Category: culture

  • Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Le premier temps fort de l’année, débuté vendredi soir et qui continue samedi, est l’occasion de participer à deux conférences et rencontrer trois grands chercheurs, ainsi que la projection de deux films d’animation sur la question centrale de l’alimentation.

    « Penser l’alimentation aujourd’hui » est l’intitulé du premier temps fort de cette 11e saison. Depuis 2015, l’association Opéra Mundi propose de nombreuses conférences sur un thème central, suivies des « apéros mundi ». « En déconstruisant l’espace, les gens se permettent de s’exprimer plus librement. On remarque que quand ils prennent la parole, ils parlent au nom de tous et non pas pour leur propre individualité », explique Cécile Arnold, cofondatrice de l’association, revenant sur la richesse des temps d’échanges entre le public et les intervenants. Durant ces deux jours, deux conférences et deux projections ont lieu, dont Patate et le jardin potager pour les enfants, en présence de maraîchers locaux. L’événement est d’ores et déjà complet. En février, s’ensuivra le festival Mundi, le cœur de chaque saison. Du 3 au 7 février, une conférence aura lieu chaque jour, avec la présence de chercheurs à portée nationale voire internationale de haut vol.

    Échanges et réciprocité

    Une « conférence, performance surprise », clôturera le festival lors d’une rencontre entre un chef cuisinier et un philosophe qui synthétiseront cette dense semaine, suivie par une « fiesta » pour danser sur un DJ set de Radio grenouille. Au printemps, le programme n’est pas encore dévoilé, mais le cofondateur d’Opéra Mundi, Éric Giraud, souhaite ouvrir de nouvelles perspectives à l’événement et étendre son rayonnement dans le Var. La ville de Toulon « se développe fortement au niveau de la culture » et sera probablement la prochaine destination de l’association explique-t-il, ajoutant son désir de revenir sur ces terres natales.

    L’approche d’Opéra Mundi se fonde sur la réciprocité. « On fait le choix d’inviter des orateurs capables de véhiculer une pensée forte avec des termes simples, sans pour autant vulgariser. » Cette pensée mouvante permet aussi aux experts de se confronter à la société, dans un milieu restreint où les discussions se font habituellement entre pairs. Tout cela permet aux chercheurs comme au public de « revenir à une simplicité dont chacun a besoin » conclut Cécile Arnold, pour encrer concrètement ces discussions dans les pratiques.

    Toutes les conférences et événements sont gratuits sur réservation sauf la fiesta Mundi.

    La Fabulerie, 10 bd Garibaldi, 13001 Marseille.

  • Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Fort du succès de ses deux premières éditions, le 2030 festival entend s’imposer un peu plus dans le monde culturel montpelliérain en revenant dans la capitale héraultaise, du 30 novembre au 7 décembre. Un « nouvel acte » faisant toujours la part belle au festivalier puisque ce dernier est au cœur de la manifestation. « En 2023, lors de la première édition, on avait fait le constat qu’il y a plein de lieux, de structures, d’associations, de personnes engagés sur des sujets écologiques, sociétaux, de solidarité. Mais il n’y avait aucun événement qui réunissait toutes ces personnes pour se donner de la force. L’idée de ce festival était de co-construire ensemble avec des personnes et des structures de la ville », souligne Jean-Paul Deniaud, cofondateur du festival.

    Cette troisième édition pousse la coopération un peu plus loin. « On a construit la programmation avec des associations de Montpellier. On leur a demandé à chacune de se dire : qu’est-ce que ça donnerait si vous donniez le meilleur de vous-même au même moment, pendant une semaine dans différents lieux de la ville ? Et en fait c’est vraiment ça le projet du 2030 Festival, c’est à l’inverse d’un festival classique de production verticale où on vient chercher des moyens supplémentaires, des financements extérieurs », fait valoir Jean-Paul Deniaud. Par ces actions, le but affiché de ce festival célébrant l’engagement citoyen est de laisser une trace durable, un impact réel sur Montpellier. « Si on réussit, on arrête le festival en 2030 », promet le cofondateur.

    Et pour marquer durablement son empreinte sur le territoire de Montpellier, le 2030 festival célèbre la semaine de l’engagement du 1er au 5 décembre.

    Yann Tiersen invité

    « On a proposé cette année des formulaires d’inscription pour que des personnes proposent des activités en lien avec l’écologie, le social ou la culture. Il va y avoir des ateliers, des balades et visites. On repropose cette année notamment la balade philosophique dans les Jardins des Plantes [le 2 décembre, Ndlr] avec Denis Nespoulous et Guillaume Bagnolini, deux chercheurs, pour aller à la rencontre de la nature mais de manière double, à la fois très scientifique et philosophique », détaille Pierre Kimpe, coordinateur du 2030 festival. Également au programme, des ateliers pour apprendre à économiser l’eau (03.12, à 18h) ou une journée découverte de l’agroforesterie avec l’Oasis Citadine (03.12, 10h).

    Cette sensibilisation à l’engagement passe également par la culture. « On est sur un triptyque « mise en action, sensibilisation et célébration », insiste Pierre Kimpe. Pour ce faire, le festival a invité l’artiste engagé Yann Tiersen qui inaugurera cette troisième édition, le 30 novembre à la Halle tropisme. « La musique et la culture en général sont porteuses d’un engagement historique pour certains. Du coup il y a plein de petits moments comme ça qui vont illustrer cette chose-là. Venir écouter Yann Tiersen parler de son engagement, c’est fort. On a aussi besoin d’autre chose que des messages universitaires », soutient Jean-Paul Deniaud. Au vu des deux dernières éditions, la formule semble fonctionner.

    Programmation complète à retrouver sur 2030festival.org.

  • Letizia Battaglia : sa cause, sa bataille contre Cosa nostra

    Letizia Battaglia : sa cause, sa bataille contre Cosa nostra

    Dans son cliché La pauvre maison va s’effondrer, une fillette crie son effroi dans les bras de sa mère, au milieu d’une pièce fissurée de toutes parts. « Au début des années 1970, existe encore en Italie, une misère qu’aucun média ne montre jamais. Alors, je photographie sans relâche la souffrance de tous ces invisibles à qui l’on interdit de rêver. » Des mots de Letizia Battaglia -qui a photographié la pauvreté mais aussi la dignité des habitants de Palerme, sa ville- repris dans Letizia Battaglia, photographe des années de sang, documentaire réalisé par Cécile Allegra et projeté le 2 décembre à l’Alcazar dans le cadre du Primed, festival de la Méditerranée en images. Elle est la première femme à diriger, en 1974, le service photo d’un journal, celui du quotidien communiste L’Ora, documentant les crimes de Cosa nostra. « L’Italie n’a pas encore conscience de la réalité de la mafia. On compte alors quatre meurtres par jour. Mais les photos de ces morts ne parviennent pas à changer l’opinion publique », où règne l’omerta et la terreur, entretenues par la collusion des mafiosi et du monde politique, témoigne Roberto Scarpinato, ancien procureur général de Palerme. « Mais Letizia va tout changer. Elle photographie les mêmes scènes et soudain, le public est frappé. »

    Dans Ils l’ont tué dans l’obscurité, parmi ses nombreux clichés chocs, elle capte une mère implorant le ciel face au corps de son fils baignant dans le sang. Après s’être liée d’amitié à Boris Giuliano, chef de la police de Palerme, qui sera assassiné en 1979, elle multiplie les photos de scènes de crimes et de cadavres ensanglantés : de mafieux, mais aussi de magistrats ou de militants qui affirment un peu trop fort leur combat contre la pieuvre.

    « Mes photos en courant, la trouille au ventre »

    À travers ses photographies, Letizia Battaglia renvoie en pleine face des garants de l’unité de la société italienne, leurs propres responsabilités. Elle expose même ses clichés en plein cœur de Palerme, s’exposant ainsi elle-même aux menaces et représailles, avant de se lancer en politique. Avec son travail, elle rend aussi visible la lutte de magistrats membres du « pool antimafia » comme Paolo Borsellino ou Giovanni Falcone. Leurs assassinats en 1992 mettront un terme à son travail sur Cosa nostra. « J’ai fait mes photos en courant pendant 10 ans, la trouille au ventre. J’ai besoin de retrouver un peu d’innocence », dira-t-elle alors.

    Compagnon et photoreporter aux côtés de Letizia Battaglia lors de ces années-là, Franco Zecchin viendra quant à lui présenter, vendredi 28 novembre à 18h, au Centre d’animation municipal Michel-Lévy, un ouvrage sur les années qu’il a passées avec elle, à l’invitation de l’association de transmission de la culture italienne, Passa Parola. « À sa mort », explique cet homme installé depuis 20 ans à Marseille, « j’ai pensé que ca serait un bel hommage de témoigner de ce travail et de cette vie ». Dans Letizia, il livre un regard intime sur cette figure admirable dont les Palermitains se sont emparés, « pour voir son côté humain, plutôt que le mythe ».

  • Alès d’antan à redécouvrir en cartes postales

    Alès d’antan à redécouvrir en cartes postales

    Les éditions Hervé Chopin poursuivent avec Alès leur collection « Images d’Antan » lancée en 2004. Depuis 20 ans, cette collection compile les cartes postales d’une période s’étalant de 1880 au début de la Première Guerre mondiale. Pour la capitale des Cévennes, c’est Valérie Alamo, native du Gard mais plus habituée à écrire des biographies de chanteurs, qui s’est occupée des textes accompagnant les cartes postales fournies par les Archives municipales.

    « J’ai découvert un nouvel Alès »

    « J’ai fait beaucoup de découvertes en faisant mes recherches, comme le fait que Vauban n’avait jamais mis les pieds au fort Vauban ou l’ancienne gare démolie qui était sublime. Il y avait aussi un marché sous des arcades que beaucoup d’anciens n’ont pas connu. J’ai découvert un nouvel Alès. Avec ces cartes postales, on voit que même si presque tout a changé, puisque même le crassier n’existait pas encore, on comprend beaucoup de l’histoire actuelle de certains quartiers », explique l’autrice. À travers les 96 pages du livre, Valérie Alamo retrace l’histoire d’une cité industrielle – marquée par les mineurs, les blanchisseuses – mais aussi agricole, puisque les champs venaient à l’époque jusqu’aux portes de la ville.

    Pour découvrir l’ouvrage et échanger avec son autrice, un lancement est prévu en public le samedi 29 novembre à la médiathèque Alphonse Daudet (14h).

  • Un « Andromak » revisité à Port de-Bouc

    Un « Andromak » revisité à Port de-Bouc

    « Hé ! Dans cette pièce, je vais peut-être vous le spoiler, il n’y a aucun héros », interpelle sur scène, en direction du public, un jeune comédien de
    la compagnie Kourtajmé. D’Andromaque, tragédie en vers écrite par Racine en 1667 à la langue et la vie d’aujourd’hui, il n’y a qu’un pas et quelques lettres, que Cyril Cottinaut franchit en mettant en scène Andromak, qui prend ses quartiers jeudi 27 novembre au théâtre le Sémaphore de Port-de-Bouc. Dans un espace quasiment nu, « les acteurs entrent en scène comme on entre sur un ring : pour en découdre, par la parole assénée, par les punchlines dont Racine a le secret, par l’incarnation la plus concrète qui soit », explique-t-il dans sa note d’intention.

    « Sens avant la lettre »

    Si l’histoire reste la même, « Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort », les huit comédiens de Kourtrajmé -compagnie créée en 2022 par l’association artistique éponyme pour une « représentativité plus juste au sein des arts »- injectent une part de leur propre vécu dans l’antique tragédie. Intemporelle mais dépoussiérée, Andromak fait jaillir son « sens avant la lettre ». Une pièce irriguée par des « personnages en proie à leurs désirs violents, leur impuissance et leurs échecs » qui « prennent chair dans la réalité du présent ».

    Jeudi 27 novembre à 20h.
    Entre 4 et 14 euros. www.theatre-semaphore-portdebouc.com

  • The Inspector Cluzo, bonne graine de rockers à Marseille

    The Inspector Cluzo, bonne graine de rockers à Marseille

    Même s’il a été plus citadin depuis l’été dernier avec leur tournée américaine, puis européenne, où ils ont notamment assuré des premières parties du grand Neil Young, le bon air de leurs Landes natales ne cesse de les rendre goûtus. Pas juste les oies grises qu’ils élèvent dans leur ferme près de Mont-de-Marsan, mais aussi les deux drôles d’oiseaux-rockers qui composent The Inspector Cluzo, en concert à l’Espace Julien, jeudi 27 novembre. Car quand il ne gambade pas dans sa ferme gasconne, le groupe nourrit au bon grain son public à coups de riffs savoureux. De sa production à sa diffusion, une chaîne sur un mode d’autogestion artisanale, qui se porte tant bien que mal, loin des griffes de l’industrie musicale, comme le prouve encore le 10e album Less is more.

    « On s’est demandé s’il y avait encore de la place pour des artisans comme nous, en pleine phase d’industrialisation musicale telle qu’on la vit. Désormais, il n’y a plus que des multinationales. Un groupe comme le nôtre est obligé de passer par les mêmes gros tuyaux que les géants, mais pas avec les mêmes moyens et règles », souligne le guitariste et chanteur Laurent Lacrouts, aux côtés du batteur Mathieu Jourdain. Des « rockers farmers » qui, depuis une quinzaine d’années, ont fait le choix de ne faire appel à aucun tourneur, propulsés par le seul produit de leur travail, agricole comme musical. « Notre producteur artistique Vance Powell [The White Stripes, Tinariwen…, Ndlr] a partagé ce constat. Mais il nous a encouragé en nous disant que l’essence du rock, c’était justement d’aller à contre-courant de tout ce qui se faisait », rappellent les membres de ce groupe qui joue tout en live, « sans bandes », et possède son propre label Fuck the bass player.

    Landes of blues

    Fidèle à leur credo, Less is more est un « album blues-rock qui tabasse », sans s’empêcher quelques incursions : rocksteady, comme l’illustre Catfarm, titre émaillé d’un reggae hardcore. Des Landes à la Jamaïque, réunis par les sons du terroir. Au total, 11 morceaux dans la lignée d’un blues du Mississippi qui les poussent à explorer des contrées inattendues. Mais toujours fidèles à leur « écologie de terrain », héritée du propre travail de leurs cultures. Rien d’étonnant à ce qu’ils rendent hommage dans une chanson à Thoreau, philosophe naturaliste américain du XIXe siècle, à l’origine d’ouvrages comme Walden ou la vie dans les bois et La désobéissance civile, « qui a influencé Martin Luther King ou Gandhi. Quand la désobéissance civile est intelligemment faite, pour le bien commun, et pacifique, c’est très efficace », constate The Inspector Cluzo, qui a réussi il y a quelques années à sauver de la grippe aviaire ses oies landaises. Un esprit indépendant et en paix aussi à l’œuvre sur le dernier titre de leur opus, Almost cut my hair, reprise d’un titre signé en 1970 par le super quatuor folk Crosby, Stills, Nash & Young, avec la guerre du Vietnam en toile de fond.

  • Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Avec 80 000 visiteurs depuis son ouverture le 27 juin dernier, l’exposition « Pierre Soulages. La rencontre », à découvrir jusqu’au 4 janvier, connaît un franc succès. Un engouement « fruit d’un dynamisme retrouvé à l’occasion de la célébration du bicentenaire du musée Fabre et d’une politique volontariste déployée par les équipes », se félicite la Ville de Montpellier.

    L’exposition consacrée au maître de l’outrenoir se déploie sur plus de 1 000m2 et crée une continuité entre les salles d’exposition et les salles Soulages permanentes du musée. Avec 120 toiles, œuvres sur papier, cuivres, bronzes et verres, elle donne à voir les rencontres plastiques, formelles, théoriques et amicales de Soulages avec l’histoire de l’art et l’art de son temps.

    Au fil du parcours, le visiteur découvre ainsi une sélection de toiles signées de grands noms de l’histoire de l’art qui le précèdent – comme Rembrandt, Zurbarán, Courbet, Cézanne, Van Gogh, Mondrian, Picasso -, autant que des rencontres significatives qui ont émaillé la vie de l’artiste – telles Hans Hartung, Anna-Eva Bergman, Pierrette Bloch ou encore Zao Wou-Ki.

    En guise d’épilogue à l’exposition, le Musée Fabre propose aux visiteurs, dans un espace adapté, de découvrir différents aspects de l’œuvre de Pierre Soulages grâce à la réalité virtuelle, à travers une expérience immersive d’une quinzaine de minutes, coproduite par Lucid Realities. Depuis son atelier de Conques et en passant par les salles permanentes du Musée Fabre, les visiteurs sont transportés poétiquement dans l’univers de l’artiste, accompagnés de ses propres mots sur l’art (prononcés par Isabelle Huppert) et sur sa carrière.

  • Soprano au Dôme de Marseille pour son « Freedom tour »

    Soprano au Dôme de Marseille pour son « Freedom tour »

    Il aurait dû se produire le 11 octobre au stade Vélodrome. Mais des « raisons techniques » – la nouvelle pelouse du temple de l’OM installée l’été dernier n’aurait pas pu supporter un tel concert – l’en ont empêché. Qu’à cela ne tienne, Soprano et son équipe, bien que « dégoûtés », ont alors décidé d’organiser, en remplacement, deux nouvelles dates au Dôme de Marseille, mardi 25 et mercredi 26 novembre.

    Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Ces deux concerts s’inscrivent dans le « Freedom tour », du nom de l’album en trois parties sorti entre 2024 et 25, qui passera également par le Zénith de Toulon le 5 décembre ou encore l’Arena d’Aix-en-Provence, les 16 et 17 décembre.

    Du rap et de la pop

    Dans le premier volume de cet opus, sorti en mai 2024, Soprano se laissait aller à des chants empreints de liberté, très marqués par la patte de son compère et Mc, Youssoupha, avec lequel il a écrit certains titres tels que Facile à danser ou encore Papa dis-moi, apparaissant même à ses côtés dans un couplet de la chanson Bellingham.

    Au cours de la deuxième partie de l’album, intitulée Émancipation, Soprano fait étalage de ce qui constitue son ADN, témoignant de son maniement des mots, digne de la belle époque de son groupe originel des Psy4 de la rime. Les rappeurs Alonzo et Vicenzo y font d’ailleurs une apparition respective sur We are the champ et Ghostrider. Mention spéciale à Balles sur mesures, où le rappeur préféré des enfants renoue avec un rap martial qui rappelle ses débuts il y a 20 ans, déplorant un climat guerrier dans le pays et les méfaits des trafics : « Dans mon rez-de-chaussée, les p’tits sont diplômés en THC. Pas en HEC, ok, pas tous, je sais être positif, j’essaie. On lui dit va bosser, mais son bac +1 n’a rien exaucé. Exposé à l’argent facile depuis son balcon, la frustration a donné des armes à Franklin et Léon. » Autant de préoccupations qui ne sauraient pas non plus altérer la joie qu’il prodigue à des millions d’auditeurs, sur le modèle de la pop, comme l’illustre la dernière partie du disque, Renaissance. Toujours fidèle à son optimisme, comme le symbolisent les guitares gitanes de Quoi qu’il arrive, ça va aller.

    Places encore disponibles
    entre 38 et 74 euros. www.dome.marseille.fr

  • [Théâtre] « Jamais dormir » apprivoise l’imaginaire de la nuit

    [Théâtre] « Jamais dormir » apprivoise l’imaginaire de la nuit

    Le dispositif est plutôt simple mais efficace : au milieu de la scène, « un lit qui, tour à tour peut devenir navire, cabane, tapis volant », écrit Baptiste Amann, dans la note d’intention de Jamais dormir. À son bord, Thalia qui, du haut de ses huit ans, « raconte les mondes qu’elle fabrique la nuit avec sa tête pour échapper à la violence de son environnement », résume l’auteur et metteur en scène de cette pièce qui prend ses quartiers mardi 25 et mercredi 26 novembre sur la scène marseillaise du Merlan.

    Un spectacle destiné à un jeune public, une première, qui détonne dans l’œuvre de Baptiste Amann, lui que les spectateurs connaissent davantage pour ses fresques mêlant la petite histoire dans la grande comme Des territoires.

    Souffrance et beauté

    Porté par l’interprète Thalia Otmanetelba, seule en scène, Jamais dormir a été conçu, dixit Baptiste Amann, comme « un hommage rendu à l’imaginaire, aux petites filles qui débordent, à la nuit et son pouvoir fantasmagorique ». Capitaine de ce bateau voguant dans la nuit, la jeune fille embarque les enfants dans ses questionnements intimes. Selon son auteur, « un récit frondeur et aventurier, comme un échantillon des mille vies qui se réinventent dans le secret des chambres d’enfants que la souffrance a conduit à produire de la beauté », au cours duquel mât et autres couettes désamorcent les peurs enfantines les plus tenaces.

    Mardi à 19h30 et mercredi à 15h. Entre 3 et 15 euros.

  • [Théâtre] Fanny Ardant succombe à « l’appel de la forêt »

    [Théâtre] Fanny Ardant succombe à « l’appel de la forêt »

    Elle s’était juré de ne plus remonter sur les planches. Et pourtant. « Revenir au théâtre, c’est toujours mystérieux Comme si se mettait en place une alchimie entre un moment particulier de votre vie, un texte, un personnage. C’est l’appel de la forêt, impossible à définir en termes logiques et raisonnables », répond par mail, à La Marseillaise, Fanny Ardant. Cinq ans après sa dernière apparition au théâtre, la voilà de retour sur scène pour La blessure et la soif, qui se joue lundi 24 et mardi 25 novembre à la Chaudronnerie, à La Ciotat.

    « Emportée » par ses « convictions et passions »

    La blessure et la soif est une histoire d’amour et de mort, qui s’inscrit dans une fresque historique : celle de la Fronde. Dans cette pièce mise en scène par Catherine Schaub, d’après le roman éponyme écrit par Laurence Plazenet, la célèbre comédienne y campe le rôle de Madame de Clermont, épouse et mère qui se laisse aller à l’adultère avec le neveu de son mari. « C’est une joie pour moi de jouer des personnages irrationnelles, passionnées, emportées par leurs convictions et leurs passions, à leurs risques et périls », confie Fanny Ardant, à propos de l’un des deux personnages phares de ce spectacle qui se jouera également du 10 au 28 mars 2026 au Théâtre des Bernardines, à Marseille. Une pièce également portée par un souffle spirituel qui l’a contaminée. « Jouer le rôle de Madame de Clermont a conforté mon âme à croire en une mystique et ne pas suivre les ordres et les règles d’une église », fait-elle part.