Category: environnement

  • Un projet mené sur trois pour mobiliser sur la qualité de l’air

    Un projet mené sur trois pour mobiliser sur la qualité de l’air

    Chaque année en France, plus de 40 000 décès peuvent être imputés à la pollution de l’air, selon un rapport de Santé publique France en 2025. Pourtant, les enjeux de qualité de l’air et leurs impacts sur la santé et l’environnement restent mal connus, « parce que c’est vrai que mesurer et appréhender ce qu’on respire dans une pièce, cela nécessite des moyens qui sont généralement lourds », explique Dominique Robin, directeur général d’AtmoSud.

    Depuis trois ans, AtmoSud, l’observatoire régional de la qualité de l’air, et France nature environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur (FNE Paca), fédération d’associations environnementales, pilotent le projet de sciences participatives Capt’Air Citoyen. L’objectif : « Rendre accessible et compréhensible l’information par l’engagement pour impulser les changements de comportement », résume Dominique Robin. Les deux organisations accompagnent des structures volontaires au sein du projet dans les protocoles qu’elles souhaitent mettre en place.

    Pour agir, comprendre

    L’association Air Citoyen a par exemple décliné le programme Air’Ô au sein du projet Capt’Air. « Fournir des capteurs pour mesurer la qualité de l’air intérieure et extérieure ne suffit pas à mobiliser, raconte Magali Guyon, fondatrice de l’association. Pour nous, l’enjeu réside surtout en l’accompagnement des participants : l’installation des capteurs, leur suivi, le partage d’expériences ». Au total, 56 participants de Belsunce, Noailles et la Belle de Mai ont suivi le programme, ces trois dernières années. 85% d’entre eux ont modifié leurs pratiques pour améliorer la qualité de l’air, selon Magali Guyon.

    Aurélie Biron, directrice de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Activ’Santé, témoigne quant à elle de résultats intéressants auprès des professionnels de santé qui ont participé au projet Capt’Air, dans les 4e et 5e arrondissements de Marseille : « Des capteurs installés dans des cabinets médicaux ont révélé des taux de particules fines et de CO2 bien supérieurs aux seuils limites, à cause des conditions de renouvellement de l’air très insuffisantes. » Elle rapporte que cette action « a permis de sensibiliser les médecins et la patientèle à la qualité de l’air et de dépasser l’approche curatif pour aller vers le préventif ».

    Capt’Air s’inscrit dans une démarche territoriale plus large, au sein des Plans de protection de l’atmosphère (PPA) développés par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). La Dreal, qui finance déjà le projet, souhaiterait encourager sa poursuite qui va « au-delà des mesures classiques en matière de préservation de la qualité de l’air », indique Zoé Mahé, directrice adjointe.

  • Une mission pour sauver le crapaud des Alpes

    Une mission pour sauver le crapaud des Alpes

    « On n’en a récupéré que cinq, c’était le dernier soir. » Jeudi 12 mars marquait la fin de la saison pour Éliane Dupland et son petit groupe. Responsable de l’antenne locale de la LPO de Gap (Hautes-Alpes), elle se rend chaque soir au bord de la départementale 19 qui jouxte le lac de Pelleautier. À ses côtés, avec leurs seaux et leurs gants, des bénévoles, sympathisants ou personnes désireuses d’aider. Commence alors une drôle de cueillette : il ne s’agit pas de champignons ou de fruits, mais de batraciens. Lampe torche à la main et gilet jaune sur le dos, par petits groupes, ils ramassent les crapauds sur la route pour les déposer de l’autre côté. Ils leur évitent ainsi de se faire écraser par les automobilistes qui empruntent cette route fréquentée.

    Des effectifs en chute

    « On patrouille le long de la route, avec nos sceaux, on met les gilets, lampes frontales, torches, on enfile nos gants », explique Éliane. S’ils viennent par petits groupes de sept à quinze personnes, au total, ils sont 52 à avoir participé à la campagne de cette année. « On donne aussi aux voitures qui s’arrêtent une petite fiche qui les appelle à lever le pied pour les crapauds… Et pour ceux qui les ramassent », détaille Éliane. De son côté, la préfecture installe, à cette période, une limitation de vitesse à 50 km/h. « Et ils sont loin de tous la respecter, regrette Éliane. Au début, on a été victimes d’incivilités incroyables, voitures taguées, insultes, vol de notre matériel… Mais, au fil des ans, il y en a beaucoup plus qui ralentissent et qui comprennent. »

    Chaque année, des centaines de crapauds rejoignent le lac de Pelleautier à la fin de l’hiver. En majorité de l’espèce du crapaud épineux (Bufo spinosus), ils traversent les champs et, malheureusement, les routes pour rejoindre le lieu de leur naissance afin d’y pondre à nouveau. Or la mortalité routière fait chuter les populations de cette espèce déjà menacée.

    « En 2014, la première année où l’on a lancé ces opérations de sauvetage, on comptait 1 100 crapauds sauvés. Ça a diminué d’année en année. En 2021, on est tombés à 300 et même à 196 l’an dernier, alerte Éliane Dupland. Affolés, on a organisé une réunion technique le 24 février, à la veille de la campagne de cette année. » Plusieurs raisons à cette hécatombe ont été avancées : la circulation routière, bien évidemment, mais aussi les pratiques agricoles. Les intrants chimiques, les labours profonds ou encore la disparition des haies menacent les populations de crapauds qui vivent dans les champs et les bosquets. Il y a aussi les sécheresses causées par le changement climatique, qui affectent le lac de Pelleautier. En 2022, il était presque à sec. « Ça grouillait de têtards presque adultes. Ils étaient en train d’agoniser faute d’eau », se remémore Éliane.

    Le groupe milite pour l’installation de crapauducs temporaires. Ce sont des filets installés le long des routes, qui redirigent les crapauds vers des seaux que les bénévoles vident ensuite. « On l’a demandé dès la première année, mais on nous a dit que c’était trop cher. Un crapauduc temporaire coûterait 20 à 30 000 euros, regrette Éliane. Mais ce serait quand même un comble qu’on ne protège pas les animaux dans ce département où la nature est reine. »

  • Le Conseil constitutionnel valide la loi d’organisation des JO d’hiver 2030

    Le Conseil constitutionnel valide la loi d’organisation des JO d’hiver 2030

    Une épine en moins dans le pied pour le comité d’organisation des Jeux olympiques ? La décision rendue ce jeudi par le conseil des sages en a tout l’air. Attaquée devant le Conseil constitutionnel par des députés de gauche, la loi relative à l’organisation des Jeux d’hiver en 2030 dans les Alpes prévoit toute une série de dérogations permettant d’enjamber le droit, quitte à susciter de sérieuses inquiétudes. En cause, le prolongement de l’expérimentation de vidéosurveillance algorithmique, déjà testée pendant les JO de Paris en 2024. Ou encore l’interdiction de paraître individuellement sur le lieu de l’événement ou à proximité pour toute personne qui « présente un risque sécuritaire ». Autre volet dénoncé, les nombreuses dérogations au droit de l’environnement. Le texte permet de comptabiliser au niveau national l’artificialisation des sols engendrée par l’aménagement des Jeux, diluant ainsi l’impact local dans les statistiques nationales.

    Les militants pointent l’absence de consultation

    Également, l’obligation de consultation des citoyens pour tout projet à fort impact environnemental, à laquelle la loi prévoit de répondre par une « consultation par voie électronique » que les dénonciateurs du texte jugent insuffisante. « En l’état on nous promet seulement de nous prononcer après coup sur la couleur de la moquette », déplore Delphine Larat, juriste co-fondatrice du collectif citoyen JOP 2030 pour plus de transparence sur l’organisation des Jeux. Pour elle, tous ces contournements n’ont jamais été débattus démocratiquement : « L’installation des Jeux a été organisée avec des délais bien trop courts pour respecter le droit, et le Conseil vient ensuite légitimer toutes ces dérégulations pour tenir ces mêmes délais, au nom d’un intérêt général qui n’a jamais été discuté, ni étayé, ni argumenté. »

    Si une étape majeure a été franchie, la France n’est pas encore libérée de toutes ses obligations. Attaquée en justice devant des instances de l’ONU par des associations et collectifs de citoyens dont JOP 2030, elle devra répondre des accusations d’absence de consultation publique établie par la convention d’Aarhus. Traité international que la France a ratifié en 2002.

  • Le ciel célèbre le retour du printemps avec l’équinoxe

    Le ciel célèbre le retour du printemps avec l’équinoxe

    C’est quoi, l’équinoxe ?

    L’équinoxe est connu pour marquer le retour du printemps, mais pour les astronomes, c’est aussi le moment où le Soleil se trouve directement au-dessus de l’équateur. Les hémisphères Nord et Sud sont alors éclairés de la même façon et les durées du jour et de la nuit sont égales.

    Cet événement naturel, qui se produit chaque année à la même période, offre aux curieux comme aux passionnés l’occasion d’observer le ciel et les étoiles pour remonter le fil de l’Histoire, de l’apparition du genre humain jusqu’à nos jours, thématique de cette nouvelle édition.

    Le tout en gardant à l’esprit que la lumière voyage à une vitesse finie : elle met du temps à parcourir les distances immenses qui nous séparent des astres. De ce fait, nous voyons les objets célestes aujourd’hui tels qu’ils étaient, pour la plupart, il y a plusieurs années.

    Divers temps forts

    Dès le crépuscule, la Lune en croissant, ainsi que Vénus et Jupiter, ouvriront le bal, suivies de près par les merveilles du ciel : amas, nébuleuses ou encore galaxies, visibles à l’œil nu, aux jumelles ou au télescope.

    Ainsi les rendez-vous sont donnés à L’Isle-sur-la-Sorgue samedi à partir de 19h au stade Saint-Jean, à Martigues le même jour au niveau du Phare de la Couronne, parking de la Maison médicale à Velaux, dès 19h. Et le dimanche, l’événement se déroule à la Base nature de Fréjus, dès 17h.

  • L’État et EDF condamnés pour préjudice écologique

    L’État et EDF condamnés pour préjudice écologique

    La justice a donné raison à l’association l’Étang nouveau. Les rejets d’eau douce de la centrale électrique EDF de Saint-Chamas, « par leur ampleur, leur durée et leurs effets », portent bien une « atteinte non négligeable à l’écosystème de l’Étang de Berre, par sa désoxygénation et la prolifération de matières organiques, à l’origine d’un préjudice écologique », reconnaît le tribunal administratif de Marseille dans son jugement.

    « En conséquence, la responsabilité de l’État et de EDF, chargée de l’exploitation du canal de la Durance depuis 1955 et de centrales, en raison du fonctionnement même de ce canal usinier, est retenue », relate la décision du 12 mars.

    Évaluer la saisonnalité

    C’est « une première » dont se réjouit le cabinet d’avocat TTLA qui porte le dossier, bien qu’aucune remise en état ni aucune indemnité n’aient été prononcées. L’Étang nouveau réclamait 200 000 euros répartis entre EDF et l’État.

    Alors qu’un protocole expérimental de 4 ans avait été signé entre l’énergéticien et le Groupement d’intérêt public de l’étang de Berre pour saisonnaliser les rejets, le tribunal enjoint néanmoins les défendeurs à « évaluer les conséquences des modifications apportées au fonctionnement des centrales sur l’état écologique de l’étang de Berre au terme de la période d’expérimentation, soit en prolongeant celle-ci, soit en pérennisant les nouvelles modalités, soit, en l’absence d’amélioration notable, en les modifiant en vue de permettre une réduction effective des phénomènes d’eutrophisation et d’anoxie provoqués par les rejets d’eau douce du canal EDF de la Durance ».

  • Au printemps, attention à la faune et à la flore

    Au printemps, attention à la faune et à la flore

    Mais c’est aussi le moment où la nature reprend ses droits et se réveille de l’hiver. Une période essentielle pour la faune et la flore : reproduction, floraison, nidification, émergence des jeunes… Autant d’étapes fragiles pour de nombreuses espèces.

    Ainsi, l’activité humaine peut devenir dérangeante à l’arrivée des beaux jours, même de manière involontaire. La Ligue de protection des oiseaux de la région, dont la mission première est de protéger la nature, lance donc une campagne pour rappeler au grand public quelques gestes simples permettant de concilier plaisir et préservation.

    Attention aux animaux
    et aux fleurs

    Il est important de rappeler que certains oiseaux nichent au sol, dans les garrigues, les zones boisées ou encore dans les falaises. Des dérangements répétés pourraient provoquer un échec de la reproduction. Pour ce qui est des chauves-souris, elles sortent tout juste de leur période d’hibernation et retrouvent progressivement leurs forces.

    Les reptiles et les lézards, eux, recommencent à se réchauffer au soleil et peuvent rester immobiles sur les pierres ou même sur les sentiers. C’est aussi le moment où la flore fleurit à nouveau. Elle reste très fragile face au piétinement. Il est donc fortement conseillé de ne pas prélever ni arracher les plantes à cette saison.

    Quels réflexes adopter pendant vos loisirs

    Ainsi, face à ces enjeux
    de biodiversité, et en s’appuyant sur le programme Biodiv’Sport, la LPO recommande de se renseigner en amont sur la réglementation en vigueur dans les zones de pratique. Les sites internet des espaces naturels sont à ce titre une mine d’informations utiles.

    Si vous souhaitez faire de l’escalade, il est essentiel de respecter les arrêtés de protection ainsi que les panneaux temporaires signalant la nidification. Pour le VTT, le trail ou la randonnée, il convient de rester sur les chemins balisés et de tenir son chien en laisse. Sans oublier l’observation ou la photographie, où il peut être tentant de sortir des sentiers pour s’approcher le plus possible d’une espèce. Mieux vaut utiliser des jumelles ou observer à distance pour éviter le dérangement. Des gestes simples qui permettent au plus grand nombre d’avoir l’opportunité d’observer la faune et la flore en agissant chacun à son échelle, tout en préservant cette biodiversité essentielle qui se développe en pleine nature.

    Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet de la LPO.

  • [Hautes-Alpes] La saison d’hiver généreuse jusqu’à la fin

    [Hautes-Alpes] La saison d’hiver généreuse jusqu’à la fin

    Jusqu’à 40 cm attendus au-delà de 1 800 mètres et 10 à 15 cm à 1 000 mètres, Météo France promet de belles tombées de neige sur le sud du département. De quoi prolonger encore un peu la saison sur certaines stations, comme à Pelvoux-Vallouise où le ski de randonnée sera prolongé d’une semaine, jusqu’au 29 mars. « On a déjà eu un très bon hiver avec des quantités de neige astronomiques, ce n’était pas arrivé depuis dix ans », confie Cynthia Rezgui, chargée de communication du côté de l’office de tourisme du Pays des Écrins. « Malgré les incertitudes quant au changement climatique, au final, on voit que l’arrière-saison se prolonge jusqu’à mi-avril dans les stations du Parc », se réjouit-elle.

    Bonne nouvelle pour

    les stations plus basses

    Un événement également très bien reçu du côté des plus petits domaines, plus bas en altitude. Au village-station d’Ancelle, située entre 1 300 et 1 800 mètres d’altitude, une vingtaine de centimètres sont attendus au plus bas du domaine. « La saison était déjà très bonne, mais ça va conforter l’enneigement pour la fin de saison, on aura des conditions de ski idéales », prévoit Anthony Débiage responsable communication de la station.

    Pour les stations en plus haute altitude, la nouvelle est accueillie avec plus de prudence. « On préférerait qu’il neige plutôt le vendredi, confie Muriel Buffière, directrice de l’office de tourisme du Dévoluy. C’est toujours intéressant d’avoir une chute de neige, mais sur un week-end, c’est presque ennuyeux parce que ça veut dire qu’il va faire moche et que les gens ne vont pas venir. » Selon Muriel Buffière, le niveau de neige était déjà suffisant pour garder les pistes ouvertes jusqu’en fin de saison. Les 30 centimètres de neige annoncés sur le domaine ne font donc pas une réelle différence pour elle. « En cumulé sur le haut du domaine skiable, on a atteint les 4 mètres 50 de neige et sur les pistes à 2 400 mètres, on est plutôt à 2 mètres 50. Donc c’est déjà une très belle année en termes d’enneigement », rappelle-t-elle. La station du Dévoluy avait déjà prévu de fermer le 12 avril, cette nouvelle chute vient finalement compromettre un samedi de ski. Muriel Buffière concède toutefois avec un sourire : « On est comme les paysans, on n’est jamais contents. »

    Malgré l’embellie, les saisons exceptionnelles font office d’arbre qui cache la forêt.

    Une belle saison, mais

    des moyennes en baisse

    Dans les Alpes du Sud, les massifs de moyenne et basse altitudes pourraient perdre environ deux mois de neige au sol chaque hiver d’après les projections les plus fiables de Météo France. D’après ces mêmes études, l’enneigement dans les Alpes à l’horizon 2100 se limiterait à un mois et demi à trois mois maximum. Si les activités de ski restent le fer de lance du tourisme dans la région, des plans de diversification des activités de montagne ont été mis en place. À l’échelle nationale, le plan Avenir Montagne lancé en 2021 prévoit de soutenir la diversification des activités dans les territoires montagneux. La région Paca a quant à elle lancé son Plan montagne en 2016 qui comprend 200 millions d’euros d’investissements jusqu’en 2030 pour soutenir la transition d’une économie majoritairement orientée sur le ski à un modèle « quatre saisons ». Des plans qui suscitent encore des doutes parmi les experts scientifiques, qui pointent un soutien trop timide des activités hors ski et des impacts environnementaux sous-évalués ou peu maîtrisés.

  • Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    À peine la paille posée, une tourterelle atterrit. En face du bâtiment banane des Comtes, en lieu et place de l’ancien city-stade, une micro-forêt prend désormais racine. Depuis trois jours, l’entreprise OliviAnne, mandatée par Erilia, encadre des enfants et des collaborateurs du bailleur social dans l’opération de renaturation. Celle-ci s’inscrit dans la transformation globale du quartier prioritaire, menée dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain. Ce jeudi 12 mars en milieu d’après-midi, 300 jeunes port-de-boucains et une soixantaine de salariés peuvent se féliciter d’avoir planté 2 445 arbres et buissons de trente espèces différentes sur une parcelle de 815 m2.

    « Ce sont les mêmes que la forêt du Castillon : il y a du pistachier, de l’olivier sauvage, du romarin, du chêne… », énumère Anne Desmaison, fondatrice de la société en charge du chantier. D’après l’oléicultrice, « deux ans et demi après plantation, les amandiers peuvent déjà mesurer plus de 2 mètres ».

    Biodiversité et fraîcheur

    Les bienfaits d’une telle micro-forêt sont nombreux : « Production d’oxygène, séquestration du carbone, désimperméabilisation des sols qui permet une meilleure infiltration des eaux en cas de pluie, création d’îlots de fraîcheur », cite Anne Desmaison. La spécialiste de la renaturation a effectué des relevés sur l’une des douze parcelles qu’elle a plantées à Salon-de-Provence : « À 20 mois, à l’extérieur, on avait 56 degrés au sol, à l’intérieur, on avait 36 degrés. On a gagné 20 degrés sur une forêt pas du tout arrivée au terme de sa maturité ! »

    Côté biodiversité, ces végétaux permettent le développement de pollinisateurs et apportent un habitat aux insectes et aux oiseaux. « L’intérêt d’avoir planté avec les enfants, c’est qu’on les a sensibilisés avec une activité ludo-pédagogique en rapprochant la nature d’eux, explique Julia Riccio, fondatrice des Créations du hérisson. Et la biodiversité ne s’arrête pas aux animaux et aux plantes, je leur ai expliqué que dans une poignée de terre, il y a autant de bactéries qu’il y a d’humains sur terre. C’est dingue ! On a aussi parlé des propriétés des plantes… Savoir tout ça leur donne envie de protéger ce nouvel endroit. »

  • Mettre en lumière les richesses méconnues du lac de Serre-Ponçon

    Mettre en lumière les richesses méconnues du lac de Serre-Ponçon

    En 2022, un épisode de sécheresse alarmant a conduit les collectivités locales au lancement du plan de résilience pour le lac de Serre-Ponçon. État, Région, entreprises et collectivités locales ont convenu d’investissements à hauteur de 18 millions d’euros, étalés sur les années à venir pour adapter le lac aux défis du changement climatique. L’objectif à long terme est donc de diversifier l’offre touristique, afin de ne pas reposer uniquement sur les activités nautiques. Pour cela, l’année a été placée sous le signe de la valorisation du patrimoine, naturel comme historique.

    L’idée est d’abord de mettre en valeur l’ancien village d’Ubaye, englouti dans les années 1960 à la création du lac de Serre-Ponçon. Le Smadesep a annoncé la création d’un parcours pédestre (en bateau l’été), jalonné d’œuvres artistiques immergées et de panneaux d’interprétation rappelant l’histoire du village disparu. Les abords de la chapelle du lac, ultime vestige de l’ancien Ubaye et joyau du site, seront également aménagés pour accueillir des espaces de pique-nique et être accessibles aux personnes à mobilité réduite. L’ancien village recouvert par les eaux pourra être découvert au travers d’une modélisation virtuelle en réalité augmentée.

    Découvrir la faune locale

    Dans un second temps, c’est le patrimoine naturel que le syndicat d’aménagement veut mettre à l’honneur. À Savines-le-Lac, il prévoit d’aménager un espace d’interprétation pédagogique pour mieux connaître le paysage et la faune locale, en particulier les oiseaux. Un chemin dédié et une passerelle sur l’eau conduiront à un poste d’observation faisant face au village. À Embrun, le Smadesep annonce « l’aménagement d’une zone ludo-environnementale intégrant des espaces de loisirs et des équipements légers » et la création d’« un poste d’observation de l’avifaune en zone immergeable ».

  • Hiver pluvieux : faut-il craindre une invasion de moustiques ?

    Hiver pluvieux : faut-il craindre une invasion de moustiques ?

    C’est une question qu’on ne peut s’empêcher de se poser : les pluies abondantes survenues depuis décembre pourraient-elles favoriser la prolifération des moustiques sur nos littoraux héraultais et gardois cet été ?

    Une chose est sûre, l’Aedes detritus, espèce de moustique hivernale caractéristique des zones humides du littoral, est déjà bien présent dans le Gard et l’Hérault. « Les prospections réalisées par les agents ont mis en évidence la présence de larves sur près de 6 000 hectares entre janvier et février 2026, contre 2 900 hectares sur la même période de la saison 2025 », illustre l’EID dans un communiqué. Un phénomène favorisé par la pluie tombée en abondance depuis le mois de décembre. « Ces précipitations ont entraîné plusieurs épisodes de submersion, installant durablement des niveaux d’eau élevés sur les zones humides littorales. (…) L’ampleur et la persistance de ces submersions ont favorisé des éclosions généralisées d’Aedes detritus », confirme l’EID.

    1 300 hectares traités dans l’Hérault, 900 dans le Gard

    « Nous avons donc d’ores et déjà commencé les traitements par voie aérienne ou par moyens terrestres, quand les conditions le permettent », explique Jean-Claude Mouret, responsable du pôle coordination
    opérationnelle de l’EID Méditerranée. « On cible les larves avec un bio insecticide que l’on épand sur les zones où l’on a trouvé les larves. Nous sommes intervenus sur le littoral gardois, dans des communes comme le Grau-du-Roi ou Aigues-Mortes, ainsi que sur le littoral héraultais, depuis Vendres jusqu’à La Grande-Motte. » Fin février, près de 1300 ha de zones humides avaient ainsi déjà été traités depuis le début de l’année dans l’Hérault et près de 900 ha dans le Gard, sur un total d’un plus de 2 700 ha sur l’ensemble de la zone d’intervention de l’EID Méditerranée. Pour autant, « sur les gîtes non traités (densités plus faibles) et dans une moindre mesure sur les gîtes traités, des émergences de moustiques adultes se produisent actuellement au gré des températures douces ».

    Reste que « cette situation exceptionnelle ne préfigure en rien le risque de nuisance pour le printemps et l’été. Les moustiques ont une durée de vie de trois semaines-un mois, pas plus », rassure Jean-Claude Mouret. « Nous allons poursuivre nos interventions.Tous les moyens de traitement sont engagés (avion, hélicoptère, drones, engins amphibie…) pour atténuer au maximum les nuisances résiduelles liées aux moustiques issus des zones humides.»

    Quant au fameux moustique tigre, qui évolue, lui, dans les zones urbaines à proximité des habitations, « les premières larves commencent à apparaître au mois d’avril », indique le représentant de l’EID. Donc pas d’éclosion à redouter pour le moment. Il faut profiter de la fin de l’hiver pour éliminer toutes les eaux stagnantes autour des habitations : vider les récipients, les brosser, les couvrir… La prévention restant la clé pour protéger les apéros des soirs d’été !