Category: culture

  • Cultures du Cœur fête ses 25 ans d’engagement solidaire

    Cultures du Cœur fête ses 25 ans d’engagement solidaire

    Un quart de siècle. L’association Cultures du Cœur 13, engagée dans la lutte contre l’exclusion sociale par la culture, a fêté jeudi soir son 25e anniversaire à la Cité de la musique (1er). Le temps d’une soirée, bénévoles et partenaires de l’association ont pu se retrouver pour célébrer le travail accompli depuis sa création et découvrir l’exposition photographique « 25 portraits : 25 ans de solidarité culturelle », installée spécialement pour cet anniversaire.

    La culture comme vecteur d’inclusion

    À travers une série de portraits accrochés sur les murs de la Cité de la musique, le photographe vénézuélien Emilio Guzman met en avant les personnes qui font vivre l’association au quotidien. « Cultures du Cœur m’a apporté de la confiance en moi, de la solidarité », « ça m’a donné envie de m’ouvrir aux autres », « sans cette association, nous n’aurions jamais osé franchir les portes de l’Opéra, qui nous paraissait inaccessible », lit-on sur les cartels placés sous les différents portraits des bénéficiaires. Les bénévoles et professionnels de la culture et de l’accompagnement social, de leur côté, soulignent la « profonde humanité » qui émane de ce projet.

    « Pour moi, l’accès à la culture est aussi important que l’éducation », déclare Béatrice Bertrand, présidente de Cultures du Cœur 13, en rappelant que, selon la loi de 1998 relative à la lutte contre les exclusions, l’accès à la culture est un droit fondamental pour tout citoyen. Depuis sa création à Marseille en 2000, l’association met en relation des structures sociales et des organismes culturels, pour proposer chaque année près de 30 000 invitations à des personnes et des familles en situation d’exclusion.

    Un travail collectif

    Les accompagnants, qui connaissent bien les barrières d’ordre économique, social, de mobilité, ou encore de santé, pouvant s’opposer à l’accès à la culture, cherchent avant tout à créer une certaine « autonomie » chez les personnes accompagnées, précise Béatrice Bertrand.

    À travers ses nombreux partenariats, l’association œuvre pour adapter au mieux son programme d’offres à la demande des publics. Spectacles, visites, ateliers d’écriture, cours de danse ou encore pratique de la photographie : il y en a pour tous les profils. « Ce qui nous intéresse, c’est de toucher l’individu, de l’aider à développer un esprit critique », précise la présidente, qui conclut en soulignant que « ce projet, est le résultat d’un travail collectif et de convictions communes ».

    Pour découvrir les portraits réalisés par Emilio Guzman, rendez-vous jusqu’au 30 septembre à la Cité de la musique.

  • Les horizons féministes du cinéma espagnol à Marseille

    Les horizons féministes du cinéma espagnol à Marseille

    « Ce qui est paradoxal dans le cinéma espagnol, c’est que le grand réalisateur féministe est un homme depuis les années 1980, et qu’il a créé la femme espagnole au bord de la crise de nerfs, personnage devenu très populaire en France et dans le monde », amorce dans un rire presque jaune, la réalisatrice et scénariste chevronnée Marcia Romano, Pedro Almodovar en tête. « Mais parallèlement, a commencé à sortir de terre une autre cinématographie réalisée par des femmes qui racontent une autre histoire avec un regard féminin », explique cette marseillo-argentine, bénévole du festival de cinéma espagnol CineHorizontes, dont la 24e édition investit du 7 au 18 octobre des salles marseillaises comme Le Prado, Les Variétés, la Baleine, l’Artplexe, le Chambord et l’Alhambra.

    Illustration suprême avec un « hommage » à Iciar Bollain, marraine de la manifestation, qui y dispensera une « masterclass ». Cinq films de cette réalisatrice majeure de la péninsule ibérique seront également projetés, parmi lesquels Te doy mis ojos (2003), autour des violences conjugales subies par une femme qui va finir par s’épanouir loin de son mari colérique, et son dernier film, Soy Nevenka (2024), d’après l’histoire de Nevenka Fernandez, conseillère municipale qui s’était révoltée en 2000 contre le harcèlement sexuel d’un maire aux dents longue, au prix d’une mise à l’index de son entourage. La préfiguration du mouvement #Metoo, bien avant son retentissement.

    « No pasaran ! »

    Une cinquantaine de films jalonne le programme de CineHorizontes. Avec des œuvres, dans la compétition Fiction, qui plongent dans la grande histoire comme dans « les histoires intimes », situe Bernard Bessière, membre de l’équipe du festival. Au menu notamment, La infiltrada, de Arantxa Echevarria, qui « décrit le cas authentique d’une jeune policière, à qui sa hiérarchie avait confié la mission d’infiltrer l’ETA, mouvement terroriste basque ayant causé jusqu’en 2011, moment où il a déposé les armes, 85 assassinats et 1 200 blessés ». Ou encore de Sorda, dans lequel Eva Libertad – qui participera par ailleurs à Marseille à la table ronde « Quand les femmes s’emparent de la caméra » – « décrit les tourments d’une jeune mère sourde, angoissée par la perspective d’avoir un enfant bien entendant ». La compétition documentaire permettra quant à elle, entre autres, de se remémorer, avec Dolores Ibarruri, Pasionaria, le courage de cette figure majeure du Parti communiste espagnol entre les années 1940 et 1980, à laquelle le fameux slogan antifranquiste et pro-républicain « No pasaran ! » est associé. Et que dire encore de la « fenêtre argentine » proposée par CineHorizontes, avec la diffusion de Reas, de Lola Arias, elle qui « met en scène des détenues d’une prison de Buenos Aires qui rejouent leur détention en musique », résume Marcia Romano.

  • À Actoral, Lia Rodrigues transperce les frontières

    À Actoral, Lia Rodrigues transperce les frontières

    Après son ouverture mercredi au Théâtre des Calanques avec Puff, d’Alice Ripoll et Hiltinho Fantastico, la 25e édition du festival Actoral poursuit son tropisme brésilien en invitant la chorégraphe Lia Rodrigues samedi 27 et dimanche 28 septembre au Théâtre Joliette. Elle célèbre à cette occasion les 35 ans de sa compagnie avec Borda, mot revêtant aussi bien le sens de frontière que de rêve et fantasme, spectacle qui « fait renaître sur scène des costumes et des objets d’archives issus de ses spectacles emblématiques », indique le programme. « Avec la notion de fête, de réunion et de partage », précise Hubert Colas directeur d’Actoral.

    Casser la « borda »

    « Lia Rodrigues a créé en 2009 un centre d’art avec l’ONG Redes dans la favela de Maré, l’une des plus grandes de Rio de Janeiro avec 100 000 habitants. Comme il n’y avait pas de services publics, elle a pris le relais du pouvoir dans le quartier », situe Nathalie Huerta. La directrice du Théâtre Joliette développe avec admiration : « Les habitants se sont approprié ce lieu où il y a une école de danse, un accompagnement vers un diplôme en université. Et en parallèle, quand elle montre ses spectacles dans le centre d’art, c’est le tout Copacabana qui se presse dans la favela, alors que les gens du centre-ville n’y mettent jamais les pieds d’habitude. Et cela, malgré la présence des trafiquants et de l’armée qui tirent. »

    P.A.
  • « Notre majorité n’a laissé aucun artiste à l’abandon »

    « Notre majorité n’a laissé aucun artiste à l’abandon »

    La Marseillaise : Alors que les élections municipales se profilent, la droite locale et sa candidate officielle s’agitent de plus en plus, invectivent et se rapprochent de certaines positions de l’extrême droite. Comment l’analysez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : Cela participe de l’appauvrissement du débat politique auquel on assiste depuis quelques années. Je considère qu’il n’y a hélas plus de débat politique, de confrontation d’idées. C’est devenu de la communication. Plus les mots sont blessants et haineux, plus les gens se disent que ça va faire du buzz. Une spirale du déclin s’organise. Il ne faut pas s’étonner ensuite si les insultes et agressions, qui peuvent être aussi parfois physiques, prennent le dessus car elles sont libérées par ceux qui sont censés donner l’exemple. On rentre dans une campagne électorale et on a intérêt à ce que les gens puissent se déterminer sur des questions de fond. On peut être critiqué, mais je ne supporte pas les critiques injustifiées. On ne rattrape pas en 6 ans ce qui n’a pas été fait en 25 ans, voire même plus. Chacun doit balayer devant sa porte : je pense à la droite, en responsabilité à la Région, au Département et à la Métropole.

    Les héritiers politiques de Gaudin, qui ont décousu la ville pendant 25 ans, se représentent face au Printemps marseillais. Ils gardent un pouvoir de nuisance comme a pu le montrer le torpillage par la Région de la Cité du cinéma au Dock des Suds, puis l’expulsion de l’association Latinissimo, organisatrice de la Fiesta des Suds, par Euroméditerranée…

    J.-M.C. : D’abord, je tiens à signaler que, quand on est arrivé en responsabilité il y a 5 ans, il a fallu diagnostiquer des lieux culturels, propriété de la Ville, mais qui avaient été abandonnés. Aujourd’hui, on en a réparé et modernisé bon nombre. Et je suis aussi fier de faire partie d’une majorité qui n’a laissé aucun artiste à l’abandon. Il y a eu une avalanche de gens chassés de leurs lieux car ils se trouvaient chez des propriétaires privés : que ce soit Montevideo avec Hubert Colas, aujourd’hui à La Cômerie, et qu’on aide à s’approprier le Daki Ling, ou le Nomad’ Café, chassé du boulevard de Briançon et qui va atterrir à la Plateforme en attendant d’être logé au Moulin, que la Ville vient d’acquérir. Pour la scène de musiques actuelles du Moulin, on vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour trouver un opérateur qui va le gérer sur 5 ans. On pourrait aussi parler du cinéma Le César qui aurait pu devenir un fast-food. Et bien non. On a préempté le fonds de commerce et on a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour qu’il reste un lieu de culture. On est fiers du travail accompli. Vous me parliez du plan cinéma : comment une collectivité comme la Ville de Marseille, qui n’a aucune compétence en cinéma, si ce n’est celle de l’accueil des tournages, est arrivée à dynamiser le cinéma ? Pourtant, des collectivités comme la Région nous ont mis des bâtons dans les roues, elle qui devrait plutôt œuvrer a plus de dynamisme. La Région a pris le dossier maîtrise d’œuvre pour la Cité du cinéma au Dock et elle s’est ensuite dédit en priorisant les JO d’hiver. Mais je pense qu’en fait, la Région nourrissait l’arrière-pensée de planter complètement ces projets. Mais comme nous sommes persévérants, on a décidé d’installer la CinéFabrique à la Friche Belle de Mai et l’antenne de la Cinémathèque française à La Plateforme fin 2026. Ça redonne vie à ce quartier [Les Crottes, Ndlr.] qui était auparavant laissé à l’abandon. Et en ce qui concerne le Dock des Suds, heureusement qu’on a affirmé qu’il devait rester un lieu culturel pour que La Plateforme puisse l’occuper en attendant la fin de ses travaux. Et au-delà, mon souhait, c’est que la Ville puisse préempter le Dock pour garantir une vocation artistique et culturelle.

    L’un de vos gros chantiers a concerné les bibliothèques, dont les agents étaient livrés à eux-mêmes. La CGT a salué un retour du dialogue social et de l’esprit du service public mais aussi déploré la lenteur du plan de recrutement…

    J.-M.C. : On revient de très loin car non seulement il manquait des agents, mais ceux qui partaient à la retraite depuis 2017 n’étaient plus remplacés. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ensuite, il a fallu changer l’organisation. On a eu la chance de recruter une directrice qui gère l’ensemble du réseau. Et pour la première fois depuis 20 ans, on a eu un directeur à l’Alcazar. Deux cadres d’une qualification incroyable qui portent beaucoup d’attention aux agents. On a retrouvé de la motivation pour la lecture publique. Aujourd’hui, 280 agents travaillent dans le réseau. Quand je suis arrivé, on était autour de 220 [le réseau nécessiterait 320 agents pour un bon fonctionnement , ndrl]. Il y a aussi moins d’agents en maladie. Avant, les gens étaient stressés, en burn-out. Il y en a beaucoup moins désormais.

    Agents et habitants saluent vos efforts, même si la situation est loin d’être parfaite avec des fermetures ponctuelles et des horaires parfois insuffisants. Faut-il voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ?

    J.-M.C. : Si on n’avait pas tenu nos engagements, presque toutes les bibliothèques seraient fermées. Or aujourd’hui, elles sont ouvertes. Même s’il en faudrait plus, il y en a déjà 9, avec des horaires élargis à l’Alcazar. Sans oublier la future Médiathèque Loubon qui ouvrira fin 2026, puis celle de Gèze en 2027 ou 28. Il y a aussi les travaux de rénovation au Merlan et à Saint-André. Après, on se trouve parfois face à des réalités et on essaye toujours de chercher des solutions. Regardez la bibliothèque du Panier. On a hérité de ce lieu avec des écoulements d’eau de la rue. On a fait des travaux et il y a toujours du salpêtre, ce qui met en danger les agents et le public. On s’est mobilisés pour l’abriter à la Vieille Charité, puis on a eu cette aubaine de la Maison diamantée. Même si ce ne sera pas son lieu définitif, on a constaté qu’on n’avait pas perdu les usagers qui venaient au Panier. Et on en a gagné d’autres, comme des personnes âgées, qui avaient du mal à monter les Accoules. Les agents se sont même aperçus que des gens qui habitaient de l’autre côté du Vieux-Port venaient avec le Ferry boat.

    L’instauration de la gratuité pour les expositions permanentes des Musées de Marseille fait-elle partie de vos principales fiertés ?

    J.-M.C. : Il y a d’autres fiertés, mais bien sûr que celle-ci est symbolique, même si la gratuité ne fait pas tout car des gens continuent de s’interdire d’y rentrer. C’est pour cela que je salue le travail des artistes et opérateurs qui permettent d’amener l’art dans la rue. Pour la fréquentation des musées, à la date d’août 2025, nous sommes à 600 000 visiteurs. Sachant qu’on a terminé l’année 2024 à 670 000, cela signifie qu’on arrivera à bien plus. Et n’oublions pas non plus que 600 000 personnes ont assisté aux propositions de l’Été marseillais.

    Et quid de la réouverture du Mémorial de La Marseillaise ?

    J.-M.C. : Le paradoxe, c’est qu’on a fait les investissements et travaux. Le mémorial en lui-même est prêt à accueillir. Mais on est contraints de ne pas l’ouvrir à cause d’un bâtiment adjacent en péril imminent. Ce n’est pas pour me défausser, mais voilà encore l’héritage. On se bat pour qu’il ne le soit plus. Je doute qu’on puisse le rouvrir fin 2025. Peut-être en 2026.

    Qu’en est-il de la situation du Toursky, avec lequel la Ville a été en conflit, avant d’être repris par l’association Scène Méditerranée ? Les personnels y ont constaté des intimidations ces derniers temps…

    J.-M.C. : L’arrivée de Scène Méditerranée [portée par le Théâtre Joliette, la compagnie Dans6T et Les Rencontres à l’échelle] va dynamiser le théâtre mais aussi le quartier. Des inscriptions pour la danse ont déjà commencé et c’est un succès. Petit à petit, cela va s’ouvrir aussi au théâtre et à d’autres disciplines. Au regard de l’histoire récente, ce n’était pas évident que des gens se lancent dans cette aventure. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle la Ville est très présente, en répondant d’abord aux soucis de rénovation et de fonctionnement. Aujourd’hui, il y a aussi un accompagnement dans la sécurisation car des agents sont menacés et agressés. Il y a eu des plaintes. Des gens rôdent autour du théâtre, il y a eu beaucoup de détériorations matérielles, des crevaisons de roues du personnel, un bureau incendié, une explosion devant la porte d’entrée. Ce n’est pas acceptable. Nous, on veut que ce projet réussisse. Il a même une obligation de réussite.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • Au musée Cantini, voir et revoir Giacometti

    Au musée Cantini, voir et revoir Giacometti

    On a joie à le répéter, des médias nationaux comme Télérama, L’Humanité et Connaissance des Arts, un intense bouche à l’oreille en furent l’écho : coproduite par la Fondation Giacometti et les musées de Marseille, l’élégante exposition de l’immense Giacometti est dense et passionnante. Avec tout de même un revers honteux, depuis trop longtemps inadmissible : pas de rampe pour un fauteuil roulant, l’escalier d’entrée de Cantini est en accès impossible !

    On croyait bien connaître le charisme et la mythologie du sculpteur-peintre-dessinateur. Nombreux sont ceux qui ont découvert ses tâtonnements du côté du Surréalisme, ses emprunts aux Égyptiens ainsi qu’aux arts Africains et Océaniens : à propos de l’ultime salle du rez-de-chaussée du musée qui établit les ressources des arts premiers, on salue le dialogue de la conservatrice de Cantini Louise Madinier avec Benoît Martin du Maaoa.

    Après les arts premiers, Baudelaire et Genet

    La fin de partie sera fervente. Pour amplifier les succès de fréquentation déjà enregistrés, le maire Benoît Payan et son adjoint à la Culture Jean-Marc Coppola ont décidé d’offrir, jusqu’au 29, entre jeudi et dimanche, un accès gratuit aux expositions et aux activités annexes du musée Cantini.

    On a souvent étroitement pensé les sculptures de Giacometti comme des figures tragiques de l’homme d’après la Shoah. La programmation de Géraldine Bousquet élargit cette vision. Pendant la soirée de jeudi jusqu’à 20h, avec une jauge de 52 personnes qui réserveront leur place, on assistera à un émouvant montage de textes, silence et musique ; deux acteurs de la Compagnie La Clac, un comédien et un pianiste liront dans le jardin du musée le texte aigu et fraternel de Jean Genet, L’Atelier de Giacometti mis en scène par Mateo Mavromatis. Samedi 11h 30, ce sera « ThéArts », un échange autour du « Spleen » de Baudelaire avec le transfuge Redwane Rajel : cet acteur formé par Olivier Py, Joël Pommerat et Marc Rosmini est l’auteur d’une pièce bientôt jouée aux Bernardines À l’ombre des réverbères. Dimanche 16h, dans la cour qui précède le musée, le performeur Gaëtan Marron transposera sur une toile de cinq mètres de haut le portrait peint par Alberto pour son frère Diego.

  • Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Du 26 septembre au 4 octobre, l’Atelier Rafale (5, rue Pastoret, 13006) se mue en laboratoire artistique avec l’exposition « Taille Unique », imaginée par Jacques de Chabannes, alias J2C, et le collectif Kollectiv Mode. Sous-titrée « C’est pas la taille qui compte », la proposition s’annonce libre et explosive : visages, figures, couleurs débridées, projections brutes… « Ce sont des œuvres assez mixtes, tout ce qui est acrylique, brume, encre, sur des papiers arches, sur divers supports aussi, de toutes les tailles », précise J2C. Une plongée dans un univers où l’excès devient langage et l’interprétation, affaire personnelle.

    Point d’orgue : le vernissage, samedi, avec Joseph Arthur dont les œuvres seront également exposées. Musicien, plasticien, poète, performeur, révélé par Peter Gabriel qui signa son 1er album sur son label Real World, salué par Lou Reed, il a collaboré avec Ben Harper, Jeff Ament (Pearl Jam), ou Michael Stipe (REM). Figure culte de l’underground américain, Joseph Arthur entretient une relation singulière avec la France, où longtemps distribué par Fargo Records, il a fédéré un public fidèle. « C’est un des pays qui l’a le mieux accueilli, musicalement et en termes de ventes », souligne Jacques de Chabannes.

    Trente ans d’amitié

    Et si Marseille fait partie de ces villes où il aime revenir, l’amitié nouée avec J2C depuis 30 ans n’y est pas étrangère. « On s’est rencontrés en 1997, lors de son premier concert au Poste à Galène pour la sortie de son premier album Big City Secrets », raconte le Marseillais qui œuvrait alors sur Radio Grenouille. « Depuis, on n’a jamais cessé d’échanger autour de la musique et de l’art ».

    Programmé au Théâtre de l’Œuvre, à l’automne dernier, Joseph Arthur avait fait un saut à l’Atelier pour une performance intimiste. « Il avait joué et exposé ses œuvres. Melanie, la fille de Peter Gabriel, avait chanté avec lui. »

    Dimanche, il prolongera l’expérience avec une seconde soirée immersive. En ouverture, J2C assurera la première partie dans un clin d’œil plein d’autodérision. Les deux soirées affichent complet : « Ce n’est pas une salle de spectacle, c’est une galerie. L’idée, c’est que les gens soient à l’aise, avec une jauge volontairement réduite ». Mais les œuvres de Joseph Arthur resteront visibles jusqu’au finissage du 4 octobre. Une manière de prolonger cette rencontre entre deux univers qui cohabitent depuis longtemps.

  • What a trip festival : l’invitation au voyage

    What a trip festival : l’invitation au voyage

    « L’objectif est de favoriser l’ouverture au monde et aux autres cultures. Le voyage, sous toutes ses formes, offre l’opportunité de rencontrer l’autre, de comprendre la richesse de ses différences et de cultiver plus de tolérance et de respect. On veut que les gens n’aient pas peur les uns des autres », livre Romain Tarrusson, fondateur du What a trip festival.

    Porté par l’énergie de 350 à 400 bénévoles, ce festival associatif dédié au film de voyage et d’aventure reprend ses quartiers à Montpellier du 22 au 28 septembre, pour une neuvième édition.

    31 projections seront proposées au public à la salle Rabelais* :12 films en compétition officielle, que sera chargé de départager un jury de professionnels présidé par la célèbre alpiniste Catherine Destivelle, seule femme à avoir obtenu le piolet d’or, Graal de l’alpinisme, et 19 autres hors compétition. Des glaciers de l’Arctique aux routes africaines, de la forêt tropicale au désert, ils offrent, au travers d’images à couper le souffle, un véritable panorama du monde.

    31 films, 9 expos, 5 concerts

    Le What a trip festival, c’est également 9 expositions photos réparties dans 5 lieux (maison des relations internationales, salle Pétrarque, place royale du Peyrou et base Alpha à Montpellier, ainsi que galerie des halles de Castries).

    Comme chaque année, le cœur battant du festival se situera sur la place du Peyrou, qui accueillera le village du voyage. Aventuriers et réalisateurs invités y rencontreront le public à travers de nombreuses animations : conférences, ateliers, salon du voyage, librairie du voyage… Les enfants ne seront pas oubliés avec la création, cette année, du « bivouac des juniors », zone où leur seront proposés ateliers et animations.

    Enfin, à partir de 19h jeudi 25, vendredi 26 et samedi 27, des concerts en plein air enflammeront la scène installée devant le temple des eaux de la place royale du Peyrou (5 euros l’entrée, gratuit le jeudi). L’accessibilité est une autre composante de l’ADN de ce festival, dont 80% des activités proposées sont gratuites.

    À noter également cette année, pour favoriser l’inclusion, la gratuité totale pour les personnes accompagnant des personnes en situation de handicap et l’instauration, au sein du village, d’une zone de tranquillité spécialement conçue pour les personnes autistes.

    A.G.

    * Les films peuvent également être regardésen replay du 29 septembre au 8 octobre.

    ** Toute la programmation sur www.watmontpellier.fr

  • La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    Quatre jours pour découvrir la culture gitane et l’histoire de ce peuple à l’origine nomade, qui a traversé des siècles d’histoire et de discriminations. C’est ce que propose le festival international Mosaïque Gipsy Bohème. Portée par l’association du quartier gitan de Montpellier Cap Gély Figuerolles, la manifestation, a été lancée en 2021 pour « fêter la fin du Covid, qui avait fait des ravages dans la communauté gitane ». Forte du succès immédiat de cette première édition, elle s’est ensuite ancrée à la Halle Tropisme, lieu culturel voisin qui « fait le lien entre les bobos et les quartiers populaires », résume Stéphane Hernandez, de l’association Cap Gély Figuerolles.

    « Notre objectif est de faire connaître notre culture et de montrer que les gitans font partie du patrimoine de la ville comme de celui de la France », explique l’organisateur. « On estime que Montpellier accueille la deuxième communauté gitane de France, après Perpignan. » Manitas de Plata, « l’artiste français qui a vendu le plus de disques dans le monde » ou les Gipsy Kings, notamment, ont porté les couleurs de la capitale héraultaise à l’international.

    « On se sert aussi de ce festival pour parler des discriminations que ce peuple a subi durant l’histoire à travers des expositions. C’est un axe important pour nous. On accueille d’ailleurs à chaque édition des scolaires autour de ces expos », poursuit Stéphane Hernandez.

    La rumba catalane célébrée

    Comme chaque année, Cap Gély Figuerolles invite donc, durant 4 jours, à un grand voyage culturel entièrement gratuit, à travers des expositions, des concerts, de la danse, un spectacle équestre, des conférences…

    La rumba catalane sera une fois de plus mise à l’honneur, car l’association porte le projet de faire inscrire cette musique au patrimoine culturel et immatériel de la France. Une exposition lui est dédiée et une table ronde sur le sujet sera organisée vendredi 26 septembre à 18h.

    À ne pas manquer également, l’exposition de tableaux de Gabi Gimenez, peintre et plasticien français d’origine gitane, qui œuvre pour la mémoire des Tsiganes persécutés pendant et après la Seconde Guerre mondiale. De son côté, Ana Gimenez, première femme gitane docteure en anthropologie en Espagne, présentera son travail pour la défense des droits culturels Roms et la promotion de la langue romani. Nouka Maximoff présentera quant à elle en avant-première un livre totalement inédit de son père Matéo Maximoff.

    Côté musique, des concerts seront proposés tous les soirs. Miguel Kimbeo and friends, artistes montpelliérains de la gipsy pop, ouvriront le bal jeudi 26 (20h30). Le lendemain, Los Kémados groupe de Gipsy Rumba, se produira à 19h avant un concert exceptionnel de Titi Robin et son quartet « Retour aux sources gitanes » (20h30). Samedi, place à « une troupe spécialement formée pour notre festival », avec « les meilleurs artistes de rumba catalane d’Espagne, sous la houlette de “El Nen” et “Pépé” » (20h30). Enfin le dimanche 28 septembre, on termine en douceur et en gastronomie avec un brunch gitan animé par le groupe « Soy », spécialisé dans la rumba camarguaise.

    À noter, samedi 27 à partir de 15h, une scène ouverte avec les écoles de danse venues de toute la région suivie, à 18h, d’un apéro DJ Set animé par « Cathy Claret », de Barcelone. Et à 19h30, avant le concert du soir, Olivier Estrugo proposera un spectacle équestre.

  • « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    La Marseillaise : Après deux ans et demi de travaux, la Gare Franche rouvre enfin. Qu’est-ce que cela va changer pour les artistes et le public à l’année ?

    Francesca Poloniato : Nous sommes ravis de cette réouverture. On l’attendait. Il y a eu des travaux sur la maison, les jardins et aussi l’usine pour laquelle on a voulu garder l’âme qu’a pu lui donner Wladyslaw Znorko (auteur et metteur en scène qui avait créé la Gare Franche en 2001 avec sa compagnie Cosmos Kolej, Ndlr). Il y a eu un travail incroyable des cabinets d’architecture, que ça soit au niveau de Matthieu Poitevin ou de l’atelier Kristell Filotico. On a agrandi la cuisine et la salle à manger. On a rénové les chambres avec des douches, les artistes seront bien logés. Il y a surtout eu aussi une extension avec les bureaux de l’équipe et une magnifique terrasse pour accueillir les personnes qui traversent les jardins. Et en ce qui concerne l’usine, il a fallu sécuriser le talus car la maison penchait, y réaliser une nouvelle dalle. On a un équipement performant pour que les artistes puissent créer et que les techniciens travaillent avec eux. Ce n’est pas un nouveau lieu de programmation. Il va y avoir de temps en temps des spectacles, mais que ceux qui y trouvent un sens. Sinon, il y a le Merlan. La Gare Franche est vraiment un outil de création et de fabrication.

    Et de « convivialité », avez-vous dit…

    F.P. : Oui, notamment avec les projets de territoire que nous avons, la co-construction avec les habitants. C’est un lieu fait pour l’hospitalité.

    Pour cette fête de réouverture, vous invitez certains artistes compagnons du Zef…

    F.P. : Elle va démarrer à 16h30 à la Parcelle 80, que la Ville nous a mis à disposition. On y a créé une « parcelle aux 4 vents » où se trouve un compost, un four à pain et un poulailler. Tout cela est mis à disposition une fois par mois pour les activités avec les habitants et partagé avec les associations du Plan d’Aou. On pilote la parcelle mais elle est vraiment à leur service. À 18h, il y aura un DJ set Pastasciutta antifascista de Floriane Facchini. Un clin d’œil à sa création, prévue au Zef Gare Franche en mai prochain, pour laquelle elle travaille avec habitantes du Plan d’Aou. Pour la fête réouverture, elle va fabriquer des raviolis et passer des chansons engagées, tout en discutant de son projet.

    Une « épopée culinaire » qui plonge dans l’histoire, indique le programme…

    F.P. : . Floriane Facchini travaille avec la cuisine car c’est un acte d’engagement politique. Avec une position antifasciste. Sa création se situe autour d’une histoire qui s’est passée en Italie en 1943. Mussolini avait fait une loi interdisant aux habitants d’un petit village de semer du blé pour éviter que les résistants aient de quoi manger. Mais une famille de sept frères, les Cervi, l’a transgressée. Par la cuisine, elle défend la démocratie. Au cours de ses ateliers avec les habitantes, les femmes parlent de leurs parcours, de la façon dont on vit aujourd’hui dans ces quartiers en tant que femme. Sur le plateau de la création en mai, il y aura aussi des habitantes, au nombre de 7, comme les frères Cervi.

    Et quel sera le reste du programme pour la fête de réouverture ?

    F.P. : À 19h, après les discours des représentants de l’État et des collectivités, le public pourra voir le travail de l’Ensemble C Barré qui travaille avec les enfants de l’école de la Busserine. Il y aura aussi la découverte de jeunes de 15 ans du Plan d’Aou qui vont enflammer l’usine en musique. Le public retrouvera ensuite le chorégraphe Pierre Rigal qui nous fera danser et faire la fête.

  • L’ultime acte de Terre de culture veut attirer les derniers curieux

    L’ultime acte de Terre de culture veut attirer les derniers curieux

    Dans six mois, Cécile Helle ne sera plus maire d’Avignon. Mais elle souhaite fortement que le concept de Terre de culture 2025 s’inscrive dans la durée. « Il faudrait pouvoir continuer à fêter régulièrement l’anniversaire d’Avignon capitale européenne de la culture », propose Cécile Helle au moment, vendredi soir, de présenter la programmation du 3e et ultime acte de cette année dite de « Curiosités »*, lancée pour célébrer les 25 ans du label. « En dehors du mois de juillet, il est important de faire vivre la culture et la remettre dans les pratiques des habitants partout et dans tous les quartiers », martèle la maire.

    Pour ces quatre derniers mois déjà entamés, l’accent est mis d’abord sur l’exposition à l’église des Célestins, lancée ce vendredi. Un hors les murs du muséum Requien, temple d’histoire naturelle, où quelque 6 000 spécimens, habituellement dans les réserves du musée, sont exposés jusqu’au 11 novembre. Toujours côté expositions, l’artiste de street art Mifamosa montrera son travail, du 8 novembre au 30 décembre, au cloître Saint-Louis. Volontairement discret, l’artiste s’est déjà distingué à Avignon en illustrant le nom de rues par des mosaïques pixélisées. Enfin, les archives municipales proposent, jusqu’en avril, une sélection d’archives privées dont certaines visibles H24 sur les murs des archives en centre-ville.

    Rapidement s’avance un événement d’envergure, dans le sillage du curieux banquet, le 14 septembre. Place à la curieuse parade, le samedi 11 octobre. Depuis la maison commune Nord (14h30) jusqu’à la place Pie (17h), une dizaine de chars défileront sur 75m. Un événement piloté par des acteurs locaux – compagnie Deraïdenz, le collectif la Sauceau Clown (LSC), l’atelier Métissé et le musicien Maescyn – « pour imaginer ensemble un projet artistique hors du commun, dont la réflexion et les premiers échanges ont débuté il y a 18 mois ». Plusieurs associations, structures sociales ou établissements scolaires se sont joints au projet.

    Outre la traditionnelle semaine italienne (4 au 19 octobre), une première semaine ultramarine (3 au 8 novembre) sera consacrée aux territoires d’outre Mer par le biais d’animations, ateliers cuisine ou spectacles à la chapelle du Verbe incarné. Une 4e Maison folie verra le jour, le 27 septembre, à Champfleury pour un nouvel espace de vie et création culturelle.

    Le dernier mois sera consacré aux festivités de fin d’année qui s’annoncent encore plus scintillantes et historiques. Ainsi, pour fêter les 30 ans du classement par l’Unesco au patrimoine mondial, le palais des Papes revêtira un nouvel habit de lumière. Quant aux remparts, un parcours-découverte sera dévoilé. Quatre soirées sons et lumières sont actées du 19 au 22 décembre. Symboles de la fête des Lumières à Lyon, des Anooki (statues géantes d’esquimaux) paraderont le 29 novembre puis s’accrocheront à la façade de l’église des Célestins jusqu’au 27 décembre. Le traditionnel feu d’artifice du 23 décembre prendra des allures de grande clôture de l’année Terre de culture.