Category: culture

  • La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    Le cinéma mondial a rendez-vous dans le sud de la France. Ce lundi, Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) accueille le Sommet Lumière, une rencontre internationale consacrée à l’avenir du cinéma, de l’audiovisuel, de l’animation et du jeu vidéo. Initié par le Centre national du cinéma et de l’image animée, coprésidé par Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung, ce « Davos du cinéma » réunit près de 150 personnes. Patrons des grands studios et plateformes (Disney, Netflix, Sony, Universal), producteurs (CJ Group), cinéastes, acteurs, grands groupes de l’audiovisuel français et responsables publics y sont attendus.

    Si le choix de Saint-Paul-de-Vence peut surprendre, il s’inscrit dans une logique territoriale forte. Héritière de l’aventure des frères Lumière, terre d’accueil du Festival de Cannes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est aujourd’hui la deuxième région de cinéma en France, après l’Île-de-France. Plus de 9 000 professionnels y travaillent et le territoire accueille, chaque année, entre 5 000 et 6 000 jours de tournage.

    Terre du Septième art

    Des historiques Studios de la Victorine à Nice aux dynamiques Provence Studios de Martigues, en passant par le Pôle Média de la Belle de Mai à Marseille, la région dispose d’infrastructures capables d’attirer aussi bien des productions françaises que les géants internationaux du secteur. « Aujourd’hui, tout le monde pense qu’on a une main-d’œuvre plus chère, mais quand on regarde la productivité de nos équipes et de nos outils, les restitutions faites par l’état et les aides des collectivités, on est très compétitif », martèle Olivier Marchetti, président de Provence Studios. « C’est ce qu’il faut démontrer : la France est une vraie terre de tournage. Le cinéma a été inventé ici, il doit y rester. »

    Réunissant la plupart des décideurs contrôlant la majeure partie du marché mondial, le Sommet Lumière revêt une dimension stratégique. À l’heure où les États rivalisent pour attirer tournages, studios, talents et investissements, les industries de l’image sont un enjeu économique majeur. Derrière les caméras pointent des questions d’emplois, d’innovation technologique, d’influence et de souveraineté culturelle. Le marasme américain en est une illustration. Le volume des tournages à Hollywood a reculé de 40% en dix ans. Si bien que Donald Trump a demandé au Congrès de renforcer les incitations fiscales pour favoriser le retour des productions et soutenir l’emploi. À travers cette initiative, la France entend défendre son modèle de soutien à la création tout en renforçant l’attractivité de son industrie audiovisuelle. L’Élysée voit ce rendez-vous comme une vitrine du savoir-faire français.

    Autre objectif : peser dans les discussions qui définiront demain les règles mondiales des industries culturelles confrontées aux défis technologiques du XXIe siècle. Selon eux, le secteur traverse une révolution comparable aux grandes mutations qui ont jalonné l’histoire du cinéma. Car l’intelligence artificielle, la montée en puissance des plateformes de streaming, l’évolution des usages, les difficultés rencontrées par les salles obscures et l’apparition de nouveaux modèles de financement bouleversent l’ensemble de la filière. Derrière les débats sur la création et l’innovation se joue donc une bataille beaucoup plus large.

    Trois questions majeures structureront les échanges : comment préserver la diversité culturelle face à des marchés toujours plus concentrés ? Comment encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création ? Et, surtout, comment financer les œuvres de demain dans un environnement dominé par une concurrence internationale de plus en plus intense ?

    En toile de fond à ces débats, la Provence, dont le nom résonne avec l’histoire. C’est ici, à La Ciotat, que les frères Lumière réalisèrent plusieurs de leurs premiers films et qu’Antoine Lumière organisa en 1895, à l’Eden Théâtre, l’une des premières projections. Cent trente ans plus tard, la région qui a vu naître le cinéma peut voir s’y écrire un nouveau scénario.

    CHIFFRES

    9 000

    La filière cinéma en région Provence-Alpes Côte d’Azurrassemble plus de 9 000 professionnels, dont 4 000 techniciens, 2 000 comédiens, 800 auteurs et réalisateurs, ainsi qu’une cinquantaine de sociétés de production.

    6 000

    Avec près de 6 000 jours de tournage en moyenne chaque année, la région s’impose comme l’un des principaux territoires de production audiovisuelle en France. Un dynamisme porté par la diversité des décors, des infrastructures et des savoir-faire locaux.

    135 millions

    En 2024, les tournages ont généré plus de 81 millions d’euros de retombées économiques à Marseille, contre 61,3 millions en 2023.À l’échelle régionale, la filière avait produit 135,1 millions de retombées en 2022.

  • Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    La Marseillaise : Pourquoi faire cette chronique sur l’œuvre de Marcel Pagnol ?

    Ariane Ascaride : Dans l’année, France Inter m’avait proposé de lire des textes d’auteurs que j’aimais beaucoup, pour une série appelée les Admirations littéraires. J’avais proposé à France Inter de lire les sermons de Pagnol. Et les gens ont adoré. Ils m’ont donc demandé si on pouvait refaire quelque chose sur Pagnol. À partir de là, j’ai réfléchi car on présente beaucoup Marcel Pagnol avec les fifres, les tambourins et les cigales, comme un auteur régional. Alors que c’est un auteur du bassin méditerranéen, universel, avec une grande formation latiniste, helléniste. Et cela me renvoyait, avec beaucoup d’humilité, au travail que l’on fait avec Robert Guédiguian : on parle de lui comme d’un cinéaste marseillais. Alors que c’est un cinéaste ! J’avais envie de travailler sur cet aspect-là, de faire des parallèles entre lui et nous. Je me suis replongée dans son œuvre, en relisant l’ensemble de son travail, ses pièces, ses livres, ses films… Mais il a fait bien plus que cela. C’est bien plus que juste La gloire de mon père et Le château de ma mère, avec tout le respect que j’ai pour ces œuvres. Pour moi, Pagnol est un descendant d’Homère, comme d’autres auteurs du bassin méditerranéen. Bassin qui est une des plus grandes bases de la culture européenne, qu’on le veuille ou non. Son écriture est celle du Sud, mais c’est beaucoup plus que ça, elle est universelle. Marcel a droit à son buste comme le buste d’Homère dans la rue d’Aubagne. J’ai aussi découvert des choses chez lui que je ne connaissais pas bien. On dit souvent que les gens du Sud, de Provence, sont pudiques. La manière dont il parle de cela me plaît beaucoup. Il y a aussi son rapport aux femmes, ses personnages féminins…

    Justement, vous jouez souvent des personnages féminins forts. Quel regard vous portez sur son rapport aux femmes ?

    A.A. : Chez Pagnol, la jeune femme est bien souvent pécheresse, par naïveté, que ce soit Angèle ou Naïs. Il faut sauvegarder son honneur, elles doivent payer car elles laissent déborder leur cœur plein d’amour, se font avoir… Une doit épouser un vieux, une autre doit quitter sa famille… La femme forte chez Pagnol est la mère, la tante, celles qui ne sont plus dans la possibilité de séduction. Ça raconte le regard des hommes sur les femmes à cette époque-là. Et Marcel fait toujours tourner les femmes dont il est amoureux. Dans ses relations amoureuses, il est insensé, c’est un prototype. À un moment de sa vie, il en a deux, il écrit à son père que l’une le fatigue. Il lui explique qu’elle est trop maigre, qu’elle lui fait du souci car il ne sait pas si elle va pouvoir jouer au théâtre dans cet état… Et non pas qu’il a du souci car il lui fait vivre une situation épouvantable. Il n’est pas méchant quand il fait ça, mais c’est une représentation parfaite du machiste. C’est la reproduction d’une époque, mais une époque qui n’est pas complètement finie si vous voyez ce que je veux dire…

    Votre chronique n’est ni une biographie ni une simple lecture de ses textes…

    A.A. : J’ai envie de dire aux gens : il s’appelle Marcel tout simplement. C’est un mec chouette, un grand auteur, un immense dialoguiste. Mais aussi avec des défauts : il est alcoolique. C’est un être humain qui sait aussi se remettre en question, qui s’en pose énormément sur son travail. Il fait des choses formidables pendant la guerre : quand les Allemands veulent travailler avec lui, il vend ses studios, achète un domaine à Monaco et reprend son personnel pour qu’ils plantent des œillets et qu’ils n’aillent pas au STO. Peu de gens connaissent cet épisode, il ne s’en vante pas de le faire. Mais les œillets, on les retrouve dans Manon des sources… Il y a une scène dans La fille du puisatier, où les gens écoutent le discours de Pétain à la radio. Il raconte qu’ils commencent le tournage, qu’il y a l’armistice, que Fernandel est rappelé sous les drapeaux et d’un coup il intègre la réalité à son film. Son film Regain débute par le viol du personnage d’Orane Demazis par 15 charbonniers. Pour l’époque, c’est peu commun. Je n’avais jamais entendu parler de ça quand on présente Regain. Alors qu’on montre toujours Marcel Pagnol avec la partie de cartes, qui est une scène géniale, mais il est bien plus que cela. C’est un grand intellectuel. Il y a un adjectif qui est homérique, qui vient d’Homère. Il y a un adjectif qui est pagnolesque, qui vient de Pagnol. Cela veut dire qu’il a imprégné le langage courant par son œuvre. Il y a peu de gens qui se targuent de ça.

    Vous revenez longuement sur la place du théâtre dans son parcours, le spectacle vivant est en crise. Comment l’expliquez-vous ?

    A.A. : Je vais enfoncer des portes ouvertes mais une société sans théâtre vivant est une société morte. La première chose que les dictatures font, c’est d’empêcher les artistes de s’exprimer. On n’en est pas encore là mais enfin, il y a des actions gravissimes : quand une mairie interdit un spectacle… Mais aussi, balayons devant notre porte. La situation du théâtre vivant est très difficile mais qui s’en préoccupe à part le spectacle vivant lui-même ? Est-ce que le public s’en préoccupe ? Et s’il ne s’en préoccupe pas, pourquoi ? Je pense que tous les acteurs du spectacle vivant devraient relire les cahiers de Jean Vilar. Peut-être que nous nous sommes éloignés un peu du public. Peut-être que nous n’avons pas eu en permanence à l’esprit pourquoi nous faisons ça… Un de mes professeurs disait « l’élitisme pour tous », mais l’élitisme pour tous, ça se réfléchit. Quand Pagnol écrit Marius, c’est en 1928, et la gloire du théâtre français est bourgeoise à ce moment-là. D’un coup, il arrive et raconte ces gens-là. C’est sur cela que l’on doit se questionner.

  • Charlie-Camille Flores, directeur de la bibliothèque de l’Alcazar

    Charlie-Camille Flores, directeur de la bibliothèque de l’Alcazar

    Au risque de lasser, on mentionnera les rapides changements de braquet de ce jeune homme qui a vécu son adolescence dans un centre pénitentiaire dont son père était un officier. Il a travaillé à Toulon où il maraudait fréquemment avec la Fondation Agir contre l’exclusion (Face). Son premier poste de directeur de la Lecture publique l’envoya à Digne.

    Dis-moi les livres que tu aimes, je comprendrai qui tu es. Pour mieux saisir les engagements et les curiosités de ce citoyen du XXIe siècle, son tropisme du côté de l’Asie et de la Chine dont il continue d’apprendre la langue et l’écriture, on citera dans le pêle-mêle de ses auteurs préférés Kafka, Le Clezio, Ivo Andric, Haruki Murakami, Sei Shonagon, Michel Foucault et Luc Boltanski. Brassens reste son auteur-compositeur préféré. Quand il fait retour pendant ses fins de semaine à Digne, il retrouve les pensées de deux écrivaines de cet endroit, l’avant-gardiste Nathalie Quintane et la voyageuse Alexandra David-Néel.

    Un métier de contraintes et d’avancées

    Charlie-Camille Flores ne rédigera jamais la thèse de sociologie qu’il avait vaguement rêvée pendant ses études à Strasbourg, une ville qu’il aime parce qu’il rencontrait chez ses bouquinistes de quoi attiser ses appétits de lecteur. Les piles de livres qui s’accumulent sur son bureau de l’Alcazar l’attestent, sa passion pour le support papier ne s’attiédit pas. Le choix qu’il a fait d’une carrière dans les bibliothèques se situe au croisement de plusieurs options : axés sur les services publics, ce sont des lieux où toutes les strates d’une société se croisent, des espaces qui favorisent frictions et remises en question. Digne-les-Bains fut un champ d’expériences bien différent de la BMVR de l’Alcazar qui depuis son premier constructeur-directeur François Larbre, a connu toutes sortes de réussites et de mésaventures. En 2024, dans les Alpes-de-Haute-Provence, il fallait consolider les réseaux de l’intercommunalité Provence-Alpes Agglo, redéfinir le chantier d’un centre culturel en fonction de la diversité de ses usagers et du voisinage d’une bibliothèque, susciter une exposition de photographies autogérée par des demandeurs d’asile, obtenir les validations des élus politiques. À Marseille aussi, Charlie-Camille Flores ne brûle pas les étapes, préfère affiner les rouages de son établissement, les grands événements ne figurent pas dans sa stratégie.

    L’ouverture tellement souhaitable en soirée ou bien le dimanche de l’Alcazar n’est certes pas encore à l’ordre du jour. Du côté des effectifs du personnel, les progrès sont ténus. Les recrutements récents d’Anne-Sophie Lambert, responsable des Fonds patrimoniaux pour l’heure trop mal connus et peu visibles aux yeux du grand public, et de Marie-Noëlle Perrine à la tête du Département enfance et jeunesse, sont de bon augure. En contrepoint du fourmillement des ateliers, rencontres, débats ou projections de films (plus de 500 chaque année) on apprécie la récente rénovation des espaces Enfance et jeunesse : sans moyens nouveaux ni verticalité, l’équipe de ce département a fait preuve de rigueur et de créativité.

    Des projets qui auront besoin de solides financements se dessinent, par exemple, le développement principalement à propos du bassin méditerranéen d’achats de livres en « langues étrangères », une exposition autour des Cahiers du Sud. Des liens renouvelés, des synergies ont développé la programmation avec le CIPM (conférences d’Yves Di Manno et de Marielle Macé) l’Atlas des traducteurs d’Arles, le Festival Allez Savoir de l’Ehess, le musée Cantini, les Philosophes publics, Coudes à Coudes, le Comité du Vieux Marseille (hommage à Henri-Frédéric Blanc) La Marelle (rencontre avec Camille de Toledo et Kourkov), l’Association des Usagers de l’Alcazar de José Rose, les ateliers de parler marseillais de Médéric Gasquet-Cyrus et les colloques d’histoire de l’art de Jean-Noël Bret.

    Du côté des fonds de littérature contemporaine, on se réjouit de l’achat de la correspondance d’un ami de Pagnol, Marcel Gras et des donations effectuées autour de Claude Mc Kay, Jean de Maisonseul et Sébastien Japrisot. On saluera aussi une volonté d’accueil et de dialogue vis-à-vis des SDF qui dorment sous les arcades de l’Alcazar ainsi qu’un convivial couscous offert en soirée, le 1er septembre à 70 habitants de Belsunce. Dans ce registre, on retrouve l’inspiration de Livr’Exil dont Charlie-Camille Flores est l’un des animateurs, une association qui forme des migrants aux métiers d’un bibliothécaire français.

  • Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    « Le monde est encore un vaste champ de recherche : sous terre, dans les océans, dans l’espace. Nous voulons faire découvrir au grand public les innovations scientifiques et technologiques par le biais des expéditions archéologiques, océanographiques, spatiales… dans le respect des différentes cultures » expliquent les organisateurs de la manifestation, la Société des explorateurs français (SEF).

    Depuis 11 ans, le festival est soutenu par la fondation Iris, la Ville de La Ciotat et l’association Les Lumières de l’Eden. Outre les projections cinéma au sein de l’Eden, Lumexplore est aussi un festival pour tous en plein air et gratuit. À noter, la très belle exposition « Austral, les engagés pour l’Océan » dans la cour de l’Eden. Elle entraîne le public dans les entrailles de la recherche océanographique au large des Terres australes et antarctiques françaises.

    Réalisé à bord du Marion-Dufresne, navire français ravitailleur des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien, cet essai photographique, réalisé par Franck Desplanques et Stéphanie Jacquet propose une autre manière de raconter l’océan.

    Une aventure sensible, poétique et profondément humaine dans les coulisses de la recherche en mer. Des expositions sont aussi visibles dans la chapelle des Pénitents, sur la place du 8-Mai et l’esplanade du berceau du cinéma.

    Des projections

    Enfin, à ne pas rater, la visite du bateau 7e continent amarré au port, en présence du chef d’expédition Patrick Deixonne et de son équipage. Animations, stands et visite des bateaux sont totalement gratuits.

    Une compétition est aussi prévue pour des livres, et des Bandes dessinées avec un jury de collégiens. Pas moins de 13 films seront projetés en compétition et 3 hors compétition lors de cette 11e édition. Un jury prestigieux les départagera lors de la soirée de clôture le samedi 12 septembre à 20h30. À noter, la catégorie nommée Lumexplore junior qui ouvre ses portes aux plus jeunes depuis la création de l’événement et c’est sans doute la grande originalité de ce festival. Il leur permet de participer en tant que réalisateurs avec des prix à gagner au même titre que les adultes.

    « Une façon de les sensibiliser et de mettre en avant leurs idées sur les thèmes de la science et de l’environnement. Nous souhaitons leur donner les outils pour mieux se protéger dans l’avenir en les informant des dernières techniques et de l’état de la planète, mais aussi écouter ce qu’ils ont à nous dire », détaille la SEF. Et d’alerter : « En inspirant les jeunes générations, nous plantons les graines de la curiosité et de l’innovation qui façonnent notre avenir. L’exploration n’est pas seulement l’apanage des grands explorateurs du passé. »

    La mémoire des figures emblématiques est entretenue, mais les moyens sont aussi donnés aux plus jeunes pour poursuivre des recherches et découvrir de nouveaux horizons. La fondation Iris, finance une expédition chaque année. Le résultat est présenté durant le festival, avec les intervenants.

    Projections à l’Eden du 9 au 13 septembre. Expositions, animations sur les stands et visites des bateaux : gratuites.

  • Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    En ce premier dimanche de rentrée, l’entrée gratuite des expositions temporaires des musées municipaux marseillais* offre l’occasion de s’accorder une parenthèse culturelle… et fraîcheur, en famille, entre amis ou en solitaire. Un moment privilégié pour découvrir une programmation mêlant patrimoine, photographie, art contemporain et questions de société.

    Au Château Borély, l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles » met à l’honneur une période foisonnante de la création artistique et industrielle. Mobilier, céramiques, objets décoratifs, vêtements et pièces rares racontent une ville ouverte aux influences et à l’innovation. Un voyage élégant dans le Marseille du tournant du XXe siècle.

    Direction ensuite le Centre de la Vieille Charité où Adrien Vescovi déploie son exposition « Dormir comme le soleil ». Entre tentures monumentales et jeux de lumière, l’artiste transforme l’espace en paysage poétique. Une expérience immersive qui invite à prendre le temps de regarder et de ressentir.

    Derniers jours pour La vie climatique

    Les amateurs d’art contemporain trouveront leur bonheur au [mac]. La grande exposition « La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées », présentée dans le cadre de la Triennale De leur temps, s’achève bientôt. Elle réunit une centaine d’artistes autour des bouleversements environnementaux et des nouvelles manières d’habiter le monde. Dans un autre registre, « AFRICA » de Louisa Babari propose une immersion sensible où dialoguent héritages antiques, cultures berbères et créations contemporaines.

    Le Musée d’Histoire n’est pas en reste avec « Marseille vue par les Detaille, 164 ans de photos ». À travers plusieurs générations de photographes, c’est toute l’évolution de la cité phocéenne qui y défile. Visages, rues, événements et paysages composent un récit fascinant de la mémoire de Marseille.

    Pour ceux qui préfèrent explorer le vivant, le Muséum d’Histoire naturelle propose « Biodiversité marseillaise, entre mer et collines », un parcours consacré aux richesses naturelles qui entourent la ville. Tandis qu’au MAAOA, « Rendez-vous manqués ? » questionne les regards portés sur les collections africaines, océaniennes et amérindiennes.

  • Francis Scott Fitzgerald et Tennessee Williams, un duo choc

    Francis Scott Fitzgerald et Tennessee Williams, un duo choc

    Au cœur de cette fiction, se trouve Gatsby, alias Fitzgerald. Personnage que nous connaissons bien, puisque jeune étudiante, nous avions fait un exposé oral sur l’auteur et son célèbre roman. Exposé qui commençait par un article de 1927, écrit par Victor Llona : « Pourquoi j’ai traduit Gatsby le Magnifique ». Si nous vous donnons à le lire, c’est parce qu’il résume ce que Hurstel a superbement fait ressortir : « Une tristesse désespérée s’exhale des pages ; c’est la danse macabre d’une société falote qui se démène en une folle sarabande rythmée par le tintement des dollars, fouettée sans merci par la cravache de l’ivresse »… Nous sommes le 29 février 1940, dix mois avant la mort de Fitzgerald. Conscient que la mort approche, il se transporte en songe dans les années 1920, et le tournage de l’adaptation à l’écran de son roman.

    Un homme qui a été

    Au lecteur de découvrir ce qui s’ensuit. N’est-ce pas le rôle d’une chronique de tenir sa curiosité en suspens ? Si nous voulions cataloguer ce livre, articulé autour de la fin du rêve américain, nous serions bien en peine. Histoire pure ? Vie romancée ? Qu’importe l’étiquette qui pourrait convenir, car son vrai mérite est de nous faire vivre, ou revivre, l’un des écrivains les plus illustres des Années Folles, aussi capiteuses et pétillantes que des coupes de champagne.

    Une résurrection pareille ne pouvait être réussie que par un auteur, à savoir Daniel Hurstel, amoureux de la Littérature. Un grand talent d’écrivain auquel s’ajoute celui d’un metteur en scène, emporté par un personnage ténébreux qui est, d’abord et avant tout, un homme qui a été.

    Cherche-Midi, 21 euros

  • [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (2/3)

    [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (2/3)

    À partir de l’interview réalisée par l’Association des amis de Matisse à Ajaccio avec Alix Agret, chargée de recherches au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou et membre de l’équipe scientifique de l’exposition « Matisse 1941-1954 », Kallisté propose une série de trois articles consacrés au peintre. De son séjour fondateur en Corse en 1898 à la liberté de ses dernières œuvres, retour sur un parcours profondément marqué par la lumière et la couleur.

    En 1941, Henri Matisse a 71 ans. Il vient de subir une lourde opération qui le laisse très affaibli et l’oblige à vivre avec une colostomie. À cette souffrance quotidienne s’ajoutent les insomnies et la Seconde Guerre mondiale. Tout aurait pu conduire le peintre au repli. Pourtant, les treize dernières années de sa vie seront parmi les plus fécondes et les plus inventives de son parcours.

    L’exposition « Matisse 1941-1954 », présentée au Grand Palais, a permis de porter un nouveau regard sur cette période. Alix Agret rappelle que l’artiste ne pouvait être réduit à l’image d’un bourgeois hédoniste vivant sous le ciel bleu de la Côte d’Azur.

    Matisse était pleinement conscient de la guerre. Sans prendre publiquement position, il estimait avoir le devoir de continuer à peindre en France : c’était sa manière de résister.

    Créer malgré la guerre et la maladie

    Ses œuvres ne traduisent pourtant ni ses angoisses ni ses souffrances. Elles semblent au contraire toujours plus lumineuses, aériennes et libres. Dans les tentures « Polynésie, le ciel » et « Polynésie, la mer », les formes blanches flottent sans que l’on distingue vraiment le haut du bas, le ciel de l’océan. La faune et la flore rappellent les lagons de Tahiti, mais aussi sa fascination pour la lumière du Sud éprouvée bien plus tôt à Ajaccio.

    Cette apparente simplicité est le fruit d’un travail considérable. Matisse faisait photographier ses tableaux aux différentes étapes de leur réalisation, puis effaçait, reprenait et transformait. La Blouse roumaine nécessita ainsi quatre mois de travail. Dix photographies successives permettent d’en suivre les métamorphoses et de comprendre ce qui se cache derrière son évidence finale.

    Chez Matisse, créer n’est jamais reproduire une formule acquise. C’est chercher, recommencer et transformer. Dans la guerre comme dans la maladie, cette exigence demeure intacte. La lumière entrée dans son œuvre à Ajaccio ne cessera plus de l’accompagner.

    À suivre…

  • Le festival Terres de résistance lancé pour quatre jours de fête

    Le festival Terres de résistance lancé pour quatre jours de fête

    C’est le début de quatre jours de fête, avec l’ouverture ce vendredi à 18h du festival sur son lieu de villégiature, au jardin du Prieuré. Le village des associations, l’exposition Front populaire et la création de l’artiste peintre Thierry Chauvelot seront à découvrir en même temps que débuteront les concerts d’Axetone, Tribute de Bob Marley & The Wailers, suivi de Massilia reggae club, avec before et after de Tatou et DJ Kayalik. L’accès est libre.

  • Julien Vinh sera en marssur la scène de l’Opéra de Marseille

    Julien Vinh sera en marssur la scène de l’Opéra de Marseille

    Un an après son show à guichets fermés au Cepac Silo, c’est sur la scène de l’Opéra que Julien Vinh, humoriste marseillais, revient le 13 mars. Un show hautement symbolique pour le monde du stand-up tant ses apparitions sont rares sur la prestigieuse scène du grand théâtre, mais aussi pour le jeune artiste, qui croise l’imposant bâtiment quotidiennement depuis l’enfance. « Je crois que je réalise pas vraiment pour l’instant. Ça va être impressionnant, je pense. C’est un endroit qu’en tant que Marseillais, on connaît très bien, mais sans vraiment connaître. Je passe devant tous les jours, sans voir ce qu’il se passe à l’intérieur », reconnaît-il. Et c’est avec une manifestation, armé avec ses équipes de pancartes revendicatrices – « Tié où depuis le Silo ? », « Ça y est tu vas à Paris tu nous oublies ! »- que la nouvelle a été divulguée, mardi, à sa communauté. « Après le Silo, je voulais pas revenir avec une sale plus petite. Je voulais un truc stylé, retrace-t-il. Ça a pris beaucoup de temps de négocier avec la Mairie, parce que c’est pas une salle de spectacle classique, c’est l’Opéra municipal. Maintenant, je suis content de pouvoir dire : on fait l’Opéra ! ». Julien Vinh interprétera donc son spectacle Couronne, qu’il « joue depuis des années » , mais qui « évolue sans cesse ». « J’raconte un peu ma vie, (…) ma réorientation. C’est le message que je veux faire passer : qu’on peut changer de vie, qu’il faut faire confiance à sa vie », conclut-il.

  • L’empreinte de Martin Parr à travers les décennies à Toulon

    L’empreinte de Martin Parr à travers les décennies à Toulon

    Une belle réussite que cette exposition qui réunit neuf séries réalisées par Martin Parr, décédé en décembre dernier et devenu au fil des décennies une figure majeure de la photographie.

    Dès les années 70 et son immersion dans la communauté méthodiste du Yorkshire, en noir et blanc, il y a déjà ce regard documentariste rehaussé d’une pointe d’ironie, de moquerie sans méchanceté. Et cette envie de capturer l’essence du moment et ses vapeurs. Les activités balnéaires de New Brighton restent à la fois cocasses et touchantes, mais le ton se fait tout de même plus mordant, voire féroce lorsqu’il s’agit des classes plus aisées qui offrent aux regards de tous les signes extérieurs de leur richesse, comme ce somptueux cliché cannois en point d’orgue de l’exposition. Tout aussi frappant que l’autoportrait de 2018, à Amsterdam, d’une autodérision peu commune.

    Maison de la photographie,
    rue Nicolas Laugier, Toulon.