Category: culture

  • NTO : « Marseille c’est mon histoire, mes racines »

    NTO : « Marseille c’est mon histoire, mes racines »

    La Marseillaise : Pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, pourriez-vous vous présenter ?

    NTO : Je compose de la musique techno mélodique depuis une vingtaine d’années, je suis né et j’ai grandi à Marseille. Une ville que j’aime mais dans laquelle je joue très peu…

    Justement, vous qui êtes originaire de Marseille, qu’est-ce que ça représente pour vous de jouer à domicile pour
    le festival Au Large
     ?

    NTO : Je suis très heureux de me produire pour le festival le 26 juin et qui plus est au Théâtre Silvain qui est un très bel endroit. Cette date est très importante pour moi parce que je sors d’une grosse période de production de musique qui a duré presque deux ans avec un nouvel album qui sortira en octobre et le premier single sort à la fin du mois de mai donc ça va être l’occasion de le faire découvrir au public. Je suis très heureux de partager tout ça à domicile ça a un sens. C’est une ville à laquelle je suis très connecté, c’est mon histoire, mes racines, c’est ici qu’il y a mes inspirations culturelles aussi donc la symbolique est très forte pour moi.

    Que raconte votre album à sortir ? Y a-t-il une thématique particulière ?

    NTO : C’est un album qui est très personnel. Mon premier album Apnea sortait il y a cinq ans, né de la rencontre avec l’apnéiste Arthur Guérin d’ailleurs je continue à tourner avec cet album et j’en suis fier. Il y a un an et demi j’ai sorti un album en collaboration avec le pianiste Sofiane Pamart c’était extraordinaire humainement et musicalement. Là pour le coup c’est un peu différent, ce nouvel album c’est avec moi-même. Il fait suite à une période difficile de ma vie que j’ai vécue il y a deux ans, c’est une musique qui est née de la reconstruction. Il s’est passé beaucoup de choses, j’ai eu envie de raconter beaucoup de choses qui ont donné naissance à de nombreuses musiques. Je suis impatient de le sortir parce que c’est un album introspectif et personnel.

    Vous définissez votre style musical comme étant de la techno mélodique, concrètement c’est quoi ?

    NTO : C’est de la musique électronique avec beaucoup de mélodies pour faire court. C’est une musique très axée sur l’aspect dansant du côté club de la musique mais c’est axé sur l’histoire. Danser pouvoir fermer les yeux et ressentir des choses. C’est un style musical qui permet de se laisser transporter par les émotions et les mélodies. J’écoute personnellement beaucoup de musique acoustique et de styles différents que ce soit de la soul, du rock, du classique, du jazz etc. donc je suis très attaché à la mélodie. Je passe beaucoup de temps à composer les parties harmoniques et mélodiques de mes morceaux.

    Quand on fait de la musique à proprement parler, c’est-à-dire que l’on ne pose pas sa voix dessus, quel est le cheminement de travail pour arriver à transmettre des émotions ?

    NTO : Ce que j’aime là-dedans c’est que dans la vie il y a plein d’émotions que l’on n’arrive pas à verbaliser. On n’arrive pas à les exprimer mais l’art en général je ne parle pas que de la musique, permet de matérialiser des sensations, sentiments, émotions qui sont indescriptibles et mon rapport à la musique c’est celui-ci. Je bouche une case vide dans ma vie avec la musique et c’est quelque chose que je décharge. J’aime raconter des histoires avec des notes de musique où je considère que chaque instrument est un personnage qui évolue dans un morceau de la première à la dernière minute.

    Et d’un point de vue personnel, que ressentez-vous quand vous êtes face à une foule en transe qui ressent votre musique ?

    NTO : C’est génial tout simplement, il n’y a pas d’autres mots qui me viennent ! Au début ce n’était pas quelque chose que j’arrivais à apprivoiser, c’était traumatisant, d’ailleurs je ne pense pas que ce soit naturel pour qui que ce soit d’être seul sur une scène immense face à des milliers de gens. Ce qui est exaltant c’est d’arriver à trouver un langage commun entre toi et le public, il y a quelque chose de très léger qui se crée. Tu es soudainement transcendé par un moment très fédérateur. On finit par être accro à cette sensation.

    Au-delà des émotions que vous cherchez à transmettre, votre musique est-elle un moyen de faire passer un message ?

    NTO : Oui clairement. Ce n’est jamais de manière frontale mais suggérée. Je pense d’ailleurs que quelle que soit la musique il y a toujours un message. Ce n’est pas que de l’émotion c’est aussi un moyen de transmettre son ressenti, le regard que l’on porte sur quelque chose ou raconter un moment particulier. J’ai déjà fait des morceaux avec du texte mais dans l’album qui va sortir il y en a beaucoup. Notamment un que j’ai écrit et que je fais lire par mes enfants et dont la thématique porte sur les mondes imaginaires auxquels j’étais très attaché enfant. C’est un moyen de parler de ce que tu valorises, ce à quoi tu attaches de l’importance ou pas dans ta vie, par exemple. Donc oui la musique est aussi vectrice de messages.

    Pour le festival Au Large,
    comptez 90 euros pour le pass 3
     jours.

    Pour une soirée, les places vont
    de 32 à 42
     euros.

  • Vivian Maier et les Alpes, un récit de la photographe en trois chapitres

    Vivian Maier et les Alpes, un récit de la photographe en trois chapitres

    Elle faisait tellement de photos qu’on la prenait pour une espionne. Un commissaire de police l’a même interrogée un jour à ce sujet. Comme toujours, elle ne s’est pas laissée faire. » Fort caractère au parcours jalonné de zones d’ombre, la photographe Vivian Maier partage une histoire intime avec les vallées alpines, que le réalisateur René Mannent a mise en lumière à travers un film d’1h39. Vivian Maier, origine d’un talent retrace ces trois moments de vie, où l’Américaine, originaire du Champsaur par sa mère, s’est rendue dans les Hautes-Alpes. « Durant deux années de recherche, on a découvert dans un recensement que Vivian Maier était à Gap quand elle était petite, elle allait à l’école du Sans-Cœur, raconte le réalisateur. Elle est revenue vers l’âge de 25 ans à Gap, et c’est là qu’elle a acheté son premier appareil photo et qu’elle s’est mise à parcourir les vallées à vélo, en prenant des photos. Elle est revenue en fin une troisième fois, à 30 ans. »

    Des photos découvertes dans une valise

    Si son nom est désormais emprunt d’une renommée mondiale, sa reconnaissance tient à une découverte par hasard. « Elle avait mis toutes ses photos dans un garde-meuble. Ce n’est qu’après son décès, en 2007, lorsque le collectionneur John Maloof a racheté les valises avec tous ses clichés pour trois fois rien, que l’on a découvert tout son travail fait dans des petits villages des Alpes », rappelle René Mannent. Une troisième avant-première est prévue mercredi 20 mai à Saint-Bonnet-en-Champsaur. Pour la suite, René Mannent est en discussion pour une diffusion nationale.

  • Une expo-photo retrace le Vieux-Port de la Belle Époque

    Une expo-photo retrace le Vieux-Port de la Belle Époque

    Avez-vous déjà vu le pont Transbordeur, reliant le fort Saint-Nicolas au Fort Saint-Jean ? Et saviez-vous qu’il existait jusque dans les années 50 plus de 80 lignes de tramways dans Marseille, dont une sur le Vieux-Port ? Autant d’anecdotes à découvrir ou redécouvrir durant deux semaines aux Docks.

    À l’origine de ce projet d’exposition, un collectionneur passionné : Thierry Masson. En 2012, le chercheur en physique-mathématiques découvre une série de clichés du photographe Camille Brion, datant de 1869. Il décide de reconstituer l’ensemble, une vue panoramique du Fort Saint-Jean et du Vieux-Port. « C’est comme ça que je suis tombé dedans ! », explique en riant le collectionneur aux plus de 17 000 clichés.

    Un projet collectif

    Il y a quelques mois, Thierry Masson crée son association, « Il était autrefois Marseille », pour valoriser sa collection. Le passionné s’est fait connaître grâce à l’historienne Judith Aziza, conférencière médiatique. « Je lui ai donné accès à mes photos et de son côté, elle parle de mon travail », explique Thierry Masson. Il s’est entouré de Margaux Bidat, architecte-urbaniste, et de David Haccoun, conférencier passionné par l’histoire de Marseille. « C’était une chance de rencontrer un collectionneur comme Thierry ! », se réjouit David Haccoun. Originaire de la banlieue parisienne, ce dernier fait la connaissance du collectionneur en tant que vendeur de clichés anciens. Margaux Bidat, quant à elle, est animée par l’évolution des bâtiments de Marseille, notamment après la Seconde Guerre mondiale. « Trouver des photos est devenu presque addictif », avoue-t-elle en souriant. « Nous voulons transmettre cette passion aux spectateurs. Pour cette exposition, notre parti pris n’est pas de faire un cours d’histoire, mais de voyager dans le temps », continue l’architecte.

    Le déroulé de l’exposition, qui compte 66 reproductions de clichés anciens, suit le tracé du Vieux-Port. « En rentrant, on est plongé sur la rive du quai Saint-Jean. Les clichés suivent un ordre géographique, jusqu’au Quai de la Rive-Neuve », explique Thierry Masson. Une immersion dans le Marseille des années 1870 à 1910, avec des clichés de commerçants, de véhicules d’époque, de bâtiments aujourd’hui disparus. Les visiteurs pourront profiter des connaissances des curateurs passionnés, ainsi que d’une équipe de bénévoles ravis de transmettre un peu de leur temps pour expliquer les clichés. « Cette exposition est la première, j’espère, d’une longue série », se réjouit Thierry Masson. L’exposition reste visible sept jours sur sept durant deux semaines, accessible à tous les âges. De quoi en apprendre un peu plus sur le passé de cette ville chargée d’histoire et d’anecdotes.

    Les Docks Village – Marseille

    10 place de la Joliette

    Tous les jours du 18 au 31 mai 2026, de 10h à 19h.

    Entrée libre.

  • Laurent Godin, galeriste dans Arles depuis l’été 2025

    Laurent Godin, galeriste dans Arles depuis l’été 2025

    Un souvenir qui ne s’oublie pas, raconté par Gérard Traquandi. Années 1990, cours Julien, le soir venu. Élégance et discrétion, trois silhouettes grandes et longilignes, un couple qui s’éloigne. En bout de laisse devant eux, un lévrier. Laurent Godin vient d’achever ses études aux Beaux-Arts de Lyon, il a 25 ans. La jeune femme qui l’accompagne est mannequin à Paris chez Yves Saint-Laurent. Elle s’appelle Violeta Sanchez. Les meilleurs photographes -entre autres, Helmut Newton, lors d’une image-culte du Moma- l’ont portraiturée. La seconde image-souvenir est moins intimidante. Château de Servières, boulevard Boisson, plusieurs participations au Salon Pareidolie, le stand de Laurent Godin : le savoir-vivre, les qualités d’un galeriste, principalement tenace, courtois et réservé, sont évidentes. L’an dernier, c’était la surprise d’un peintre-dessinateur issu de l’École de Photo d’Arles, Matt Frenot. Auparavant en 2019 ou 2024, on découvrait des binômes ou des accrochages collectifs, des noms à la fois branchés et confirmés de l’art d’aujourd’hui, Alain Séchas, Marc Couturier et Claude Clossky.

    Depuis ses apprentissages chez Roger Pailhas dont il fut l’assistant-régisseur à Marseille et Paris, Laurent Godin a gravi des échelons de première importance. Entre 2000 et 2005, place Bellecour à Lyon, pendant les mandats de Raymond Barre et Gérard Collomb, il dirige un centre d’art contemporain, « le Rectangle ». Parmi les moments fastes de cette institution,

    Marseille se souvient fortement d’une exposition majeure de Gérard Traquandi en janvier 2002. Les textes du catalogue étaient signés par Didier Semin et Frédéric Valabrègue, Laurent avait rédigé la préface.

    Deux alliés, Traquandi et Frédéric Pajak

    Après cette expérience menée dans le service public dont il aurait pu devenir un protagoniste confirmé, Laurent Godin fonde sa propre galerie. Une aventure longue à raconter, beaucoup plus risquée, à la fois heureuse et anxiogène, d’abord menée dans le Marais dans un espace autrefois occupé par Yvon Lambert, débute en 2005. Ensuite de 2015 à 2024, avec le handicap d’un grand éloignement par rapport au centre de Paris, ce natif de Bourg-en-Bresse dont le père issu de la CFDT fut député et maire, ouvre dans le XIIIe arrondissement un espace de 400 mètres carrés qui accueille des grands noms internationaux comme Wang Du, Ham Steinbach, Peter Buggenhout et Eugène Leroy. Cette entrée dans le marché de l’art de haut niveau aura conduit la galerie à la Fiac et chez Art- Basel, dans de grandes foires implantées à New York, Bruxelles, Genève, Monte-Carlo, Pékin et Miami.

    Voici deux étés, puisque ses résultats financiers ou bien symboliques se trouvaient confrontés avec toutes sortes de crises, Laurent Godin a transformé radicalement ses formats et ses modes d’intervention. La décroissance a de fortes vertus, son cube blanc du XIIIe arrondissement est définitivement fermé, la base de repliement qu’il partage avec son épouse Violeta se situe dans une bastide de la campagne d’Arles, ses participations à de grandes foires internationales se sont interrompues. Proche du pont de Trinquetaille, sa galerie permanente occupe à présent une superficie beaucoup plus modeste. Pour autant ses activités et son impact sont conséquents.

    En 2025 et 2026, le Festival du Dessin d’Arles accueillait des artistes souvent exposés dans sa galerie, Alain Vega et Gérard Traquandi. Mentionné plus haut chez Pareidolie, un artiste émergent, Matt Frérot vient de bénéficier d’une Résidence et du Prix de la Fondation des Oseraies, animée par Sylvie et Didier Grumbach. Laurent Godin le constate tous les jours, grâce au travail mené par des institutions anciennes ou bien récentes (le musée Réattu, les Rencontres de Photographies, l’Espace Méjan d’Actes-Sud, la Fondation Van Gogh, la Tour Luma de Maja Hoffman) Arles offre une densité de propositions rigoureusement unique : c’est à présent le meilleur endroit de nos provinces pour approfondir l’art d’aujourd’hui, les collectionneurs du monde entier qui surviennent prennent le temps de regarder et ne sont pas pressés de repartir.

    Pendant les prochaines semaines avant l’exposition d’été qui permettra de découvrir des récentes sculptures de Peter Buggenhout, une double présentation des aquarelles et dessins de Gérard Traquandi est programmée. Place de l’Hôtel de Ville, palais de l’Archevêché, Frédéric Pajak a sélectionné des moments d’affleurement, des arbres et des paysages. Près du pont de Trinquetaille, le choix s’élargit du côté de travaux et de sensations qui peuvent évoquer Cimabue et Giotto.

    Arles, Festival du Dessin jusqu’au 17 mai. Chez Laurent Godin, exposition Traquandi jusqu’au 26 juin.

  • [Lecture] Zaatar, le berger médiateur d’Alep

    [Lecture] Zaatar, le berger médiateur d’Alep

    Librement inspiré d’une histoire vraie, le roman de Stéphanie Perez, grand reporter multiprimé, nous plonge en plein cœur de l’une des plus effroyables catastrophes naturelles, celle du 3 février 2023, qui laissa en Syrie des traces indélébiles auprès d’un peuple marqué par treize ans de conflit armé. Dans ce nouveau climat de peur, où les corbeaux survolent les blocs de béton effondrés, les bâtiments éventrés et les pierres ensanglantées, un chien, nommé Zaatar « perçoit la vérité, là où les humains se mentent, incarne la loyauté et la bonté, là où elles semblent avoir disparu ». Sept ans plus tôt, durant la guerre civile, il avait été adopté par un jeune homme, dont la famille vivait dans un immeuble où cohabitaient chrétiens et musulmans, et pour lequel sauver un animal, c’était refuser de céder à la barbarie.

    Journaliste chevronnée, habituée à rendre compte des événements qui secouent notre planète, l’auteure du Berger d’Alep est sur tous les fronts et dans le théâtre de toutes les opérations, sans jamais perdre de vue Zaatar enfoui sous les ruines, en ce jour d’intense séisme où même le soleil est noir. Un roman où l’atmosphère est rendue avec véracité, où les pages atteignent à une puissante émotion, jusqu’à nous baigner le visage de larmes lorsque les fosses se creusent, mais aussi à nous redonner espoir lorsque les yeux d’un chiot, à la fourrure aussi blanche que celle de Zaatar, se posent sur la terre fraîchement retournée. Reste à espérer que 30 Millions d’Amis accorde à Perez et au « berger des matins calmes, au cœur chaud et au nom d’épices, qui pèse non seulement de tout son poids, mais de tout ce qu’il a été », le prix Goncourt des animaux.

    Récamier, 21 euros

  • L’Estaque inspire une exposition collective

    L’Estaque inspire une exposition collective

    Le littoral en trois façons. Depuis mercredi 14 mai, les artistes Benjamin Bloch, Aurélie Jourdain et Romus exposent des œuvres inspirées par l’Estaque et ses environs. En alliant peinture, installations et bas reliefs, l’exposition célèbre la mer, d’abord, avec la série de dessins « Vue mer », réalisés au graphite par Aurélie Jourdain. Une série qui invite à la contemplation, comme autant de fenêtres sur un monde en mouvement. L’artiste expose également une série d’œuvres réalisée à partir d’algues récupérées sur les côtes, tout en finesse.

    L’artiste Romus, originaire du Var, cherche, grâce à ses paysages côtiers et urbains à l’acrylique, à créer de l’interaction avec les spectateurs. « Je n’ai volontairement pas mis de cartels sous mes peintures. J’aime que les spectateurs cherchent à reconnaître les endroits que j’ai peints, je vois que ça les touche » raconte le peintre.

    Protéger le littoral

    L’exposition, sur deux étages, retrace la vie de la côte, au travers des tableaux réalisés in situ par Romus. « Ma pratique en extérieur est concentrée sur l’interaction entre la matière et ce qui m’entoure » explique-t-il. Une œuvre composite de sa série « Recyclage de paysage » en est le symbole. Il raconte : « Pour ce travail, j’ai récupéré des déchets sur la plage du Jonquet, à la Seyne-Sur-Mer. Puis je les ai assemblés pour reproduire le paysage devant mes yeux. » Une série qui, à l’image de l’exposition, sensibilise à la protection du littoral. Le travail de l’artiste Benjamin Bloch nous plonge dans les terres calcaires de l’Estaque, sensibles aux aléas climatiques. À la fois dessinateur et maçon spécialisé dans la terre crue, ses œuvres décodent le paysage minéral, grâce à des cartographies, des schémas, des empreintes. Son œuvre « Chemins de terre », bas relief réalisé en terre crue, fait partie de son travail de recherche. « Ma pratique de la maçonnerie est étroitement liée à ma pratique artistique. Mes œuvres sont comme des tests pour de nouvelles techniques de construction écologique » continue Benjamin Bloch. Une exposition entre matières minérales, végétales et plastique, retraçant sensiblement un environnement fragile, invitant à le préserver collectivement.

    Exposition « Territoire littoral », du 14 au 25 mai au Pôle des Arts Visuels de l’Estaque. Entrée libre, 10h-12h, 13h-18h, fermé le mercredi.

  • Fragilisée, la librairie Sauramps sera absente de la Comédie du livre

    Fragilisée, la librairie Sauramps sera absente de la Comédie du livre

    C’est la note triste de cette Comédie du livre. Alors qu’elle fête cette année ses 80 ans d’existence, Sauramps, librairie historique de Montpellier qui fut l’une des plus importantes librairies indépendantes de France, voit son avenir menacé par de graves difficultés financières. D’après ses chiffres, les pertes cumulées s’élèveraient à 3,5 millions d’euros, en lien avec la crise du secteur. Ce n’est hélas pas la première fois que l’entreprise rencontre des difficultés. En 2017, elle avait été placée en redressement judiciaire, avant d’être rachetée par la société Amétis pour 5,3 millions d’euros.

    Cette année, pour la première fois depuis l’existence de la Comédie du livre, Sauramps ne sera pas représentée parmi les 15 librairies indépendantes accueillant des auteurs en dédicace lors du salon du livre des 22, 23 et 24 mai sur la promenade du Peyrou. « On est très heureux chaque année d’y participer, mais il faut savoir que cela représente 60 000 euros de commandes, un engagement dont le retour n’est forcément jamais garanti. Au vu de nos difficultés actuelles, c’est trop lourd », confiait récemment David Lafarge, directeur de Sauramps, dans Midi Libre.

    « On espère les retrouver dès 2027 sur le festival », déclare Régis Pénalva. « En attendant, pour cette année, les autres librairies se sont mobilisées pour se répartir la cinquantaine d’auteurs qui devaient être accueillis par Sauramps. Les invitations ont donc pu être maintenues », informe le directeur artistique de la Comédie du livre. « Nous serons tant que nous le pouvons aux côtés de la librairie Sauramps », assure de son côté Michaël Delafosse.

  • Plumes de presse sonde les liens entre journalisme et littérature du réel

    Plumes de presse sonde les liens entre journalisme et littérature du réel

    Chaque rentrée littéraire compte désormais son lot d’ouvrages d’écrivains-journalistes ou de journalistes-écrivains, primés pour certains. Depuis plusieurs années, le paysage éditorial est marqué non seulement par l’essor de la non-fiction, mais aussi par celui de formes hybrides mêlant littérature et information : récits d’enquête, bandes dessinées documentaires, mooks, journalisme narratif…

    Intégré depuis maintenant 4 ans au programme officiel de la Comédie du livre – 10 jours en mai, le festival Plumes de presse s’interroge « sur ces nouvelles écritures de presse dans un contexte de crise de la presse, de rachat des journaux et d’uniformisation des écritures », explique Marie-Eve Thérenty, professeure à l’Université Paul-Valéry – Montpellier 3, spécialiste de l’histoire de la presse et de la littérature médiatique.

    Cette nouvelle édition s’ouvrira mercredi 20 mai sur une journée consacrée aux liens entre polar et journalisme, avec un dialogue entre Michèle Pedinielli, romancière, ancienne journaliste et Valerio Varesi, qui fut journaliste à La Repubblica avant de devenir l’un des grands noms du polar italien (14h30). Auteur de polars politiques, dont une ambitieuse trilogie sur les années de plomb à la française située entre 1978 et 1984 (Bleus, blancs, rouges, L’Etendard sanglant est levé et 14 juillet), Benjamin Dierstein « montrera comment le roman noir peut éclairer à la fois l’histoire et l’actualité » (16h). Enfin David Dufresne, romancier et grand journaliste d’investigation, reviendra sur son parcours et évoquera son dernier roman, Remember Fessenheim (Grasset), « enquête intime » consacrée à sa grand-mère Françoise d’Eaubonne, révolutionnaire, féministe et écrivaine.

    Fabrice Arfi, Julie Brafman, Annick Cojean…

    Jeudi 21 mai, place à un focus sur la BD de non-fiction autour des 40 ans des éditions Delcourt, « avec une programmation qui réunit des journalistes, des auteurs, des dessinateurs autour des nouvelles formes du reportage dessiné et des grandes enquêtes d’investigation qui passent aujourd’hui par la BD », détaille Marie-Eve Thérenty. Parmi les auteurs invités, le journaliste d’investigation à Mediapart Fabrice Arfi reviendra notamment sur la BD-reportage réalisée autour de son enquête sur l’affaire Sarkozy-Kadhafi (14h15), laquelle a également fait l’objet d’un documentaire qui sera projeté salle Rabelais (20h30).

    Le dernier jour du festival, vendredi 23 mai, s’ouvrira sur un « Café nostalgie » (11h30) qui se penchera sur la disparition – ou presque – du journal, en présence de Guillaume Pinson, auteur d’un essai sur le sujet : L’adieu au journal (CNRS Éditions). Plusieurs échanges seront ensuite proposés autour de grandes enquêtes contemporaines, avec des journalistes de renom comme Julie Brafman (14h), qui a obtenu le prix Albert-Londres 2025 pour son traitement, dans Libération, de plusieurs affaires judiciaires (braquage de Kim Kardashian, condamnation pour pédophilie de Joël Le Scouarnec…) ou encore Annick Cojean (18h), grande reporter au Monde engagée pour la cause des femmes, qui sort une BD avec l’historienne Michelle Perrot intitulée La Marche des femmes (Albin Michel). À ne pas manquer également, en écho à la venue de Gisèle Pelicot, une table ronde sur le procès des viols de Mazan (15h30) avec la romancière Valérie Manteau et la chroniqueuse judiciaire Marion Dubreuil, qui ont rendu compte l’une et l’autre de ce procès historique.

  • Comédie du livre : « un festival de résistance »

    Comédie du livre : « un festival de résistance »

    « Un choix politique » : le pari de la culture

    Avec la Comédie du livre – 10 jours en mai, « Montpellier entre en festivals », annonce Michaël Delafosse. D’abord avec les livres, donc, ensuite avec le théâtre (Printemps des comédiens, 29 mai-21 juin), la danse (Montpellier Danse, 20 juin, 4 juillet) puis la musique (festival Radio France Occitanie, 5-18 juillet). Quatre manifestations d’envergure nationale accueillies coup sur coup dans la capitale héraultaise. Une exception culturelle rendue possible par « un choix politique, au sens le plus noble du terme, celui du service public de la culture », insiste le maire de Montpellier et président de la Métropole.

    Dans un contexte où, « pour des raisons budgétaires ou idéologiques, des festivals littéraires disparaissent » et où la situation du livre « est marquée par un vrai recul de la lecture, toutes tranches d’âge confondues », rapporte Régis Pénalva, directeur artistique de la manifestation, la Comédie du livre fait œuvre de résistance. Un mot qui constitue la colonne vertébrale de cette nouvelle édition. « René Char disait : “Je n’écrirai pas de poème d’acquiescement.” On ne vous a pas programmé un festival d’acquiescement. On vous a programmé un festival de questionnement, de contestation, de résistance. »

    Durant une dizaine de jours, du 15 au 24 mai, plus de 270 auteurs seront accueillis à Montpellier, où 220 rendez-vous seront proposés sous toutes les formes (rencontres, tables rondes, lectures, ateliers…). La manifestation se terminera, comme chaque année, sur 3 jours de salon du livre (22, 23 et 24 mai) sur la promenade du Peyrou. « À part acheter un livre pour soutenir les auteurs, les éditeurs, les libraires, tout est gratuit », insiste Michaël Delafosse. Là encore, un choix qui fait exception dans le paysage des festivals littéraires.

    La part belle à l’édition indépendante

    Comme il est de coutume, deux éditeurs seront mis en avant : les éditions Christian Bourgois, qui fêtent leurs 60 ans et l’éditeur québécois La Peuplade. L’occasion de souligner la part accordée dans la programmation à l’édition indépendante : « 30% des auteurs invités sont édités dans des maisons indépendantes. Je pense qu’il y a peu de festivals littéraires en France capables de leur faire une telle part », souligne Régis Pénalva. Une forme, là aussi, de résistance au phénomène de concentration dont est victime ce secteur « où l’internationale réactionnaire est à l’œuvre », déplore Michaël Delafosse.

    Une édition féminine et engagée

    Avec 56% d’autrices et de créatrices invitées, cette édition sera particulièrement féminine. Confiée à Salomé Saqué, journaliste au média alternatif Blast et autrice de l’essai Résister (Payot), vendu à 500 000 exemplaires et « devenu le bréviaire de lutte et d’engagement de toute une génération », la carte blanche du festival sera, cette année, composée exclusivement de femmes (Camille Bordenet, Titiou Lecoq, Camille Etienne et Blanche Sabbah ont répondu à l’invitation de Salomé Saqué) et marquée par le féminisme, l’écologie et la résistance à « la vague obscurantiste » des idées d’extrême droite.

    Autre figure féminine incontournable de cette édition, Gisèle Pelicot interviendra le 20 mai dans le cadre des grandes soirées du festival (sur réservation), accompagnée de la journaliste et romancière Judith Perrignon avec laquelle elle a coécrit Et la joie de vivre (éditions Flammarion), paru en février. Autre invitée de marque : la journaliste et écrivaine Sofia Andrukhovych, « une des principales voix de la littérature ukrainienne ». C’est elle qui ouvrira le festival le 15 mai à l’Opéra Comédie, autour de son roman-fleuve Amadoca (Belfond), « qui traverse l’histoire de l’Ukraine au XXe siècle, de la répression stalinienne à la guerre du Donbass ».

    Des temps forts

    Bien d’autres temps forts rythmeront le festival… on a l’embarras du choix ! On notera notamment la lecture-concert de Léonor de Recondo autour de l’escapade amoureuse et artistique de George Sand et Frédéric Chopin à Majorque (17 mai) ; le grand entretien avec Natacha Appanah autour de son livre La Nuit au cœur (Gallimard), prix Femina 2025, qui tresse l’histoire de trois femmes victimes de la violence furieuse de leurs compagnons (23 mai) ; ou encore la rencontre avec le prix Goncourt 2025, Laurent Mauvigner, qui présentera La Maison vide, paru aux éditions de Minuit (20 mai).

    L’imaginaire et la BD

    La fine fleur des littératures de l’imaginaire sera présente et comme chaque année depuis désormais 3 ans, le Grand prix de l’imaginaire (GPI) sera remis durant le festival (23 mai). La BD ne sera pas en reste, avec une vingtaine d’auteurs invités et un partenariat noué, cette année, avec la collective Gilxcott, née à l’annulation du Festival d’Angoulême, qui proposera une série de rencontres.

    Le festival se clora le 24 mai sur un moment particulièrement fort : un échange entre Elias Senbar, « grande figure politique palestinienne, poète, essayiste, historien et ambassadeur permanent de la Palestine auprès de l’Unesco » et Elie Barnaby, « grande conscience morale de la gauche israélienne », ancien ambassadeur d’Israël en France, qui évoqueront leurs dictionnaires amoureux respectifs dédiés à la Palestine et à Israël. « Deux hommes de dialogue et de paix, deux grandes consciences morales de notre époque. »

    Littérature et cinéma

    La Comédie du livre accueille, au centre Rabelais, « D’un regard l’autre », cycle de films documentaires qui fait dialoguer cinéastes et écrivains. Au programme :

    Samedi 16 mai, 19h : Would you have sex with an Arab ?, de Yolande Zauberman. « Une enquête sur les corps, sur le désir entre ennemis ». Suivi d’une rencontre avec le journaliste et écrivain Selim Nassib.

    Dimanche 15 mai, 20h : La vie devant elle, de Manon Loizeau. Journal intime d’une jeune Afghane qui a décidé de raconter son exil avec sa famille. Suivi d’une rencontre avec l’écrivaine Leonor de Recondo.

    Jeudi 21 mai, 20h : Personne n’y comprend rien, de Yannick Kergoat, qui retrace 14 années d’enquête de Médiapart sur l’affaire Sarkozy-Kadhafi. Suivi d’un échange avec le journaliste Fabrice Arfi.

    – Dimanche 24 mai, 15h : Carré 35, d’Eric Caravaca. Enquête intime sur une sœur décédée dont le réalisateur ne sait rien. Suivi d’une rencontre avec l’écrivaine Marie-Hélène Lafon.

    ET AUSSI

    Grand entretien avec Philippe Boucheron

    18 mai, 18h, centre Rabelais

    L’historien Philippe Boucheron, carte blanche du festival en 2023, revient présenter son nouveau livre, La Peste noire (Seuil).

    Grand entretien avec Ahmet Atlan

    19 mai, 20h, Opéra Comédie

    La Comédie du livre reçoit pour la première fois l’écrivain et journaliste intellectuel turc Ahmet Atlan, grand défenseur de la démocratie emprisonné de 2016 à 2021, à l’occasion de la parution de son nouveau roman, Boléro (Actes sud).

    Rencontre avec Jón Kalman Stefánsson

    21 mai, 18h30, Opéra Comédie, salle Molière

    Habitué du festival, le célèbre romancier islandais Jón Kalman Stefánsson présentera Corps célestes à la lisière du monde (Bourgois), un grand roman historique et lyrique.

    Dialogue entre Salomé Saqué et Blanche Sabbah

    22 mai, 19h-22h30, centre Rabelais.

    Dans le cadre de sa carte blanche, Salomé Saqué invite l’autrice et dessinatrice de BD Blanche Sabbah (Mythes et meufs, La bataille culturelle) pour un dialogue sur le thème : « Résister en 2026 ».

    Des écrivains au musée Fabre

    23 mai, 19-22h, musée Fabre

    À l’occasion de la Nuit européenne des musées, le festival propose une déambulation à travers les collections du musée Fabre en compagnie de 6 écrivains. Chacun lira un texte inspiré d’une œuvre qu’il a choisie, en présence de cette œuvre (sur inscription).

    À hauteur d’enfants

    Une programmation dédiée aux plus jeunes est proposée durant les 3 jours du salon, du 22 au 24 mai. Programme détaillé sur : www.10joursenmai.fr