Les femmes ne représentent que 12% des travailleurs du bâtiment en 2026. « Je voulais donner des outils à ces femmes pour se sentir mieux dans leur environnement de travail », indique Leila Mariaud, ancienne RH dans le bâtiment devenue cheffe d’entreprise dans la formation. Elle a vécu de près « certains comportements déplacés » de ses collègues. Elle a ainsi décidé, il y a deux ans, de lancer sa formation.
Jeudi dernier, elle a réuni les onze femmes qu’elle a accompagnées durant toute la semaine pour un brunch. Les participantes sont chargées de travaux, RH, plombières, maçonnes… Dans une salle de réunion prêtée par l’entreprise Constructys pour la durée de la formation, les directeurs des différentes entreprises partenaires sont aussi présents. L’ambiance est conviviale, un moment pour faire le bilan de ces quatre premiers jours d’ateliers. Les femmes participantes à cette formation obligatoire témoignent globalement de bonnes relations avec leurs collègues masculins. Malgré tout, des échanges de groupe durant la semaine ont permis à certaines de prendre conscience de leurs biais.
« Ma formation porte principalement sur les comportements à adopter face à des collègues ou des employeurs, détaille Leila Mariaud. Dans ce milieu, les femmes ont tendance à s’excuser avant une phrase, à s’effacer face à des hommes. Elles ne conscientisent pas forcément leur posture. Pourtant, cela affecte jusqu’à leur salaire. Par exemple, en entretien d’embauche, les femmes osent moins parler argent. »
« Dans mon métier, la manière de parler est très directe, il faut s’habituer à ne pas être pris avec des pincettes », témoigne Amandine, 41 ans, ancienne RH dans le spectacle vivant reconvertie dans la maçonnerie du bâti ancien. « C’est une profession physique, j’ai dû faire mes preuves. Parfois, mes collègues hommes me proposaient de l’aide, je refusais, je voulais montrer que j’étais aussi forte qu’eux. » Elle confie ne pas avoir eu de mal à s’intégrer dans l’équipe, seulement « une blague sexiste en début d’apprentissage, mais je suis passée au-dessus, je n’ai pas réagi ».
« On voudrait que cette formation soit un bon réflexe pour les entreprises majeures du secteur, espère Olivier Dehez, directeur de Geic Formation Méditerranée, partenaire du projet. Mais pour qu’elles y soient enclin, il faudra trouver un bon ratio de durée. »
Les femmes interrogées s’accordent sur un point positif : leurs collègues plus jeunes ont moins de comportements problématiques à leur égard.

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