Category: environnement

  • Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Huit mois après une décision du tribunal administratif de Marseille lui ordonnant de sécuriser le site de la friche industrielle de Legré-Mante, à la Madrague de Montredon (8e), la préfecture des Bouches-du-Rhône a de nouveau mis en demeure le propriétaire du site, la Société française des produits tartriques Mante (SFPTM), à travers un arrêté publié ce mercredi. Lors d’une visite du site lourdement pollué, le 30 avril dernier, l’inspection de l’environnement a en effet constaté « des dégradations locales des dispositifs de restriction d’accès aux parcelles », et que « la cheminée rampante présente sur le foncier de la SFPTM est accessible en plusieurs points du fait de dégradations et de vandalisme sur les dispositifs en place », relate le nouvel arrêté préfectoral. Des dégradations déjà évoquées à l’audience, le 7 novembre dernier.

    La Préfecture donne donc trois mois à la société pour réparer ces clôtures et interdire aussi bien l’accès à la plage située au pied du crassier qu’à la cheminée rampante. Il lui est aussi ordonné de produire, dans un délai de six mois, une nouvelle note de synthèse sur le risque sanitaire global du site, « précisant les mesures correctives à mettre en œuvre le cas échéant ».

    Enfin, après l’annulation à l’été 2024 du permis pour la construction de 332 logements sur l’ancienne friche, la préfecture demande que les plans et le calendrier du nouveau projet lui soient transmis avant le 31 octobre. Porté une nouvelle fois par le fonds d’investissement Ginkgo et le promoteur Constructa, celui-ci prévoit désormais environ 130 logements. Le permis de construire a été déposé ces derniers jours, indique l’adjoint (MadMars) à l’Urbanisme, éric Mery.

  • Des espaces boisés et une maison pour les associations toulonnaises

    Des espaces boisés et une maison pour les associations toulonnaises

    Avant de couper le ruban de la Villa l’Orient entièrement rénovée et repensée pour accueillir dans les meilleures conditions les associations, et à ses pieds son jardin public, le rendez-vous était donné aux petits bois Suzanne-Noël. Un espace en friche transformé en petit bosquet financé en partie par Soroptimist international. Une ONG qui œuvre selon sa devise « pour rendre le monde meilleur pour les femmes et les filles », a rappelé sa présidente nationale Élisabeth Herraiz. « Et pour le rendre meilleur il faut le végétaliser », insiste-t-elle. Un « petit bois » densément planté, afin de créer une forte synergie racinaire et une compétition vertueuse, qui se suffit à lui-même au niveau de l’entretien.

    « La Ville s’inscrit maintenant depuis plusieurs années dans cette politique de revégétalisation de l’espace », rappelle d’ailleurs un peu plus tard la maire de Toulon, Josée Massi (SE), y compris sur la place de la Liberté où cela a été « un vrai défi de planter sur une dalle, avec un parking en dessous ». Nous sommes à présent dans le jardin public de la Villa l’Orient. Un lieu de détente arboré de 1 300 m² équipé de jeux d’enfants, d’agrès sportifs, d’un terrain de pétanque et d’une fontaine.

    Le rôle éducatif du sport

    La bâtisse des années 20, entièrement modernisée pour un montant de 1,15 million d’euros TTC, va notamment abriter le siège de l’Union sportive du Mourillon (USM). Le club de rugby mythique du quartier qui a vu le jour en 1927. « Un des seuls en France qui représentent un quartier évoluant au niveau national en fédérale 3 et composé exclusivement de bénévoles », insiste son président Michel Grillo. Et remercie la municipalité de permettre au club d’avoir aujourd’hui d’avoir « un véritable lieu de vie » qui va contribuer, explique-t-il, à continuer de manière optimale de bâtir « les piliers d’éducation que nous devons à nos minots ». Avec, outre l’apprentissage du rugby, ceux aussi du respect des autres et de la citoyenneté. Le club peut désormais profiter entre autres d’un club-house de 60 m² avec un accès direct aux terrains de sport du stade Jean-Alex Fernandez, une salle de réunion et une buanderie.

    « C’est une preuve de plus de l’engagement de la Ville en faveur du sport et de la vie associative », déclare Josée Massi. « À l’heure où les institutions et les collectivités ont tendance à baisser les subventions aux associations, on a relevé le défi de les augmenter », ajoute-t-elle, en mettant en avant le pouvoir du sport et son rôle éducatif.

    En tout cas, « la Villa a déjà trouvé son rythme ». Et le succès qu’elle remporte auprès des utilisateurs, souligne la première magistrate, montre qu’elle répond à une vraie attente de la population. Et de conclure : « Cela renforce, si cela était nécessaire, ma volonté à continuer à orienter la politique publique de la Ville vers la préservation, le développement et la qualité de vie dans chaque quartier. »

  • Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le collectif Stop THT 13/30 n’a pas dit son dernier mot. Un mois et demi après la fin du débat public global de zone sur l’avenir industriel du territoire, l’alliance de 32 associations du monde agricole, écologique et citoyen d’Arles et de Camargue remet le sujet sur la table lors d’une conférence donnée dans le cadre du festival Agir pour le vivant.

    La protection de la biodiversité est la préoccupation première de ces militants. Telle que présentée par RTE dans son fuseau de moindre impact, la ligne aérienne de 400 000 volts devant alimenter la zone industrialo-portuaire traverserait quatre zones Natura 2000 dont trois zones humides d’importance internationale, la réserve de biosphère de Camargue, la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau et une partie du Parc naturel régional de Camargue.

    « En Camargue et en Crau, la ligne aérienne serait présente sur plus de 50km, écrit le collectif dans une lettre ouverte. Elle aurait un impact majeur sur l’avifaune en raison de son emplacement stratégique dans une zone clé pour la migration des oiseaux ainsi qu’un site majeur de reproduction et d’hivernage, accueillant 400 espèces d’oiseaux soit 75% des espèces nationales. »

    Une solution alternative

    Début décembre, 74 organisations représentant 36 pays, ont lancé une alerte rouge pour prévenir les autorités nationales et européennes des risques environnementaux et socio-économiques de l’infrastructure. « À la dernière réunion de la conférence des parties de la convention de Ramsar, auquel participait la Tour du Valat, le secrétariat a demandé des explications à l’État français, affirme l’avocat Sébastien Mabile. Nous avons également saisi le comité permanent de la convention de Berne qui assure la protection du patrimoine naturel des habitats et des espèces sur tout le continent européen, et nous allons saisir la Commission européenne pour lui demander de faire pression sur l’État français. » Trois plaintes pour destruction d’espèces ont également été déposées, et une action en justice est envisagée.

    Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif Stop THT 13/30, rappelle néanmoins : « On n’est pas que dans l’opposition, on a constitué une solution alternative en allant chercher des compétences en urbanisme, en naturalisme, en ingénierie. » Celle-ci consisterait en l’enfouissement de la ligne « sur des terrains 100% publics » mais coûterait bien plus cher que l’option aérienne de RTE, c’est-à-dire 1,2 milliard contre 300 millions d’euros, sans compter le délai de 2028, imposé par l’implantation des nouvelles industries, qui ne pourrait pas être respecté. Jean-Laurent Lucchesi, un autre membre de l’alliance, affirme : « On est pour la réindustrialisation, mais pas au risque de mettre en péril les autres enjeux agricoles, environnementaux et patrimoniaux. » À l’État de trouver un compromis.

  • Biodiversité marine : les gorgones rouges mieux préservées mais toujours menacées au large de Marseille

    Biodiversité marine : les gorgones rouges mieux préservées mais toujours menacées au large de Marseille

    « Le résultat n’est pas mauvais, il est même plutôt encourageant », se réjouit Hervé Menchon, adjoint à la mairie de Marseille chargé de la Biodiversité marine et de la Préservation des espaces littoraux. Pour l’élu, le grand recensement de gorgones rouges, organisé ce dimanche 24 août dans le parc national des Calanques et sur les îles du Frioul, est un succès. L’initiative conjointe de l’institut de recherche Septentrion et de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESM) pose un socle solide pour l’action municipale visant à protéger cette espèce animale peu connue, mais largement menacée par le réchauffement de la mer.

    Avec ses grands rameaux rouges chargés de milliers de tentacules, il est difficile de rater la gorgone pourpre quand on s’aventure à 20 mètres de profondeur dans la rade de Marseille. Ce dimanche au départ du Stade nautique Florence-Arthaud, ils étaient 80 plongeurs, issus d’associations bénévoles et de clubs professionnels, réunis pour en recenser la population dans les eaux marseillaises. À l’issue de deux séquences de plongée de deux heures, les participants ont rendu leur verdict en début de soirée : « 3 239 gorgones ont été observées, dont une large partie déjà brûlée par les fortes chaleurs. En termes de mortalité récente, c’est bien mieux que les chiffres des étés 2022 ou 2023 », rapporte Hervé Menchon.

    Selon les observations de l’institut Septentrion, 80% de la population de gorgones rouges vivant à 30 mètres de profondeur a été décimée, au cours de l’été 2022. Une hécatombe à relier directement aux épisodes de canicules marines de plus en plus fréquentes et qui font exploser le thermomètre sous-marin, parfois jusqu’à 4°C au-dessus de la norme. De plus, quand elle n’est pas étouffée par une mer en ébullition, la gorgone rouge doit aussi composer avec d’autres espèces prédatrices : « Les plongeurs se sont aperçus que la gorgone était rongée puis nécrosée par la présence d’une algue appelée Barbapapa. Cette algue profite du réchauffement de la mer pour proliférer », rapporte l’élu.

    Si le constat reste alarmant, le recensement de dimanche dernier impulse une dynamique positive et enjoint les acteurs de la protection sous-marine à nuancer le tableau. « Si on veut regarder le verre à moitié plein, on peut dire que le phénomène de disparition des gorgones ralentit fortement dans la rade de Marseille », explique Hervé Menchon. Surtout que le sujet mobilise un nombre toujours plus important d’acteurs, ce qui peut parfois surprendre : « Pour ce recensement, on avait peur qu’il y ait une très faible fréquentation. Et on a été très agréablement surpris », livre-t-il.

    Des bouées pour protéger les gorgones

    Concernant l’action municipale dont il est le porte-parole, Hervé Menchon a déjà des plans pour la suite. Selon l’élu, dix nouvelles bouées de mouillage écologiques devraient être déployées sur la rade dans les prochains mois. Ces bouées, dont une partie avait déjà été restaurée par les services de la municipalité au début de l’été, seront 43 pour l’été 2026 et devraient permettre aux bateaux de jeter l’ancre sans détruire les forêts de gorgones présentes sous l’eau.

    Pour la mairie de Marseille, ce recensement représente un jalon non négligeable dans la lutte pour la préservation des écosystèmes marins. Pour Hervé Menchon, l’initiative fait avancer les choses : « Cette opération nous a beaucoup aidés. Elle nous oriente vers les sites sur lesquels nous allons agir pour poser des points d’ancrage écologique ». Une fois le constat établi, l’heure est maintenant à la sensibilisation des plaisanciers. Là aussi, un plan a été mis sur pied : « Le contenu des observations effectuées va être transmis aux lieux de sensibilisation, comme le Hublot ou encore la Maison des îles et du littoral au Frioul », annonce l’élu.

  • La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La Ville interdit la baignade sur l’ensemble de ses plages (Grande Plage, Saint-Gervais et Cavaou…) par un arrêté municipal. Une décision a prise suite à la détection d’une nappe d’hydrocarbures, estimée à environ 1 000 m², en début de matinée par le poste de secours.

    La police municipale, les sapeurs-pompiers et la cellule Risques majeurs ainsi que les agents municipaux sont mobilisés afin d’assurer la sécurité des usagers et le processus de dépollution.

    Des analyses sont en cours pour déterminer l’origine et la nature exacte de cette nappe. La municipalité a d’ores et déjà déposé une plainte contre X « afin que toute la lumière soit faite sur cet incident», annonce-t-elle.

  • Moins de lumière, plus d’étoiles : pourquoi de plus en plus de villes provençales éteignent leurs lampadaires

    Moins de lumière, plus d’étoiles : pourquoi de plus en plus de villes provençales éteignent leurs lampadaires

    L’allumeur de réverbères de Saint-Exupéry, aujourd’hui, aurait peut-être du mal à trouver de l’emploi. En six mois, à partir de l’automne 2022, près de 30% des communes des Bouches-du-Rhône, et 20% dans le Var comme en Vaucluse, ont éteint leur éclairage public. Désormais, quatre communes sur dix, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, n’allument plus leurs lampadaires au cœur de la nuit, révèle une étude du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) réalisée à partir d’observations satellites et publiée le 30 juillet.

    « Le sud de la région n’était pas un territoire qui éteignait beaucoup la nuit, pour des questions de ressenti sur l’insécurité notamment, explique Paul Verny, responsable de la mission éclairage du Cerema Méditerranée. La crise de l’énergie de 2022 a levé le verrou. Beaucoup de communes y sont arrivées, forcées par les difficultés financières. » C’est que l’éclairage public représente, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), 30% de la consommation d’électricité des collectivités, jusqu’à 18% de leur facture d’énergie.

    Pièges à biodiversité

    Les comptes sont rapides pour des municipalités frappées par les restrictions budgétaires. Dans le même temps, la rénovation des lampadaires s’est aussi accélérée : près de la moitié des communes des Bouches-du-Rhône ont réalisé de tels travaux lors de la dernière décennie, plus d’un tiers dans le Var et en Vaucluse. Saint-Paul-lez-Durance faisant figure de pionnière en France. Gérant l’éclairage de 23 communes, dont Marseille, la Métropole Aix-Marseille a ainsi déjà équipé 49% de ses 121 067 points lumineux de LEDs (contre 40% au niveau national). En plus du chantier lancé pour des « trames noires », elle a voté, en décembre dernier, un programme de près de 50 millions d’euros d’investissements pour rénover 20% de son parc.

    Au-delà des enjeux budgétaires et de la sobriété énergétique, ces décisions apportent une nouvelle respiration à la biodiversité sur le territoire. « L’éclairage peut avoir des impacts forts sur les espèces la nuit, rappelle Paul Verny. Vous créez des pièges lumineux pour tout un tas d’insectes, qui deviennent des garde-mangers avec une surprédation, et vous créez des barrières lumineuses pour d’autres espèces obligées de les contourner. »

    Lumières lucratives

    Cela d’autant plus que les abus ont été nombreux par le passé. « La compétence a disparu dans les collectivités, explique le responsable du Cerema. Alors les études sont faites gratuitement par les fabricants d’éclairages. » Dès lors, pourquoi se priveraient-ils d’ajouter quelques lampadaires de plus sur les chantiers qui leur sont confiés ? « Cela a généré des dérives, nous sommes parfois sidérés des niveaux lumineux que l’on mesure », souffle Paul Verny. S’ajoutent les demandes des habitants, y compris pour des hameaux en pleine campagne, mais aussi la multiplication des maîtres d’ouvrage. À Saint-Estève-Janson, si la municipalité travaille à la réduction de l’éclairage, c’est la Métropole qui a aménagé l’entrée de ville… avec force réverbères.

    Mais les collectivités ne sont pas seules à illuminer la nuit. À Gignac-la-Nerthe, le dépôt logistique de Decathlon apparaît ainsi nettement sur les images satellites, fonctionnant 24 heures sur 24. « C’est plus compliqué de travailler avec ces acteurs parce qu’il faut aller voir chaque industriel et le coût est minime pour eux par rapport au reste », raconte le responsable du Cerema. Le parking de la gare TGV d’Aix-en-Provence en est un exemple. « Il est éclairé de façon catastrophique avec des projecteurs visibles de très loin, alors que c’est reconnu comme un secteur à enjeu environnemental », s’agace Paul Verny.

    S’ajoute, enfin, l’échéance des élections municipales. « Cela fait plaisir aux habitants quand on rallume », reconnaît le responsable. Sur les 23 communes où la Métropole est compétente en la matière, quatre ont d’ores déjà réclamé le retour de la lumière. Les allumeurs de réverbères, finalement, trouveront encore du travail.

  • Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Il va probablement falloir attendre plusieurs semaines avant que le feu ne soit définitivement considéré comme éteint », affirmait au matin du 18 août la secrétaire générale de la préfecture de l’Aude, Lucie Roesch. Selon elle, plus de 300 pompiers étaient toujours présents à La Ribaute en ce début de semaine pour intervenir sur des réactivations du feu « presque quotidiennes ».

    Pour rappel, un immense incendie s’est déclaré le 5 août aux alentours de 16h15, entre les communes de Lagrasse et de la Ribaute, au cœur du massif des Corbières. Les flammes ont ravagé quelque 17 000 hectares de territoire entre le 5 et le 9 août, dont environ 4 100 hectares de garrigue, 2 200 hectares de cultures et au moins 36 habitations. Le bilan humain du drame est tout aussi important : une personne est décédée dans l’incendie de sa maison et une autre est toujours en urgence absolue, tandis que l’on déplore aussi de nombreux blessés légers, dont une vingtaine de pompiers. Un pompier qui avait initialement été déclaré en urgence absolue serait cependant tiré d’affaire, selon la préfecture de l’Aude.

    « Du côté des services de l’État, nous continuons dans un premier temps d’accompagner les collectivités pour le rétablissement des réseaux d’électricité et de communication, explique Lucie Rosech. Mais pour l’instant, nous sommes toujours dans la gestion directe de l’événement  : le 17 août encore, il y a eu une reprise importante à Jonquières.  » La fonctionnaire précise que les estimations des dégâts matériels sur le terrain ne peuvent donc pas encore être exhaustives et qu’il faut aider les sinistrés en priorité.

    « Il y a, bien sûr, une nécessité de recenser tous les dégâts, poursuit-elle. Ce travail est entamé dans un premier temps par les sapeurs-pompiers. Mais derrière, il y aura un recensement plus exhaustif par les communes de l’endommagement des voiries, des espaces forestiers, etc. Différents dispositifs vont alors pouvoir s’enclencher. De façon immédiate par exemple : l’État va actionner un outil de prise en charge des frais que les communes avancent pour le relogement des personnes qui ont perdu leur maison. » Restera ensuite à entamer le chantier titanesque de la reconstruction du territoire. Selon la secrétaire générale de la préfecture, 90% des dégâts sont de nature forestière : « Il faut alors répondre à de nombreuses questions : Qu’est-ce qu’on reconstruit ? Qu’est-ce qu’on replante ? Qui finance ? »

    Un plan national pour l’Occitanie ?

    De son côté, la présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga, s’est rendue une première fois sur le terrain le 14 août, à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, où elle a participé à une réunion avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, des élus locaux et des vignerons. À cette occasion, la socialiste a lancé un appel au président de la République pour amorcer « un grand plan national d’investissements Occitanie Résiliente », qui reconnaîtrait la spécificité du territoire régional face aux effets du changement climatique. Face à la ministre de l’Agriculture, Carole Delga a également plaidé pour que l’État simplifie la construction de retenues collinaires : « Notre région doit faire l’objet d’un traitement exceptionnel du fait de sa situation exceptionnelle, car nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques. » Jeudi 21 août, l’élue s’est de nouveau rendue sur la commune de Coustouge, aux côtés d’Hélène Sandragné, présidente du Département et de Sébastien Pla, sénateur, afin d’animer, entre autres, une réunion de travail avec les maires des communes sinistrées par les incendies.

    Une solidarité immédiate

    « Dès les premières heures, nous avons constaté un grand élan de solidarité sur le territoire, se remémore Lucie Roesch. Je pilotais la cellule de crise et sur tout le territoire, des personnes se sont mobilisées pour ravitailler les pompiers et aider les naufragées sur les routes. Depuis, cet élan ne s’est plus arrêté. »

    La solidarité sur le territoire a aussi pris la forme d’initiatives institutionnelles. Éric Ménassi, maire PS de la commune de Trèbes et président de l’Association des maires de l’Aude (AMA), explique : « Il y a trois canaux différents de solidarité. Le premier est destiné aux pompiers et il est mis en place par l’Union départementale des pompiers de l’Aude. Le second est destiné à aider les sinistrés : il est porté par l’association Aude Solidarité. Enfin, avec l’Association des maires de l’Aude et avec le soutien de l’Association des maires de France (AMF), nous avons mis en place un fonds de solidarité dédié aux communes sinistrées. » Grâce à ce fonds, l’AMA espère apporter un soutien financier aux communes concernant les frais qui sortent des cas prévus par le droit commun, tels que les dépenses de nourriture pour les pompiers ou les dépenses logistiques. « Aujourd’hui, on dépasse les 26 000 euros de dons de particuliers et on estime à environ 100 000 euros les promesses de dons des différentes collectivités », ajoute Éric Ménassi.

    Comme beaucoup d’élus locaux, le maire de Trèbes se souvient des inondations qui avaient ravagé le département de l’Aude en 2018. « Dans ces moments graves, nous devons d’abord passer par une phase de constat, qui est celle que nous traversons maintenant. Le territoire est quasiment défiguré. Mais demain, notre rôle d’élu sera de s’organiser pour rendre le territoire plus résilient face aux conséquences du changement climatique. »

    Une enquête ouverte

    Pour ce qui concerne la détermination des causes de l’incendie dévastateur, une enquête a été ouverte dès le 6 août. Selon un communiqué du procureur de la République, l’ampleur de l’événement a conduit à ce que le parquet de Carcassonne, initialement compétent, se dessaisisse de l’affaire dès le 9 août au profit du pôle régional de l’environnement du parquet de Montpellier. Le ministère public indique également qu’au fur et à mesure des investigations des gendarmes et des services spécialisés, « il est apparu que cet incendie avait une cause anthropique, toute cause naturelle étant exclue ». Un collège de deux juges d’instruction a été saisi. Et si des investigations complémentaires sont évidemment nécessaires, les experts estiment déjà que l’incendie « pourrait avoir une cause criminelle résultant d’un acte volontaire ».

  • Un avenir incertain pour les vignerons

    Un avenir incertain pour les vignerons

    Ces vignes ont été plantées par mon père et mon grand-père. Tout est parti en fumée », déplore Baptiste Cabal, viticulteur du Cellier des demoiselles à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Son domaine a été l’un des plus touchés par le drame, avec 300 hectares de vignes brûlés et 90% de la propriété détruite. Au total, 1 100 hectares de vignes ont été dévastés par les incendies d’après le Syndicat des vignerons de l’Aude. « On se demande réellement si on va vendanger et utiliser les récoltes », indique Franck Saillan, son secrétaire général. « Avec les restes de fumée et de produit retardant, le vin risque d’être invendable ».

    Un coupe-feu végétal qui coûte cher

    Pendant la catastrophe, les vignes ont servi de pare-feu naturel, ralentissant les flammes pour protéger les habitations. Pourtant, les campagnes d’arrachage subventionnées par l’État ces dernières années pour éviter la surproduction due à la baisse de consommation de vin, produisent l’effet inverse. « Les dégâts humains et matériels sont essentiellement dus à la perte de surface viticole. On arrache du naturel pour laisser un bidon d’essence », estime Franck Saillan.

    Pour compenser les pertes économiques, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé, jeudi 14 août lors de sa visite dans l’Aude, le déblocage d’un fonds d’urgence de huit millions d’euros pour les agriculteurs sinistrés, complété d’une exonération fiscale et d’une avance jusqu’à 10 000 euros par producteur. Une solution qui, d’après Franck Saillan, ne sera suffisante qu’à court terme. « Il y a longtemps qu’on tire la sonnette d’alarme. L’incendie n’a surpris personne. Toutes ces vignes arrachées sont la conséquence d’une économie qui ne suit pas. Il faut se servir de ce drame pour prendre le problème à bras-le-corps ».

    Accès à l’eau, diversification de la production et compensation financière face aux handicaps naturels, les viticulteurs de l’Aude attendent un plan d’action sur le long terme. « Le département est habitué aux catastrophes comme celles-ci. Je pense notamment aux inondations de 2018, qui avaient débouché sur la mise en place d’alertes  », se souvient Franck Saillan. « J’ai espoir qu’on trouve des solutions pour maintenir les paysages comme on les connaît aujourd’hui ». « Il faut un projet fort », reprend Baptiste Cabal. « Le feu a coûté entre 80 et 100 millions d’euros à l’État. Si on nous en donnait une partie, on pourrait initier des changements pour l’avenir ».

    « Un laboratoire du réchauffement climatique »

    Lors de sa visite, la ministre de l’Agriculture a dit vouloir faire du département un « laboratoire du réchauffement climatique ». Présente également, la présidente de la Région Occitanie Carole Delga a appelé Emmanuel Macron à lancer un « un plan Marshall d’envergure ». « Nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques. L’État doit reconnaître sa spécificité à travers une adaptation réglementaire ».

    Pour l’heure, l’Association audoise des agriculteurs sinistrés appelle aux dons sur helloasso.com.

  • La Poudrerie : de friche industrielle à joyau écologique

    La Poudrerie : de friche industrielle à joyau écologique

    Les aiguilles de l’horloge qui surplombe le portail d’entrée du Parc de la Poudrerie sont arrêtées sur 16h50. « Ça correspond à l’heure de l’explosion qui a ôté la vie à 53 personnes en 1936 », explique Fabien Serinian, responsable du lieu. Le site de 136 hectares à cheval sur les communes de Miramas et Saint-Chamas renferme les vestiges d’un passé historique foisonnant.

    C’est en 1680 que les premiers bâtiments de la fabrique de poudre d’explosifs royale sont édifiés. « Les intendants de Louis XIV ont trouvé que l’endroit était adapté, en raison de sa proximité avec l’étang de Berre, de sa géographie encaissée sous les falaises, des nombreuses sources d’eau qui le traversent et de sa végétation qui permettait d’éviter l’espionnage industriel et de limiter le choc des éventuelles déflagrations », poursuit l’agent municipal. Une ressource indispensable pour nettoyer les infrastructures et faire tourner les 24 moulins à roues à augets servant à broyer le charbon, le salpêtre et le souffre.

    Au départ, la manufacture n’occupe que 2,5ha pour atteindre, à la veille de la seconde guerre mondiale, plus de 1305 hectares. On y dénombre alors 250 bâtiments. Environ 4 000 personnes y travaillent, dont un millier d’Indochinois enrôlé de force.

    En 1974, après 300 ans d’existence, le plus ancien pôle industriel de l’étang de Berre ferme définitivement ses portes. Aujourd’hui demeure la tour de garde creusée dans la colline de safre qui surplombe la zone de fabrication où trois moulins à poudre noire ont été restaurés, un séchoir et les étangs du directeur remis en eau en 2024. « Vingt ans après sa fermeture, la friche industrielle a été vendue par l’armée au Conservatoire du littoral », raconte Fabien Serinian. Décontaminé, démantelé puis inoccupé pendant près de 30 ans, le site s’est mué en parc naturel protégé dans lequel se sont installées 130 espèces d’oiseaux et plus de 600 plantes.
    « Cette année, on a eu la naissance de deux cigogneaux », confie le responsable en passant devant le nid.

    Du côté de l’entrée de Saint-Chamas, une flore typique des zones humides côtoie une cinquantaine d’essences exotiques ramenées des colonies au milieu du XIXe siècle par les directeurs successifs de la Poudrerie. « Vous allez voir, après quelques minutes de marches on arrive en Louisiane », prévient l’agent municipal. Chose promise, chose due : quelques centaines de mètres plus loin, l’ensoleillement et l’humidité due au réseau de canaux ont favorisé la formation d’une forêt hygrophile unique en Provence composée de cyprès chauves, arbres emblématiques de l’État américain. En remontant du côté de Miramas le Vieux, le milieu s’ouvre. Thym, romarins et oliviers se partagent la colline exposée au vent, typique de la région méditerranéenne. Au Parc de la Poudrerie, cinq kilomètres sont l’équivalent d’un voyage.

  • Les panneaux solaires du dépôt de la Rose alimenteront le métro

    Les panneaux solaires du dépôt de la Rose alimenteront le métro

    Directement du producteur au consommateur. Au premier semestre 2026, la RTM doit lancer le chantier pour la couverture de son nouveau dépôt de bus à la Rose, dans le 13e arrondissement de Marseille, par des panneaux photovoltaïques. Le chantier, qui doit s’achever avant la fin de l’année prochaine, permettra d’alimenter directement en électricité le métro marseillais.

    De 2015 à 2020, la régie des transports avait déjà créé le nouveau bâtiment d’exploitation, d’une capacité de 225 places, avant de réhabiliter jusqu’en 2021 l’atelier de maintenance. Alors que la flotte de bus doit progressivement basculer vers l’électrique, des travaux d’adaptation ont également été réalisés. Non sans heurts. Fin avril, la préfecture enjoignait la RTM de renforcer la sécurité incendie du site.

    Désormais, la régie arrive à la dernière étape de cet immense chantier qui était budgété pour 15 millions d’euros. Ce jeudi, elle a ainsi déposé une demande d’autorisation pour couvrir le toit d’ombrières photovoltaïques, placées entre 7 et 11 mètres de hauteur. Au total, 7 546 panneaux solaires doivent être installés, sur une superficie de 18 000 mètres carrés pour une puissance de 3,7 millions de watts crête. Un chantier en huit phases, pour maintenir l’activité du dépôt pendant les travaux. « L’énergie produite sera réinjectée sur l’alimentation nécessaire au fonctionnement du réseau, permettant ainsi de réaliser l’autoconsommation d’une production estimée à 5,3 MWh/an », explique la RTM. Soit 7% de la consommation électrique actuelle du métro.