Category: culture

  • Embarquez pour des « voyages extraordinaires » au musée Médard à Lunel

    Embarquez pour des « voyages extraordinaires » au musée Médard à Lunel

    Dédié au livre et au patrimoine écrit, ce musée, construit autour des collections du bibliophile lunellois Louis Médard, dispose dans son fonds « de nombreux récits de voyage. On s’est rendu compte qu’on pouvait quasiment parcourir le monde avec ces livres », relate la directrice du musée, Valérie-Alice Dumoulin.

    Les cinq continents

    La commissaire d’expo a donc puisé dans les trésors de Louis Médard pour emmener les visiteurs sur les cinq continents, à travers les siècles (les ouvrages présentés vont du XVe au XIXe siècle). « L’ouvrage le plus ancien est un prêt exceptionnel de la bibliothèque de Montpellier. Il s’agit d’un incunable imprimé à la fin du XVe siècle, Les Chroniques de Nuremberg, colorisé à la main. Il présente notamment une carte du monde tel qu’il était connu juste avant les grandes découvertes », décrit Valérie-Alice Dumoulin. Des emprunts patrimoniaux aux bibliothèques de Nîmes et de Toulouse complètent cette riche sélection.

    Le radeau de la Méduse, invité exceptionnel

    Mais c’est un tableau de peinture qui sera le clou de l’expo ! « Dans les livres de voyage de Louis Médard figure un ouvrage de 1821 qui fait le récit du naufrage du radeau de la Méduse et le procès qui a suivi, où le capitaine a été condamné. Ça nous a donné envie de faire un focus sur cette aventure incroyable », relate la directrice. Qui a alors l’idée de présenter, en appui de ce récit, le célèbre tableau « Le Radeau de la Méduse », qui immortalise cette catastrophe maritime survenue en 1816 au large de la Mauritanie, provoquant la mort de 150 personnes. Impossible, bien sûr, de déplacer l’original peint par Géricault, de 7 mètres sur 5, qui ne quitte pas le Louvre. « Mais ce tableau a inspiré d’autres artistes, notamment Henri Regnault, un peintre voyageur orientaliste qui, en 1965, en a fait une copie conservée au musée d’Hyères, dans le Var. » C’est lui que les visiteurs pourront découvrir dans la section de l’exposition consacrée à l’Afrique.

    Le musée Médard a également voulu apporter un regard contemporain en invitant l’artiste-voyageuse Stéphanie Ledoux. Pastels et crayons dans la besace, elle parcourt la planète et dessine celles et ceux qu’elle croise sur son chemin, leurs habitats, la nature qui les entourent… Ses œuvres ponctueront les vitrines des cinq continents, échos contemporains aux ouvrages exposés.

    Enfin, « pour rendre cette exposition plus familiale », une séquence est également dédiée aux voyages imaginaires dans les mondes souterrains (Homère et la descente aux enfers, le Moyen-Age avec Dante, les premiers livres d’anticipation sur des mondes souterrains du XVIIIe siècle, sans oublier bien sûr Jules Verne et Tolkien avec le Hobbit, qui se déroule sous la montagne…) Pour le plus grand plaisir des petits, l’exposition se clora sur une expérience immersive avec une lampe torche et des lunettes 3D conçue à partir d’une BD de Matthias Picard, Jean Jambe et le mystère des profondeurs.

    Amélie Goursaud

    Du 17 avril au 20 septembre. Entrée libre et gratuite

  • Miss Lulu fait chavirer tous les cœurs de 7 à 77 ans

    Miss Lulu fait chavirer tous les cœurs de 7 à 77 ans

    « Miss Lulu pose ses valises à Marseille le temps d’un récital. C’est une diva très fantasque qui a su traverser les âges et le temps », explique son créateur et interprète, Olivier de Narnaud. Il poursuit : « Contre-ténor, je suis aussi passé par le Théâtre du Soleil. Mon personnage inspiré de ma grand-mère est né de ce mélange, il y a bientôt 10 ans. Enfin, j’ai beaucoup d’affection pour les chansons réalistes des années 20, 30, 40 du siècle dernier. »

    Jamais sans P’tit Pierre

    Passée par chez Michou à Paris, Miss Lulu fait partie de la revue du Cabaret de l’étoile bleue depuis deux ans. Le personnage vit son propre spectacle avec son accordéoniste P’tit Pierre. Le public va de 7 à 77 ans. « Les enfants sont scotchés par la voix, les costumes, par ce personnage qui chante, danse, raconte des histoires d’aujourd’hui », témoigne l’interprète, qui n’a jamais oublié cette petite fille habillée en princesse venue à sa rencontre en fin de soirée. « Nous n’arrivions plus à nous quitter » relate-t-il avec émotion.

    Indissociable de Miss Lulu, P’tit Pierre est son accordéoniste, mais aussi l’un de ses amours, et son souffre-douleur qui subit toutes ses colères. « Un musicien de formation classique, avec une prédilection pour le jazz, notamment manouche. Il est capable de produire 10 000 couleurs, car il joue de tous les instruments en un seul », détaille Olivier de Narnaud.

    Le 24 avril à 19h à l’étoile bleue. 107 bis, bd Jeanne-d’Arc à Marseille (5e). Réservation
    au 06.48.14.83.40.

  • À Marseille, 130 écrivains s’effeuillent avec les beaux jours

    À Marseille, 130 écrivains s’effeuillent avec les beaux jours

    « Dans le fracas du monde, le tumulte éditorial que nous connaissons en France et les atteintes à la liberté d’expression et de création, d’autres voix s’élèvent, celles de mots, ici à Marseille », amorce Vincent Schneegans, président de l’association Des livres comme des idées, productrice d’Oh les beaux jours ! qui effeuille sa 10e édition dans certains lieux culturels de la ville du 26 au 31 mai.

    à l’heure de la main de fer du milliardaire d’extrême droite Bolloré sur le monde de l’édition, et du récent licenciement d’Olivier Nora de Grasset, ce festival continue d’établir des ponts entre le monde des lettres et les différentes formes d’arts. « Depuis 10 ans, on essaye de montrer comment la littérature est une manière d’habiter autrement ce monde qui tangue. Une manière de faire entendre des voix multiples dans une époque où tout pousse à simplifier, accélérer et opposer », estime Nadia Champesme, co-directrice d’Oh les beaux jours, aux côtés de son alter ego Fabienne Pavia, qui s’alarme des résultats de « la dernière étude du Centre national du livre qui dit que les Français lisent de moins en moins. La lecture quotidienne n’a jamais été aussi basse depuis qu’on la mesure ». Des signaux d’alerte accentués par « la loi de finance 2026 qui acte une baisse historique des moyens consacrés aux librairies et à la création », précise-t-elle.

    Guiraudie, de Luca, Sfar…

    Illustrant que « la littérature n’est pas un refuge à l’état du monde », mais plutôt une prise à la société qui ouvre le champ des possibles, la 10e édition du festival proposera ses traditionnels grands entretiens avec des plumes renommées. La Criée accueillera ainsi des conversations avec le cinéaste et écrivain qui « explore les troubles du désir » Alain Guiraudie, l’immense auteur napolitain Erri de Luca et Delphine de Vigan. Le Mucem abritera pour sa part une rencontre littéraire avec le Cubain Leonardo Padura. Six jours durant, 130 auteurs sont invités au cours de 80 rencontres de « frictions littéraires ».

    Parmi ce flot de propositions, Joann Sfar donnera un concert dessiné autour de son ouvrage Terre de sang, restitution d’un voyage en Cisjordanie, « après le 7 octobre et la guerre à Gaza », où il a recueilli des paroles « de Palestiniens, Israéliens, Bédouins, journalistes, étudiants et artistes ; des voix palestiniennes surtout, traversées par la peur, la colère, l’injustice, l’épuisement et le sentiment d’un avenir confisqué ». Séquencé en plusieurs thématiques, des « corps » aux « contes (et légendes) », en passant par la « désintégration des systèmes sociaux, politiques et intimes », le programme ausculte les secousses du monde dans les yeux d’écrivains qui se livrent aussi bien par les mots et les dessins que le cinéma et la musique. Une édition qui marque les 10 ans d’Oh les beaux jours !, entre autres fêtée dignement le 30 mai au Conservatoire par une soirée lors de laquelle de nombreux auteurs de faire part de leurs « péchés mignons » culturels, avant un temps fort musical.

  • Quand la Bonne Mère se dédouble au Mucem

    Quand la Bonne Mère se dédouble au Mucem

    Elles sont désormais deux à scruter les entrées et sorties du Vieux-Port. Face à l’historique Bonne Mère de Notre Dame de la Garde, sa petite sœur se dresse, perchée sur la tour carrée du Roi René du fort Saint Jean. Installée mardi soir sur son piédestal de deux mètres cinquante, elle y restera le temps de l’exposition « Bonnes Mères » du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), qui s’achèvera le 31 août.

    Inaugurée le 18 mars, l’exposition retrace, à travers l’art et l’histoire, les différents visages de la maternité. Des déesses de l’Antiquité aux questions de la dépression post‑partum, en passant par les luttes des femmes pour le choix d’être mère ou non, elle aborde les multiples facettes de la maternité. « En faisant une exposition “Bonnes Mères” à Marseille, on ne pouvait pas ne pas avoir la Bonne Mère présente avec nous, insiste le président du Mucem, Pierre-Olivier Costa. Elles représentent le pluriel de la maternité. » C’est également le symbole extérieur de l’exposition tenue par le Mucem « pour donner envie aux Marseillais et aux visiteurs de la ville de venir voir l’exposition », ajoute-t-il.

    Artisanat et innovation

    Pour réaliser cette petite sœur, le Mucem a fait appel au créateur original de la Bonne Mère : la maison d’orfèvrerie française Christofle. Pour Pierre-Olivier Costa, c’est l’affirmation que le musée « met en avant les savoir-faire et essaye de casser la frontière entre l’artisanat et l’art. »

    C’est en 1869 que la maison Christofle a confectionné la célèbre mère à l’enfant de presque 10 mètres de haut. Elle a été créée grâce à la galvanoplastie massive. Cette technique, révolutionnaire à l’époque, permet de mouler du métal sans l’utilisation de marteau et de feu, mais grâce à une réaction électrochimique. Sa reproduction a elle aussi été réalisée grâce à des procédés technologiques modernes. C’est par drone que les ingénieurs de Christofle ont modélisé en 3D Marie et son enfant pour en faire la reproduction. « C’est la première fois que nous réalisons une réplique de la Bonne Mère, affirme Hamdi Chatti, président de Christofle. Pour nous c’est un geste culturel fort que nous faisons pour la ville de Marseille et pour les Marseillais. »

    Et pour les Phocéens inquiets que cette nouvelle statue ne fasse de l’ombre à l’originale, le président du Mucem se veut rassurant : « Il n’y aura qu’une seule Bonne Mère, car à la fin de l’exposition, elle partira pour représenter Marseille là où l’exposition sera présentée, en France ou à l’étranger. »

  • Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Chaque printemps, Nîmes réussit un tour de force : faire cohabiter le quotidien et l’Histoire. Un centurion qui traverse les Halles, un « barbare » qui s’attarde en terrasse, des légionnaires qui surgissent au détour d’une rue… Du 24 au 26 avril, la ville remet les sandales cloutées et invite habitants comme visiteurs à un voyage vivant au cœur de l’Antiquité avec ses Journées romaines.

    Point d’orgue du week-end : trois représentations dans les arènes du grand spectacle « Spartacus, l’esclave qui défia Rome ». Une fresque XXL, avec plus de 500 participants en piste (reconstituteurs, cavaliers, cascadeurs, comédiens), des décors créés pour l’occasion et une mise en scène pensée comme une immersion totale. Le héros thrace, symbole universel de révolte et de dignité, revient hanter les gradins nîmois dans un récit qui puise dans l’histoire : la rébellion menée entre 73 et 71 av.
    J-C, tout en parlant au présent.

    Une feria antique à travers la ville

    Mais les Journées romaines ne se résument pas aux arènes : elles débordent, s’installent, s’invitent partout. Sur l’Esplanade, le village gallo-romain et ses ateliers font découvrir les savoir-faire d’époque, pendant que le marché antique aligne étals, costumes et trouvailles inspirées du monde romain. Sur la place Gabriel-Péri, combats, démonstrations et ateliers autour de la gladiature rythment les journées. Aux Jardins de la Fontaine, lectures théâtrales, spectacles interactifs, jeux de piste et ateliers créatifs transforment l’Histoire en expérience partagée.

    Le samedi soir, le décor change d’échelle : grand défilé nocturne de la Maison Carrée jusqu’aux arènes, à 21h, comme un cortège qui relie les pierres les plus célèbres de la ville. Et pour prolonger l’immersion, des visites aux flambeaux dans les coulisses des arènes sont proposées en amont tandis que des conférences gratuites à l’Université Vauban replacent Spartacus dans son contexte historique. Au total, l’événement joue sur tous les tableaux : transmission, spectacle, convivialité. Une fête grand public, oui, mais aussi une manière de rappeler que le patrimoine n’est jamais plus vivant que lorsqu’il se partage.
    A.J

  • À Nîmes, l’eau irrigue toute une saison culturelle

    À Nîmes, l’eau irrigue toute une saison culturelle

    À Nîmes, l’eau ne coule pas seulement dans les canalisations : elle irrigue désormais toute une saison culturelle. Après La Contemporaine puis Textiles, la Ville tient son fil rouge annuel avec « L’Eau, source d’inspirations », un cycle d’expositions, d’ateliers, de visites et de conférences déployé jusqu’au 22 novembre dans les musées municipaux. Objectif : faire dialoguer sciences, histoire et arts autour d’une ressource à la fois familière, vitale… et de plus en plus fragile.

    Le lancement a eu lieu au Muséum d’histoire naturelle, première étape d’un parcours pensé comme une traversée. Colin Gril, adjoint à la Transition écologique, insiste sur la méthode : croiser les regards pour sensibiliser « aux enjeux existentiels » de la raréfaction de la ressource, et faire de l’art un outil d’implication citoyenne.

    L’eau, du savoir au sensible

    Au cœur du dispositif, « Eau, l’expo » (galerie Jules-Salles, jusqu’au 22 novembre), conçue par le Muséum de Toulouse, propose un voyage immersif et pédagogique. Trois chapitres structurent la visite pour relier origines du vivant, usages humains et défis contemporains. Scénographie dynamique, dispositifs numériques et jeux interactifs côtoient maquettes, spécimens et même un moulage de tortue luth, pour rendre la complexité accessible sans l’édulcorer. En parallèle, le Muséum met en valeur ses collections avec « Aquamuséum  » (galerie Courbet) : poissons naturalisés, focus Méditerranée et une proposition plus ludique encore, avec casques de réalité virtuelle pour « nager » avec requins et dauphins.

    La saison, elle, s’étend bien au-delà du boulevard Amiral-Courbet. Au musée des Beaux-Arts, Lumières et ténèbres, la fascination de l’eau (17 avril-17 novembre) explore mythes, peurs et émerveillements, avec un parcours sonore. Au musée du Vieux Nîmes, Résurgence, l’eau à Nîmes (14 mai-22 novembre) raconte comment la ville s’est bâtie, protégée, au rythme de l’approvisionnement comme des excès. Au musée des Cultures taurines, Camargue, terre d’eaux (21 mai-31 octobre) rappelle qu’un territoire réputé « sauvage » est aussi une construction humaine, faite de digues, d’arbitrages et de tensions. Enfin, au Carré d’art, le photographe Sébastien Arrighi investit le Mur Foster avec Fall Off (4 juillet-4 octobre) : une réflexion en images sur la présence, l’absence et les conflits d’usages autour de l’eau. Point d’orgue annoncé : la Nuit de l’eau, le 27 juin, de 20h à minuit, avec animations, médiations et visites dans plusieurs lieux. Une invitation à s’immerger dans cette évidence : l’eau n’est pas inépuisable.

  • Décès de Philippe Foulquié, le fondateur de la Friche Belle de Mai à Marseille

    Décès de Philippe Foulquié, le fondateur de la Friche Belle de Mai à Marseille

    Jean-Marc Coppola, maire communiste des 15-16 et ancien adjoint au maire de Marseille chargé de la Culture, exprime sa «profonde tristesse » après le décès de Philippe Foulquié qu’il décrit comme un « visionnaire, qui a su transformer une friche industrielle en un haut lieu culturel, avec ses complices Alain Fourneau, Christian Poitevin et Jean Nouvel ».
    Ami de notre journal, Philippe Foulquié était un homme pour qui la diffusion de la Culture et des arts était l’engagement d’une vie.
    La Marseillaise présente à ses proches ses sincères condoléances.

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce vendredi.

  • Philippe Foulquié, fondateur de la Friche Belle de Mai, n’est plus

    Philippe Foulquié, fondateur de la Friche Belle de Mai, n’est plus

    Né en 1944, au Maroc, Philippe Foulquié a eu mille vies. Jeune homme, il prend la direction de Lyon pour des études de médecine militaire durant quatre années. Il croise la route de l’Unef.

    C’est au sein du syndicat étudiant qu’il vit son premier engagement. Pas à n’importe quelle période : mai 1968 survient. Passionné de théâtre, il rencontre Roger Planchon, directeur du théâtre de la Cité à Villeurbanne qui deviendra le Théâtre national populaire (TNP). C’est dans cette institution qu’est rédigé un manifeste, le 25 mai 1968 proclamant le rôle politique, au sens noble, des créateurs.

    La grande rupture de 1968 marque pour lui une bifurcation de son chemin de vie. On le retrouve dans la Drôme dans une ferme où il côtoie un paysan engagé au Mouvement de défense des exploitations familiales (Modef). Il adhère au PCF en 1969 où il milite jusqu’en 1979.

    La vie rurale n’est peut-être pas faite pour lui mais il faut surtout subvenir aux besoins de son premier enfant. Le voilà infirmier remplaçant, notamment à la prison de Fresnes. Toujours passionné de culture, il est sollicité à Paris par le théâtre de l’unité pour un projet sur l’esthétique du football et la fascination des supporters. 8 mois de spectacles s’ensuivent. Après cela, il travaille pour la Compagnie la Grenète à Villeurbanne : un théâtre de marionnettes.

    Une nouvelle expérience décisive qui le conduit à se lancer, à Marseille, dans la création du Massalia, nouveau théâtre de marionnettes. Un lieu très petit‚ chaleureux‚ en centre-ville‚ plein de possibilités‚ mais en même temps « très limité scénographiquement », concède-t-il des années plus tard. Un lieu chargé d’histoire aussi : il avait accueilli le Théâtre quotidien de Marseille et vu passer des personnalités comme Antoine Vitez.

    Dans une Marseille qui battait alors le record du plus bas budget dédié à la Culture des grandes villes de France. Un tournant, impulsé par le maire d’alors, Robert-Paul Vigouroux, et son adjoint à la Culture, Christian Poitevin alias Julien Blaine, prend forme.

    Philippe Foulquié participe au mouvement. En 1990, tandis que la crise économique et les délocalisations frappaient durement Marseille, germe l’idée folle d’une réappropriation culturelle des espaces industriels laissés en friche.

    « Une figure essentielle

    de la vie culturelle »

    En 1992, la Friche Belle de Mai voit le jour. Il s’agit de transformer une friche industrielle en un pôle culturel festif, un laboratoire artistique, un lieu d’initiation artistique et de formation permanente, un projet d’exportations et d’échanges de spectacles, d’œuvres, de projets culturels et artistiques en Méditerranée. Philippe Foulquié en est le directeur jusqu’à sa retraite. Il transforme le système associatif initial en système coopératif avec la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) regroupant des artistes-résidents. Son nom reste indissociable de ce lieu qu’il est parvenu à arracher durablement aux appétits des promoteurs.

    Dans un message d’hommage, Jean-Marc Coppola, maire communiste des 15-16 et ancien adjoint au maire de Marseille chargé de la Culture, exprimait ce mardi sa « profonde tristesse » après le décès d’un homme qu’il décrit comme un « visionnaire, qui a su transformer une friche industrielle en un haut lieu culturel, avec ses complices Alain Fourneau, Christian Poitevin et Jean Nouvel. […] Marseille perd une figure essentielle de sa vie culturelle. »

    Un soutien constant de notre journal

    Lors des difficultés que La Marseillaise a traversées, Philippe Foulquié s’est toujours tenu au côté de notre journal. « C’est simplement le meilleur des quotidiens régionaux en France. On y trouve de vraies enquêtes sur de vrais sujets. Il y a une question de déontologie des journalistes derrière cette volonté, mais pas seulement. On sent l’envie d’aller à la source pour livrer une information juste et la comprendre vraiment. Ils livrent une actualité dans laquelle ils s’engagent. Est-ce que La Marseillaise peut encore réveiller les consciences ? Je réponds «oui» », avait-il notamment déclaré. La Marseillaise présente à Nicole, sa compagne, à ses enfants et à ses proches, ses plus sincères condoléances. Elle s’associe à leur peine et exprime sa gratitude à l’égard d’un homme d’exception.

  • Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Oh, c’est la Vierge Marie ? », s’interrogent des touristes, smartphone en main, en découvrant la statue dorée au pied de la tour du Roi René. Bien sage, posée sur un socle et entourée d’un large périmètre interdit au public, elle attend d’être hissée sur le toit grâce à l’immense grue présente à cet effet.

    Réalisée par la maison Christofle, cette installation spectaculaire de 3 mètres de haut, incarne le pluriel de « Bonnes Mères », la toute nouvelle exposition proposée par le Mucem (18 mars- 31 août.) Jusqu’à la fin du mois de septembre, les deux figures de la Bonne Mère se feront ainsi face.

    Mère universelle et protectrice, figure qui s’adresse à tous, qui veille, rassure et rassemble : à Marseille, chacun peut s’adresser à la Bonne Mère, quelles que soient ses origines, croyant ou non. Les Marseillais n’hésitent pas à s’y rendre, quel que soit le motif. Les écharpes de l’OM déposées en offrande en témoignent.

    Pérennité des traditions

    Le Mucem invite à découvrir l’exposition « Bonnes Mères » puis à s’interroger : que représente la Bonne Mère et, plus largement, qu’est-ce qu’une bonne mère ? La maternité méditerranéenne y est abordée comme un objet de construction sociale, un enjeu politique et un sujet artistique.

    C’est la maison Christofle qui a réalisé la statue originelle dans ses ateliers en 1869, à l’aide de la galvanoplastie massive, avant une dorure à la feuille d’or une fois l’œuvre installée au sommet de la basilique. 157 ans plus tard, l’orfèvre signe cette réplique grâce à des procédés contemporains de modélisation en trois dimensions.

    Mucem, 7 promenade Robert-Laffont (esplanade du J4) Marseille (2e). Tous les jours sauf le mardi
    et le 1
    er mai de 10h à 18h. Tarif plein 11 euros (7, 50 euros réduit).

  • Des tauliers du hip-hop de Détroit à Marseille

    Des tauliers du hip-hop de Détroit à Marseille

    Le maestro du beat hip-hop, nourri au bon grain de la soul, Apollo Brown, ainsi que les Mc’s chevronnés Guilty Simpson et Journalist 103 sont de passage dans la salle marseillaise du Molotov, mercredi 22 avril. Si Detroit renvoie souvent à son passé industriel ou sa réputation criminogène, elle en a pourtant des choses à dire, en matière de musique. Cette ville du Michigan a largement eu voix au chapitre dans les circonvolutions mondiales de la note, aussi bien terre d’élection du label de musiques soul Motown dans les années 1960, que champ des possibles pour le rocker punk Iggy Pop, ou encore pour le père fondateur de la techno Juan Atkins, lors de la décennie suivante.

    Coupables

    Mais côté hip-hop, Détroit est loin d’être en reste, elle qui a enfanté à intervalles réguliers des rappeurs tels qu’Eminem ou le DJ-producteur, feu J Dilla. « Beats sombres et rugueux », résume le programme du Molotov, Appolo Brown s’est posé depuis la fin des années 2000 en digne héritier de cette tradition. Appolo comme une référence à Appolon, dieu des arts dans la mythologie grecque, et Brown comme le symbole de son amour pour le Godfather of soul. Un producteur de perles puisant dans la musique noire américaine qui sera accompagné à Marseille par le rappeur Journalist 103 et le Mc aux rimes drôles et crues Guilty Simpson, unanimement reconnu coupable d’un certain talent rythmique.