Le principal du collège Joseph Lakanal a été touché par un tir de fusil de chasse ce matin à Aubagne ainsi qu’une enseignante. Ils ont été rapidement évacués par les pompiers. Un élève de 3e qualifié de dépressif selon de premières informations, a été interpellé.
Aucun élève n’ a été blessé. Les demi-pensionnaires restent sur place, les externes sont sortis. Le maire d’Aubagne Jean-Pierre Squillari est sur place, ainsi que le recteur, le préfet et les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône. Aucun lien ne peut être établi avec le mouvement des lycéens.
Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray ainsi que la ministre déléguée à l’Enseignement et à la Formation professionnels et à l’Apprentissage Sabrina Roubache sont attendus sur place dans la journée.
Le maire Jean Pierre Squillari était présent sur place depuis 10h, 30min après les événements. Il explique que «le collégien en question n’était pas connu par les services de police et que c’est le CPE qui l’aurait désarmé» avant de souligner : « c’est un collège connu pour son travail sur l’inclusion.» Le collégien participait ainsi la semaine dernière à l’inauguration d’une fresque.
La présidente du Département, Martine Vassal, est également dans l’établissement auprès des agents du département.
Des parents, en pleurs pour certains, récupèrent les enfants qui sortent au compte goutte du collège accompagnés par des agents et des enseignants.
Un gros dispositif des forces de l’ordre est déployé aux abords du collège. Une enquête est en cours sur les raisons de la fusillade. Martine Vassal, présidente du département, Jean Pierre Squillari le maire d’Aubagne ainsi que le préfet sont présents sur place. Les ministres de l’intérieur et de l’éducation sont toujours attendus pour l’après-midi.
Martine Vassal sort du collège après un temps auprès des fonctionnaires du département : « tout le monde est choqué ! » . Elle explique que le « CPE a été extrêmement courageux car c’est lui qui a arrêté » le suspect. Ce dernier « serait entré avec un fusil de chasse caché dans un étui de guitare ». La présidente du département annonce que le « 100% sécurité », dispositif qu’elle porte de longue date avec l’instauration de vidéoprotection, tourniquets et autres bardages autour des collèges, va être mis en place pour tous les collèges du département en réaction aux événement de ce matin « avec ou contre l’avis du conseil d’administration des établissements ». « La principale précédente n’avait pas accepté la sécurisation de l’établissement », dénonce-t-elle.
Le calme revient petit à petit sur le collège Lakanal alors que la plupart des parents qui attendaient leurs enfants devant l’établissement partent avec soulagement.« C’est un sentiment de sidération qui prédomine. C’est un super collège avec des dispositifs harcèlement qui fonctionnent bien. Il y a une proximité avec les élèves qui est très forte », explique Julien Coclet, représentant des parents d’élèves de l’établissement qui a une fille en seconde, un fils en 4e et une autre fille en 6e. Devant les grilles de l’établissement, il explique que le « principal est proche des gamins » et que « les 40 ans du collèges ont été fêtés la semaine dernière avec une fresque ».
Jean-Pierre Squillari le maire d’Aubagne explique « qu’il y avait une osmose entre les enseignants et les gamins pour les 40 ans de l’établissement. Ils ont fait une fresque, suite à une initiative du principal qui essaie de sortir des sentiers battus. C’est un collège à la pointe de l’innovation positive ». Avant de marteler : « Il y a une solidarité entre les parents, les enfants et les enseignants. Les gamins ont été choqués que leur principal ait été blessé ». Il fait aussi un point factuel sur la situation : « le principal est en urgence relative, ces jours ne sont pas en dangers, il n’a pas été touché à des points vitaux mais aux membres inférieurs ». Et développe : « Le profil du gamin, à priori il ne posait pas trop de problèmes. Je sais juste que son père avait demandé un rendez-vous au CPE mais je ne sais pas sur quel sujet ». Enfin, sur la situation des collégiens et des parents qui quittent l’établissement : « On a laissé le choix aux collégiens et aux parents : soit ils les récupèrent de suite, soit ils restent pour prendre le repas la cantine puis de rentrer chez eux ».
Le parquet de Marseille annonce avoir ouvert une enquête pour tentatives d’assassinat, confiée à la brigade criminelle de la DCOS.
«Selon les premiers éléments recueillis, un élève âgé de 14 ans, scolarisé en 3ème au sein du collège, est entré dans l’établissement avec un fusil de chasse dissimulé dans un étui à guitare. Peu après 9 heures, le collégien a tiré à une ou deux reprises dans les espaces communs du 1er étage, blessant le principal et une professeure, présents dans le couloir. Touchés tous les deux aux membres inférieurs, ils ont été transportés à l’hôpital, sans pronostic vital engagé. Le collégien s’est ensuite rendu au 2 étage, et a tiré à deux reprises, une première fois devant une professeure en direction du sol, et une deuxième fois à l’intérieur d’une salle de classe occupée, le tir atteignant le tableau. Les deux professeures , ainsi que les élèves, n’étaient pas blessés mais fortement choqués.»
L’auteur parvenait à être maîtrisé alors qu’il redescendait dans les escaliers par un membre du personnel de l’établissement avant d’être interpelé et placé en garde à vue. Les élèves ont été mis en sécurité et ont pour la plupart rejoint leurs familles.
Le parquet de Marseille a immédiatement saisi l’AVAD (association d’aide aux victimes), qui s’est rendue sur place.
Alors que sa fille vient de sortir de l’enceinte du collège Lakanal, un parent affirme être « rassuré », malgré le fait qu’il soit indigné du fait qu’un enfant puisse avoir une arme entre les mains. « Visiblement il va falloir renforcer la sécurité ? C’est fou qu’à 14 ans, peu importe la raison, on puisse avoir une arme et l’idée de tirer sur son proviseur ou sur sa professeur ».« Je pense qu’avec l’accès à internet, l’IA et les fausses informations, les enfants ne peuvent pas discerner le vrai du faux. et si les parents ne peuvent pas être derrière leurs enfants, l’Etat devrait être là pour nous aider, nous les parents. Mais ce qu’il faut surtout c’est que nos enfants soient protégés et que ça n’arrive plus du tout ».
Il évoque également une société de plus en plus violente : « Je suis plutôt en colère. Avant, excusez moi du terme, il y avait une bagarre on se mettait sur la gueule. Maintenant vous prenez un coup de couteau ou un coup de fusil. Aujourd’hui on ne discute plus on n’échange plus, on est directement dans l’affront, et je trouve que c’est dommage ».
Sa fille, dans l’établissement au moment des coups de feu, n’a pas vu la scène mais malgré tout aperçu « une flaque de sang » au moment de rejoindre les autres élèves dans la cour.
Procureure adjointe, Audrey Jouaneton s’exprime devant le collège Lakanal et apporte de la nuance aux différentes informations qui circulent : « les investigations démarrent, les constatations sont toujours en cours. Pour l’heure, nous n’avons que des informations parcellaires ».Elle revient ensuite en détail sur le déroulé de la matinée : « Un collégien, aux alentours de 9h25, est entré dans l’établissement. Il est âgé de 14 ans et est en classe de 3e. Il est entré avec un étui à guitare dont il a, manifestement, sorti une arme, un fusil long de chasse. Il est monté au 1er étage de l’établissement. Au premier étage, il a tiré en direction de deux personnes, le proviseur de l’établissement et un professeur qui était présent. On ne sait pas encore s’il les a visés mais en tout état de cause, elles ont été blessées au niveau des membres inférieurs. Les victimes n’ont pas encore pu être entendues ». Elle continue le récit : « Il a ensuite continué sa progression vers le deuxième étage où il y a eu deux autres séquences de tirs. Une première à côté d’un professeur, en direction du sol, un impact a été identifié en bas d’un mur. Il a continué pour la deuxième séquence : il est arrivé au niveau d’une salle de classe, qui était occupée par les élèves et un professeur. Il a tiré en direction du tableau de la salle, là encore un impact a été identifié. L’élève a été maîtrisé et désarmé par un personnel de l’établissement qui a arrêté sa progression ».La procureure adjointe insiste sur la précaution à prendre pour le moment sur les raisons de cet acte : « En l’état des investigations, les témoins et victimes n’ont pas été entendus. Pour l’heure, l’élève ne se serait pas exprimé. Il y a toute une série d’hypothèses qui vont être étudiées par les enquêteurs. Tout va être analysé mais le mobile n’est pas encore établi à l’heure qu’il est ».
Dans un communiqué, la FSU 13 adresse «Tout son soutien à l’ensemble des personnels (enseignant·es, AESH, CPE, AED, infirmièr·e de l’Éducation Nationale, assistant·e social·e, administratifs, agent·es de la collectivité, personnel de direction) dans cette épreuve. Elle envoie tous ses vœux de rétablissement au principal et à la professeure blessés. Cet acte terrible ne doit en aucun cas faire l’objet d’une récupération politique. Le tout sécuritaire n’est pas la réponse à une jeunesse qui va mal. L’École mérite mieux que des effets d’annonce, au niveau ministériel tout comme au niveau des collectivités territoriales. L’heure est à la prise en charge du traumatisme vécu par les élèves et les personnels. L’enquête judiciaire devra déterminer les causes du passage à l’acte et la justice doit pouvoir faire son travail en toute indépendance. La FSU 13 réclame des moyens urgents pour l’Education Nationale. Alors que le budget 2027 prévoit nationalement la suppression de 1500 postes d’enseignant·es titulaires, et la création de seulement 304 postes d’infirmières et assistantes sociales, les besoins sont tout autres. Dans les Bouches-du-Rhône, il faudrait plusieurs centaines postes d’infirmières, de postes d’enseignant·es dans les écoles, les collèges et les lycées.
C’est en partie pour ces raisons que la FSU 13 appelle à la grève et manifestation demain.
Le collège Lakanal se remplit à nouveau avant l’arrivée des ministres. Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jeremy Bacchi est présent. De nombreux autres élus, comme Martine Vassal, et représentants d’institutions sont aussi là.
La réaction de Nicolas Isnard : « Rien ne peut justifier une telle violence »« Après les graves événements survenus ce matin au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, je veux exprimer tout mon soutien aux personnels blessés, à leurs proches, ainsi qu’à la communauté éducative de l’établissement, aux élèves, à leurs familles et aux élus d’Aubagne qui affrontent cet événement avec courage et dignité.
L’école de la République doit rester un lieu de savoir, de transmission et de sécurité. Rien ne peut justifier une telle violence à l’encontre de celles et ceux qui ont pour mission d’éduquer nos enfants.
Face à cette violence inacceptable, c’est toute notre communauté et nos institutions qui doivent faire bloc pour défendre et protéger l’école et ceux qui la font vivre. »
C’est au tour du Président de la République, Emmanuel Macron de réagir dans une publication, postée sur X : «Au principal et à l’enseignante blessés ce matin dans un collège à Aubagne, aux élèves et aux parents sous le choc, j’adresse ma pleine solidarité et mon total soutien», a-t’il d’abord écrit. Avant de poursuivre : «Je salue le sang-froid et la réaction exemplaire de l’équipe éducative, qui a permis d’éviter le pire».
En micro tendu à la sortie d’une visite au sein de l’établissement, Laurent Nunez, ministre de l’intérieur explique qu’il « était important de venir témoigner le soutien du gouvernement. Pour la partie qui me concerne, c’est la brigade criminelle qui a été saisie, c’est dire la gravité des faits ». Il rappelle que les investigations sont en cours et que des perquisitions sont en cours mais que la plupart des auditions n’ont pas encore eu lieu.
Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale explique que « cet acte criminel a une résonance particulière ». Il cite notamment « la semaine de commémoration des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard » même si « le contexte n’a rien à voir ». « Il faut mesurer ce que signifie qu’un élève commette un acte criminel. Pour nous, venir ici c’est rappeler que nous sommes une communauté éducative. C’est comme un corps : quand on touche une partie du corps, tout le corps réagit », explique-t-il, sur le parking devant l’établissement.
Avant de marteler : « On doit apporter une réponse sociétale. L’école ne peut pas tout, elle ne peut pas traiter de la grande violence. On doit avoir une réponse collective »