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  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Ce 10 juin, en fin de journée, un rassemblement s’est déroulé devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, comme devant de nombreuses préfectures de France. Organisées à l’appel des collectifs BougeTaPréf, rassemblant de nombreuses organisations (La Cimade, Réseau universités sans frontières 34, réseau éducation sans frontières 34, Mrap, LDH…), ces actions simultanées visaient à défendre « les droits et la dignité des personnes étrangères, chaque jour un peu plus bafoués ».

    « Maltraitance institutionnelle »

    Depuis plusieurs années déjà – mais la situation s’est encore aggravée ces derniers mois – les difficultés d’accès aux services préfectoraux se multiplient : impossibilité d’obtenir un rendez-vous, absence de réponse de l’administration, retards massifs dans la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, blocages liés à la dématérialisation des démarches… « Ce qu’on dénonce, c’est la maltraitance institutionnelle », explique Thierry Lerch, Montpelliérain militant à la fois à La Cimade et à RESF.
    « Il y a un dysfonctionnement informatique permanent, au point que dans nos permanences on ne fait plus de juridique, on se concentre uniquement sur l’administratif. On essaye de faire en sorte que les personnes arrêtent de perdre leur travail parce que leur carte de séjour est périmée faute d’avoir réussi à la renouveler pour des questions purement administratives. C’est totalement inadmissible », s’indigne Thierry Lerch, qui dénonce « une fabrique de sans-papiers ». Plusieurs institutions ont d’ailleurs émis des signaux d’alerte : « La Défenseure des droits constate que les réclamations en droit des étrangers ne cessent de croître, le Conseil d’État, dans son arrêt du 5 mai, donne 6 mois à un an à l’État pour mettre fin à certaines carences de l’Anef (Administration numérique des étrangers en France) et les syndicats de magistrats et avocats dénoncent l’engorgement des tribunaux avec des procédures liées à des OQTF (obligation de quitter le territoire français) qui tombent sans arrêt », illustre le militant.

    Autre point noir unanimement dénoncé par les organisations mobilisées : les frais d’inscription différenciés à l’Université pour les étrangers. Dès la rentrée de septembre, les nouveaux étudiants internationaux hors Union européenne devront s’acquitter de 2 895 euros par année de licence et de 3 941 euros par année de master, soit 16 fois le tarif que ces étudiants payaient jusqu’ici. Une mesure jugée « antisociale et xénophobe ».

  • Près de 23 départs de feu dans les Bouches-du-Rhône, la vigilance toujours de mise

    Près de 23 départs de feu dans les Bouches-du-Rhône, la vigilance toujours de mise

    Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont été sollicités pour 23 départs de feux, ce jeudi 11 juin, indiquent les Pompiers 13.

    Parmi les plus importants, celui d’Allauch dans la nuit de mercredi à jeudi, à 1h du matin, qui a parcouru 1,5 ha, celui de Luynes à 7h30 qui a parcouru 1 ha, celui de Saint-Étienne-du-Grès qui a brûlé 9 ha et enfin à Saint-Cannat, 3 ha partis en fumée. Feu pour lequel 69 pompiers ont été engagés avec 3 canadair, route des 4 thermes sur la D67 en fin de journée.

    Des incendies favorisés par une végétation sèche et le vent, analysent les Pompiers 13. Si le Mistral est un peu tombé dans l’Est du département, il souffle toujours dans l’Ouest et les températures repartent à la hausse. Autant de raisons pour rappeler que la prévention reste essentielle insistent les pompiers.

    Et de marteler « pas de jet de mégots dans la nature, attention à l’emploi du feu et à l’accès aux massifs. Chaque geste compte ! »

  • Eaux usées, l’eldorado pour sauver l’or bleu ?

    Eaux usées, l’eldorado pour sauver l’or bleu ?

    Ls joueurs de golf qui évoluent sur le green de La Grande-Motte, dans l’Hérault, savent-ils que leur chère pelouse est arrosée par des eaux usées traitées ? C’est l’une des premières mise en œuvre, en France, d’une technique : la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Et pour cause : alors que la crise de la ressource en eau s’aggrave, gaspiller de l’eau potable sur les parcours du Golf international de la Grande Motte devenait insoutenable. Pour autant, cette réutilisation ne va pas de soi et la France est à la traîne.

    L’Observatoire national des services d’eau et assainissement explique que dans notre pays « la réutilisation des eaux usées traitées demeure très marginale, représentant moins de 1% du volume total des eaux traitées, selon une estimation du Cerema [organisme qui accompagne l’État et les collectivités en matière de défi climatique] dans son document “Réutilisation des Eaux Usées Traitées – Le panorama français” publié en 2020 ». À titre de comparaison, souligne l’observatoire, « certains pays ont développé cette pratique de manière bien plus significative : Israël atteint un taux de réutilisation de 86%, l’Espagne 14% et l’Italie environ 8%. » L’Espagne justement et la Catalogne en particulier ont investi face à une sécheresse endémique (lire notre reportage page 6) grâce au savoir-faire du numéro un mondial de la gestion de l’eau, le groupe privé Veolia.

    Pour revenir sur le green du golf de La Grande-Motte, l’observatoire national des services de l’eau et assainissement juge que « cet exemple illustre bien les défis que soulève la réutilisation des eaux usées, tant sur le plan technique qu’économique ». En effet, la mise en place de la réutilisation des eaux usées traitées doit « garantir une qualité d’eau conforme aux usages publics » et nécessite souvent « des traitements complémentaires, afin d’atteindre des concentrations très faibles en bactéries et en polluants ». Cela peut impliquer « l’installation d’unités de désinfection supplémentaires et exige un suivi sanitaire permanent ». De gros investissements sont donc nécessaires. À Montpellier, la régie publique de la Métropole expérimente un camion itinérant dans cinq communes, équipé d’un système de traitement des eaux usées. Un projet financé par des fonds européens (lire page 7).

    Dépasser le facteur « beurk »

    Pour l’observatoire, « les contraintes, à la fois techniques et économiques, expliquent en partie pourquoi la réutilisation des eaux usées traitées reste encore peu développée en France ».

    Le CNRS planche sur le sujet pour sauter ces obstacles : « Plusieurs équipes de scientifiques du CNRS travaillent sur des technologies innovantes pour s’assurer que cette eau soit propre et sans danger. En Vendée, un projet teste la réutilisation des eaux usées pour produire de l’eau potable. Dans le Gard, un autre programme explore la recharge des nappes phréatiques », précise le centre de recherche. Et de rappeler que d’« ici à 2030, l’ambition du gouvernement est d’atteindre 10% de réutilisation ». Mais prévient le CNRS, « il reste un gros défi : dépasser le “facteur beurk”, une réaction de dégoût à l’idée de réutiliser une eau considérée comme insalubre. L’acceptabilité sociétale de la réutilisation des eaux usées est en effet cruciale pour son succès. »

    Il y a aussi la réglementation. Selon Veolia, « la Commission européenne estime que l’eau traitée pourrait être réutilisée 6 fois plus qu’elle ne l’est actuellement. Le premier règlement a été publié en 2020, et les spécifications techniques en 2024, pour harmoniser les règles et encourager la Reut en Europe. » En attendant, des essais sont mis en œuvre : À Toulouse, le projet Val REU a été lancé en 2023 avec pour ambition de retraiter des eaux usées pour les recycler vers de nouvelles utilisations, comme le nettoyage des voiries, l’alimentation de sanitaires ou l’arrosage des terrains de sports. Un nouveau type de membrane filtrante et durable, Neophil, est mis en service lors de cette opération. Une expérience est également menée avec le Stade Toulousain, pour l’arrosage de ses terrains de rugby.

    De son côté, la commune d’Argelès-sur-Mer, utilise le procédé Reut pour l’agriculture de cette commune située dans les Pyrénées-Orientales, un département frappé par une sécheresse depuis plusieurs années.

    Coût élevé, acceptation sociale, entretien, contrôles sanitaires accrus. La réutilisation des eaux usées traitées rencontre des freins objectifs. Cette technique doit faire partie du panel de solutions pour protéger la ressource en eau mais sans accroître sa consommation. C’est l’alerte de Nassim Ait Mouheb, directeur de recherche à l’Inrae, au sein du laboratoire G-Eau à Montpellier (lire ci-contre son entretien). Pour lui « cette solution doit être pensée de manière systémique, avec la sobriété, les autres solutions d’adaptation et les besoins du territoire ».

  • Violences sur mineurs, les contradictions coupables de Gérald Darmanin

    Violences sur mineurs, les contradictions coupables de Gérald Darmanin

    Par Julie Jarno, Barreau de Marseille

    Le ministre de la Justice a déclaré, le 7 juin, avoir demandé aux procureurs de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit 70 000 dossiers dans le sillage de l’affaire Lyhanna : cette réaction politique opportuniste ne peut faire que choquer les professionnels concernés. En effet, le garde des Sceaux pointe des dysfonctionnements dans la gestion du profil du principal suspect, une plainte d’août 2025 à son encontre n’étant toujours pas traitée à ce jour. En réalité, rien d’exceptionnel dans ce délai, rien d’exceptionnel dans cette manière de faire et, surtout, dans cette manière de ne pas faire grand-chose. À Marseille, ce sont 30 000 plaintes qui sont en attente d’être traitées, et qui, parfois, ne le seront jamais : des plaintes qui attendent dans les placards de commissariat et qui seront, pour de nombreuses d’entre elles, classées sans jamais avoir été enregistrées au parquet. Combien de plaintes pour violences sur des enfants parmi celles-ci ? À Marseille, ce sont moins de 70 procureurs qui gèrent l’intégralité de la politique pénale de la 4e juridiction du pays dont le ressort couvre en réalité 21 communes et plus d’un million d’habitants. Parmi ces 70 procureurs, seuls 8 sont affectés spécifiquement à la section qui gère à la fois les violences conjugales, les violences sur mineurs, la délinquance des mineurs et la protection de l’enfance. Assurer la politique pénale signifie (liste non exhaustive) : traiter les plaintes, coordonner des enquêtes, prendre des décisions quant à l’issue de ces enquêtes, requérir des peines lors des audiences pénales. Ce travail est colossal et les procureurs sont aidés pour ce faire par des dizaines d’agents, greffiers ou adjoints administratifs. Or à Marseille, outre le nombre de procureurs insuffisants, le bureau d’ordre pénal, le service qui gère l’arrivée de l’ensemble des plaintes issues de tous les commissariats du ressort, risquerait de ne plus disposer que de deux agents à compter de septembre, la suppression du 3e poste étant envisagée pour raisons budgétaires. Quand des plaignants, ou leurs avocats, relance ce bureau pour savoir où en sont les plaintes déposées, parfois pour des faits très graves, parfois pour des plaintes anciennes, la réponse la plus courante est « cette plainte n’a pas encore été enregistrée. Merci de renouveler votre demande dans 6 mois ». Alors, Monsieur le ministre, vos annonces faisant peser la responsabilité de la mort d’une enfant sur des procureurs en particulier est une attaque particulièrement perfide à l’égard de vos équipes. Notre pays dispose de quatre fois moins de magistrats que la moyenne européenne. Augmenter le nombre de magistrats, de greffiers et de personnel administratifs dans nos juridictions, et vous verrez que, comme par magie, les plaintes seront correctement traitées et que, sans doute, des enfants seront épargnés.

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  • À Marignane, la gauche interpelle le maire sur les dépôts sauvages et les rats qui pullulent

    À Marignane, la gauche interpelle le maire sur les dépôts sauvages et les rats qui pullulent

    C’est quand on parle des rats qu’on en voit la queue. C’est en tout cas ce que suggère la question écrite des élus de l’opposition de gauche marignanaise à l’attention du maire d’extrême droite (RPR) Éric Le Dissès, publiée ce jeudi.

    « Depuis plusieurs années, les habitants constatent une présence croissante de rats dans l’ensemble de la commune » affirme Ariane Lombardi, conseillère municipale PCF dans cette lettre. « La présence massive de rats dans l’espace urbain soulève des inquiétudes légitimes en matière d’hygiène, de salubrité et de risques sanitaires » selon l’élue, qui demande à l’édile de justifier ses mesures.

    Cette interpellation fait suite à l’alerte du PCF l’année dernière sur le même sujet, à partir d’une pétition signée par plus de 500 habitants et remise en mairie en février 2025. La réponse de la Ville, à l’époque, parlait de « désinformation » et affichait une « priorité municipale » dans la lutte contre les dépôts sauvages.

    Sus aux dépôts sauvages

    La question est globale. « Les dépôts sauvages se multiplient et concernent l’ensemble de la commune et favorisent la prolifération des rats. Quelles mesures pour lutter contre ces incivilités ? » demande Ariane Lombardi, arguant d’un besoin de sensibilisation sur les risques sanitaires et des moyens de se débarrasser de ses encombrants. Mais aussi, de savoir « quels moyens sont consacrés à la police de l’environnement et quel est son bilan » dans le domaine. La réponse est attendue au conseil municipal du mardi 30 juin à 17h à l’Espace Saint-Exupéry.

  • Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Le maire (DVG) de Marseille avait été le dernier à prendre la parole lors de la conférence des maires le 21 avril, pour défendre le refus de voter le budget métropolitain. Et n’avait eu de cesse, dans la foulée, de cibler les attributions de compensations versées aux autres communes. La copie rendue ce jeudi par la Chambre régionale des comptes ressemble à un douloureux retour de flammes : la municipalité marseillaise paye le plus lourd tribut, avec une perte sèche de 36 millions d’euros sur la dotation de solidarité communautaire négociée en 2023. Sans compter les restrictions imposées à la RTM désormais dirigée par la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, ou sur la gestion des déchets.

    « C’est une équation mathématique qui est proposée par la Chambre régionale des comptes, ce n’est pas un exercice politique, et ce n’est pas ce qu’on lui demandait », souligne-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. En affichant une satisfaction sur l’exercice réalisé par les magistrats, « qui va dans le détail pour comprendre le fonctionnement du budget métropolitain », et le constat, « un réquisitoire assez sévère de la majorité précédente ».

    Mais face à la lourde peine infligée aux finances communales, on insiste : « Ce sera au préfet de trancher, les recommandations ne l’obligent en rien. » Même si l’avis ne dresse pas plusieurs options possibles, comme certains élus métropolitains l’espéraient. « Si le préfet choisit de toucher la dotation de solidarité communautaire, cette coupe serait très difficile à encaisser pour de nombreuses communes, appuie l’entourage du maire. La Métropole est faite pour faire de la solidarité entre les villes, le préfet connaît son fonctionnement et sera dans la recherche d’une solution pour l’intérêt général. » En se défendant de chercher à mettre la pression sur la préfecture. Même si on reconnaît qu’il faudra trouver des solutions politiques, à compter de 2027. D’autant plus face aux promesses d’un « new deal métropolitain » lancées dans la campagne des municipales, qui avec ces coupes imposées trouvent des obstacles de taille sur leur route.

  • [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    Au moins 4,4 millions d’euros d’économie sur la « charge de personnel et frais assimilés »… C’est ce que propose la Chambre régionale des comptes (CRC) pour rééquilibrer le budget déficitaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une économie sur les recrutements qui dégraderait les conditions de travail des agents et du service public, selon les syndicats.

    « Inquiet du gel d’une partie

    des recrutements »

    Bien que rassuré que la CRC ne préconise pas de baisse de salaire, Serge Tavano, secrétaire général du syndicat FSU-Territoriaux des Bouches-du-Rhône, se dit « inquiet du gel d’une partie des recrutements d’agents permanents ». Pour le syndicaliste, c’est le signe du « non-remplacement d’un départ sur deux ». Une perte de postes qui aura des conséquences sur les conditions de travail des agents, qu’ils soient dans l’administration ou l’opérationnel. « Parce qu’on demande souvent aux agents de faire des efforts et ils le font, car ils ont le sens du service public. Ils peuvent le faire sur du court terme, mais pas sur le long terme, ce n’est pas possible », s’alarme l’agent territorial.

    D’autant que cette baisse de budget risque de limiter le renouvellement des contractuels ou même leur recrutement, avec donc l’impossibilité de remplacer des arrêts maladies. Ce qui pourrait par exemple affecter le travail des éboueurs qui connaissent une augmentation de l’activité l’été. « On doit faire des choix budgétaires, mais pas sur les métiers de l’opérationnel », insiste-t-il.

    « Nous réclamons en urgence une table ronde avec l’ensemble des organisations syndicales pour que toute la transparence soit faite », partage de son côté la responsable de la CGT à la Métropole, Véronique Dolot, craignant les lourdes répercussions. « On essaie de présenter cela comme un exercice comptable, mais il s’agit bien de choix politiques, les seuls qui ont à y perdre sont les populations et les services publics. »

  • La ligne haute tension fait l’unanimité contre elle

    La ligne haute tension fait l’unanimité contre elle

    Les élus municipaux d’Arles ont à nouveau manifesté leur opposition au projet de ligne aérienne à Très haute tension (THT) de 400 000 V entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer porté par le gestionnaire du réseau électrique RTE, lors du conseil municipal de jeudi soir.

    En l’espèce, c’est un avis défavorable émis à l’unanimité par les élus contre la demande de déclaration d’utilité publique formulée par RTE et instruite par le ministère de l’Énergie le 13 mai.

    « Personne ici ne conteste les enjeux de transition énergétique, d’alimentation du territoire ou de décarbonation » affirme le maire (Hor) Patrick De Carolis, « mais de nombreuses interrogations demeurent à l’étude du dossier soumis à enquête publique et les garanties apportées sont insuffisantes face aux enjeux du territoire arlésien ».

    Une assistance juridique

    L’édile arlésien ne se résigne pas à se prononcer sur « un fuseau d’implantation de 65 km de long et 100 m de large » sans plus de précisions. En référence à l’étude d’impact du projet, « des pylônes de 60 m de haut […] traversent des secteurs aux équilibres fragiles, avec un impact significatif sur les espaces, la biodiversité et les activités économiques associées », liste le maire.

    En ce sens, la communauté d’agglomération ACCM présidée par Patrick De Carolis a aussi adopté un « recours éventuel à une assistance juridique spécialisée pour accompagner nos démarches ». L’élu demande « à l’État et RTE de compléter leur étude d’impact, d’approfondir l’analyse des conséquences sur les biens inscrits au patrimoine mondial et d’étudier sérieusement les solutions alternatives », notamment d’enfouissement, porté par les opposants.

  • À Toulon, le transport public toujours source de polémique

    À Toulon, le transport public toujours source de polémique

    Après plus de vingt-cinq ans de bagarre devant les tribunaux et par presse interposée, le dossier tramway continue de défrayer la chronique après le nouveau recours déposé par le Collectif tramway contre la Déclaration d’utilité publique (DUP) du Bus à haut niveau de service (BHNS).

    Remise en selle durant toute la campagne des municipales par la gauche, l’alternative du rail n’a manifestement pas été enterrée par tout le monde, bien que la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi, réélue au mois de mars, ait toujours été claire sur le sujet. Notamment lors du débat organisé par l’association Les Shifters qui rassemblait les cinq candidats. Il s’agissait de les interroger sur la politique qu’ils comptaient mettre en œuvre en matière de transport public et de réduction de la part de la voiture dans les déplacements.

    La première magistrate appelait à continuer à avancer. Consentant tout de même que « le coche avait peut-être été raté au début des années 2000 », lors de l’abandon du projet tramway par Hubert Falco après l’avoir fait voter précédemment à l’unanimité. Mais, face aux enjeux de mobilité, de pollution et de santé, « il était urgent de se décider dans une concorde collective »… avec « une méthode différente ». « La mienne est de comprendre, concerter et tout envisager », promettait-elle.

    Cela étant dit, insistait Josée Massi, le BHNS étant un projet déjà engagé et financé, notamment grâce aux 40 millions d’euros de subventions de l’État, « revenir en arrière créerait des retards majeurs et ferait perdre des années aux Toulonnais ». La solution retenue en revanche étant d’améliorer le projet « pour qu’il réponde pleinement aux besoins de mobilité » et de le compléter l’offre par d’autres moyens de transport, comme le RER métropolitain, ou encore les navettes maritimes.

    Erreur d’aiguillage

    Pour le collectif tramway et la Fnaut, pas question d’en rester là. Et de rappeler une fois encore qu’« avec près de 500 000 habitants, Toulon demeure l’une des rares grandes agglomérations françaises et européennes à ne disposer d’aucun transport collectif structurant en site propre ». Ce qui se traduit, insiste le monde associatif, par une part modale des transports publics qui atteindrait à peine 6%, alors que, pour une population comparable, le réseau de Montpellier transporte quatre fois plus de passagers par an, grâce à ses cinq lignes de tramway.

    Le dossier d’enquête publique du BHNS projette les 130 000 voyages quotidiens en 2038, soit en effet une part modale de seulement 5,9%. Un projet qui, pour la Fnaut, ne permettra pas de répondre aux enjeux de transition écologique.

    Le collectif tramway rappelle également qu’entre 2005 et 2010, près de 900 acquisitions foncières ont été réalisées et que, comme le reprend la Fnaut, « l’abandon du tramway au profit du BHNS n’a jamais été justifié par une comparaison complète et transparente des performances, des coûts et des capacités respectives des deux solutions ».

    Selon eux, au contraire, tous les indicateurs plaident en faveur d’un tramway en site propre, à la hauteur des besoins et des ambitions du territoire.

    On le voit le débat est loin d’être clos. Et pour plus de pédagogie le collectif tramway organise une réunion publique de présentation du recours engagé et à une réflexion sur le projet de transports en commun le 18 juin à 18h30 salle Frank Arnal, après leur assemblée générale.