Category: environnement

  • En « pèlerin », Olivier Galzi espère ressusciter la LEO

    En « pèlerin », Olivier Galzi espère ressusciter la LEO

    En décembre dernier, à l’heure où le préfet de Vaucluse annonçait enclencher la clôture du dossier de la LEO (Liaison Est-Ouest), Olivier Galzi en appelait « à la responsabilité du ministre des transports Philippe Tabarot » demandant « un moratoire en attendant l’élection d’un nouveau maire ». Désormais premier magistrat (DVD) d’Avignon et, depuis ce mercredi président du Grand Avignon, l’ex-journaliste fait du contournement routier sud d’Avignon son « dossier numéro 1 ».

    Avec d’abord, tout faire pour que la déclaration d’utilité publique du projet, actée en 2003 et qui s’achève au 31 décembre prochain soit prolongée. Rappelons que seule la tranche 1 sur 3 a été réalisée il y a plus de 15 ans (3,8km entre Courtine et Rognonas). Depuis, entre coûts ayant explosé et remise en cause d’un tracé jugé caduc par Cécile Helle et Joël Guin, désormais ex-maire d’Avignon et ancien président du Grand Avignon, la LEO était en voie d’extinction. À tel point qu’en novembre, le ministre des Transports a transféré les crédits prévus vers d’autres projets.

    « J’ai déjà pris quelques rendez-vous à Paris »

    Ce mercredi, Olivier Galzi a redémarré la LEO. Interrogé par l’écologiste Mouloud Rezouali qui l’enjoignait à « ne pas reprendre ce projet écocide et mortifère », le maire d’Avignon assume l’inverse : « Comme je l’ai dit lors de la campagne, je ferai tout pour la relancer, pas parce que c’est une lubie mais par nécessité. » Lors de la période électorale, il avait vanté son entregent et relais politiques qu’il comptait bien utiliser une fois élu. « J’ai déjà pris quelques rendez-vous à Paris dès lundi prochain pour évoquer ce sujet », se targue-t-il sans vouloir préciser avec qui. Mais il est fort à parier que ce soit auprès du ministère des Transports, après avoir déjà abordé le dossier avec le préfet.

    Très confortablement élu au Grand Avignon, Olivier Galzi se prévaut de sa « légitimité » et espère entraîner dans son sillage l’agglo voisine Terre de Provence du nord des Bouches-du-Rhône mais aussi les Départements 13 et 84 et la Région pour « avoir une communication officielle qui puisse dire que ce dossier n’est pas fermé » et, dans un second temps, « récupérer les crédits » initiaux. Le « bâton de pèlerin » nécessitera aussi de traverser le Rhône et de solliciter le Gard et la Région Occitanie, qui ne se sont jamais engagés sur le sujet.

    Le maire d’Avignon a conscience que le projet est imparfait mais s’en accommode. « Je sais bien que le tracé actuel n’est pas optimal et qu’on pourrait aujourd’hui faire mieux mais on n’a pas le choix que d’être pragmatique. Si on veut améliorer le tracé, il faut repartir sur des études et validations que nous n’aurions pas avant 20 ou 30 ans », prévient-il. L’avenir dira si cette tentative de résurrection virera ou pas au chemin de croix.

  • Les JO 2030 sur la voie royale après la décision du Conseil d’État

    Les JO 2030 sur la voie royale après la décision du Conseil d’État

    Les travaux d’aménagement des JO 2030 dans les Alpes ne sont pas chantier global, mais plusieurs ouvrages « éloignés géographiquement les uns des autres, (…) de natures diverses, avec des finalités variées ». C’est la conclusion à laquelle est parvenu le Conseil d’État ce vendredi 3 avril. Une décision qui dispense donc les autorités d’organiser un débat public sur le projet global, comme l’exige la charte de l’environnement, pour tout chantier ayant un fort impact environnemental.

    La Solideo promet

    des consultations

    Le 26 janvier dernier, le Tribunal administratif de Marseille avait pourtant enjoint le Comité d’organisation des Jeux (Cojop) et la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), à organiser un débat public sur le projet. Ce revirement du Conseil d’État a été accueilli avec satisfaction par les trois entités. La Solideo s’est toutefois engagée à une « démarche de concertation sur l’ensemble des ouvrages ». Une promesse qui ne rassure guère les opposants. « Les mécanismes de consultation organisés ne permettent aucunement d’avoir voix au processus décisionnel », critique Delphine Larra, juriste membre de JOP, collectif citoyen d’opposition aux JO 2030. Pour elle, « le Conseil d’État vient entériner la technique du saucissonnage, avec un argument qui ne tient pas la route juridiquement ». À la fin du mois, la France doit encore présenter ses arguments devant les instances de l’ONU devant lesquelles elle est accusée de ne pas respecter la convention d’Aarhus, traité qui exige la tenue d’un débat public pour tout projet d’aménagement ayant une incidence sur l’environnement.

  • À Gardanne, un pôle pour recycler les déchets plastiques

    À Gardanne, un pôle pour recycler les déchets plastiques

    Jusqu’ici le terrain face à Altéo était une friche. Jusqu’à ce que Stéphane et Christophe Testa, deux frères à la tête de MP Industrie, lancent le projet d’un Ecopôle, baptisé Molx, éponyme d’une carrière minière dans la zone d’Alvon, et doté d’une unité industrielle permettant la fabrication de Recyclène, matériau issu de déchets plastiques. Un matériau « assez lourd mais parfait pour être utilisé, et déplacé tous les jours, imputrescible, idéal pour les utilisations en extérieur, ne peut pas être peint », précise Christophe Testa. Le Recyclène, permet, par exemple, de fabriquer du mobilier urbain. Le projet Molx ambitionne, à moyen terme, « d’absorber la production de déchets ménagers plastiques de la commune de Gardanne à l’horizon 2035. On espère que ce projet soit reproductible et soit un morceau de la solution de la transition écologique et du problème des plastiques », estime Stéphane Testa, alors que ce mercredi, en présence des institutions et acteurs locaux partenaires du projet, validé par le PLUi en décembre 2025, celui-ci sera présenté en détail lors du lancement du chantier.

    Aligné avec à la transition

    « Ce sont 27 000m2 de foncier, c’est 8 000m2 de bâtiments qui vont être construits, ce sont une vingtaine de sociétés qui vont s’installer sur cette zone et la création d’une centaine d’emplois et d’utilisateurs sur la zone, développe Stéphane Testa. Au-delà de la construction et de la partie immobilière, ce qu’on voulait présenter est un écosystème autour des métiers de l’environnement, notamment autour du recyclage de plastique. On a pensé ce site comme une logique de filière avec au cœur de ce projet, la société MP Industries. » Le site, acquis en 2012, par l’EPF (établissement public foncier) a fait l’objet d’une convention d’intervention foncière à vocation économique en 2020 : décision prise conjointement avec le maire (LR) Hervé Granier et la Métropole. Fondée en 1998 à Gardanne, la société MP Industries est déjà installée sur un site industriel de Valabre, « peu adapté » au développement de l’industrie. Autour de l’activité principale de fabrication de Recyclène, 3 500m2 sont laissés disponibles pour des partenaires du projet, startups et PME (petites et moyennes entreprises) pour « qu’ils puissent travailler le produit Recyclène ». Activités de commerces et services, comme une micro-crèche, devraient sortir de terre. Pour Hervé Granier, maire (LR) de Gardanne, le projet « s’inscrit pleinement dans la priorité que nous portons pour Gardanne en matière d’environnement. Votre ambition de contribuer à faire de notre ville un territoire neutre en déchets plastiques à l’horizon de 5 à 7 ans à travers un Ecopole capable de traiter l’équivalent de déchets produits par la commune est à la fois concrète et inspirante ». Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix-en-Provence, estime que « c’est un des premiers projets qui va s’installer ici, cela fait partie d’une dynamique qu’on veut ensemble instaurer pour le territoire de Gardanne et l’ancien bassin minier de Provence ». Il faudra attendre l’hiver 2026, avant que la première tranche du projet ne soit livrée.

  • [Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature

    [Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature

    Parrainée cette année par le photographe professionnel Lucian Métivier, la quatrième édition du concours photos « émerveiller pour sensibiliser » du Conservatoire d’espaces naturels de la région (CEN Paca), affiche pour thématique « Concilier les vivants ». Ce concours a été lancé ce mercredi 1er avril et s’adresse aux photographes professionnels, amateurs, mais également aux jeunes passionnés âgés de moins de 18 ans. Un rendez-vous très attendu des amoureux de la nature, entièrement gratuit, où chaque participant peut proposer jusqu’à cinq clichés pris en milieux naturels. Cette année, un regard sensible sur la nature de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement attendu.

    Explorer la cohabitation possible à travers l’image

    Entre juin et juillet, le jury sélectionnera dix photographies, selon plusieurs critères : respect du thème, qualité artistique et technique, impact émotionnel et capacité de l’image à émerveiller tout en sensibilisant à la préservation du patrimoine naturel régional.

    Le tout autour de différents thèmes, à savoir les oiseaux, les mammifères, la faune herpétologique que constituent les amphibiens et les reptiles, l’entomofaune qui désigne les insectes et autres arthropodes tels que les crustacés ou encore les mille-pattes, les araignées ou les collemboles. Sans oublier les paysages et la flore.

    Les participants sont ainsi invités à explorer, à travers leurs images, les relations, équilibres et cohabitations possibles entre les êtres humains et l’ensemble du vivant sur les territoires.

    Respecter la nature
    et la valoriser

    L’association tient à préciser que « photographier la nature, c’est avant tout la respecter ». La structure valorise, par ce concours, « une approche éthique et responsable : pas d’appâts, par de dérangement et pas de mise en scène artificielle ». La remise des prix aura lieu quant à elle le 26 novembre prochain au Palais du Pharo à Marseille, à l’occasion du Congrès national des Conservatoires d’espaces naturels. De nombreux lots sont à gagner.

    En 2025, les 50 ans
    du Conservatoire

    Pour rappel, l’édition précédente avait proposé un thème intitulé « 50 Hommages au Sauvage », en écho à l’anniversaire des 50 ans du Conservatoire. Le jury, composé notamment de David Tatin, parrain de l’édition et photographe professionnel, ainsi que trois membres du Conservatoire aux compétences naturalistes et photographiques, avaient dû faire un choix parmi les 1 245 photographies reçues de la part des 317 participants.

    Pour vous inscrire au concours et prendre connaissance du règlement, rendez-vous sur le site internet cen-paca.org

  • [Région Sud] Vers une gestion durable du territoire

    [Région Sud] Vers une gestion durable du territoire

    C’est la deuxième fois que le Parlement de la mer, crée en 2022 par la Région Sud pour « répondre collectivement aux grands défis de la Méditerranée », se réunit en assemblée générale. Organisée dans l’hôtel de Région (2e) mercredi, la réunion était animée par Christophe Madrolle, conseiller régional (Union des centristes et des écologistes) et président de la commission « biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques », l’une des cinq qui composent le Parlement de la mer. Avec elle : « Une commission pêche, une commission économie bleue, une commission nautisme yachting et une commission sport », détaille-t-il. Parmi les points mis en avant : la volonté de ne pas « opposer économie et écologie », note François de Canson, vice-président de la Région (DVD) en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Et de rappeler la création, en mars 2025, de la certification « Territoires engagés pour la Méditerranée », imaginée pour « valoriser l’identité maritime des territoires et soutenir le développement des politiques publiques qui s’inscrivent dans une gestion durable de l’espace maritime et littoral ». « L’occasion de permettre à tous les acteurs de travailler ensemble », insiste le maire de la Londe-les-Maures (83), première commune labellisée.

    Autres points forts du bilan, d’après la Région : les « 6,6 millions d’euros d’aides régionales mobilisés pour accompagner les ports de plaisance certifiés ports propres » ou encore les « 30 millions d’euros investis dans le cadre du plan escales zéro fumée pour permettre la connexion électrique des ferries et navires de croisière à quai ». Une mesure très attendue.

    Perspectives

    En plus de la poursuite des démarches déjà engagées depuis 2022, la Région annonce ajouter de nouvelles missions au Parlement de la mer.

    Sont notamment prévus : le développement de nouveau carburants pour décarboner les flottes de navires, la mise en place du projet « éolien flottant » pour valoriser l’usage des énergies marines renouvelables, la création d’une labellisation« 100% sud », avec une signalétique « Valeurs du sud » dans les ports pour valoriser les produits et garantir une traçabilité ou encore l’apparition d’un « tourisme contrôlé » avec la création d’un « pass visiteur multimodal ». L’ambition est de « développer les mobilités durables » et de nouveau itinéraires, notamment autour de la « véloroute du littoral », qui doit relier le Gard à Nice par 500km de pistes cyclables. Vaste programme.

  • Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Une vague de gel tardif touche une grande partie de l’hexagone et les Hautes-Alpes ne sont pas épargnées. Les températures sont tombées à -5 C° dans certaines vallées, aux heures les plus froides. Une menace qui affecte les cultures arboricoles Hautes-Alpes, où sont produites 10% des pommes et poires du pays. « Sur les échantillons que j’ai pu visiter, pour l’instant, ce n’est pas encore catastrophique, mais j’ai déjà observé des dégâts, explique Mathilde Chabot conseillère technique en arboriculture à la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes. Il y a encore des possibilités de gel jusqu’à vendredi matin. D’ici là, les arboriculteurs ne vont pas bien dormir. »

    Face à ce risque, les cultivateurs ont plusieurs techniques : asperger les vergers pour créer une couche de glace protectrice, disposer des brûlots dans les parcelles et des éoliennes pour disperser l’air froid ou encore créer des écrans de fumée par des feux de paille. La problématique n’est pas nouvelle, mais le dérèglement climatique en accentue les effets. La hausse des températures entraîne un bourgeonnement de plus en plus prématuré, qui expose alors les bourgeons des arbres fruitiers plus tôt aux gels tardifs du printemps. « Dans certaines parcelles, le bourgeonnement a un mois d’avance par rapport à il y a 25 ans, rapporte Mathilde Chabot. À part l’an dernier, qui avait été exceptionnel, c’est devenu un problème qui revient chaque année. »

    Ce gel tardif vient aussi toucher une filière déjà fragile. « L’année dernière, le puceron a fait beaucoup de dégâts. Sa toxine empêche les arbres de fleurir l’année suivante. Donc, on démarre une saison avec un potentiel de production qui est déjà faible, déplore Éric Allard, arboriculteur sur le département. En plus, en France, on ne peut plus produire et lutter contre les maladies et les ravageurs dans des conditions satisfaisantes, avec les mêmes les moyens sanitaires que les autres pays européens. »

    Peu d’agriculteurs assurés

    Sans être d’une intensité inédite, le gel peut avoir de graves conséquences pour les arboriculteurs, dont on estime qu’une majorité n’est pas assurée. En 2023, le régime des calamités agricoles a été modifié. Avant cette date, l’État indemnisait les agriculteurs en cas de catastrophe mais depuis, une indemnisation combinée de l’État et des assurances privées a été mise en place, selon le taux de perte. L’État subventionne en partie les indemnisations des assurances, mais n’indemnise directement qu’en cas de pertes estimées à plus de 70%. « Avant, on ne sortait pas d’argent et s’il y avait du gel, l’État indemnisait. Maintenant, il n’intervient pas sur des gels de petite ou moyenne ampleur, il faut donc souscrire à une assurance, c’est quand même une somme, et il y a beaucoup d’agriculteurs qui ne le font pas, explique Camille Roland, arboriculteur en bio au Monêtier-Allemont. Je ne suis pas sûr que ce soit un cercle vertueux. Pour des gels de moyenne intensité comme en ce moment, l’État ne les indemnisera pas, c’est une vraie prise de risque. » Reste encore une paire de jours à serrer les dents, les prévisions météorologiques annoncent une remontée des températures en fin de semaine.

  • [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    Le 7 avril 2026, la France accueillera à Lyon un sommet « One Health* », consacré à l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Ce rendez-vous d’action ne peut ignorer un enjeu majeur pour notre territoire méditerranéen : la protection des pollinisateurs.

    La région Provence-Alpes-Côte d’Azur occupe une place majeure dans l’apiculture française. Elle accueille plusieurs milliers d’apiculteurs, professionnels et amateurs, et se caractérise par une forte diversité florale à l’origine de productions de miels reconnues. L’agriculture régionale – arboriculture fruitière, cultures maraîchères, semences, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (lavande, thym, romarin…) – dépend largement de la pollinisation animale.

    Les abeilles domestiques, les bourdons d’élevage et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages. À l’échelle mondiale, 60 à 80% des cultures dépendent au moins partiellement de la pollinisation animale, représentant environ 35% de la production alimentaire. La pollinisation conditionne également la biodiversité végétale et, indirectement, la biodiversité animale.

    Pourtant, les constats scientifiques sont préoccupants. Ce service écosystémique** essentiel est aujourd’hui fragilisé. En Europe, les populations d’insectes déclinent fortement. En Paca comme ailleurs, certaines zones agricoles voient leurs paysages se simplifier, les ressources florales se raréfier et l’exposition aux pesticides persister. Le changement climatique accentue encore ces pressions, avec des étés plus chauds et plus secs.

    Notre région illustre aussi un paradoxe bien connu : des milieux naturels (garrigues, maquis, forêts…) en apparence riches peuvent manquer de ressources sur la durée. Après des floraisons printanières intenses mais brèves, les périodes estivales peuvent devenir critiques pour les pollinisateurs, soumis à un véritable stress alimentaire voire hydrique.

    Les abeilles sont également de précieuses sentinelles de l’environnement. En butinant, elles révèlent la présence de polluants dans leur environnement, faisant de la ruche un outil de surveillance à la fois agricole, écologique et sanitaire. Les informations données par les analyses des produits de la ruche sont essentielles dans le cadre d’une politique de santé publique efficace.

    Aujourd’hui, le diagnostic scientifique est posé. L’enjeu est maintenant d’agir. Cela suppose de mieux accompagner la santé des colonies, de faire évoluer les pratiques agricoles, de restaurer des paysages riches en ressources florales tout au long de l’année et d’intégrer pleinement tous les pollinisateurs dans les politiques publiques.

    Cela implique des choix concrets mais aussi concertés entre les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et Région – en matière d’aménagement, de gestion des espaces publics et de soutien aux apiculteurs et agriculteurs, afin de faire des pollinisateurs une priorité territoriale et non une variable d’ajustement.

    En Paca, la protection des pollinisateurs n’est pas une question secondaire. Elle conditionne la résilience de nos territoires, l’avenir de notre agriculture et, à terme, notre propre santé. Les solutions existent. Il appartient désormais aux décideurs de les mettre en œuvre.

    *Une Seule Santé

    ** Un service écosystémique désigne l’ensemble des bénéfices que les êtres humains et autres êtres vivants tirent des écosystèmes, directement ou indirectement.

  • Poll’OC : le nouveau système de détection des pollens

    Poll’OC : le nouveau système de détection des pollens

    Informer pour mieux lutter, c’est le principe du nouveau système de détection des pollens Poll’OC. Impulsé en 2022 par l’entreprise Atmo Occitanie en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé Occitanie, ce dispositif permet de mieux prévoir les risques d’exposition aux pollens. Combinant des mesures de terrain et des modélisations précises, l’objectif est clair : réduire les risques sur la santé des citoyens concernés par des allergies liées aux pollens. Installée dans près de 164 intercommunalités en Occitanie et analysant les taux de 22 types de pollens différents, le site internet revient en 2026 avec une meilleure couverture. « Avant 2025, les services de détection des pollens étaient assez restreints. Les chiffres des taux étaient donnés par département et seulement 7 types de pollens étaient traités », explique Dominique Tilak, directrice générale Atmo Occitanie.

    Une couverture territoriale élargie

    Un dispositif mis en relation aussi avec des observations de terrain. Poll’OC propose à tous de participer en informant l’organisme sur l’avancée des floraisons. Une « méthode efficace » selon Dominique Tilak : « Avoir la participation des citoyens au sein de Poll’OC, c’est la garantie d’un meilleur service. Depuis 2025, on a recensé pas moins de 800 observations transmises par des particuliers  ».

    Un maillage territorial fort que salue aussi Alain Didier, pneumologue et allergologue au CHU de Toulouse, partenaire du projet : « Poll’OC est pour nous un excellent moyen de prévention pour informer les personnes à risques. Avec le retour des périodes printanières et estivales, ceux atteints notamment d’asthme ou de rhinite allergique ont besoin de ces données et de ces chiffres  ». D’autant que ces indications sont devenues personnalisables, explique Dominique Tilak : « L’une des grandes nouveautés avec ce système, c’est la personnalisation. Chaque utilisateur peut choisir une zone géographique et un ou plusieurs pollens pour connaître les taux présents dans l’air ». Une nouveauté qui devrait s’accompagner, dans les prochains mois, « d’une meilleure visibilité » selon Atmo Occitanie avec la mise en place d’une nouvelle tranche de données pour 2026. « Le prochain objectif maintenant c’est de passer à des prévisions les plus précises possibles à J+7 pour cette année », précise la directrice.

  • Lagune de Thau : un plan pour protéger la grande nacre

    Lagune de Thau : un plan pour protéger la grande nacre

    Alors que depuis 2016 un parasite décime les populations de grandes nacres dans une grande partie de la Méditerranée, au point que ce coquillage endémique emblématique des fonds marins méditerranéens est classé en danger d’extinction, la lagune de Thau fait figure d’exception. De sanctuaire. On y recense en effet plus de 100 000 individus de ce bivalve géant, qui peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur, « ce qui confère au territoire une responsabilité particulière pour la connaissance et la préservation de l’espèce », souligne le Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT).

    Fort de cette responsabilité, le SMBT a lancé en 2025 et pour deux ans un projet collectif baptisé “Recrue”, terme qui désigne les jeunes grandes nacres, dont l’objectif est de collecter, à des fins de préservation, des spécimens captés grâce à un réseau de conchyliculteurs volontaires. « Le projet est né de l’observation d’un conchyliculteur de Loupian qui a remarqué la présence de jeunes grandes nacres – de quelques centimètres seulement – fixées sur son matériel d’élevage d’huîtres », rapporte le SMBT. Qui a donc décidé de structurer, en partenariat avec le Comité régional de la conchyliculture de Méditerranée, la communauté scientifique et plusieurs acteurs du territoire, une démarche permettant leur collecte.

    Les grandes nacres de Thau s’exportent dans le Var

    Les jeunes grandes nacres récupérées dans les installations conchylicoles de la lagune de Thau sont ensuite soit stockées sous la table conchylicole du lycée de la mer Paul Bousquet, soit transférées en bassin à la station marine de Sète, soit mises à disposition de projets scientifiques ou encore intégrées à des démarches de conservation, lorsque les conditions sont réunies. « L’objectif est de mieux connaître cette espèce et de contribuer à sa protection, dans un cadre scientifique et réglementaire strict », indique le SMBT.

    Une nouvelle étape de ce projet, soutenu financièrement par France nature environnement (FNE) à hauteur de 35 000 euros, a été franchie le 19 mars dernier avec le transfert, pour la première fois, d’une vingtaine de spécimens issus de la lagune de Thau vers l’île varoise des Embiez, au large de Six-Fours-les-Plages. « Ces individus vont désormais permettre de mener des travaux de recherche (analyse de résistance) et de test de transplantation », explique le SMBT.

  • Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Ce ne sont pas des grosses avancées… voire pas des avancées du tout », constate Rémy Marseille, responsable de la commission loup des Jeunes agriculteurs des Hautes-Alpes. Selon lui, les mesures d’assouplissements d’abattage du canidé sont trop timides. Fin février, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait pourtant annoncé une augmentation du quota d’abattage, réclamée par la majorité des syndicats d’agriculteurs. Désormais, 21% des individus présents sur le territoire, (on en estime environ mille), pourront être tués, contre 19% auparavant. Soit une augmentation de 200 à environ 220 individus abattus par an.

    Les conditions et critères de restriction des possibilités de tirs ont été également grandement simplifiés de manière à rendre plus souple la réactivité des éleveurs sur le terrain. En pratique, il y a désormais beaucoup moins de critères à remplir et de démarches administratives à effectuer avant de procéder à un tir de défense.

    Pourtant, cela n’est pas suffisant selon Rémy Marseille. « Les attaques augmentent et le front de colonisation aussi, la régulation est trop faible, déplore-t-il. On ne peut pas plus se protéger que ce que l’on fait déjà. D’autant qu’avant de demander à un sergent de louveterie de venir tirer, il faut attendre une deuxième attaque. Mais en une attaque, on peut perdre beaucoup de bêtes. » Bien que critiqués, les tirs restent selon lui la meilleure solution pour éviter les attaques. « Quand on abat un loup tôt dans la saison, cela peut stopper les attaques. Sur la commune d’Ancelles l’an dernier, il y avait eu beaucoup de pertes de bétail, trois loups ont été prélevés et le secteur a été épargné pendant les trois semaines suivantes. » Comme beaucoup d’éleveurs, il ne réclame pas une augmentation des quotas, mais leur suppression pure et simple.

    Les associations crient

    au non-sens

    Pour les associations de défense de l’environnement comme One Voice, cette politique est une impasse. « On essaie de les massacrer, mais ça ne marchera jamais. Ils reviennent depuis l’Italie où ils sont plus nombreux et mieux protégés qu’en France. Il y a d’ailleurs là-bas beaucoup moins de dégâts causés par les loups parce qu’il y a une réelle volonté de cohabitation », rétorque Muriel Arnal, fondatrice de One Voice.

    De l’autre côté des Alpes, où l’on compte environ 3 000 loups, il semble y avoir moins d’attaques par individu, et la coexistence électrise moins le débat, principalement en raison d’une organisation pastorale et d’un système d’aide aux bergers bien rodés, car habitués depuis longtemps à la présence de l’animal qui n’a jamais totalement disparu. Paradoxalement, l’Italie dépense pourtant moins que la France sur ce volet.

    Pour Muriel Arnal, c’est bien du côté italien que devraient regarder les autorités françaises. « Le préfet, au lieu de mettre en place des mesures de protection des troupeaux, élargit la possibilité de tuer, alors qu’on sait très bien que ce n’est absolument pas efficace. » Pour elle, il s’agit d’une « volonté électoraliste » qui « ne cherche pas à résoudre le problème sur le long terme ». Si l’efficacité des tirs est sujette à débat, leur augmentation ne menace pas directement la survie du loup. Selon les scientifiques, le paradoxe est plutôt que des tirs trop nombreux risquent de désorganiser les meutes… ce qui conduit à des attaques plus fréquentes.