Category: economie

  • Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Ils ne lâcheront rien. Après Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, les salariés de Fibre Excellence de l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, ont débuté, jeudi, l’occupation de leur site « à durée indéterminée ». « Notre mobilisation se poursuivra aussi longtemps que la situation l’exigera, jusqu’à ce que de véritables réponses soient apportées », prévient la Filpac CGT Fibre Excellence Provence, dans un communiqué.

    Les travailleurs du groupe de pâte à papier placé en redressement judiciaire, en avril dernier, entendent ainsi maintenir la pression avant l’examen lundi, par le tribunal de commerce de Toulouse, de l’offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse. Ce projet est le seul qui garantissait la reprise de la totalité des salariés, soit 660 personnes, auxquels s’ajoutent les 228 de la papeterie de la Chapelle-Darblay – dont Fibre Excellence est repreneur – et plus de 10 000 emplois indirects. Sur les banderoles déployées sur les sites, le ton est accusateur : « Macron va-t-il tuer 10 000 emplois ? », interrogent les protestataires.

    « Quels sont les engagements de l’État pour rééquilibrer le marché du bois et garantir la viabilité du projet de reprise ? », écrivent dans un courrier adressé au couple exécutif Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et les numéros un de la CGT, Sophie Binet, de la CFDT, Marylise Léon, et de FO, Frédéric Souillot. Ces derniers se sont prononcés en faveur du projet du banquier d’affaires dit « de gauche » avec Combat Holding.

    Mais le gouvernement se montre très critique. Interrogé lors de l’ultime séance de questions au gouvernement, mardi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, estime que « l’offre de reprise (…), à ce stade, n’est pas au niveau parce qu’elle demande une aide supplémentaire de l’État ». Si l’on suit les calculs du locataire de Bercy, l’État, qui a déjà engagé plus de 90 millions d’euros dans le sauvetage du groupe et se dit prêt à ajouter 100 millions d’euros supplémentaires, devrait mettre 100 millions d’euros de plus pour suivre le plan de Matthieu Pigasse. Tandis que ce dernier alignerait « cinq misérables millions d’euros », dixit le ministre, « ça me rappelle non pas Robin des bois, mais le shérif de Nottingham qui fait des actions avec l’argent des autres », tacle-t-il. Sur franceinfo ce jeudi matin, il accuse le patron auquel on prête des ambitions élyséennes de « faire de la politique sur le dos des salariés ».

    Le temps presse. L’État doit se positionner et vite. « S’il y a liquidation, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas sur la disparition de près de 80% de la capacité française de production de pâte marchande, de 660 emplois directs, de plusieurs milliers d’emplois indirects et d’un outil industriel stratégique qu’il sera pratiquement impossible de reconstruire », préviennent les syndicats et les collectivités.

  • Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    « Je me dis tous les jours “heureusement que je l’ai repris”, parce que beaucoup de routiers me remercient car ils avaient peur que le dernier relais routier du département disparaisse » : à seulement 24 ans, Juliette Corcione a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence, situé à Villeneuve, sur la route des Alpes. « La route des Alpes est encore très fréquentée par les routiers. Les entreprises de pommes, d’amandes, de lavande ont besoin de transporteurs », explique-t-elle. En reprenant le relais, Juliette a également redonné vie au village de Villeneuve, vidé de ses commerces. « Il n’y a plus grand-chose, tout a fermé », regrette-t-elle.

    Une équipe 100% féminine

    Dans un milieu très masculin, l’équipe composée par Juliette est 100% féminine : deux serveuses, une cuisinière, une plongeuse et sa mère, co-gérante. « Le monde des routiers et celui de la restauration sont très masculins. J’ai déjà travaillé dans des restaurants où j’étais la seule femme. En cuisine, c’est rude. C’est la première fois que j’ai une équipe 100% féminine », se réjouit l’ancienne cuisinière, tout en chantonnant un air de Barbie Girl avec l’une de ses serveuses.

    « Quand on m’a proposé de racheter, je n’avais pas conscience de l’ampleur que cela prendrait de reprendre ce restaurant, confie la nouvelle gérante. Avant de le reprendre, je ne savais pas que c’était le dernier relais routier du département. Ceux de Montfort, Mallemoisson, Sisteron ont tous fermé car il y a moins de routiers, ils ont moins de pouvoir d’achat pour manger au restaurant, certains partent à la retraite et ne sont pas remplacés, et l’autoroute fait énormément de mal. »

    C’est pour cette raison que Juliette a été « obligée de développer autre chose à côté » : elle a pour projet d’ouvrir prochainement une guinguette à côté du relais pour diversifier son public, les routiers se faisant de plus en plus rares. « On est en train d’aplatir le terrain du parc à côté. Dans l’esprit routier, on va récupérer une remorque de camion pour créer une cuisine toute équipée à l’intérieur pour faire guinguette, tapas, burger, salade, avec une identité propre, totalement différente du relais, pour amener une autre clientèle », détaille Juliette.

    « C’est un des métiers les plus difficiles physiquement et mentalement. Les gens se croient tout permis, certains parlent mal aux serveuses et veulent nous apprendre le métier parce que nous sommes des femmes », déplore la jeune gérante. En plus du sexisme, la jeune femme a également parfois subi des remarques dues à son âge, 24 ans. « Quand j’étais encore en cuisine, un routier a demandé à mon patron si je n’allais pas l’intoxiquer parce que j’étais jeune », se rappelle Juliette.

    Les routiers arrivent généralement entre 17h et 20h, peuvent prendre une douche et dormir sur le parking dans leur camion. Le relais peut accueillir une vingtaine de remorques.

    3 100 RN 96, 04180 Villeneuve. Ouvert de 6h à 15h, puis de 18h
    à 22h.

  • Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Laurent Vagharchak, créateur de cette intelligence artificielle (IA), est parti d’un constat simple : « La plupart des gens ne sont pas experts, ni même initiés en vin, mais aiment en boire. Malheureusement, souvent, le commun des mortels se heurte à la centaine voir le millier de références disponibles, et repart les mains vides ou avec un vin choisi au hasard. »

    Selon lui, 73% des clients se disent « perdus » face au rayon vins. Pour résoudre ce problème, cet ancien restaurateur a eu une idée : proposer une application aux grandes surfaces, magasins spécialisés ou restaurants. « Dans l’exemple d’une grande surface, vous avez de petites languettes dans les rayons, il suffit soit de scanner un QR code, soit de faire un contact avec votre téléphone, comme pour payer. Ensuite, une page web arrive directement sur le téléphone du client, et, à partir de là, un parcours est mis en place. En une quinzaine de secondes, il permet de suggérer le bon vin selon les préférences, un accord avec un plat, ou une occasion. »

    Nommé Leboncru.app, cet outil s’appuie sur plus de 265 000 références. Cette base œnologique comprend cépages, régions, profils aromatiques et accords mets-vins. Le tout est croisé en temps réel avec l’assortiment effectif du point de vente et ses prix réels. Chaque recommandation est proposée sur trois paliers de prix, avec un argumentaire rédigé, comme le ferait un sommelier. « Une fois le choix du client fait, l’IA peut même le guider dans le rayon via un plan 2D ou 3D pour mettre la main sur la référence », ajoute l’Aubagnais.

    À partir de la semaine prochaine, la borne devrait même proposer des idées de recettes à accorder avec les vins, ou à composer autour d’un ingrédient.

  • Les ports de Beyrouth et Marseille partenaires

    Les ports de Beyrouth et Marseille partenaires

    « Ici, l’identité méditerranéenne est une réalité », vante Christophe Castaner, président du Conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Il accueillait, ce mardi 21 juillet, le ministre libanais des Transports, Fayez Rasamny, et son homologue français, Philippe Tabarot, venus signer le renouvellement d’une étroite coopération entre le port de Marseille et celui de Beyrouth, déjà engagée en 2022.

    Sous les pieds de la délégation, une photographie des installations portuaires des bassins Est et Ouest aide les visiteurs à se repérer. Pas moins de 75 millions de tonnes de trafic de marchandises en 2025, développement de l’activité croisière avec 2,5 millions de visiteurs, investissement dans des projets de décarbonation, hub logistique… La direction du port trace à grands traits l’état des lieux à un ministre libanais très attentif. Nommé en janvier 2025 sur proposition du Parti socialiste progressiste, ce dernier est aussi un homme d’affaires, PDG de Rymco, une entreprise leader dans le secteur automobile au Liban.

    Explorer de nouveaux corridors d’échange

    Il est venu chercher des savoir-faire et des débouchés économiques pour un site en pleine reconstruction, six ans après l’explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts et 7 000 blessés. En cause, un incendie dans un entrepôt stockant 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium. Le tout dans un pays touché de plein fouet par la guerre au Moyen-Orient. Interrogé sur l’état des infrastructures portuaires, Fayez Rasamny assure : « On a fait beaucoup de changements », insistant sur l’embauche de gens compétents quand l’accident est imputé à « des erreurs humaines et plusieurs autres choses ». « La signature de cette convention marque une nouvelle étape. Au-delà d’un simple accord, elle exprime une ambition commune : bâtir un partenariat concret, durable et tourné vers l’avenir », pose le ministre libanais.

    Et de rappeler l’objectif : « Faire du port de Beyrouth un port plus moderne, plus performant, plus transparent et pleinement intégré aux grands réseaux et au commerce international. » Il insiste sur son souhait de « développer des échanges commerciaux » et « explorer les opportunités offertes par les nouveaux corridors économiques reliant le Moyen-Orient, la Méditerranée et l’Europe, notamment dans le cadre des initiatives comme l’IMEC [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.] ». Bref, « être prêt pour le futur ».

    Ce partenariat avec Marseille reste aussi diplomatique. « Personne ne doute que le sujet n’est pas seulement celui de la stabilité libanaise, parce qu’il n’y a pas d’instabilité au Liban sans une instabilité beaucoup plus large de l’ensemble de la Méditerranée orientale », estime Christophe Castaner. Le ministre des transports français enfonce le clou. « Depuis le début du conflit au Proche et au Moyen-Orient, la France se tient une nouvelle fois aux côtés du gouvernement libanais pour soutenir les forces armées libanaises, avec notamment l’envoi de véhicules de transports blindés pour répondre aux besoins de populations déplacées », a précisé Philippe Tabarot. Et de porter le message d’Emmanuel Macron, qui a assuré que « la France continuera à apporter son soutien aux efforts déterminés des autorités libanaises pour garantir la souveraineté de l’État, le seul à même d’assurer la stabilité, l’intégrité territoriale du Liban et de répondre aux besoins des populations ». Un cessez-le-feu « robuste et durable » étant « à ce titre indispensable ».

  • Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise

    Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise

    « Il appartient désormais à la puissance publique de prendre les décisions permettant que ce risque repose sur l’économie du projet, et non sur les déséquilibres qu’elle peut elle-même corriger », estime un cabinet d’expertise indépendant, dont le nom n’a pas été communiqué, dans la conclusion d’un rapport commandé par les organisations représentatives des salariés de Fibre Excellence à propos de l’offre de reprise formulée par Combat Holding, dirigée par le milliardaire Matthieu Pigasse. Pour rappel, le lundi 27 juillet, elle sera examinée par le tribunal de commerce de Toulouse.

    Des données qui confirment donc les demandes formulées par les repreneurs et les représentants syndicaux, ces dernières semaines. « Tout est dans les mains de l’État », confiaient-ils lors de la dernière assemblée générale, le mardi 7 juillet dernier, sur le site de Tarascon. Leurs revendications portent sur une revalorisation du prix de l’électricité, un meilleur accès au bois utilisé pour fabriquer la pâte à papier, ainsi que sur la réintégration des quotas carbone.

    Dans les dernières pages du document, que La Marseillaise a pu en partie consulter, ce besoin est même chiffré. L’Ebitda, indicateur financier qui mesure la rentabilité du cycle d’exploitation d’une entreprise, serait déficitaire de 45,8 millions d’euros, avec le modèle actuel, sur une période de 2026 à 2030, sans projet de reprise. Le seul apport du projet industriel, avec « des produits à plus haute valeur ajoutée » pour 9,5 millions d’euros, « l’amélioration du bilan énergétique » pour 1,8 million d’euros, ainsi que la « réduction des coûts de maintenance et de fonctionnement » pour 9 millions d’euros, permet d’apporter 20,3 millions d’euros. Pas suffisant donc.

    « Conditions essentielles »

    Restent donc les « conditions essentielles à la réussite de l’offre de reprise », comme elles sont évoquées dans le rapport. La « réintégration et proratisation aux quotas CO2 » permettraient de dégager 30,2 millions d’euros. Pour la valorisation de l’électricité, le bénéfice estimé est de 25,5 millions d’euros. Mais surtout, le cabinet estime que « le différentiel lié au coût du bois constitue désormais le principal facteur de fragilité du projet de reprise ». Une aide temporaire sur cette question, une mise en œuvre de recherches « afin de rétablir la hiérarchie des usages du bois et de limiter la concurrence entre bois industrie et bois-énergie », ainsi que l’augmentation progressive des volumes de bois issus de forêts publiques permettraient, à elles seules, de dégager pas moins de 56,3 millions d’euros. Si toutes les conditions sont réunies, l’Ebitda final serait ainsi positif de 86,5 millions d’euros.

    « Les décisions restant à prendre ne visent pas à créer artificiellement de la rentabilité, mais à restaurer un environnement concurrentiel compatible avec la réalité économique de la filière », pointe le rapport, qui rappelle que « à défaut, le juge prononcera la liquidation judiciaire ».

  • La céramique et les santons mis à l’honneur tout l’été à Aubagne

    La céramique et les santons mis à l’honneur tout l’été à Aubagne

    Le cours Maréchal-Foch fourmille de visiteurs. À Aubagne, le traditionnel marché à la céramique et aux santons débute sa saison. Il est organisé en partenariat avec l’association des céramistes et santonniers du Pays d’Aubagne et l’Office de tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une inauguration « émouvante », selon Jean-Pierre Squillari (DVG), maire de la ville, qui salue une initiative lancée par l’ancien premier magistrat communiste Edmond Garcin. À ses côtés, Florence Amy, présidente de l’association organisatrice, était présente.

    Neuf exposants peuvent faire découvrir leur savoir-faire et leurs créations. Les arts de la table, de la décoration et des santons sont mis à l’honneur par les artisans présents. Des santons, des assiettes, des vases, des tasses, des pots de beurre ou encore des cigales ornent les étagères.

    Un marché pour les curieux et les habitués

    Parmi les artisans, il y a des habitués. C’est le cas de Marie-Claude, artisane pour la faïencerie Louis Sicard. Cette enseigne a sa place sur le marché depuis le début de son existence, en 1968. La faïencerie est connue pour ses célèbres cigales, créées par Louis Sicard. « Ce marché, c’est une opportunité de se faire connaître, pour que les gens viennent nous voir ensuite au magasin », explique Marie-Claude.

    Cette vitrine est également très importante pour les nouveaux exposants, comme Aurélie, céramiste à Ceyreste. Elle crée surtout des bijoux. C’est la deuxième année consécutive qu’elle vient sur le marché. Elle se dit heureuse d’être ici : « Il faut que je sorte de mon atelier, c’est important d’être au contact de sa clientèle. » Aurélie proposera également un atelier participatif lors des nocturnes du marché : « Les visiteurs pourront décorer leur propre assiette en terre cuite avec de la peinture acrylique, et repartir avec. » Ces nocturnes auront lieu tous les vendredis soir, de 18 à 21 heures.

    « Une ambiance chaleureuse »

    Au milieu des neuf tonnelles qui abritent les œuvres des artisans, des petites tables et chaises sont mises à disposition du public par le bar-tabac Le Week-End. Un village au cœur de la ville. « On vient tous les matins pour boire le café, on habite à côté », dit Hervé, sa tasse à la main. Et de préciser : « Ce que j’aime ici, c’est l’ambiance provençale. » Sa compagne, Françoise, raconte qu’elle vient au marché depuis son enfance. Elle, aussi, est santonnière : « On salue nos collègues, l’ambiance est chaleureuse. »

    Le marché est ouvert tous les jours jusqu’au 23 août, de 10 à 19 heures, et les vendredis soir jusqu’à 21 heures. Entrée libre.

  • Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    C’est l’une des locomotives de la décarbonation du golfe de Fos-sur-Mer. Pourtant, le projet est loin d’être neutre en termes d’impact sur la biodiversité d’après France nature environnement (FNE13), Vigueirat Nature et le Collectif Cistude, qui rendent un avis défavorable à son encontre suite à la clôture de l’enquête publique, le 30 juin dernier.

    Porté par Elyse énergie et RTE, NeoCarb prévoit d’installer trois briques de production sur le môle central des bassins Ouest du Grand port maritime de Marseille-Fos : l’une d’hydrogène bas carbone par électrolyse, l’autre d’e-methanol, la dernière de e-kérosène. Le stockage et la distribution de ces e-carburants se feraient par le biais d’une plateforme logistique dans la zone du Caban. Un site industriel à proximité d’un site Natura 2000, sur une zone naturelle dite d’intérêt faunistique et floristique, où se trouve une zone humide.

    Sur 51 ha d’emprise foncière au total, 31 ha artificialiseraient des espaces naturels sensibles, selon les associations, « dont 16 hectares de prairies psammophiles, écosystèmes à très forte valeur écologique ». « Ces habitats abritent une flore et une faune rares, parmi lesquelles le Myosotis nain et la Scammonée de Montpellier, dont près de 2 600 et 2 000 individus respectivement sont voués à disparaître sous les fondations du dépôt », affirment-elles. Pour bénéficier des autorisations nécessaires à la construction et l’exploitation de cette usine, Elyse Energy et RTE ont dû déposer des demandes de dérogation pour la destruction d’espèces protégées. Le 15 juin dernier, le Conseil national de la protection de la nature a rendu un avis défavorable à cette demande de dérogation, considérant que la séquence « éviter-réduire-compenser » n’était pas respectée et que les garanties pour éviter une perte nette de biodiversité restaient insuffisantes.

    En mai dernier, lors d’un conseil municipal, l’avis sur la demande d’autorisation environnementale concernant le projet n’avait obtenu aucun vote favorable des élus fosséens, ni dans la majorité, ni dans l’opposition.

  • En Occitanie, « l’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup »

    En Occitanie, « l’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup »

    L’Insee prévoit une évolution de la croissance économique française similaire à l’année passée malgré l’instabilité géopolitique ambiante. « Le commerce mondial a progressé de 2,3 % grâce à la vigueur des exportations asiatiques, stimulée par les échanges de biens technologiques liés à l’intelligence artificielle », avance Katia Le Goaziou (Insee). Mais l’Occitanie peine à rattraper la dynamique nationale. L’activité technologique est principalement portée par l’aéronautique dans la région et l’évolution mensuelle des heures rémunérées dans l’industrie y est d’ailleurs en progrès. Cependant l’activité globale est en baisse de 0,3%, une diminution entraînée par les difficultés que rencontre le secteur de la construction. Comme toujours, la région observe des disparités entre ses territoires et si l’activité économique augmente dans l’Aveyron, l’Ariège et la Lozère, elle baisse nettement dans l’Aude et le Tarn qui font preuve d’une évolution négative de 1,5% comparé à 2025.De la même manière, là où l’emploi chute de 0,6% dans le secteur de la construction, il se rattrape dans le segment industriel de la filière aérospatiale(+0,4%). L’emploi piétine néanmoins dans la région et le taux de chômage (9,5%) surpasse de plus d’un point le niveau national (8,1%). Les défaillances d’entreprises atteignent un niveau historique(6 300 depuis janvier 2025) que les créations d’entreprises en nette hausse tentent de surpasser. Malgré une saison hivernale fournie sur le plan neigeux, la fréquentation touristique s’enlise(-0,8%). Les touristes en provenance de l’étranger affluent et redresseront peut-être la barre cet été, spécialement en Haute-Garonne, locomotive de la région quand les Pyrénées en sont le dernier wagon.

    Oriane Castan

  • [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    « La qualité des miels et l’idée qu’en suivant les fleurs, en allant au bon moment au bon endroit des différentes floraisons, je pouvais ramener sur la table le goût de l’endroit m’ont passionné », avoue Jean-Louis Lautard apiculteur. Il précise : « J’ai 69 ans, l’âge de la retraite, mais je suis toujours en activité ». Et pourtant, rien n’était écrit. « Adolescent, j’ai été aidé par hasard un voisin apiculteur. J’ai fait une transhumance avec lui, et ça m’a marqué. L’odeur du miel propagé par les ailes des abeilles qui ventilent, les aiguilles de pin qui brûlent dans l’enfumoir. C’était sensuel, j’en ai gardé un souvenir olfactif inoubliable. »

    « Adulte, très tôt, alors que je n’avais absolument pas l’argent, je me suis dit que ce serait intéressant d’en faire un métier. » C’était il y a 45 ans. « J’ai alors emprunté et j’ai consacré toute mon énergie à ça », poursuit-il tout naturellement.

    Apiculteurs à temps complet, c’est rare. La récolte familiale est souvent l’usage. La majorité n’en fait pas un métier. Jean-Louis, oui, et ses yeux bleus pétillent quand il évoque l’arrivée sur le plateau de Valensole de nuit, l’odeur des champs de lavande au lever du jour.

    Plusieurs cordes à son arc

    « Je suis producteur mais j’ai aussi accepté le mandat de président du syndicat des miels de Provence et des Alpes du Sud (Simpas) » précise ce passionné. Poursuivant : « Je suis aussi chargé de parler très officiellement de la filière car c’est un métier. L’apiculteur a souvent peu d’interlocuteurs. C’est un travail d’équipe où je me suis investi passionnément. Je suis au service des abeilles ». Ce syndicat gère l’indication géographique protégée (IGP) miel de Provence est enregistré au niveau européen depuis 2003, et de fait possède un cahier de charges bien précis. Le label rouge est aussi associé à l’IGP, il est l’unique signe officiel qui garantit une qualité supérieure résultant d’un terroir. Il respecte les bonnes pratiques apicoles comme l’interdiction des mélanges de miels, un signe de qualité. Il est aussi référent au pôle compétence qualité de l’institut de l’abeille (ITSAP).

    Inquiétudes à venir

    Jean-Louis s’assombrit et rappelle que « le miel qui a fait vivre l’apiculture provençale jusqu’ici, c’est le miel de lavande, il représente 60 % de notre économie ». à Valensole, Sault, Albion, dans la Drome provençale, ou le nord du Mont Ventoux… C’est le seul miel issu d’une culture. Les autres proviennent de la nature sauvage. « Il est important de comprendre que le changement climatique majeur est très inquiétant. L’an dernier, avec 40 degrés sur le plateau de Valensole, au mois de juin, au début de la floraison, les lavandes ont fané avant de s’ouvrir, c’est inbutinable. C’est très grave. »

    S’ajoute à ça, la question de la rentabilité de la culture de lavande. Sur le plateau de Valensole, on est à 5 000 hectares arrachés en une année, des arbres sont plantés en remplacement. « Alors on ne peut que se poser des questions sur le devenir des champs de lavande et de fait sur le devenir de la profession », poursuit l’apiculteur.

    Il y a aussi, un autre danger. C’est le développement du frelon asiatique qui est exponentiel, les ruches sont décimées. Il est classé danger sanitaire de 2e catégorie pour l’abeille domestique sur tout le territoire français. « Je suis monté jusqu’à 1 200 ruches, mais c’est très variable. Aujourd’hui, on a des gros problèmes de maintien de cheptel avec cette espèce exotique envahissante », témoigne Jean-Louis.

    Transmission du goût

    Partant du constat que lorsque le climat est complètement déréglé, certaines plantes n’y résistent pas. Comment trouver le nectar et le pollen nécessaires pour avoir de belles ruches ? C’est un cercle vicieux. Quid des grands classiques romarin, bruyère blanche, lavande, sarriette… « Mais on continue, on est des coriaces. La vie, c’est l’adaptation. Mais soyons honnêtes, c’est difficile », soupire l’apiculteur soudain envahi de tristesse. Et de poursuivre « Je me dis qu’on risque de perdre un patrimoine, celui du goût. Si on n’est plus capable de produire, comment va-t-on transmettre le goût du miel authentique ? » Pour ce passionné, le miel est un produit local populaire et répandu. L’apiculteur le martèle : « Le miel de Provence est un patrimoine vivant, pas un produit de luxe réservé à quelques-uns. Je veux que les enfants et petits enfants de demain le connaissent. »

    Filière IGP et Label Rouge

    L’IGP (Indication géographique protégée) est un signe Européen, il garantit un savoir-faire traditionnel. La zone de production du miel d’appellation IGP Miel de Provence englobe une zone spécifique en Paca située à la frontière de la Drôme Provençale et de la partie Est du Gard. Le label Rouge est un signe français attestant d’un goût et d’une qualité reconnue.

  • Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Baignée au Sud par la Méditerranée, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste numéro un dans le pays en termes d’économie maritime. C’est ce que confirme une étude de l’Insee, en collaboration avec la Dreets et la collectivité, présentée en conférence de presse ce jeudi à Toulon et publiée dans la foulée. Cette économie maritime représentait fin 2022, quelque 25 600 emplois salariés. Si l’on ajoute les 14 200 de la marine nationale – avec le premier port militaire de France – et les 62 200 du tourisme littoral, ce sont au total 102 000 emplois salariés, soit 5,3 % de la part d’emploi salarié régional que compte cette économie.

    « Notre littoral n’est pas seulement un décor ou une destination. Il est un espace économique majeur, qui fait vivre l’hôtellerie, la restauration, les activités nautiques, les ports, les transports, le commerce et de très nombreux services », indique François de Canson, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Cette économie de la mer est divisée en huit grands secteurs d’activité, ici nommés « segments », avec le transport maritime et fluvial et la construction-réparation navale qui concentrent l’essentiel des emplois salariés. Avec, respectivement 11 900 travailleurs pour le premier et 7 900 pour le second, soit près de quatre emplois salariés sur cinq. Dans le détail, c’est 90 % de l’emploi régional du transport maritime et fluvial qui est polarisé dans les Bouches-du-Rhône, avec les grands acteurs que sont le Grand port maritime de Marseille (GPMM), la CMA CGM et Corsica Linea. Quand le Var centralise 72 % de la construction-réparation navale, avec Naval Group et Eca Robotics.

    Les autres secteurs mentionnés sont l’intervention publique, recherche et protection de l’environnement, la logistique portuaire, les travaux publics maritimes, les produits de la mer (dont la pêche). L’extraction de matériaux marins et la production d’énergie, ne concernent pas notre zone.

    L’économie des métiers de la mer est concentrée au sein de grandes entreprises. Dès lors, les établissements de plus de 50 salariés représentent 75 % des emplois, et ceux de plus de 500 salariés emploient 10 700 personnes.

    Seuls 25 % des salariés

    sont des femmes

    Ces travailleurs de la mer gagnent en moyenne 3 910 euros net mensuels en équivalent temps plein. La part de cadres est de 40 % et les ouvriers qualifiés y sont six fois plus nombreux. À titre comparatif, le salaire moyen dans l’ensemble de l’économie régionale est de 2 470 euros par mois.

    Mais cette économie est, sans surprise, peu féminisée. Et compte une grande majorité des hommes, âgés de 25 à 49 ans. Les femmes elles, n’occupent que 25 % des postes. Une part inégale en fonction des segments, s’il y a peu d’ouvrières, il y a presque autant de femmes que d’hommes dans la logistique portuaire par exemple.

    « Cette étude va servir au diagnostic et au pilotage des politiques publiques », veut croire Olivier Tessier, directeur régional adjoint de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), citant le « retard » sur l’éolien en mer Méditerranée, une « filière d’avenir », pousse-t-il. À ses côtés, le maire de la Londe-les-Maures, pressenti pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région, appelle à ne « jamais opposer économie et écologie » : « être la première région maritime française impose de savoir concilier les usages. Notre littoral accueille des activités industrielles, militaires, portuaires, touristiques, scientifiques, de pêche, de plaisance et de protection de la nature », soulève François de Canson.

    CHIFFRES

    1,3

    En pourcentage, c’est le nombre de salariés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui travaillent dans l’économie maritime, où sont recensés près de 4 200 établissements en 2022.

    63

    Le département des Bouches-du-Rhône concentre à lui seul 63 % de l’emploi salarié de l’économie maritime de la Région, le Var 30 % et les Alpes-Maritimes seulement 7 %.

    4 500

    En euros, c’est le salaire moyen net mensuel en équivalent temps plein dans le transport maritime et fluvial, dont 40 % des salariés sont des cadres. Le salaire moyen dans la Région est de 2 470 euros pour l’ensemble de l’économie.