Category: culture

  • Marseille Concerts à l’origine d’une saison éclectique

    Marseille Concerts à l’origine d’une saison éclectique

    Cette année encore, Marseille Concerts mise sur la qualité des interprètes que cette association invite tout au long de sa saison et sur la grande diversité des programmes proposés : de Haydn à Barbara, de Mozart à la comédie musicale américaine, tous les styles et toutes les époques se succéderont sur différentes scènes de la ville. Charge au remarquable clarinettiste marseillais Pierre Génisson d’ouvrir la saison avec le pianiste niçois David Kadouch, autour des répertoires de Schumann, Brahms, Saint-Saëns et de Falla, le 20 septembre au Palais du Pharo.

    Association œuvrant depuis 1986, Marseille Concerts permettra également d’écouter toutes les sensibilités et subtilités musicales, en invoquant notamment l’élégance sobre d’Alain Planès pour jouer Joseph Haydn (le 29 mars dans le foyer Ernest-Reyer de l’Opéra), ou l’exubérance calculée de Khatia Buniatishvili pour un récital le 5 novembre dans la Grande salle de l’Opéra de Marseille. Pour faire dire aux pianos tout ce qu’ils peuvent exprimer. En famille, entre amis ou en solistes, les artistes viennent de tous horizons. On notera par exemple l’hommage aux comédies musicales américaines, le 28 janvier au Théâtre de l’Odéon, assuré par les familles de musiciens de la soprano Natalie Dessay et du baryton-basse Laurent Naouri, ou encore le récital de piano d’Alexandre Kantorow, le 16 février à la Criée.

  • Le théâtre de l’Œuvre et le Café Julien prêts à faire peau neuve

    Le théâtre de l’Œuvre et le Café Julien prêts à faire peau neuve

    À l’hiver 2023, la coopérative de musiques Grand bonheur s’associait aux salles de concerts et spectacles du Makeda, à la Plaine, du Théâtre de l’Œuvre, à Belsunce, et de la Meson, aux Réformés, pour récupérer la gestion de l’Espace Julien, propriété de la Ville de Marseille. Le point de départ d’une « réflexion commune sur la mutualisation et la solidarité autour des musiques actuelles dans le centre-ville », réunie au sein d’une entité nommée « Responsabilité des rêves », rappelle Sarah Lepêtre, directrice de la Meson.

    « Virevolte »

    Près de deux ans et des centaines de concerts plus tard, l’emblème culturel du cours Julien se prépare à un grand bouleversement. « Il va y avoir une réfection totale du Café Julien [espace attenant à la salle principale qui a vu défiler des groupes comme IAM ou
    la Fonky Family à leurs débuts, Ndlr] », annonce Maud Dissescou, chargée des relations publiques. Les travaux prévoient notamment « une rénovation de la façade qui ouvrira le café sur la rue, un accès pour les personnes à mobilité réduite, un nouveau bar, de nouveaux vestiaires et sanitaires, une augmentation de la jauge, ainsi qu’une nouvelle acoustique des lieux », ajoute-t-elle à propos de ce chantier qui doit occasionner « la fermeture du Café Julien et de l’Espace Julien entre décembre 2025 et février 2026 », avant « une réexploitation de transition de mars à juin », puis « une réouverture définitive en octobre 2026 ».

    D’ici là, l’automne 2025 sera chargé à l’Espace Julien, avec de nombreux concerts prévus, dont celui du « prince de la soul » Curtis Harding ou encore de l’héritier de l’afrobeat, Femi Kuti, pointe entre autres Marie Ketele, co-directrice artistique de l’Espace Julien. Les bouleversements qui se profilent n’entament pour l’instant en rien la programmation du Théâtre de l’Œuvre, de l’Espace Julien, du Makeda et de la Meson, ces deux derniers connaissant eux aussi bientôt une rénovation acoustique. Les quatre salles ouvriront leur saison simultanément avec le festival Virevolte, entre les 10 et 13 septembre. « Une itinérance festive pour danser la fin de l’été », résume Marion Bayol, responsable de la communication et de la billetterie. Le « leitmotiv de la danse » chevillé au corps, c’est un « plateau 100% féminin et queer », assuré par Sororo club, qui lancera le bal au Café Julien mercredi 10 septembre pour une soirée gratuite placée sous le signe de l’électro. Le lendemain, direction la rue Ferrari, au Makeda, où se produira le quintette Sarab « qui mêle rock, jazz moderne et sonorités arabes », puis le trio électro-oriental Bakir. Vendredi 12, au tour de la Meson de faire virevolter le public avec Article 15 « qui crache son flow sur des rythmes afro-punks de Kinshasa à Paris », tandis que l’Espace Julien accueillera Dombrance et son « électro politique disco-pop » ou encore la Dj marseillaise Mystique, aux « sons afros et latinos ».

    Cette première édition de Virevolte augurera définitivement l’automne, le 13 septembre au Théâtre de l’Œuvre, avec une « block party » assurée par les Dj’s avec Ammar 808 ainsi que Youthstar & Rumble du label Chinese Man records. Implanté depuis près d’un siècle rue Mission de France, ce théâtre à l’italienne du quartier Belsunce connaîtra bientôt sa « réhabilitation totale », expose son directeur, Dro Kilndjian. « La salle de spectacle permettra de faire du assis-debout pour le public, toujours dans cet esprit baroque. » 1 200 m² et quatre niveaux dédiés aux résidences d’artistes, à l’action culturelle, aux services généraux et bien évidemment aux spectacles. « Les travaux vont démarrer au printemps 2026. On rouvrira 14 mois après », espère cet homme à la tête d’un théâtre « de proximité » qui assurera « 43 levers de rideaux entre septembre et décembre », parmi lesquels ceux de Kepa, « à la croisée de la surf music et du cinéma » ou de « la voix de la nouvelle scène folk française » Claire Days.

  • « La scène est une tribune super puissante »

    « La scène est une tribune super puissante »

    La Marseillaise : Vous avez démarré l’aventure Terrenoire en 2017. Depuis, un EP, deux albums et une Victoire de la Musique de la révélation masculine de l’année en 2022. Comment expliquez-vous ce succès ?

    Terrenoire : Le fait qu’on travaille entre frères, permet d’avancer avec plus de sérénité. Le déplacement de Saint-Étienne vers Paris nous a aussi permis de nous professionnaliser, de nouer des accroches avec l’industrie musicale. Et puis on voulait que ça marche, vivre de notre métier. On a gravi les échelons petit à petit, pris du plaisir à travers ce travail, en se disant que la musique est un métier d’artisanat, et qu’il fallait travailler le geste, la structuration, l’entourage, tout ce qu’il y a autour, au même titre que la musique elle-même.

    Votre musique, à la croisée des chemins entre la pop, l’électro, la variété et la musique urbaine, est assez inclassable. Comment la définiriez-vous ?

    Terrenoire : En 7 ans c’est une question à laquelle on n’a pas encore répondu ! Ce qui est sûr, c’est qu’on fait des chansons, puisqu’on a du texte et de la mélodie. Il y a plein de références aux musiques de film, instrumentales, des musiques très impressionnistes que Théo [qui s’occupe de la production, Raphaël du chant, Ndlr] va apporter avec sa sensibilité. On a des influences variées, parmi lesquelles Frank Ocean, Blood Orange… On a des textes un peu bizarres mais on aime que ce soit assez percutant, concret, que ça s’adresse directement à l’oreille. Il y a un lien entre cet aspect très concret, immédiat, et à la fois une sophistication artistique qui fait qu’on passe beaucoup de temps en studio. On essaye d’être accessible en gardant du mystère.

    Après l’EP « Terrenoire » en 2018, l’album « Les Forces contraires » en 2020, vous avez sorti votre troisième album, « Protégé.e », en 2025. Qu’avez-vous voulu évoquer avec cet album ?

    Terrenoire : C’est un album qui se veut préoccupé par l’état du monde. C’est un peu un sismographe : prendre le pouls de l’époque, sentir ce qui était là quand on l’a écrit, ce qui allait advenir politiquement, sociétalement et intimement. De nouvelles choses changent l’état du monde tous les trois mois. L’idée était d’avoir un album qui ait des sortes d’antennes pour sentir cela. Le titre évoque l’idée de protéger, que la musique protège. Et à la fois, sentir qu’il y a un autre type de protection, comme si les nations se refermaient sur elles-mêmes. Il y a un jeu d’ambivalence dans ce titre. On a essayé d’y mettre plein de choses différentes : de la joie, de la légèreté, du souci… C’est à travers cette tension qu’on fabrique nos chansons.

    Il y a des morceaux à la tonalité politique assumée, tels que « Le fou dans la voiture », qui parle des dérives droitières du président Macron. Vous avez aussi entonné des chants antifascistes lors de plusieurs concerts. Cet engagement a-t-il toujours fait partie de votre œuvre ?

    Terrenoire : Les chants, ce sont les gens qui les font naturellement. C’est la magie des réseaux sociaux, sur lesquels ils ont vu que ces chants avaient été entonnés lors d’un de nos concerts à Paris. Ils deviennent des moyens de se donner de la force, de rester concernés par ces choses qui nous inquiètent. Sur notre premier EP, il y avait un titre qui s’appelait Allons là-bas, qui traitait d’une sorte d’impuissance masculine, et qui se dirigeait vers Bachar Al-Assad. C’était plus à distance par rapport au Fou dans la voiture. On a pris ce tournant par rapport au sentiment d’urgence. L’accélération des idées xénophobes s’observe à travers le monde. On revient à des temps qu’on pensait derrière nous. Dire clairement les choses, c’est une manière de se relier aux gens, de leur dire qu’ils ne sont pas seuls à penser ça. Qu’on ne va pas avoir peur. La scène a ce pouvoir-là, c’est une tribune super puissante. Ça nous permet de sortir de cette neutralité dans laquelle on met les artistes, qu’on trouve très étrange, et de se rapprocher d’autres artistes, car on a besoin de ces réseaux de solidarité.

    Pour la tournée de ce dernier album, vous réalisez des médiations culturelles avec les populations locales. En quoi cela consiste ?

    Terrenoire : L’idée était de casser le sens de la tournée qui s’est industrialisée et fait partie d’un business. On le fait car c’était difficile de se connecter au public, de profiter de la richesse immense que peut être le voyage. Cette idée de médiation culturelle vient d’ici : rencontrer les gens, mettre en valeur la singularité d’un territoire. On le fait à travers des exercices d’écriture, de la chorale… On arrive en début de semaine, on travaille avec les écoles, les centres sociaux, les seniors, pour créer des choses ensemble. Et le jour du concert, on fait une restitution sur scène avec les participants. On ne pourra pas reproduire l’expérience à Marseille cette année, mais c’est ici, au festival « Avec le Temps », que l’artiste Fred Nevché nous y a initiés l’année dernière. On avait monté un spectacle avec des enfants d’une école primaire du quartier de la Busserine.

    Justement, que représente pour vous cette ville de Marseille ?

    Terrenoire : C’est assez similaire à Saint-Étienne. Le foot y est la religion. Ce sont des villes populaires avec beaucoup d’immigration, un sens commun de l’hospitalité. On y a passé beaucoup de temps, on la connaît bien, on y a beaucoup d’amis et on s’y sent bien. C’est une ville singulière, véritable, ce n’est pas Paris ! Ça fait du bien d’y aller, ça va être un super concert.

  • Fromages et bêtes de scène pour se friser la moustache

    Fromages et bêtes de scène pour se friser la moustache

    Deux ans de préparation, une météo capricieuse, 15 000 festivaliers et une grosse fiesta… en 2024 la première édition du Super moustache festival a été un baptême du feu réussi pour le groupe Deluxe qui s’essayait à l’organisation. « On a beaucoup appris, on a tous grandi humainement », confie la chanteuse Liliboy. Cette année, les moustachus aixois reviennent avec une programmation célébrant un peu plus encore la musique live dans toute sa puissance.

    Sur scène dans le complexe du Val de l’Arc, que du vivant, et pour commencer trois victoires de la musique 2025 : Santa, ex-Hyphen Hyphen, une « véritable bête de scène » ; Solann, une « sorcière moderne et mystique » et Yoa, « une jeune artiste qui déchire tout avec un spectacle très chorégraphié ». La Femme, « ovni pop », Zoufris Maracas, « parce que c’est bon de pleurer en dansant » et le groupe rock psyché Ko Ko Mo, complètent l’affiche où figure aussi L’Entourloop qui promet une clôture festive tout en dub et drum’n’bass. Leur point commun ? « Des shows qui se vivent, qui se regardent, qui se célèbrent », résume Liliboy.

    Énergie et cohésion

    À domicile, Deluxe jouera deux fois : un set acoustique le vendredi, inspiré de leurs concerts de rue donnés au printemps, et un « full show » le samedi. « On a sorti un nouvel album en avril, ce sera un spectacle entièrement nouveau » précise-t-elle. « En avril, mai pour sa sortie on est allé le jouer dans la rue dans neuf villes, là où tout a commencé à faire sens, là où on a appris la scène et notre métier, sans se cacher derrière un show lumière ».

    Parmi ces concerts, celui donné à Paris, dans un carrousel après avoir été refoulé du centre Pompidou a marqué les esprits : « Il y avait encore moins d’instruments que de musiciens et pourtant, on nous en parle comme quelque chose d’incroyable. La rue, c’est une façon de se rappeler que le plus important, c’est l’énergie et la cohésion sur scène. » assure la chanteuse du groupe.

    Et comme en 2024, l’ambiance sera costumée. Liliboy, elle, sera grimée cette année en princesse fromage : « J’aurai des boucles d’oreilles de fromage, un chapeau-fromage, une robe fromage. Il sera possible, peut-être, de manger des morceaux de mes boucles d’oreilles… Mais pas tout d’un coup ». Ambiance gourmande, moustachue et festive, bien sûr.

    Super Moustache Festival 2025, 12 et 13 septembre (17h à 1h), Val de l’Arc, Aix-en-Provence. supermoustachefestival.com

  • Les derniers jours du design à Noailles

    Les derniers jours du design à Noailles

    Le Festival international du design est devenu, depuis sa création en 2006 par Jean-Pierre Blanc, ancien directeur artistique de la Villa Noailles, une institution ayant largement dépassé ses propres murs, en même temps que les frontières, dont l’art ne fait pas grand cas. Lancé avec l’ambition de partager la création contemporaine dans le domaine du design, tant avec le public qu’avec les professionnels, il est le théâtre d’un prestigieux concours, point d’orgue de l’événement. Celui-ci permet chaque année de faire découvrir le travail d’une dizaine de jeunes designers, qui bénéficient d’une exposition et d’un accompagnement de choix.

    Dix ans après, en 2016, naît le « petit frère » du festival : le Festival international d’architecture d’intérieur, autour duquel est également organisé, lors du même week-end (cette année, du 26 au 28 juin), un concours réunissant une dizaine de jeunes architectes sélectionnés par un jury international de prestige. Contrairement à son aîné, celui-ci n’a pas lieu à la Villa Noailles, mais à l’ancien évêché de Toulon. Mais les deux événements ne font qu’un, et se regroupent sous la bannière de la Design Parade.

    Des œuvres réflectives

    Si les expositions du second se poursuivent jusqu’au 1er novembre, ce week-end marque le clap de fin pour le Festival international du design. Elles seront démontées dès le 8 septembre pour laisser place aux expositions du 40e Festival international de mode, de photographie et d’accessoires, du 16 au 18 octobre.

    Il s’agit donc du dernier week-end pour découvrir le travail des dix exposants. Parmi lesquels Simon Dupety, lauréat du Grand Prix du Jury, et sa série « Unindustrial Functional Object », qui explore une tension entre le naturel et l’industriel à travers une réflexion sur l’avenir des objets du quotidien mêlant glands, profilés d’aluminium et leds. Avec une question : peut-on imaginer une production technique qui sacralise le vivant au lieu de l’écraser ? Également à découvrir, les travaux du Danois Johan Karrebæk Thun (Prix Tectona), ou encore ceux de Kelly Eng et Marie Piplard (Prix du public et Mention spéciale du jury). Autant de découvertes qui laissent à voir et à penser.

    Ouvert de 14h à 19h, tarifs et informations sur Villanoailles.com

  • L’œuvre d’Otto Preminger, cinéaste en or, projetée à Aix

    L’œuvre d’Otto Preminger, cinéaste en or, projetée à Aix

    De Billy Wilder à Michael Curtiz, nombreux sont les réalisateurs européens exilés aux États-Unis qui ont contribué à forger la légende de Hollywood, tout en bouleversant les codes de cette industrie. Otto Preminger (1905-1986), dont l’œuvre fait l’objet d’un cycle initié par l’Institut de l’image à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence jusqu’au 28 septembre, une partie des bâtiments de la bibliothèque Méjanes étant fermée pour travaux, ne fait pas exception à la règle.

    Né au début du XXe siècle au sein de l’Empire austro-hongrois, dans l’Ukraine actuelle, ce cinéaste réputé tyrannique sur les plateaux montre d’emblée sa force de caractère au pays de l’oncle Sam, où il débarque en 1934. Comme l’a fait remarquer la critique de cinéma Murielle Joudet, lors d’une rétrospective qui lui a été dédiée fin 2024 à la Cinémathèque française, Otto Preminger « inaugure sa carrière par un faux départ qui donne la note : après avoir réalisé deux films sans encombre, il tente d’infléchir le scénario d’une adaptation de Stevenson sans en rendre compte à son producteur, Darryl Zanuck. Après une dispute orageuse, le réalisateur encore sous contrat est empêché de travailler et s’exile à New York où il se fait producteur de théâtre ».

    Pourfendeur de styles

    La critique développe encore: « en 1939, il produit la pièce Margin for Error, la Fox cherche à en acquérir les droits et lui propose de reprendre le rôle du nazi. Il pose une seule condition : jouer et réaliser le film ». Un pouvoir de persuasion qui lui vaut une seconde chance à Hollywood, augurant d’une œuvre inclassable et de pépites que l’amphithéâtre de l’École supérieure d’art d’Aix projettera à de multiples reprises. Parmi ses « titres incontournables », relève-t-on du côté de l’Institut de l’image d’Aix, L’homme au bras d’or (1955) à travers lequel Otto Preminger « brave le code Hays », code de production tout autant qu’ordre moral alors en vigueur à Hollywood, fruit du lobbying des ligues de vertus catholiques qui interdit de représenter le sexe ou la toxicomanie à l’écran. « L’un des plus grands rôles de Frank Sinatra », qui prête ses traits à Frankie Machine, ancien héroïnomane voulant devenir batteur de jazz. Un bijou sonore et visuel, « premier film » de cette période à « évoquer l’enfer de la drogue, avec un réalisme violent. Preminger rue dans les brancards contre la censure, démissionne de l’Association des producteurs et revendique son indépendance ».

    Tout au long de sa filmographie, Otto Preminger parvient à exceller sur les genres du film noir (Marc Dixon détective) comme de la comédie (La lune était bleue). Un caméléon qui posa même son empreinte sur le western avec Rivière sans retour (1954) « avec le couple mythique Marilyn Monroe – Robert Mitchum ».

  • 20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    Voilà 20 ans, cette année, que le festival Arabesques, porté par l’association Uni’sons, implantée au cœur du quartier populaire de la Paillade, invite à une immersion dans les arts du monde arabe, célébrés dans toute leur diversité. La musique, bien sûr, de la pure scène traditionnelle à la scène contemporaine, mais aussi le théâtre, les contes, la danse ou encore l’humour… Un véritable plaidoyer, porteur « de toutes les valeurs autour de la transmission, du rassemblement, de la coexistence pacifique. Montrer que c’est possible, que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », résume Habib Dechraoui.

    « Quand on a créé Arabesques, le but était de travailler pour les gens qui sont le plus éloignés de la culture. Car je reste persuadé que ce sont eux qui en ont le plus besoin », confie le directeur de ce festival qui reste très peu cher comparé aux manifestations du même acabit. Tout le travail de médiation, de lien opéré par Uni’sons durant toutes ces années a porté ses fruits. « Je pense que nous sommes le festival le plus mixte en termes de public », assure Haboib Dechraoui. La médina éphémère d’Arabesques, cœur battant du festival niché sous les pins du domaine d’O, « est à l’image de la société actuelle. Un public mixte, jeune, âgé, familial… Ça, ça se travaille, ça se monte avec des convictions », insiste-t-il.

    Oum Khaltoum et Rachid Taha

    Cette 20e édition « sera marquée par la gratitude, la transmission et l’audace ». La gratitude envers ces artistes fidèles, amis du festival : Dhafer Youssef, l’Orchestre national de Barbès, Natacha Atlas, Hervé Koubi, Orange Blossom, Le Comte de Bouderbala, Jihad Darwiche, Labess…

    La transmission, elle, prendra la forme de deux hommages. Le premier sera dédié à Oum Kalthoum, « la plus grande icône de la musique arabe », dont 2025 marque les 50 ans de la disparition. Pas moins de cinq rendez-vous lui seront consacrés, notamment en ouverture du festival le 9 septembre à l’opéra Comédie, avec la chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani et le lendemain, 10 septembre au même endroit, à travers cette fois un spectacle dansé. À noter également, le 20 septembre au théâtre Jean-Claude Carrière, l’hommage du groupe Love and Revenge, qui présentera un projet autour de Oum Khaltoum.

    L’autre grande figure mise à l’honneur est Rachid Taha, « le défricheur, le transgressif, le rockeur made in Casbah ». Un grand concert-création lui est consacré (13 septembre, amphi d’O), qui réunira son ami rockeur Rodolphe Burger et le « Couscous clan », comme Rachid Taha aimait à appeler ses musiciens (Justin Adams, Sofiane Saidi, Yousra Mansour, Hakim Hamadouche, Franck Mantegari, Kenzi Bourras…)

    Après un focus Palestine l’an dernier, Arabesques a choisi, cette année, de mettre en lumière l’effervescence de la scène artistique marocaine, en partenariat avec la fondation Hiba. « Pas moins de 10 groupes marocains figurent dans la programmation », indique Habib Dechraoui. La nouvelle scène y est bien représentée, à découvrir notamment lors de la soirée Arabesques Sound System organisée le 11 septembre sur le toit du Corum. Najat Aâtabou, diva de la musique chaâbi marocaine, donnera un concert exceptionnel pour les 20 ans d‘Arabesques le 14 septembre à l’amphithéâtre d’O. À ne pas manquer non plus, toujours dans ce focus Maroc, le cabaret des Cheikhats (14 septembre, théâtre Jean-Claude Carrière), « des hommes en robe, maquillés comme des divas, qui revisitent le répertoire de ces femmes libres mais marginalisées, qui dénoncent les injustices et offrent l’ivresse des chants et des danses du patrimoine populaire marocain. Un hommage plein d’aplomb, qui brise des tabous toujours vivaces. »

    Cette édition anniversaire sera également l’occasion de découvrir en avant-première plusieurs nouveaux albums : celui du maître du oud, vocaliste et compositeur Dhafer Youssef (19 septembre, amphithéâtre d’O) ; celui de la chanteuse égypto-anglaise Natacha Atlas, qu’elle présentera à l’issue d’une résidence d’une semaine au domaine d‘O (12 septembre théâtre JC Carrière) ; celui du chanteur Labess, qui propose, avec son groupe aux origines multiples, une sorte de gypsy-chaâbi (21 septembre théâtre JC Carrière) ; enfin celui de l’Orchestre national de Barbès, qui fête cette année ses 30 ans et se produira en clôture du festival (21 septembre, amphi d’O). En tout, une bonne centaine d’artistes sont attendus pour célébrer, à rebours des cloisonnements, le lien, le partage, la diversité.

  • Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    « Un événement pour celles et ceux qui ont envie d’agir, sans toujours savoir par où commencer. » C’est la promesse du So Good Maif Festival qui revient pour sa 3e édition à Friche la Belle de Mai à Marseille (3e) les 11 et 12 septembre. Imaginé à Marseille par le journal indépendant So Good et la mutuelle Maif, il avait déjà rassemblé 8 000 personnes l’année dernière.

    Podcast, jeux, spectacles et concerts… Le festival veut allier engagements et festivités. Après la journée du jeudi dédiée aux professionnels, le festival ouvre ses portes au grand public vendredi à partir de 14h. Entre gestion des mégots de cigarettes, bénéfices de la réparation et roue pour déconstruire les clichés, les sujets abordés seront divers. Un parcours pour les jeunes a aussi été mis en place. Surnommé « Passe-Muraille », il a été créé avec des associations des quartiers prioritaires de la ville pour offrir l’accès au festival à 300 jeunes et leur proposer des ateliers. Un moyen de « permettre à ces jeunes-là, de se sentir inclus dans le projet que sont la Friche et ce festival », explique le président du festival Hamid Hassani.

    Une journée de réflexion et de débat qui continue sur le rooftop de la Friche avec un one man show de l’humoriste Hakim Jemili, pour redonner l’envie d’agir avec le rire. Le spectacle sera suivi d’une soirée de concerts, avec notamment Terrenoire, Noga Erez, Nous étions une armée ou encore le rappeur marseillais Missan, « des artistes engagés avec une visibilité sur le territoire », précise le président.

    Le succès du festival, né à Marseille il y a trois ans, lui a permis de s’exporter à Lyon et à Nantes pour la première fois cette année. Les dernières places pour participer à la journée ou à la soirée du vendredi sont encore disponibles sur le site du festival.

  • Trois soirées de concerts au Port-Vieux de La Ciotat

    Trois soirées de concerts au Port-Vieux de La Ciotat

    Le festival Ici Live revient pour une quatrième édition avec une programmation généreuse ! Un rendez-vous ancré dans les habitudes des auditeurs et des habitants de La Ciotat, explique Eric Sorek, directeur d’Ici Provence (anciennement France Bleue). Mais ce festival pour lui, « c’est surtout l’occasion de remercier les auditeurs ! »

    Chaque soirée sera composée de deux concerts qui se tiendront sur une scène flottante installée sur le plan d’eau du Port-Vieux, un cadre idyllique pour profiter d’une des dernières soirées de l’été. Le site sera ouvert à partir de 19h et les concerts débuteront chaque soir à 20h30. Le festival est organisé par Ici Provence en partenariat avec la Ville et l’office du tourisme.

    Une soirée populaire

    Comme l’explique Eric Sorek, Ici Provence a préparé « une programmation musicale populaire à destination du plus grand nombre ». En famille ou entre amis, pour les jeunes et les moins jeunes, des artistes de tous les horizons pour permettre à tout le monde de profiter. Le but du festival, « montrer le panel de ce que la programmation musicale d’Ici Provence propose » mais « surtout, de passer un bon moment ! »

    Le festival s’ouvre jeudi 4 avec un artiste local qui avait été révélé dans l’émission The Voice en 2024, Odem. Le chanteur corso-marseillais plongera le public dans son univers pop rock, mélangeant compositions personnelles et reprises de grands titres de la chanson française. La soirée continuera avec une figure du rock installée depuis près de 50 ans dans le paysage musical français, Jean-Louis Aubert, ex-leader emblématique de Téléphone.

    Les festivités continuent le vendredi 5 avec en ouverture Dany Brillant, artiste à succès depuis les années 90. En deuxième partie de soirée, DJ One-T remontera le temps pour proposer un set issu des années 2000. Le duo, composé de Thomas Pieds et Eddy Gronfier, mélange les ambiances entre musiques électroniques, pop et hip-hop. Le festival se terminera samedi 6 avec deux artistes féminines. C’est Sylveto qui ouvrira le bal, une artiste qui transforme les préoccupations du quotidien en chansons poétiques. Enfin, c’est Zaz qui fera la clôture des trois jours de festival. Depuis son titre à succès Je veux en 2010, Zaz a conquis le public qu’elle honore en offrant de véritables performances sur scène !

    Si les places sont gratuites, elles sont en revanche limitées. Le festival étant victime de son succès, l’office de tourisme a déjà écoulé ses stocks de places. Il est encore possible d’en obtenir par tirage au sort en écoutant Ici Provence. Un rendez-vous pour les amateurs de musique qui s’annonce bien dansant à La Ciotat !

    Port-Vieux, du 4 au 6 septembre,

    à partir de 20h30, écouter Ici Provence pour avoir une place.

  • Une belle édition et une polémique pour le Delta

    Une belle édition et une polémique pour le Delta

    Ce dimanche, les plages du Prado ont vibré une dernière fois au rythme du Delta Festival, qui a réuni des dizaines de milliers de festivaliers sur cinq jours. Pour cette 11e édition, la diversité musicale était de mise du reggae engagé avec Danakil, aux beats électros de Kavinsky, en passant par le rap marseillais de Zamdane et les sets envoûtants de Nina Kraviz et Tars.

    S’il n’a pas été durement impacté par la météo, le Delta festival s’est payé cette année une polémique en confiant une partie de l’organisation du Monde des possibles, un espace où la jeunesse présente au festival « peut s’informer, s’engager, et agir concrètement », au média Le Crayon, financé par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin.

    « Toutes nos conférences, y compris celles animées par le média Le Crayon, répondent à un cahier des charges fondé sur les valeurs du Forum : pas d’extrême droite, pas de xénophobie, mais la promotion du partage, du vivre-ensemble et du débat démocratique », s’est défendue l’organisation interpellée sur les réseaux sociaux par le sociologue marseillais Kévin Vacher.

    L’interpellation du militant du collectif du 5 novembre a suscité la réaction d’élus de gauche de la municipalité, partenaire du festival. « En effet il n’y a pas de place pour ces idées. Merci pour l’info », a réagi le maire (DVG), Benoît Payan, tandis qu’Hervé Menchon, adjoint en charge du littoral pressait le Delta festival de s’expliquer, arguant : « Le monde de Stérin n’est pas possible… »