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  • France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    Pendant trois semaines, jusqu’au 25 juillet, Avignon bat au rythme du spectacle vivant avec notamment quelque 1 780 pièces programmées par le Off dans 140 salles. Si parmi ces lieux d’accueil, on compte énormément de théâtres éphémères, plusieurs structures éloignées initialement du milieu culturel font aussi leur Festival.

    À l’instar de la CGT, dont la secrétaire générale Sophie Binet est d’ailleurs ce jeudi à Avignon où elle débattra (10h30) dans le cadre des États généraux de la culture. Depuis 18 ans, au sein des locaux de la Bourse du travail, le syndicat programme six pièces dans une salle dédiée pouvant accueillir une cinquantaine de spectateurs (notre édition du 7 juillet). « La culture a toujours été indissociable de l’activité syndicale », juge Fred Laurent, directeur du théâtre de la Bourse du travail, à la programmation forcément engagée socialement. « Dès sa création, la grande aventure du festival d’Avignon s’est inscrite dans la dynamique de grandes conquêtes sociales de la Libération : protection sociale, services publics, maîtrise nationale de secteurs économiques déterminants, institution des comités d’entreprise, émergence de politiques culturelles publiques et décentralisation théâtrale, nouvel essor de l’éducation populaire… c’est pour toutes ces raisons, que la CGT a entretenu avec le festival de fortes complicités », rappelle-t-il. Un combat criant d’actualité alors que le secteur culturel se mobilise contre les coupes budgétaires et que l’extrême droite gagne du terrain. « Il nous faut encore plus dénoncer les menaces qui planent sur la culture et le spectacle vivant, avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée possible du RN au pouvoir », prévient Fred Laurent.

    Un mur d’offres d’emploi pour les artistes

    Dans un registre à la philosophie similaire, la caisse centrale des activités sociales (CCAS) des industries électriques et gazières – soit le plus gros comité d’entreprise de France – a mis sur pied son propre festival, très étroitement lié à celui d’Avignon dont il est partenaire. Jusqu’à ce vendredi sur l’île de la Barthelasse se déroule la 24e édition du festival Contre courant. « Depuis 80 ans, les activités sociales défendent une conviction profondément moderne : la culture, comme les vacances et les loisirs, ne doit être un privilège pour personne, expose Anthony Juan, président de la CCAS. Contre courant en est l’incarnation la plus vivante : le spectacle vivant n’est pas un luxe, mais un bien commun, un espace de rencontre, de dignité et de partage qui nous rassemble, par-delà les langues et les frontières. » Dix-huit spectacles y sont programmés autour de 105 artistes. Des représentations gratuites pour les adhérents de la CCAS et à 10 euros pour les personnes extérieures.

    Un service public phare s’investit aussi dans le Festival : France travail. Pas en mettant sur scène des spectacles mais, en partenariat aussi avec le Festival, en organisant plusieurs ateliers, rencontres et permanences jusqu’à ce vendredi. Ce jeudi (10h30-12h30) se tient notamment une table ronde intitulée « Être humoriste aujourd’hui : panorama d’un genre en pleine évolution ». « Être au cœur du festival permet d’être au plus proche des professionnels du spectacle et aux équipes spécialisées d’accompagner professionnels et employeurs de la filière culturelle », souligne Astrid Focké, experte régionale culture à France travail. Un mur d’offres d’emploi est ainsi affiché à l’ISTS (institut supérieur des techniques du spectacle).

    La Banque alimentaire se met au Off

    Pas de répit estival pour la Banque alimentaire de Vaucluse, car « la précarité alimentaire n’a hélas pas de vacances », souligne l’association dont les besoins augmentent de 10 % chaque année (64 000 bénéficiaires). La structure, spécialisée dans la collecte et logistique de dons alimentaires, profite de la visibilité du Festival pour faire connaître ses activités. Une collecte alimentaire est ainsi installée au Village du Off, où « les festivaliers sont invités à déposer des dons alimentaires dans un caddie déposé à l’entrée du village, en privilégiant les protéines végétales et les conserves de poissons », précise la Banque alimentaire. Ce partenariat a été conclu dans le cadre de la RSE [responsabilité sociétale des entreprises] de AF&C, l’association qui chapeaute le Off. La Banque alimentaire a aussi mené des ateliers ludiques sur l’alimentation au Village Tadamm consacré aux enfants.

  • David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    En matière d’actes tombant sous le coup de la loi et de prises de position à caractère xénophobe, David Rachline, le maire (RN) de Fréjus, n’a plus grand-chose à apprendre. Nouvel épisode ces derniers jours avec l’affichage d’une banderole sur la façade de l’hôtel de ville, sur laquelle on pouvait lire « Une OQTF non exécutée est un danger pour les Français ». Celle-ci faisait suite au meurtre d’un jeune homme de 19 ans le 28 juin, à Fréjus, dont le principal suspect est un individu de 20 ans sous OQTF.

    L’édile fréjusien, qui sera jugé en septembre pour favoritisme dans une affaire d’attribution de marchés publics, ce qui avait valu une perquisition de la mairie en mars 2025, n’a ainsi pas manqué de saisir l’occasion de récupérer ce drame au profit de son idéologie, ce qu’a même dénoncé la famille de la victime. Sans, évidemment, se soucier du fait qu’une large partie des OQTF sont prononcées à cause de lenteurs administratives dans le renouvellement des titres de séjours, et que leur nombre a fortement augmenté suite à la circulaire Retailleau de janvier 2025. « Il n’a pas eu la même réaction pour Hichem Miraoui, assassiné par un fanatique du RN l’année dernière », rappelle Catherine Aubry, co-animatrice de LFI Est-Var. « Il saute à pied joint sur la récupération. Cela montre une nouvelle fois son obsession pour les migrants. »

    « Atteinte grave

    au principe de neutralité »

    Pas au goût du Préfet du Var, qui a saisi le tribunal administratif de Toulon le 10 juillet, par une requête en référé-liberté, afin de demander le retrait de la banderole, au motif que son message « portait une atteinte grave au principe de neutralité du service public. Il est interdit d’apposer sur tout bâtiment public, une inscription symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. »

    La préfecture ajoute que « le message faisait à tort référence à une situation dans laquelle la mesure administrative [l’OQTF, ndlr] prononcée par la préfecture ne pouvait précisément pas être exécutée car elle était l’objet d’un recours devant le tribunal administratif. » Sachant que la justice lui ordonnerait probablement de le faire, David Rachline a ainsi décidé de retirer la banderole sans attendre le verdict du tribunal administratif lundi. En conséquence, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer. Un dénouement salué par Pierre Daspre, membre du bureau départemental du PCF : « C’est bien que le préfet ait rappelé les principes républicains, il faut respecter la justice et l’État de droit. » « C’était une banderole odieuse et raciste. Le préfet l’a faite interdire sous un autre angle, mais c’est déjà ça », ajoute Catherine Aubry. « C’est cocasse d’être dans l’illégalité quand on veut faire appliquer la législation sur les OQTF », a, quant à elle, souligné Christine Romano, élue d’opposition (PCF) « Fréjus Riposte ! ».

  • Une coupure de courant paralyse une partie de Martigues

    Une coupure de courant paralyse une partie de Martigues

    Dans le quartier de l’Île, tous les rideaux de fer des vitrines étaient descendus ce mercredi en début d’après-midi. Et pour cause : une coupure d’électricité a paralysé une partie de la ville dès mardi soir.

    « Dans la nuit du 14 au 15 juillet, à 00h30, un incident est survenu sur le réseau public de distribution d’électricité dans les communes de Martigues et Châteauneuf-les-Martigues, dans un contexte de très fortes chaleurs. 6 000 clients ont été privés d’électricité », explique Enedis, qui assure avoir immédiatement mobilisé ses équipes pour rétablir l’alimentation dans les meilleurs délais.

    Les très fortes chaleurs cumulées sur plusieurs jours avec une température qui ne descend pas la nuit ont fait monter la température des sols goudronnés à 80 degrés, ce qui a mis en forte contrainte les réseaux souterrains. Ce sont des boîtes de jonction (qui servent à relier deux câbles souterrains entre eux) qui sont à l’origine de l’incident de cette nuit.

    Les équipes techniques d’Enedis utilisent un camion équipé de détecteurs afin de localiser très précisément l’endroit du câble souterrain à réparer pour intervenir « au plus juste, en ouvrant la chaussée et en remplaçant le matériel électrique endommagé, tout en limitant au maximum les nuisances pour les riverains et la collectivité », poursuit le gestionnaire, qui s’excuse pour la gêne occasionnée.

  • Peter Knapp raconte l’école d’art du Bauhaus

    Peter Knapp raconte l’école d’art du Bauhaus

    La fondation Vasarely organise une conférence ce jeudi à 19h sur le mouvement du Bauhaus, raconté par le photographe et graphiste Peter Knapp qui a été élève d’un de ses fondateurs. L’événement, organisé par la fondation, est le fruit d’un partenariat avec le festival des nuits photographiques de Pierrevert, qui se déroulera dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin du mois de juillet.

    La conférence permettra de découvrir l’école du Bauhaus, fondée en 1919, à travers les yeux de Peter Knapp qui fut l’élève de Johannes Itten, professeur du Bauhaus. « À 95 ans, il est un des derniers témoins qui peut en parler », insiste Stéphane Kossmann, président des nuits photographiques de Pierrevert. Car avant de désigner un courant artistique, le Bauhaus était avant tout une école d’architecture et d’arts appliqués créée par Walter Gropius à Weimar. Paul Klee, Vassily Kandinsky ou encore Johannes Itten y ont d’ailleurs été professeurs. Cette école portait l’ambition de rassembler l’enseignement de toutes les matières artistiques telles que l’architecture, la peinture ou art plastique. Une institution régie par le manifeste du Bauhaus, rédigé par son directeur, qui affirme notamment qu’« il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan ».

    Menacés par le nazisme, car considérée comme une école apprenant « l’art dégénéré », beaucoup de professeurs se sont exilés. Comme Johannes Itten qui est parti à Zurich, où il a continué d’être professeur et où Peter Knapp est devenu son élève. La conférence sera également l’occasion de découvrir le travail de ce photographe et designer qui a notamment travaillé dans la mode. Au début de la conférence, un petit film retracera son œuvre.

    Conférence sur le Bauhaus
    par Peter Knapp, jeudi 19h,
    à la fondation Vasarely

  • [C’est l’été] À Fos-sur-Mer, partez à la découverte de la Côte Bleue

    [C’est l’été] À Fos-sur-Mer, partez à la découverte de la Côte Bleue

    Que vous soyez visiteur ou Fosséen, l’office de tourisme de Fos-sur-Mer organise une croisière tout au long de la Côte Bleue. À bord du bateau le Cisampo, 80 passagers navigueront du Fort de Bouc à la calanque de Niolon, en passant par le quartier de Sainte-Croix, Carry-le-Rouet et la calanque de Sausset-les-Pins.

    « Le rendez-vous est fixé à 8 heures 30 à la Capitainerie de Fos-sur-Mer, pour un départ à 9 heures avec une fin prévue vers midi », précise la direction des festivités et du tourisme. Un aller-retour de trois heures commenté avec des explications sur la faune et la flore, ainsi que des anecdotes sur l’histoire des monuments qui jalonnent la Côte Bleue.

    Admirer la Côte Bleue sous un nouvel angle

    « Depuis la mer, on apprend beaucoup de choses et le visuel est magnifique », vante l’organisation.

    Elle remarque que « les passagers qui embarquent sur le Cisampo viennent de tous les horizons. Il y a des touristes qui sont en visite, tout comme des habitants de la région, mais qui ne connaissent pas la Côte Bleue sous cet angle ». Dans tous les cas, c’est une réelle « découverte pour tous les participants ».

    C’est la deuxième année consécutive que la balade est organisée, avec de « très bons retours des passagers l’année dernière », selon la direction. Un succès que l’office de tourisme a voulu renouveler, en augmentant le nombre de visites. En 2026, la visite aura lieu sur trois dates : le 17 et 30 juillet, puis le 17 août. Une croisière initiée « grâce aux sollicitations des touristes qui ont demandé à pouvoir découvrir la Côte Bleue par la mer ».

    Des visites déjà presque complètes

    Pour réserver sa place, rien de plus simple. Les inscriptions se font soit en se rendant à l’office de tourisme de Fos-sur-Mer, soit en ligne. Les places partent très vite, la sortie de ce vendredi est déjà complète.

    Côté tarif, la place est à 10 euros pour les adultes, 5 euros pour les enfants de moins de 10 ans, et gratuite pour les moins de 4 ans. Attention toutefois, réserver sa place en ligne vous coûtera un euro supplémentaire de frais de gestion.

    Pour réserver en ligne : fossurmer.fr

  • Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    « Le lieu est magnifique, ça fait plaisir de travailler là », s’enthousiasme Théo, 24 ans, en situation de handicap sensoriel et employé du répit de Notre-Dame (7e). Cette entreprise adaptée accueille, au sein de son équipe de 9 personnes, 6 employés en situation de handicap. Dans les pentes de Notre-Dame de la Garde et face à la mer Méditerranée, le répit de Notre-Dame fait partie d’un projet plus vaste de tiers-lieu inclusif, porté par l’association IRSAM.

    Née il y a 165 ans à Marseille, la structure œuvre en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel. « La mission principale est l’accompagnement de ces personnes, faire en sorte qu’elles soient, à terme, autonomes », explique Marion De Bovis, chargée de communication pour l’association. Depuis, son champ d’action s’est élargi et s’est développé vers de nouveaux territoires et de nouveaux handicaps. Avec plus d’une quarantaine d’établissements d’accueil, l’ouverture de ce tiers-lieu marque une nouvelle étape pour l’IRSAM.

    Au-delà de l’entreprise adaptée qui se développe autour de trois activités (café-restaurant, privatisation du lieu pour séminaires et associations et épicerie locale et solidaire), le lieu accueille aussi un espace d’habitat inclusif, la Villa Saint-Louis. « Tous s’engagent à faire vivre ce projet de vie partagée et inclusive » ajoute Marion De Bovis : une charte en cours de rédaction va être signée par les 13 locataires des logements du bâtiment, dont 4 sont en situation de handicap sensoriel.

    Un lieu tourné

    vers le handicap

    Le répit de Notre-Dame est une entreprise destinée aussi bien aux touristes qu’aux Marseillais du quartier, mais c’est avant tout un lieu tourné vers le handicap sensoriel, pensé au service de l’association et des personnes en situation de handicap et non l’inverse.
    « Venir ici, c’est contribuer à l’inclusion de ces personnes au sein de la vie sociale, contribuer à rendre visible et à changer le regard sur le handicap », fait valoir Julie Giraud, qui pilote le projet. En 2019, la congrégation des Sœurs de Marie Immaculée a légué le bâtiment à la structure, Julie Giraud construit le projet du tiers-lieu dans la démarche de mettre en avant le bâtiment et l’association : « On avait envie de créer un lieu ouvert sur l’extérieur, un lieu qui soit beau, où l’on peut se rencontrer et qui montre que les personnes en situation de handicap sont en capacité de travailler ».

    Ouvert au public depuis le 26 juin, le lieu se fait connaître et conquiert le cœur des clients. « On a eu que des retours positifs, tant sur la cuisine que sur le lieu et le fond du projet », se félicite Edouard Brame, responsable du lieu. Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 20h, le répit propose des offres petit-déjeuner, déjeuner, goûter et apéro tapas, accueillant les consommateurs tout au long de la journée. Il propose une cuisine simple, avec des produits locaux et des pâtisseries faites maison. L’épicerie locale et solidaire propose elle aussi des produits du terroir, majoritairement issus d’ESAT (établissement et service d’accompagnement par le travail).

    Dans un cadre idéal, avec une vue prenante sur Marseille et le chant des cigales, Pierre-Laurent, autre employé en situation de handicap, accoste même les passants : « Viens dans la clim ! », invite-t-il à se rafraîchir. L’atmosphère du lieu est chaleureuse : « Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. Edouard est très sympa, les collègues de travail aussi », applaudit Théo.

    Une inauguration officielle aura lieu le 22 septembre, et l’association ouvrira les portes de ses bâtiments pour les journées du patrimoine le samedi 18 septembre.

  • [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    Les rencontres

    La campagne se déploie localement dans des centres sociaux et culturels du département. Au programme de ces événements tout public : exposition, projection du documentaire « été 36, les Premières vacances des Français », temps dédié au débat et représentation d’un spectacle sur mesure signé Christina Rosmini. Si le prochain rendez-vous affiche complet jeudi 16 juillet, d’autres rencontres sont prévues avant de clôturer la campagne au Sénat le 2 novembre.

    Infos : carte collaborative en ligne

  • Robin Prétot fait le bilan de ses 100 premiers jours

    Robin Prétot fait le bilan de ses 100 premiers jours

    C’est une étape « importante et symbolique » de début de mandat, que Robin Prétot (LR) a souhaité mettre en avant : le cap des cent jours. Un peu plus de quatre mois après avoir été élu, il présente les premières réalisations de sa nouvelle majorité. « Près de 60 % des voix en triangulaire face à un prédécesseur installé depuis des décennies c’est assez important, mais on s’est toujours dit qu’il fallait garder la tête froide et faire preuve d’humilité parce que ça veut dire qu’il y a une attente très forte de la population et donc une capacité à décevoir qui peut être très grande. C’est pour ça qu’on a passé 100 jours de mandat très actifs. »

    Et ce dès les quinze premiers, avec le vote du budget. « On a frôlé la tutelle, il a fallu liquider la régie Nexus et rééquilibrer le budget du centre équestre du Deven qui avait un déficit de plus de 100 000 euros, rappelle le maire. On a évité ça. (…) Par contre la question se pose pour 2027 : comment on équilibre ? »

    Dès son installation, le conseil municipal a donc lancé un audit des finances et des ressources humaines de la Ville, dont les premiers résultats lui ont été présentés « il y a quelques jours », précise Robin Prétot, qui annonce d’ores et déjà qu’ils sont « mauvais » et qu’ils « vont appeler à des choix courageux qu’il va falloir faire à partir du second semestre ».

    Une réunion publique dédiée à la question sera organisée en septembre. D’ici là, une lettre de cadrage sera envoyée aux différentes directions pour préparer un cycle de conférences budgétaires, « noter les priorités avant de faire des arbitrages », détaille l’édile, qui espère voter le prochain exercice en janvier plutôt qu’en avril. « On va essayer de se donner cette discipline-là chaque année. On va aussi monter un comité d’arbitrage pour les investissements. Il faut qu’on puisse avoir de la perspective surtout vu les enjeux métropolitains qui nous entourent. »

    Quoi qu’il en soit, Robin Prétot est clair : il va falloir faire des économies. « On a du potentiel mais ça va nécessiter des choix et de la sobriété », assure-t-il. En interne, la révision de certains régimes indemnitaires et de certaines rémunérations à l’aune du principe d’équité devrait rapporter des sous et amener plus de transparence dans la gestion municipale. « À métier et compétences égaux, certains n’ont pas du tout le même salaire. C’est le fruit de l’histoire et de relations passées. Le tout c’est d’avoir la franchise de le dire et intelligence de le faire avec les syndicats. »

    Les représentants auront aussi la tâche de « flécher les politiques sociales indispensables pour les agents et ce sur quoi on peut rogner pour avoir l’équilibre budgétaire à la fin ». Des groupes de travail seront lancés à la fin de l’audit RH.

    Du concret

    Cette situation n’a pas empêché la nouvelle majorité d’initier plusieurs chantiers. L’objectif de climatiser 100 % des écoles d’ici l’été prochain devrait être tenu. « Le marché était prêt, mais rien n’était inscrit au budget, souligne Robin Prétot. Il a quand même fallu faire un emprunt d’1,5 million d’euros pour lancer ce projet, qui va commencer cet été. Il y aura des travaux pendant toutes les périodes de vacances scolaires. »

    Le plan Phénix pour revitaliser le centre-ville a lui aussi vu le jour. La population peut faire des propositions via une urne installée dans l’Office du tourisme. « On a commencé les premières réunions techniques pour ce programme assez transversal. (…) On a entamé des premiers contacts avec la SOLEAM car il nous faut un outil de portage foncier pour acquérir du patrimoine le rénover le louer ou le revendre. »

    En parlant de patrimoine, un appel à projet va être ouvert pour définir la nouvelle vocation de la mairie historique, qui ne sera donc finalement pas vendue à la Métropole pour un euro. Robin Prétot affirme : « Pour faire vivre le centre-ville faut créer une logique de flux, avec de l’art, des musées, de l’administration ou d’autres types de services publics comme les écoles. » Celle des Carmes, qui devait devenir un parc urbain, pourrait finalement être préservée sur demande de la Direction régionale des affaires culturelles et des bâtiments de France suite à la découverte de peintures historiques. « On peut se dire qu’on garde l’établissement et qu’on le repense dans sa vocation originelle en y remettant une maternelle, avec une cour et un parc réduit. » La réflexion va être lancée.

    Côté bétonnage, le principal sujet de la campagne municipale, 620 projets de logements ont été mis à l’arrêt. Les révisions du Projet d’aménagement et de développement durable, du PLU et du PLUi sont actées auprès de la Métropole.

  • [Coupe du monde] L’histoire agitée des Tricolores en petite finale

    [Coupe du monde] L’histoire agitée des Tricolores en petite finale

    Reste une dernière interrogation : les Bleus auront-ils la motivation nécessaire pour aller chercher la médaille de bronze ? Une chose est sûre, cette situation n’est pas inédite dans l’histoire de l’équipe de France. Sa première « petite finale » remonte à 1958, lorsqu’elle avait affronté la RFA après sa défaite en demi-finale face au Brésil d’un jeune Pelé, auteur d’un triplé contre les Bleus. Victorieux de l’Allemagne de l’Ouest, les Tricolores avaient alors décroché la troisième place, tandis que Just Fontaine entrait dans la légende. Avec un quadruplé, l’attaquant avait porté son total à treize buts durant cette édition, un record qui tient toujours 68 ans plus tard. La deuxième apparition française en « petite finale » a eu lieu en 1982. Mais après la cruelle élimination face à la RFA, marquée par l’épisode du 3-1 en prolongation avant le retour allemand, Michel Platini et ses coéquipiers n’avaient plus les ressources mentales pour disputer pleinement cette rencontre. Marqués par ce qui a été vécu comme une véritable catastrophe nationale, les Bleus avaient logiquement été battus par la Pologne.

    Quatre ans plus tard, l’équipe de France retrouvait ce même rendez-vous. Mais la génération des « coiffeurs », emmenée notamment par le futur Marseillais Jean-Pierre Papin, avait abordé cette rencontre avec davantage d’envie, bien décidée à conclure son parcours sur une note positive. Un état d’esprit dont les Bleus version 2026 pourraient bien s’inspirer.

  • OM : le tandem Genesio-Lorenzi annonce la couleur

    OM : le tandem Genesio-Lorenzi annonce la couleur

    Le mois de juillet est celui des bonnes résolutions dans le football. Et cette année, alors que la reprise verra Strasbourg rendre visite au Vélodrome le 21 août pour lancer la nouvelle saison, l’OM en a plus que de raison. « Nous nous devons de placer le club sur de nouveaux rails, lui redonner sa stabilité et une viabilité économique ». Stéphane Richard, qui est désormais président, a défini le cadre dans lequel son directeur sportif et son entraîneur vont devoir travailler. Conscient que « ce défi n’est pas simple ».

    Travailler avec des bouts de ficelles pour arriver à des miracles, Gregory Lorenzi a démontré qu’il en était capable avec Brest : « J’ai une âme de bâtisseur et lorsque je m’engage, c’est sur du long terme. » Il a pris en main les Tyzefs lorsqu’ils étaient en Ligue 2. « Le projet était progressif et le parcours a été exceptionnel, avec la Ligue des Champions au bout », se souvient-il. Mais avec l’OM, c’est un tout autre challenge qui s’offre à lui. « Il est excitant, mais aussi difficile du point de vue financier. Il faut reconstruire. Cela prendra du temps. Mais je suis motivé », a-t-il confié en conférence de presse.

    Lui est chargé d’alimenter le groupe de nouvelles recrues. Mais aussi de faire rentrer de l’argent frais dans les caisses du club en vendant certains éléments. Les départs de Mason Greenwood et Hamed Traoré entrent dans ce cadre. « Cela ne veut pas dire que tout le monde peut partir. Il faut juste retrouver un équilibre financier. Car l’OM doit rester ambitieux. Il faut juste l’être avec ces contraintes financières. »

    Honneur et fierté

    Bruno Genesio était au courant de la situation lorsqu’il a franchi le Rubicon. Il aurait pu opter pour un nouveau bail lillois, avec à la clef une campagne en Ligue des Champions, « mais j’avais besoin de l’adrénaline que procure un club comme Marseille. Je suis venu en connaissance de cause. Entraîner ici, c’est à la fois un honneur et une fierté », souligne le Gone.

    Il est conscient qu’il s’attaque à une mission compliquée. « Depuis que je suis arrivé, je comprends que l’OM représente beaucoup. Que l’engouement et les attentes sont d’un tout autre niveau que ce qui se trouve ailleurs.»  Les finances serrées ne l’inquiète pas. Celui qui est présenté comme un entraîneur pragmatique compte bien apporter sa contribution à la renaissance sportive olympienne.

    Il ouvre ainsi la porte aux jeunes. « Partout où je suis passé, je leur ai fait confiance. Je leur répète que ce sont eux qui ont les cartes en main et doivent nous donner envie de les faire jouer », précise-t-il. Pour lui, le moment est venu de « trouver la bonne alchimie… et pouvoir aider l’OM à battre ses concurrents directs ».

    Il sait que le moment est venu de tourner une page, dans une période incertaine. Bruno Genesio qui a avoué « avoir trouvé des gens éprouvés, mais qui ont toujours envie de tout donner pour l’OM ». D’où son envie de réussite.

    L’OM en Côte d’Ivoire, sans Pierre-Emerick Aubameyang

    Sitôt terminée la première conférence de presse de Bruno Genesio et Gregory Lorenzi, l’OM s’est envolé pour la Côte d’Ivoire.

    Dans le cadre du partenariat avec le programme d’Etat « Sublime Côte d’Ivoire », un stage de trois jours est au menu des Olympiens. Il se terminera sur un match amical, le premier, face à Yamoussoukro, vendredi.

    Un stage auquel n’a pas pris part Pierre-Emerick Aubameyang. L’attaquant gabonais a pris la direction de La Corogne, qui vient de retrouver la Liga espagnole. L’homme aux 14 buts et 10 passes décisives la saison dernière a obtenu un bon de sortie de la part de ses dirigeants. Il sera le troisième départ de la semaine.