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  • La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    Plus de deux ans après la dissolution, par un arrêté préfectoral du 1er mars 2024, du groupement d’intérêt public (GIP) du Castellet, sa liquidation n’est toujours pas achevée. Ce mercredi, le GIP a donc de nouveau lancé un marché public pour trouver un liquidateur judiciaire, après déjà deux renouvellements successifs. Si l’essentiel des actifs a été cédé, « une dette fournisseurs très importante subsiste, dont le règlement est conditionné au versement d’avances par les collectivités membres des fonds nécessaires », alerte le cahier des charges.

    Malgré un accord partiel, « des différends existent au sein des membres du groupement qui n’ont pas permis à ce jour une extinction de la dette totale », alors même que le taux des intérêts moratoires « obère la dette de façon très significative chaque mois, rendant urgente une fin de liquidation ». Des nombreux contentieux sont ainsi en cours, dont certains « engagés par des membres du Groupement eux-mêmes » – le Département du Var et la Métropole de Toulon -, et s’y ajoute un contrôle de TVA également en cours. Le 23 juin dernier, la chambre régionale des comptes avait épinglé sa gestion, avec 103 millions d’euros de dépenses publiques pour organiser quatre épreuves de Formule 1 « sans que les retombées économiques soient avérées ».

    « Pouvoirs

    les plus étendus »

    Au 30 juin 2025, la dette de ce grand prix impulsé en 2017 par l’ex-président du conseil régional Christian Estrosi (Hor.) s’élevait à 35,7 millions d’euros que doivent notamment éponger la Chambre de commerce et d’industrie du Var et les collectivités locales, mais aussi les Métropoles de Nice et Aix-Marseille, le Département des Bouches-du-Rhône, la CCI régionale. « Le liquidateur sera investi des pouvoirs les plus étendus », indique le cahier des charges, avec une mission d’une durée prévue de neuf mois renouvelable deux mois.

  • [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    Il est vrai que dans les Bouches-du-Rhône, la droite et le centre ne manquent pas de candidats. Il y a la liste soutenue par le président du Sénat Gérard Larcher conduite par le tandem Brigitte Devésa (UDI)-Renaud Muselier (Renaissance). Celle du maire LR de Gardanne, Hervé Granier et celle de la sortante LR Valérie Boyer.

    Officiellement toujours en lice, Stéphane Le Rudulier (ex-LR) s’était déclaré candidat début juillet. Mais alors que le scrutin prévu le 27 septembre approche, il semble avoir quitté les radars des grands électeurs. « On ne le voit pas sur le terrain, il n’a pas de noms pour sa liste, il n’ira pas au bout », glisse un membre d’une équipe de campagne concurrente pour qui « il a du mal à se dépêtrer de ses affaires ».

    Stéphane Le Rudulier est en effet visé, avec Sylvie Miceli-Houdais qui a pris sa relève à la mairie de Rognac, par une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics par le parquet d’Aix ouverte en 2024. Il est aussi l’objet d’une plainte pour « violences volontaires » déposée par sa successeure. Depuis la mairie est tombée aux mains du RN.

    S’il ne poursuit pas seul, Stéphane Le Rudulier peut-il rallier une liste ? Celle de Brigitte Devésa et Renaud Muselier est déjà complète. Chez Valérie Boyer on ne l’imagine pas sur la liste mais on ne serait pas contre un appel à voter.

    Le sénateur sortant dont la campagne est très discrète n’a pas donné suite à nos sollicitations. Un indice ?

  • À Saint-Menet, les minots des Mecs font le cirque

    À Saint-Menet, les minots des Mecs font le cirque

    « Je suis l’étoile de la Reynarde ! » s’écrie Kylian en s’élançant sur le trapèze, bras écartés et tête en bas. Un des cinq ateliers déployés par la Fondation culture et diversité, le Centre international des arts en mouvement (Ciam) et l’Association médicosociale de Provence (AMSP) dans le parc du château de la Mecs à Saint Menet, dans le 11e arrondissement.

    « C’est un projet artistique et sportif qui s’étend sur deux ans, avec une succession d’ateliers de médiation culturelle, de stages de cirque, pour tous les enfants qui y participent, de 5 à 18 ans », explique Valentine Bellone, responsable pédagogique du Ciam, « on va même les emmener au spectacle pour les festivals Jours et Nuits de cirques et Nuits du Magic… ». La Fondation culture et diversité, qui œuvre depuis vingt ans en faveur de l’égalité des chances par l’accès aux arts et à la culture, lançait ces 27 et 28 août dans les Bouches-du-Rhône son programme Arts, cultures et publics en Mecs. « On avait connaissance de cette expérience menée dans le Nord, on s’est dit qu’on allait la reproduire ici, en plus grand », s’enthousiasme Valentine Bellone au milieu des dizaines d’enfants qui se familiarisent au jonglage, à la voltige ou à l’équilibrisme encadré par les animateurs circassiens et éducateurs sociaux.

    « J’ai pris la confiance »

    Sur le câble de fer tendu à trente centimètres du sol, Liam, 9 ans, « bientôt en CM2 », tente d’avancer sans perdre l’équilibre. « J’ai pas peur de glisser et de tomber, ça m’arrive tout le temps », lâche-t-il, fier du mètre parcouru. « Les arts du cirque sont un vecteur extraordinaire pour le développement, atteste Valentine, pour la motricité, la gestion des émotions, l’esprit de coopération, le respect des règles ». Ou la prise de risque maîtrisée. Comme pour Samra, 13 ans, perchée sur le grand trapèze à quelque mètre du sol, en fait l’expérience. Rapidement à l’aise, elle s’élève dans l’air et exécute une figure élégante. « Je fais de la danse », avoue-t-elle. Elle appréhendait cependant cette première expérience de voltige « à cause de la hauteur ». L’adolescente en ressort grisée par la sensation de liberté : « après, j’ai pris la confiance et quand on se lâche, avec l’élan c’est trop bien ».

    Plus loin, Louis, intervenant du Ciam, donne des conseils pour manier le diabolo à Younès, 17 ans, qui préfère rester au sol : « je n’aime pas trop la hauteur ». Evan quant à lui, n’en revient pas de son exploit : « j’ai marché sur le fil ! Pourtant j’ai peur quand c’est dangereux, mais ils m’ont motivé ». Dans un groupe de petits, il faudra à Louis plutôt remettre en face de la réalité les prétentions de deux minots qui pensent savoir « déjà jongler avec trois balles », au regard de la maîtrise qu’ils ont d’une seule. La concentration sera de mise. Découverte, sensibilisation, exaltation, mais aussi un temps calme avec l’atelier du musée numérique créé par La Villette installé dans une des salles du château. Des tables d’écolier, une projection sur écran et des tablettes devant eux, les enfants sont invités à entrer dans l’univers des collections des musées nationaux en « likant » des images.

    Mickael Roman, directeur des deux mecs de l’Amsp fait le tour des ateliers un sourire aux lèvres. Il ne cache pas son bonheur d’assister à ces parenthèses magiques dans les parcours marqués par les ruptures et fragilités multiples des petits et des ados qu’il accueille sur les sites de Saint-Menet et de l’Arbois : « Sans l’aide de la Fondation, on n’a pas les moyens de financer ce type de projets, pourtant essentiel ». Qui pourrait même créer des vocations.

  • La Busserade évacuée et 24 personnes abritées à l’hôtel

    La Busserade évacuée et 24 personnes abritées à l’hôtel

    Ce jeudi 27 août, la préfecture des Bouches-du-Rhône a coordonné une opération d’évacuation d’un squat situé rue Busserade dans le 3e arrondissement de Marseille. Une expulsion qui fait suite à « une décision du tribunal judiciaire de Marseille prise en mai 2025 » ont précisé les services préfectoraux. La dangerosité du site est invoquée dans les motifs de la décision. Il « présentait des risques et des dangers caractérisés pour la sécurité des occupants et des riverains. En effet, il existait des risques incendies majeurs, en raison des branchements électriques sauvages, et le bâtiment souffre d’une fragilité structurelle à divers niveaux. Les nuisances étaient également importantes pour les riverains », indique le communiqué de la préfecture.

    La ville de Marseille, propriétaire du foncier, avait sollicité le concours de la force publique, « ce qui a été porté à la connaissance des occupants par courrier du 7 juillet 2026 ». Et « le concours de la force publique a été accordé à compter du 27 juillet dernier, afin que les occupants puissent se préparer à quitter les lieux, anticiper l’opération d’évacuation et préserver la scolarisation des enfants ».

    À quelques jours de la rentrée, le délai semble d’autant plus court qu’aucune solution n’a été proposée alors qu’un accompagnement social était mené depuis des mois par l’Addap 13 auprès de 58 personnes sur le site. La majorité des familles ont quitté les lieux avant l’expulsion. Des associatifs étaient aux côtés des 24 occupants présents le jour de l’opération, des femmes enceintes avec des enfants en bas âge et une personne malade, qui ont été dirigés dans des hôtels. Les travailleurs sociaux du Samu social et de Saralogisol les accompagnaient.

  • Les favoris du Provençal sur du velours au Parc Borély

    Les favoris du Provençal sur du velours au Parc Borély

    Ils sont venus, ils sont tous là. Les grosses pointures de la longue distance avaient fait le déplacement à Marseille pour jouer dans ce Borély unique, magique. Deux légendes du Provençal ont fait le déplacement. Il s’agit de Patrick Griseri et Jean Pierre Pironti. Ils sont là et bien là et arrivent à attirer la galerie. Un Pironti égal à lui-même avec la verve qui le caractérise. Dans la deuxième partie il lance à la cantonade, après un tir réussi de son adversaire sur une boule embouchonnée « ils sont durs à cuire, au début de la partie ils nous ont demandé d’être cléments avec eux. Maintenant on est 8 à 8 et le tireur a frappé 6 boules sur 9. Sacré Bambi. Il l’a fait à l’ancien et ça fait du bien ».

    Pour le reste que dire si ce n’est que les principaux favoris ont passé sans trop souffrir la première journée.

    Toutefois Fafou Cognard, Robin Rio et Adel Djafari demi-finales de l’édition 2024 ont baissé pavillon face à l’équipe emmenée par le redoutable Mathieu Moscioni.

    Les tenants du titre Fabrice Rouvin, Mohamed Benmostefa associé à Thierry Terreno ont bricolé la première partie avant de dérouler tout au long de la journée. Ils portaient un brassard pour rendre hommage à Patrick Pedragosa disparu il y a quelques semaines avec qui ils avaient gagné la dernière édition.

    À noter également les défaites de Michel Propos et Francis Conte, Stéphane Girardet

    Partis à l’aventure séparément mais qui ont connu le même sort

    Il y a aussi les anciens comme le vieux lion Franck Secchi qui rugit toujours et l’incontournable Félix Solinas qui a toujours bon pied, bon œil

    Cette première journée disputée un jeudi, une fois n’est pas coutume, a confirmé l’aisance d’anthologie de Anthony Kerfah avec son canonnier Julien Martinez et Christophe Martello semblent monter en puissance au fil des parties.

    À l’heure où nous écrivons ces lignes des parties de cadrage se jouent encore. Le nouveau concept ( un jour en moins) a contraint les organisateurs à programmer trois parties par jour. Pour la première fois, l’éclairage a été utilisé au Parc Borély. Ce ne sera sans doute pas la dernière fois.

    Aujourd’hui nous rentrons dans une deuxième phase où la fatigue va commencer à se faire sentir, où les novices auront plus de mal à tenir la distance, pendant que les adaptes de la discipline auront plus de facilité physique. Et ouï le Jeu Provençal est un véritable sport et le Provençal est un véritable défi physique indispensable pour tenir la distance et toucher au but dimanche.

  • L’OM s’apprête à vendre Igor Paixão sous la contrainte

    L’OM s’apprête à vendre Igor Paixão sous la contrainte

    Lors de sa première prise de parole en tant que nouvel entraîneur de l’OM, Bruno Genesio indiquait le contexte dans lequel il s’attendait à préparer la saison.

    « Pour nous, ce n’est pas simple. Nous aimerions disposer d’un effectif déjà largement constitué afin de travailler sereinement depuis le début de la préparation ». Il assumait son choix de s’installer sur le banc olympien. « Je connaissais cette situation avant d’accepter ce poste. Je ne vais donc pas m’en plaindre aujourd’hui ». Il se montrait même optimiste, alors que les premiers départs importants étaient effectifs. « Je sais que tout le monde travaille en interne et je suis convaincu que les choses vont évoluer dans les jours qui viennent. »

    Un mois plus tard, il y a eu deux faux départs, Nayef Aguerd à la Réal Sociedad et Pierre-Emile Höjbjerg à Newcastle, Geronimo Rulli et Facundo Medina ont quitté la galère phocéenne, ce qui représente 69 millions d’euros de ventes, auxquelles s’ajoutent les économies sur les salaires. Et le championnat a commencé, avec un succès encourageant face à Strasbourg (4 – 0).

    Nouvelles couleuvres

    Malgré tout, côté effectif, Bruno Genesio a dû avaler de nouvelles couleuvres. Les départs de juillet et d’août ne suffisent pas pour apurer les finances. Lorsque l’entraîneur a rencontré Frank McCourt, il a appris que d’autres cadres devaient quitter le club, avant que la DNCG ne donne son feu vert pour recruter.

    S’il pouvait accepter de se séparer de Nayef Aguerd, Pierre-Emile Höjbjerg, voire Quinten Timber, qu’Amine Gouiri, double buteur face à Strasbourg, et Igor Paixão soient aussi dans la balance fait grincer des dents Bruno Genesio.

    D’autant plus que le Brésilien a visiblement des envies de départ. Sunderland a lancé ses amorces et l’ailier gauche phocéen est prêt à être ferré. Son départ laisserait un vide énorme dans un couloir gauche où les solutions ne sont pas légion. Le seul, dans l’effectif actuel, pouvant relever le gant est Tadjidine Mmadi. Il n’est pas sûr que ce soit suffisant pour un groupe qui doit impérativement jouer le haut du tableau en Ligue 1 et redorer son blason européen.

    La saison dernière, l’OM avait dû débourser 35 millions d’euros pour recruter le Brésilien, alors à Feyenoord. Pour rentrer dans ses frais, le club doit, a minima, obtenir la même somme de la part de Sunderland. Néanmoins, même si la barre symbolique des 100 millions de ventes sera franchie, il n’est pas certain que cela suffise au club marseillais pour enclencher la phase recrutement.

    Et si des joueurs sont dans les starting-blocks pour rejoindre Marseille, auront-ils la patience jusqu’à l’obtention du feu vert ? Seront-ils au niveau pour compenser les pertes ? Un feu vert qui ne doit plus tarder. Car la date de fermeture du mercato se rapproche à grands pas.

    L’OM va connaître ses adversaires européens

    C’est à Monaco que sera effectué ce vendredi le tirage des groupes de la phase principale de la Ligue Europa.

    L’OM se retrouve dans le chapeau 1. Il devra affronter huit adversaires, soit deux de chacun des quatre chapeaux, quatre à Vélodrome, et quatre en déplacement.

    Aux treize équipes déjà qualifiées, sont venues s’ajouter les onze reversées de la Ligue des Champions, à savoir le Celtic (ECO), Beer-Sheva (ISR), Dinamo Zagreb (CRO), Celje (SLO), Levski Sofia (BUL), Lyon (FRA), Nimègue (PB), Olympiakos (GRE), Saint Gilles (BEL), Sparta Prague (RTC) et Sturm Graz (AUT). Ainsi que les vainqueurs des barrages, disputés dans la nuit de jeudi.

  • À Marseille, les marchands du Soleil réclament une réouverture

    À Marseille, les marchands du Soleil réclament une réouverture

    « Ils ont mis tout le monde dans le même panier. On est dans la galère. Zéro euro ne rentre. On est pieds et poings liés. On ne demande pas l’aumône mais la dignité », s’insurge Salima Belkaid, jeudi matin, postée au pied du rideau fermé de l’historique Marché du Soleil (2e), vieux de plus de 40 ans. Fermé depuis le 2 février par arrêté préfectoral sur la base de la loi narcotrafic pour soupçon de blanchiment, le marché accueille depuis 1980 quelque 160 commerçants aujourd’hui sans solution pour poursuivre leur activité. « Les gens sont dans une telle difficulté financière, je ne comprends pas qu’on puisse laisser des familles entières dans cet état, poursuit Salima, mariée à un commerçant installé sur place depuis 38 ans. On ne nous considère pas, on ne fait même pas partie du décor, on fait comme si on n’existait pas. » Autour d’elle, les affiches tenues par les marchands venus manifester disent aussi le désarroi de tout un quartier : « Le marché du Soleil est le poumon de Marseille », « Les quartiers des 1er et 2e arrondissements sans l’ouverture sont morts », « Les commerçants [rue] Bon-Pasteur, place Marceau, rue d’Aix et Camille-Pelletan : nous sommes avec nos confrères Marché Soleil », lit-on sur quelques-unes d’entre elles. Zohra, qui dirige l’association Les bons samaritains, logée à la Belle de Mai (3e), espère elle aussi une réouverture très prochaine. « Les commerçants aident beaucoup l’association, notamment en fournissant des paniers repas que nous redistribuons ensuite aux personnes en difficulté, détaille-t-elle. Et puis on ne comprend pas pourquoi tout le monde paie pour quelques-uns… Il y a une forme d’injustice ».

    En attente du 7 septembre

    Sur place jeudi pour soutenir ses clients, l’avocat des commerçants promet d’engager prochainement des démarches pour demander la réouverture des lieux et des dédommagements pour les détaillants depuis 7 mois en perte brute. « Nous attendons le jugement du 7 septembre pour avancer. Ce qui est difficilement compréhensible c’est que tous ces gens soient punis alors qu’ils ne sont pas poursuivis par la justice », s’étonne-t-il.

    Fin juin, le Marché du Soleil avait été au cœur d’un retentissant procès devant le Tribunal correctionnel de Marseille, taxé par l’accusation d’être devenu le « temple de la contrefaçon ». En février, les douanes avaient saisi plus de 200 000 articles contrefaits d’une valeur estimée à 42 millions d’euros dans le dédale de l’institution marseillaise. La procureure avait requis, notamment, quatre ans de prison avec sursis contre Georges Dahan, propriétaire et fondateur du Marché, et une fermeture définitive des lieux. La décision est donc attendue le 7 septembre.

  • Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    « Il n’y aura pas de réforme Geffray. » Ce mardi, ce n’est pas rue de Grenelle qu’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, a tenu la traditionnelle conférence de rentrée, mais dans la cour du lycée Arago dans Paris. À quelques mois de la présidentielle, le ministre en poste depuis 10 mois, a affirmé sa volonté d’en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » et a déclaré que l’Éducation nationale a besoin « d’un cap » et « non d’une réforme de plus ». Devant un parterre de journalistes, le haut fonctionnaire a énoncé ses quatre priorités pour cette année scolaire : instruire, protéger, unir et prévoir.

    2 500 mots de vocabulaire en maternelle

    Rappelant les inégalités scolaires qui se creusent au sein de l’éducation nationale, le ministre a insisté sur la nécessité de la maîtrise de la langue. « L’objectif est 2 500 mots de vocabulaire acquis à la fin de la maternelle […] si on y parvient nous aurons réduit drastiquement les inégalités scolaires liées aux inégalités sociales », affirme le haut fonctionnaire.

    Un objectif dont il n’a précisé aucun des contours ou des ressources déployées. Alors que les syndicats du premier degré, comme la FSU-Snuipp, la CGT ou Sud’Action, craignent une rentrée difficile à cause d’un manque de moyens humains en maternelle et en primaire.

    Une lutte contre les inégalités qu’il souhaite également mener en « aidant les personnes en difficulté et en cultivant l’excellence ». Le ministre a donc annoncé un accompagnement renforcé pour tous les collèges dont plus de 40% des élèves obtiennent moins de 8/20 en français et en mathématiques au brevet. « Toutes les demandes de formations éducatives y seront systématiquement satisfaites », a-t-il promis.

    L’organisation de la première édition d’un concours général des collèges a aussi été annoncée. Une mesure présentée par le ministre comme un moyen de « cultiver l’excellence ». Chaque collège pourra s’y inscrire, tant qu’il présente autant de garçons que de filles.

    Édouard Geffray, qui a fait de la maîtrise de la grammaire et de la syntaxe son cheval de bataille a également promis la publication le 10 septembre d’un « barème précis » sur le niveau de langue attendu pour les épreuves du baccalauréat. Cette publication devrait permettre à chaque élève de se préparer aux épreuves avec des bases communes.

    Dans sa volonté d’unir « dans une société fracturée », le ministre a également annoncé l’obligation d’une « cérémonie commémorative » annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » autour du 11 novembre pour tous les élèves du CM1 à la Terminale. « Parce qu’il faut que nous sachions d’où nous venons pour savoir où nous allons », estime-t-il.

    Lutte contre les violences sexuelles

    Le sujet des violences sexuelles envers les enfants a aussi été évoqué avec le déploiement d’un questionnaire pour tous les élèves, de la maternelle à la terminale avec la possibilité de laisser leur nom et prénom s’ils souhaitent être aidés. « Nous avons un devoir de libérer la parole. Chaque élève de France pourra s’exprimer sur les violences dont il aurait pu être victime », ajoute-t-il.

    Il a également confirmé l’interdiction des téléphones portables dans tous les collèges et lycées de France. La solution, pour le haut fonctionnaire, de protéger les enfants des dangers des écrans et des contenus qui alimenteraient les stéréotypes de genre sur les réseaux sociaux. Le ministre précise toutefois qu’il y aura quelques semaines pour que les établissements adaptent leur règlement intérieur, tout en affirmant « qu’aucun argument sérieux ne permet de soutenir qu’un écran est indispensable en cours ».

    Une mesure que le syndicat national des enseignements de second degré (SNES FSU) dénonce comme hypocrite dans un communiqué de presse publié mercredi. Pour l’organisation, il s’agit d’« un discours à peu près inopérant sur les dangers de la surexposition aux écrans » et prône bien plutôt « une politique de prévention visant à éviter une utilisation excessive du numérique y compris par et pour l’École ». Ils pointent également du doigt la difficulté de mettre aussi rapidement en place cette interdiction.

  • [Entretien] « C’est un mépris à l’égard de la population de Mayotte »

    [Entretien] « C’est un mépris à l’égard de la population de Mayotte »

    La Marseillaise : Vous avez passé la nuit au commissariat de Mamoudzou où vous étiez placé en garde-à-vue après un rassemblement intersyndical. Que s’est-il passé ?

    Rivomala Rakotondravelo : Les forces de l’ordre ne voulaient pas que le Premier ministre nous voit. Nous avions une audience prévue le lendemain avec ses conseillers mais rien n’interdit qu’il y ait des banderoles, des drapeaux ou un attroupement sur son passage. Nous avions fait les démarches, dans les règles et dans les temps. D’habitude, si ça ne convient pas, on nous appelle et on essaie de trouver une autre organisation, ça n’a pas été le cas. Ils nous ont déplacés une première fois, en nous soulevant. Quelques minutes après ils nous ont demandé que l’on se pousse à nouveau, on a refusé. J’ai dit aux copains « on ne recule pas ». À un moment j’ai entendu un ordre « lui, vous l’interpellez », j’ai été menotté et une fois arrivé au commissariat on m’a dit que j’avais agressé un policier. Je suis ressorti libre, j’attends de savoir si le gendarme en question a déposé plainte. Dès ma sortie, je suis reparti en manif’.

    Que dire sur ces méthodes ?

    R.R. : C’est ce gouvernement. Nous avions reçu élisabeth Borne, et si je n’ai aucune considération pour cette dame-là, elle était venue, il y avait un millier de personnes dans la rue et tout s’est bien passé. Il n’y a pas eu d’escarmouches. D’autres ministres sont venus après et nous avions pu discuter, il n’y a pas eu de bousculades. Cette fois-ci, c’était très différent. M. Lecornu est venu avec son équipe de Paris et Mayotte avait l’obligation de suivre. Ou pas.

    De toute façon, ils n’ont rien à dire. Il vaut mieux pour eux qu’on se taise et donc ils ne sont pas obligés de répondre. Ce jeudi s’est tenue une audience avec des conseillers du Premier ministre. On a tout fait pour que ça n’ait pas lieu comme ils le souhaitaient. On avait demandé une audience avec Sébastien Lecornu ou, au moins, un des ministres, vu qu’ils étaient six, il y avait l’embarras du choix ! Mais on n’a vu personne.

    Quelles étaient vos revendications ?

    R.R. : On avait juste demandé qu’ils ouvrent des négociations pour l’augmentation de l’indexation des salaires et de renégocier la question de la convergence sociale. Mais ils n’avaient rien sous la dent. Le gouvernement pensait que nous applaudirions la foultitude de ministres en visite sur l’île…

    La rentrée des classes reste marquée par le passage du cyclone Chido en décembre 2024. Quel est l’état des écoles ?

    R.R. : Il n’y a pas eu beaucoup de réparations. Si on était tatillon, on dirait qu’a minima 40% des écoles devaient fermer, mais en réalité c’est toutes les écoles. Depuis le passage du cyclone, les normes de sécurité ne sont pas respectées. Quelques écoles n’ont toujours pas été réparées, si bien que ça génère des fonctionnements atypiques, comme, par exemple, un établissement qui accueille trois écoles. Avant Chido, on était à 50% de rotation. Là, on est actuellement entre 65 et 70%. Le système scolaire fonctionnait de façon dégradée avant ce drame. Nous avions beaucoup de retard. Le rectorat dit qu’il nous faudrait 1 700 nouvelles salles de classe pour pouvoir normaliser la situation. Nous ne contestons pas ces chiffres mais je pense que ça peut être bien plus.

    Sébastien Lecornu, Édouard Philippe et Marine Le Pen ciblent l’immigration clandestine à Mayotte et occultent le reste ?

    R.R. : Contrairement aux autres départements d’Outre-Mer, nous sommes un peu plus résilients, un peu plus accueillants et, un peu plus naïfs. Quand ils viennent ici, c’est pour redorer leur image. Sébastien Lecornu s’est rendu dans les Landes, ça a pété là-bas, et donc après ça, il vient à Mayotte. La question de l’immigration est tellement poussée ici que c’est du lait pour Marine Le Pen. Les gens ici ne sont pas foncièrement racistes, non. C’est qu’il y a des difficultés et des problèmes non gérés.

    Comment jugez-vous l’attitude
    du gouvernement vis-à-vis
    des syndicats et de la population mahoraise dans sa globalité ?

    R.R. : C’est un mépris à l’égard des Mahorais, de la population qui vit à Mayotte. Il y a toujours eu un autre regard, historique de la France sur les Outre-Mer, mais Mayotte a l’outrecuidance, on va dire, d’être à 90% musulmane.

  • [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    À Marseille la référence majeure, c’est depuis le début des années 1990 la place de l’Opéra. Pionnière pour sa création en novembre 1989, l’association les Trottoirs de Marseille actuellement présidée par Michel Raous avait obtenu l’autorisation de la mairie pour investir cet espace. Installer la sono, des tables conviviales pour les pauses et les rafraîchissements est une évidence de l’été : excepté pendant la Covid, cette tradition s’est rarement interrompue.

    Pour les balades urbaines, une danse idéale.

    Jeudi 13 août, 80 ou 100 danseurs, les couples se succédaient. Olga Chalica, DJ venue d’Alicante, accompagnait les séquences. Cinq ou six couples « meilleurs » que d’autres donnaient le ton de la soirée. Les danseurs pensent avec leur corps et ne savent pas exactement de quoi ils sont capables. Leur ressenti, ce peut être un sentiment brusquement intense, un mystérieux mixte d’intimité, de technique et de musicalité. Chacun connaît sa grammaire personnelle tout en restant à l’écoute des intuitions et des mouvements d’autrui. Talons hauts et jupes fendues ne sont pas fréquents. Point de machisme abusif, la domination masculine et le consentement féminin s’estompent. Presque aussi souvent que les hommes, les femmes font les premiers pas pour changer de partenaire. Dans de nombreuses configurations, le guide du couple est à présent une femme. Des couples queer, hommes et femmes viennent volontiers danser. Dans un récent article, le sociologue marseillais Christophe Appril a raconté cette évolution.

    Chez tout danseur de tango on peut approcher une partie de son histoire. Chercheur au CNRS, Michel Raous affectionne dans les textes de tango une exagération proche du meilleur humour. Lily estime que sans tango, sa vie n’aurait pas la même saveur. Par ailleurs requise par la photographie, Estelle Doehr a voulu approfondir les amitiés et les rencontres que lui procura cette danse en animant avec d’autres, entre 2005 et 2011, l’association Rue du Tango. Elle a produit des milongas en compagnie de la géographe Élisabeth Dorier qui a inventé pour les danseurs des itinéraires pas du tout conventionnels, du côté du Racati, de Saint-Barnabé ou bien de Gèze.