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  • Les Spartiates repartent de l’avant contre Briançon

    Marseille s’est repris. Après une lourde défaite sur le glaçon niçois, les Spartiates ont fini par dominer Briançon, bon dernier du championnat avec zéro victoire. Une victoire 3-1, confirmée après un dernier temps incandescent.

    Il a fallu une bonne période pour voir la première réalisation des Spartiates. Face à des Diables lanternes rouges de la Ligue Magnus, les Marseillais ont d’abord dominé. Une occupation de la glace nette et une pression importante sur la cage haut-alpine. Après quelques tentatives probantes, les visiteurs ont connu un bon passage. Pas de quoi refroidir Marseille, qui ouvre finalement le score à 2 minutes et 41 secondes du terme du tiers-temps. Un palet placé devant le but a été poussé au fond par Kalle Myllymaa.

    Les esprits se sont échauffés lors des 20 minutes suivantes. Pas au point de faire fondre la glace, mais les deux équipes ont montré de la nervosité, avec plusieurs bagarres coup sur coup. Quelques mises en prison de la part des arbitres, qui ont logiquement sanctionné les principaux intéressés. Quant au jeu, le score n’a pas évolué durant cette période. Le portier phocéen Libor Kasik a dû s’interposer à plusieurs reprises pour éviter l’égalisation des Diables Rouges. Ce dernier a finalement été élu homme du match grâce à une prestation aboutie. Les plus de 4 000 spectateurs du palais omnisports ont sans doute vécu de plus belles soirées, mais, à ce moment du match, les Spartiates menaient bien.

    57 secondes, c’est le temps nécessaire aux Marseillais pour inscrire leur deuxième but, dans le dernier tiers-temps. Jan Dufek a été crédité de cette réalisation, mais c’était bien le dos du gardien briançonnais qui a poussé la rondelle au fond des filets. Un break important et décisif pour des locaux, en place défensivement, dans ce match pourtant éprouvant physiquement.

    Malgré une réaction de Briançon dans les dernières minutes, le succès est assuré grâce à un but en cage vide de Flavian Dair. Le joueur est allé marquer de loin, avec un palet à ras des patins d’un adversaire. Les Diables ont tout tenté pour recoller, en vain. Une victoire donnant de l’air aux Spartiates, bien installés au 5e rang, juste derrière Nice. Les Pionniers de Chamonix se trouvent maintenant à cinq points des Phocéens

    6e journée de Synergie Ligue Magnus

    Palais omnisports (4 000 spectateurs)

    Buts : Myllymaa (17e), Dufek (41e), Dair (58e) ; Pouncy (52e)

    Marseille : Gourdin – Bourgeois, Coulaud, Lindgren, Corvez, Cantagallo, Ruusu – Dufek, Thompson, Lavoie, Stromberg, Welsh, Daia, Colotti, Joubert, Bouvet, Tavernier, Myllymaa

    Entraîneur : Luc Tardif Jr

    Briançon : Thirion – Chausserie-Laprée, Bisson, Pouncy, Faure, Dame-Malka, Despatie – Vrielynck, Fine, Barnaby, Abramov, Persson, Dubois, Reynaud, Collin, Dorfman

    Entraîneur : Pierre Bergeron

  • Plongée dans la danse des rêves à Aix-en-Provence

    Au son de synthétiseurs lancinants et de percussions quasi martiales qui battent la chamade en direct, les corps se déploient dans une transe toute chorale. Un ton libérateur scandé tout au long de Theatre of dreams, pièce conçue par Hofesh Schechter qui prend ses quartiers vendredi 3 et samedi 4 octobre au Grand Théâtre de Provence (GTP).

    « Cette pièce est portée par nos imaginaires collectifs qui concernent nos vies et nos sociétés avec leurs règles, les attentes auxquelles nous faisons face et ce qu’on nous permet de réaliser », résumait au moment de sa création le compositeur et chorégraphe, auprès du Théâtre de la Ville à Paris.

    Dans ce spectacle, 13 danseurs engagent leur corps pour embarquer le public dans ce qui se cache au plus profond des rêves. Une traversée de l’envers du décor physique et psychique des songes qui nous remuent. « C’est comme une plongée effrénée dans l’inconscient collectif pour mettre au monde une œuvre. Mais une déconstruction du récit collectif, ce théâtre des rêves dans lequel nous vivons et où se créent les structures de nos imaginaires », décortique Hofesh Schechter à propos d’une heure et demi lors de laquelle les artistes s’abandonnent sur scène. « L’idée était d’amplifier tout état dans lequel on se trouvait, de se laisser emporter et d’accepter de perdre ».

    Les 3 et 4 octobre à 20h. Entre 10 et 47 euros

  • Un centre de santé, premier pas du programme de Joël Peyre

    Il n’y a qu’un seul médecin dans ce quartier et il a mon âge, donc il ne va pas exercer encore 20 ans. C’est pour cela qu’il faudrait un centre de santé municipal ici, et c’est la première chose que je porterais », lance Joël Peyre, candidat (PRG) aux élections municipales d’Avignon, ce 1er octobre dans le quartier de Saint-Chamand, quartier populaire d’Avignon.

    Une présentation d’une des premières mesures que l’actuel conseiller municipal délégué aux finances mettrait en place, en cas d’élection. Une idée qu’il a exposée également aux quelques habitants qu’il a pu croiser lors d’une déambulation dans certains lieux du quartier. À commencer par les membres de l’Association pour la culture et l’éducation des Comoriens d’Avignon (APCECA), qui a prêté ses locaux pour les premières esquisses. « Je suis né à Avignon et j’ai exercé en tant que médecin pendant 40 ans. Il faudrait normalement un médecin pour 1 000 personnes, et dans cette zone d’environ 6 000 personnes, dont 4 000 en QPV, il n’y en a qu’un. De plus en plus de personnes renoncent aux soins et une offre adéquate est indispensable », assure l’ancien médecin, à la retraite depuis fin 2024 et qui n’a pour l’heure pas prévu de renfiler la blouse.

    Le projet, qu’il aimerait voir se déployer ensuite dans d’autres quartiers de la ville, serait que des médecins généralistes salariés s’installent en permanence dans des locaux pour l’heure pas encore définis. Et ce, dans des conditions « adaptées à ce que recherchent les médecins qui sortent d’études. Ce sont en majorité des femmes qui ne veulent pas travailler seules, mais plutôt entourées, et en étant déchargées des démarches administratives, par exemple. Cela se fait notamment beaucoup en région parisienne et ça marche », expose ensuite Bernard Autheman, soutien de Joël Peyre, également conseiller municipal délégué aux bibliothèques, aux musées et à la culture provençale, ainsi que médecin psychiatre. L’établissement accueillerait également des kinés, des infirmiers, un orthophoniste ou encore des médecins spécialistes de façon alternée.

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    Une mesure qui semble enchanter la dizaine d’habitants croisés au cours de la matinée dans les quelques commerces ouverts. « Ces difficultés, on les voit au quartier. Le médecin d’ici n’ouvre parfois que de 8 heures à 11 heures. Cela pourrait être très efficace », confie dans ses locaux Ahamada Athoumani, président de l’APCECA et habitant du quartier. « Cela serait très bien. J’ai trouvé un médecin, mais il part également bientôt. Il me trouve mes autres rendez-vous car je n’arrive pas à le faire seule », confie Mireille Guyer, cliente de la pharmacie Filio Pierre, en plein cœur des tours. « Je vais souvent du côté de l’hôpital, mais je dois prendre le bus et le tram, car ce n’est pas à côté. Un seul docteur pour le quartier, ce n’est vraiment pas assez », ajoute Annick, habitante croisée dans la boulangerie.

    Un premier rendez-vous d’annonces qui en appelle d’autres. En effet, Joël Peyre assure que sa campagne sera ponctuée de « points mensuels sur des sujets comme la sécurité, le logement ou encore l’économie ». Une première réunion publique est organisée le jeudi 13 octobre à 18h30 en mairie Nord d’Avignon.

  • Une centaine de chercheurs en commerce en conférence

    Martigues accueille un colloque universitaire sur la recherche en commerce et distribution, la semaine prochaine, à l’occasion de la 28e conférence Étienne Thil, organisé par l’association du même nom.

    Le co-président du comité d’organisation est Gilles Paché, professeur en sciences de gestion à Aix-Marseille université. « Le 9 octobre, des professionnels de haut niveau participeront à des tables rondes et le président de l’université d’Aix-Marseille se déplacera pour l’ouverture de la conférence, aux côtés du maire de Martigues », promet-il.

    La particularité de cette édition est, pour Gilles Paché, d’être « pour la première fois » organisée « dans une ville moyenne n’ayant pas le statut universitaire, puisque les précédentes conférences se sont tenues dans des universités et écoles de commerce », indique le professeur, comme à Montpellier l’année dernière, ou Paris Dauphine auparavant.

    Le programme n’est pas déconnecté du territoire. L’ouverture du colloque est à 9h jeudi 9 octobre, en compagnie du maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. La première table ronde sur le thème de la redynamisation des centres-villes par le commerce est animée par Béatrice Siadou-Martin, professeure en marketing à l’université de Montpellier, avec comme intervenants le Pr Pierre Lescoat de l’école de commerce Neoma, ainsi que Louis Roux, chef de projet à l’Agglomération de Montélimar.

    L’après-midi à 14h, une autre table ronde sur la distribution à l’ère de la décarbonation et la circularité est proposée avec Aurélien Rouquet, ingénieur de l’école centrale de Lille et rédacteur en chef de la Revue Française de Gestion.

  • « À horizon 2050, un déficit de 90 millions de m3 »

    La Marseillaise : Quel est l’état de la nappe actuellement ?

    Céline Tramontin : La nappe se recharge à 70% par l’irrigation gravitaire nécessaire à la production de foin de Crau, donc de l’eau de Serre-Ponçon qui arrive par la Durance, et à 30% par les eaux de pluie. Elle se vidange l’hiver et se remplit l’été, avec l’arrosage des agriculteurs, de mars à octobre. Ce qui soutient l’étiage, c’est-à-dire le niveau minium pour assurer l’ensemble des usages sur le territoire, ce sont les eaux de pluie. Depuis Serre-Ponçon, il y a 1,5 milliard m3 d’eau dérivée vers les Bouches-du-Rhône, dont 420 millions vers la Crau. Cette année, il y a eu de l’eau, le barrage était plein. Par contre, on a eu un hiver relativement sec. On est donc partis en début de saison avec des niveaux très hétérogènes en fonction des secteurs, avec des zones comme les Coussouls qui étaient bien remplies, avec des niveaux supérieurs à la moyenne, et d’autres avec les niveaux historiques les plus bas qu’on ait jamais relevés depuis dix ans. On a pu stabiliser le niveau grâce aux eaux de la Durance.

    Avec le réchauffement climatique, la sécheresse des hivers risque de devenir monnaie courante. Comment y faites-vous face ?

    C.T. : On a mené une étude scientifique dont l’objet était l’évolution du changement climatique et des besoins en eau sur ce territoire, puisque la nappe alimente 300 000 habitants en eau potable, l’agriculture, l’industrie de Fos et les bases militaires d’Istres et de Salon-de-Provence. Le résultat est sans appel : à horizon 2050, on aura un déficit de 90 millions de m3 au niveau du remplissage de la nappe, si on continue comme ça. Pour ne pas en arriver là et devoir faire des choix qui auront des impacts sur notre cadre de vie et le développement du territoire, on a lancé un Schéma d’aménagement des eaux avec les collectivités locales et les acteurs qui est élaboré dans le cadre d’une Commission locale de l’eau, installée fin août.

    L’idée est de prioriser les usages ?

    C.T. : Non. Il faut réduire le prélèvement de la Durance, parce que les effets du réchauffement climatique se feront ressentir aussi au niveau de Serre-Ponçon. On a déjà vécu une situation de sécheresse en 2022. Eux ont élaboré un plan de résilience à leur niveau. Il faut qu’on soit plus résilients aussi de notre côté. Il y a des solutions, comme la réhabilitation des canaux, créés pour les premiers au temps d’Adam de Craponne au XVIe siècle, pour les derniers au XXe siècle. On a aussi lancé une grande étude pour aller chercher des sources profondes en sondant le sol. On a fait trois forages, à Istres, Salon et Saint-Martin-de-Crau avec des pièzomètres profonds, entre 80 et 100m. Les matériaux carottés sont désormais à l’analyse. On sait d’ores et déjà qu’on va laisser tomber le forage d’Istres. Les résultats devraient être connus d’ici la fin 2026.

    Vous réfléchissez aussi à un partage des coûts plus équitable.

    C.T. : C’est la deuxième équation à résoudre. Ce sont les Associations syndicales autorisées intervenant pour l’irrigation collective, donc les agriculteurs, qui payent actuellement l’eau et son transport sur le territoire pour assumer l’usage agricole, mais aussi d’eau potable, d’eau industrielle etc. Il faut que ça évolue, que chaque bénéficiaire supporte ce coût.

    Entretien réalisé par Alice Magar

  • Des vermouths fruités, de saison, et 100% marseillais

    Dans l’aile gauche du stand « Fabriqué à Marseille », Doriane Savoye et Stéphanie Borelli font tourner les têtes, avec modération, en proposant leurs vermouths. La promesse de La Funambule, « la fufu » pour les intimes : des vermouths fruités, de saison, et 100% marseillais. « Enfin du nouveau pour l’apéro ! », lit-on sur les affiches et flyers.

    « Stéphanie, qui est cheffe cuisinière, construit ses vermouths comme elle construirait un plat », explique son associée. Une attention particulière portée aux accords de saveurs, donc, mais aussi à la saisonnalité des produits. Avec des recettes renouvelées tous les 60 jours, les productrices ne travaillent que par « micro-cuvées de saison », une cuvée représentant « 100 à 300 bouteilles », précisent-elles.

    Sur le stand de la foire, quatre parfums sont proposés : le classique « Ramène ta fraise », les nostalgiques de l’été « Garde la pêche » et « Cherry-moi », et enfin le plus farfelu « Tu me fends le cœur », obtenu à partir de peaux d’artichaut et pamplemousse.

    En plus de ses vermouths, la marque marseillaise réutilise ses fruits macérés pour fabriquer des confitures. Un produit « qui nous permet d’être dans une démarche zéro déchets », se félicite Doriane Savoye.

    Un atelier cocktail sera proposé le 3 octobre.

  • À la foire, Miss Corse valorise les producteurs de sa région

    Pour sa première visite à la foire de Marseille, Manon Mateus reçoit un accueil royal. « Je suis très heureuse d’être ici aujourd’hui, parmi tous ces artisans qui font briller la Corse », lance la jeune femme de 23 ans, élue Miss Corse en juillet 2025 et invitée à la foire par la Maison de la Corse.

    Sa présence, plus que bienvenue en cette journée « un peu plus creuse que les autres » selon les exposants, ravit également les visiteurs du jour, qui, lorsqu’ils ne s’arrêtent pas pour demander un autographe à Manon Mateus, la saluent par un sourire. « C’est une fierté pour nous, Corses, que d’avoir une jeune femme aussi sympathique comme représentante », estiment Marc et Philippe, alors qu’ils profitent des dégustations offertes sur les stands. À quelques pas de l’espace restauration, Marie-Jo, informée de la présence de la Miss par une annonce au micro, est impatiente de la rencontrer : « je suis le concours des Miss de très près chaque année, alors quand je peux les rencontrer en vrai je ne manque pas l’occasion », sourit-elle.

    Originaire de la région parisienne, Manon Mateus a vécu dix ans à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) avant de poser ses valises à Sartène (Corse du Sud), il y a six ans. « Je n’avais ni famille ni amis là-bas, j’y suis allée par soif d’indépendance », confie-t-elle en se remémorant son parcours. « La Corse m’a appelée, puis elle m’a adoptée », ajoute celle qui représentera l’île lors de l’élection Miss France 2026, en décembre prochain.

    Après un passage auprès des stands gastronomiques, la Miss se rend chez Olivier, fondateur de la bijouterie corse Marc Ricca, dont elle porte une parure faite de corail. « Sa présence aujourd’hui est une marque de son soutien pour l’artisanat », salue l’exposant. Car, derrière son écharpe de Miss, Manon Mateus est également une entrepreneuse à la recherche de « contact humain ». « En créant mon concept de gelateria ambulante à l’âge de 19 ans, j’ai souhaité me déplacer dans des petits villages et aller à la rencontre des gens », raconte-t-elle. Être proche des habitants de chaque région tient également à cœur du comité des miss, rappelle Manon Mateus.

    La jeune femme indique, par ailleurs, se consacrer à de nouvelles activités associatives. « Ces dernières semaines, j’ai participé à une marche pour soutenir des malades de la mucoviscidose. J’ai aussi pris part à la commémoration de la libération de la Corse », explique-t-elle. Parmi les prochains rendez-vous de son agenda bien chargé, des marches à l’occasion de l’opération Octobre Rose.

  • L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    Quelle limite poser à l’assistance à personne en danger ? Après des rebondissements judiciaires – deux non-lieux des juges d’instruction, un non-lieu requis du parquet général et une relaxe générale requise du parquet de Marseille au procès en juillet – un accident de plongée survenu il y a 15 ans au large de Marseille, a débouché, lundi, sur une surprise : la relaxe du directeur de plongée poursuivi pour blessures involontaires, mais la condamnation d’un équipier de la palanquée pour non-assistance. Ce dernier devrait faire appel, selon son avocat, Me Thomas Hugues.

    « Putain, j’ai percuté mes paliers ! »

    Le 27 février 2010, Patrick, 53 ans, était victime au large de Marseille d’un accident de décompression qui l’a rendu hémiplégique pendant plusieurs semaines. Il portait plainte devant les manquements et défaillances de l’organisation. Deux jours avant, ce pilote de ligne qui en était à sa 87e plongée, venait de réussir aux épreuves de niveau 3 permettant une autonomie jusqu’à 60 m de profondeur. La formation de 4 jours qu’il regardait comme incomplète et légère avait eu lieu à l’Estaque. Pour cette plongée, il avait reçu comme instruction principale de ne pas dépasser une durée totale de remontée de 15 minutes, paliers de décompression compris.

    Patrick formait une palanquée avec Martial et Roland, des plongeurs aguerris qu’il ne connaissait pas dont un – il est décédé depuis – était anesthésiste réanimateur et médecin hyperbare. Patrick était équipé d’un matériel entièrement nouveau, une bouteille de 15 litres à 200 bars, un baudrier de 9 kg de lest. La météo était très bonne. Après 6 minutes de descente, le trinôme atteint 55 m puis évolue durant 8 minutes. Vu sa consommation d’oxygène, l’ordinateur de Patrick lui indique alors de remonter. Il le fait seul, ses coéquipiers poursuivant leur plongée sans s’intéresser à lui, dira-t-il. Eux diront qu’il a juste fait signe du doigt signifiant qu’il remontait sans manifester de détresse. Arrivé à 27 m après une lente remontée, Patrick constate que son gilet stabilisateur s’est vidé. Il comprend qu’il ne pourra pas faire ses paliers de décompression. C’est à 12 m que sa remontée est subite, brutale, incontrôlée. « Putain j’ai percuté mes paliers ! », s’écrie-t-il en perçant la surface de l’eau sans avoir désaturé.

    Dans les protocoles d’urgences, il reste une ré-immersion immédiate dans les 3 minutes, mais Cédric, le directeur, n’est alors plus équipé pour plonger et il n’a pas placé de bouteille à oxygène sous le semi-rigide comme c’est la règle, et les deux coéquipiers ne sont toujours pas remontés. Cédric expliquera à l’enquêteur et aux juges d’instruction que Patrick ne pouvait pas replonger dans l’état de choc dans lequel il se trouvait. Il le met sous masque à oxygène, alerte les secours et c’est par hélicoptère que le plongeur est dirigé sur le caisson de décompression le plus proche. Mais il a déjà perdu toute sensation de ses jambes. Il restera hémiplégique durant plusieurs semaines.

    Le tribunal a relaxé lundi le directeur de plongée, ses « fautes de négligences » ne pouvant être mises en lien de causalité avec les blessures involontaires dont « l’origine précise n’a pas pu être déterminée ». Martial, le coéquipier, est en revanche condamné pour non-assistance à 12 mois avec sursis : « Un comportement normalement diligent est attendu de toute personne avisée du danger et au vu des usages en vigueur pour les compagnons de palanquée », le risque pour lui-même étant « négligeable compte tenu des circonstances », dit le tribunal.

  • Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Tout s’organise, tranquillement mais mécaniquement », sourit Renaud Muselier, pilote pour Renaissance de l’union de la droite aux municipales, à Marseille. Un mois après que le parti présidentiel a mis sur la table ses propositions ainsi qu’une charte des valeurs pour le scrutin à venir, le président de Région est venu annoncer, ce mercredi midi, au côté de la candidate Martine Vassal, dans une brasserie de la place Castellane, qu’un accord programmatique avait été trouvé pour cette campagne.

    « Le travail que l’on a présenté est issu d’un travail militant engagé il y a plus de six mois », présente Gérard Blanc, membre du bureau de Renaissance dans les Bouches-du-Rhône. « Dans ces propositions, il y en a 95% que je fais miennes, sourit de son côté Martine Vassal. ça ne m’étonne pas énormément, beaucoup de choses nous rassemblent. » Et de citer l’ouverture d’un bureau à Bruxelles pour travailler sur les financements européens, la végétalisation de la ville, un droit opposable à la garde d’enfants pour les familles monoparentales, des conventions pour transférer propreté, voirie et écoles aux mairies de secteur… En taisant les divergences. Quant à la charte de valeurs, « j’aurais pu l’écrire », jure-t-elle. Celle-ci défendait la nécessaire union, en appuyant : « Ces alliances devront exclure toute association, directe ou indirecte, avec l’extrême droite, LFI, ou des personnes dont la moralité serait incompatible avec nos principes d’intégrité, de transparence et d’humanisme. » Une alliance « exigeante », rappelle le co-responsable de la communication de Renaissance 13, Maxime Boudet. « Et c’est réciproque », rebondit la candidate.

    Sans Royer-Perreaut

    L’investiture officielle des Républicains obtenue une semaine plus tôt, reste à obtenir celle du parti présidentiel. « J’ai demandé que Marseille soit programmée dans le dispositif, la date arrivera en temps et en heure », explique Renaud Muselier. C’est que, pour l’instant, la formation d’un gouvernement accapare les esprits au niveau national. Mais, glisse-t-il, la candidature de Martine Vassal est regardée « avec un œil bienveillant ». Quant aux équilibres sur la liste, « on fait le quoi avant le qui », glisse le responsable départemental de Renaissance, Bertrand Mas-Fraissinet.

    Cela se fera, pourtant, sans l’ex-maire et député des 9-10, Lionel Royer-Perreaut. Dans un entretien à La Provence ce mercredi soir, celui-ci a annoncé se retirer de la vie publique, sans apporter de soutien à Martine Vassal. « Trop de choses aujourd’hui me séparent d’elle », explique-t-il. Et d’appuyer : « Pour qu’il y ait confiance, il faut qu’il y ait une forme de cohérence. »

  • Ces millions manquants de la marina olympique

    La magie des épreuves olympiques en rade de Marseille passée, reste désormais l’addition. Et son partage. Mais, alors que les coûts du réaménagement de la marina du Roucas-Blanc ont flambé, les financements publics n’ont pas suivi, laissant une ardoise se chiffrant jusqu’à près de 11 millions d’euros pour la Ville de Marseille, alerte un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) présenté, ce vendredi, dans l’hémicycle municipal.

    C’est que l’inflation est passée par là, sans compter les nombreux ajustements de chantier. Ainsi, pour la partie terrestre, l’accord signé avec la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) en 2020 prévoyait un chantier à 25 millions d’euros. La note finale s’élève à 31,3 millions d’euros, une augmentation d’un quart du coût initial entre révision des prix (2 millions d’euros) et dépenses additionnelles pour le stockage provisoire des équipements nautiques, le relogement des activités maritimes (2,5 millions d’euros).

    Côté mer, les demandes supplémentaires du comité d’organisation des Jeux olympiques, ainsi que les révisions des prix, ont chacune ajouté plus d’un million à l’ardoise, sans compter les études supplémentaires nécessaires. Et le bassin s’étant ré-ensablé au fil des travaux, il a également fallu réaliser un nouveau dragage, d’un coût de 1,2 million d’euros. Quelque 4 millions de surcoûts se sont ainsi ajoutés au fil de l’eau, entre 2022 et 2024, portant ce chantier maritime à près de 15 millions d’euros.

    La CRC porte au final l’addition de ce chantier olympique à 45,6 millions d’euros en 2024. Sans que le partage de la charge ne suive. « En dépit de ces hausses des dépenses, la répartition des financements publics n’a pas évolué depuis 2022 », s’alarme le rapport, pointant que seuls 34,6 millions d’euros de financements avaient été confirmés en mars 2025. Et les magistrats de sortir la calculatrice : « Au total, un écart de 10,95 millions d’euros hors taxes apparaît entre l’ensemble des dépenses du projet de réaménagement de la marina du Roucas-Blanc et les financements confirmés. » Un écart qui tomberait à 4 millions d’euros si toutes les subventions promises tombaient finalement, en particulier les 2,8 millions de dotation de soutien à l’investissement local de l’état, dont la première moitié n’était qu’en cours d’engagement en juillet. Mais, quoi qu’il en soit, cette charge risque de retomber sur la municipalité marseillaise.

    En fin de séance

    Cela d’autant plus que les 3 millions d’euros espérés du Fonds européen de développement régional (Feder) n’arriveront jamais. « La commune n’a constaté qu’en 2023 que le projet était inéligible à ce fonds », glisse le rapport. « On ne peut pas nous reprocher d’avoir essayé de travailler sur cette source de financement, se défend l’élu (EELV) délégué aux fonds européens, Fabien Perez. On a travaillé, mais on ne savait pas. »

    La Ville de Marseille a bien demandé à l’état de réunir les différents financeurs pour que chacun fournisse une aide supplémentaire. « En juillet 2025, ces propositions n’avaient pas reçu de réponse », note sobrement le rapport de la CRC. Interrogé à ce sujet à de multiples reprises par la presse, le président du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet (G.s), rappelle : « C’est un équipement salué par l’ensemble des Marseillais. L’objectif à terme, c’est qu’une classe d’âge puisse profiter d’un stage d’apprentissage de la voile dans sa scolarité. » Mais les réponses sur le financement, insiste-t-il, ne seront apportées qu’en conseil municipal vendredi. Cela tombe bien : le rapport a été glissé à la toute fin de l’ordre du jour.