Category: culture

  • Les 150 ans de Gustave Bret

    Les 150 ans de Gustave Bret

    Son nom n’évoque certainement pas grand-chose aux non-mélomanes. Pourtant, Gustave Bret est certainement l’une des plus grandes figures locales de l’histoire de la musique. Né le 30 août 1875 à Brignoles, il fut l’un des chefs d’orchestre les plus éminents de sa génération, et un organiste et compositeur de grand talent, tout en s’adonnant à la musicologie et à la critique musicale.

    Il a également été l’un des principaux acteurs de la démocratisation de Jean-Sébastien Bach, jusqu’alors méconnu. Il fonda ainsi la Société Bach en 1904 et organisa de nombreux concerts voués à la diffusion de l’œuvre du compositeur allemand. Ami et collaborateur de figures telles qu’Albert Schweitzer, Claude Debussy ou Gabriel Fauré, il a toujours privilégié la transmission et le partage, plutôt que la recherche de la lumière.

    Des lectures d’archives après chaque concert

    Pour le 150e anniversaire de sa naissance, Estérel Côte d’Azur Agglomération a tenu à lui rendre hommage à travers une série d’événements gratuits, jusqu’au 11 octobre. Pour ce faire, la collectivité a organisé, pendant plusieurs semaines, une collecte d’archives et de témoignages, qui ont permis d’étayer le projet. Au total, six concerts (entièrement gratuits) au programme dans les communes de l’agglomération (Fréjus, Saint-Raphaël, Roquebrune-sur-Argens, Puget-sur-Argens, Les Adrets de l’Estérel).

    Ce samedi, vous pourrez profiter d’un récital voix et piano à l’église Saint-François-de-Poule de Fréjus (19h30) par Emmanuelle Blanche-Lormand, soprano, violoniste à l’Orchestre Philharmonique de Radio France et arrière-petite-fille de Gustave Bret. Vendredi 10 octobre, place à un concert d’orgue à la Basilique Notre-Dame-de-la-Victoire de Saint-Raphaël. Le lendemain, un concert de chant choral clôturera ce cycle mémoriel à l’église Saint-Jacques de Puget-sur-Argens (19h30). Chaque concert sera par ailleurs suivi d’une lecture théâtralisée d’archives menée par ses arrière-petits-enfants, dont Éric Blanche, membre du chœur de Draguignan (qui participera au dernier concert). En parallèle, une conférence patrimoniale consacrée à Bret sera donnée le même jour à 14h30 à la médiathèque Villa-Marie de Fréjus.

  • Dans les coulisses de la série Alter ego, où Cantona joue un flic

    Dans les coulisses de la série Alter ego, où Cantona joue un flic

    Élégant dans son costard, lunettes de soleil sur le nez, Éric Cantona, en ce début d’après-midi, enchaîne les prises de vues sous la direction du réalisateur Philippe Dajoux.

    Dans un décor de rêve, entre la Grande Bleue, le paysage des Trois Secs et les portiques des chantiers navals au loin, « The King », surnom du Marseillais pour ses exploits de joueur de foot, remonte l’allée, à proximité du Neptune Club et du port St-Jean. Cantona est reconnaissable entre mille. Avec sa carrure et sa manière si caractéristique de se tenir parfaitement droit, les épaules en arrière.

    « Un peu une comédie à l’italienne »

    Après plusieurs essais, le réalisateur, Marseillais lui aussi, qui a un peu vécu, enfant, à La Ciotat, juge que la prise est bonne. Éric Cantona confie : « Le tournage se passe très bien. Les paysages sont magnifiques. Je prends beaucoup de plaisir à tourner ici, avec mon ami Philippe Dajoux. Je joue un commissaire qui revient à Marseille et la série mêle enquêtes et histoires familiales. C’est un peu une comédie à l’italienne, il y a des moments émouvants, d’autres plus drôles. J’adore jouer les scènes où il se dégage une certaine émotion. »

    Directeur de production sur la série, Jean-Paul Nogues, juste après, commente : « On a tourné une séquence. On a fait une mise en place avec les comédiens, les décorateurs, la caméra, le réalisateur. On a regardé comment on pouvait articuler le texte et se déplacer dans l’espace. On a défini un cadre et un mouvement. » Il développe : « Le réalisateur intervient sur la direction d’acteurs, avec des indications de jeu, et quand il est satisfait, on passe à la prise de vue. La scripte est à côté du retour vidéo. Elle a le scénario en mains, et vérifie que le texte est bien dit. »

    Philippe Dajoux – il a réalisé le film Les collègues en 1998 – se dit « très satisfait du tournage. On a tout ce qu’il faut comme il faut. À Marseille, dans le Sud, à La Ciotat, on est gâté pour tourner ». Diffusée en trois soirées de deux épisodes l’an prochain sur TF1 (on ignore encore à quelles dates), la série campe « un policier [Joseph Batista, alias éric Cantona, Ndlr.] associé à un avocat [Samy Kaddourian, alias Bruno Sanches] qui enquête. C’est surtout une comédie familiale policière », consent à dire le réalisateur.

    Venu assister au tournage de la séquence, Renaud Muselier (Cap sur l’avenir), président de la Région Sud, ne cache pas son enthousiasme. Entièrement tournée en Provence, de mai à octobre 2025, produite par Quelle aventure ! et Empreinte digitale, la série sera soutenue, après un vote d’aide à la production le 17 octobre prochain à la Commission permanente, à hauteur de 100 000 euros. Parce que le cinéma et l’audiovisuel représentent, pour l’élu, « une économie non délocalisable, qui attire des investisseurs et fait rayonner nos territoires ». La Région apporte à la filière un financement de 7,4 millions d’euros, « de la formation à la diffusion, de la production à l’éducation à l’image ». Avec plus de 5 000 jours de tournage par an, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur« est devenue la deuxième région pour les tournages, après l’Île-de-France ».

  • Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    « Avec Navig’arts, on navigue entre les arts et les époques », résume Nathalie Lainé, adjointe à la culture, aux fêtes et événements.

    Si, en raison de coupes budgétaires, la manifestation, co-financée par la Ville et l’office de tourisme de La Ciotat, se déroule cette année sur un jour au lieu de deux l’an dernier, elle ne paraît rien perdre de sa superbe. Ni de son foisonnement. Ni de son ambition. « Le principe, c’est de mettre les artistes et associations ciotadens en avant », précise Nathalie Lainé. Cette machine à remonter le temps, ou l’anticiper, qu’est Navig’arts nécessite en effet, pour animer ses rouages, « près de 530 artistes et membres associatifs ciotadens », indique l’élue, auxquels il faut ajouter les près de 110 artistes de 22 compagnies artistiques (essentiellement en théâtre de rue) extérieurs à la ville.

    Foisonnement festif

    L’événement va se concentrer*, cette année, essentiellement vers le Port-Vieux, « même s’il y aura des déambulations dans la ville », note Nathalie Lainé. À chaque lieu, est liée une époque. Chaque fois, des ateliers sont proposés et des artistes présents. La Préhistoire a, par exemple, élu domicile rue Bouronne. Le cinéma, au Baromètre. Le pop art, place Esquiros. La Renaissance, place Kranj. Depuis le Port-Vieux jusqu’au Baromètre et à l’église Notre-Dame, le XVIIIe, avec une référence à Napoléon Bonaparte « qui séjourna à La Ciotat lors du siège de Toulon en 1793 » sera représenté, tout comme le XIXe siècle. De l’église vers la galerie du Port, le futur régnera en maître (drones…). À la Chaudronnerie, le disco déchaînera les corps vêtus d’habits de paillettes. De la place de l’Escalet à la mairie, la Grèce, l’Égypte antique et les Vikings se côtoieront… Et toute la journée, les artistes tiendront le haut du pavé. On pourra par exemple croiser Anubis. Ou bien la drôle de machine de Zi Omnibus Cirk. Le génial Rodafonio (Espagne), immense roue tournante dans laquelle jouent cinq musiciens… Et bien d’autres rêveries faites réalité. Jusqu’au point d’orgue**, le spectaculaire et coloré Color Wheels, de la compagnie Off, emblématique des arts de la rue. « Un DJ, dix roues, 10 000 leds. Un spectacle techno monumental. Une chorégraphie urbaine. »

    * De 11h à 22h. Entrée libre. ** À 20h, départ office de tourisme, final sur l’esplanade de la Capitainerie du Port-Vieux.

  • [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    La Marseillaise : Suite à la disparition en 2021 de Jacob Desvarieux (leader et cofondateur du groupe), vous avez déclaré : « Après sa mort, pour moi, Kassav’, c’était fini. » Qu’est-ce qui vous a redonné du souffle pour poursuivre l’œuvre du groupe ?

    Jocelyne Béroard : Quand je disais cela, ce n’était pas une affirmation. On se demandait alors comment Kassav’ pouvait continuer après la mort de Jacob, car il avait une voix particulière et un tel charisme… Pratiquement tous les gros tubes du groupe sont écrits, composés ou chantés par lui. Maintenant, chacun a la même importance. Si Kassav’ a pu offrir au reste du monde sa musique qui venait de toutes petites îles, c’était justement grâce à la réunion de tous ses membres. On avait déjà déploré, en 2010, le décès de Patrick Saint-Eloi, puis celui de Jacob derrière. On finit par se poser des tas de questions. D’abord, parce qu’on monte en âge. On se demande si on a encore l’énergie pour continuer sans eux. Il a donc fallu faire cet hommage à Jacob. ça nous a permis de reprendre confiance. Et on lui devait ça. On a donc cherché des gens qui pouvaient nous accompagner sur scène, d’autant que Jean-Philippe Marthély, aussi un élément majeur de Kassav’, avait fait un AVC. On a eu la chance de rencontrer des musiciens qui avaient le talent et l’énergie pour nous accompagner et continuer l’aventure.

    Le zouk est, à l’image des Antilles, un mélange de toutes les cultures qui la composent. Selon vous, Marseille, cette cité carrefour où vous venez jouer, est-elle aussi une terre de créolisation ?

    J.B. : Il est vrai que Marseille est le lieu d’énormément de rencontres, un port avec des bateaux qui arrivent de partout, notamment d’Afrique. Après, chacun défend son héritage, sa culture. Mais les enfants qui naissent en France créent autre chose, c’est ça la créolisation. Et la créolisation, en fait, on la retrouve partout dans le monde aujourd’hui avec le développement et l’accès aux moyens de transport. Les voyages permettent de s’habituer aux autres cultures, de devenir plus tolérant.

    Le producteur de Kassav’, Georges Debs, avait déclaré en 1988 à « L’Humanité », après le succès de l’album « Vini Pou » : « Pour la première fois de l’histoire des Antilles, un groupe authentiquement antillais est récompensé nationalement. Ce ne sont pas les doudous et les plages qu’on récompense, mais notre culture et notre créole ». Vous sentiez-vous méprisé par l’industrie à l’époque ?

    J.B. : Je n’utiliserais pas le mot de mépris, mais plutôt d’ignorance. Et il ne faut pas oublier que les États-Unis envahissaient le monde musicalement. Même la variété française avait du mal à subsister et certains chanteurs se mettaient parfois à chanter en anglais. Ils rêvaient d’exploser en Amérique, alors que les Américains avaient la main forte sur l’industrie. Nous qui venions de petites îles qui comptent 350 000 habitants et 80 km de long, on ne faisait pas le poids. Certains leur avaient vendu une vision doudouiste des Antilles : cocotiers, sable blanc, doudou, accras, punch, fête… Eh bien non, chez nous, comme partout ailleurs, on travaille, on réfléchit à une culture, une musique… Et cela, il fallait le faire admettre à tous.

    Kassav’ a même commencé à cartonner dans le reste du monde avant de le faire en France…

    J.B. : Oui, on avait besoin d’un public, d’assurer nos attaches au niveau local. Cela nous a rendus beaucoup plus fort pour aller ailleurs. L’Afrique a vite appelé Kassav’. Ensuite, on est revenu par ici. Car quand ils ont su les scores qu’on faisait dans les concerts, jusqu’à 80 000 personnes dans les stades, tout le monde a sursauté. Un gros truc est en train de se passer et on n’est pas au courant, ont-ils pensé.

    À vos débuts, vous définissiez le zouk comme « la musique antillaise actuelle » qui « amalgame les cultures ». C’est toujours le cas ?

    J.B. : Ce qui nous avait nourris au départ, c’était les musiques traditionnelles de chez nous, comme le gwo ka. ça vient de nos arrières grands-parents, qui jouaient du tambour. Aujourd’hui, c’est le même principe, on peut les mélanger à tout : de la musique classique, du jazz, du RnB… Désormais, on se nourrit de tout ce qu’on peut. Avec juste un ordinateur, on peut vagabonder dans les musiques du monde. La base du zouk, c’était ça. Et c’était important qu’on ne soit pas une pâle copie des Américains, ni de qui que ce soit. Même si on aimait le reggae par exemple, on n’allait pas se mettre à en faire, car on avait autre chose de plus original à offrir au reste du monde.

    Votre show actuel s’ouvre par du gwo ka, musique traditionnelle de Guadeloupe jouée avec des tambours, entre autres symboles de résistance pendant le Code noir, qui en interdisait la pratique. Est-ce que la jeunesse antillaise s’en empare encore pour porter ses aspirations face à un état central qui les laisse encore à l’abandon ?

    J.B. : Je crois que dans les gens ont besoin d’avoir leurs propres réponses dans tous les pays. Ça vous ramène à votre enfance et culture. Même en ce qui concerne les gens nés en France et qui n’ont jamais vécu aux Antilles : quand leurs parents leur font découvrir la musique du pays, ça leur parle. C’est dans les tripes. Quelle que soit l’évolution, il y a toujours une référence à l’origine, qui fait qu’on appartient à un groupe de personnes.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    « Quand je l’ai vue dans la cour de la prison de la Santé, sous le dais noir, avec ses grands bras maigres, dressée vers ce dais, elle avait l’air d’une espèce d’idole, sanglante, qui attendait sa ration de mort. Maintenant, c’est une pièce de musée. Tout est dit ». Inscrite sur un cartel de l’exposition permanente du Mucem, « Populaire ? », cette déclaration de Robert Badinter, en 2010, porte sur une guillotine construite en 1872 par Alphonse-Léon Berger pour remplacer un modèle détruit pendant la Commune de Paris, et qui sommeillait dans les réserves du Mucem.

    Voilà désormais le monstre froid installé au sein du parcours, à l’occasion de la panthéonisation de Robert Badinter – l’ancien Garde des Sceaux ayant porté la loi de l’abolition de la peine de mort en 1981 – qui doit avoir lieu le 9 octobre. La guillotine n’avait auparavant été montrée qu’à trois reprises : en 2010 au musée d’Orsay, en 2013 à l’ouverture du Mucem et en 2019 aux Baumettes. L’espace sera ouvert ce jour-là au public gratuitement.

    « Cette guillotine témoigne à la fois de ce qu’était la peine capitale, mais surtout du combat pour l’abolition », rappelle Pierre-Olivier Costa. Le président du Mucem développe : « Robert Badinter a choisi de la donner en 1982 au Musée des arts et traditions populaires, dont le Mucem est l’héritier, pour la faire entrer dans le patrimoine commun comme un objet qui n’a plus d’usage et qui n’en aura plus. Avec la condition de ne pas la montrer au public avant 20 ans, car il connaissait la charge émotionnelle liée à ce débat. À l’époque, une majorité de Français était encore pour la peine de mort ».

    4,50 m et 900 kg

    Armature glaçante faite de bois et de métal, le couperet de la guillotine exposée semble prêt à tomber à tout moment. Mais, fort heureusement, figé en l’air pour un long moment grâce à l’action de Robert Badinter. Elle convoque le souvenir selon lequel son arrêt a été le fruit d’une lutte, comme le suggère la séquence dans laquelle elle est exposée, intitulée « Peuples en mouvement ». Une section qui souligne les « avancées sociales et sociétales » dans l’hexagone, parmi lesquelles « la grève et la réduction du temps de travail » entre 1936 et 38, ou la promulgation de la loi autorisant le mariage pour tous en 2013.

    Au centre de cette pièce, trône la bête à la lame, 4,50 m de hauteur et 800 kg. « Cette guillotine a été beaucoup utilisée pendant la Deuxième Guerre mondiale, notamment pour mettre à mort des résistants », souligne Pierre-Olivier Costa, tout en précisant : « A priori, elle n’a pas été utilisée pour la dernière exécution en France, en 1977 » [celle d’Hamida Djandoubi, exécuté aux Baumettes, Ndlr]. Mais une deuxième guillotine, « itinérante pour aller en Province », indique la directrice scientifique et des collections du Mucem, Marie-Charlotte Calafat, « est toujours dans nos réserves. Elle n’a jamais été montée, car il lui manque des pièces, notamment des écrous et boulons. C’est certainement celle qui a été utilisée pour Christian Ranucci », lui aussi condamné à la peine capitale aux Baumettes.

  • Au détour d’une rue ou d’une place, l’art surgit à Marseille

    Au détour d’une rue ou d’une place, l’art surgit à Marseille

    Mèfi. Du 7 au 10 octobre, ne vous étonnez pas de voir surgir 11 porteurs de bancs qui sillonnent Marseille, de Saint-Barnabé à l’Estaque, en passant par les places Castellane ou Sébastopol. Pas des agents de la voirie officiant à la Métropole, mais plutôt des artistes de la compagnie Krak. « Nous convertissons les bancs en une seule longue table dans l’espace public. Avec mots et musique, nous trinquons à la beauté des petites rencontres de la vie. De cette façon, nous reconnectons les gens et rendons hommage à tout ce qui produit dans l’espace public », situent Els Degryse et Dieter Missiaen, artistes de ce collectif belge, au menu de Performer la ville.

    Du vendredi 3 au dimanche 12 octobre, la première édition d’un « temps fort » impulsé par Lieux publics, centre national de création dans l’espace public qui coordonne la Cité des arts de la rue, dans le quartier des Aygalades. « Même si on sort déjà régulièrement de nos murs, on avait envie aussi de rassembler le public dans un temps fort. Performer la ville n’est pas un festival mais plutôt un événement où on va chercher les habitants, les usagers et les passants pour les surprendre dans l’espace public », prévient son directeur, Alexis Nys. Avec pour objectif de renouer encore plus avec l’ADN des arts de la rue, et donc leur spontanéité, ainsi que de recréer du lien social par l’art, dans une société qui a tendance à l’occulter.

    Traversées de la cité

    Les places Castellane et Caffo, comme la plage des Catalans, seront quant à elles le théâtre d’Esquisses, de la compagnie marseillo-brésilienne Cirque immersif, pour « un moment de poésie suspendu dans le ciel de la ville », indique le programme qui, pendant toute la durée de Performer la ville, affichera également Légendes à la gare Saint-Charles et ses alentours. Porté par La Vaste entreprise et Nicolas Heredia, « un projet qui permet de commémorer le quotidien des gens et raconte des micro-récits », au nombre de 400, « inspiré par la ville et ses habitants », détaille Alexis Nys, avant de pointer d’autres propositions telles que Mission Roosevelt, qui « brise le tabou » du handicap en proposant au public de traverser la Canebière et le Vieux-Port en fauteuil roulant pour se métamorphoser « en joyeuse troupe qui envahit l’espace urbain ».

    www.lieuxpublics.com

  • Au Citron jaune, « Artivisme » presse débats et spectacles

    Nous avons proposé à des artistes, des chercheurs et des militants de tenter de changer le monde en quelques jours. Venez ! Au pire, ce sera joyeux », aguiche avec humour le programme du Citron jaune. Jusqu’au dimanche 5 octobre, ce centre national des arts de la rue et de l’espace public est aux manettes d’« Artivisme », temps fort qui mêle performances et réflexions. Vendredi 3 octobre, la plateforme arlésienne Pop accueillera ainsi Phœnix, de Marzouk Machine. En cours de création, une pièce qui « arpente villes et villages de France pour questionner la raison pour laquelle nous restons, au bord de la brèche, hébétés face à l’effondrement » du monde. Et ce, avant un débat intitulé « la démocratie peut-elle sauver la planète ? ».

    Vigies et résistants

    Le week-end de la 2e édition d’« Artivisme » sera lui aussi riche en spectacles et discussions. Au parc ornithologique du Pont de Gau des Saintes-Maries, le Groupe n+1 invitera samedi le public aux premiers essais de Delta, spectacle immersif irrigué par les rencontres d’« un garde-digue, une manadière-gardiane, une rizicultrice, des scientifiques » ou encore de « six dockers et d’élus ». Clôture prévue dimanche à Arles, avec le DJ set de Floriane Facchini, Patasciutta antifascista, d’après sa création qui narre l’histoire d’une famille italienne ayant transgressé les volontés de Mussolini en 1943, le dictateur leur ayant interdit de semer du blé pour nourrir les résistants au fascisme.

    P.A.
  • Au Citron jaune, « Artivisme » presse débats et spectacles

    Au Citron jaune, « Artivisme » presse débats et spectacles

    Nous avons proposé à des artistes, des chercheurs et des militants de tenter de changer le monde en quelques jours. Venez ! Au pire, ce sera joyeux », aguiche avec humour le programme du Citron jaune. Jusqu’au dimanche 5 octobre, ce centre national des arts de la rue et de l’espace public est aux manettes d’« Artivisme », temps fort qui mêle performances et réflexions. Vendredi 3 octobre, la plateforme arlésienne Pop accueillera ainsi Phœnix, de Marzouk Machine. En cours de création, une pièce qui « arpente villes et villages de France pour questionner la raison pour laquelle nous restons, au bord de la brèche, hébétés face à l’effondrement » du monde. Et ce, avant un débat intitulé « la démocratie peut-elle sauver la planète ? ».

    Vigies et résistants

    Le week-end de la 2e édition d’« Artivisme » sera lui aussi riche en spectacles et discussions. Au parc ornithologique du Pont de Gau des Saintes-Maries, le Groupe n+1 invitera samedi le public aux premiers essais de Delta, spectacle immersif irrigué par les rencontres d’« un garde-digue, une manadière-gardiane, une rizicultrice, des scientifiques » ou encore de « six dockers et d’élus ». Clôture prévue dimanche à Arles, avec le DJ set de Floriane Facchini, Patasciutta antifascista, d’après sa création qui narre l’histoire d’une famille italienne ayant transgressé les volontés de Mussolini en 1943, le dictateur leur ayant interdit de semer du blé pour nourrir les résistants au fascisme.

    P.A.
  • À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    Ils ont annoncé la mauvaise nouvelle sur leur compte Instagram début septembre. En fin d’année, la librairie-galerie-atelier d’artistes En traits libres ferma définitivement ses portes pour cause de loyer trop élevé, après trois ans d’effervescence culturelle dans le quartier Saint-Roch.

    « Notre loyer s’élève à plus de 7 000 euros. Depuis le début on savait que ça serait un challenge… On a essayé de le négocier, mais on n’a pas trouvé d’accord avec le bailleur ACM », explique Miquel Clemente, fondateur et responsable de la maison d’édition 6 pieds sous terre. « Ce qu’on faisait ici, c’était du bénévolat. Nous étions une association culturelle avant tout… Mais Six pieds sous terre continue comme avant ; notre atelier rue Bayle reste ouvert », ajoute-t-il.

    « Ne pas se remettre avec ses ex »

    Créée en 2022, la librairie En traits libres accueillait aussi régulièrement des expositions, des concerts et le festival de BD alternative Rhony’s, dont la troisième édition se déroulera du 28 au 30 novembre. Pour l’heure, Miquel Clémente ne sait pas si d’autres projets émergeront après la fermeture. Seule certitude : ils seront forcément différents de ce que proposait En traits libres. « On sait qu’il ne faut pas se remettre avec ses ex », sourit l’éditeur.

    D’ici là, la librairie prévoit de nombreux rendez-vous avant le clap de fin. Jusqu’au 8 novembre, elle accueillera l’expo « Dessiner l’architecture #1 » en partenariat avec La Fenêtre. Samedi 27 septembre, à 12h30, place au concert de Fernando Barroso (mandoline) dans le cadre des Internationales de la guitare. Le mercredi 1er octobre, Mouflon dédicacera son fanzine « Horripilances » dès 17h…

    Plus d’info sur les réseaux de la librairie. Rendez-vous au 1, rue Voltaire à Montpellier.

  • La librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    La librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    Ils ont annoncé la mauvaise nouvelle sur leur compte Instagram début septembre. En fin d’année, la librairie-galerie-atelier d’artistes En traits libres ferma définitivement ses portes pour cause de loyer trop élevé, après trois ans d’effervescence culturelle dans le quartier Saint-Roch.

    « Notre loyer s’élève à plus de 7 000 euros. Depuis le début on savait que ça serait un challenge… On a essayé de le négocier, mais on n’a pas trouvé d’accord avec le bailleur ACM », explique Miquel Clemente, fondateur et responsable de la maison d’édition 6 pieds sous terre. « Ce qu’on faisait ici, c’était du bénévolat. Nous étions une association culturelle avant tout… Mais Six pieds sous terre continue comme avant ; notre atelier rue Bayle reste ouvert », ajoute-t-il.

    « Ne pas se remettre

    avec ses ex »

    Créée en 2022, la librairie En traits libres accueillait aussi régulièrement des expositions, des concerts et le festival de BD alternative Rhony’s, dont la troisième édition se déroulera du 28 au 30 novembre. Pour l’heure, Miquel Clemente ne sait pas si d’autres projets émergeront après la fermeture. Seule certitude : ils seront forcément différents de ce que proposait En traits libres. « On sait qu’il ne faut pas se remettre avec ses ex », sourit l’éditeur.

    D’ici là, la librairie prévoit de nombreux rendez-vous avant le clap de fin. Jusqu’au 8 novembre, elle accueillera l’expo « Dessiner l’architecture #1 » en partenariat avec La Fenêtre. Samedi 27 septembre, à 12h30, place au concert de Fernando Barroso (mandoline) dans le cadre des Internationales de la guitare. Le mercredi 1er octobre, Mouflon dédicacera son fanzine « Horripilances » dès 17h…

    Plus d’info sur les réseaux de la librairie. Rendez-vous au 1, rue Voltaire à Montpellier.