Category: culture

  • Cezanne et Monet : palette en main, ils ne concevaient la vie que devant une toile

    Cezanne et Monet : palette en main, ils ne concevaient la vie que devant une toile

    Il y a cent ans, Monet s’éteignait dans sa maison-jardin de Giverny. L’ancien journaliste, Philippe Simon, lui rend un hommage, ô combien mérité, dans Le miroir des eaux. Il y a cent vingt ans, Cezanne s’éteignait à Aix-en-Provence, sa ville natale. L’essayiste et romancier, Thierry Maugenest, fait apparaître son fantôme durant la Seconde Guerre mondiale, au sein de sa sublime fiction : Dans l’ombre de Cezanne. Autant dire que notre plume déborde de joie, puisque nous avons toujours mis la peinture au sommet de tous les arts – du naïf à l’expressionniste, en passant par le figuratif, l’abstrait, l’impressionniste, le symboliste, le cubiste, et le surréaliste. Un proverbe chinois ne dit-il pas que le pinceau laisse des traces, alors que les paroles sont vides ?… Surtout lorsqu’il est tenu par deux génies.

    Le miroir des eaux

    Qui dit Claude Monet, dit Octave Mirbeau, l’un des plus grands écrivains et critique d’art du XIXe siècle, amoureux, comme l’était le peintre, des arbres et des fleurs ; mais aussi Georges Clemenceau, ministre de l’Intérieur qui créa les Brigades mobiles, ancêtres de l’actuelle Police judiciaire. C’est à ce dernier, auteur d’un article sur les Nymphéas, que Philippe Simon donne une place de choix pour la collection : « Le roman d’un chef-d’œuvre ». Pourquoi ? Parce qu’une amitié, qui durera par-delà la mort de Monet, naquit entre l’artiste qui vivait loin des hommes, et un Tigre politique, passionné de culture. C’était en un temps où l’on croyait encore en la liberté de l’esprit, et au sentiment du beau. Merci à Clemenceau d’avoir retiré le voile noir qui recouvrait le cercueil de son ami, en disant « Jamais de noir pour Monet ! »

    Dans l’ombre de Cezanne

    Nous sommes en Provence, la Seconde Guerre mondiale fait rage, et des peintres, décidés à entrer en résistance contre le régime de Vichy, se retrouvent dans une bastide (Château Noir) où Cezanne travailla durant les quinze dernières années de sa vie. Comment alors ne pas être hantés par le spectre qui habita ce domaine posé au pied de la montagne Sainte-Victoire, et dont le maître des rouges, des jaunes, et des bleutés, aimait le silence si profond qu’il en devenait harmonie ? Aussi, malgré les bombardements, la Gestapo, les miliciens, et les blindés, trouvons-nous agréable de retrouver en cet inattendu revenant, le timide, l’indépendant, le solitaire, jamais satisfait de lui-même, et qu’une pneumonie terrassa, alors qu’il peignait sur le motif, sans lui laisser le temps de comprendre qu’il deviendrait un mythe.

    En guise de conclusion

    Que l’on s’appelle Claude Monet ou Paul Cezanne, les peintres ont vécu, vivent, et vivront pour le plaisir de nos yeux. Même les Anciens se plaisaient à dire que leurs divinités étaient mieux servies par eux que par les poètes. Nous ne craignons pas de l’écrire hautement, et les lecteurs de bonne foi se rangeront à notre avis, ces deux livres sont parmi les meilleurs de l’année 2026. Nous finirons par des citations. La première est de Monet, la seconde de Cezanne : « J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas… Je les cultivais sans songer à les peindre… Puis, tout d’un coup, j’ai pris ma palette. Depuis, je n’ai guère eu d’autre modèle. »… « Le Louvre est le livre où nous apprenons à lire. Nous ne devons pas nous contenter de retenir les belles formules de nos illustres devanciers. Sortons-en pour étudier la belle nature, tâchons d’en dégager l’esprit, cherchons à nous exprimer suivant notre tempérament personnel. »

  • Classique, jazz et rock à « Song d’une nuit d’été »

    Classique, jazz et rock à « Song d’une nuit d’été »

    Créé par l’association éponyme, le festival Song d’une nuit d’été a pour objectif de proposer des concerts de qualité, dans une région plutôt difficile d’accès : les Hauts Cantons de l’Hérault. « Depuis sa première édition en 2024, la manifestation se veut intergénérationnelle, explique Bérangère Casanova, présidente de l’association. Cette année encore, il y aura donc trois soirées sur cinq dédiées à des genres musicaux spécifiques. » Le vendredi 7 août mettra ainsi la pop et le rock à l’honneur, avec un concert du groupe Macadam Farmer à 21h, sur la scène de l’abbaye. La soirée jazz se déroulera le 8 août avec la chanteuse Sandra Mounam, qui reprendra le répertoire envoûtant de Nina Simone. Enfin, le dimanche 9 août, la soirée sera dédiée à la musique classique avec le Trio Borsalino, qui se produira toujours à 21h, sur la scène de l’abbaye.

    Le festival propose également une soirée « gastronomie et musique », sur réservation. Cette année, celle-ci aura lieu mercredi 5 août, autour du thème « Un soir en Argentine  ». Le chef du gîte de l’abbaye de Villemagne préparera donc un menu inspiré des saveurs du Nord-ouest argentin, qui sera commenté et accompagné en musique par le trio Tikismikis.

    Par ailleurs, des concerts gratuits auront lieu tous les jours à 18h30. « Le jeudi 6 août, nous assisterons par exemple à une déambulation des Mandadors : deux artistes échassiers, mi-hommes, mi-arbres, qui jouent de l’accordéon et du violon de manière très poétique », se réjouit Bérangère Casanova.

    Du 4 au 9 août, l’Hôtel des Monnaies de Villemagne-l’Argentière accueillera par ailleurs une exposition d’instruments anciens. « C’est une grande chance d’accueillir cette exposition qui tourne partout en France. Elle est recommandée pour les familles, puisque les visites ne sont pas guidées, mais jouées », précise l’organisatrice. Avant de conclure : « Ce festival est une belle aventure humaine, mais ce n’est pas toujours facile dans une économie culturelle aussi défavorable. Si nous continuons, c’est parce que nous bénéficions d’une grande solidarité, d’une grande volonté de nos bénévoles, ainsi que du soutien de nos prestataires techniques.  »

  • Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    C’est la reconnaissance de plus d’une décennie de préparation et de travaux historiques menés par l’association Mission patrimoine Mondial composée notamment des Départements de l’Aude et de l’Ariège. « Le système de forteresses de la sénéchaussée de Carcassonne (XIIIe-XIVe siècles) » a été classé, dimanche 26 août au patrimoine mondial de l’Unesco. La proclamation a été faite de Busan (Corée du Sud) où le comité de l’Unesco était réuni en session. Derrière l’intitulé un peu âpre le « bien culturel » désormais classé est constitué des remparts et du château de Carcassonne et d’une sélection de sept châteaux établis dans sa périphérie. Cette série de fortifications, contemporaines les unes des autres, témoigne de la conquête du Languedoc par le roi de France et ses vassaux, dans la première moitié du XIIIe siècle, et de son objectif : le contrôle d’un vaste ensemble territorial par l’affirmation du pouvoir royal. Au sein d’un ensemble de châteaux qui répondaient aux mêmes objectifs politiques et militaires et avaient les mêmes caractéristiques architecturales, la série sélectionnée présente les sites les mieux conservés et les plus authentiques. Elle reflète une homogénéité thématique et une cohérence historique, à l’échelle d’un large territoire.

    Chaque élément constitutif est porteur d’une partie spécifique de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les caractéristiques majeures de cet ensemble militaire, politique et symbolique du XIIIe et du début du XIVe siècles sont les suivantes : une approche territoriale d’ensemble du système défensif qui fut mis en place par le roi de France, à l’issue de la Croisade contre les Albigeois (1209-1229), et dont Carcassonne était le centre militaire, politique et administratif aux XIIIe et XIVe siècles ; un témoignage unique, par son homogénéité architecturale de ce que pouvait être un réseau fortifié capétien aux XIIIe et XIVe siècles ; un exemple remarquable d’importation et d’adaptation des principes de la fortification capétienne à des sites escarpés ; une situation paysagère exceptionnelle.

    Un « levier »

    de développement

    La présidente du Département de l’Aude, Hélène Sandragné, a salué le classement des Forteresses royales du Languedoc à l’Unesco, le qualifiant de « levier » pour le développement touristique et économique. « Il va accroître notre attractivité et l’Aude en a besoin », a-t-elle déclaré.

    Souvent perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les huit forteresses, celles de Montségur en Ariège et celles de Peyrepertuse, Quéribus, d’Aguilar, de Lastours, de Peyrepertuse, de Puilaurens, de Termes et de Carcassonne dans l’Aude, ont été édifiées à l’issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu’une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal. Certains de ces sites avaient servi auparavant de refuge aux Cathares accusés d’hérésie.

    Avec ces forteresses, le roi de France voulait garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse.

    Les forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la Cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque et déjà inscrite au patrimoine mondial de l’humanité en 1997. Considérés comme un « élément central du système défensif », son château et ses remparts font aussi partie de ces huit monuments désormais sur la liste de l’Unesco. « Ces forteresses témoignent de l’adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes topographiques et de l’émergence de nouvelles formes d’organisation du territoire par la monarchie française », a estimé l’Unesco.

    « Ironie de l’histoire, ces forteresses qui hier ont brisé la fougue rebelle du peuple languedocien lui donneront demain un nouvel élan », a encore déclaré Hélène Sandragné qui voit dans cette distinction un atout pour la « préservation et la restauration » de ces citadelles.

    Pour Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 « hérétiques » ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse qu’on visite aujourd’hui, l’effacement du mot « cathare » a « ému pas mal de personnes ». Une pétition d’opposants à ce changement de dénomination a été signée par près de 9 400 personnes.

    Mais la polémique ne peut masquer l’immense atout que représente ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco d’un ensemble unique. « L’Association mission patrimoine mondial est au cœur du dispositif de gestion. Composée de l’ensemble des collectivités propriétaires et autres gestionnaires territoriaux elle coordonne et anime le présent système de gouvernance, mobilisant instances et partenaires, et constitue l’interface de gestion principale du bien en série », précise le dossier soumis à l’Unesco. L’organisme de l’ONU a été convaincu.

  • [C’est l’été] Lecture : « Mémoires sur la guerre d’Indépendance américaine », de La Fayette

    [C’est l’été] Lecture : « Mémoires sur la guerre d’Indépendance américaine », de La Fayette

    Moins connu pour ses actions menées en France, dont sa contribution à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, demeure celui qui, en posant le pied sur le sol américain, s’est juré, au nom de son amour du risque et de son goût de l’aventure, de vaincre ou de périr pour la cause des partisans pro-indépendantistes. D’où ces souvenirs, préfacés par Virginie Yvernault, et publiés après son décès par sa famille, que nous vous invitons à découvrir. Une lecture des plus enrichissantes.

    Éditions Rivages, 8 euros

  • [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    « Et voici le château d’If, rendu célèbre par le comte de Monte-Cristo […] Il était réputé impossible de s’en évader » scande un haut-parleur alors que le bateau s’approche de l’île. Après une vingtaine de minutes de traversée, du vieux port à l’ancienne prison politique, il ne reste qu’à débarquer et monter à l’entrée des fortifications. Une fois le billet d’entrée en poche, (7 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans), se trouve le château d’If.

    Construit au XVIe siècle sur ordre du roi François 1er pour protéger la côte des attaques, le lieu a ensuite été transformé en prison d’exception, aussi appelée prison politique. Entre histoire et fiction, l’édifice a abrité les plus célèbres des détenus de l’époque. Mais le plus connu reste sans doute Edmond Dantès du célèbre livre d’Alexandre Dumas. « J’ai lu le livre et vu le film, il fallait que je visite le château » déclare comme une évidence Laure, retraitée en visite avec son mari, avant de franchir la grande porte du lieu. Celle-ci débouche directement sur une petite cour carrée. En son centre un puits et tout autour s’articulent les cellules, sur deux étages. L’entrée de ces dernières est surmontée d’une plaque indiquant les noms des condamnés. Parmi lesquels l’Homme au masque de fer, l’Abbé Faria, codétenu du comte de Monte-Cristo, ou encore le comte de Mirabeau. Sur les murs, les ancêtres des graffitis actuels, réalisés par les prisonniers au marteau et au burin : date d’incarcération, nom, fonction.

    Imprégnés d’histoire et de légendes, ces lieux se découvrent aussi grâce aux guides, qui partagent avec passion anecdotes et récits pour en dévoiler les moindres détails. Une fois les deux premiers étages, leurs cachots et leurs expositions visités, le clou du spectacle reste à venir. Tout en haut des escaliers en colimaçon, le point culminant, une vue à 360° autour de l’île, depuis laquelle on peut voir le Frioul ou encore observer Marseille, de l’Estaque aux Goudes. « Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la vue en haut, on connaît le château d’If vu de Marseille mais Marseille vu du château d’If est bien différent » retiennent Christelle et Océane, venues entre mère et fille.

  • L’autre Bonne Mère désormais visible gratuitement au fort Saint-Jean

    L’autre Bonne Mère désormais visible gratuitement au fort Saint-Jean

    « On est montés pour voir la statue, c’est la seule occasion qu’on aura de la voir aussi bien et d’aussi près », explique Hélène. Parisienne en vacances dans le Sud, elle est venue à Marseille pour la journée, et en a profité pour passer par le Mucem. « On avait réservé des places payantes et j’ai découvert à l’accueil toutes les activités gratuites que l’on pouvait y faire. C’est à ce moment-là qu’on en a entendu parler », poursuit-elle.

    Du 1er août au 30 septembre, la sentinelle qui surveille, depuis le mois de mars, l’entrée du Vieux-Port de Marseille du haut du fort Saint-Jean devient accessible gratuitement. Il s’agit d’une réplique de la statue de la Bonne Mère, s’inscrivant dans le prolongement de l’exposition du Mucem « Bonnes Mères ». Explorant la maternité méditerranéenne comme enjeu politique, de construction sociale, et de création artistique, cette nouvelle statue, réalisée par la Maison Christofle, donne à voir un nouvel aspect de la maternité à travers le symbole qu’elle représente. Au-delà de sa nature religieuse, la statue de Notre-Dame de la Garde est réputée pour veiller sur la ville et ses habitants.

    Profiter de la vue

    « Nous sommes montés en haut de la tour pour voir la vue sur la ville, et nous avons été agréablement surpris par cette statue ! » s’émerveille Martina, Hollandaise de passage à Marseille avec sa famille. La tour du Roi René offre une vue panoramique sur la cité phocéenne. Le Vieux-Port, le quartier du Panier, Notre-Dame de la Garde, ou encore le palais du Pharo, monter les 147 marches de son escalier vaut le détour. « À la base, je venais pour voir la vue, je ne savais pas qu’il y avait cette statue. C’est très beau ! » raconte Marine, originaire de Versailles.

    La statue de la Maison Christofle est tournée vers l’entrée du port, face à son originale, sur la colline de Notre-Dame. Offrant une remarquable symétrie, elles donnent presque l’impression de voir double. La réplique, gratuite et accessible depuis le Vieux-Port, permet aux visiteurs de l’admirer sous un angle inédit.

  • Les années 80 à l’honneur pour la tournée d’été La Marseillaise à L’Estaque

    Les années 80 à l’honneur pour la tournée d’été La Marseillaise à L’Estaque

    C’est avec la vue sur la mer que se fera le prochain show gratuit de la tournée d’été de La Marseillaise, ce lundi 3 août au Parc Mistral à l’Estaque à partir de 20h15.

    Le groupe Jukebox entrera en premier sur scène à 20h30. Le concert de 45 minutes s’adapte aux préférences du public. Grâce à des QR codes distribués avant le show, le public choisit dans le répertoire proposé les titres qui vont être joués par le groupe. L’idée et le nom du groupe proviennent de l’époque où était glissé un franc dans un jukebox pour choisir sa chanson.

    « On s’inspire de cet esprit des années soixante-dix : “faites l’amour et pas la guerre“. On veut donner aux gens l’occasion de sortir de l’actualité pesante pour faire la fête ensemble », avait expliqué à La Marseillaise Éric Navarro, le chanteur du groupe, lors de leur premier concert pour la tournée d’été de La Marseillaise.

    Tout pour le public

    C’est le groupe Fahrenheit, nom inspiré du degré Fahrenheit et du parfum Dior, qui poursuivra le concert avec des reprises des chansons françaises et anglaises des années 1980. « On va jouer du Eddy Mitchell, Laurent Voulzy, Barry White, etc. », raconte Philip Sanders, fondateur et batteur-choriste du groupe. Il sera accompagné du chanteur Jean-Luc Portero, du guitariste Gabriel Carillo et de l’ancien pianiste de Gilbert Montagné Hervé Cosentino. « Je dansais sur ces musiques quand j’étais jeune et aujourd’hui, on continue de le faire, même avec les 18- 20 ans », se réjouit-il. Philip Sanders met en avant le chanteur Jean-Luc Portero, affirmant « qu’il sait faire une très belle animation, parler aux gens, pour qu’ils s’éclatent ».

    « Quand je mixe, je ne le fais pas pour moi seulement, je le fais avant tout pour le public », confie DJ Bobzilla qui poursuivra la soirée jusqu’à minuit au parc Mistral à l’Estaque. « Ce que je veux, c’est m’adapter à ce que les gens aiment. S’ils passent une bonne soirée, je le vois à leurs sourires, je les vois danser et c’est ce qui me fait plaisir », conclut-il.

    Au mois d’août, La tournée d’été La Marseillaise se poursuit encore. À Martigues, le 12 août, joueront Sabotaaage, MagicQueen, et DJ Bobzilla. L’été se terminera le 28 août au parc Font Obscure. Sur la scène, se produira Sabotaaage, Get the Beatles Back qui reprendra les tubes du groupe britannique et DJ Bobzilla.

    Gabrielle Cartellier

  • [Grand entretien] Erik Truffaz : « Le flamenco, c’est une sorte de blues »

    [Grand entretien] Erik Truffaz : « Le flamenco, c’est une sorte de blues »

    Erik Truffaz : Je l’ai écouté pour la première fois lorsque j’étais adolescent. (l’album est sorti en 1960, année de naissance d’Erik Truffaz, Ndlr). Ce qui m’avait frappé, étonné et séduit, c’est que c’est la première fois que j’entendais une réunion entre la musique classique folklorique et le jazz. Et tout cela, avec le son de Miles Davis.

    Outre la beauté de la rencontre entre

    la musique folklorique espagnole et le jazz, est-ce que le principal mérite de cet album est qu’il plaise au-delà des amateurs du genre ?

    E.T. : Cet album, c’est des ponts entre

    les musiques, entre le classique et le jazz. Dans Sketches of Spain, le pont est créé par l’arrangeur, Gil Evans, et par l’interprétation de Miles Davis. Ils avaient d’ailleurs déjà travaillé avant sur un album du même style, Birth of the Cool.

    établir des ponts entre

    différents styles est-il une des caractéristiques du jazz selon vous ?

    E.T. : On peut le dire car c’est une musique qui est née d’un pont entre la polka, qui venait des blancs, et du blues, qui venait des noirs. Le jazz, c’est donc une musique hybride. Et au fil de son évolution, elle a pu ensuite se mélanger avec beaucoup d’autres musiques comme la musique cubaine, brésilienne et bien d’autres. Mais bon, après, si on regarde bien, Beethoven aussi. Quand il fait une symphonie, il peut par exemple reprendre des chants folkloriques.

    Et le « New Sketches of Spain » que vous présentez le 7 août à Toulon, il est né de votre rencontre avec le saxophoniste et chanteur flamenco Antonio Lizana ?

    E.T. : On s’est rencontré à Katmandou.

    Quand j’ai vu Antonio, j’ai adoré la façon dont il chantait et jouait du flamenco. J’adore faire des ponts entre les musiques, justement. Je l’ai déjà fait avec des musiques indiennes, avec un chanteur tunisien et certainement un chanteur égyptien dans mon prochain album. J’ai parlé à Antonio et je lui ai dit que je voulais qu’on travaille ensemble. Après, François Lacharme, qui dirige une salle à Paris, a dit : « si Truffaz rencontre Lisana, il devrait refaire Sketches of Spain ». Une formidable idée car on peut le refaire, mais pas comme Miles Davis. Mais plutôt dans une identité encore plus flamenco et plus espagnole.

    Une danseuse vous accompagne

    également sur scène…

    E.T. : Au début, ça me gênait un peu car je n’aime pas tellement quand on ajoute un élément esthétique à la musique, ça porte l’attention ailleurs. Mais dans ce cas, ça apporte énormément car cette danseuse est une percussionniste de fait. Quand elle danse, elle fait de sacrés rythmes avec les pieds, c’est ça le flamenco. Elle s’appelle Sarah Sanchez et c’est une sorte d’Elvin Jones du flamenco (parmi les batteurs de jazz les plus influents du XXe siècle).

    à l’origine, le flamenco est la plainte

    du peuple andalou. Qu’est-ce que ça symbolise à vos yeux ?

    E.T. : Je suis allé en 1986 à Grenade et j’avais adoré le quartier de l’Albaicin où les Gitans jouaient et chantaient le flamenco. Pour moi, le flamenco, c’est une sorte de blues. On y trouve même des accents blues.

    Le flamenco est une culture libre et

    indomptable. Rien d’étonnant à ce qu’il ait pu inspirer Miles Davis…

    E.T. : D’ailleurs, il n’y a pas que Miles Davis dans le jazz qui a été inspiré par le flamenco. Un disque fantastique de Charles Mingus, le premier que j’ai acheté, s’appelle Tijuana Moods, et il y a pas mal de flamenco.

    2026 marque le centenaire de la

    naissance de Miles Davis. En plus de son génie musical, est-ce que son côté politique vous a aussi séduit au moment de rencontrer son œuvre ? Il a fait partie des rares artistes à avoir refusé de jouer à Sun City pour montrer son opposition au régime d’Apartheid en Afrique du Sud. Du boycott culturel avant l’heure, non ?

    E.T. : Il fait partie d’un groupe de gens qui ont défendu des idées. Il est la continuité de la libération des noirs par rapport à l’emprise des blancs. Il a vécu le racisme aux États-Unis. De fait, il était secoué. Il était une star totale, mais il y a quand même des mecs qui lui ont cassé la gueule. Il existe un bouquin où on demande à des jazzmen de formuler un souhait. Il a répondu : « être blanc ». Ça m’interpelle car tout son art tient aussi d’où il provient. Miles Davis a exacerbé et mis en avant la fierté des noirs. Après, lui venait d’une famille riche, il n’a pas autant souffert que Billie Holiday par exemple. Mais bon, ce n’est pas un sujet qui me préoccupe plus que cela.

    Vous retenez uniquement sa musique ?

    E.T. : Ses idées politiques ne sont pas mises en avant tout au long de sa vie. Son fer de lance, c’est son parcours artistique. Je ne me compare pas du tout, mais moi, par exemple, mon fer de lance, ce n’est pas mes idées politiques, même si je participe à des soirées de soutien pour le peuple iranien ou que je suis engagé contre quelconque génocide.

    établir des ponts entre les cultures et musiques, c’est aussi un peu politique…

    E.T. : J’ai tendance à dire que mon identité politique passe au travers de mon identité artistique et des projets que je propose. C’est sûr que je ne suis pas un miroir du Front National en faisant deux albums avec un chanteur tunisien ou en collaborant avec le Cri du Caire, composé d’un Égyptien, d’un Allemand et d’un Anglais. De toute façon, le jazz est une musique plurielle, qui vient de peuples différents.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • « Paradis perdu », un autreregard sur l’Amérique

    « Paradis perdu », un autreregard sur l’Amérique

    Intitulée « Paradis perdu », l’exposition « est une suite de celle de 2025, toujours dans notre envie de faire réfléchir, de sensibiliser le public en lui montrant des travaux photographiques de longue haleine et engagés », avance Valérie Laquittant, directrice d’ImageSingulières. Après le génocide des Amérindiens (Curtis), la crise de 1929 (Lange), l’internement d’Américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale (Adams), ce sont l’écologie et le social qui sont mis en lumière à la Cure d’Aumessas. Une exposition cette fois-ci plus contemporaine puisque les travaux réalisés par les deux artistes datent du début du XXIe siècle.

    Deux regards

    La première série, No agua, No vida, réalisée par John Trotter, s’intéresse aux dommages causés par l’Homme sur l’environnement. « Entre 2001 et 2017, John Trotter a travaillé sur le fleuve Colorado, il documente comment – depuis les montagnes rocheuses – ce fleuve a fini par s’assécher et n’arrive quasiment plus au delta du golfe de Californie. C’est notre petit coup de gueule écologique sur la crise terrible qui est en train de toucher le monde entier, sur la problématique de l’accès à l’eau », détaille Valérie Laquittant. Une problématique d’autant plus actuelle à l’heure où les fortes températures et la canicule font partie intégrante de la saison estivale. « On touche ici à la surexploitation des industries et à la non-préservation des zones humides, des fleuves. L’expansionnisme des villes tue petit à petit ce fleuve », poursuit Valérie Laquittant.

    ImageSigulières emmène ensuite les visiteurs à New-York, plus précisément dans le Queens, pour prendre une claque devant la série de Juliana Beasley, Last stop Rockaway Park. « L’artiste était en immersion à Rockaway Park, un coin perdu du Queens. Entre 2002 et 2010, les habitants ont été abandonnés à leur sort et la plupart avaient des problématiques sociales, psychologiques. C’est un travail magnifique de portraits avec un style flashy, un peu trash », détaille la directrice d’ImageSingulières. Ce n’est d’ailleurs pas la première collaboration entre Beasley et l’équipe d’ImageSingulières. L’Américaine était déjà venue à Sète en résidence en 2010 pour sa deuxième monographie, Sète#2010. « Avec cette série, Juliana s’intéresse aux marges de la société, s’est attachée à des personnes que l’on cherche à cacher. On est face à des personnes que notre société nous pousse à ne plus regarder car il faut être instagrammable ou je ne sais quoi. » Deux regards pour montrer une Amérique très différente de l’imaginaire collectif. « Ces photos nous parlent de ce rêve américain qui est en train de s’écrouler. Les États-Unis, ce ne sont pas seulement les posts de Donald Trump mais c’est aussi ça. »

    Louis Dupin

  • Plongez dans l’héritage sacré des Incas à Draguignan

    Plongez dans l’héritage sacré des Incas à Draguignan

    À travers un parcours à la fois chronologique et thématique, découvrez une vision du monde où le Sacré joue un rôle primordial, loin des religions telles que nous les pensons en Occident. En effet, pour les Incas, tout dans l’univers avait un caractère sacré de la nature aux hommes en passant par les ancêtres, le vivant et les dieux qui cohabitaient en parfaite harmonie.

    Ateliers et visites ludiques pour les petits

    Plongez au cœur de cette cosmovision andine lorsqu’au XVIe siècle, lors de la conquête espagnole, l’Empire inca s’étendait sur un immense territoire, bien au-delà des frontières du Pérou actuel. Dans le cadre de cette exposition, petits et grands pourront profiter de visites guidées pour les adultes mais aussi pour les enfants avec des visites ludiques proposées les samedis et dimanches à 16h30. À travers différents jeux et accompagnés par un médiateur ce moment à la fois ludique et pédagogique invite à découvrir les objets fascinants de la collection.

    Pour les plus jeunes toujours, un espace ludique a été installé au 3e étage de l’Hôtel départemental et offre de nombreuses activités autour de l’exposition entre 14h et 16h les samedis et dimanche. Sans oublier une chasse aux trésors andins. Avec leurs équipements d’aventuriers, les enfants vont pouvoir se lancer sur les traces de ces civilisations et sur celles du dernier empereur inca, tous les week-ends d’août et de septembre à partir de 14h et toujours au 3e étage du bâtiment.

    Inca, héritage sacré des Andes, jusqu’au 27 septembre à l’hôtel départemental des expositions du Var à Draguignan.