Category: environnement

  • [EQDD Journal de la Haute-Marne] L’Ehpad Pougny a son bistrot et c’est le quotidien qui va bien

    [EQDD Journal de la Haute-Marne] L’Ehpad Pougny a son bistrot et c’est le quotidien qui va bien

    Imaginé par leur directeur commun, Florent Étienne, ce bistrot de maison de retraite ravive un symbole rural disparu et rouvre les résidents sur le monde extérieur : le lieu est aussi accessible aux habitants du village. Deux fois par semaine, le lundi et le vendredi, le café devient un repère social et un objectif, offrant aux pensionnaires l’occasion de retrouver les gestes d’autrefois, de bavarder librement et de recréer du lien. Né dans l’ancien hall d’entrée, transformé et décoré par l’équipe de l’Ehpad, l’endroit respire la convivialité. Entre bénévoles, soignants et animatrice, le Ô Convivial accueille jeux, dégustations et lotos : autant d’instants simples qui insufflent chaleur, rythme et fierté à la vie quotidienne des résidents.

    Par Fabienne Ausserre- Journal de la Haute-Marne

  • [EQDD Midi Libre] À Montpellier, quand les façades fleurissent, le quartier respire

    [EQDD Midi Libre] À Montpellier, quand les façades fleurissent, le quartier respire

    Rue de la Méditerranée, on respire. Deux ou trois étages au maximum, des façades un peu vieillies, et désormais, des cascades de couleurs pour égayer ces rues situées à deux pas de l’agitation de la gare Saint-Roch. Jasmin étoilé, clématite, solanum, rosier de Banks : les fleurs grimpent le long des murs, enjambent parfois la rue, cadrent les fenêtres, et s’emmêlent au street art posé sur les murs. Elles attirent oiseaux, papillons, abeilles. « On revoit des moineaux, des fauvettes, des bergeronnettes qu’on ne voyait plus ! » s’enthousiasme Christine Konopnicki, membre de l’association Mare Nostrum.

    Cet ancien faubourg ouvrier, né en 1864 pour loger les travailleurs de l’usine à gaz, n’attirait guère. « Le quartier était un peu triste à l’époque, minéral, un peu repoussoir, selon Frank Plana, le président de Mare Nostrum. On a voulu amener du vert. Les fleurs se sont épanouies très vite. Dès que leurs racines ont trouvé la nappe phréatique, elles se sont mises à pousser ! Ça a transformé très rapidement le visage du quartier ».

    « On a voulu amener
    du vert »

    Le collectif a en effet lancé dès 2013 l’idée de faire participer les habitants à la végétalisation des rues. Le concept, soutenu et financé par la mairie depuis dix ans, repose sur les « bons de végétalisation » distribués à ceux qui souhaitent planter sur trottoir ou au pied des arbres. La ville fournit les plantes via son Centre Horticole municipal, les services municipaux percent le sol, et les habitants installent eux-mêmes leurs grimpantes. Résultat : 2 000 bons distribués en cinq ans, et une transformation visible.

    Pour Stéphane Jouault, adjoint au maire délégué à la Nature en ville et à la Biodiversité, venu déambuler dans le quartier en cette matinée ensoleillée d’automne, le projet coche toutes les cases : « Il crée de l’embellissement, du rafraîchissement. Il s’inscrit dans notre volonté de développer des rues-jardins qui restent agréables pour marcher ».

    Jusqu’à cinq degrés
    de moins

    Les effets se mesurent aussi au thermomètre. « La végétalisation des rues crée des zones d’ombre immenses permettant de réduire la température non seulement sur les façades mais aussi sur les trottoirs. On constate jusqu’à cinq degrés de différence grâce à la transpiration des plantes », explique Frank Plana. Un atout précieux dans une ville méditerranéenne de plus en plus frappée par les épisodes de canicule, où de nombreux habitants souffrent des îlots de chaleur urbains.

    En offrant nectar, fruits et abris, ces plantes augmentent la biodiversité dans un milieu urbain souvent hostile. La mairie distribue désormais aussi des arbustes locaux, des haies et même des arbres fruitiers, à planter dans son jardin. Les Montpelliérains peuvent adopter des micro-fleurissements abandonnés par leurs propriétaires, souvent partis vivre ailleurs.

    L’initiative a généré des effets collatéraux inattendus : moins de poussière, plus de convivialité. Une « brigade verte » s’est formée pour entretenir collectivement les fleurs. « L’entretien des plantes permet le partage de savoir-faire entre générations, ça crée du lien social, des ramifications, comme les plantes. Les gens sont plus souriants, plus fiers de leur quartier », raconte Christine. Mais elle tempère : avec l’embellissement, les loyers ont flambé.

    « Tout le contraire
    de la climatisation »

    Stéphane Jouault résume : « Ce projet, à coût relativement réduit, a amené de nombreux bénéfices. Cela correspond à une vision de la ville où la nature reprend ses droits et apporte du bien-être aux habitants. Le micro-fleurissement, c’est une adaptation vertueuse face aux changements climatiques. C’est tout le contraire de la climatisation, de la technique ».

    Le quartier s’est même lancé cette année dans un nouveau projet, baptisé « Quartier sauvage », une expérimentation scientifique menée avec le Muséum d’histoire naturelle de Paris et Tela Botanica. Ici, plus de désherbage systématique : on observe et on préserve la flore urbaine spontanée, y compris les herbes dites mauvaises.

    Finalement, la rue de la Méditerranée n’a pas seulement changé de décor : elle a changé de rythme. Ici, chaque façade fleurie raconte une histoire de voisinage retrouvé, de ville qui se rafraîchit en douceur.

    Par Laure de Charette
    Midi Libre

    Par Laure de Charette de Midi Libre

  • [EQDD Ouest France] Sens du Bois réinventent la filière « bois d’œuvre » à Pouzauges

    [EQDD Ouest France] Sens du Bois réinventent la filière « bois d’œuvre » à Pouzauges

    Les Sens du Bois, c’est une aventure enracinée dans plus de 20 ans d’engagement local vendéen. Sur le territoire du Pays de Pouzauges, « la préservation du bocage ne date pas d’hier. Précurseurs, les élus et les agriculteurs avaient dès les années 2000 misé sur les chaudières biomasse et la valorisation du bois issu des haies locales », précise Morgane Gabard, coordonnatrice du projet. Une filière bois-énergie s’était structurée avec un partenariat fort entre communes et agriculteurs, pour alimenter les chaufferies avec du bois déchiqueté, issu d’une gestion durable des haies.

    La Manufacture
    de Proximité

    Au fil des années, un constat s’impose : une partie du bois utilisé pourrait être valorisée autrement. Certains arbres étant assez qualitatifs pour devenir du bois d’œuvre, bien plus rentable, avec une valorisation quatre fois supérieure à celle du bois de chauffage ! C’est dans cette logique que le collectif réfléchit donc à une filière « bois d’œuvre ». Rapidement, l’idée d’un tiers-lieu du bois prend forme avec la mutualisation des moyens, la mise en place d’une plateforme de stockage et de séchage, la sensibilisation au savoir-faire… « Et surtout : une ambition partagée de structurer une nouvelle filière locale et durable », poursuit Morgane Gabard.

    En 2022, une étape majeure est franchie. Le projet obtient le label Manufacture de Proximité, dans le cadre du plan France Relance. Conçu pour soutenir les tiers-lieux de production et de formation, ce label donne un coup d’accélérateur au collectif. « Grâce à ce levier, une dynamique formelle se crée, en juillet 2023, la SAS-SIC Les Sens du Bois voit officiellement le jour, rappelle la responsable. Le choix du statut de société coopérative d’intérêt collectif n’est pas anodin : il permet de mêler acteurs privés et publics autour d’un projet commun. »

    Dès lors, quatre axes d’activité structurent la coopérative : la location d’atelier et de machines (pour les artisans et porteurs de projet), la formation (qui devient le cœur économique de la structure), la sensibilisation (avec des actions grand public et des ateliers), et enfin la sous-traitance. Notamment pour répondre aux commandes de mobilier des collectivités locales, sans concurrencer les artisans du territoire.

    Une « filière complète »

    Ce qui fait la force de la structure Les Sens du Bois, c’est sa vision de filière complète. « Depuis longtemps, les acteurs locaux avaient tissé un écosystème avec la collecte de graines locales, les plantations, le suivi des arbres, l’abattage ou encore le sciage, complète Sébastien Brin, président de la SAS-SIC Les Sens du Bois. Tout était déjà en place. La SIC n’a fait qu’ajouter les maillons manquants comme le stockage et le séchage, la transformation et la valorisation d’espèces locales. Une vraie boucle vertueuse ».

    Mais un frein majeur persistait avec le financement de l’entretien des haies, crucial pour maintenir cette ressource. L’agriculteur n’est pas rémunéré pour cet entretien par la PAC. C’est là qu’intervient l’association Bocage d’Avenir, créée pour mobiliser des financements privés et ainsi compenser à 100% les frais d’entretien pour les agriculteurs engagés. Une innovation de plus dans une dynamique de territoire exemplaire.

    « Aujourd’hui, Les Sens du Bois est aussi un lieu d’insertion avec la Mission Locale, via un parcours de remobilisation par le travail du bois. Un travail qui permet à des jeunes de reprendre confiance », ajoute Morgane Gabard. La structure a aussi récemment ajouté une corde à son arc en proposant du conseil et de l’accompagnement en structuration de filières. « Car, ici, chaque arbre compte. Et chaque maillon renforce la chaîne d’un bocage vivant », conclut Sébastien Brin.

    Par Sandrine Pelletier- Ouest-France

  • [EQDD Le Paris-Normandie] À Gonfreville-l’Orcher, l’environnement servi sur un plateau

    [EQDD Le Paris-Normandie] À Gonfreville-l’Orcher, l’environnement servi sur un plateau

    Avoir 35 hectares de terres non bâties au cœur de sa commune, voilà qui pourrait attirer les convoitises, à commencer par les projets immobiliers ou industriels. À Gonfreville-l’Orcher, l’équipe municipale a décidé en 2017 de jouer une carte novatrice : garder la main sur le plateau de Bévilliers et y développer du maraîchage municipal pour alimenter les cantines scolaires. Le projet a évolué depuis, avec des ramifications inattendues. Une seule condition : tout doit être pensé en bio.

    Marchant à grandes enjambées au milieu des hautes herbes, Nicolas Gambé, chargé de mission transition écologique à la ville de Gonfreville-l’Orcher, présente le plateau : « À l’origine, il y a un manoir du XVe siècle. Ensuite, c’est devenu une friche agricole pendant des années ». Alban Bruneau, le maire communiste, complète : « Il y a eu un projet d’implantation de la prison. Les élus et les agriculteurs y avaient fait front. C’est à cette époque que la ville s’est portée acquéreur des 35 hectares ». Et de préciser : « Il y a eu ensuite l’idée d’un Data center mais ce n’était pas faisable ».

    En 2017, la surface, la qualité des sols et la volonté de préserver les paysages ont motivé l’idée d’un espace dédié à la biodiversité et au bio. « C’était évident au regard des enjeux climatiques. Nous avons donc recruté un chargé de mission pour développer le projet ». C’est par le maraîchage que les choses commencent. C’est aussi le sujet qui piétine à cause des aléas comme le Covid mais aussi des contraintes administratives comme la Loi littoral. Par exemple, la mairie envisageait de construire une légumerie pour laver et trier la production des maraîchers mais, n’étant pas « agriculteur », la commune n’en a pas le droit.

    100 euros de l’hectare

    Fort heureusement, en parallèle, d’autres idées font leur chemin. Tout d’abord, l’ensemble du site, et de chaque activité qui y sera développée, est certifié bio par EcoCert. À partir de là, il y a un cahier des charges à respecter par les loueurs. La ville reste propriétaire quoi qu’il arrive. Les conventions d’occupation précaire du domaine public sont à un coût minime de 100 euros par an par hectare. C’est le cas pour les 10 hectares travaillés par deux agriculteurs en grandes cultures. Ici, ils cultivent du maïs, du lin ou des pommes de terre.

    La ville mise aussi sur un verger municipal. « On a planté une centaine d’arbres, 50 pommiers, 30 poiriers, 10 cerisiers et 10 pruniers, sur un hectare, en 2019. Ils sont encore jeunes. ça pousse tranquillement. Plus tard, il faudra gérer directement ou confier la gestion du verger », explique Nicolas Gambé. « Deux kilomètres de haies ont été plantés pour contrer l’érosion et délimiter les parcelles. On y a ajouté 400 mètres cette année. Et depuis 2024, un hectare d’arbres feuillus a été planté pour recréer un espace boisé indispensable à la biodiversité. Le projet, autofinancé à 93% par la commune, pour un coût global de 125 000 euros, a reçu une subvention départementale pour le reboisement et a été primé par l’association Un+Bio en 2021. »

    Golf labellisé bio

    En huit ans, le plateau a également vu le golf privé s’engager dans cette dynamique. Le parcours de 9 trous, de 10 hectares, est labellisé en bio, c’est-à-dire que son entretien ne fait appel à aucun pesticide. Même démarche pour le houblonnier qui s’est installé sur le plateau en 2023. Mais alors, quid de l’espace maraîcher initial ? Le projet n’est pas abandonné, loin de là. Six hectares y sont toujours consacrés, en rapprochement avec la société coopérative d’intérêt collectif (Scic) Ceinture Verte. Nicolas Gambé explique que la ferme maraîchère prend une nouvelle orientation : « En travaillant avec la communauté urbaine et la SCIC Ceinture Verte afin d’installer un ou plusieurs maraîchers privés, ou en direct avec des maraîchers privés, sur 5 hectares communaux via des baux ruraux à clauses environnementales, puis en contractualisant avec eux afin qu’une partie de leur récolte serve à alimenter la restauration municipale ».

    Huit ans après le lancement de cette opération, la commune est satisfaite des résultats obtenus mais aussi et surtout de la dynamique créée : « Dès le départ, nous avons engagé le dialogue pour ne pas s’opposer au tissu agricole local mais au contraire, pour travailler avec lui. La commune a joué un rôle d’animateur en échangeant avec le tissu agricole du territoire, agriculteurs et chambre d’agriculture, mais également d’incitateur en permettant aux agriculteurs de s’essayer au bio dans des risques limités ».

  • [EQDD] Marseille, scène culinaire vivante et populaire

    [EQDD] Marseille, scène culinaire vivante et populaire

    « C’est un vrai bonheur d’être ici. Il fait un temps magnifique, le soleil brille et nous venons profiter d’une délicieuse daube proposée par Monsieur le maire. C’est chaleureux », sourit Odile, 76 ans, attablée avec son amie Annie non loin de la grande roue avec vue sur mer. Plusieurs restaurateurs se sont réunis samedi 11 octobre, à l’Escale Borély, à l’occasion du grand banquet organisé dans le cadre de la deuxième édition du festival Mars à table, porté par la Ville et l’Office de tourisme.

    « La Ville voulait mettre à l’honneur la gastronomie marseillaise. En tant qu’ancienne restauratrice, j’ai proposé un festival culinaire qui invite habitants et visiteurs à (re)découvrir la richesse de la cuisine locale et méditerranéenne », explique Mélodie Taisne, du service commerce et événementiel de la Ville. « Après l’aïoli en mars 2025, c’est la daube, de poulpes ou de bœuf, qui est mise à l’honneur en octobre. Quatre-vingts restaurateurs partenaires la subliment sur trois week-ends, dans leurs établissements, mais aussi dans l’espace public », détaille-t-elle.

    L’Estaque, le parc Borély et l’espace Bargemon sur le Vieux-Port, les lieux sélectionnés reflètent la diversité de la ville. « Le mélange des générations, la musique, les animations, et surtout le fait de prendre le temps. Savourer le décor, souvent tourné vers la mer » est le vrai « plus » de ce type d’événement pour l’organisatrice. Son succès immédiat succède à ceux du Kouss-Kouss Festival de début septembre et des Dîners insolites organisés partout dans le département par la Métropole en juillet.

    Autour du couscous et ses multiples cultures

    De la Belle de Mai au Plan d’Aou, en passant par le Vieux-Port, Noailles, les Goudes et tous les quartiers où palpite l’énergie culinaire, Marseille célèbre en effet le couscous, plat millénaire labellisé Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2020, véritable expression de la vie en société. Parti de la Friche sur une idée de Fabrice Lextrait et Marie-José Ordener de l’association ICI Les Grandes Tables, le Kouss-Kouss Festival fait sensation dès sa première édition. « En 2018, nous avons programmé sur le toit-terrasse de La Friche la Belle de Mai les artistes Rachid Taha et Rodolphe Burger avec leur Couss-Couss Clan. Nous avons inventé, avec les chefs et cuisiniers de la ville, un festival autour du couscous et de ses multiples cultures », raconte Fabrice Lextrait.

    La discussion se poursuit avec Marie-José : « Et pourquoi ne pas le faire avec Lionel Levy, chef étoilé du restaurant de l’Intercontinental ? » lance-t-elle en plaisantant. Celui-ci accepte aussitôt. « Une dizaine de restaurants nous suivent et proposent un couscous original à leur carte », poursuit Fabrice. Au fil des années, le plat se décline par thème, et atteint 240 structures participantes en 2025.

    Derrière chaque port, les traces d’un marché

    « Le centre-ville s’est recomposé autour des propositions culinaires ces dernières années. La particularité de Marseille est sa diversité de vie à travers ses quartiers, concentrée dans un grand cœur de ville. Depuis environ 15 ans, nous avons à cœur d’investir les espaces publics. Street Food Festival, Kouss-Kouss Festival ou Mars à table, ce sont toujours des événements joyeux et très populaires », détaille Marianne Tiberghien, chargée de mission pour la fédération Marseille Centre. « C’est une ville très spontanée. J’ai toujours été surprise, en arrivant ici, par le nombre de terrasses. Le climat et la typologie de la ville offrent l’opportunité de se retrouver pour partager, partout où il y a des assises et des tables, de la nourriture ensemble », apprécie la chargée de mission.

    Les Dîners insolites qui proposent un repas gastronomique dans des lieux incroyables et le Street Food Festival qui lance l’été dans diverses villes de la région illustrent aussi cette dynamique. Isabelle Brémond, directrice générale de Marseille Provence Gastronomie (MPG) et organisatrice, résume cet engouement avec simplicité : « Notre force, c’est le côté cosmopolite de notre cuisine ».

    Mais quoi de plus logique pour cette ville grecque fondée en 600 avant J.-C. ? « Derrière chaque port se cachent les traces d’un marché. Au centre même de la ville, les propositions culinaires sont nombreuses. Mais manger en extérieur, sur de grandes tables, renforce le sentiment d’appartenance commune. Il y a là une forme d’égalité », conclut Emmanuel Perrodin, Marseillais d’adoption, historien et cuisinier.

  • COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    « La survie de l’humanité est en jeu ». Dans un monde pourri par l’argent, où les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, Simon Popy n’y va pas par quatre chemins. « On a besoin d’un changement radical. Sinon c’est la fin du monde tel qu’on le connaît », alerte le président de France nature environnement (FNE) Occitanie Méditerranée.

    La COP30 marquera-t-elle le début d’un tournant mondial salvateur ? Rien n’est moins sûr. Mais le militant espère a minima une « piqûre de rappel » sur l’inquiétante réalité d’un climat qui se réchauffe plus vite que prévu et l’urgence à réagir à l’échelle internationale. « Face au fake news, le minimum c’est qu’on nous rappelle au monde réel. On doit mettre de côté la logocratie, la voix de celui qui parle le plus fort ».

    En disant cela, Simon Popy pense notamment au retrait des USA sous la pression de Trump. Une absence de taille qu’il envisage comme une « opportunité » pour les Brics, les pays du Sud étant les premiers touchés par le réchauffement climatique. « Le Brésil est confronté à beaucoup d’enjeux environnementaux autour de l’Amazonie. Après Bolsonaro, ils ont une carte à jouer ». Quant à la Chine, qui a déjà pris le virage des énergies renouvelables au contraire des USA arc-boutés sur leurs énergies fossiles, « elle peut avoir le champ libre pour être moteur elle aussi », positive-t-il sans s’attendre à des miracles. Il s’interroge aussi sur les positions de l’Union européenne. Sera-t-elle plus « exemplaire » ? Là encore difficile d’être optimiste tandis « qu’elle détricote les droits sociaux, environnementaux et qu’elle contribue à accroître l’accaparement des richesses par une minorité prédatrice ».

    Pour le président de FNE Occitanie Méditerranée, il existe deux sujets majeurs dans cette COP30. D’abord la question du financement de la transition écologique. « 65% des financements passés étaient des prêts aux pays émergents ! On est quasiment sur du néocolonialisme. Il faut un financement réel. Sans quoi la suite logique sera l’aggravation de la dette ». Second axe majeur, celui de la justice environnementale. Entre « le nord et le sud » mais aussi entre « les populations les plus pauvres et l’oligarchie dominante ». Or, il estime qu’en France, on est loin du compte. « On voit bien avec la politique de la droite sur les carburants, les ZFE, que c’est toujours la faute des pauvres ». Selon Simon Popy, il faut « avoir le courage d’interroger la responsabilité des grandes entreprises qui poursuivent leur fuite en avant comme Total ou Bouygues ».

    Taxer le kérosène

    et les billets d’avion

    Du côté d‘Aternatiba Montpellier, Cathy Valat « n’attend pas grand-chose et à la fois beaucoup » de cette 30e conférence sur les enjeux climatiques. Sans Bolsonaro, « Le Brésil n’est pas une dictature », observe-t-elle. De plus, le pays fait face à une « grosse mobilisation des peuples autochtones sur la déforestation ». Elle rappelle que le 28 septembre, une journée solidaire à leur appel avait mobilisé plus d’un millier de personnes à Montpellier. « Un sommet des peuples est prévu », positive la militante.

    Jugeant « dramatique » le retrait des USA, elle craint toutefois une montée des discours climato-sceptiques. « Les intérêts financiers prennent toujours le pas. Avec le greenwashing, le capitalisme a plus d’une arme dans sa besace ». Sans la mettre au même niveau que celle de Trump, elle juge la politique d’Emmanuel Macron « erratique » en matière écologique. « Il n’y a aucune stratégie du gouvernement français. Macron se fait mousser mais Total continue de forer en Afrique. »

    Fidèle au slogan d’Alternatiba – Changeons le système, pas le climat ! – Cathy Valat refuse pourtant de baisser les bras. Membre du collectif Atterrissons d’urgence, elle persiste à dire qu’il existe des solutions raisonnables contre le réchauffement. « Taxons le kérosène des avions et augmentons les taxes sur les billets d’avion. ». Tandis que l’aviation reste « le seul secteur à qui on ne demande jamais d’efforts », elle déplore le fleurissement de publicités en faveur de vols européens à des prix attractifs juste pour un week-end. « Cela provoque des demandes qui n’existaient pas. »

  • La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau est l’un des angles morts des COP car elle n’est que très peu abordée au sein des COP climat ou des COP biodiversité alors que c’est probablement l’un des tous premiers marqueurs du changement climatique », regrette Eric Servat. Depuis 2021, le chercheur et hydrologue dirige le Centre international français Unesco sur l’eau (Icireward) basé à Montpellier qui multiplie les partenariats de recherche avec les laboratoires africains.

    « Quasiment tous les projets que nous finançons sont des programmes qui se déroulent avec des partenariats du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, de Côte d’Ivoire etc. Nous tentons d’avoir une réflexion partagée sur les questions liées à l’eau parce qu’on voit par exemple que dans certaines parties du Maroc, les précipitations sont extrêmement faibles et nous avons, nous aussi en France, un cycle de l’eau perturbé », précise l’auteur du « Grand défi de l’eau » sorti début septembre.

    Aujourd’hui, la plupart des projets sont menés en Afrique permettant ainsi d’acquérir un grand nombre de données qui permettent aux pays du nord de la Méditerranée de s’adapter plus rapidement au dérèglement climatique. « Nous cofinançons par exemple un projet au Maroc sur les mécanismes de recharge des aquifères qui nous permet d’étudier la vulnérabilité et le renouvellement des eaux souterraines dans les milieux karstiques. Or ces milieux, ce sont ceux que nous connaissons dans l’Hérault », détaille Eric Servat.

    Le centre, qui finance aussi des projets sur le bassin de Thau et plus largement sur le Languedoc, participe aussi au programme « Défi water Occitanie » financé par la Région dont l’ambition est de travailler sur la réutilisation de l’eau. « Plusieurs laboratoires travaillent sur ce projet avec des « living labs » qui sont des expérimentations à grande échelle sur un temps long », explique Eric Servat.

  • L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    Il va falloir entièrement réorganiser les filières agricoles. » Régulièrement pris à partie sur les réseaux sociaux par les climatosceptiques, Serge Zaka défend un discours alarmiste mais étayé scientifiquement quant à l’avenir incertain de l’agriculture en Occitanie.

    L’agroclimatologue héraultais aime à rappeler que le Sud de la France, en raison des influences de la Méditerranée, compte parmi les régions les plus exposées aux effets du changement climatique. Des influences déjà perceptibles eu égard aux gels hivernaux, aux pluies torrentielles ou aux canicules estivales appelées à devenir la norme d’ici 2050. « Ce n’est plus seulement l’agriculture mais l’écosystème lui-même qui est touché », nous expliquait-il encore au début de l’été, au moment de donner une conférence lors des Univershiftés.

    Connue pour sa résistance à la sécheresse, la vigne, qui souffre déjà du « stress hydrique », sera à terme sous la menace du « stress thermique ». La transition vers les cépages résistants est déjà enclenchée. Et les collectivités (Région, Départements) lancent les premiers projets de retenues hivernales pour l’irrigation. Mais avec un climat d’ici 30 ans comparable à celui de l’Andalousie, cela risque de ne pas être suffisant si rien n’est fait pour enrayer le phénomène à l’échelle mondiale. Quand on s’approche des 50 degrés au soleil c’est un fait : aucun humain, animal, ni végétal ne résiste à quelques exceptions près (plantes grasses type cactus, scorpions, serpents…).

    Les experts en sont convaincus : si on peut imaginer que de la vigne puisse être plantée plus au nord de la région, des productions agricoles devront être abandonnées. « Au lieu de planter des abricotiers on va plutôt planter des oliviers, au lieu de planter de la vigne, on va planter des pistachiers ». Tout porte à penser que la filière agricole va devoir se réorienter vers des variétés moins gourmandes en eau comme le sorgho, le figuier, l’amandier, la grenade, le pois chiche, la patate douce…

    Des changements drastiques qui doivent s’anticiper au plus vite car ils nécessitent d’énormes investissements. Au-delà de la France, l’Europe devra mettre la main au porte-monnaie pour accompagner l’interprofession. Sans quoi les régions méditerranéennes risquent de devenir importatrices.

  • Montpellier végétalise pour « rafraîchir » la ville

    Montpellier végétalise pour « rafraîchir » la ville

    Le 27 juin 2019, sur la place de la Comédie, il a fait 49 degrés. Les gens fuyaient  », se souvient Michaël Delafosse. « Et à l’horizon 2050, on nous annonce potentiellement le climat d’Alger ». Nous sommes le 21 mai dernier. Le maire de Montpellier vient de signer, avec Sylvain Waserman, président directeur général de l’Agence de la transition écologique Ademe, la charte « Plus fraîche ma ville », qui vise à structurer et renforcer les politiques locales d’adaptation au changement climatique, avec un accent particulier mis sur la lutte contre les îlots de chaleur urbains.

    Cette signature s’est déroulée symboliquement sur l’Esplanade Charles de Gaulle, où la Ville a réalisé d’importants travaux de végétalisation, désimperméabilisation et rafraîchissement. « Ces travaux nous permettront de réduire les températures de 2 à 7°C », explique Michaël Delafosse.

    Une démarche qui s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis 2020 par la municipalité afin d’adapter l’espace urbain au changement climatique. Au premier rang desquelles la désimperméabilisation (de l’ordre de 20 ha sur la ville sur la durée du mandat, sachant qu’un sol de végétation ou de terre absorbe beaucoup plus la chaleur qu’un sol d’un autre type) et la plantation de 50 000 arbres – but qui devrait être atteint en début d’année prochaine – « pour créer de l’ombre et avoir une ville plus fraîche en période de canicule  », explique l’écologiste Stéphane Jouault. « L’adaptation consiste à planter des arbres mais aussi à diversifier les essences, car on ne sait pas exactement quelles sont celles qui résisteront au climat », poursuit l’adjoint en charge de la nature en ville et de la biodiversité.

    « On ne peut plus faire autrement »

    « Dès que cela a été possible en centre-ville, on a donc planté des arbres. Il y a en aura 7, par exemple, sur la place des Martyrs de la Résistance, devant la préfecture, dont les travaux sont en train de se terminer. L’objectif étant clairement de rafraîchir ce point dur de chaleur », illustre l’élu. Idem pour la place Max Rouquette, entièrement rénovée, où l’ancien parking des Arceaux a été remplacé par une « place-jardin » plantée de 130 nouveaux arbres, dont un tiers de la surface a été désimperméabilisée.

    La Ville encadre et encourage également le microfleurissement des rues. Objectif  : accompagner le citoyen dans son projet de végétalisation de l’espace public. Ces dispositifs de plantes grimpantes de long des façades « permettent de rafraîchir beaucoup l’intérieur des logements », assure Stéphane Jouault. Dans le quartier de la Méditerranée, où le microfleurissement est assez répandu, « un habitant nous disait dernièrement qu’entre son immeuble et celui d’à côté, il pouvait y avoir 5 degrés de différence en été ». Les habitants volontaires peuvent faire la demande d’un bon de végétalisation à la Ville. Les services municipaux s’occupent ensuite de la percée du trottoir en pied de façade, où la plante offerte par la collectivité pourra être mise en terre. À charge ensuite, pour les habitants, de l’arroser et l’entretenir.

    « C’est un dispositif très efficace, qui permet de rafraîchir là où on ne peut pas mettre d’arbres. Et ça prend bien : on a distribué 2 000 bons de végétalisation sur les microfleurissements en 5 ans », souligne Stéphane Jouault. « Aujourd’hui on fait une proposition et on attend que les gens viennent vers nous. Pour la suite, l’idée serait d’aller davantage à la rencontre des habitants pour les motiver, en sélectionnant des rues qui nous semblent propices et doivent être rafraîchies.  » Dans le même ordre d’idée, la Ville propose également un bon de végétalisation pour un don d’arbres fruitiers. « La majorité de l’espace est privée. C’est donc très bien de végétaliser l’espace public, mais c’est important aussi d’encourager la végétalisation de l’espace privé, car ça participe au rafraîchissement de la ville. »

    La municipalité s’attelle par ailleurs, depuis plusieurs années, à un problème de taille : adapter ses écoles aux températures estivales qui les transforment en chaudron, au point que tous les ans des parents se mobilisent pour alerter sur les températures relevées dans les classes (jusqu’à 36 – 38 degrés). « Un programme de rénovation thermique de certaines écoles est en cours. L’idée, ensuite, est d’avoir une salle climatisée dans chaque école – je crois qu’on y arrive bientôt – et d’installer des plafonniers dans les classes. Sans oublier la végétalisation des cours. On désimperméabilise et on plante le plus possible dans les écoles. » Une adaptation au long cours qui demande de gros investissements, mais « on ne peut plus faire autrement, il faut penser la ville dans ce sens-là. »

  • « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    La Marseillaise : Cette COP s’ouvre dix ans après les accords de Paris, prévoyant de limiter le réchauffement climatique sous la barre de +1,5°C d’ici 2100. Dix ans plus tard, ces objectifs ne sont pas atteints et le dérèglement climatique s’accélère…

    Alix Roumagnac : Effectivement, le dérèglement s’est mis en place, il ne faut plus parler au futur. On a eu le tort, peut-être il y a 10 ans, de parler de 2050, 2100, sans se rendre compte que les conséquences étaient déjà là. Les récents événements climatiques, que ce soit l’ouragan Melissa en Jamaïque ou le super typhon aux Philippines, en attestent. Ça va être un des aspects de la discussion de cette COP. Aujourd’hui ce sont les pays qui ne sont pas les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, comme la Jamaïque, les Philippines, qui en subissent les conséquences.

    Les objectifs de Paris sont-ils toujours atteignables ?

    A. R. : Je pense que cette COP va acter l’échec de ces objectifs et tenter d’en établir de nouveaux. On s’est déjà rapproché des +1,5°C, donc on sait qu’on ne va pas pouvoir les obtenir. Malgré l’échec, la trajectoire, qui se situait, il y a 10 ans, aux alentours de +4 °C à la fin du siècle, a été un peu modifiée. Un certain nombre de pays ont mis en place des actions et désormais, on est à +2,8°C ou +3°C à la fin du siècle. Ce n’est pas suffisant, mais on voit que ces COP, malgré toutes les difficultés que l’on connaît, ont quand même un effet. Toute la difficulté de cette nouvelle conférence va être comment bâtir quelque chose avec l’absence des États-Unis, un des principaux pollueurs et principaux émetteurs.

    Justement, l’absence des États-Unis ne risque pas de compromettre le moindre accord ?

    A. R. : Les États-Unis entraînent derrière eux un certain nombre d’États, soit des états de connivence doctrinale comme l’Argentine, qui suivent cette position et profitent de l’occasion pour ne plus avoir à faire d’efforts, soit certains qui ne veulent plus faire d’efforts car le principal pollueur n’en fait pas. C’est toute la difficulté de cette COP, que ce soit en termes d’atténuation comme en termes de compensation. Quand on parle des fonds à mettre en place pour compenser les pays qui subissent les conséquences du réchauffement, il est clair que les États-Unis ne voudront pas participer à cette compensation, et ça rend les choses compliquées. Que peut faire la communauté internationale dans cette situation ? Les pays européens ont dévoilé leur nouvelle feuille de route cinq jours avant le démarrage de la COP. Ce qu’on peut espérer, c’est la reprise du leadership européen pour essayer de donner une dynamique dans cette période un peu particulière.

    Un autre enjeu de cette COP est de sortir des énergies fossiles, mais ne faudrait-il pas envisager une baisse de la consommation ?

    A. R. : Ça va être une complexité supplémentaire. La baisse des énergies fossiles, paradoxalement, c’est la COP28 à Dubaï qui avait réussi à faire un petit pas en avant sur ce sujet. Là, le Brésil est quand même un pays producteur de pétrole. Il a encore récemment donné des nouvelles autorisations de licence pour du forage pétrolier. Donc on sent que cette COP ne fera certainement pas d’avancée supplémentaire sur la sortie des énergies fossiles. Ce sera plus certainement un sujet sur la préservation des forêts. La sortie des énergies fossiles est une chose mais on sait que le seul élément qui va permettre d’inverser la tendance, c’est une modification forte dans nos modes de consommation, quel type de croissance on peut avoir pour justement diminuer nos consommations. Et on voit malheureusement qu’aujourd’hui les intérêts particuliers de chaque pays et le développement économique prennent le pas de manière très forte sur l’intérêt général de la planète. C’est vrai aux États-Unis, mais c’est vrai partout dans le monde. En France, ces dernières années, les débats portent sur la limitation de la dette, l’augmentation du pouvoir d’achat mais la transition écologique est passée très en retrait de toutes les préoccupations que ce soit des politiques ou des citoyens. Pourtant, il y a trois, quatre ans, après le Covid, on observait une conscience écologique chez les citoyens avec des petites avancées. Là, on observe plutôt un recul de cette problématique.

    Ce recul sur l’environnement ne risque-t-il pas d’engendrer un sentiment de démobilisation, de résignation chez les citoyens ?

    A. R. : C’est complexe. Il y a une grande volonté aux COP – j’étais présent à la COP27, à la COP28. Le sujet, c’est plus d’arriver à convaincre l’opinion publique de l’intérêt de faire des petits pas. Ce combat doit être le résultat de petits efforts de chacun tous les jours. Le problème c’est qu’on a parfois des positions trop extrémistes. Selon le palmarès international des efforts des États en matière climatique de 250NOW, les premiers classés sont les pays scandinaves, la Suisse, le Luxembourg, et la France arrive septième. Sans aucune surprise, les derniers pays de l’OCDE sont les États-Unis, le Canada, l’Australie. Pourtant, en France, on a plutôt un sentiment général qu’on ne fait pas assez d’efforts. Et certaines associations mettent la France au tribunal alors qu’elle fait partie des leaders mondiaux à montrer l’exemple. Cette mise en cause peut affaiblir la voix de la France. Je pense que c’est un sujet qui devrait rassembler au-delà des oppositions. C’est un sujet prioritaire mondialement, la dette écologique est beaucoup plus grave que la dette financière. Aujourd’hui, on n’a pas de partis, de gens qui arrivent à se positionner sur ce sujet de manière suffisamment forte pour créer cette dynamique.

    Cette politique de petits efforts est menée par certaines associations et municipalités. Mais cette légende du colibri, popularisée par Pierre Rabhi, est-elle efficace ?

    A. R. : Oui, je crois beaucoup justement à l’effet colibri sur plusieurs sujets. C’est vraiment un marathon qu’on a à faire pour arriver à gagner cette bataille pour le climat. Et on n’a jamais gagné un marathon en partant en sprint. C’est une course de fond, un enchaînement. Un premier petit geste va donner envie le lendemain d’en faire un deuxième ou d’en faire plus. Et c’est vrai au niveau du citoyen, au niveau de la collectivité, de l’entreprise, de l’État. C’est cette dynamique générale qu’il faut générer.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les intérêts particuliers des pays prennent le pas sur l’intérêt général
    de la planète »

    « Nous avons besoin de solutions (…). Nous devons aller beaucoup plus vite »