Je suis soulagé que les administrés aient cette information », résume Philippe Pignon, maire de la commune. Depuis plusieurs semaines, ce dernier gère lui aussi ce qu’il qualifie de « crise majeure ». Pour rappel, une épidémie de gastro-entérite avait frappé la commune, mi-avril. Une enquête épidémiologique, lancée le 17 avril, avait recensé 895 personnes déclarant des symptômes entre le 2 et le 22 avril, sur 1 182 répondants. « Au total, 32 personnes ont été hospitalisées et aucune forme grave n’a été signalée », conclut le rapport de Santé publique France, publié le 7 mai, qui confirmait une origine hydrique de l’épidémie. Ce rapport révélait la présence de pathogènes tels que l’Escherichia ou la salmonelle, « une pollution microbiologique » et un dysfonctionnement du système de chloration. « Dans les annales, on n’avait jamais entendu parler de ça », précise le premier magistrat de la ville, aussi pharmacien. Ce dernier rapporte s’être rendu, sur invitation de la Société des eaux de Marseille, exploitante du réseau d’eau portable de la commune, sur la station d’eau potable du quartier du Sauvet, au nord de la N7. « On a pu voir ou tout cela s’est passé, de façon à mettre le doigt sur le dysfonctionnement. Nous avons pu constater quelles sont les adaptations du système, et quelles transformations ont eu lieu sur “l’usine”, à la suite de cet épisode. Nous avons désormais le traitement de l’eau le plus moderne à Rousset ! », rapporte Philippe Pignon. De son côté, la Société des eaux de Marseille présente un « remplacement intégral du matériel : l’ensemble des appareils automatiques de mesure de chlore de la station a été remplacé par des équipements neufs ». Elle indique également qu’une « sécurité automatique anti défaillance a été installée : en cas de taux de chlore insuffisance, le système déclenche l’arrêt automatique de la station ». La SEM ajoute que « la fréquence des analyses bactériologiques a été considérablement renforcée, là ou la réglementation prévoit un contrôle trimestriel, un suivi est désormais effectué chaque semaine ». Ces éléments permettent, en partie, de répondre aux interrogations, notamment, du Collectif Vérité Eau Rousset. Sa priorité « reste la transparence, la sécurité sanitaire des habitants et la prévention de tout nouvel incident. Nous sommes actuellement en démarche avec l’association Que choisir ensemble et également avec la Maison de la justice et du droit de Gardanne. Ces réponses rapides [aux interrogations diverses, Ndlr] sont nécessaires et les victimes attendent également réparation ».
Category: accueil-third
-

Pour les paysans, la nouvelle route grignote trop la terre
Ils n’écoutent pas nos propositions. On n’a rien contre la rénovation des routes, au contraire, mais ils font tout tous seuls. » Pour Joël Robert, éleveur bovin, les travaux, certes nécessaires, de réhabilitation de la D942 qui traverse la vallée de l’Avance, manquent de cohérence. Avec une vingtaine d’agriculteurs concernés, ils dénoncent une artificialisation excessive et évitable, de terres agricoles. Vitale pour relier l’A51 à la N94 et à la moitié nord du département, la D942, qui traverse le val d’Avance, fait l’objet d’une remise en état par le Département dans le cadre du plan d’investissements de 180 millions d’euros débloqués pour améliorer les routes avant l’arrivée des JO 2030.
« Le problème, c’est que c’est très mal géré, il y a beaucoup de gaspillage. Chaque paysan ne perd pas des surfaces énormes, c’est 600 m2 pour ma part, 800 m2 pour le voisin, mais au total on perd près de quinze hectares de terres agricoles », regrette Joël Robert. Les agriculteurs déplorent des élargissements de chaussée qui empiètent sur les terres cultivées.
Les écologistes s’indignent aussiDes revendications soutenues par les Écologistes des Hautes-Alpes, qui fustigent l’absence de concertation tout comme l’impact des travaux. « Écologiquement parlant, on ne peut pas accepter, sous prétexte des Jeux Olympiques décidés en déni de démocratie, de faire avancer des travaux à marche forcée pour privilégier le transport individuel, pose Francine Daerden, porte-parole du groupe. Et cela, en mettant à mal des terres agricoles dont on a besoin pour notre économie locale, au lieu de se tourner uniquement vers le tourisme haut de gamme, d’hiver. » De plus, selon elle, les zones de dépassement qui nécessitent d’élargir la route sur les terres agricoles, « ne serviront de toute façon à rien puisque les bouchons se concentrent toujours en traversant Tallard, à Chorges et au pont de Savines. » Néanmoins, ces élargissements de sols artificialisés ne sont pas dus qu’à la création de zones de dépassement mais aussi à des installations de sécurité routière, comme des îlots en béton de ralentissement au milieu des giratoires, ou encore la création de deux bandes de pistes cyclables de part et d’autre de la route. Face aux critiques exprimées, Marcel Cannat, vice-président en charge des transports, a convié les agriculteurs à une réunion ce mardi. Et d’après ces derniers, les conseillers ont affirmé étudier les propositions pour diminuer la taille des parcelles bétonnées.
-

Le projet Biométhane au cœur du débat public
Opération « transparence », pour l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Dans la salle de la Maison du peuple, la totalité des sièges installés sont occupés : ils étaient 200, ce mardi soir, à faire face aux représentants de l’Association des travailleurs de Gardanne, fondateurs de la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), elle-même porteuse du projet Bio-Méthane Provence (BMP), dans le cadre d’une concertation préalable et volontaire, autour de ce projet né d’une lutte sociale.
Le projet doit permettre la production « d’énergie verte », à partir de bois de récupération en fin de vie, tout en sauvegardant des emplois et en en créant (nos précédentes éditions). Aux côtés des salariés de la centrale, les représentants de Gazotech, et deux garants missionnés par la Commission nationale du débat public (CNDP), saisis par l’ATCG. Face à la petite foule, les porteurs du BMP s’attellent à présenter leur projet pour la première fois aux riverains. Mais aussi se confronter aux questions du public, habitants comme associations locales. « C’est un projet qui a eu plusieurs vies, il était important d’avoir un moment d’échange et dans un cadre organisé, sous l’égide de la CNDP », contextualise Mael Disa, directeur de Gazotech. Tout en rappelant que ce projet « se construit dans un cadre maîtrisé. On reste dans un cadre compatible avec des habitations ».
Majoritairement salué« Le projet présenté ce soir s’inscrit dans le contexte d’évolution du site et permettra à chacun de disposer de toutes les informations nécessaires », encourage le maire (LR) Hervé Granier, soutient du projet. Pour autant, les premières interventions se sont avérées tendues. L’ANLP, première à prendre la parole, en son nom et celui des CIQ Gardanne Est et de la FNE13, a annoncé se retirer de la réunion, déplorant « une concertation biaisée et verrouillée d’avance ». Un départ sous les huées, comme les applaudissements. Les questions sur les nuisances sonores, les pollutions, ont largement ponctué les échanges… « La prise en compte des riverains, on y est attachés, pour la simple et bonne raison que les travailleurs en font partie », rappelait Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. Nombreuses sont les interrogations autour des divers financements du projet. « Le coût total du projet est de 183 millions d’euros, pour l’usine clés en main. Aujourd’hui on fonctionne avec un financement en concertation, réparti entre ATCG et Gazotech. (…), rappelle Mael Disa. On est sur un financement stable, et pérenne. » En bref, un dossier « ficelé », selon Amélie Barbey, secrétaire locale du PCF, et salué à plusieurs reprises par l’assemblée. Notamment pour les créations d’emplois, puisque 50, au total y seront intégrés. « On a vocation à travailler le projet, regarder toutes les meilleures techniques existantes sur le marché et regarder comment faire pour le rendre porteur d’emploi. Sur le plan Environnemental, c’est bon. Socialement, très bon si on le peut et économiquement rentable », insiste Loic Delpech, président de l’ATCG. Deux autres réunions sont à venir.
-

Les centres sociaux en fête au Théâtre de verdure pour leurs 50 ans
Voilà cinquante ans que l’Association pour l’animation des centres sociaux de Martigues (AACS) promeut le vivre-ensemble et agit au cœur de la vie des quartiers de la Ville. Un anniversaire préparé de longue date par l’équipe dirigeante, comme le laisse supposer le programme présenté lors d’une conférence de presse lundi.
Toute une journée est consacrée à cet anniversaire dans exactement une semaine, mercredi 20 mai, de 14h à 23h au sein du Théâtre de verdure de Ferrières. Une trentaine de stands d’animations pour tous les âges sont prévus au sein d’une grande kermesse des centres sociaux et maisons de quartier de la Ville, en même temps que le défilé de mascottes entre 14h et 16h. Plusieurs représentations de danses, hip-hop et chorales sont attendues entre 17h et 19h juste avant les discours du maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux et Joëlle Campo-Piscione, présidente de l’AACS.
Scène ouverte
et cocktail populaireLe temps protocolaire ouvre littéralement le bal d’une soirée dédiée aux jeunes talents, au conservatoire du Site Picasso ainsi qu’à une scène ouverte avant de laisser place à un dj-set. Dans le même temps, les bénévoles du Goût de Martigues prépareront un buffet dégustation et un « cocktail maison » offerts à la population tout comme le gâteau d’anniversaire préparé par la restauration collective de la Ville.
Une grande fête populaire pour célébrer 50 ans de vivre-ensemble, en somme.
-

Ces boss des maths qui font aimer les chiffres aux élèves
Avez-vous déjà vu un carré sans angles droits ? ». La proposition de Loryne Barroche a de quoi décontenancer, mais elle n’effraie pas les quelques collégiennes de 3e faisant face à son stand. À l’entrée du forum des mathématiques de Miramas mardi matin, cette étudiante de 20 ans en licence maths-physique-chimie à Marseille propose de tout simplement changer de plan.
« Le plan euclidien est le fondement de la géométrie sur lequel on a développé tout le reste » développe Loryne Barroche, c’est la géométrie que tout le monde a connu à l’école. Le plan hyperbolique est tout simplement une autre facette de la discipline, demandant de changer de paradigme par rapport à la réalité du quotidien. Le jeu vidéo HyperRogue sur l’ordinateur du stand permet une autre approche. Un personnage en vue de dessus parcourt une sphère de case en case à la recherche d’étoiles. « C’est bizarre, il n’y a que la sphère qui bouge » note Elyah, l’une des élèves de 3e du collège Lou Garlaban à Aubagne, « y’a pas de fin » remarque sa camarade. Normal, cela illustre que « le bord d’une sphère est infini » d’après Loryne Barroche, contrairement au plan euclidien où « l’infini est… très loin ».
« C’est moins abstrait »Outre l’appréciation de l’infini, se déplacer sur des cases montre un autre aspect de la géométrie. « Les cases où on se déplace sont un pavage qui grossit quand on est dessus et rétrécit quand on s’en éloigne », explique Loryne Barroche.
L’enseignante encadrant les élèves de 3e remarque que « ce n’est pas du tout au programme de 3e mais c’est bien de montrer ce qu’ils feront plus tard, d’autant plus qu’il faut maîtriser la géométrie euclidienne avant l’hyperbolique ». Ce forum permet aussi de raccrocher les élèves : « c’est moins abstrait, ils peuvent manipuler, plier, découper dans les stands, ce qu’on n’a pas le temps de faire en classe » selon l’enseignante, surprise de voir « pas forcément les meilleurs élèves se motiver » à y venir. C’est là tout l’esprit du Forum des mathématiques, organisé par l’association Maths pour tous que représente Laurent Beddou. « On part du monde réel pour le déchiffrer à l’aide des maths » explique ce professeur, « comment modéliser un traitement de chimio, gérer des robots ou représenter une épidémie de zombie » sont autant de « portes d’entrée ». La finalité : « pour ne plus jamais se poser la question à quoi servent les maths » selon l’enseignant, qui voit dans la matière « un art » dont les chiffres et le calcul ne sont que les outils.
Plus de mille élèves du département ont pu s’en rendre compte.
-

Le prix Mizrahi pour des œuvres mémorielles
Qui dit 6e édition, dit nouveauté pour ce prix Robert-Mizrahi, initié par le fonds social juif unifié Marseille Provence pour mettre à l’honneur un travail mémoriel de l’histoire du peuple juif. Cette année, deux prix ont été décernés, le prix individuel qui a été attribué à Nathan Sperling, étudiant journaliste, pour son mini-film sur Lucien Démarque, ancien ouvrier qui a été torturé dans les années 40. Le second prix a été décerné à l’École de Provence des élèves de première et terminale pour leur travail réalisé dans les archives sur l’ancien archevêque de Marseille, Monseigneur Delay.
« Ils ont fait un beau travail de mémoire, mais le travail de ces jeunes compte parce que ça nous permet de comprendre ce qui s’est passé et de transmettre la mémoire », déclare Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille. Sous les yeux de Robert Mizrahi, les émotions étaient au rendez-vous avec des témoignages poignants de ces survivants d’un drame qui, grâce au travail de ces jeunes, ne tombe pas dans l’oubli.
-

Deux candidats pour la présidence des Républicains
Après la claque des municipales à Marseille et le coup de Jarnac de sa présidente sortante Laure-Agnès Caradec qui a annoncé ce mardi rallier l’extrême droite, le chantier qui attend les Républicains des Bouches-du-Rhône ne s’annonce pas comme une partie de plaisir, à moins d’un an de la présidentielle. Ils sont pourtant deux à lorgner, à l’occasion du congrès qui se tiendra les 8 et 9 juin, la tête de la fédération qui compte quelque 1 700 adhérents dans le département – moitié moins que lors du dernier congrès. Après l’annonce lundi de la candidature du vice-président de la Région Ludovic Perney (notre édition du 12/05), l’ex-présidente de la RTM Catherine Pila a officialisé face à la presse ce mardi matin : « Je suis candidate aujourd’hui à la présidence de la fédération des Républicains des Bouches-du-Rhône. »
Le défi du renouvellement« C’est Bruno Retailleau lui-même qui m’a demandé de m’engager dans cette élection, assure-t-elle. J’ai un côté bon soldat, quand j’ai un chef, je suis mon chef. » Une suggestion qui date de plusieurs mois, raconte l’ancienne présidente du groupe municipal d’opposition de la droite, qui s’est concrétisée lorsque Laure-Agnès Caradec lui a confirmé, jeudi soir, qu’elle ne souhaitait pas conserver son siège « pour raisons personnelles ». Et pour cause, puisque la voilà désormais ralliée à l’UDR d’Éric Ciotti. Si Catherine Pila salue le travail mené par celle qui a dirigé pendant deux ans et demi la fédération, elle se défend de toute porosité avec le RN : « Mes idées ne sont pas d’extrême droite, elles ne sont pas au centre, je ne trahis pas mes convictions. » Dans l’entre-deux-tours des municipales à Marseille, elle avait bien relayé la demande de ceux qui réclamaient un accord technique avec le RN. « Ils m’ont demandé jusqu’au bout d’assumer le sale boulot en tant que présidente de groupe, mais il était hors de question pour moi de franchir ce cap », justifie-t-elle. Soutenue par la sénatrice Valérie Boyer et l’ex-maire d’Aubagne Gérard Gazay, elle ambitionne « de fédérer les militants et de retrouver cette flamme militante qui a brillé pendant des années ». Avec une priorité, ouvrir « une vraie permanence » pour la fédération et travailler à une école de formation des militants.
« Nous avons deux visions totalement opposées, tacle en face Ludovic Perney. Sa vision, c’est de continuer l’héritage de Martine Vassal qui la soutient en off pour garder une main sur le parti. » « Nous sommes sur une élection interne qui ne concerne que nos militants », rétorque Catherine Pila, rappelant que la présidente (DVD) du Département n’est plus encartée à LR. Mais elle assure : « Je n’ai pas d’adversaire dans ma famille politique. »
Mais tous deux partagent la nécessité de redresser le parti qui n’a plus aucun conseiller municipal à Marseille et de préparer le terrain pour une nouvelle génération. En misant notamment sur la candidature de Bruno Retailleau à la présidentielle, option retenue par les trois quarts des adhérents dans les Bouches-du-Rhône.
-

Laure-Agnès Caradec rallie l’UDR
Elle faisait partie de ceux, dans l’entre-deux-tours des municipales, qui avaient milité pour une fusion des listes entre la droite et l’extrême droite à Marseille. Ce mardi midi, la présidente sortante des Républicains dans les Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec, arrivée à la tête de la fédération fin novembre 2023 après deux ans de vacance du poste, a annoncé rejoindre le parti d’Éric Ciotti, l’UDR.
« J’ai mené la campagne municipale avec loyauté, écrit celle qui était tête de liste pour Martine Vassal dans les 9e et 10e arrondissements de Marseille. Mais aujourd’hui, je choisis une ligne claire, une droite à la fois libérale et sans compromission. » Avec l’ancienne adjointe de Jean-Claude Gaudin, c’est un ralliement de poids pour l’extrême droite qui n’a eu de cesser de miner les rangs de la droite. Elle « tire les conséquences de la campagne catastrophique de Martine Vassal », se gargarise le responsable départemental du RN Franck Allisio. « On comprend votre maintien au second tour des élections d’arrondissements, il visait à faire gagner l’extrême droite », tacle la tête de liste du Printemps marseillais (G.s) dans le secteur, Pierre Huguet. « Voilà le résultat quand certains sont guidés par la pleutrerie et la couardise » appuie l’ancienne colistière de Laure-Agnès Caradec dans les 9-10, Sandra Blanchard (Ren.) tandis que le conseiller municipal d’opposition (Ren.) Romain Simmarano assure qu’à droite, « il existe une école de pensée qui n’a rien à voir avec l’extrême droite, et qui n’a pas vocation à sauter dans le bain d’acide ». « Ce n’était pas une surprise, pour nous, c’est un non-événement », réagit-on dans l’entourage de la présidente (DVD) du Département Martine Vassal, dont l’exécutif compte désormais deux vice-présidents d’extrême droite avec le maire de Marignane, Eric Le Dissès. Y.S.
-

Vent debout contre la sélection par la nationalité à l’université
Devant les portiques du campus Saint-Charles de l’Université d’Aix-Marseille (AMU), une autre forme de tri se met en place. Près des grilles, personnels et étudiants plongent la main dans une boîte où il est inscrit : « La nationalité, une question de chance ». Une mise en scène symbolique pour dénoncer la sélection à l’entrée de l’université. Ce mardi 12 mai à midi, une mobilisation intersyndicale d’enseignants, personnels et étudiants s’est tenue sur place. Elle vise la décision du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, de mettre fin à la possibilité d’exonération des frais pour la majorité des étudiants étrangers hors Union européenne.
Bénissia, en master gestion des ressources humaines, se sent concernée. Originaire de République centrafricaine, elle étudie aujourd’hui à Aix-Marseille. « Moi, comme j’y suis déjà, ça ne me concerne pas. Mais ma sœur, qui vit en Centrafrique, veut venir. Elle a candidaté ici, mais avec ces frais, ça devient hyper compliqué. Si j’avais été dans cette situation, je ne sais pas si j’aurais fait le choix de venir », confie-t-elle. Pour rappel, en 2019 le plan « Bienvenue en France », censé renforcer l’attractivité des universités, avait déjà entraîné une forte hausse des frais pour ces étudiants : de 170 à 2 900 euros en licence, et de 250 à 3 900 euros en master. Jusqu’ici, de nombreuses universités contournaient ces montants grâce aux exonérations prévues par le texte.
« Un décret excluant »Le gouvernement souhaite désormais en limiter drastiquement l’accès. Sur les 80 000 étudiants que compte Aix-Marseille, environ 5 000 sont extra-communautaires. « Cela ne concernerait plus que 10% des étudiants extra-communautaires. Autrement dit, 90% paieraient plein tarif », explique Julien, enseignant-chercheur en informatique et membre du syndicat Sud Éducation. Selon lui, cette mesure risque d’aggraver la précarité d’étudiants déjà fragiles. « J’avais un étudiant réfugié de Guinée : on s’est cotisés pour lui payer ses frais d’inscription », raconte-t-il, avant de dénoncer « un décret excluant, discriminant et xénophobe ».
C’est aussi le rôle des étudiants internationaux dans l’université qui est mis en avant. Eric Berton, président de l’AMU, le rappelle : « L’excellence de nos universités se construit avec les étudiants internationaux. Ce sujet ne peut pas être regardé uniquement sous l’angle budgétaire […]. Pour AMU, l’ouverture sur le monde et la Méditerranée est un pilier de notre identité », rappelle-t-il. Christophe Baticle, maître de conférences en sociologie et anthropologie, en témoigne : « J’ai étudié à Amiens avec un ami venu du Congo. Aujourd’hui, nous menons des recherches ensemble, aussi au Congo. Il ne serait jamais venu avec ces conditions », constate-t-il. À quelques pas, un collègue plonge sa main dans la boîte : « Argentine ! ». Une syndicaliste lui répond avec ironie : « Ce sera 2 900 euros. Bienvenue en France ! ».

