Category: economie

  • [C’est l’été] Laurent Belorgey, oléiculteur : « S’adapter, c’est un défi »

    [C’est l’été] Laurent Belorgey, oléiculteur : « S’adapter, c’est un défi »

    « Après des études d’ingénieur, je suis parti dans une banque au Luxembourg. Pas vraiment destiné à faire un métier agricole. Au décès de mon père en 2002, je fais des allers-retours hebdomadaires sur l’exploitation pendant un an. Viens ensuite l’heure du choix » explique Laurent Belorgey. Et de préciser : « Je me souviens très bien, c’était au mois de mai à Marseille. J’ai pris la corniche pour me rendre à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et je me suis dit que c’était vraiment trop beau. Le Luxembourg y a que des banquiers et des assureurs. Faut être honnête, ce n’est pas la vraie vie ».

    En constante adaptation

    Au mois de septembre de l’année suivante, il rentre au pays avec sa petite famille. La Lieutenante est le nom de son exploitation à Saint-Martin-de-Crau près d’Arles qui doit son nom à la femme d’un lieutenant qui, sous le règne du roi Henri IV, à la suite des guerres de religion avait repris le domaine. « Mon histoire familiale commence là, sur cette propriété transmise depuis deux siècles. à l’origine, il y a avait du foin, des oliviers plantés en 1961 par mon grand-père Jean et puis un troupeau ovin IGP agneau de Sisteron label rouge » détaille Laurent. En 1963, Jean rachète avec quelques amis et voisins un moulin pour transformer les olives en huile et préparer des olives de bouche. « A partir de 1992, mon père Marc Bélorgey poursuit le développement de l’oliveraie familiale et participe au plan de relance de l’oléiculture française », retrace-t-il. En 2008, suite à une décision de l’ARS, une partie du troupeau doit être abattue, le reste est cédé à un berger.

    La passion pour moteur

    Une variété locale d’olivier est longue à produire, presque une dizaine d’année, Laurent le sait, alors il continue de planter des oliviers comme son grand-père et son père. « Si dans l’imaginaire, un olivier n’a pas besoin d’eau, il faut savoir que poussé à l’extrême, il ne produit plus. Il est hyper résiliant mais pour avoir des olives, il faut de l’eau et au bon moment » précise l’oléiculteur. Equipé de dendrométres pour mesurer la respiration de l’arbre, et les flux de sève et d’outils multispectraux… Il faut arroser juste.

    Son foin de Crau voit aussi de fait son système d’irrigation s’améliorer. Convaincu que « le tabouret tient mieux avec 3 pieds », Laurent avec un voisin s’intéresse aux amandiers à partir de 2017, et il commence à en planter. « La monoculture est trés compliqué dans l’agriculture. on est en première ligne du changement climatique. On le voit sur les dates de récoltes, de floraison. » L’olivier a besoin d’être pollinisé, un décalage sur la floraison impacte forcément la chaîne de l’écosystème. Aujourd’hui 80 hectares d’amandiers, 50 d’oliviers et 80 de foin composent le domaine. « La récolte est avancée de 15 jours actuellement. S’en rendre compte c’est une chose, s’adapter, c’est un défi. » Une seule certitude reste : il n’y a pas d’agriculture sans eau. Mais attention « Ce n’est pas du gaspillage, l’évapotranspiration des arbres, donne un climat plus frais dans la Crau. On doit être 5 degrés de moins que dans la Crau sèche, où il n’y a pas de foin. L’eau, c’est un cycle. »

    En agriculture, mieux vaut être passionné mais pas que. « La résiliance, le fait d’aller au bout des projets, de se donner tous les moyens pour y aller, c’est un travail de tous les jours » confie Laurent. Mais il ne faut pas oublier l’humilité. « On est face à la nature, on ne peut pas tout expliquer, tout maitriser. On est obligé de s’adapter en permanence. On doit faire avec le climat. » Laurent se pose quelques minutes puis poursuit « avec les fortes chaleurs de mai, on a fait du foin comme jamais au niveau qualité depuis 10 ans. » Ensuite vient l’interrogation : « Mais pour les oliviers ? Ils venaient juste de fleurir, je ne suis pas certain du coup de chaud sur les fleurs et sur les petites olives qui venaient à sortir. »

    Laurent garde en tête la nécessité de la polyculture et l’attachement à produire des beaux produits. « Voir les gens prendre du plaisir à consommer ce qu’on produit. C’est ma plus grande satisfaction. C’est concret. »

    Des huiles labellisées AOP

    Les quatre variétés d’oliviers, reconnues par l’appellation de la Vallée des Baux de Provence A.O.P sont cultivées au domaine de la Lieutenante : la Salonenque, la Béruguette, la Verdale des Bouches-du-Rhône et la Grossane.

    Grand cru noir ou vert ou encore huiles aromatisées sont proposées.

  • La pistache, une filière d’avenir en Provence

    La pistache, une filière d’avenir en Provence

    À quelques mètres du Vieux-Port, une odeur singulière flotte dans une nouvelle boutique de la rue Pythéas. Depuis le 25 juillet, la Maison de la Pistache a ouvert, dans un espace entièrement consacré au petit fruit vert. À l’entrée, un torréfacteur diffuse des effluves de pistaches chauffées à 135 degrés. À côté, une grande carte présente les 160 variétés du fruit présentes dans le monde. « On en importe d’Iran, de Sicile, de Grèce et d’Espagne », précise Béatrice Loncle, responsable de la boutique.

    Nature, en coque, décortiquée, en poudre ou en pâte, le fruit est décliné sous toutes ses formes. « On choisit celles qui ont une AOP, avec un ramassage et un séchage faits à la main. La pistache, c’est comme le vin, il y a des grands crus », insiste-t-elle.

    L’objectif est aussi de faire connaître une filière en pleine renaissance : celle de la pistache provençale, lancée en 2018 sur le plateau de Valensole, après sa disparition progressive au XXe siècle. C’est d’ailleurs là que la première boutique de la marque a ouvert. « Ça fait sens pour nous de mailler notre présence en Provence, parce que le but est d’être proche de la filière, de là où les pistaches vont être récoltées », explique Guillaume de Foucault, directeur général de la Maison de la Pistache.

    80 producteurs

    en Provence

    Pour l’instant, les pistaches commercialisées ne sont pas encore produites en Provence. « Les premières plantations datent de 2021 et il faut six ans pour être capable d’avoir un fruit et le récolter », rappelle-t-il.

    La filière se structure progressivement. Selon Benoît Dufay, coordinateur technique du syndicat France Pistache, elle compte aujourd’hui 160 producteurs adhérents, dont 80 en Provence, pour 300 à 350 hectares plantés dans la région, sur les 600 recensés en France.

    La relance de la filière bénéficie du soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le cadre d’un plan lancé en 2023. « Il y a un axe d’aide à la plantation pour les agriculteurs avec une partie des frais de plantation prise en charge par la région. On nous accompagne sur des prestations de recherche qu’on met en place pour valider des modèles de culture », indique Benoît Dufay.

    D’après l’agronome, cette renaissance est le fruit d’un marché en pleine expansion. « C’est une culture sur laquelle on a un vrai débouché. On observe des augmentations de consommation importantes en France. Il y a un réel besoin pour trouver de la pistache française », souligne-t-il.

    Un engouement renforcé ces dernières années par le phénomène des recettes venues de Dubaï, largement relayées sur les réseaux sociaux. « L’effet de mode n’est pas redescendu. Aujourd’hui, il n’y a pas un pâtissier, un boulanger ou un chef qui ne propose pas une pâtisserie à la pistache », observe Guillaume de Foucault.

    Le retour en force du pistachier s’explique également par son adaptation au changement climatique. « C’est un arbre qui a toutes les armes pour résister au chaud, aux sécheresses et en même temps au froid. Et il a des besoins en eau très faibles », détaille Benoît Dufay. Une qualité qui séduit des agriculteurs, notamment des viticulteurs à la recherche de diversification. « Le pistachier est un bon candidat parce qu’il a besoin de terrains qui sont à peu près les mêmes que la vigne », ajoute-t-il.

    Reste à construire un modèle économique durable pour les producteurs. « Tous ceux qui plantent aujourd’hui savent qu’ils sont pionniers », assure-t-il. La filière vise, à terme, une production annuelle de 2 000 à 3 000 tonnes de pistaches françaises d’ici 2035.

    Cette année déjà marque un premier tournant : « Jusqu’ici on avait produit 200 kg en tout, et là on s’attend cette année à avoir entre deux ou trois tonnes de pistaches », conclut Benoît Dufay.

  • Anne Benedetti à la tête de la CCI de Vaucluse pour un nouvel élan

    Anne Benedetti à la tête de la CCI de Vaucluse pour un nouvel élan

    Il n’y avait guère de suspense, mais la confirmation est tombée ce jeudi 30 juillet à l’issue de l’assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) et de l’installation du nouveau bureau par le préfet : Anne Benedetti devient la première femme présidente de l’organisation depuis sa création. Elle est élue pour un an, jusqu’à l’automne 2027. Elle reprend les rênes de la chambre consulaire après sa mise sous tutelle par la préfecture, fin janvier, à la suite d’une vague de démissions au sein du précédent bureau. Après cette période de tensions, la nouvelle présidente entend tourner la page et prône le vivre-ensemble.

    « Je ne veux pas que ce soit une série de personnes, mais vraiment un rassemblement. On n’en sera pas trop nombreux pour redorer le blason de la CCI », confie la PDG de l’entreprise familiale Benedetti SA, spécialisée dans le traitement des façades et l’isolation thermique par l’extérieur. Tout en assurant être « à l’écoute et toujours disponible » pour ses adhérents, elle compte bien relancer la machine. « Mais pas que ! Vous verrez au fur et à mesure », glisse-t-elle dans un sourire.

    Port et aéroport

    Si la liquidation judiciaire du restaurant le Quai des Saveurs, à la gare d’Avignon-Centre, est désormais actée et qu’elle « ne peut rien y faire », regrette la dirigeante, plusieurs autres dossiers vont rapidement mobiliser le nouveau bureau de la CCI de Vaucluse. Tout en demandant qu’on lui « laisse le temps d’arriver pour étudier les dossiers », elle place parmi ses priorités la transmission des entreprises et la formation. « On est confrontés à de nombreux départs à la retraite. Donc, dans les dix ans, il y a, je crois, 10 000 entreprises dans le Vaucluse qui vont être cédées, reprises ou alors fermer complètement. Donc ça, c’est vraiment un sujet », glisse-t-elle.

    Elle s’est ensuite exprimée face à plus d’une centaine d’acteurs du tissu économique vauclusien, parmi lesquels figuraient également plusieurs personnalités politiques locales, dont l’ex-candidat aux municipales à Avignon et ancien adjoint de Cécile Helle, Paul-Roger Gontard, ou le numéro un du RN en Vaucluse et candidat aux sénatoriales, Thierry d’Aigremont. Une allocution durant laquelle elle a abordé notamment le dossier de la délégation de service public pour l’aéroport d’Avignon. La société délégataire est actuellement pilotée par la CCI de Vaucluse. La Région Sud, propriétaire de l’enceinte, attendait que les problèmes de gouvernance soient réglés. « L’aéroport est bien davantage qu’un équipement. Il est une porte d’entrée sur notre territoire. Il participe à notre attractivité économique, touristique et entrepreneuriale », a lancé Anne Benedetti, souhaitant qu’il « reste dans le périmètre » de la chambre. La nouvelle présidente entend aussi poursuivre le développement du port fluvial du Pontet, qui « constitue un enjeu économique, mais également environnemental ».

  • [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    Les protagonistes de cette candidature ne partent pas de rien. « La Camargue a été reconnue par l’Unesco comme réserve de biosphère et inscrite sur la liste indicative en 2002 », rappelle Véronique Jullian, la vice-présidente de l’association La Carmague à l’Unesco. C’est ce même périmètre, du Delta du Rhône et toutes ses activités qui allient « nature et culture », que souhaite faire reconnaître la structure, « au plus haut niveau ». « Notre action s’inscrit dans un temps long, précise-t-elle. Car nous sommes dans une coévolution, une cohabitation avec l’humain, ses activités, sa diversité », insiste Véronique Jullian. Et qui nécessite que « tout le monde se mette autour de la table » : Régions, Départements, EPCI, mairies, habitants, professionnels… Sachant que « cette reconnaissance aura des effets positifs en termes de tourisme, mais aussi de financements européens et internationaux pour faire face à la salinité et au changement climatique », détaille-t-elle.

    L’association a également demandé une étude sur l’impact de la ligne à très haute tension sur la candidature à l’Unesco.

  • Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Face à des incendies plus fréquents, plus violents et qui s’étendent désormais bien au-delà du pourtour méditerranéen, la France doit revoir en profondeur sa stratégie de sécurité civile. C’est le constat dressé par les députés Sophie Pantel (PS) et Damien Maudet (LFI), co-auteurs d’un rapport parlementaire consacré aux moyens aériens de la sécurité civile. Au-delà du renouvellement des bombardiers d’eau, les deux parlementaires plaident pour une planification de long terme, un renforcement des moyens des services de secours, une loi d’investissement pluriannuel et une meilleure anticipation des conséquences du dérèglement climatique.

    « On voit bien aujourd’hui, avec ce qu’il se passe en Gironde, qu’on a une accélération et que c’est l’ensemble du territoire national qui est ou qui va être concerné. Donc il faut se préparer à ces conséquences liées au changement climatique pour pouvoir faire face et avoir des moyens de lutte qui permettent, en cas de feux multiples, de pouvoir répondre partout aux besoins », précise Sophie Pantel, pour qui cette évolution justifie une révision complète de la politique de sécurité civile.

    La nécessité

    de fixer un cap

    Pour la députée, le principal enjeu ne se résume pas à une question budgétaire. C’est avant tout l’absence de vision d’ensemble qui freine l’adaptation du pays. « Avec mon collègue Damien Maudet, on avait demandé, dans l’intérêt de l’État, d’avoir un document transversal de l’ensemble des crédits affectés à la sécurité civile. » Ce document permettrait d’offrir une vision globale, jugée indispensable pour définir une stratégie. Une stratégie qui, selon les auteurs du rapport, passe par une réforme plus large de la sécurité civile, bien au-delà du seul renouvellement de la flotte aérienne. « Il faut vraiment avoir, d’une part une loi de modernisation ambitieuse pour la sécurité civile, qui va traiter évidemment de la question des feux, mais qui va surtout s’intéresser au volontariat, qui va donner des axes sur la diversification des choix à faire dans l’investissement, qui peut apporter un nouveau pacte capacitaire », précise-t-elle.

    Face à des catastrophes appelées à se multiplier, la députée socialiste estime qu’il faut développer une véritable culture du risque au sein de la population, pour permettre notamment, sur chaque commune, d’avoir des réserves communales de sécurité civile. Si la prévention et la résilience constituent un premier pilier de cette réforme, les moyens matériels restent tout aussi essentiels. Pour les auteurs du rapport, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre coopération européenne et maintien d’une capacité nationale. « Il faut évidemment une flotte nationale souveraine. Il faut s’inscrire dans le cadre du programme RescEU dans la solidarité européenne, mais on ne peut pas se contenter uniquement de la solidarité européenne », estime Sophie Pantel. Selon elle, cet équilibre passe aussi par un soutien renforcé aux industriels français afin de garantir, à terme, une autonomie durable face à des crises appelées à se multiplier.
    Il ne s’agit donc plus seulement de renforcer les moyens existants, mais de repenser en profondeur la sécurité civile afin de répondre à des risques appelés à s’intensifier sous l’effet du dérèglement climatique, des feux de forêts en passant par les risques d’inondation plus accrues.

  • Un hôtel d’entreprises modernisé à Barcelonnette

    Un hôtel d’entreprises modernisé à Barcelonnette

    «Une étape importante dans la vie économique de notre territoire » : Elisabeth Jacques, présidente de la communauté de communes Vallée de l’Ubaye Serre-Ponçon, était ravie de présenter, jeudi, la réorganisation et la modernisation entamée en 2022 de l’hôtel d’entreprises de la vallée, situé à Barcelonnette. « Cet équipement occupe une place particulière dans l’histoire de notre vallée. Il est né à la suite du départ de l’armée, dans le cadre de la redynamisation du site de défense », a rappelé la maire de La Condamine-Châtelard.

    Depuis sa création, la gestion de l’hôtel d’entreprises est assurée par la communauté de communes, grâce à un bail emphytéotique, un contrat de très longue durée qui donne l’obligation d’améliorer les lieux, conclu avec la mairie de Barcelonnette. Son objectif est de « soutenir la création et le développement d’activités économiques dans la vallée, permettre à de jeunes entreprises et à des professionnels récemment installés de bénéficier de locaux adaptés à des loyers modérés, aujourd’hui fixés à 4 euros HT par mètre carré, et leur offrir la possibilité de tester leur activité avant une implantation pérenne sur notre territoire », a expliqué jeudi Elisabeth Jacques.

    Un accompagnement

    vers l’autonomisation

    Or, cet hôtel d’entreprises avait besoin d’être modernisé, repensé et réorganisé « pour répondre aux nouveaux besoins des entreprises et garantir une gestion plus lisible, plus sécurisée et plus efficace », selon la présidente de l’intercommunalité. Depuis 2022, une « remise à plat complète des conventions et des baux » a été opérée « afin de sécuriser juridiquement l’occupation des locaux ». Des baux de six ans sont désormais proposés pour les occupants historiques, et des conventions d’un an renouvelables, dans la limite de trois ans, pour les nouvelles entreprises accueillies.

    « Cette évolution s’accompagne d’un accompagnement renforcé des occupants, avance Elisabeth Jacques. Dès la deuxième année, nous travaillons avec les entreprises sur leur sortie progressive vers une implantation autonome dans la vallée. La troisième année reste ainsi réservée aux situations particulières. »

    Avec cette réorganisation, trois pôles ont été constitués : le Carré Pro, dédié aux activités industrielles et techniques ; le Carré Soin et Bien-être, regroupant les activités paramédicales ; et le pôle territorial de l’Ubaye, consacré aux activités administratives, tertiaires et de services.

    Le secteur de la santé occupe une place importante avec dix structures représentant 16 emplois sur près de 295 m². On y retrouve notamment le cabinet vétérinaire, des infirmiers, kinésithérapeutes ou encore ostéopathes. « Ce pôle répond à des besoins essentiels de la population tout en renforçant l’offre de services disponible dans la vallée », a estimé Elisabeth Jacques.

  • Airbus livre une nouvelle machine aux Forces spéciales

    Airbus livre une nouvelle machine aux Forces spéciales

    Cet hélicoptère promet d’amener les Forces spéciales françaises « partout où elles sont demandées », d’après l’ingénieur en chef des études et techniques de l’armement Nicolas, directeur du programme NH90 à la Direction générale de l’armement (DGA). Le premier Airbus NH90 version Forces spéciales a été livré par le constructeur marignanais à l’Armée de Terre, ce jeudi après-midi, à l’issue d’une cérémonie avec l’Armée et l’agence Nahema de l’Otan, chargée du programme NH90.

    D’un poids de 11 tonnes, permettant d’embarquer vingt personnes et jusqu’à 4 tonnes de matériel, cet exemplaire destiné au 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales de Pau-Uzein affiche un rayon d’action de plus de 800 kilomètres, soit un aller-retour Marseille-Lille à vol d’oiseau, porté à 1 600 kilomètres pour un convoyage, soit un aller simple entre Marseille et Athènes.

    Le rôle de cet appareil est de pouvoir « s’insérer de nuit en vol extrêmement bas pour transporter des commandos là où ils ne sont pas les bienvenus » détaille le PDG d’Airbus Helicopters Matthieu Louvot, en marge.

    L’hélicoptère est conçu pour être rapide et agile, en dépit du fait d’être le 2e hélicoptère le plus lourd de l’Armée. Son blindage composite n’est pas sa force. « Son avantage est qu’il se pilote facilement », explique Lionel Arlen, l’un des pilotes d’essai d’Airbus.

    « Son avantage est

    qu’il se pilote facilement »

    « Son agilité et sa mobilité se rapprochent d’un plus petit appareil », poursuit le pilote, en plus de sa capacité à voler bas où il est donc exposé aux armes légères comme les kalachnikovs. Dans ce contexte, la rapidité d’exécution permet de réduire le temps de réaction des adversaires. La caméra au nez de l’appareil, qui peut voir jusqu’à une dizaine de kilomètres, permet un affichage en trois dimensions du terrain survolé directement dans le casque du pilote. Autre élément distinctif, il s’agit du « seul appareil de série à disposer de commandes électriques qui procurent un confort de pilotage et permettent au pilote de se concentrer sur sa trajectoire », détaille l’ingénieur en chef Nicolas de la DGA, tout comme d’affiner l’opération du treuil de transport de matériel.

    La durée de vie opérationnelle de l’appareil est d’« une quarantaine d’années », d’après l’ingénieur en chef Nicolas, suivant les différentes améliorations possibles. D’ici à 2029, 17 autres appareils du même type seront livrés à l’Armée, pour un coût unitaire de plusieurs dizaines de millions d’euros, compris dans les deux milliards d’euros dédiés à l’ensemble des Forces spéciales françaises dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030.

    Après avoir quitté Marignane, l’appareil rejoindra Valence (Drôme) pour une période d’expérimentation. L’objectif est « de pouvoir projeter l’appareil en opération d’ici un an », selon le général Doutaud, commandant en second de l’Aviation légère de l’Armée de Terre.

  • En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    Sur le littoral gardois, les établissements peinent moins à attirer des candidats qu’à répondre à leurs nouvelles attentes. « Depuis le Covid, il y a eu un gros changement sur le monde du travail. Il a fallu que nous, restaurateurs, nous nous réadaptions par rapport aux personnes qui venaient sur le marché du travail », précise Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    La professionnelle souligne néanmoins une amélioration grâce au forum de l’emploi saisonnier organisé par les acteurs économiques des communautés de communes. « Depuis deux ans, on arrive quand même à recruter. Cette année, sur le forum de l’emploi saisonnier, il y a eu plus de 600 offres, avec une cinquantaine de recruteurs. » Mais un obstacle demeure : « La grosse difficulté qu’on a, c’est le logement saisonnier. Recruter des gens, oui, mais il faut les loger. »

    Les fortes chaleurs pèsent aussi sur certains métiers. En cuisine, les conditions de travail deviennent particulièrement éprouvantes en période estivale. « Sur la question de la chaleur, c’est vrai que, on va dire, peut-être le point un peu plus difficile, ça va être sur les postes de cuisine à trouver », observe Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    Des travailleurs plus exigeants

    Au-delà du logement, les fortes chaleurs pèsent désormais dans les choix des travailleurs. « Personnellement je travaille en cuisine, donc il fait chaud tout le temps, mais c’est vrai que maintenant je suis plus regardant sur le restaurant où je vais aller travailler : un restaurant de plage oui, il y a de la fraîcheur et de l’eau pas loin donc j’irais. Mais travailler dans un mas en pleine canicule, je ne le ferais plus », indique Arthur, cuisinier saisonnier.

    « Moi je suis serveuse et c’est vrai que cette année par exemple je ne ferais que des extras. Je voulais aller travailler en montagne comme pour ma saison d’hiver mais je n’ai pas trouvé de poste et par chance, j’ai suffisamment travaillé cet hiver pour ne pas avoir à travailler 50h par semaine cet été », constate Léonie, jeune serveuse de 27 ans. « Je fais mes saisons en station, ou du moins en montagne, et beaucoup de mes collègues sont restés en montagne pour la saison d’été, je pense qu’ils avaient déjà prévu que ce serait plus agréable de rester dans les Alpes que de venir dans le sud où il fait une chaleur étouffante », poursuit la jeune femme.

    Pour Nathalie Lallouette, ces témoignages illustrent une évolution plus profonde. « Maintenant les gens vont regarder dans quel établissement ils vont travailler et quelle saison ils vont travailler. Ils vont regarder s’il y a une culture d’entreprise, l’image du restaurant, s’il y a une éthique. Les gens sont très regardants sur ça, c’est une chose qu’on n’avait pas avant le Covid », affirme-t-elle.

    Pour de nombreux saisonniers, la rémunération ne suffit plus à faire la différence. Les conditions de travail, l’exposition aux fortes chaleurs, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore le cadre de vie deviennent des critères déterminants. La question du logement reste également une pièce déterminante dans le choix de l’entreprise.

    Certains privilégient désormais des postes en altitude ou près du littoral, quand d’autres limitent volontairement leur activité estivale afin d’éviter les périodes les plus éprouvantes. Une évolution qui oblige progressivement les employeurs à repenser l’attractivité de leurs établissements au-delà du seul salaire.

  • Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Véritable serpent de mer depuis plusieurs décennies, l’avenir de l’aérodrome Alès-Cévennes a été un caillou dans la chaussure de nombreux élus. Mais le dossier semble avancer, même si les différents acteurs ne partagent pas la même vision.

    En effet, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Gard, propriétaire de l’aérodrome, tente depuis plusieurs années de vendre cet équipement mais ne peut le céder à moins de 2,1 millions d’euros. Si la CCI a porté un premier projet ces derniers mois, elle s’est finalement entendue avec la municipalité de Deaux pour un projet prévoyant la suspension de l’activité aéronautique.

    La CCI et la municipalité ont détaillé le nouveau projet lors d’un point presse organisé le 7 juillet. Celui-ci s’appuie sur l’implantation de panneaux solaires sur 14 hectares qui pourraient produire l’équivalent de la consommation électrique de « 7 000 à 8 000 foyers du territoire », la préservation de 21 hectares de forêt, un projet sur « 3 000m² dédié à la recherche et à l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables » et un parcours pédagogique.

    Ce point presse fait suite au vote des élus d’Alès Agglomération, le 24 juin dernier, d’une délibération réaffirmant la nécessité de maintenir l’activité aéronautique. Au-delà des activités de loisirs, l’aérodrome propose des formations et possède surtout un pélicandrome (pour ravitailler les avions bombardiers d’eau). Certains mettent également en avant sa capacité à contribuer au désenclavement du territoire. Un argument réfuté par la CCI qui n’a recensé « que 92 mouvements, soit 46 atterrissages/décollages, liés pour les deux tiers au ravitaillement d’aéronefs privés » depuis le début de l’année. L’avenir de l’aérodrome est donc encore loin d’être tranché.

  • À Digne, une commerçante démunie après sept dégâts des eaux

    À Digne, une commerçante démunie après sept dégâts des eaux

    « J’ai eu une grosse remise en question, je me suis demandé si je devais changer de métier » : Elisabeth Kestens, gérante de la boutique de lingerie Fleur de Peau, en plein centre-ville de Digne, a bien failli jeter l’éponge après des dégâts des eaux à la chaîne et un risque d’effondrement dans son local.

    Installée dans une boutique rue de l’Hubac depuis six ans, elle n’a eu cesse de découvrir de mauvaises surprises en ouvrant boutique au petit matin. Entre les voisins du dessus partant en vacances en laissant l’eau de leur douche couler, les fissures sur la façade causant un nouveau dégât des eaux et un incident de chauffe-eau, le sort s’est acharné sur cette pauvre commerçante. Elle a dû tirer rideau pendant plus d’un mois rien qu’en 2026 à cause de toutes ces mésaventures, ce qui représente une perte de chiffre d’affaires importante.

    « L’assurance me demande de mettre fin au contrat d’ici la fin de l’année et de quitter ce local, car il y a toujours un souci et je leur coûte beaucoup trop cher : ils ont dépensé plus de 31 000 euros pour mes dégâts ! » affirme la commerçante.

    En janvier, Elisabeth a dû fermer pendant dix jours durant une période cruciale, celle des soldes, à cause d’un risque d’effondrement dû à des poutres abîmées. « C’est un immeuble vétuste, avec de nombreux défauts structurels », reconnaît son syndic. « C’est un stress complet au quotidien. Je dois sans cesse changer de casquette et devenir gestionnaire de sinistres », déplore la commerçante, qui a dû faire appel à une psychologue pour l’accompagner dans ces moments difficiles. Elle espère trouver un moyen de quitter le local d’ici 2027, mais est « enfermée par un bail ficelé d’une manière qui l’empêche de partir » avant 2029.

    Contacté, l’administrateur judiciaire en charge du dossier a indiqué ne pas souhaiter répondre aux sollicitations de journalistes.

    « Autant de mésaventures pour la même personne »

    « C’est une copropriété occupée par des résidents qui ont des très petits budgets, donc les moyens financiers sont limités », explique le syndic, tout en reconnaissant « des désagréments certains » pour la commerçante. « L’assemblée générale décidera des moyens accordés », mais les rapports ont conclu à l’absence de danger et à des travaux à faire sur la toiture, ainsi que pour sécuriser le plancher.

    « C’est la première fois que je vois une situation aussi alambiquée, avec autant de mésaventures pour la même personne », regrette Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. La CCI accompagne Elisabeth aux côtés de la mairie, pour qui il est primordial de conserver les commerces du centre-ville déserté. « Elle serait dans son bon droit de quitter le local avant terme, mais elle est tenue d’y rester juridiquement parlant. Un bras de fer coûterait beaucoup d’argent pour une issue incertaine et trop tardive », explique le vice-président. La CCI est en train de voir si elle peut mettre en place une action juridique.