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  • A Avignon, David Fournier pose une petite première pierre vers l’union

    Sans faire offense à Génération écologie, ce n’est pas un partenaire de poids qui vient d’officialiser son soutien, ce vendredi, à David Fournier, chef de file PS pour les municipales des 15 et 22 mars 2026. Mais, dans le match à distance qui oppose, pour l’heure, le candidat assumé au poste de maire aux autres prétendants de gauche à l’Hôtel de ville, chaque ralliement est bon à prendre. « C’est le premier acte d’un rassemblement, il y en aura d’autres dans les prochaines semaines », assure David Fournier.

    Alors qu’en milieu de semaine, Joël Peyre (PRG), conseiller municipal en charge des finances et également candidat, se targuait d’un soutien important au sein de la majorité, David Fournier veut sortir de cette logique comptable. « Je n’attaquerai personne, mais j’ai au moins trois fois plus de soutiens que les cinq ou six prétendus », prend-il quand même le soin de préciser. Une manière aussi de préserver un climat apaisé en vue d’une unité que chacun appelle de ses vœux, mais qui reste difficile à concrétiser. D’autres adjoints, à l’instar d’Éric Deshayes (lire ci-dessous), pressent ses camarades à s’entendre.

    Plus d’un mois après un point presse de rentrée où David Fournier appelait à l’unité derrière lui au nom de la continuité socialiste, voilà donc avec Génération écologie (GE) un soutien presque d’ouverture. « Pas du tout, GE était déjà inscrit dans un rassemblement écologiste en 2020 autour de Jean-Pierre Cervantès [actuel élu d’opposition, Ndlr.] », défend David Fournier. Onzième de cette liste lors des dernières municipales, Mazy Djezzar, référent GE 84, se range cette fois derrière le candidat PS.

    « Pas un bricolage tactique »

    Ce jeune professeur de maths, originaire des Grands-Cyprès, défend « une écologie sociale et solidaire qui ne peut pas être qu’un luxe pour quelques urbains éclairés ». Ce ralliement « n’est pas un bricolage tactique, David incarne une vision verte et solidaire pour Avignon et il aime les gens », plaide Mazy Djezzar. « Nous avons beaucoup de points d’accords programmatiques, que nous dévoilerons plus tard, et il y a aussi l’objectif commun de maintenir une gauche dynamique en responsabilité », revendique David Fournier. Bien que dirigé actuellement par l’ancienne ministre (ex-PS) Delphine Batho et soutien du NFP, GE s’est parfois associée à la droite. Comme France Gamerre, adjointe à Marseille sous Jean-Claude Gaudin entre 2001 et 2008. « Je me fous de la droite ou de la gauche, je suis une écologiste non dogmatique », assume la présidente d’honneur de GE. À ses côtés, vendredi, Cécile Vignes, co-référente régionale et élue à Marseille sur une liste de droite dont elle est revenue aujourd’hui. « À Avignon, les forces de gauche portent un projet qui défend le vivant, je suis de leur côté », conclut-elle.

  • Toulon en face d’une muraille avec ce déplacement à Bayonne

    Deux semaines de repos forcé et une reprise de la compétition, en terres basques. Ce dimanche soir (21h05), le Rugby Club Toulonnais se déplace au stade Jean-Dauger de Bayonne pour la clôture de la 4e journée de Top 14. Quinze jours que les Varois n’ont pas foulé une pelouse du championnat de France. En cause, les intempéries ayant frappé le sud de la France le week-end dernier. Le match OM – PSG a été impacté, celui entre Toulon et La Rochelle aussi. Sergio Parisse, entraîneur de la touche, a dû gérer tant bien que mal cet incident inédit pour lui : « Comme joueur ou comme entraîneur, je n’avais jamais vu ça. On a subi la situation, un peu comme tout le monde. Il y avait beaucoup de confusion. » Si cette rencontre contre les Charentais se déroulera début novembre, celle contre Bayonne arrive vite. Très vite.

    Le revenant Antoine Frisch parle d’un « gros défi » et il a complètement raison. Se déplacer au stade Jean-Dauger est devenu synonyme de défaite à… 100%. En tout cas la saison passée. En effet, l’Aviron est le seul club de Top 14 invaincu dans son antre lors de l’exercice 2024-2025. Le demi-finaliste sortant a construit une forteresse imprenable, devant un public souvent en feu. Une fois la Peña Baiona lancée par le speaker, les locaux n’ont jamais failli. Sergio Parisse listait, ce vendredi, en conférence de presse, les points forts de cette formation. Défense agressive, mêlée, touche, une équipe complète au possible, sans réel défaut. « Mis à part ce match à Castres (17-48), où c’était un peu plus compliqué, ils se sont bien comportés. C’est une équipe et un club bien construits, leur recrutement est très bon. Et puis on connaît l’engouement dans leur stade », raconte l’ex-international italien.

    Ollivon sur le retour

    Côté RCT, ce week-end sans match a permis de garder les hommes au frais. Pour autant, le plan d’entraînement prévu à l’origine n’a pas été bouleversé par les membres du staff. « On a respecté ce qui était prévu et augmenté légèrement la charge de travail, puisque les joueurs avaient plus de fraîcheur », lance Sergio Parisse. Un supplément d’énergie bien venu et peu de changements à prévoir dans le XV de départ des Rouge et Noir. Ils sont cinq à être encore absents pour cette rencontre au Pays basque. Gabin Villière a été touché au doigt et souffre d’une pubalgie. Sa sortie de l’infirmerie n’est pas prévue avant le mois de novembre. La durée d’indisponibilité est nettement plus longue pour le varois Matthias Halagahu. Opéré du pied à la mi-septembre, le deuxième ligne ne reviendra pas avant 2026. Il sera sur la touche entre quatre et six mois.

    Gianmarco Lucchesi et Kyle Sinckler sont, eux, sur le point de reprendre et devraient candidater très rapidement à une place dans le groupe. C’est aussi le cas pour Charles Ollivon. « Il n’est vraiment pas loin de rejouer au rugby » dit simplement Sergio Parisse. Le joueur aux 46 sélections est absent depuis le début d’année à cause d’une rupture des ligaments croisés du genou et est sur le point de retrouver la compétition.

    Le RCT va donc devoir créer l’exploit pour s’imposer à Bayonne, dimanche soir. Devant des spectateurs acquis à la cause des joueurs de l’Aviron.

    4e journée de Top 14

    Dimanche à 21h05 au stade Jean-Dauger

    Arbitre : Kevin Dralley

    Bayonne : Tiberghien – T. Spring, Maqala, Tuilagi, Erbinartegaray – (o) Segonds, (m) Jantjies – Capilla, Bruni, Fischer – Moon, Iturria (c) – Setiano, Martin, Bordelai.

    RC Toulon : Abadie, Alainu’uese, Baubigny, Brennan, Damond, Gigashvili, Gros, Ivaldi, Ludlam, Mercer, Mézou, Narmania, Ollivon, Priso, Quere-Karaba, Rebbadj, Ribbans – Drex, Domon, Dréan, Ferté, Frisch, Garbisi, Hervé, Jaminet, Le Bail, Nonu, Serin, Tuicuvu, White

  • Gaudin, deuxième du nom

    Dans la famille Gaudin, on appelle le fils. En tapant dans l’œil du Paris Saint-Germain, club qui règne sans vergogne dans le championnat français depuis 2013, Noah Gaudin (26 ans), fils du gardien double champion du monde avec les Barjots, en 1995 et en 2001, s’est fait une place au soleil. Mais le jeune arrière, qui a terminé sa formation au Provence Aix université club (Pauc) entre 2017 et 2020, a dû faire un sacrifice majeur pour en arriver là : quitter la France pour rejoindre le Danemark. Un « pari risqué » comme l’avait souligné son cousin Théo Derot, ancien arrière gauche international et fils de Gilles Derot, entraîneur d’Istres Provence Handball entre 2013 et 2025.

    Après avoir disputé trois saisons à Sønderjyske, avant de rejoindre le Skjern Håndbold, le natif de Hameln, ville allemande où sa figure paternelle a évolué l’année de sa naissance, a « appris une nouvelle culture du handball ». « C’est un jeu assez similaire à celui que l’on pratique en France, sauf qu’il est moins physique et qu’il y a plus de jeu de passes », juge Noah Gaudin, persuadé d’avoir notamment progressé sur « les montées de balle » et « le jeu rapide ». Ce qui lui permet aujourd’hui d’affirmer que sa « palette technique est plus large ». « C’est une expérience qui m’a fait beaucoup de bien », ajoute celui qui souhaitait « rejoindre un top club qui joue la Ligue des champions », à l’issue de sa cinquième saison danoise. Il avait honoré sa première sélection avec l’équipe de France senior lors d’un match de l’EuroCup face au Danemark, en mars 2025.

    Stagiaire au Pauc en 2017

    Tombé à pic, le Paris Saint-Germain a directement fait de son vœu une réalité. « C’est un rêve pour moi de jouer pour le PSG », martèle Gaudin, l’un des piliers de la génération 98-99 avec un certain Elohim Prandi, qu’il a rejoint dans le club de la Capitale au mois de juillet. « J’ai été très bien accueilli. On travaille très bien tous ensemble, c’est ce à quoi je m’attendais », révèle-t-il quelques jours avant d’affronter son ancien club. Seuls le capitaine Matthieu Ong et le Marignanais Gabriel Loesch étaient déjà présents dans l’effectif aixois lors de ses trois saisons passées à l’Arena.

    « On va devoir imposer notre jeu face à des joueurs très physiques », analyse l’arrière, qui avait fait de cet aspect du jeu sa priorité d’amélioration lorsqu’il a débarqué dans la cité du Roy René comme stagiaire pro, à l’âge de 18 ans. « J’ai eu la chance de pouvoir compter sur un très bon préparateur physique », souligne Noah Gaudin, en faisant référence à Alexandre Pongérard, toujours présent dans le staff aixois.

    L’arrière tricolore avait d’ailleurs pris 2 kg en trois semaines de préparation après avoir vécu une saison difficile à Cesson-Rennes, club entraîné par son père au moment de son prêt. « Je garde de très bons souvenirs au Pauc, j’y ai passé trois belles années », lance celui qui sera dans la peau de l’adversaire, dimanche (17h).

  • Naomie Bamenga, promesse du milieu marseillais

    Jeunesse et qualité de jeu, Naomie Bamenga est entrée avec vigueur dans le onze de départ phocéen. Arrivée cet été aux Marseillaises, en provenance de Lille, la Nordiste a proposé de premières prestations intéressantes sous le maillot ciel et blanc. La milieu de terrain offensif est une promesse. Titulaire lors des deux dernières rencontres contre Montpellier et Le Havre, elle le sera sans doute pour la réception de Fleury, ce samedi (17h), à Martigues.

    Bamenga, un talent verrouillé

    Auparavant, elle a dû passer par la case infirmerie. Une rupture partielle de la cheville lui a fait manquer une bonne partie de la préparation. « Ce n’est jamais facile de vivre une blessure durant la préparation, car on a envie d’être sur le terrain avec les copines. J’ai été patiente et positive. Maintenant, je suis tournée vers la suite et j’ai encore plus faim », lâche-t-elle.

    Son recrutement a été réalisé dans le cadre de la structuration de ce nouvel effectif, qui se veut taillé pour la Première Ligue. Dalin Anrifani, coach de l’équipe depuis quelques semaines et historique du club, explique ce choix d’enrôler la native de Lille. « Naomie fait partie des joueuses sur lesquelles le club a investi. Elle reste jeune mais elle a un très fort potentiel, elle a déjà pu le démontrer ici. Je suis satisfait de ce qu’elle fait et je reste curieux et attentif de ce qu’elle peut faire. » Naomie Bamenga a fait ses classes au Losc, dans sa ville d’origine. Entrée au centre de formation à l’âge de 13 ans, elle signe pro à 17 et a directement connu l’équipe première. La joueuse de 22 ans garde toujours les Dogues dans son cœur. « Le Losc représente beaucoup parce que c’est mon club formateur, c’est là que j’ai évolué depuis petite. J’ai connu les hauts et les bas, la D1, la D2, les U19 Nationaux. Je ne retiens que du positif. »

    Samedi, Fleury débarque dans l’antre des Marseillaises, à Martigues. Une confrontation face à un club habitué à l’élite, qui a terminé 5e la saison dernière. Ce sera une bataille pour espérer l’emporter. « Fleury fait partie de la D1 depuis un moment, avec une régularité au classement. On ne les prend pas du tout à la légère, mais on y va avec de l’ambition pour prendre nos premiers points en championnat » détaille le coach Dalin Anrifani. Après la déception de ne pas avoir concrétisé ses occasions face au Havre, l’OM a l’envie de voir les efforts fournis être récompensés.

    3e journée de Première Ligue

    À 17h au stade Francis-Turcan, à Martigues

  • Une colloque inédit sur le droit de l’environnement

    Une première. L’hôtel Maliverny ce vendredi grouille d’avocats issus du barreau d’Aix, de Paris et d’ailleurs, réunis pour les « Premières rencontres du droit de l’environnement ». Organisée par les commissions droit de l’environnement et droit public du barreau aixois, en partenariat avec l’École des avocats du Sud-Est (Edase), le colloque a réuni associations, magistrats, avocats et grand public confondus pour faire le point sur ce droit autonome par le prisme de la Charte de l’environnement (2005), vingt ans après. « Cette charte a le mérite d’exister, elle a une valeur constitutionnelle, ce sont de grands principes qui sont extrêmement importants pour nous, rappelle Me Monika Mahy-Ma-Tsonga, bâtonnière du barreau d’Aix. Néanmoins on s’aperçoit déjà, nous, praticiens, que nous ne l’évoquons pas suffisamment, qu’elle n’est pas assez appliquée. Il y a encore beaucoup de choses à faire, mais nous sommes là pour y réfléchir ensemble et pour aller dans le courant en matière de droit de l’environnement. Nous devons tous, nous, praticiens, nous saisir de ce droit. » Pour alimenter les réflexions, plusieurs intervenants, dont Yann Aguila, ancien membre du Conseil d’État, ou Arnaud Gossement, spécialiste en droit de l’environnement, tous deux issus du barreau de Paris ou Me Didier Del Prête, président de la commission de droit de l’environnement du barreau d’Aix-en-Provence. « C’est un regard croisé qui est proposé autour de ce sujet, précise Me Michel Samourcachian, l’un des organisateurs du colloque. Lui espérait 80 inscrits, ce sont finalement une centaine de personnes qui ont répondu présent. « L’enjeu est aussi de promouvoir le droit de l’environnement auprès des juristes, du public, des étudiants, c’est une matière qui est en développement, en construction (…) Je suis ravi qu’on puisse travailler sur un sujet majeur, sujet pour les jeunes générations, les futurs confrères. Il y a beaucoup de choses à créer. On a besoin de juristes qui s’en emparent », constate de son côté Me Didier Del Prête. « Aujourd’hui, le droit de l’environnement est un droit ou il faut être spécialiste (…) et ou l’on manque énormément de juristes. C’est une matière qui est riche et transversale », complète Me Xavier Pietra, bâtonnier élu, qui prendra ses fonctions d’ici janvier.

  • Bâtir « une ville plus sûre » face au changement climatique

    La maire de Toulon Josée Massi (SE) a ouvert la séance publique en remerciant les services municipaux et métropolitains, les secours et bien sûr les bénévoles pour leur mobilisation exemplaire lors des inondations de dimanche dernier. Et de lancer : « Notre responsabilité est claire et nous devons renforcer nos protections pour l’avenir et transformer cette épreuve pour bâtir une vie plus sûre face aux défis climatiques qui ne manqueront pas d’advenir. Face à l’épreuve, c’est l’unité et la solidarité qui nous rendront plus fort. »

    Une orientation concrétisée lors du vote de la délibération portant sur les engagements de la ville concernant la transition écologique, par la ratification d’accords conformes à ceux énoncés lors de la deuxième édition de la COP régionale 2024.

    « Toulon s’inscrit depuis plusieurs années dans une démarche globale de développement durable qui vise à inscrire l’exigence environnementale dans l’ensemble de ses politiques publiques tant en fonctionnement qu’en investissement », a rappelé en préambule l’adjoint à l’écologie urbaine Mohamed Mahali.

    « C’est le premier étage de la fusée », indique l’élu, en précisant qu’il ne s’agit pas là d’une déclaration d’intention puisque les parties sont tenues d’adresser au secrétariat de la COP leurs contributions budgétées ainsi que les objectifs poursuivis.

    Il n’en a pas fallu davantage à l’extrême droite pour exprimer à nouveau son climatoscepticisme. Même si on n’a pas très bien compris la démonstration à laquelle s’est essayé Amaury Navaranne (RN) avant la charge, en parlant « d’auto-labélisation », « de changement de paradigme » ou encore de « reconnaissance des erreurs passées qui est une vertu ».

    Pour l’élu du Rassemblement national, « il faut cesser de s’auto-culpabiliser ». Et de poursuivre sur un air de « c’est la faute à personne » : « Quand je lis que l’augmentation de la température a été de 2,1 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle, c’est quand même pas de notre faute. C’est la planète. » Pour l’extrême droite ce n’est qu’un cycle « de notre univers, de notre monde » avec « des ères qui augmentent en chaleur et des ères qui diminuent en chaleur ».

    « C’est justement parce qu’il y a des chartes et parce qu’il y a des démarches de ce type qu’on fait évoluer les choses et qu’on vient se mettre à la hauteur des enjeux pour justement faire en sorte que ces intempéries soient moins violentes ou que les épisodes caniculaires soient moins meurtriers », lui répond Magali Brunel (PS) pour Toulon en Commun. La professeure poursuit avec pédagogie à l’attention de l’élève borné : « On est à l’ère de l’anthropocène. Ça signifie que c’est l’homme qui est acteur du changement du climat. C’est prouvé dans toutes les conclusions scientifiques. » Même détermination affichée par l’élue d’opposition Cécile Muschotti (Union des centristes écologistes) : « Je trouve ça gravissime de remettre en cause la science, les sciences dures en l’occurrence et un certain nombre de productions faites par le Giec et d’autres », condamne-t-elle. Une posture du Rassemblement national, poursuit l’élue, qui « joue sur cette pente glissante du populisme en disant ce n’est pas de votre faute, ne soyons pas dans l’anxiété ».

    Et de conclure : « Il faut regarder les choses avec réalisme et ne pas mentir aux gens. »

    Ça, c’est beaucoup leur demander.

  • Chefs-d’œuvre des musées de Marseille

    plâtre et métal peint, format 82 x 37 x 71 cm,

    On découvre ses couleurs et son cri. Une cage rectangulaire, un socle et des barreaux de métal enchâssent son entrée en scène. On remarque un crâne émacié, des traits criblés par plusieurs stigmates, une bouche stupidement hurlante, des moignons de mâchoires apparentes, une incroyable encolure de cheval. Parfaitement absurdes, voilà que surgissent d’un néant plus ou moins burlesque, ce transpercement, cet effilement et cette excroissance, la pointe difficilement terminable de son nez. L’extravagance de ce plâtre rejoint les terreurs irrationnelles qu’éprouvent les enfants et les adultes. Un croc et les nœuds d’une cordelette empêchent les déséquilibres qu’il devrait provoquer.

    Ce serait une agonie sans recours possible. Une œuvre de rebrousse-poil qu’on peut trouver brutale, démesurée, carnavalesque et sarcastique. Quelques-uns, c’est assez facile, estiment carrément phallique le développement de son nez. Plus ou moins dérisoires, sa suspension et son épuisement ressemblent à un début d’exorcisme. Ce malheureux est ambivalent, Pinocchio est un frère qui engendre de la compassion.

    C’est une œuvre de l’après-guerre que Giacometti remanie, au lendemain d’une exposition de 1948 dans la galerie Pierre Matisse de New York. Il s’acharne à réaliser à Paris en 1949 cette seconde version présentée à Cantini. Dans sa monographie Yves Bonnefoy explique qu’à l’époque de la création de cette pièce, Alberto Giacometti sortait d’un grand désarroi. Il était traumatisé par le décès vers trois heures du matin, de son voisin Tonio, le gardien des ateliers de la rue Hippolyte-Maindron. Pour se délivrer de ce qui le hante, il aurait convoqué ses souvenirs d’un crâne-trophée aperçu au musée de Bâle. Dans un essai édité chez Gallimard, Jean Clair évoque à propos de cette face de Carême, Nicolas Gogol et Stanley Kubrick. Il souligne qu’en cette occurrence, Giacometti s’éloigne franchement d’André Breton et des utopies Surréalistes. Sans futur envisageable, il se rapproche de Pablo Picasso et de la revue Documents de Georges Bataille où furent publiées des reproductions de masques et de crânes océaniens.

    À revenir voir sans plus attendre. Depuis jeudi et jusqu’au moment de la clôture définitive, demain soir 18h, ce dimanche 29 septembre, la Ville de Marseille offre des entrées libres et gratuites rue Grignan, chez Jules Cantini, exposition « Alberto Giacometti, Sculpter le vide ».

  • Les nouvelles pages de la maison d’édition phocéenne

    Cela ne fait que 4 ans et demi que la maison d’édition le Bruit du monde existe. Pourtant, une cinquantaine de livres porte déjà le nom de la maison d’édition. Et le 2 octobre, ce sont trois nouveaux livres qui vont rejoindre son catalogue, dont deux non-fictions écrites et pensées à Marseille.

    C’est en mars 2021 que Marie-Pierre Gracedieu et Adrien Servières, tout deux salariés chez des grands éditeurs à Paris, montent leur propre édition dans la cité phocéenne. « Nous voulions publier peu mais mieux », explique la fondatrice. L’ambition, comme l’indique son nom, est de faire voir aux lecteurs « des mondes qui leur sont inconnus », d’après les mots de l’éditrice. Tout en mettant l’accent sur la narration.

    Si c’est à Marseille qu’ils ouvrent leur boutique, ce n’est pas un hasard. « On a choisi la ville pour son histoire, qui remonte à l’antiquité et ses migrations, explique Marie-Pierre Gracedieu. C’est aussi pour sa dimension internationale que l’on est venu. Ici, on entend parler de nombreuses langues. C’est ce que l’on espérait, et ça s’est concrétisé en allant au-delà de nos espérances », affirme-t-elle.

    La publication le 2 octobre du récit d’Amine Kessaci Marseille essuie tes larmes est un aboutissement pour la petite maison d’édition. « On suit depuis le tout début de notre maison d’édition l’écriture de ce livre. On a rencontré Amine Kessaci grâce à Philippe Pujol il y a quatre ans, se souvient Marie-Pierre Gracedieu. Pour nous, il traduit ce que l’on voulait faire avec notre édition : faire voir des univers inconnus et casser les préjugés. » Ce récit à la première personne prend la forme de lettres adressées à son frère mort d’un narcomicide. L’auteur y raconte les conséquences de ce trafic sur sa vie et celle des habitants de son quartier.

    Le deuxième ouvrage, Mazan, anthropologie d’un procès pour viol, d’un collectif de 14 chercheurs et chercheuses sort également le 2 octobre. Un livre né entre les murs de la veille charité, où travaille le collectif. Il donne à voir « un sujet que l’on pense connaître d’une autre façon », explique l’éditrice. « Le but était de s’intéresser aux interstices, d’aller voir là où personne ne va voir : au café en face du tribunal, dans le procès d’à côté… Pour raconter les conséquences de ce procès pour les gens », explique Riwanon Gouez, l’une des autrices.

  • A Avignon, Génération.s sonde les candidats à gauche

    Une semaine après avoir porté, avec le PCF et l’Après, une pétition appelant au rassemblement à gauche en vue des municipales des 15 et 22 mars, Génération.s poursuit son combat pour l’union. « Certaines formations politiques s’entredéchirent pour choisir leur stratégie et leur tête de liste. Nous faisons le pari de l’intelligence citoyenne et parions sur le programme comme base de l’unité », brosse Éric Deshayes, co-référent Génération.s Vaucluse et adjoint en charge de la ville démocratique.

    Dans cette optique, son parti vient d’adresser un questionnaire aux candidats déclarés ou à venir, mais aussi chefs de file des partis de gauche. « On souhaite avoir des engagements et de la transparence auprès des habitants sur le bilan de la majorité, la lutte contre l’extrême droite, les priorités, la gouvernance ou le périmètre de l’union », détaille Éric Deshayes. En parallèle, Génération.s demande un retour sur 20 premières propositions qu’il porte : maison des citoyens, expérimentation d’un revenu d’existence jeunes, renforcement de la vidéo surveillance, création d’une brigade du civisme ou illumination du pont d’Avignon aux couleurs de l’Ukraine et de la Palestine.

    En sondant les candidats, Génération.s espère prouver que les projets des uns et des autres se ressemblent. « On veut pousser la logique au maximum et montrer aux gens qu’ils sont d’accord sur plein de choses », insiste l’adjoint, qui rappelle « qu’on a tous très bien travaillé ensemble pendant ce mandat, on ira là où il y a le plus grand rassemblement collectif ».

  • Le cirque fait son festival tout au long du week-end à Aix

    Cette année encore le Centre international des arts en mouvement (Ciam) d’Aix-en-Provence a organisé son festival « Jours [et nuits] de cirque(s) » avec pour point d’orgue et de clôture, ces samedi et dimanche.

    Et le moins que l’on puisse dire avec cette treizième édition c’est que plus que jamais, le cirque est un art populaire, à la portée de tous et qui doit le rester. Une volonté affirmée par le Ciam et dont la programmation a été orchestrée cette année par l’artiste Marie Molliens.

    Temps forts pour tous

    Le fil rouge, « un cirque-théâtre, où l’écriture, le jeu et le lien au spectateur sont au cœur des propositions ». Loin d’un cirque « simpliste et édulcoré », c’est un cirque « accessible, généreux, théâtral et festif » qui donne rendez-vous aux petits et aux grands samedi et dimanche. Un cirque où les artistes favorisent l’échange avec les spectateurs pour ne former qu’un.

    Une dimension de l’événement qui s’incarne dans le spectacle Vu à découvrir samedi à 18h30 et dimanche à 11h.Un solo où la maîtrise du geste devient un langage à part entière lors d’une cérémonie du thé qui risquerait bien de déraper avec humour et finesse. Même son de cloche pour Lab Rats, samedi à 20h, un huis-clos roublant où deux corps dans une cage de verre révèlent ce qui nous relie quand les mots ne suffisent plus. Tous deux à voir au Grand châpiteau.

    Mais le festival est aussi placé cette année sous le signe de la fête, la joie la surprise et le rire avec Mortel jus de mortel à voir samedi à 11h, 14h et 16h puis dimanche à 13h, 15h et 17h. Au cœur du Mur de la mort, ce spectacle à mi-chemin entre traditions foraines et créations contemporaines va vous faire vrombir de plaisir.

    Détour de son côté est un spectacle de rue où l’humour est roi et où la parentalité sur la route et les imprévus du quotidien y sont racontés par un duo complice. Rendez-vous samedi à 15h et dimanche à 16h.

    Sinon, tout au long du week-end ce sont des ateliers créatifs et de cirques pour enfants, ados et parents mais aussi des scènes ouvertes gratuites et des visites guidées qui vous sont proposées.

    Infos et résa : joursetnuitsdecirques.fr