attention sur une guerre et une crise humanitaire. Tenter d’étouffer un modèle de vie démocratique tel que celui de Rojava heurte la conscience humaine. Les personnes qui se font entendre à Marseille savent que le fléau de Daech est à nos portes. Sa résurgence est un problème majeur pour tout le monde. Des structures armées, financées par des pays, sont envoyées contre un peuple qui prône la paix. Face à cette politique hypocrite, les peuples répondent par une solidarité internationale.

    Pour empêcher cela, des provocations sont organisées, des provocateurs interviennent dans les actions. La solution n’est pas de faire taire les Kurdes en interdisant leurs actions. Cela ne ferait qu’alimenter l’hostilité envers les Kurdes. Des responsables et des médias proches du gouvernement turc prennent des mesures qui attisent ouvertement cette hostilité. C’est un jeu très dangereux. Tout le monde y perd.

  • L’appel à la solidarité de l’ambassadeur de Cuba

    L’appel à la solidarité de l’ambassadeur de Cuba

    Devant les militants communistes des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir, l’ambassadeur de Cuba en France, Otto Vaillant Frías, n’avait pas préparé de discours. « Je veux simplement parler avec le cœur », annonce-t-il, invité aux vœux de la fédération du PCF 13. Parler pour alerter sur les difficultés que traverse l’île, singulièrement depuis l’enlèvement du président vénézuélien, le 3 janvier dernier. « Il y a aujourd’hui des coupures d’électricité de 24 heures à Cuba, de 12 heures dans la capitale », alerte-t-il, alors qu’une part significative du carburant provenait du Venezuela. « Si nous n’avons pas d’électricité, c’est impossible pour l’industrie, pour l’agriculture, pour l’éducation, la santé de fonctionner. Et les États-Unis continuent cette politique pour faire tomber la révolution cubaine, nous mettre à genoux. » La pression est d’autant plus forte que les États-Unis menacent de taxer les importations provenant de pays qui livreraient du pétrole à l’île.

    Ainsi, ce vendredi même, le président états-unien Donald Trump a une fois de plus répété que Cuba « représente une menace contre sa sécurité nationale », relaie l’ambassadeur. « Mon peuple a adressé un message aux États-Unis, lance Otto Vaillant Frías. Nous sommes une nation qui veut vivre en paix, mais nous allons nous défendre. Nous sommes un peuple pacifique, mais qui sait se battre. » Et de rappeler que les 32 gardes cubains de Nicolás Maduro ont tenu pendant deux heures face aux plus de 200 soldats d’élites états-uniens envoyés le capturer. Une résistance qu’ils ont payée de leur vie. « Les Cubains ont besoin de la solidarité internationale », demande l’ambassadeur. Un appel d’autant plus important que c’est l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale qui est menacé par les États-Unis eux-mêmes. « Aujourd’hui, le monde est en grand danger, parce que les États-Unis ne respectent pas le droit international, ne respectent pas la loi. Ils ne respectent rien, aucuns pays n’échappent à leurs ambitions et leur manque de respect », attaque le représentant de l’île. « Les États-Unis ne pardonnent pas que Cuba soit un pays libre, qui décide par lui-même, poursuit-il. Et de promettre : « La liberté a un énorme prix, le peuple cubain l’a payé pendant des décennies. Mais nous ne baisserons jamais les bras. »

  • [Entretien] Cole Strangler : « Trump ne s’attendait pas à ce niveau d’opposition »

    [Entretien] Cole Strangler : « Trump ne s’attendait pas à ce niveau d’opposition »

    Les images provenant des États-Unis sont révoltantes. Renee Good et Alex Pretti sont les deux dernières victimes de l’ICE, police américaine de l’immigration, bras armé de la politique raciste de Donald Trump. Leur crime ? S’être opposés à cette milice qui arrête et emprisonne chaque migrant sur son passage… Face à cela, la mobilisation de la population est historique. Des centaines de milliers de manifestants ont bravé le froid glacial, occupant les rues, appelant à la grève générale. Un revers sans précédent pour le président américain. Des agents des services fédéraux déployés à Minneapolis ont commencéà quitter la ville mardi, alors que Donald Trump joue l’apaisement.

    La Marseillaise : Pourquoi vous joignez-vous à cette mobilisation marseillaise de soutien au peuple américain ? Dans quel contexte s’inscrit-elle ?

    Cole Stangler : En tant que journaliste et auteur, je n’ai vraiment pas l’habitude de participer ouvertement à des manifestations de ce type, ce n’est pas naturel pour moi. Mais je pense que, très clairement, on a franchi une ligne rouge aux États-Unis. Quand la société civile dans son ensemble est ciblée par l’administration actuelle, il ne faut pas hésiter à les critiquer ouvertement ni avoir peur de participer activement dans des mouvements d’opposition. Comme beaucoup d’Américains, je n’ai pas envie de me dire, dans cinq ou dix ans, que je ne faisais rien à l’époque où l’administration Trump a attaqué la démocratie américaine. Si on organise ce rassemblement, c’est aussi pour signaler aux Français que l’extrême droite au pouvoir peut faire des dégâts très importants. Je ne veux pas qu’on se réveille un jour, en mai 2027, avec l’extrême droite au pouvoir et que tout le monde se dise qu’on aurait pu être mieux organisés, qu’il aurait fallu prendre ce risque plus au sérieux.

    À Minneapolis, la population
    a massivement manifesté contre cette politique d’immigration. Est-ce rare de voir les Américains battre le pavé
     ?

    C.S. : On peut avoir ce cliché sur les Américains qui ne manifestent jamais. Mais on a déjà eu deux grandes manifestations l’an passé. Je pense au No King’s Day qui a été organisé l’été dernier et même avant, il y avait une vague de manifestations contre Elon Musk et son Doge (Département de l’efficacité gouvernementale). Ce qu’on est en train de voir, à Minneapolis, nous rappelle à quel point l’administration est impopulaire dans l’opinion publique américaine et que les Américains se mobilisent. Quand Donald Trump a envoyé ses milliers d’agents fédéraux pour semer la terreur à Minneapolis et en faire un symbole politique, il ne s’attendait pas à ce niveau d’opposition. Ces manifestants sont en train de gagner la bataille de l’opinion publique aux États-Unis.

    Ce mouvement a-t-il réussi
    à faire reculer le président ?

    C.S. : Deux choses concrètes sont en train de se passer. Il y a quelques jours, Gregory Bovino, le visage de cette police de l’immigration très brutale, avait défendu le meurtre d’Alex Pretti [l’un des manifestants tué à Minneapolis, Ndlr] directement à la télévision. D’un point de vue esthétique, ça a été remarqué, y compris par la presse allemande, Gregory Bovino reprend très clairement, sans aucune ambiguïté, les codes vestimentaires de l’extrême droite (voir photo). Ce dernier vient d’être retiré de ses fonctions à Minneapolis. C’est très clairement une victoire pour les manifestants. Deuxièmement, dans la conférence de presse de lundi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a essayé de distancier le président Trump des déclarations de certaines personnes de son administration comme Gregory Bovino, Kristi Noem (secrétaire à la Sécurité intérieure) ou Stephen Millier (conseiller à la Sécurité intérieure), qui défendaient les actions de ICE et des agents fédéraux. Ces deux éléments signalent que l’administration Trump comprend qu’elle est en train de perdre la bataille de l’opinion publique.

    Vous dites que la popularité
    de Trump est surestimée. Certains de ses anciens soutiens se distancient de lui. Comment expliquer ces revirements ?

    C.S. : On n’a jamais vu un président utiliser le pouvoir exécutif comme Donald Trump et il a énormément d’influence à l’international. Le paradoxe, c’est qu’il a une base de soutien très minoritaire aux États-Unis. Dans les sondages, c’est un président objectivement impopulaire, avec environ 40% d’opinion favorable. Il est en train d’échouer sur deux de ses grandes promesses de campagne en 2024. Donald Trump a été élu en grande partie sur le combat contre l’immigration et sur les questions économiques. Il a dit vouloir mettre fin à l’inflation vue sous l’administration Biden. Or ses droits de douane ne permettent pas à l’administration de combattre l’inflation qui reste importante. Les sondages montrent des Américains insatisfaits du bilan économique du président. C’est la même chose sur l’immigration, les Américains trouvent que ces politiques vont trop loin. Certains de ses soutiens ou anciens soutiens montrent leur désaccord publiquement, comme le podcaster Joe Rogan, qui a récemment comparé l’ICE à la Gestapo en Allemagne nazie.

    Un éditorial paru sur le site du mensuel « The Atlantic » décrit le régime trumpiste comme fasciste. Qu’en pensez-vous ?

    C.S. : C’est un débat en cours depuis des années. L’État américain n’est pas devenu un régime fasciste. Par contre, le président Trump et certaines personnes dans son entourage peuvent, à mon sens, être qualifiés de fascistes. Sur ces questions, je fais confiance aux experts, historiens, universitaires qui ont étudié le fascisme. Robert Paxton, grand historien américain qui a notamment fait des recherches sur le régime de Vichy en France, avait dit après la tentative de coup d’État du 6 janvier 2021 au Congrès qu’on pouvait qualifier Donald Trump de fasciste. Pourquoi ? Parce qu’on a cette utilisation de force paramilitaire pour essayer de renverser les résultats de l’élection. On a un discours anti-immigration très fort, raciste, qui désigne des boucs émissaires très clairs
    et l’opposition comme étant l’ennemi de l’intérieur. Tous ceux qui ne soutiennent pas l’administration sont qualifiés d’adversaires ; qu’on soit journaliste, juge, avocat, électeur démocrate ou militant politique. Certaines personnes disaient que l’élément manquant aux États-Unis, c’étaient les guerres, et notamment les guerres d’expansion. On a vu, ces dernières semaines, à quel point l’administration veut prendre des territoires considérant qu’ils appartiennent aux zones d’influence américaines, comme le Groenland par exemple. On ne peut que penser au discours allemand des années 1930, consistant à dire qu’il fallait du territoire pour que le peuple puisse vivre et être en sécurité. Mais, encore une fois, il ne faut pas oublier que ce projet politique, qui est réel et terrifiant, n’a pas une base de soutien majoritaire, très loin de là.

    Rassemblement à Marseille ce mercredi

    Deux mobilisations de soutien au peuple américain sont organisées simultanément mercredi à 18h30, à Paris et à Marseille, sous l’ombrière du Vieux-Port, à l’appel du collectif la Digue et d’Indivisible Paris.

  • [Passerelle interculturelle] Comprendre la Chine au-delà des apparences

    [Passerelle interculturelle] Comprendre la Chine au-delà des apparences

    La France est depuis longtemps un lieu de rencontre des cultures du monde. Grâce à ses musées, ses festivals, ses théâtres et son cinéma, elle offre aux cultures étrangères un espace de visibilité et de dialogue. De nombreux pays souhaitent y présenter à la fois leur patrimoine et leur création contemporaine.

    En tant que journaliste chinoise installée en France, je découvre cette ouverture avec intérêt. Mais cette expérience m’amène aussi à m’interroger. Il arrive que certains spectacles, présentés comme de simples propositions culturelles, véhiculent en réalité des messages idéologiques ou politiques que le public ne perçoit pas toujours clairement.

    Ces derniers mois, la troupe « Shen Yun », associée au mouvement Falun Gong, a été largement promue dans le sud de la France. Pour de nombreux spectateurs, il s’agit avant tout d’un spectacle inspiré de la tradition chinoise. Pourtant, Falun Gong est considéré en Chine comme une organisation sectaire interdite depuis 1999. Par ailleurs, des médias internationaux ont relayé des témoignages d’anciens artistes évoquant une forte pression idéologique ainsi que des conditions de travail difficiles au sein de la troupe. Ces éléments permettent de mieux comprendre le contexte dans lequel ces spectacles s’inscrivent.

    La question n’est donc peut-être pas de juger, mais de s’interroger sur la manière dont la culture est présentée. Lorsque des spectacles se revendiquent comme porteurs d’une culture « authentique », la transparence sur leur démarche et leur message apparaît essentielle, par respect pour le public comme pour les traditions culturelles elles-mêmes.

    Renouveau culturel

    La culture chinoise ne se résume pas à des symboles figés. Riche de plusieurs millénaires d’histoire, elle est diverse, vivante et en constante évolution. En Chine, de nombreux jeunes s’intéressent aujourd’hui aux savoirs traditionnels, au hanfu ou aux arts classiques, tout en participant à une création artistique contemporaine dynamique, souvent soutenue par les nouvelles technologies. Pourtant, ces formes culturelles actuelles disposent encore de peu d’occasions d’être présentées à l’étranger, notamment dans un cadre professionnel en France.

    Ce décalage explique en partie pourquoi l’image de la culture chinoise reste souvent associée, dans l’esprit du public français, à des références très traditionnelles. Alors même que les échanges culturels entre la Chine et la France se développent, un meilleur équilibre dans la représentation des cultures reste à construire.

    À l’approche du Nouvel An chinois, moment de partage et de renouveau, cette réflexion prend tout son sens. Multiplier les échanges, diversifier les formes de présentation et favoriser la circulation des œuvres permettraient aux publics chinois et français de mieux se connaître et d’apprécier des créations culturelles authentiques, contemporaines et de grande qualité. Dans ce contexte, le Consulat général de Chine à Marseille, en collaboration avec les communautés chinoises locales, prépare une série d’événements culturels mettant en valeur les cultures chinoises. Le public est invité à les découvrir prochainement.

  • « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    La Marseillaise : Suite aux incidents survenus après la manifestation de jeudi, le Préfet a interdit celle prévue ce samedi. Quel est votre sentiment ?

    Josiane Durrieu : C’est profondément injuste. On condamne ces violences qui ont été perpétrées après l’ordre de dispersion par des personnes cagoulées dont on ignore l’identité. Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements qui desservent leur cause. Ce sont des militants responsables et calmes qui n’aspirent qu’à la paix et défendent leurs droits alors que les djihadistes les massacrent.

    La Marseillaise : La situation est extrêmement tendue nord de la Syrie ?

    J.D. : Elle est dramatique avec des massacres de Kurdes du Rojava par des groupes islamistes, soutenus par la Turquie et l’armée du régime syrien d’Al-Charaa. Il faut rappeler que ce gouvernement n’a pas été élu, ce sont des islamistes issus d’Al Qaida et Daesh. Même s’il a rasé sa barbe et mis un costume cravate, il reste un djihadiste qui a juste lissé son image pour avoir l’appui des Américains…

    On a eu un moment l’impression que les choses s’apaisaient.

    J.D. : Il y a eu des discussions pour trouver une solution politique et apporter des droits aux Kurdes qui souhaitent avant tout la paix. Ils y ont participé mais malgré ça Al-Charaa leur envoie son armée. Il y a eu des massacres à Alep, avec 400 ou 500 morts, et ça continue au nord de la Syrie, à Kobane, la ville martyre.

    Les Kurdes ont participé à chasser Daesh et désormais la communauté internationale ferme les yeux ?

    J.D. : Tout le monde a lâché les Kurdes alors que sans eux, Daesh contrôlerait tout le Moyen-Orient. Ils ont combattu, avec des milliers de morts, pour la démocratie, mais c’était pour nous aussi. Et aujourd’hui, la coalition qui est toujours dans le nord de la Syrie, reste muette. C’est scandaleux. Elle doit intervenir contre les cellules de Daesh qui se sont reformées et stopper les attaques d’Al-Charaa.

    Vous êtes aux côtés de la communauté kurde dans sa mobilisation. Que demandez-vous ?

    J.D. : On demande au président de la République d’intervenir avec des frappes aériennes parce que la France fait partie de la coalition internationale, pour arrêter les groupes islamistes et les troupes d’Al-Charaa, et éviter les massacres. On ne peut pas laisser tomber les Kurdes. On le leur doit mais on se le doit aussi à nous si on veut faire vivre la démocratie. La France à un rôle à jouer pour que l’Europe se prononce. Si on ne fait rien, Al-Charaa installera un régime islamiste. Ils ont déjà libéré des prisonniers djihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe. Cela aura des répercussions jusqu’en Europe, avec ce que cela comporte en risque d’attentats. Et puis, il y a la Turquie aussi qui veut en finir avec les Kurdes de Syrie.

    Il y a eu des négociations en Turquie.

    J.D. : La Turquie a négocié avec les Kurdes de Turquie mais ça piétine parce que la Turquie ne veut pas d’une région autonome kurde en Syrie car ça créerait un précédent. Nous demandons que les Kurdes du Rojava, puissent garder leur système politique et en étant inclus dans la Syrie. Il faut une région autonome.

    Comment interprétez-vous le silence de la communauté internationale ?

    J.D. : Trump a invité Al-Charaa, on l’a présenté comme un démocrate mais il s’est juste donné une fausse image. Les Américains ont joué la carte des islamistes contre les Kurdes en pensant que ça allait stabiliser la région et qu’il pourrait récupérer et exploiter le pétrole. Trump a fait ce calcul en s’asseyant sur toutes les questions démocratiques.

  • [Entretien] Pierre Villard : « C’est le reflet d’un monde anxiogène »

    [Entretien] Pierre Villard : « C’est le reflet d’un monde anxiogène »

    La Marseillaise : Quels sont pour vous les principaux enseignements de cette enquête d’opinion ?

    Pierre Villard : Elle révèle des aspirations assez contradictoires des Français. Ce qui ressort fortement, c’est l’inquiétude vis-à-vis de l’armée nucléaire dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. La France dit toujours qu’il ne faut pas s’en inquiéter qu’on ne va pas s’en servir mais près de 80% des Français se disent inquiets de cette utilisation et ils la jugent probable à deux tiers.

    Pour autant une majorité de sondés soutiennent la modernisation des armes atomiques françaises.

    P.V. : Oui c’est l’aspect contradictoire dont je parlais. Cela nous inquiète et nous interroge. C’est un résultat à corréler avec un monde anxiogène et instable. En même temps, il n’y a pas plus de personnes opposées à la réduction des dépenses militaires aujourd’hui qu’il y a huit ans.

    L’enquête montre aussi un attachement fort au cadre multilatéral offert par les Nations unies. Comment l’analysez-vous ?

    P.V. : C’est positif, c’est même en progression. Dans ce contexte mondial fait d’inquiétudes, le soutien au multilatéralisme et l’attente d’une France qui prenne sa place dans le concert mondial pour la paix sont forts. Par ailleurs, deux tiers des Français – même si c’est en baisse par rapport aux études précédentes – sont favorables à une participation de la France au traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Pour les pacifistes c’est un point d’appui parce qu’on a un immense travail d’éducation populaire à faire sur ce traité.

    Avez-vous été surpris par les chiffres déclinés selon les tendances politiques ?

    P.V. : Oui, par exemple, l’électorat macroniste est très en faveur du cadre multilatéral des Nations unies alors même que le président de la République n’est pas franchement, dans sa pratique, sur cette orientation. On peut même s’inquiéter que sur certains items, l’électorat de gauche soit le plus frileux. C’est une invitation au mouvement pacifiste à s’adresser à l’intégralité de la population française. La France n’est pas signataire du traité sur l’interdiction des armes nucléaires mais nous souhaitons faire grandir l’idée qu’elle puisse être observatrice.

    N’est-ce pas naïf dans un contexte où de nombreux acteurs estiment que les menaces grandissantes doivent conduire à un « réarmement » de notre pays ?

    P.V. : C’est une hérésie de penser que des armes amènent à la paix. « Si tu veux la paix prépare la guerre », ça n’a jamais fonctionné. À force de préparer les guerres, on finit par les faire. C’est le développement de la culture de paix qui éloignera les guerres. Les Hommes sont voués à construire demain avec leurs ennemis d’aujourd’hui. Ils font se mettre autour de la table et faire taire les armes.

    Pierre Villard est l’auteur de
    «
     Pour en finir avec l’arme nucléaire ». Éditions La Dispute.

  • À Davos, Trump rage contre l’Europe

    À Davos, Trump rage contre l’Europe

    « J’aime l’Europe, et je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a-t-il asséné dans son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses. Le président américain vient éprouver la résistance des Européens face à son projet d’acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a exigé des « négociations immédiates » sur le sujet. « Les gens pensaient que j’utiliserai la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il poursuivi.

    « Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nation n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des États-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d’« ingratitude ». « Les États-Unis sont le moteur économique de la planète », a-t-il aussi vanté, alors que les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. « Quand l’Amérique prospère, le monde prospère. Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde », a-t-il lancé.

    « Un morceau de glace pour protéger le monde »

    L’ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l’ordre mondial, participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Jeudi, il fera la promotion de son « Conseil de la paix », considéré par beaucoup comme un rival de l’ONU. Donald Trump a déjà dit ne pas s’attendre à beaucoup de résistance des Européens et d’autres alliés, malgré leurs déclarations plus ou moins vigoureuses. « Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner », a encore commenté Donald Trump. « Ils ont donc le choix », a-t-il poursuivi. « Ils peuvent dire “oui”, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire “non”, et nous nous en souviendrons », a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.

    « Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l’avenir du Groenland », a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer. Le président américain insiste sur le fait que le Groenland est vital pour la sécurité des États-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine. Il a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les États-Unis de représailles. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » face aux défis d’un monde « de plus en plus anarchique » et défini par la « puissance brute ».

    Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines « inacceptables » de « subordonner l’Europe ». « Nous préférons le respect aux brutes », a-t-il déclaré. Des propos qui n’ont visiblement pas plu au milliardaire américain, qui, comme à son habitude, joue la carte de l’humiliation. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil (…) jouer le dur à cuire », s’est moqué le président américain.