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  • [Exposition] Le Musée Cantini de Marseille réinvente son parcours

    [Exposition] Le Musée Cantini de Marseille réinvente son parcours

    Pensé à partir de l’histoire portuaire et des diasporas de la ville, l’accrochage propose une relecture du XXe siècle à aujourd’hui, ouverte sur les échanges entre Méditerranée, Amériques et Asie. Fidèle à son territoire, le musée met en avant une histoire de l’art globale, marquée par les croisements culturels et les hybridations.

    Les œuvres dialoguent entre générations et horizons, de Wifredo Lam à Kader Attia. Peinture, photographie, sculpture et poésie composent un ensemble décloisonné, enrichi par de nouveaux prêts et acquisitions donnant plus de place aux artistes femmes et aux scènes du Sud.

    Ce nouveau parcours préfigure la prochaine exposition du musée Cantini, « Juste au-dessus du silence, femmes engagées pour l’indépendance de l’Algérie », du 1er octobre 2026 au 21 mars 2027.

  • À Marseille, une formation dédiée aux travailleuses du BTP dans le quartier de Gèze

    À Marseille, une formation dédiée aux travailleuses du BTP dans le quartier de Gèze

    Les femmes ne représentent que 12% des travailleurs du bâtiment en 2026. « Je voulais donner des outils à ces femmes pour se sentir mieux dans leur environnement de travail », indique Leila Mariaud, ancienne RH dans le bâtiment devenue cheffe d’entreprise dans la formation. Elle a vécu de près « certains comportements déplacés » de ses collègues. Elle a ainsi décidé, il y a deux ans, de lancer sa formation.

    Jeudi dernier, elle a réuni les onze femmes qu’elle a accompagnées durant toute la semaine pour un brunch. Les participantes sont chargées de travaux, RH, plombières, maçonnes… Dans une salle de réunion prêtée par l’entreprise Constructys pour la durée de la formation, les directeurs des différentes entreprises partenaires sont aussi présents. L’ambiance est conviviale, un moment pour faire le bilan de ces quatre premiers jours d’ateliers. Les femmes participantes à cette formation obligatoire témoignent globalement de bonnes relations avec leurs collègues masculins. Malgré tout, des échanges de groupe durant la semaine ont permis à certaines de prendre conscience de leurs biais.

    Faire ses preuves

    « Ma formation porte principalement sur les comportements à adopter face à des collègues ou des employeurs, détaille Leila Mariaud. Dans ce milieu, les femmes ont tendance à s’excuser avant une phrase, à s’effacer face à des hommes. Elles ne conscientisent pas forcément leur posture. Pourtant, cela affecte jusqu’à leur salaire. Par exemple, en entretien d’embauche, les femmes osent moins parler argent. »

    « Dans mon métier, la manière de parler est très directe, il faut s’habituer à ne pas être pris avec des pincettes », témoigne Amandine, 41 ans, ancienne RH dans le spectacle vivant reconvertie dans la maçonnerie du bâti ancien. « C’est une profession physique, j’ai dû faire mes preuves. Parfois, mes collègues hommes me proposaient de l’aide, je refusais, je voulais montrer que j’étais aussi forte qu’eux. » Elle confie ne pas avoir eu de mal à s’intégrer dans l’équipe, seulement « une blague sexiste en début d’apprentissage, mais je suis passée au-dessus, je n’ai pas réagi ».

    « On voudrait que cette formation soit un bon réflexe pour les entreprises majeures du secteur, espère Olivier Dehez, directeur de Geic Formation Méditerranée, partenaire du projet. Mais pour qu’elles y soient enclin, il faudra trouver un bon ratio de durée. »

    Les femmes interrogées s’accordent sur un point positif : leurs collègues plus jeunes ont moins de comportements problématiques à leur égard.

  • Le trafic perturbé par des travaux en gare Saint-Charles

    Le trafic perturbé par des travaux en gare Saint-Charles

    Dans le cadre de la maintenance du réseau et de sa modernisation, trois chantiers d’envergure vont être réalisés. Pas moins de neuf aiguillages sont remplacés avant de passer aux opérations préparatoires à l’informatisation et à la télécommande de cinq postes entre Rognac et Saint-Martin-de-Crau. Ce qui va impacter le nœud ferroviaire de Miramas interrompu entre le samedi 16 mai 15h45 et le dimanche 17 à 10h. SNCF Gares et connexions poursuit en parallèle des travaux de mise en accessibilité des quais et de création d’une passerelle en gare de Miramas.

  • Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Le contournement d’Arles revient sur le devant de la scène. Après 25 ans d’instruction par les services de l’État, le projet a été désavoué par la commission de l’enquête publique, le 28 février dernier. Dans son avis défavorable au classement de l’ouvrage en autoroute, celle-ci pointe les incertitudes budgétaires ainsi que le report du trafic sur les voies secondaires. Pour éviter tout enlisement, les acteurs économiques du territoire interpellent l’État dans un courrier que Stéphane Paglia a adressé au ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot.

    Le président de la CCI du Pays d’Arles appelle « à la saisine du Conseil d’État afin d’obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux », pour ce projet qu’il estime être « d’intérêt national et européen », puisqu’il « contribuera au développement économique d’un territoire stratégique, à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille », en assurant une « continuité autoroutière entre l’Italie et l’Espagne ».

    Concernant le dispositif de péage, envisagé en 2024 puis remis en cause car il pourrait engendrer un report de près de 10 000 véhicules par jour, dont 3 000 poids lourds, sur le réseau secondaire gratuit, il assure que « ces paramètres peuvent encore évoluer ».

    Pour Stéphane Paglia, « le renouvellement, dans les prochaines années, de plusieurs concessions autoroutières [telle qu’Escota, filiale de Vinci Autoroute, Ndlr] constitue pour l’État une véritable fenêtre d’opportunité : intégrer la réalisation du contournement autoroutier d’Arles dans un ensemble remis en concurrence, plutôt que d’en porter une concession autonome et isolée ». Une option qui permettrait, selon lui, de sécuriser « un montage financier robuste », d’inscrire l’infrastructure de 26 km dans une « logique de réseau » et de répartir « l’effort économique dans le temps, sans faire peser une charge excessive sur les usagers locaux ».

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • Le coup de pouce de l’assistance vidéo pour l’OM

    Le coup de pouce de l’assistance vidéo pour l’OM

    C’est surtout côté banc de touche, avec six minots appelés, que l’on devinait la pénurie actuelle à laquelle doit faire face l’entraîneur olympien. Néanmoins, les retours de Gerónimo Rulli et Benjamin Pavard pouvaient apporter une certaine sécurité défensive. Cela permettait surtout d’utiliser Tochukwu Nnadi à un poste plus adéquat par rapport au match à Nantes, où le Nigérian avait souffert en piston droit.

    Face à des Normands bien organisés et qui n’hésitaient pas à les harceler dans leur moitié de terrain, les Marseillais mettaient du temps à trouver leurs repères. Éprouvant des difficultés à s’approcher du but havrais, alors que Gerónimo Rulli se faisait quelques frayeurs.

    L’assistance vidéo allait finalement débloquer le match. Offrant à Mason Greenwood l’occasion de placer l’OM sur le bon chemin et prendre des points importants dans la course à la Ligue Europa.

  • Grand cirque enneigé d’une « enfance oubliée » à Aix

    Grand cirque enneigé d’une « enfance oubliée » à Aix

    Un jour, j’ai réalisé que je voulais créer un show qui pourrait nous ramener aux rêves de notre enfance, qui pourrait aider les spectateurs à s’évader de la prison de la vie d’adulte et redécouvrir leur enfance oubliée », a édicté Slava Polunin.

    Tel est le leitmotiv de Slava’s Snowshow, grand spectacle de cirque slave que cet artiste et metteur en scène russe échafaude en 1993 à Saint-Pétersbourg, dans le sillage de Yellow, clown atypique en diable qui guide le public « dans un monde peuplé de créatures étranges et attachantes », indique le programme du Grand Théâtre de Provence. La salle de spectacle accueille sept représentations entre le mercredi 13 et le dimanche 17 mai.

    « Ce spectacle est venu au monde comme un enfant bien aimé dont je ne souhaite jamais me séparer parce qu’il ne cesse de me surprendre et m’intriguer. Il peut donner de la joie ou du chagrin, divertir ou vous émouvoir aux larmes », juge Slava Polunin à propos cette œuvre tragicomique ayant attiré plus de 10 millions de spectateurs à travers le monde depuis une trentaine d’années.

    De « l’art du clown »

    et de « la folie »

    Maestro de la pantomime dans la lignée de quelques-unes de ses figures tutélaires telles que Charlie Chaplin ou Marcel Marceau, Slava Polunin « fusionne drame et rire » au possible, explique-t-il, « dans un langage inspiré par Gogol et Beckett pour réunir dans mon personnage l’épique avec le lyrique, la tendresse avec la passion, la sagesse avec la naïveté ».

    Création muette, mais pourtant diablement poétique et éloquente, Slava’s Snowshow n’en reste pas mois portée par une « bande-son emblématique » comprenant des titres comme le Concerto d’Aranjuez pour guitare et orchestre composé en 1939 par Joaquin Rodrigo, ou encore La petite fille et la mer de Vangelis, dont la mélodie introduit près de deux heures d’un spectacle à la magie transfrontalière.

    « Mes acteurs sont originaires du Canada, d’Israël, de la République tchèque, d’Italie, de France, de Russie, du Royaume-Uni ou des États-Unis, même si la plupart d’entre eux sont russophones. Dans ma compagnie, il n’y a pas de rôles fixes. N’importe quel clown Green peut devenir clown Yellow et n’importe quel technicien peut se transformer en clown et inversement », prévient Slava Polunin. Avec l’entrelacement de disciplines telles que le théâtre, la musique et les arts visuels, le fruit d’une féerie qui « étend les tentacules de l’art du clown et de la folie jusqu’où on ne les attendait pas ».

    « Slava’s Snowshow » à 15h et 20h du mercredi 13 au dimanche 17 mai. Entre 10 et 38 euros.
    Plus d’informations sur le site lestheatres.net

  • [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    La Marseillaise : Quel est l’état des lieux du trafic aérien ?

    Julien Boullay : Pour l’instant, il n’y a rien d’alarmant. Le trafic est stable par rapport à l’année dernière, malgré des billets d’avion plus chers. C’est lié au fait que le carburant est le premier poste de dépense des compagnies aériennes et que le prix du kérosène a plus que doublé. Pour les compagnies, l’impact est donc phénoménal. Évidemment, plus le vol est long, plus l’impact de la hausse du kérosène est important. Sur un vol d’une heure, ce n’est pas colossal, mais pour un vol long-courrier, ça va être plus important. On voit aussi que les compagnies qui ont suspendu les destinations vers le Moyen-Orient ont reporté les vols sur des destinations plus proches. Certaines, qui ont annulé la Jordanie, l’Arabie-Saoudite ou Israël, ont en revanche ajouté des vols vers la Tunisie ou le Maroc. Par exemple, habituellement, on a un bon trafic pour Tel-Aviv et Beyrouth, mais là, il n’y a plus de vols tout simplement. À l’inverse, pour Le Caire, la demande est toujours là. Sur le plan géographique, ce n’est pourtant pas si éloigné des zones de conflit, mais les gens ne s’en détournent pas. Certaines compagnies ont revu leurs programmes de vols à la baisse, mais ça reste contenu. Il y a des annulations, mais ça reste à la marge. C’est peut-être entre 1% et 2% de vols en moins.

    Et du côté des passagers ?

    J.B. : Quand on regarde du côté de la demande, le sentiment, c’est qu’elle reste solide. Le budget voyage des passagers est sanctuarisé. Les clients, confrontés à des problématiques de pouvoir d’achat, vont faire des arbitrages, mais pas forcément défavorables aux vacances. Certains décideront de rester en France, d’autres de prendre l’avion pour partir moins loin. Donc, la demande est encore là, mais il peut y avoir des changements de destinations. Forcément, le Moyen-Orient souffre un peu, avec un report sur l’Europe ou l’Afrique du Nord. Des gens qui souhaitaient aller à Dubaï, Tel-Aviv ou au Liban vont peut-être se reporter sur le Maroc, l’Italie… On commence aussi à constater une réduction de la durée des vacances, peut-être pour ajuster le budget. On le voit notamment car les passagers restent moins longtemps sur nos parkings.

    Cette situation peut-elle entraîner des annulations de vols ?

    J.B. : Personne n’a intérêt à annuler un vol en dernière minute, surtout pas les compagnies aériennes. Leur intérêt, c’est justement d’anticiper les annulations de vols. S’il y en a, c’est surtout pour des problèmes opérationnels. Elles ajusteront plutôt le nombre de vols en amont. Les compagnies aériennes subissent de plein fouet la situation. Les premières victimes de l’explosion des prix du carburant, ce sont elles. Normalement, on arrive à la période de l’année où elles font leur beurre. La demande est logiquement plus forte l’été que l’hiver, les billets s’y vendent plus cher globalement. C’est cela qui leur permet d’opérer des vols en hiver, qui sont plus compliqués à opérer car il y a moins de demande. Si elles ne gagnent pas leur vie comme elles l’avaient souhaité cet été, il risque d’y avoir un effet boomerang cet hiver. Concernant le manque de kérosène, il n’y a pas de soucis pour les prochaines semaines, mais je n’ai pas de visibilité particulière au-delà.

    Il y a des inquiétudes sur l’avenir économique des compagnies…

    J.B. : Il y a une compagnie américaine qui a coulé la semaine dernière. Spirit Airlines, une compagnie low-cost qui avait tout de même 230 avions. Ce n’est pas rien : il y a peu de compagnies en Europe qui en ont autant. En temps normal, les compagnies aériennes ne dégagent pas des marges énormes. Au niveau mondial, elles gagnent moins de 10 euros par passagers en moyenne. Ça fait des marges toutes petites. Quand il y a une crise de cette ampleur, les comptes passent vite au rouge-vif. S’il n’y a pas un gouvernement pour aider, des actionnaires pour soutenir, ça devient vite compliqué. On entend aussi que les compagnies indiennes ont demandé un soutien urgent à leur gouvernement. Il y a donc un risque à long terme si cette situation perdure : on pourrait avoir une baisse du trafic qui résulte d’une baisse de l’offre, et non pas de la demande. Si ça reste comme ça d’ici la fin de l’année, des compagnies feront faillite.

  • « Le Mensonge », une lutte interne en jeu à Martigues

    « Le Mensonge », une lutte interne en jeu à Martigues

    L’une des grandes forces de cet album est de raconter avec grâce et les affres d’un combat intérieur que nous avons tous livré un jour », estime Catherine Dreyfus, chorégraphe qui adapte librement Le Mensonge, album écrit par Catherine Grive et illustré par Frédérique Bertrand. Réunissant deux danseurs ainsi qu’une circassienne, « l’histoire d’un quiproquo familial » qui met en mouvement « le vécu du mensonge de façon ludique et sensible », résume pour sa part la scène nationale des Salins, où elle se joue mercredi 13 mai. Le mensonge ou un dilemme intemporel qui a habité au moins une fois chacun d’entre nous.

    Boule rouge

    « J’ai cherché par le mouvement à rentrer à l’intérieur des différents états traversés par une petite fille pour faire de cette histoire une expérience sensible », ajoute la chorégraphe au sujet de son héroïne, dont les bobards vont « prendre vie sous la forme d’une petite boule rouge et têtue ». Et qui « ne cesse d’enfler » au rythme de l’engrenage dans lequel elle s’est enferrée vis-à-vis de sa famille. Après son boniment lâché à la table du dîner, cette boule rouge ne va plus la quitter et « envahir son espace, allant jusqu’à l’empêcher de ne plus respirer ». Comme une « obsession tournoyante pleine de champignons vénéneux, de rêves, d’hallucinations et de cauchemars ».

    P.A.

    Mercredi 13 mai à 18h. Entre 8 et 12 euros. www.les-salins.net

  • Plein champ sur la culture des tomates sous serres

    Plein champ sur la culture des tomates sous serres

    Cela fait bien dix ans que Jean-Pierre Perez n’a pas mis les pieds dans la terre au boulot. Installé à la sortie de Saint-Rémy-de-Provence, cet agriculteur produit pourtant, sur 2,5 hectares, 800 tonnes de tomates par an, récoltées de mars à octobre. La raison ? Deux immenses serres de production hors-sol « high-tech », comme le reconnaît le producteur, 3e du nom au sein de cette société familiale créée par son grand-père dans les années 60. Treize variétés y poussent, sous l’œil de 40 salariés en période de récolte. « La tomate est le légume le plus consommé en France, 14 kg par an et par personne. Or, on importe une tomate sur deux contre encore une tomate sur trois avant-Covid, on a perdu 25% de souveraineté alimentaire », campe Jean-Pierre Perez, par ailleurs secrétaire adjoint de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône.

    « Si on ne se modernise pas, on meurt »

    Son rendement permettrait de nourrir l’équivalent de six fois la population de Saint-Rémy ou les deux tiers des Avignonnais. S’il vend à quelques grossistes locaux, sa production est en immense majorité destinée aux grandes surfaces, « là où sont les débouchés puisque 72% des fruits et légumes en France y sont achetés », note Jean-Pierre Perez. Il fait partie de la coopérative AOPn tomates et concombres (association d’organisations de producteurs nationale), réunissant quelque 400 agriculteurs en France que l’on retrouve sous la marque Les Paysans de Rougeline. Ce qui n’empêche pourtant pas le gaspillage. « L’an dernier, 300 palettes de tomates cerises de notre coopérative ont été jetées par la grande distribution », déplore-t-il. La faute à un prix de vente trop élevé, « le système de grande distribution appliquant toujours du x2 entre prix d’achat et de vente ».

    Mais, si la filière cherche à communiquer aujourd’hui, c’est pour mettre en avant son nouveau label Serres d’avenir, vanté comme durable et respectueux de l’environnement. « On a été souvent dénigré, avec des reportages à charge d’Elise Lucet [Cash investigation], mais ça commence à aller mieux, je suis ambassadeur aussi auprès de la Région pour montrer aux jeunes notre travail », expose Jean-Pierre Perez. « Le Français veut son iPhone, sa voiture électrique, mais souhaite toujours un agriculteur avec son chapeau de paille et ses bottes en plastique. Or, si on ne se modernise pas, on meurt au sens figuré comme au sens propre. »

    Très standardisées, boostées à la technologie et supposées moins riches nutritivement, les tomates hors sol sont effectivement loin de l’image d’Épinal d’un légume façonné dans la terre, chouchouté par le paysan. « Venez goûter à l’aveugle, vous verrez ou pas les différences, ce qui compte, c’est la qualité de la graine, si elle est mauvaise et qu’elle pousse en terre, la tomate ne sera pas bonne », se défend Jean-Pierre Perez, qui ne « cherche pas la surproduction, mais la qualité ». « En plein champ, mon grand-père mettait 98 traitements par an, qui polluaient la santé et les sols, aujourd’hui, ça fait 8 ans que je n’ai pas mis de pesticides », se targue-t-il.

    4,5 millions d’euros d’investissements

    L’agriculteur agit en bio contrôle « avec des bébêtes gentilles qui mangent des bébêtes méchantes », schématise-t-il. « Avec les serres, on est à l’abri des intempéries et des ravageurs extérieurs, mais on est obligé de recréer un environnement naturel avec, par exemple, des ruches d’un bourdon pollinisateur », expose l’exploitant, adhérent du syndicat FDSEA.

    Les puristes pourraient y voir la négation même du métier. « Tout est géré par ordinateur et relié sur mon téléphone avec des interventions pilotables à distance, mais rien ne remplace l’œil averti que m’a transmis mon grand-père pour savoir si la plante a soif ou pas », justifie Jean-Pierre Perez. Surtout, ce système a une forte vertu environnementale. « On consomme quatre fois moins d’eau qu’en terre avec aucune perte, du recyclage et des réponses adaptées en permanence », fait-il valoir.

    Si son père avait été précurseur dans les années 80 avec des premières serres en plastique puis en verre, le virage pris avec ses serres ultramodernes était un passage obligé pour sa survie. « Il y a 10 ans, avec mon épouse on perdait de l’argent, on s’est posé la question d’arrêter ou alors d’évoluer grandement et de s’adapter », se souvient-il. Un investissement colossal de 4,5 millions d’euros a donc été choisi pour pérenniser l’exploitation. « On vivote, parfois, on perd de l’argent, d’autres années on en gagne beaucoup, mais je crois à notre métier, à condition d’avancer », conclut Jean-Pierre Perez.