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  • [Entretien] Nicolas Lebourg : « Le fil rouge de Rivesaltes, c’est l’histoire coloniale »

    [Entretien] Nicolas Lebourg : « Le fil rouge de Rivesaltes, c’est l’histoire coloniale »

    La Marseillaise : Comment et dans quel but a été créé ce mémorial ?

    Nicolas Lebourg : C’est une pétition citoyenne en 1998 qui a poussé à sa création, ce ne sont pas les institutions au départ. Cette pétition a fait suite aux révélations de l’envoi à la déchetterie d’archives relatives à la déportation des juifs internés au camp de Rivesaltes vers Drancy, avec pour destination finale Auschwitz. Ce qui est très particulier dans le camp de Rivesaltes, c’est que l’histoire du lieu va être construite pour faire le mémorial. Jusque-là, elle n’existe pas, il n’y a qu’une histoire orale. La société civile demande donc qu’on arrête de mettre ce passé sous la table.

    Quelles sont les populations qui sont passées par ce camp ?

    N.L. : De manière synthétique, pour la période de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu des juifs étrangers du sud de la France, des familles de Républicains espagnols mais aussi des « nomades », c’est le terme employé à l’époque. Ensuite, il va y avoir le menu fretin des collaborateurs. Le camp sert alors plutôt de protection face aux risques d’exécutions extrajudiciaires. Il y a aussi un dépôt de prisonniers de guerre allemands qui est conséquent. Ensuite, il va y avoir un centre de formation réservé aux Nord-Africains dans l’idée qu’ils vont être reconnaissants à la France de les avoir formés. En réalité, Rivesaltes devient un centre de propagande indépendantiste. Il y a aussi une prison spéciale FLN en 1962. Ensuite, il y a des soldats guinéens et des harkis, environ 22 000, qui restent pour les derniers jusqu’en 1978. Enfin, Rivesaltes sera un centre de rétention administrative qui ouvre dans les années 1980 et qui va fermer en 2007. Le fil rouge de Rivesaltes, c’est l’histoire coloniale française. Le camp a été utilisé sous trois Républiques et sous Vichy. Les guerres d’Espagne, d’Indochine et d’Algérie laissent toutes leurs traces dans ce camp. Quand on regarde, le plus important ce n’est pas la violence de l’État mais le désintérêt et l’indifférence de la société pour ces populations.

    Le RN a critiqué la présence d’un film sur les droits LGBT en Ouganda. Pourquoi ce sujet a toute sa place au Mémorial ?

    N.L. : Étant donné la répression des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale, il est d’une rationalité absolue que l’on parle de l’homophobie et des homosexuels dans un lieu comme celui-ci. Si ce lieu ne parle pas de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme et d’homophobie, il trahit les gens qui y sont passés.

    La montée du RN s’accompagne-t-elle d’une réécriture de l’Histoire ?

    N.L. : Nous sommes sur un complet changement de régime mémoriel. La guerre d’Algérie est devenue la matrice des mémoires en France. Tous les débats, toutes les polémiques sur la société d’aujourd’hui portent sur la guerre d’Algérie. Georges Orwell disait que le pouvoir autoritaire réécrivait l’Histoire comme un palimpseste et que ça participe de l’acceptation des idées autoritaires. L’extrême droite revendique un double discours : un, que l’islam agresse en continu les civilisations, de Poitiers à nos jours, avec la guerre d’Algérie comme point fondamental. Et deux, que de tout temps, la gauche a été collaborationniste avec un retournement complet de l’image de la collaboration durant la Seconde guerre mondiale. Mais aussi que la gauche serait collaborationniste dans l’invasion de la France. Ce n’est pas nouveau, Jean-Marie Le Pen avait déjà fait une affiche avec « Le Pen, la résistante ». Mais à l’époque, ça ne marchait pas. Aujourd’hui, avec le déplacement du régime de mémoire et la banalisation du RN, ça marche bien. L’histoire vue par CNews qui explique que le fascisme est en fait un socialisme et que la gauche c’est la collaboration, imprègne la population.

    Vous dîtes « ce n’est pas la mémoire qui divise, mais le ressentiment ». Qu’entendez-vous par là ?

    N.L. : Je crois qu’une grande partie de nos soucis actuels en France sont liés à cette culture du ressentiment. Ce qu’on nous raconte toute la journée avec d’autres mots sur les oppositions entre mémoires, entre groupes sociaux, entre cultures ou ethnies, relève du ressentiment. L’aigreur nous mine collectivement. J’ai travaillé sur les personnes arrêtées pour des faits violents d’ultra droite depuis 2017 et je constate qu’elles viennent de territoires où l’on vit mieux que la moyenne. Ça ne confirme pas le discours de la violence qui naît de la misère, au contraire. Elles vivent dans des territoires plus inégalitaires où il y a ce ressentiment. Ces personnes travaillent et ont l’impression qu’il y a des « parasites » en bas, des immigrés qui prennent les allocations par exemple. Elles pensent que les autres sont mieux traités et qu’elles s’opposent à eux pour s’affirmer. C’est une aigreur collective qui peut faire exploser une société.

  • [Entretien] Abderahmen Moumen : « Le fil rouge de Rivesaltes, c’est l’histoire coloniale »

    [Entretien] Abderahmen Moumen : « Le fil rouge de Rivesaltes, c’est l’histoire coloniale »

    La Marseillaise : Comment et dans quel but a été créé ce mémorial ?

    Nicolas Lebourg : C’est une pétition citoyenne en 1998 qui a poussé à sa création, ce ne sont pas les institutions au départ. Cette pétition a fait suite aux révélations de l’envoi à la déchetterie d’archives relatives à la déportation des juifs internés au camp de Rivesaltes vers Drancy, avec pour destination finale Auschwitz. Ce qui est très particulier dans le camp de Rivesaltes, c’est que l’histoire du lieu va être construite pour faire le mémorial. Jusque-là, elle n’existe pas, il n’y a qu’une histoire orale. La société civile demande donc qu’on arrête de mettre ce passé sous la table.

    Quelles sont les populations qui sont passées par ce camp ?

    N.L. : De manière synthétique, pour la période de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu des juifs étrangers du sud de la France, des familles de Républicains espagnols mais aussi des « nomades », c’est le terme employé à l’époque. Ensuite, il va y avoir le menu fretin des collaborateurs. Le camp sert alors plutôt de protection face aux risques d’exécutions extrajudiciaires. Il y a aussi un dépôt de prisonniers de guerre allemands qui est conséquent. Ensuite, il va y avoir un centre de formation réservé aux Nord-Africains dans l’idée qu’ils vont être reconnaissants à la France de les avoir formés. En réalité, Rivesaltes devient un centre de propagande indépendantiste. Il y a aussi une prison spéciale FLN en 1962. Ensuite, il y a des soldats guinéens et des harkis, environ 22 000, qui restent pour les derniers jusqu’en 1978. Enfin, Rivesaltes sera un centre de rétention administrative qui ouvre dans les années 1980 et qui va fermer en 2007. Le fil rouge de Rivesaltes, c’est l’histoire coloniale française. Le camp a été utilisé sous trois Républiques et sous Vichy. Les guerres d’Espagne, d’Indochine et d’Algérie laissent toutes leurs traces dans ce camp. Quand on regarde, le plus important ce n’est pas la violence de l’État mais le désintérêt et l’indifférence de la société pour ces populations.

    Le RN a critiqué la présence d’un film sur les droits LGBT en Ouganda. Pourquoi ce sujet a toute sa place au Mémorial ?

    N.L. : Étant donné la répression des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale, il est d’une rationalité absolue que l’on parle de l’homophobie et des homosexuels dans un lieu comme celui-ci. Si ce lieu ne parle pas de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme et d’homophobie, il trahit les gens qui y sont passés.

    La montée du RN s’accompagne-t-elle d’une réécriture de l’Histoire ?

    N.L. : Nous sommes sur un complet changement de régime mémoriel. La guerre d’Algérie est devenue la matrice des mémoires en France. Tous les débats, toutes les polémiques sur la société d’aujourd’hui portent sur la guerre d’Algérie. Georges Orwell disait que le pouvoir autoritaire réécrivait l’Histoire comme un palimpseste et que ça participe de l’acceptation des idées autoritaires. L’extrême droite revendique un double discours : un, que l’islam agresse en continu les civilisations, de Poitiers à nos jours, avec la guerre d’Algérie comme point fondamental. Et deux, que de tout temps, la gauche a été collaborationniste avec un retournement complet de l’image de la collaboration durant la Seconde guerre mondiale. Mais aussi que la gauche serait collaborationniste dans l’invasion de la France. Ce n’est pas nouveau, Jean-Marie Le Pen avait déjà fait une affiche avec « Le Pen, la résistante ». Mais à l’époque, ça ne marchait pas. Aujourd’hui, avec le déplacement du régime de mémoire et la banalisation du RN, ça marche bien. L’histoire vue par CNews qui explique que le fascisme est en fait un socialisme et que la gauche c’est la collaboration, imprègne la population.

    Vous dîtes « ce n’est pas la mémoire qui divise, mais le ressentiment ». Qu’entendez-vous par là ?

    N.L. : Je crois qu’une grande partie de nos soucis actuels en France sont liés à cette culture du ressentiment. Ce qu’on nous raconte toute la journée avec d’autres mots sur les oppositions entre mémoires, entre groupes sociaux, entre cultures ou ethnies, relève du ressentiment. L’aigreur nous mine collectivement. J’ai travaillé sur les personnes arrêtées pour des faits violents d’ultra droite depuis 2017 et je constate qu’elles viennent de territoires où l’on vit mieux que la moyenne. Ça ne confirme pas le discours de la violence qui naît de la misère, au contraire. Elles vivent dans des territoires plus inégalitaires où il y a ce ressentiment. Ces personnes travaillent et ont l’impression qu’il y a des « parasites » en bas, des immigrés qui prennent les allocations par exemple. Elles pensent que les autres sont mieux traités et qu’elles s’opposent à eux pour s’affirmer. C’est une aigreur collective qui peut faire exploser une société.

  • Rivesaltes : un Mémorial debout face à la haine

    Rivesaltes : un Mémorial debout face à la haine

    « Rivesaltais d’origine, j’ai toujours connu cet endroit, sur la nature duquel, comme tant d’autres, je me suis tardivement interrogé. Et je me suis dit un camp, un camp qui disparaît, c’est un camp qui n’a jamais existé… ma hantise c’était ça, c’était que l’oubli soit absolu sur le site de ce camp. Ce n’est plus le cas maintenant. » En 2011, l’écrivain Claude Delmas, disparu le 20 septembre 2016 se confiait face caméra aux équipes du Mémorial de Rivesaltes. Il fut l’un des artisans, avec l’enseignante Claude Vauchez, d’une pétition nationale du collectif « Pour la mémoire vivante du camp de Rivesaltes ». Cette initiative citoyenne a abouti à faire revivre, pour transmettre son histoire, le camp de Rivesaltes, lieu d’enfermement utilisé par l’État français, du gouvernement de Vichy jusqu’en 2007 ! (lire page 6).

    Des archives dans une déchetterie

    Il s’en est fallu de peu pour que l’histoire du camp reste inconnue. C’est la découverte, dans une déchetterie de Perpignan, d’archives du camp relatives aux internés juifs et à leur déportation qui va enclencher le processus. Serge Klarsfeld, Simone Veil, Robert Badinter (qui sera le parrain du projet de Mémorial), le prix Nobel de littérature Claude Simon, Edgar Morin signeront la pétition. Le site est inscrit aux Monuments historiques en 2000.

    Une nouvelle étape est franchie en 2006 quand l’architecte marseillais Rudy Ricciotti remporte le concours d’architecture. Les travaux débutent en 2012 et dureront trois ans, jusqu’à l’ouverture du Mémorial du camp de Rivesaltes (MCR) en octobre 2015. Dix ans plus tard, le Mémorial célèbre son dixième anniversaire en proposant des tables rondes (lire page 6).

    En 10 ans, l’extrême droite a prospéré et deux députés RN, Laurent Jacobelli et la députée des Pyrénées-Orientales, Michèle Martinez ont attaqué le Mémorial en l’accusant d’occulter les Harkis. C’est factuellement faux. Dans une tribune parue dans Libération, l’historien Nicolas Lebourg – que nous avons interrogé (lire page 5) leur a répondu : « M. Jacobelli dit que le MCR a été créé en hommage aux “harkis et pour tous ceux qui sont passés par le camp”. Il ne les nomme pas. Mme Martinez affirme qu’au MCR “le passé harki est parfois invisibilisé par d’autres mémoires”. Elle ne les nomme pas. Aidons-les. Ouvert en 1941, le camp a interné des milliers de républicains espagnols qui avaient fui les exécutions franquistes, des milliers de juifs étrangers, ensuite transférés vers Drancy puis Auschwitz. Était-ce des mots si difficiles à utiliser : “juifs” “républicains” ? Sont-ce des mémoires honteuses avec lesquelles voisiner ? » Cette attaque de l’extrême droite française fait écho à ce qui s’est passé en Allemagne en septembre 2024 quand le parti néonazi AfD a attaqué en justice la Fondation des mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora pour avoir dénoncé les propos révisionnistes de ses candidats. La justice a donné raison aux défenseurs de la mémoire mais les a obligés à supprimer de son site son appel à ne pas voter AfD. Néanmoins, pour le professeur Jens-Christian Wagner « la décision du tribunal administratif de Weimar est d’une importance fondamentale pour tous les lieux de mémoire en Allemagne, car elle confirme leur fonction sociale de préservation de la mémoire des victimes du national-socialisme, même dans les conflits politiques actuels ». Pour le directeur de la fondation, « il est révélateur que l’AfD tente de limiter notre efficacité et de nous intimider. Un mémorial de camp de concentration ne peut être apolitique ; il doit élever la voix lorsque l’histoire est déformée et que la mémoire des victimes du national-socialisme est bafouée. Nous ne sommes pas neutres face à la banalisation de l’Holocauste ».

    Sources : Mémorial de Rivesaltes, de Montpellier, journal Der Spiegel

  • Une ombrière pour la carrière antique de la Corderie

    Une ombrière pour la carrière antique de la Corderie

    L’installation est destinée à présenter aux scolaires « les parties sommitales affleurantes d’un front de taille » de ce qui était une exceptionnelle carrière gréco-archaïque et hellénistique, premier témoin de la fondation de Massalia par les Phocéens au VIe av. JC. Huit ans de bataille politique pour accoucher d’une cahute en planches de chez Leroy-Merlin et honorer formellement la promesse de « visibilité, accessibilité et transmission » lancée par la ministre de la Culture de l’époque, Françoise Nyssen. On se languit de découvrir le fac-similé d’un élément du pressoir à huile qui doit compléter « l’évocation du site antique » dans le jardin rénové de Saint-Nicolas.

  • Étrangers, une odyssée sans fin

    Étrangers, une odyssée sans fin

    Dans un rapport paru le 7 octobre 2025, l’Insee indique la présence de 6 millions d’étrangers vivant sur le territoire français. Il n’en fallait pas plus pour que les prophètes de l’apocalypse migratoire crient à la submersion. L’analyse des chiffres de l’Insee invalide pourtant l’idée d’une crise migratoire.

    En effet, la France n’a pas l’attractivité qu’on lui prête. La part de personnes étrangères parmi l’ensemble de la population en France (8,8%) est bien inférieure à l’ensemble des pays frontaliers comme l’Italie (8,9%), l’Espagne (13,4%), la Belgique (13,8%) et l’Allemagne (14,5%).

    Manifestement, le régime « trop attractif » des prestations sociales et de la couverture maladie, régulièrement ciblé par la droite et l’extrême droite au nom de la « priorité nationale », ne crée pas l’appel d’air tant évoqué.

    Le droit au séjour de ces 6 millions d’étrangers dépend des préfectures, en charge de l’instruction des demandes d’admission au séjour.

    Or, faute de pouvoir murer les frontières, l’administration française a muré ses bureaux. Elle a ainsi édifié de nombreux remparts aux étrangers souhaitant faire valoir leurs droits. De la première demande d’admission au séjour à la demande de renouvellement, chaque étranger fait face à des procédures kafkaïennes, des délais interminables et des dysfonctionnements constants.

    Absence de rendez-vous, défaut de délivrance de récépissé, refus d’enregistrement, demandes répétées de pièces complémentaires déjà transmises, il leur faudra s’armer de patience et d’abnégation pour faire valoir leurs droits.

    Recul de l’accès aux droits

    La dématérialisation des procédures est venue parachever l’œuvre de l’administration française. Entre blocage informatique et clôture ou classement de dossier sans explications, la maltraitance administrative se poursuit sans qu’aucune réponse ne soit apportée.

    Ces carences ont des conséquences dramatiques pour les étrangers qui fautent de parvenir à faire valoir leurs droits, perdent leurs emplois, leurs logements, voient leurs vies privées et familiales déstabilisées… L’incurie de l’État pousse dans l’irrégularité des étrangers parfaitement intégrés depuis de nombreuses années.

    Ce recul constant de l’accès aux droits des étrangers est un grand révélateur de la dégradation de l’État de droit. En effet, face à de tels dysfonctionnements, force est de constater que ce parcours du combattant est dû à un manque de moyens de l’administration, lequel ne saurait être vu autrement que la manifestation d’une volonté politique délétère.

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  • Des travaux nocturnes sur l’A50 jusqu’en mars 2026

    Des travaux nocturnes sur l’A50 jusqu’en mars 2026

    « Dans le cadre de sa politique de maintenance et d’entretien du patrimoine autoroutier, Vinci Autoroutes réalise, depuis le début du mois d’octobre, plusieurs travaux de maintenance coordonnés sur l’autoroute A50 », renseigne le groupe.

    Ces travaux, qui se poursuivront jusqu’au début du mois de mars 2026, s’inscrivent dans un programme d’entretien régulier, financé à 100% par le groupe, afin de garantir la sécurité, la fiabilité et la pérennité de l’infrastructure. Plutôt que d’intervenir en plusieurs fois, Vinci Autoroutes indique s’orienter sur une autre organisation : « nous avons choisi de regrouper trois opérations de maintenance en simultané, de façon à limiter la durée globale du chantier et réduire la gêne pour les usagers. Cette organisation, avec coupure de l’autoroute, permet aussi de concentrer les interventions sur une période plus courte. »

    Afin de minimiser les perturbations, les fermetures sont programmées uniquement de nuit, en semaine, de 21h à 6h. Elles sont effectives entre les échangeurs de La Ciotat (n°9) et de Carnoux (n°6) en direction de l’autoroute A8 et incluent les bretelles d’entrée des échangeurs de La Ciotat (n°9), Cassis (n°8) et La Bédoule (n°7).

    Déviation

    La circulation étant plus faible la nuit, ces coupures permettent de travailler dans des conditions plus sûres pour les équipes. L’une des raisons pour procéder à ces travaux en coupure du flux est la sécurité. Chaque année, sur le réseau autoroutier, près d’un fourgon d’intervention est heurté chaque semaine et les équipes constatent de nombreuses intrusions en zone de chantier.

    Jusqu’au 19 décembre, ces travaux, qui ont pour objet la vérification des parois de l’A50 et ses abords, auront lieu quatre nuits par semaine, hors week-ends et jours fériés. Après une pause pendant les fêtes de fin d’année, ils reprendront pour s’achever début mars 2026.

    Durant le chantier, une déviation locale est mise en place. Elle allonge le temps de parcours d’environ dix minutes en moyenne, selon les conditions de circulation. Dans le sens Toulon-Marseille, les conducteurs devront obligatoirement emprunter la bretelle de sortie de l’échangeur de La Ciotat (n°9), suivre la D40B puis la D559 en direction de Cassis, puis la D559A direction Roquefort-La-Bédoule pour reprendre l’A50 au niveau de la bretelle d’entrée de l’échangeur de Carnoux (n°6), direction Marseille via l’A50 ou direction Aix-en-Provence via l’autoroute A52.

    Dans le sens Marseille-Toulon, les conducteurs en provenance de La Ciotat qui souhaitent rejoindre l’A50 en direction de Toulon pourront suivre la D40B, la D559 direction Saint-Cyr, puis reprendre l’A50 au niveau de l’échangeur Saint-Cyr-sur-mer (n°10) direction Toulon.

    Pour s’informer en temps réel, les conducteurs peuvent écouter le 107.7, ou consulter le site Internet ou compte X du groupe. Pour mémoire, Vinci Autoroutes exploite un réseau de 44 43 km en France, géré par les sociétés concessionnaires ASF, Cofiroute, Escota, Arcour et Arcos.

  • #DisMoiPourquoi : l’IA peut-elle inventer des histoires vraiment nouvelles ?

    #DisMoiPourquoi : l’IA peut-elle inventer des histoires vraiment nouvelles ?

    Lila, 12 ans. En CM2 à l’école La Salle à Avignon.

    Quand tu parles de l’IA, tu veux sans doute dire l’IA générative, avec un programme comme Le Chat, ChatGPT, ou d’autres. Ces programmes fonctionnent, comme tout ce qu’on appelle « intelligence » artificielle, avec des algorithmes, et donc compilent d’immenses bases de données à partir de consignes données par l’utilisateur, des « prompts ». Ils sont capables de générer des histoires, et même des histoires plutôt réussies ; mais est-ce que c’est vraiment « inventer » ?

    Quand une IA générative te fournit une histoire nouvelle, c’est parce qu’elle a un immense stock d’histoires dont elle a réagencé les éléments entre eux. Les écrivains aussi s’inspirent des histoires des autres, c’est vrai. Toutefois, l’invention, et la création artistique ça signifie, pour moi, être conscient de ce qu’on veut faire – avoir un projet ou une idée de départ. Même si, comme le disait le philosophe Alain, le résultat d’une œuvre d’art dépasse toujours ce qui avait été imaginé avant. »

    Caroline Antherieu-Yagbasan, chercheure en philosophie AMU au Centre Gilles-Gaston-Grange

  • Clap de fin pour la campagne de sécurité des loisirs nautiques en mer Méditerranée

    Clap de fin pour la campagne de sécurité des loisirs nautiques en mer Méditerranée

    La campagne de sécurité des loisirs nautiques touchant à sa fin, au crépuscule de la saison estivale, l’heure était au bilan pour le Préfet maritime de la Méditerranée, le vice-amiral d’escadre Christophe Lucas, et le directeur du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med, implanté à la Garde), Aymeric le Masne de Chermont.

    En préambule, le Préfet maritime a tenu à saluer le rôle des bénévoles de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), « qui réalisent quasiment 50% des primo interventions ». Des acteurs primordiaux sur une zone Méditerranée qui couvre 2 000 km de côtes et 115 000 km² de zone de sauvetage, mobilisant 70 moyens nautiques, 30 aériens, 19 sémaphores et 47 stations SNSM. D’autant plus avec une saison « qui commence de plus en plus tôt, au week-end de Pâques, marquée par une densification et une diversification des usages ». Quatre piliers ont structuré cette campagne : « sensibiliser, informer, contrôler et réglementer. »

    Cette saison, le Cross Med et la Préfecture maritime ont recensé 3 536 opérations (+14%), soit 30 événements par jour en moyenne. 8 072 personnes ont été impliquées (+4%), mais les décès, au nombre de 38, sont en baisse (-17%), parmi lesquels 15 liés à la baignade et 6 à la plongée, avec une moyenne d’âge élevée (respectivement 75 et 60 ans). « Ces drames doivent nous pousser à ne pas relâcher la garde », souligne Christophe Lucas.

    La baisse de l’accidentologie (-10%) et de la mortalité (-33%), deux domaines fixés comme prioritaires avant la saison, est donc une satisfaction. Même si cela ne doit pas masquer les efforts à maintenir sur les activités en particulier (+9% d’accidents liés à la baignade), et la nécessité de conserver « un dialogue avec les collectivités et les maires, qui gèrent leurs zones de baignades, et avec les acteurs du milieu nautique », insiste le vice-amiral Lucas.

    La diversification des pratiques, notamment avec l’essor du paddle, a également été marquante : « 99 opérations » ont concerné cette activité, observe Aymeric le Masne de Chermont, qui parle d’un « effet boomerang après une hausse des achats. Les paddles doivent être marqués pour éviter une opération lorsqu’il y en a un à la dérive, alors que le pratiquant a juste égaré sa planche ».

    Le 196, un numéro d’urgence à connaître

    Car ce qui fait encore défaut se résume à « trois facteurs : manque de préparation, inexpérience et comportements irresponsables. Le volet prévention et contrôle doit garantir une meilleure sécurité. Il n’y a pas de bonne pratique sans contrôles », martèle le Préfet maritime. Ainsi, 11 971 contrôles ont été menés (+10%), donnant lieu à 3 928 infractions (+12%), principalement pour trois raisons. « vitesse, mouillage dans des zones interdites et défaut de matériel de sécurité. Il faut partager l’évolution de la réglementation pour permettre une meilleure sécurité. Par exemple, qu’il y ait un deuxième coupe-circuit et un téléphone chargé sur les bateaux », ou « l’obligation de porter un shorty en néoprène pour le jet-ski depuis 2024, ce qui réduit considérablement les dégâts corporels », ajoute Muriel Vergne, médecin urgentiste, responsable médicale du Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM).

    Il en va également de la responsabilité de chacun, en ce qui concerne son propre danger : « On n’a pas le même état physique à 20 ou 80 ans. La durée de vie augmente, les loisirs continuent, donc on a forcément plus d’accidents. Il faut savoir dire non », prévient-elle, relevant tout de même une note positive sur les accidents de plongée : « On est appelé de plus en plus tôt. Certaines douleurs ne se voient pas, il faut être responsable plutôt que se taire pour ne pas inquiéter le groupe. » Dans tous les cas, un seul numéro d’urgence à retenir : « le 196, y compris en club de plongée. Il faut appeler au bon moment, au bon endroit », conclut le médecin.

    Infos et préventions sur l’application Nav&Co.

  • Le sous-préfet Mathieu Gatineau mise sur le dialogue

    Le sous-préfet Mathieu Gatineau mise sur le dialogue

    Mathieu Gatineau, originaire de la région lyonnaise, est officiellement entré en fonction comme sous-préfet le 15 septembre, succédant à Bruno Cassette. Il prend la tête d’un arrondissement préfectoral de plus de 500 000 habitants, répartis sur le Pays d’Aix et le Pays Salonais, soit 48 communes.

    Ce jeudi, cinq semaines après sa prise de poste, Mathieu Gatineau fait le point sur les grands dossiers du territoire et et les priorités qu’il entend porter dans les mois à venir. « On connaît toujours le haut du spectre [du Pays d’Aix], mais il y a tout le reste de l’arrondissement : les quartiers prioritaires de la ville, le territoire agricole, ses zones à forte protection environnementale », contextualise-t-il. Depuis son arrivée, Mathieu Gatineau s’est rendu dans dix communes de l’arrondissement.

    Ce mercredi, en sous-préfecture, il a installé le premier Comité opérationnel de lutte contre le logement insalubre. Sujet qui figure parmi les priorités de Mathieu Gatineau. Respect de la loi et lutte contre les trafics, respect de l’ordre publique, sécurité, s’affichent aussi parmi les « points importants » listés par le sous-préfet.

    Social et économie

    « Le préfet nous a demandé d’avoir des objectifs clairs. Quant aux priorités que l’on a ici, ce sont surtout nos politiques en matière de protection des personnes les plus faibles, avec le développement du logement social, qui reste un sujet très important, pour lequel il y a des solutions et qui peuvent convenir à la fois aux objectifs de l’État et des élus », estime Mathieu Gatineau. « Du contact que j’ai eu, il y a des communes carencées, mais je ne dirais pas que j’ai face à moi des maires réfractaires, rapporte le sous-préfet. Beaucoup aimeraient construire dans des conditions qui garantissent la mixité sociale, la diversité des habitats et qu’on respecte la liberté d’aménager… Avec du dialogue, on arrive toujours à produire du résultat ».

    Des « groupes de travail concrets » avec l’ensemble des services de l’État concernés sont déjà programmés. Dans les quartiers prioritaires, « il y a aussi beaucoup d’actions économiques à mener. On essaie de promouvoir des contrats d’initiative emploi pour les jeunes (…) Sous l’autorité d’Isabelle Epaillard [préfète déléguée à l’égalité des chances, Ndlr.], je tâcherais d’accélérer les choses », souligne Mathieu Gatineau.

    Dans le viseur du sous-préfet également, le développement économique du territoire. Parmi les enjeux : le projet international Iter, les mobilités, les aérodromes, le développement du bassin minier de Gardanne-Meyreuil… « Concilier le besoin de développement économique, le développement du tourisme d’affaires, de loisir, tout en garantissant la sécurité, la tranquillité de l’environnement et satisfaire aux demandes des riverains, c’est possible, assure Mathieu Gatineau. Encore une fois, il faut descendre dans le détail et chercher des solutions concrètes, plutôt que de se contenter de postures. »

  • Provence Rugby entame un nouveau bloc contre Nevers

    Provence Rugby entame un nouveau bloc contre Nevers

    « Les vacances sont plus simples, plus paisibles, quand on finit par une victoire, surtout à l’extérieur », lance Philippe Saint-André. Provence Rugby vient de passer quinze jours sans match pour la première fois depuis le début de la saison. Après leur victoire à Grenoble, ils accueillent, ce vendredi (19h30), un coriace adversaire avec Nevers, 4e du championnat. Le stade Maurice-David va retrouver ses joueurs pour ce choc entre deux prétendants aux play-offs de fin de saison. Les joueurs de la Nièvre ont idéalement commencé leur année et postulent pour un précieux succès à Aix-en-Provence. Le manager Saint-André ne prend pas à la légère ce concurrent. « Ils sont rudes, efficaces, durs dans les combats, puissants, mais nous le sommes aussi. »

    Cette victoire au Stade des Alpes, il y a deux semaines jour pour jour, pourrait bel et bien lancer définitivement la saison des Provençaux. Les joueurs ont montré durant ce match des progrès et un palier a sans doute été franchi. « Notre mêlée est plus solide, les ballons portés ont été plus efficaces. Défensivement, nous avons été bons et plus disciplinés. Je commence à mieux connaître les joueurs, eux connaissent mieux le staff. C’est un tout », détaille Philippe Saint-André. Il va falloir maintenant passer d’un bloc à l’autre. Et quel bloc. Nevers, Oyonnax, Brive, Colomiers et Aurillac, avec seulement deux matchs à domicile au total. D’où l’importance de l’emporter dès ce vendredi soir, même si l’adversité sera forte.

    « On s’est fixé un objectif »

    Le manager de Provence Rugby et ex-international français a proposé un but à ses joueurs pour ces cinq matchs de Pro D2. « On s’est fixé un objectif avec un nombre de points minimum et maximum, mais ça, je vous le dirai à la fin du bloc, ça fait partie du vestiaire », dit-il dans un sourire. « PSA » enchaîne : « Nous n’avons que deux matches à domicile, donc le bloc est solide. La Pro D2, il n’y a plus un match facile donc à nous d’être bons pour gagner des matchs et remonter au classement. » Autre objectif, apparaître rapidement dans les places de qualifiables pour les barrages de fin de saison. Désormais 7e, les Aixois sont aux portes de la zone de qualification. Mais le chemin est encore long jusqu’au printemps, là où ces différentes positions seront à sécuriser.

    Comme toutes les équipes, Provence Rugby a, en ce moment, son lot de blessés. Une dizaine. Dans les absences importantes, celle de Setareki Bituniyata. En feu lors du début de saison, l’ailier fidjien est sur la voie de la guérison. « Il revient plus vite que prévu, il sera peut-être disponible pour le match à Oyonnax, la semaine prochaine », souffle Saint-André. Andres Zafra est lui suspendu deux matchs et va manquer Nevers et Oyonnax.

    7e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (19h30)

    Arbitre : Benjamin Hernandez

    Provence Rugby : Portela – Lapegue, Lenoir, Finau, Drouet – Coville, Muntz – Gambini, Harrison, Jalagonia – Youyoutte, Van Eerten – Francis, Latterrade, Taofifenua

    Nevers : Mayo – Wassermann, Turner, Pommelet, Tshimanga – Tarel, Le Bourhis – Coulibaly, Fraser, Kazubek – Gabriel, Smith – Pkhakadze, Jules, Ikahehegi

    Muntz dans le groupe, encore un mois pour Piazzoli

    Un nouveau joueur va intégrer le groupe de Provence Rugby, ce vendredi, contre Nevers. Fidjien né en Nouvelle-Zélande, Caleb Muntz, 25 ans, est enfin disponible. Il a notamment eu des problèmes administratifs et est autorisé à jouer en France. Le demi d’ouverture est même titulaire et va donc faire ses débuts en France pour cette rencontre et découvrir le championnat de Pro D2.

    Concernant Guillaume Piazzoli, il sera encore absent quelque temps. Suspendu sept matches, le troisième ligne en a déjà purgé trois suite à son coup de sang, en fin de match, face à Biarritz. Son retour ne se fera donc pas avant la rencontre prévue mi-novembre contre Aurillac.