Category: culture

  • [Opéra] Un chef-d’œuvre de Verdi pour une ouverture de saison

    [Opéra] Un chef-d’œuvre de Verdi pour une ouverture de saison

    L’Opéra de Marseille ouvre dimanche en beauté sa nouvelle saison avec Falstaff de Giuseppe Verdi. Cette production, disons-le, quelque peu « revisitée », présentée à Lille en 2023 est une mise en scène (réalisée sur place par Jean-Christophe Mast) du comédien Denis Podalydès, de la Comédie Française dans une scénographie d’Éric Ruf, administrateur de la maison susnommée. Les costumes sont signés de Christian Lacroix. Tout cela, n’est-il pas déjà, en soi, gage de qualité ?

    La distribution alignera quelques-unes de nos bonnes voix françaises et le plateau, tous habitués de notre scène lyrique municipale, ira d’une prise de rôle. À commencer par le Pancione (le ventru) Giulio Mastrototaro qui sera un énorme (sens figuré) Sir John Falstaff. Autour de ce barycentre graviteront côtes dames (et pas des moindres) l’Alice Ford de Salome Jicia, la Nanette d’Hélène Carpentier, qui sera Blanche de la Force dans Dialogues des Carmélites cette saison. Marseille connaît bien Héloïse Mas, elle sera Mrs Page et appréciera la première invitation in loco de Teresa Iervolino pour la rouée Mrs Quickly. Elle sera de retour dans Ermione de Rossini en février. Passons côté messieurs. Si les rôles ne sont guère reluisants les voix cependant ont de quoi séduire avec le baryton Florian Sempey (Ford), les ténors Alberto Robert (Fenton) et Carl Ghazarossian (Bardolfo). Pour mener prestissimo tout ce petit monde en folie rien de tel que la baguette énergique de Michele Spotti, le fringant directeur musical de la maison.

    Quand Verdi compose Falstaff, son ultime chef-d’œuvre, il a 81 ans et 27 opéras au compteur. Rarement musique n’aura d’autant d’élan juvénile que ce génial pied de nez, opéra-bouffe sorti du sac à malice de ce vieillard prodigieux. L’œuvre est créée à la Scala de Milan le 9 février 1893. Après le triomphe d’Othello, Verdi compose pour son propre plaisir une partition qui lorgne déjà vers le siècle suivant. Shakespeare a toujours hanté Verdi. Il a toute sa vie rêvé d’un Roi Lear. Il s’est essayé à Macbeth dans sa jeunesse. Aidé par son librettiste Arrigo Boito, il retravaille la créature de Shakespeare, le compagnon de beuverie du jeune roi Henri V et l’éternel amateur de femmes des Joyeuses Commères de Windsor. Pour Alberto Savinio « Verdi écrit l’opéra le plus subtilement rythmique de toute l’histoire de la musique. Falstaff est de la première à la dernière note un énorme mouvement perpétuel ».

    Jamais crépuscule d’un génie n’aura été aussi lumineux. Suivant les préceptes de Wagner, Falstaff, fait exploser les formes traditionnelles de l’opéra italien. On a ici un discours vocal continu, un parlando vertigineux de science, de drôlerie, un tourbillon musical d’une verve effrénée et d’un raffinement plastique inouï. Pour Catherine Clément l’opéra illustre « la défaite des femmes ». La femme lyrique n’a jamais eu un sort très enviable. Pourtant Verdi, au crépuscule de sa vie, les venge toutes avec ce dernier opus. Falstaff, chef-d’œuvre absolu, est l’opéra qui célèbre la victoire des femmes. Falstaff est un ouvrage passionnant, drôle, exaltant de la première à la dernière note. À ne pas rater.

    Opéra de Marseille. dimanche 9 novembre 14h30. 14 euros, moins de 28 ans : 11 euros

  • « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    Trois humains tentant d’aller au-delà de leurs traumatismes respectifs : Peter, rescapé d’un AVC en convalescence, Fred, qui fait tout pour surmonter un burn-out, ainsi que celle de Mathilde qui « tente de comprendre une relation » toxique qui a fini par la « briser ». Pour autant, La stupéfaction, fable écrite et mise en scène par Marie Provence, « n’est pas un manuel de reconstruction, ni une ode à la résilience », indique le Théâtre Joliette. Mais plutôt la trajectoire et les blessures d’(anti)héros qui, « malgré leurs maladresses, veillent les uns sur les autres ». Avec « la nature, la musique, la poésie, comme autant de refuges ». Trois individus sur le fil du rasoir, mais surtout, une célébration de « la capacité de chacun à renaître ».

    Places encore disponibles jeudi 6  et samedi 8 novembre à 19h. www.theatrejoliette.fr

  • La magie, ils en font tout un festival à la Belle de Mai

    La magie, ils en font tout un festival à la Belle de Mai

    Déjà bien en piste sur les lieux publics à travers diverses villes de France et à l’étranger, les artistes Jérémie Halter et Morgane Widmer ont posé leurs mallettes à Marseille et façonné leur Fabrique Magique, 95 rue Belle de Mai, au cœur du 3e arrondissement. Après un test édition zéro en 2024, l’étincelle a pris et le collectif met les bouchées doubles avec l’édition 1 d’un festival de magie nouvelle génération.

    Ouverture du rideau mercredi à 19h au cinéma Gyptis qui propose une projection de Kongo, pour se laisser emporter par les charmes de l’apôtre Médard. La séance sera suivie d’une invitation à entrer dans l’univers de L’Idéaliste. Un lieu ouvert, accueillant, « un lieu de création, de diffusion et de résidence, de restauration aussi », précise Jérémie Halter, dédié à la nouvelle magie. Pas de lapin qui sort du chapeau et disparaît dans un mouchoir. On n’est moins ici dans l’enchaînement de tours techniques, que dans l’envoûtement du merveilleux du conte. « Il y a toujours les effets de la magie dans nos spectacles, explique Morgane Widmer, qui change de costume en deux coups de baguette, mais c’est la magie qui est au service de la narration. » La place est laissée à la poésie du langage, « on explore la part de tous les possibles, complète son complice, en exploitant les thèmes du féminisme, du social, des sciences… ».

    Une recette nouvelle qui a déjà ensorcelé les gens du quartier… et ici les artistes jouent collectif. À raison d’un spectacle et d’un concert par soirée, Jules Medge, Nicolas Rey, Simon Gelin Léo Rousselet, y apportent leur touche d’alchimie. Le samedi des ateliers ont ouvert aux enfants à partir de 8 ans.

    Tout le programme sur : collectifmicrofocus.com

  • La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    Plutôt rares sont les réalisateurs auxquels des salles consacrent une rétrospective de leur vivant. Tel est le cas de Raymond Depardon, dont une partie de l’œuvre se répand dans une dizaine de salles françaises, parmi lesquelles Les Variétés, à Marseille, où s’achève un cycle, mardi 4 novembre, avec la projection de San Clemente (1982), déjà caractéristique du style si reconnaissable du cinéaste français. Caméra tanquée sur l’épaule, il partait poétiquement à la rencontre de patients de cet asile psychiatrique éponyme situé sur une île au large de Venise, à l’aube de sa fermeture annoncée. À partir du 7 novembre, un film également à l’affiche de l’École supérieure d’art d’Aix, où l’Institut de l’image de la ville délocalise ses activités en raison de la fermeture pour travaux de son site historique de Méjanes. « Nous reprenons en novembre la première partie d’une rétrospective intégrale, “Depardon citoyen”, qui ressort ces prochains mois. Une série de documentaires dont la mise en scène interroge subtilement le pouvoir institutionnel et ses effets sur les individus, dans une approche sobre et dénuée de commentaires », contextualise-t-on du côté de l’établissement aixois.

    Le miroir des marges

    Forcément marqué par son passé de photoreporter, qui l’a vu entre autres couvrir la guerre d’Algérie ou celle du Vietnam, Raymond Depardon a gardé son goût pour les faits ainsi qu’une humanité à la fois criarde et discrète dans ses films documentaires, amorcés dans les années 1970. Au menu des projections assurées dans l’amphithéâtre de l’École supérieure d’art d’Aix, Faits divers. Succession de plan séquences éloquents, il filme en 1983 la vie d’un commissariat du 5e arrondissement de Paris, dans le sillage des policiers qui y officient.

    Une partie de l’œuvre de Raymond Depardon jaillit finalement comme le miroir de notre humanité, reflété par des individus dits « à la marge ». Dans Urgences, le photographe et réalisateur laissait encore parler sa caméra en 1987 dans le service des urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Bien plus brutal que son lointain cousin San Clemente, un documentaire au plus près des psychiatres et patients dans lequel il explorait tous les visages de la folie, qu’elle soit causée par la schizophrénie, l’addiction à l’alcool ou encore la dépression.

    Porté par son tropisme judiciaire et ces prétoires, microcosmes grandeur nature de nos sociétés et de l’âme humaine, Raymond Depardon réalisera également, parmi tant d’autres, Délit flagrants (1994). Un film au cours duquel il ausculte la petite délinquance prise dans l’engrenage judiciaire en posant son instrument dans l’une des parties du Palais de justice de Paris.

    Dates et horaires des séances sur www.institut-image.org

  • Couches de lasagnes comme autant d’identités à Marseille

    Couches de lasagnes comme autant d’identités à Marseille

    Dans Les Italiens, Massimo Furlan s’interrogeait en 2019 sur la migration d’hommes siciliens ou encore calabrais vers la Suisse dans les années 1960 pour venir « travailler sur les chantiers ou dans la restauration », rappelle l’auteur et metteur en scène. Dans Le lasagne della nonna, qui se joue mercredi 5 et jeudi 6 novembre au Théâtre du Merlan, il s’empare de la trajectoire de leur alter ego féminin ayant connu le même déracinement. Six interprètes au plateau tissent ainsi le récit de leur installation dans ce nouveau pays, leur « apprentissage d’une nouvelle langue et culture », mentionne le programme de la scène nationale du Zef.

    Du goût et des couleurs

    Mais pourquoi Massimo Furlan a-t-il opté pour l’allégorie des lasagnes ? En raison de leur origine culinaire, mais aussi car, pour les préparer « il faut un certain nombre d’ingrédients, prendre le temps nécessaire à chaque étape. Un peu comme la vie de Giuseppina, devenue ouvrière en horlogerie » dans son pays d’adoption.

    Dans un geste chorégraphique et musical, empreint de tradition, Le lasagne della nonna trace son sillon ainsi que celui de ses amies, aux côtés de son petit-fils Davide, « amateur de drag et passionné de théâtre » ayant quant à lui fui sa terre natale jurassienne car persécuté pour son orientation sexuelle. Un prétexte supplémentaire pour questionner la notion d’identités multiples, aidé en cela par le personnage d’Ali, jeune Casablancais et indécrottable déraciné.

    Entre 3 et 15 euros. Mercredi 5 et jeudi 6 novembre à 20h

  • Des jeunes « augmentent » la fresque de Gaëtan Marron

    Des jeunes « augmentent » la fresque de Gaëtan Marron

    La fresque numérique réalisée par quatorze jeunes à partir de la peinture murale de Gaëtan Marron au Mauma s’appelle Isla Nasla-Tinora. Elle a été officiellement présentée en fin de semaine dernière et est désormais accessible via l’application gratuite Artivive.

    « Notre projet consistait à faire une illusion optique » raconte Kaila, 16 ans, en insertion professionnelle. « On a pris en photo la fresque et personnellement, j’ai choisi de travailler sur un personnage. J’ai redessiné une lune. Je voulais que ma Lune tourne autour du personnage et à la fin, soit mangée. » Elle fait passer une tablette devant la fresque qui se met instantanément en mouvement et en musique. Sur l’écran, des formes colorées se balancent. « Il fallait dessiner, dupliquer les images, choisir des sons. On entend des chouettes. Pour moi, ça représente la nuit, la paix, le silence… » détaille-t-elle avec un sourire.

    Trois ateliers ont permis la réalisation de ce travail durant lesquels les jeunes ont apprivoisé animation, création sonore et montage. Forte de cette expérience, Kaila dit actuellement passer son Bafa.

    C’est Gaëtan Marron, artiste plasticien marseillais qui a dessiné la fresque. « Les jeunes expérimentent du dessin au trait, le travail de la matière » se réjouit-il, avant d’ajouter qu’« ici, grâce à l’Addap13, deux jeunes ont été rémunérés pour la peinture de la fresque. » Un travail qui « crée une vraie ouverture d’esprit », glisse-t-il. Méta 2, pôle de création en art urbain qui s’attache à construire le lien entre les territoires et les artistes, a orchestré ce projet dans un travail conjoint avec Chroniques et les jeunes de l’Association départementale pour le développement des actions de prévention des Bouches-du-Rhône (Addap13). Chroniques a récemment été désigné par le ministère de la Culture pôle ressource de la création en environnement numérique pour la région Paca. Ils ont bénéficié de l’espace ouvert au public, MediaLab, au sein de la Friche Belle de Mai qui rend accessibles des espaces comme ce mur. La Fondation Orange a également soutenu le projet en apportant une aide financière, via l’appel à projet « Apprendre autrement ».

    Une réalisation collective qui vise prioritairement à remobiliser les jeunes. « Nous avons quarante-deux œuvres d’art urbain dans des quartiers enclavés de Marseille » commente Aurélie Masset, directrice de Méta 2. Avec l’Addap13, « nous réalisons des chantiers participatifs et des projets de remobilisation pour des jeunes éloignés de l’emploi ou en transition scolaire afin de les sensibiliser à une pratique artistique ». Ces dernières années, Meta 2 avait lancé l’école du MauMa, arrêtée depuis faute de financements. Ils ont tout de même pu former 32 jeunes à des métiers connexes comme nacelliste, des métiers dans le bâtiment, la communication ou le community management.

  • Jul de retour au stade Vélodrome

    Jul de retour au stade Vélodrome

    Préventes ce mercredi 5 novembre à midi. Mise en vente générale le 7 novembre, à 10h.

  • Le polar se réinvente à Villeneuve-lez-Avignon

    Le polar se réinvente à Villeneuve-lez-Avignon

    Depuis plus de vingt ans, le Festival du polar de Villeneuve-lez-Avignon s’impose comme l’un des rendez-vous majeurs du roman noir en France. Pour cette 21e édition, du 5 au 9 novembre, la cité cardinalice s’interroge : les femmes sont-elles vraiment « à armes égales » dans le monde du polar ? Un thème au cœur de l’actualité littéraire et sociale, qui irrigue l’ensemble de la programmation.

    Longtemps cantonnés au rôle de « femme fatale » ou de victime, les personnages féminins occupent désormais toutes les places du récit -enquêtrices, criminelles…- Cette évolution sera au centre des débats, expositions et tables rondes de l’édition 2025. « Le festival se retrouve dans tous les murs de notre commune », résume la maire Pascale Bories, fière d’un événement qui a attiré plus de8 000 visiteurs l’an dernier.

    Entre égalité et suspense

    Les auteurs associés cette année, Sophie Loubière et Marin Ledun, ont nourri la programmation de leurs univers respectifs : la première explore la mémoire des féminicides et l’obsolescence des corps féminins, le second sonde les rapports de domination et les violences sociales.

    Ensemble, ils offriront une carte blanche aux voix féminines et aux littératures venues d’ailleurs, notamment à travers la venue inédite de l’éditeur polynésien Au vent des îles et de ses auteurs : la romancière aborigène Larissa Behrendt, le Néo-Zélandais Witi Ihimaera ou encore Patrice Guirao, installé à Tahiti.Le polar se vivra sous toutes ses formes : rencontres, expositions, enquêtes, bal littéraire, projections et concerts. Parmi les temps forts : la remise du Prix des lecteurs 2025 (samedi 8 novembre à 10 h), les expositions « Des femmes dans le polar » et « Fort[e]s », ou encore le bal littéraire où les écrivains Simon François, Max Monnehay et Michèle Pedinielli feront danser les mots autant que les corps.

  • Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Le Primed accorde une attention toute particulière aux jeunes. Deux projection-débats leur permettront d’échanger, en présence d’une journaliste de France Télévisions, sur la place de l’apprentissage de la langue arabe dans l’Éducation nationale avec le Film Mauvaise Langue de Jouar Nadi, et sur les violences sexuelles faites aux femmes avec La Promesse d’Imane de Nadia Zouaoui.

    Ce n’est pas tout. Parmi les douze prix qui seront décernés aux documentaires les plus remarqués, deux reposent entre les mains des lycéens. Le documentaire, qui arrive loin derrière le film dans la consommation des longs-métrages des jeunes, va donc être mis à l’honneur dans les classes de lycées. Au Mucem, le 4 décembre à 10h, le Prix des Jeunes de la Méditerranée récompensera une création parmi trois œuvres soumises à leurs réflexions et sensibilités. Ils seront de ces 3 000 jeunes de la région Sud, mais également du pourtour de la Méditerranée et du Canada, qui auront été émus ou déboussolés, et auront débattu et voté.

    Mais le festival de la Méditerranée en images ne se limite pas à les faire voyager dans des fictions réalistes d’ici et d’ailleurs. Il va plus loin et les fait se glisser dans la peau du réalisateur. Les 4 et 5 décembre, au Mucem et à l’Alcazar, ils rencontreront les réalisateurs en personne lors de deux masterclasses pour découvrir directement le métier et le processus de création qui en découle. Le Prix « Moi, citoyen méditerranéen » décernera ainsi sa seconde récompense le 5 décembre à 16h30 à l’Artplexe Canebière. Ces jeunes auront à convoquer leur imagination et créer un film personnel d’une minute, pour raconter si « Partir, voyager, se perdre ici ou ailleurs, ça vous tente ? ». De quoi conclure cette immersion dans la création documentaire en s’essayant soi-même à l’ouvrage.

  • Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Du 29 novembre au 6 décembre prochain, le Festival du PriMed (Prix international du documentaire et du reportage méditerranéen) lance à Marseille sa 29e édition. « Le but de ce festival est de mettre en avant des sujets sur la Méditerranée, d’actualité ou de mémoire – la mémoire qui éclaire le présent – et de poser le débat », pose Valérie Gerbault, déléguée générale du Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle qui organise l’événement depuis 1995.

    Elle assure son succès en alimentant son réseau dans plus de 50 auprès de 50 pays du bassin méditerranéen. « Je viens tout juste de rentrer d’Egypte, où je parcourais tous les soirs trois à six heures de route pour changer de ville », souffle-t-elle. À ses côtés, Daphné Rozat gère la partie programmation des documentaires au Festival du film et forum international sur les droits humains. Elle présidera un jury de cette édition 2025, composé essentiellement de professionnels de l’audiovisuel, de réalisateurs et de journalistes.

    De part et d’autre de la Méditerranée

    Le PriMed, aussi nommé Festival de la Méditerranée en images, promet cette année un rendez-vous, au croisement de la création et de l’actualité. Cinq grands thèmes ont été mis à l’honneur. Leur gravité et leur lourdeur n’ôtent rien au regard fin et complexe qu’ont posé sur eux les réalisateurs.

    La question israélo-palestinienne est évidemment au programme. Ainsi dans Holding Liat, sur une famille dont un couple a été enlevé par le Hamas, qui se bat, pétrie de ses incertitudes et de perspectives politiques contradictoires. Ou encore dans Je suis la nuit en plein midi où il s’agit de penser comment « sortir de l’impasse pour des gens qui sont bloqués dans leurs vies et d’autres dans leur ville », détaille Valérie Gerbault. D’autres réalisateurs ont axé leurs créations sur les espoirs d’une jeunesse en mouvement, faisant le portrait d’une génération prête à tout comme dans Born to fight.

    Les luttes citoyennes ou environnementales auront également leur place, à l’image du travail de Laetizia Battaglia qui, toute sa vie, aura défié l’omerta, documentant les crimes de la mafia. Le Ciel au-dessus de Zenica interroge sur la manière de vivre lorsque l’atmosphère est obscurcie par la pollution des cokeries en Bosnie-Herzégovine.

    Le festival se propose enfin de dire la guerre autrement, en montrant l’espoir qui existe une seconde même avant l’instant fatidique. C’est un peintre kosovar qui survit au conflit armé en réalisant le portrait de son geôlier dans I Believe The Portrait Save Me… Le court-métrage aussi sera de la partie.

    20 films à voir à Marseille

    A l’Alcazar, à la mairie du 1er-7e, au Mucem ou à l’Artplexe Canebière, 20 projections gratuites auront lieu, en présence le plus souvent des réalisateurs. Valérie Gerbault y tient. Le dialogue est au cœur de ses objectifs. « On n’a pas de réponse à apporter aux problématiques, mais on veut montrer le regard que posent les documentaristes sur ces sujets méditerranéens et permettre de dialoguer avec le public, avec les réalisateurs. Vous savez que le documentaire est un point de vue, et justement, l’on peut ne pas être d’accord avec. C’est aussi ça », insiste-t-elle.