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  • [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    Marina, 13 ans, en 4e au collège du pays de Banon

    Personne ne s’en doute, mais je peux te dire que les mouches ont une très grande utilité dans la nature car elles recyclent la matière organique morte. Tu as remarqué que grâce à leur odorat très développé, elles sont attirées très vite par tout ce qui est très odorant : les crottes d’animaux, les cadavres, la viande, les fruits, etc. Chaque espèce de mouche (et il y en a des centaines de milliers) a son propre régime alimentaire.

    Les adultes pondent dans la matière organique de minuscules œufs qui vont éclore sous la forme de vers (les asticots). Ces vers sont très voraces et ingèrent une quantité énorme de nourriture par rapport à leur taille. Ils transforment ainsi ce qui est mort en matière vivante. Ils sont comme les mouches adultes très très nombreux et constituent ainsi la base alimentaire de nombreux prédateurs (oiseaux, batraciens, petits reptiles, chauves-souris et une multitude d’insectes et araignées).

    Les mouches sont donc indispensables au fonctionnement de la nature, par leur capacité à recycler la matière organique morte et en servant de garde-manger à d’innombrables animaux. Vive les mouches ! »

    Jérôme ORGEAS Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’Imbe.

  • L’ex-maire d’Istres, François Bernardini, fait appel

    L’ex-maire d’Istres, François Bernardini, fait appel

    Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu l’ex-maire d’Istres, 73 ans, coupable de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts, le condamnant à deux ans de prison ferme, 200 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, le mercredi 7 octobre, à l’issue d’un procès tenu en juin dernier. Ce dernier devant effectuer sa peine sous bracelet électronique. Mais François Bernardini (DVG) a décidé de faire appel, ont indiqué ce week-end nos confrères de La Provence.

    L’ex-élu était mis en cause pour avoir intégré dans les effectifs de la mairie deux collaborateurs alors qu’ils travaillaient dans une association et en tant qu’entrepreneur. Deux emplois considérés comme fictifs. Autre reproche judiciaire : l’omniprésence de deux cabinets d’architectes dans l’attribution des marchés publics.

    Les maîtrises d’œuvre du complexe nautique d’Entressen et de la salle polyvalente communale La Grange ont ainsi été considérées comme irrégulières par les juges. Pour ce qui est du favoritisme sur un marché de location de voitures, François Bernardini a été relaxé, ainsi que pour la construction de la cité administrative que d’aucuns jugeaient pharaonique.

    D’autres condamnés

    lui emboîtent le pas

    Le ministère public avait requis à son encontre quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, 80 000 euros d’amende, la confiscation d’un appartement, l’interdiction définitive d’exercer une fonction publique et cinq ans d’inéligibilité.

    Pour mémoire, l’ancien leader du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, dont il est exclu en 2001, avait déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis et une peine d’amende, en 2002, pour des faits de détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux, après avoir là aussi fait appel puis saisi la Cour de cassation.

    Également reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Paris, son ex-directeur général des services, Nicolas Davini, Philippe Colonna, fondateur de la Savim, et Frederik Rill, architecte, ont aussi fait appel, précisent nos confrères. Le premier a été condamné à trois ans d’emprisonnement avec sursis et à 100 000 euros d’amende, trois ans d’inéligibilité, trois ans d’exclusion des marchés publics et d’interdiction d’exercer une fonction publique, avec sursis. Le second a écopé de deux ans de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, trois ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique pour recel de détournement de fonds publics concernant son emploi fictif. Enfin, le troisième, a été condamné à 50 000 euros d’amende pour recel. Il est également exclu de marchés publics pour trois ans avec sursis.

    À noter que l’ancienne première adjointe, Nicole Joulia, a quant à elle été relaxée.

  • Des abris artificiels pour restaurer la biodiversité

    Des abris artificiels pour restaurer la biodiversité

    Le Biohut® est une nurserie artificielle pensée par Ecocean, entreprise spécialisée dans la restauration des milieux aquatiques. Trente et un de ces abris ont été installés dans la base nautique Florence-Arthaud afin de restaurer les fonctions écologiques d’une zone artificialisée.

    Concrètement, l’abri se présente sous la forme d’une cage remplie de coquilles d’huîtres, offrant un habitat à de nombreuses espèces. « On a des crevettes, des vers, beaucoup de crabes… » recense Anthony Fortin, chargé d’opération chez Ecocean. « Ils servent de nourriture aux jeunes poissons », poursuit-il en désignant les grilles qui entourent la structure et protègent les juvéniles des prédateurs.

    « Le Biohut encourage la biodiversité dans des milieux modifiés par l’Homme », précise Anthony Fortin. Le dispositif n’est pas réservé à la base nautique marseillaise. Il peut être installé dans « n’importe quel port ou marina, à partir du moment où les eaux sont saines, traitées et entretenues ». On en trouve déjà dans une trentaine de ports méditerranéens ainsi qu’à l’étranger, où Ecocean poursuit son développement.

    Les résultats semblent au rendez-vous. La fréquentation de jeunes poissons a été multipliée par 30 par rapport à 2024 et les équipes se félicitent particulièrement de la présence d’un mérou brun, espèce protégée. Même croissance exponentielle du côté des crabes, oursins et crevettes, passés de 2 à 64 espèces recensées en deux ans.

    La Direction de la mer et du littoral soutient des ateliers de sensibilisation auprès du jeune public toute l’année. « On montre aux enfants qu’il y a de la vie sous les ports occupés par les humains et qu’il faut lui laisser de l’espace pour se développer », note Anthony Fortin.

    La Ville distinguée

    « C’est encourageant », se félicite Hervé Menchon (EELV), adjoint délégué à l’environnement et à la biodiversité, alors que la Ville de Marseille est désignée capitale française de la biodiversité. « C’est une reconnaissance du travail accompli en matière de renaturation. » L’élu a mis l’accent sur les actions menées pour préserver les milieux marins comme les espaces terrestres : « On est sur un point de bascule climatique et on agit déjà. » Avant de conclure avec une formule : « Après “sous les pavés, la plage”, “sous les pontons, le vivant”. »

  • [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    La Marseillaise : Quelles sont les conclusions de ce sondage Opinion Way sur la faim en France ?

    Hélène Quéau : On a des constats assez durs : 13% des adultes Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture. Au-delà de ne pas pouvoir manger suffisamment, 39% des personnes disent se restreindre sur leur choix alimentaire. Pour 80% d’entre eux, cela s’explique par des raisons financières, mais ça peut aussi venir de l’absence de choix autour de soi. À Marseille, dans les quartiers Nord, l’offre alimentaire est hyper limitée. Il y a donc des enjeux de déplacements et on connaît aussi les répercussions que la faim entraîne sur la santé : augmentation de l’obésité, des maladies liées à l’alimentation, et effets sur la santé mentale et la capacité à déployer d’autres actions pour sortir de cette situation.

    Et à Marseille ?

    H.Q. : Un des sujets, avec la précarité alimentaire, c’est qu’il n’y a pas de mesure systématisée : c’est pour ça qu’on a lancé ce sondage. À Marseille, un nombre important de personnes fréquentent l’aide alimentaire, le public est très diversifié. Pour chiffrer, on a étudié la vie en squat à Marseille, notamment dans les copropriétés dégradées des quartiers Nord. On estime que 6 000 adultes sont concernés, un chiffre qui grimpe beaucoup avec les enfants. 14% de ces personnes présentent une faim sévère et 50% une faim modérée. à cela s’ajoutent des travailleurs pauvres, de plus en plus nombreux dans les files de l’aide alimentaire, des retraités… Cette diversité dans les profils de bénéficiaires rend complexe la réponse et prouve qu’il faut regarder à la racine, au niveau des aides sociales, des retraites et de l’inflation qui s’est installée sur les fruits et les légumes.

    Pourquoi reconnaître une valeur constitutionnelle au droit à l’alimentation, déjà inscrit en droit international ?

    H.Q. : Ce droit garantit l’accès à une alimentation non seulement suffisante, mais aussi saine et durable. La France a signé de nombreux traités internationaux à ce propos, mais au vu des chiffres, ce droit n’est pas complètement respecté. Le système d’aide alimentaire ne suffit pas. Il faut des moyens pour qu’on ait plus de choix, pour que les gens qui arrivent dans l’aide alimentaire puissent retrouver un accès autonome, pour que les agriculteurs aient un revenu qui soit suffisant. En plus, on gagnerait de l’argent. Les collègues du Secours catholique chiffrent les coûts de l’inaction à 19 milliards d’euros par an*.

    Quel est l’objet de la campagne de mobilisation lancée par Action contre la faim ?

    H.Q. : On veut un cadre clair pour réaffirmer le droit à l’alimentation, mais aussi pour activer tous les leviers possibles pour le garantir. Du côté des politiques publiques, la loi-cadre pourrait clarifier le rôle d’une politique agricole qui assure une production qui n’impacte pas trop la santé et l’environnement, qui couvre les besoins, qui offre du choix et qui réfléchit au renouvellement des générations agricoles. Le second volet concernerait les politiques sociales, avec un accès au logement qui permettrait un budget dont l’alimentation n’est pas une variable d’ajustement, un accompagnement des jeunes vers l’emploi et une tarification sociale à la cantine, par exemple.

    * Étude « L’injuste prix de notre alimentation »

  • Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Au vu des premières minutes de la rencontre, débutée par un coup d’envoi d’Albornoz directement en touche, ce samedi après-midi avait, de prime abord, tout pour être le coup de grâce d’une semaine éprouvante dans la rade. Mais bien que malmenés par le Racing, acculés sur leur ligne d’en-but, auteurs de nombreuses fautes et réduits à 14 au bout de sept minutes, les Toulonnais ont résisté, au prix d’une débauche d’énergie significative de leur envie de se racheter.

    « Je pense qu’on gagne le match sur nos dix premières minutes. Sur notre ligne, on n’a rien lâché. Les joueurs se sont envoyés et ont été très solidaires », salue Franck Azéma, désormais seul aux commandes du bateau rouge et noir. Les prémices d’une réaction d’orgueil attendue suite au départ de Pierre Mignoni, qui avait vocation à créer « un électrochoc », comme on le martelait cette semaine au club. « On peut dire que c’est réussi », appuie l’entraîneur toulonnais après la victoire des siens (29-15).

    L’ex-directeur du rugby du RCT était dans toutes les têtes, avant et après le match. « Des pertes, j’en ai vécues plein. Mais comme Pierre, c’est rare. C’est la première fois avec autant d’émotions et autant d’affection pour la personne, avoue Gaël Fickou, très affecté par son départ. On avait vraiment à cœur de faire un énorme match pour nous, pour nos supporters mais aussi pour lui, pour tout ce qu’il a apporté à ce club car il y a tout gagné, il a grandi ici. »

    « Il fallait les agresser »

    Ses ex-protégés lui ont bien rendu. Car leur envie n’a jamais semblé décroître tout au long du match, et a permis d’emmener un public de Mayol dont la réaction était forcément attendue, voire crainte. « Tout le monde s’est mis au diapason à partir du moment où ils ont vu que les mecs se retroussaient les manches. Les gens ont senti ça, c’est ce qui fait la force de Mayol », constate Franck Azéma.

    Une communion favorisée par une prestation certes imparfaite, mais bien plus proche des attentes liées à cet effectif. Sans avoir pour autant tout révolutionné en une semaine : « On s’est concentré sur nous, on a fait un plan de jeu qui nous correspondait. On a eu peu de jours pour s’entraîner, donc on a été à l’essentiel », résume Charles Ollivon. « Il y a eu du mieux, notamment dans l’agressivité, dans l’intensité, dans notre jeu, dans notre stratégie aussi », note Gaël Fickou, dont la connaissance du Racing, où il a passé les cinq dernières saisons, a bien aidé à préparer la rencontre : « Je ne voulais pas les attendre. Il fallait qu’on les agresse, parce que je les connais par cœur : si on les attendait, on allait se faire pulvériser. » Et c’est finalement cela qui a, selon Franck Azéma, permis de « construire la confiance. D’abord à travers la défense, en ne lâchant rien sur le premier quart d’heure, puis en provoquant des fautes dans leur défense. Petit à petit, on a pris le score et construit le match ».

    Après les deux essais de Gros et Baubigny en première période, illustrations d’un jeu plus direct et incisif, c’est en effet grâce aux pénalités, converties par le pied d’Albornoz, auteur de 19 points et d’un sans-faute, que le RC Toulon a creusé l’écart en prenant à chaque fois les points : « Il y a eu des bonnes décisions de Lewis [Ludlam] et des leaders dans la période qu’on traverse », loue l’entraîneur varois.

    L’objectif sera désormais de poursuivre dans cette voie, en entamant de la même manière l’aventure européenne sur le terrain d’Édimbourg, vendredi : « Quand tu bastonnes comme ce soir, c’est aussi ce qui nourrit ton ambition et le plaisir que tu prends en équipe. Il faut s’appuyer là-dessus, essayer de l’exacerber et de le faire grossir petit à petit dans les prochaines semaines », se projette-t-il.

  • « Naza », le film-événement sur les dessous d’un génocide à Gaza

    « Naza », le film-événement sur les dessous d’un génocide à Gaza

    Événement cinématographique et politique, Naza, film réalisé par deux journalistes israéliens, Yuval Abraham et Rachel Szor, sort enfin sur les écrans en France. C’est peu dire qu’il fait débat. Il est même devenu une affaire d’État en Israël. Les deux journalistes sont voués aux gémonies par Benyamin Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite, montrés du doigt, voire pourchassés par l’armée.

    Le documentaire est coproduit par le quotidien britannique The Guardian et le cinéaste Jonathan Glazer, auteur de La Zone d’intérêt (la vie d’une famille allemande pendant la guerre dont le père dirige le camp de concentration d’Auschwitz). Une standing ovation de 25 mn a salué la remise du Prix du jury de la Mostra de Venise qui lui a été décerné. Un documentaire visible en France pendant deux jours (sur YouTube fin novembre), car un visa d’exploitation classique n’aurait pas permis une mise en ligne rapide en vertu de la chronologie des médias.

    Témoignages

    On comprend que les tenants de la guerre génocidaire menée depuis trois ans contre les Palestiniens de la bande de Gaza n’apprécient guère que certains secrets soient révélés au grand jour. Naza (nezek agavi en hébreu) est le terme utilisé pour désigner les « dommages collatéraux ». Autrement dit le nombre de civils dont la mort est jugée acceptable pour éliminer un cadre du Hamas.

    Sur le toit d’un immeuble de Tel Aviv, de nuit, vingt-quatre militaires israéliens, certains de la fameuse unité 8 200, responsable du renseignement d’origine électromagnétique et du décryptage de codes, sont interrogés par Yuval Abraham. Les visages et voix ont été numériquement modifiés. Le documentaire de 77 minutes examine technologie, systèmes de renseignement et processus décisionnels derrière les frappes aériennes israéliennes à Gaza. L’un d’eux affirme même que l’approbation a été donnée pour une attaque censée tuer 500 civils afin de tuer un seul membre du Hamas.

    Le film est intelligemment bâti. Pour les réalisateurs, il s’agit aussi de questionner voire de confronter la société israélienne elle-même. Des toits, la caméra zoome sur les appartements alentour, là où, dans de confortables logements, les Israéliens « vivent » la guerre via les écrans télévisés. Mises bout à bout, ces scènes dressent le portrait d’un système où le génocide serait accepté, drapé du mot « vengeance » sans que sa vérité profonde ne soit interrogée.

    Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a qualifié le film de tissu de calomnies sanguinaires et a ordonné une enquête juridique pour identifier ses sources au sein de l’armée et des services de renseignement. Le ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, a annoncé son intention d’engager une procédure pour révoquer la citoyenneté israélienne d’Abraham et de Szor, les accusant de « trahison envers l’État ». Il a qualifié le documentaire d’« ignoble » et a affirmé que les cinéastes étaient prêts à « nuire à leur patrie pour s’attirer les applaudissements d’antisémites du monde entier ». Quant à Benyamin Netanyahou, il affirme qu’il s’agit d’« une incitation mondiale à l’antisémitisme ». Le chef du gouvernement israélien, poursuivi par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a prévenu : « Nous les frapperons au portefeuille et nous nous en prendrons également à leur citoyenneté, ils n’ont pas leur place parmi nous. »

    Yuval Abraham rappelle que Naza a été conçu « pour susciter un débat public sur les actes du gouvernement à Gaza, le massacre de plus de 73 000 êtres humains, dont la plupart sont des civils, la normalisation de la guerre d’extermination, de l’idée qu’”il n’y a pas d’innocents“. »

    « Naza » (1h17) : sortie les 12 et 13 octobre. En Paca, le film est projeté dans plusieurs salles notamment aux Variétés à Marseille (mardi à 17h45 et 19h45), ainsi que dans des cinémas Pathé

  • Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle.

    Avec plus de 66% des suffrages (79 613 voix), l’eurodéputé de 46 ans a réussi son pari de l’emporter dès le premier tour, mais va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse.

    « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel (…), je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre l’extrême droite », a-t-il affirmé lors d’une allocution devant la presse. Il s’est désigné également comme le candidat « de la rupture avec le macronisme » et « de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche ».

    Auparavant sur X, il avait jugé que ce résultat disait « quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner ». Mais « nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.

    Le patron du PS Olivier Faure encaisse lui une sévère défaite, avec 14% des voix (17 398 voix). Celui qui faisait figure de challenger dans cette élection comptait sur le patriotisme de parti pour l’emporter, malgré des sondages qui ne lui donnaient que de 3 à 5% des voix, loin des intentions de vote de Raphaël Glucksmann, qui naviguait entre 10 et 12%. « Une majorité très claire s’est dégagée, tu as su convaincre une majorité de votants », a-t-il dit à l’attention de Raphaël Glucksmann, affirmant en respecter le résultat.

    « Choix du repli »

    Olivier Faure qui avait considéré qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les candidats.

    L’ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n’avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n’a obtenu que 7,62% des voix. Elle s’est dite « déçue » du résultat, sans rien regretter.

    Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont recueilli chacun un peu moins de 6% des voix. Ils faisaient figure d’outsiders. « La primaire, désormais, est derrière nous. Le vote est clair », s’est félicité Jérôme Guedj, proche de la ligne de l’eurodéputé. « On est partis sur de bons rails », a estimé aussi Emmanuel Maurel.

    Au total, quelque 120 787 votants se sont exprimés sur les 134 456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l’ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche soir.

    Très identifié sur l’international et l’Europe, Raphaël Glucksmann voit dans cette primaire le début d’une « refondation de la gauche », avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon. Ce fut d’ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés.

    Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l’antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l’a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024). La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, proche d’Olivier Faure, a dit dimanche soir regretter que le vainqueur soit « celui qui fait le choix du repli ».

    Premières réactions à Marseille

    Pascaline Lécorché, déléguée nationale de Place publique et adjointe au maire de Marseille, soutien de Raphaël Glucksmann, a réagi, dimanche soir : « Cette victoire marque une étape politique majeure. Elle confirme la dynamique engagée lors des deux dernières élections européennes et consacre le retour d’une gauche démocratique, sociale, écologiste et profondément républicaine, capable de porter une alternative crédible pour notre pays. »

    Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille et porte-parole d’Olivier Faure pour la primaire, a indiqué : « Les électeurs de la primaire ont tranché, et ils l’ont fait clairement. Je félicite Raphaël Glucksmann pour sa victoire nette, qui lui donne une légitimité incontestable pour porter nos couleurs en 2027. (…) Je serai au rendez-vous de ce rassemblement. (…) Marseille sait ce que veut dire se battre ensemble. » S.D.

  • Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Elle n’aurait pas parié dessus, et pourtant, les dessins de paysages alpins de la Guillestrine Gaëlle Privat ont depuis quelques mois un petit succès. En parallèle de son travail d’architecte dans son cabinet à Eygliers, la jeune femme de 34 ans dessine, entre autres, les montagnes des Hautes-Alpes qu’elle aime tant. Ses œuvres se vendent sur son site internet et sont régulièrement exposées dans le département et aux alentours. Jusqu’à mi-octobre, elles sont même l’objet d’une exposition à la Librairie des Alpes, à Paris.

    Gaëlle Privat a grandi à Nîmes avant de bouger : son père, militaire, était régulièrement muté. Elle a ensuite passé beaucoup de temps à Paris, où elle a étudié, puis débuté sa carrière en travaillant pour des marques de luxe, notamment Dior. Petite, ses parents l’emmenaient skier à Vars (Hautes-Alpes). Quelques années plus tard, elle prenait le train de nuit, chaque semaine, pour rejoindre son ex-compagnon : « Je ne sais pas si c’était lui, ou bien le territoire que j’aimais tant ! » Elle a ensuite redécouvert Guillestre avec son regard d’architecte et s’y est installée, persuadée d’avoir trouvé sa place.

    30 à 80 heures de travail

    « Le dessin, ça a toujours été mon truc, j’étais douée. C’est héréditaire, mon père dessinait bien. Même si petite, je n’aimais pas ça ! » Au début, ses dessins étaient personnels, dans des carnets de voyage. Elle s’est lancée il y a deux ans dans le dessin de montagne, après qu’on lui a proposé par hasard de monter une exposition : « Ces dessins de montagne n’existaient pas encore ! J’ai monté l’expo en trois jours et on a eu que des retours positifs. Enfant, j’avais un monde intérieur très riche, je me sentais très proche de la nature. Le paysage montagnard représente un peu ça. »

    Depuis, elle dessine les sommets du département à partir de ses photos. Passion qui lui permet de retrouver une part de créativité qui lui manquait un peu en architecture, bien qu’elle adore son métier. Pour ses grands dessins en noir et blanc, il faut compter 30 à 80 heures de travail. « Je suis à la recherche de véracité : c’est comme un portrait, si on se loupe sur un trait, ça ne fonctionne pas. » La série plaît particulièrement « aux guides, aux anciens, aux alpinistes ». Elle réalise aussi une autre série en crayons de couleur, plus « freestyle » et à la mode. « Je n’aurais jamais pensé que ça marcherait autant, confie-t-elle. J’ai perdu mon petit frère dans un accident de surf, l’année dernière, et je suis certaine qu’il est derrière toute cette chance. »

    Agathe Di Lenardo

  • Les maires ne veulent pas voir filer leur urbanisme au Grand Avignon

    Les maires ne veulent pas voir filer leur urbanisme au Grand Avignon

    De PLU à PLUi ? Dans la jungle des acronymes administratifs, la loi a posé le principe, depuis 2014, que le plan local d’urbanisme propre à chaque commune soit désormais régi à l’échelle intercommunale (PLUi). En clair, que les communes membres de l’Agglomération disposent de règles similaires en matière d’aménagement et d’urbanisation. Aujourd’hui, le Grand Avignon ne dispose d’aucun PLUi et la situation devrait rester inchangée.

    Pourtant, comme nous le précise l’Agglo, « lorsque ce transfert n’est pas déjà intervenu, la loi prévoit qu’il devient effectif le 1er juillet de l’année suivant le renouvellement général des conseils municipaux et communautaires, soit, au regard du calendrier électoral actuel, le 1er juillet 2027 ». Mais les maires peuvent s’y opposer. Pas tous seuls, mais à plusieurs. Deux conditions sont nécessaires pour bloquer l’élaboration du PLUi : « L’opposition doit être exprimée par au moins 25% des communes membres représentant au moins 20% de la population de l’intercommunalité », expose le Grand Avignon. Soit ici, a minima quatre communes totalisant 40 000 habitants.

    Les communes doivent se positionner avant janvier. « Cela ne se fera pas, je ne connais aucune commune qui est favorable », indique Joël Guin. Le maire (DVD) de Vedène et son conseil municipal ont voté à l’unanimité, le 24 septembre dernier, pour s’opposer au transfert de la compétence urbanisme. « Le cadre sera trop rigide et pas assez réactif », juge Joël Guin. Deux jours plus tôt, la commune gardoise de Pujaut avait aussi délibéré en ce sens, alors qu’elle doit adopter son premier propre PLU d’ici à la fin de l’année. « On souhaite garder notre indépendance et avoir la main sur le développement urbanistique de nos villages qui reste particulier à chaque territoire », estime la maire Sandrine Soulier (SE), qui ferraille contre la « loi SRU qui ne peut pas s’appliquer partout ». Pujaut ne compte même pas 2% de logements sociaux et, début 2025, le préfet du Gard avait même pris le stylo à la place du maire pour délivrer la construction de 18 logements sociaux.

    À deux pas de là, Jacques Demanse, maire (PCF) de Sauveterre, se dit aussi « contre » ce transfert, mais n’a pas encore délibéré. Pas de position arrêtée pour l’heure à Velleron, où « le sujet n’a pas encore été abordé au sein de la majorité », glisse le maire Philippe Armengol (DVG).

    Olivier Galzi n’en fera pas un casus belli

    Quant à la ville-centre, Avignon, on sait le projet déjà mort-né. « Le quota d’opposition sera là, je me serai posé la question si ma position pouvait faire basculer le choix », répond Olivier Galzi (DVD), maire et aussi président du Grand Avignon. « Cela aurait pu avoir du sens, mais déjà que les maires redoutent d’avoir moins de pouvoir, alors si on leur enlève l’urbanisme, ce serait encore plus compliqué », analyse-t-il.

    L’Agglo se pliera donc aux choix des communes et « arrêtera sa position une fois les communes consultées et leurs orientations connues, en conséquence, aucune démarche d’élaboration d’un PLUi n’est engagée à ce jour », assure la collectivité. Olivier Galzi n’en fera pas un casus belli, « il y a assez d’autres sujets », importants à traiter. Notons tout de même que le Grand Avignon dispose d’un programme local de l’habitat avec des objectifs partagés de construction de logements. Dont le bilan est famélique, notamment dans la réalisation de logements sociaux qui a atteint, en 2024, seulement un quart de l’objectif.

  • À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    « Ce show musical n’a rien de neutre. Il revisite l’histoire française à travers une grille conservatrice et réactionnaire », peut-on lire sur l’un des tracts distribués devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Ce dimanche soir, La Dame de Pierre était à l’affiche. À l’appel de la CGT Spectacles, une trentaine de militants issus d’organisations antifascistes, syndicales et associatives se sont donc mobilisés deux heures avant le début de la représentation afin d’« informer » les spectateurs du « révisionnisme » qu’ils estiment véhiculé par le spectacle.

    Cette représentation musicale, qui propose de revivre « les grandes heures » de la cathédrale Notre-Dame de Paris, est en partie soutenue par le Fonds du Bien Commun, fondé par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. Selon le tract distribué par les manifestants, son metteur en scène serait par ailleurs « réputé proche de l’Action française ».

    « Ce n’est pas un spectacle comme les autres, ça distille des idées d’extrême droite, une ode à Marie. Ce n’est pas neutre », affirme Magali Braconnot, de la CGT Spectacles. Un second volet motive la mobilisation : celui du respect du « droit du travail ».

    « Fragilisés »

    L’an passé, une mobilisation avait déjà été organisée au même endroit pour dénoncer ce spectacle. Un signalement de la CGT Spectacles avait alors été transmis à l’Urssaf et à l’Inspection du travail. « 120 bénévoles étaient présents. Mais la loi l’interdit sur des spectacles dont l’entrée est payante. Au mois de juin dernier, on s’est rendu compte que ça avait fonctionné : il n’y a plus que des pros maintenant », précise Magali Braconnot.

    Elle poursuit : « Ils sont fragilisés. Ils ont 2,5 millions de déficit et ne savaient pas s’ils allaient continuer la tournée », selon la CGT, une seule tournée est programmée en octobre, trois dates auraient été annulées et une seule représentation, contre deux l’an dernier, est prévue à Aix-en-Provence.

    Le tout dans un contexte de restriction budgétaire dans le secteur culturel. « Là où le service public se rétrécit, les privés s’engouffrent : ils mettent leurs sous, mais avec leur idéologie. Ce n’est pas possible. »

    L’action de l’année dernière « avait été éclairante. Certains découvraient ce qu’ils allaient voir », souligne Claudie Hubert, pour le Collectif aixois contre l’extrême droite. À l’issue de la représentation de l’an dernier, une spectatrice avait adressé un témoignage aux organisations mobilisées. Elle y dénonçait notamment une représentation de la Révolution française qu’elle jugeait historiquement trompeuse, en contradiction avec ce que son enfant avait appris à l’école. « Aujourd’hui, il voyait un spectacle où la Révolution française détruit les églises dans la violence en disant : “Dieu n’existe plus”. C’est une déformation de l’histoire ! »