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  • L’impact de la centrale thermique de retour en justice

    L’impact de la centrale thermique de retour en justice

    GazelEnergie et le ministère de la transition écologique d’un côté de la barre, une flopée d’associations de défense de l’environnement de l’autre. Et au programme de l’audience qui se déroulait, ce vendredi à la cour administrative d’appel de Marseille, toujours la question de l’autorisation d’exploitation de la centrale thermique. Avec comme sujet de fond, l’avis de la justice sur sa prise en compte, ou pas, de son incidence sur l’environnement. Une étape de plus dans le bras de fer qui dure depuis plus d’une dizaine d’années autour de l’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois de la centrale et autres enquêtes publiques.

    In fine, les associations (France nature environnement, Canopée ou encore Convergence écologique du pays de Gardanne) demandent l’annulation des arrêtés préfectoraux permettant l’exploitation de la centrale, jugeant les deux enquêtes publiques, et étude d’impact, sur lesquelles s’appuyaient les arrêtés, insuffisantes sur plusieurs points. La Cour administrative d’appel de Marseille du 10 novembre 2023 avait enjoint Gazel de faire un complément d’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois. Ce qui avait provoqué la tenue d’une nouvelle enquête publique, l’année dernière. C’est suite à cette dernière que la préfecture a délivré une nouvelle autorisation d’exploitation pour la centrale.

    Un outil « au rôle majeur »

    Le rapporteur public n’a pas retenu ses coups à l’égard d’un projet industriel qu’il qualifie « d’inutile mais pas d’illégal ». Mais il « considère que l’ensemble des vices de procédure a été régularisé » entre la première étude d’impact et celle complémentaire, et les enquêtes publiques. Comme il le résume lui-même « la loi permet de bloquer des projets illégaux, mais pas absurdes ». S’il émet beaucoup de réserves sur la pertinence de la conversion à la biomasse, il conclut quand même à la régularisation des manquements qui avaient pu être relevés lors de la première enquête publique via la seconde. « Nous espérons que la cour ne suivra pas le rapporteur public puisqu’il conclut à la régularisation des illégalités », dénonce l’association Convergence écologique du pays de Gardanne.

    Avis tout autre pour GazelEnergie : « Lors de cette audience, le rapporteur public a, sur le fond, conclu que la procédure de régularisation avait été mise en œuvre dans le cadre légal fixé par la Cour. GazelEnergie rappelle que la Centrale est exploitée dans le strict respect de la réglementation en vigueur. » L’entreprise note aussi son « rôle majeur pour le territoire, tant que le plan énergétique, qu’économique et industriel ». Décision prévue pour le 26 juin prochain.

    Dernière réunion publique sur BMP, le projet des salariés

    La dernière réunion publique se tient ce mardi 16 juin, à 18h, à la Maison du peuple à Gardanne pour le projet Bio-Méthane Provence (BMP) porté par les salariés de la centrale de Gardanne. Une réunion publique qui se tient dans le cadre d’une concertation préalable volontaire pour BMP qui est porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Pour rappel, les travailleurs espèrent produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération. Il y a déjà eu plusieurs réunions : les 12 et 26 mai derniers. Et un dossier de concertation est à disposition dans les mairies du périmètre large du projet.

    A.B.

  • Une Métropole des maires sous tension

    Une Métropole des maires sous tension

    L’addition était attendue, mais elle fait grincer des dents. En rendant son avis budgétaire ce jeudi midi sur les finances métropolitaines, un mois et demi après le refus de l’hémicycle d’adopter un budget grevé par les ponctions de l’État, la Chambre régionale a appuyé là où cela fait mal. Sur les 118 millions de coupes budgétaires soumises au préfet, qui doit rendre sa décision d’ici au début du mois de juillet, 53 millions d’euros pourraient être retirés à la dotation de solidarité communautaire (DSC), les fonds versés pour corriger les inégalités entre les communes. Si la fiscalité reversée aux communes, les attributions de compensation (AC) ne peut être modifiée sans vote à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, ont confirmé les magistrats, cette coupe dans les dotations aux communes a de quoi faire tanguer la promesse du président (LR) de l’intercommunalité Nicolas Isnard, d’une Métropole au service des maires.

    Ex-président du conseil de territoire Marseille-Provence, vice-président de la Métropole lors de la dernière mandature et désormais sans délégation, le maire (DVD) de Gémenos, Roland Giberti, a ainsi interpellé le président de la Métropole pour protester contre la direction donnée à l’établissement public. Dans un courrier envoyé le jour même où la chambre régionale des comptes rendait son avis, celui-ci déplore le refus de voter le budget, qui avait été acté lors de la conférence des maires le 21 avril. « Laisser directement la main au préfet revient à renoncer à notre responsabilité et à transférer le travail à l’autorité représentant l’État », regrette-t-il. D’autant plus que beaucoup de maires n’ont pas été informés des échanges entre l’administration et les services de l’État. « Le silence ne peut pas tenir lieu de ligne politique », charge-t-il.

    « Hypocrisie » du RN

    L’ex-président de conseil de territoire déplore aussi : « Un déséquilibre croissant s’installe jour après jour au profit d’une gouvernance partagée instable et illisible. » En creux, le cafouillage sur les élections à la tête des organismes métropolitains a laissé des marques, après l’échec des candidatures marseillaises à One Provence et au syndicat mixte de l’Huveaune.

    Dans ce contexte, l’extrême droite se frotte les mains. « Nous saluons la plupart des recommandations des magistrats », applaudit face aux coupes l’élu UDR Jean-Baptiste Rivoallan, exception faite de celles qui touchent la dotation de solidarité communautaire. Mais face aux besoins de financement des transports, il refuse de mettre à contribution le patronat. Face aux critiques adressées à l’exécutif métropolitain, le collectif de droite Une génération pour Marseille dénonce « une hypocrisie », rappelant que le RN votait en janvier un amendement réduisant de 5 milliards les moyens alloués aux collectivités.

  • Les communistes en réflexion et sur le terrain

    Les communistes en réflexion et sur le terrain

    Face aux militants communistes installés à la sortie de la station essence Total du boulevard André-Barnier, dans le 15e arrondissement de Marseille, les automobilistes s’arrêtent volontiers pour recevoir les tracts, lèvent le pouce en signe de soutien. Alors que les adhérents du PCF entrent ce vendredi soir dans leurs congrès de section, dans le cadre du 40e congrès du parti, les militants des quartiers Nord ont tenu à lancer une action sur le terrain, face à la flambée du prix des carburants, avant d’entrer dans les débats internes.

    « Nous faisons un congrès qui se prépare dans la vie, un congrès dans la vie avant de fixer nos orientations », sourit Mireille Chessa, membre du bureau de la section du 15e arrondissement son autocollant rouge bien en évidence, tracts à la main pour appeler à la nationalisation de Total. « Nous avons voulu connecter notre congrès avec la nécessité de mener le rapport de force sur le terrain, de mener des actions populaires, précise-t-elle. Le rassemblement ne peut se faire qu’autour d’objectifs comme celui-là, s’il n’est qu’une incantation, ça ne marche pas ! » Derrière, la file de voitures qui attendent de faire le plein gagne jusqu’au boulevard. « Nous avons bien choisi la station, sourit-elle. C’est un peu moins cher qu’ailleurs, donc il y a plus de monde. »

    Week-end de débats

    En face, le discours est bien accueilli. « Avec la guerre, ils nous ont habitués aux prix, merci Macron hein ! ironise un conducteur. Et ils sont où, les gilets jaunes ? » Il voudrait rester discuter, mais déjà d’autres véhicules veulent sortir de la station. « Tu vois la différence entre une action populaire et une action populiste ! Ils nous disent de continuer, nous sommes les seuls à faire ce genre d’initiatives. Les gens veulent que ça change maintenant. Des années qu’on n’a pas eu d’augmentations de salaires, et ils nous prennent un pognon fou avec le carburant ! », partage l’ancienne responsable syndicale. Un autre conducteur interpelle les militants sur la présidentielle, refusant de prendre le tract. « Souvent les gens dans les cités nous disent qu’on nous voit que pour les élections, explique Dominique Rieffel, enseignante en lycée professionnel retraitée. C’est bien qu’ils nous voient ici. Il y a encore des personnes qui ne nous connaissent pas, nous ne sommes pas assez visibles encore. » À côté d’elle sa camarade abonde : « Il faut mener des initiatives de terrain, sinon, comment tu mènes le rapport de force ? Nous courons toujours après les voix que François Hollande a perdues. Pour les ramener, il faut les ramener sur des propositions de gauche. » Même si elle se réjouit des bons scores de la gauche à Marseille, lors des municipales.

    De quoi nourrir le débat qui, dans sa section, se tient ce samedi, mais doit durer tout le week-end pour toutes les sections du PCF, dont quarante pour les Bouches-du-Rhône. Un week-end lors duquel les communistes amenderont la base commune du conseil national choisie par 61% des militants, et 74% des adhérents dans le département, pour mieux l’améliorer, mais renouvelleront aussi leurs exécutifs de section. « Nous avons déjà des propositions d’amendements qui sont arrivées, que nous allons discuter demain, qui vont dans le sens du renforcement, ou portent sur les questions internationales », expliquent les militants.

    Avant que leurs propositions ne soient examinées lors des congrès départementaux les 20 et 21 juin, puis lors du congrès national à Lille du 3 au 5 juillet.

  • Partez à la découverte des forêts ce week-end

    Partez à la découverte des forêts ce week-end

    Les Nuits des forêts, événement national, sont de retour jusqu’au 21 juin pour une septième édition qui invite petits et grands à découvrir les forêts et le vivant près de chez soi, à travers divers rendez-vous dans plus de 250 sites partout en France.

    D’une manière générale, les Nuits des forêts sont une invitation à redécouvrir la forêt proche de chez vous et à rencontrer les femmes et les hommes qui l’habitent, la cultivent, la protègent et s’en inspirent.

    Imaginées pour célébrer et questionner nos liens aux forêts, et portées par l’envie de rapprocher les citoyens des massifs proches de chez eux, elles œuvrent au rapprochement des mondes forestier, culturel et scientifique, et vous invitent à mieux découvrir, partager et vous émerveiller aux côtés de celles et ceux qui font la forêt.

    Dans le Var

    Cette année, la thématique est consacrée à la découverte et à la compréhension de ce que la forêt a à nous dire, autour du thème « à l’écoute des vivants ».

    Dans ce cadre, le hameau de la commune varoise de Méounes-lès-Montrieux, situé à mi-chemin entre Toulon et Brignoles, vous invite à une journée au cœur de la Sainte-Baume, ce samedi dès 15h, pour vivre une immersion sensible et collective au cœur du vivant. Au programme : une balade contée accessible dès 5 ans, suivie d’un moment de découverte autour de la faune forestière, pour plonger dans le monde fascinant et discret des chouettes et hiboux.

    Vous êtes également conviés à une journée de découverte de la forêt de la Martre samedi, notamment autour de l’ancienne scierie, avec sorties, causeries champêtres et concerts, dès 9h30.

    Dans les Hautes-Alpes

    Une immersion dans la forêt de Beynaves vous est proposée samedi, avec une balade le long du GRP 946. Au départ de la boulangerie d’Orpierre, vous cheminerez jusqu’à Sainte-Colombe à partir de 17h. Une balade nocturne, dès 22h, est également prévue pour écouter les sons de la nuit.

    Par ailleurs, une balade contée forestière aura lieu dimanche sur la commune du Monêtier-les-Bains. Embarquez pour une randonnée insolite, pensée comme une parenthèse enchantée en immersion dans la forêt, au départ du parking du Gros Moutas, de 15h à 18h30.

    Dans les Alpes- de-Haute-Provence

    Partez à la découverte de la forêt de Chamatte avec une balade commentée et un jeu naturaliste à vivre en famille samedi à partir de 13h30. La soirée se poursuivra avec un concert au théâtre de verdure d’Allons.

    Informations pour chaque événement du week-end et ceux à venir sur le site internet  nuitsdesforets.com

  • Front commun pour sauver Fibre Excellence

    Front commun pour sauver Fibre Excellence

    « Dans quelques jours, Fibre Excellence peut disparaître. » C’est le cri d’alarme lancé par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet lors d’une conférence de presse ce vendredi. Ce rendez-vous convoqué la veille a réuni acteurs politiques de la région Sud et Occitanie, aux côtés des membres de l’intersyndicale du groupe. « Nous serons mobilisés, cette usine elle ne fermera pas parce qu’on a besoin de production industrielle en France », martèle la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga.

    Le groupe qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a été placé en redressement judiciaire le 27 avril dernier. Depuis, les deux usines sont à l’arrêt et l’inquiétude plane sur leur avenir. Au total, plus de 10 000 emplois pourraient être impactés par la décision de mercredi. Ce qui implique entre autres la Chapelle Darblay, en Seine-Maritime, dont Fibre Excellence est l’un des repreneurs. « L’État a tout intérêt à se mobiliser. Le coût de la facture qui nous attendrait, qu’elle soit humaine, sociale, environnementale ou territoriale, serait terrible », alerte Cyril Juglaret, président de la Commission d’appel d’offres de la Région Sud.

    À ce jour, une seule offre de reprise a été déposée par Fibre Excellence, soutenue par les salariés et les collectivités locales. Le ferrailleur SPB (Société de participation de la Braye) allié au papetier canadien Paper Mill Industry aurait montré son intérêt pour le papetier dans une lettre d’intention communiquée au tribunal. La CGT craint qu’une reprise par un concurrent vise en réalité à démanteler le groupe. « Nous ne voulons pas de projet porté par des liquidateurs, par des rapaces. Nous allons continuer à améliorer d’ici mercredi ce projet industriel parce que nous avons besoin d’une diversification de production de pâtes à papier », fait valoir Carole Delga. « Nous demandons deux choses au tribunal : la poursuite de la période d’observation pour permettre à l’État de lever les conditions suspensives et la lettre d’engagement de l’État. Ces deux demandes vont ensemble », appuie Romuald Fontaine, secrétaire fédéral de la CFDT Chimie Énergie.

    « Que l’État prenne

    ses responsabilités »

    Hasard du calendrier – ou pas – le ministre de l’Industrie a adressé une heure avant le point presse une lettre aux acteurs concernés dans laquelle il détaille ses « engagements », parmi lesquels « la réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité de Fibre Excellence jusqu’à +20% dans le respect du cadre juridique applicable, national et européen », écrit Sébastien Martin. Une formulation alambiquée, qui ne convainc pas : « Cette réponse est insuffisante », tranche Sophie Binet.

    Le député PS de Haute-Garonne, Joël Avignaret, a demandé au gouvernement la « nationalisation temporaire » de l’entreprise et « l’entrée de l’État à son capital ». Et a reçu une fin de non-recevoir. « La solution immédiate existe. Que l’État prenne ses responsabilités et mette les bouchées doubles pour préserver les deux sites. (…) On est en train de détruire toute une filière industrielle », tempête René Sale de l’UD FO 13. Sophie Binet, qui a fait de la lutte contre l’extrême droite l’une des priorités de son second mandat, prévient : « Quand on laisse les territoires se désertifier, les industries fermer, le déclassement s’organiser avec du travail qui ne paye plus, qui récupère les dividendes ? C’est l’extrême droite. »

  • [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    Du plan écoles à la sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes le nouvel adjoint du Printemps marseillais à la sécurité, vous succédez à Yannick Ohanessian après vous être occupé du plan écoles. Vous pouvez tout faire ? Vous êtes bon partout ?

    J’espère devenir bon partout en tout cas. M. le maire m’a confié cette délicate tâche de la sécurité. C’est un vrai beau défi. Il y a eu le plan écoles, maintenant la sécurité, c’est une vraie marque de confiance. Je mets tout en œuvre avec son aide et avec les fonctionnaires de police pour améliorer la sécurité globale à Marseille et pour lutter contre le sentiment d’insécurité qui est également très fort dans notre ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous du plan écoles ?

    Le plan écoles continue d’avancer. Nassera Benmarnia est très bien entrée dans ses nouvelles fonctions. On est aujourd’hui sur la vague 4 qui est en train d’être lancée en projet. Il y a des dizaines d’écoles dans lesquelles les travaux ont déjà commencé. Certaines vont être livrées d’ici une petite année environ. Le plan écoles avec la société publique des écoles ou, en direct avec la Ville de Marseille, continue d’avancer à un bon rythme. On peut être fier de cette réussite qui est collective, qui provient de la volonté du maire Benoît Payan avec l’aide de l’État et du président Emmanuel Macron. Quand l’État et une collectivité veulent travailler main dans la main, les services publics, la fonction publique, deviennent de véritables donneurs d’ordre et font avancer les choses.

    Didier Gesualdi : Il y a eu des batailles de chiffonniers sur les chiffres pendant la campagne électorale. Quoi qu’il arrive ça ne va jamais assez vite ?

    Évidemment, j’aimerais pouvoir tout reconstruire le plus rapidement possible. Mais nous respectons toutes les règles d’urbanisme, de conformité, les normes liées au réchauffement climatique, ça prend du temps, de l’argent mais on en est fiers parce que ceux qui en profitent ce sont nos petites Marseillaises et nos petits Marseillais.

    Léo Purguette : Vous dites respecter toutes les règles, l’ancien préfet de région a quand même signalé le contraire. Où en êtes-vous ?

    Il a signalé le contraire… oui, c’est quand même un peu confus ce qu’il s’est produit. Les services de la préfecture ont mené une enquête récemment et le nouveau préfet lui-même, M. Witkowski, a dit qu’il n’y avait aucune anomalie. Nous, on le savait. On avait travaillé avec nos avocats qui nous avaient dit qu’il y avait beaucoup de bruit pour rien. La campagne électorale a probablement servi de caisse de résonance.

    SA FEUILLE DE ROUTE

    Didier Gesualdi : Yannick Ohanessian nous disait que votre majorité avait fait plus en six ans que les autres en quarante ans. Il reste encore beaucoup à faire non ? Beaucoup de Marseillais ont le sentiment que ça ne va pas mieux.

    Je me mets dans les pas de mon prédécesseur et je m’inscris surtout dans les directives données par le maire, Benoît Payan. Nous avons déjà recruté 400 policiers durant le mandat précédent. On va doubler ce chiffre en passant à 800 recrutements sur le nouveau mandat. C’est le premier axe. C’est un vrai défi parce qu’aujourd’hui, tous les métiers de la sécurité sont en tension. À nous de faire en sorte que l’on vienne taper à notre porte. Le deuxième axe, c’est la proximité avec la volonté de créer des commissariats de police municipale dans tous les arrondissements de Marseille. Il y avait le plan écoles, il y aura très bientôt le plan commissariats avec l’objectif d’être au plus près des habitants pour pouvoir les rassurer, les renseigner, les protéger, faire du flagrant délit en cas de problème. Nous voulons assurer la sécurité de tout le monde, dans tous les quartiers.

    Léo Purguette : Ces ambitions sont très hautes alors que l’argent manque dans les collectivités. N’avez-vous pas l’impression d’en dépenser beaucoup pour compenser les manques de l’État ?

    Ce qui est sûr, c’est que nous ne ferons pas d’économies sur la sécurité. Nous allons investir dans des nouveaux commissariats, recruter des policiers mais aussi les équiper. En revanche, il est hors de question que la police municipale vienne remplacer la police nationale qui est sous l’autorité du préfet. Nous voulons qu’il y ait plus d’uniformes dans les rues, davantage de policiers municipaux et davantage de policiers nationaux. L’État s’est désengagé des services publics, d’abord la justice ensuite la santé, puis l’éducation… Il serait inadmissible qu’il se désengage de la sécurité.

    LA POLICE NATIONALE

    Didier Gesualdi : On a assisté à des échanges aigres-doux entre Benoît Payan et le préfet sur les effectifs de police nationale la nuit, faites-vous encore appel à l’État ?

    Bien sûr. C’est un domaine régalien de l’État. Ce que je veux c’est qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue que ce soit dans la journée ou la nuit parce que nos concitoyens ont besoin de les voir, d’être rassurés et en cas de flagrant délit, qu’il y ait une intervention. Avoir du bleu dans les rues, c’est nécessaire la nuit aussi. Je n’entre pas dans une bataille de chiffres mais les demandes répétées du maire de Marseille, je les ai moi-même relayées auprès de la préfète de police et du directeur de la police nationale que j’ai rencontré il y a quelque temps. Main dans la main on doit pouvoir arriver à trouver des solutions pour améliorer la sécurité à Marseille.

    Didier Gesualdi : Comment pouvez-vous contribuer à la lutte contre le narcotrafic ?

    C’est un drame pour les familles et les quartiers qui en sont victimes. C’est une compétence police nationale. Il y a des enquêteurs, des brigades spécialisées, ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas. En revanche, nous pouvons apporter une aide sur les caméras de vidéosurveillance, sur les opérations « grappin » en venant enlever les voitures qui ralentissent les services de police, les chariots ou autres… C’est aussi rétablir un cadre de vie agréable pour les personnes qui y vivent.

    LA PROXIMITÉ

    Léo Purguette : Un commissariat par arrondissement, c’est à quelle échéance ?

    On se donne le mandat pour y parvenir. À l’instant T, nous avons déjà des pistes dans plusieurs arrondissements.

    Léo Purguette : Avez-vous déjà une idée du prochain qui ouvrira ?

    Les deux pistes les plus avancées sont dans le 15e et dans le 11e. Nous avons déjà celui de Canebière qui fonctionne bien, celui de Loubon, dans le 3e, qui va fonctionner encore mieux dans la prochaine période. Trouver une implantation pour un commissariat n’est pas si facile que ça parce qu’il y a un critère intangible qui est le parking pour accueillir les véhicules de police.

    Léo Purguette : Quel lien police-population ? Ces rapports sont parfois tendus voire violents.

    Nous faisons de la prévention. Une de mes premières sortie d’adjoint était à la Savine pour faire découvrir tous les métiers à uniforme aux jeunes. Il y a des enjeux de recrutement.

    LA GAUCHE ET LA SÉCURITÉ

    Léo Purguette : « Plus de bleu dans la rue », c’est un discours que l’on n’entend pas toujours à gauche. La gauche est parfois critiquée pour un supposé angélisme en matière de sécurité. Quelle est votre doctrine ?

    L’angélisme, ce n’est pas la doctrine du Printemps marseillais. Ce que nous voulons c’est que toutes les Marseillaises et Marseillais se sentent en sécurité, où qu’ils se trouvent dans la ville. On vit dans un territoire magnifique avec la plus belle rade du monde, des sites absolument remarquables, il n’est pas acceptable que des personnes puissent être agressées, se sentent en difficultés selon les endroits, que certaines femmes se fassent harceler. C’est inacceptable que l’on soit de gauche ou de droite. Peut-être qu’il y a quelques décennies, la gauche pouvait être angélique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Au Printemps marseillais nous avons à cœur que l’on se sente bien en sécurité partout à Marseille. Nous ne voulons pas que des quartiers populaires soient abandonnés comme cela a été le cas pendant des années avec des problèmes de trafics, des services de propreté ou de bus qui ne venaient plus. Nous, nous remettons du service public dans les quartiers populaires.

    Léo Purguette : C’est votre manière de tenter de faire refluer l’extrême droite ?

    Ce que nous voulons, c’est faire vivre le vivre-ensemble. Tout le monde en parle mais comment fait-on ? On met du service public. C’est le service public qui doit permettre aux gens d’être reliés et de vouloir vivre ensemble. Ce n’est pas une évidence de vivre ensemble. Si vous avez une école délabrée, si vous appelez le 17 et qu’il ne se passe rien, si vous vous faites agresser dans la rue, si des gens vous empêchent de rentrer chez vous, vous vous sentez comme un citoyen de seconde zone. Nous à Marseille, on ne veut que des citoyens de première zone. Notre belle ville est peuplée par 900 000 Marseillaises et Marseillais qui sont fiers de l’être et ils ont raison. Nous, ce que nous voulons, c’est que notre police permette la concorde.

    Didier Gesualdi : Le moratoire sur les caméras de vidéosurveillance colle à la peau du Printemps marseillais. C’est totalement révolu ?

    D’abord, il était dans notre programme de 2020. On a donc fait ce pour quoi on avait été élu : pendant deux ans, on a fait un moratoire qui a permis d’analyser l’ensemble des caméras. On s’est rendu compte que certaines, soit ne fonctionnaient pas, soit ne servaient à rien, soit étaient dans des endroits un peu étranges pour surveiller des personnalités X, Y ou Z, ce qui n’est évidemment pas l’objectif principal. Nous avons mis les choses à plat, avec l’État, dans le cadre du plan Marseille en grand, à des endroits utiles : écoles, collèges, lycées mais aussi dans les lieux stratégiques pour lutter contre les trafics ou garantir la sécurité routière.

    L’INSÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : Quand, à la Valentine, aux Accates, on voit des votes à 60% pour le RN lors des législatives, est-ce que c’est l’insécurité qui explique ces résultats ?

    Vous savez, quelqu’un qui est cambriolé, c’est un gros problème. Il faut d’ailleurs faire reculer cette insécurité concrète. Il faut aussi lutter contre le sentiment d’insécurité. Quand, dans la campagne, Mme Vassal disait qu’elle ne voulait pas venir au Vieux-Port à 18h de peur de se faire agresser. Excusez-moi, je suis régulièrement sur le Vieux-Port, à 18h, 20h ou 23h, il ne m’est absolument jamais rien arrivé. Il y a ce sentiment que Marseille serait une ville de non-droit, que ce serait Chicago dans les années 1930. C’est invraisemblable. Il y a une vraie insécurité qui existe, sur laquelle nous devons lutter au quotidien avec la police au plus proche des habitants. Et puis il y a ce sentiment d’insécurité qui est très fort. Le faire reculer passe par une présence policière accrue qui doit faire reculer ce sentiment-là. On vient très bien au Vieux-Port sans aucun problème.

    LA RÉPUBLIQUE, C’EST QUOI ?

    Pierre-Marie Ganozzi : « La République c’est une utopie, c’est l’idée formidable selon laquelle nous pouvons vivre ensemble, nous devons vivre ensemble. Rien n’est facile mais nous y travaillons, avec le maire Benoît Payan et tous les élus de la majorité municipale pour que notre République, j’ai presque envie de dire la «République marseillaise» se vive au quotidien. »

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Colette Drogoz :

    Je possède un garage donnant sur la rue, je ne peux ni entrer ni sortir car des voisins se garent devant en toute impunité. Pourquoi personne ne m’aide ? Cela dure depuis 10 ans !!!!

    Bonjour Colette. Ce que je peux vous dire, c’est que normalement il faut faire le 17 dans ce cas-là. Si ça ne fonctionne pas, il faut faire allô mairie qui peut être en direct avec la fourrière. Je vais voir ce qu’il se passe concrètement pour vous car il y a eu un temps d’adaptation mais la fourrière fonctionne désormais. En 2025, on en était à 11 000 mises en fourrière. Le début de l’année 2026, on est dans des ratios encore supérieurs et nous allons recevoir de nouveaux équipements pour encore augmenter notre capacité d’intervention.

    En outre, nous sommes à la recherche d’un deuxième site pour faire une deuxième fourrière dans les quartiers sud. Je vous donne un petit scoop : ça avance bien. J’espère que d’ici la fin de l’année 2026 on aura à la fois un deuxième site de fourrière dans le sud et de nouveaux équipements. Les deux réunis permettront à la fourrière d’être encore plus performante et donc pour Colette et pour les autres de multiplier les interventions. J’ai donné des consignes très claires en ce sens : on verbalise et on met en fourrière car l’insécurité routière à Marseille, ça suffit.

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • L’archéologie ouvre ses portes en grand

    L’archéologie ouvre ses portes en grand

    Le musée de préhistoire de Quinson se prépare aux journées européennes de l’archéologie ce week-end, et mise sur la protection des découvertes, trop souvent négligées et pillées par les randonneurs.

    L’exposition permanente du musée retrace 400 000 années d’occupation humaine, en commençant par le paléolithique, puis le néolithique et l’âge des métaux. On y retrouve notamment des objets en pierre et des matières osseuses trouvés dans la grotte de la Baume Bonne, l’un des sites les plus connus des gorges du Verdon. Des visites y sont d’ailleurs proposées dans le cadre des journées européennes de l’archéologie, ce samedi et ce dimanche, mais sont déjà complètes.

    Le parcours de visite raconte ensuite de manière chronologique le passage à l’économie de production, à la sédentarité, aux villages et aux maisons au néolithique.

    Cette année, la thématique des journées européennes de l’archéologie est l’âge du fer. Des panneaux ludiques prêtés par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont été installés à la fin du parcours de visite de l’exposition permanente à cette occasion. « Cela permet de casser les clichés, d’enrichir les connaissances de manière ludique, et de mettre en avant ces peuples qui n’avaient pas l’écriture, et dont l’histoire a donc souvent été racontée par d’autres, par leurs ennemis, ce qui ne leur rendait pas toujours hommage », se réjouit Chimène Honnorat, médiatrice culturelle et scientifique. Pour les journées européennes de l’archéologie, des espaces vides ont également été mobilisés pour faire deviner aux visiteurs les plantes et les viandes consommées à cette époque, ou encore quel os appartient à quel animal. Des mini métiers à tisser sont aussi installés ce week-end pour que les visiteurs puissent s’essayer à fabriquer un morceau de tissu.

    Depuis 2024, l’exposition temporaire « Sors de ta réserve » est proposée en partenariat avec la réserve naturelle géologique de Haute Provence, à l’occasion de ses 40 ans. L’accent est mis sur la préservation de la géologie. « On se bat pour que les gens marquent leurs découvertes avec des coordonnées GPS et les signalent, pour que les choses soient faites correctement », insiste Ludivine Franceschi, responsable du développement des publics. « Les pillages de fossiles sont monnaie courante. Beaucoup de sites doivent être protégés avec du béton autour. Des fossiles sont arrachés à coups de pioche. Il suffit d’un orage pour que des vestiges soient visibles en surface », regrette-t-elle. « Aux États-Unis, on a le droit de payer pour récupérer des fossiles dans la nature. Les législations sont très différentes d’un pays à l’autre. Cela va prendre du temps pour faire changer les mentalités », avance-t-elle.

    Des archéologues

    en tyrolienne

    Le plésiosaure, grand reptile marin prédateur du Mésozoïque, découvert à Tartonne, est exposé pour la dernière fois au public au musée de Quinson. Il sera ensuite réservé aux chercheurs, pour éviter que les vibrations et les changements de température et d’humidité n’altèrent sa conservation.

    Le musée a été créé pour conserver les découvertes réalisées lors des fouilles de sauvetage du Verdon, au moment des travaux des barrages EDF. Les archéologues ont alors dû faire du rafting et de la tyrolienne pour accéder aux lieux de fouilles.

    L’exposition permanente, inchangée depuis l’inauguration du musée en 2001, doit être totalement refaite dans les prochaines années. Le musée élargira ainsi ses collections avec de nouveaux fonds. « Il faut aller chercher ailleurs pour montrer la diversité. Là, il n’y a que des objets en pierre exposés, alors qu’à l’époque, il y avait beaucoup d’objets en matières osseuses. Ce n’est pas du tout représentatif de cette période », avance Ludivine Franceschi. « Idéalement, il faudrait changer la muséographie tous les dix ans pour faire avec le renouvellement des connaissances et les découvertes », explique-t-elle. Le nouveau parcours de visite devrait être plus interactif, afin que les visiteurs soient plus actifs et impliqués.

    DES RENDEZ-VOUS DANS LA RÉGION

    BOUCHES-DU-RHÔNE

    Saint-Rémy-de-Provence. Le site de Glanum propose un atelier pour découvrir les différentes sous-disciplines de l’archéologie. Le public pourra également manipuler de véritables vestiges pour reconstituer l’histoire du site. Dimanche 14 juin, de 9h45 à 12h30. Tarifs : enfants 6 euros, adultes 12 euros.

    Marseille. Le Palais Longchamp invite le public à se glisser dans la peau d’un archéo-anthropologue pour s’initier aux chantiers de fouilles de sépultures et découvrir les rites funéraires du Paléolithique à l’âge du Bronze. Samedi 13 et dimanche 14 juin. Gratuit.

    VAR

    Giens. Les médiateurs du Parc national de Port-Cros proposent une visite guidée pour explorer le sanctuaire d’Aristée sur la presqu’île de Giens. La visite se poursuit avec une randonnée jusqu’au fort du Pradeau, pour présenter l’histoire de la rade de Hyères. Dimanche 14 juin, de 10h30 à 14h30. Gratuit.

    Toulon. Le Centre archéologique du Var ouvre exceptionnellement ses portes pour une activité consacrée aux vêtements gaulois. Les participants pourront apprendre les techniques de tissage et expérimenter la fabrication textile sur un métier à tisser, inspiré des modèles utilisés à l’époque. Dimanche 14 juin 2026 de 11h à 12h30. Gratuit.

    VAUCLUSE

    Entraigues-sur-la-Sorgue. Le chantier archéologique préventif de la Zac du Plan ouvre exceptionnellement ses portes au public. Les responsables des fouilles du site présenteront les découvertes en cours, les méthodes d’intervention des archéologues et l’histoire du territoire. Samedi 13 juin, à partir de 10h. Gratuit.

    Vaison-la-Romaine. Sur la colline du site antique de Puymin, une visite guidée convie les participants à parcourir les vestiges des anciennes domus, notamment ceux de la Maison à l’Apollon lauré et de la Maison à la Tonnelle, avant de rejoindre le théâtre antique. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 15h30. Gratuit.

    HAUTES-ALPES

    Saint-Véran. Au départ de l’esplanade Sainte-Luce, une randonnée de 9 km invite le public à découvrir le patrimoine archéologique local aux côtés d’un géologue et d’un guide conférencier. Les participants exploreront notamment l’ancienne mine de cuivre de Clausis, exploitée dès l’âge du Bronze. Samedi 13 juin, de 9h à 17h. Gratuit.

    Gap. Le muséum départemental des Hautes-Alpes propose un voyage dans l’Antiquité à Gap (ex-Vappincum). La troupe Pax Augusta, spécialisée dans la reconstitution, vient y faire revivre la civilisation gallo-romaine et ses coutumes grâce à des installations immersives. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 17h45. Gratuit.

    ALPES-DE-HAUTES-PROVENCE

    Sisteron. Au Musée gallo-romain, les visiteurs ont 25 minutes pour retrouver un bijou antique en résolvant une série d’énigmes. Pensé comme un escape game, cet atelier aborde les méthodes de la recherche en anthropologie et l’étude du corps humain. Samedi 13 juin, de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Gratuit.

    Reillanne. Le prieuré de Carluc propose une conférence animée par un archéologue, suivie d’un apéritif romain antique. Pour l’occasion, la chapelle de Carluc sera exceptionnellement ouverte et le public pourra la visiter. Samedi 13 juin, de 11h30 à 12h. Gratuit.

  • La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    « Nous avons déclaré l’alerte aux risques psychosociaux car les agents sont en pleurs dans nos bureaux. » L’air est soudain devenu glacial à l’entrée du centre hospitalier d’Arles ce jeudi après-midi, à l’écoute de la secrétaire générale du syndicat CGT Anne-Marie Lesage. Le syndicat a tenu une conférence de presse en plein air avec les agents de l’hôpital pour alerter le public sur les conditions de travail.

    Particulièrement en ce qui concerne l’organisation du service de cardiologie, qui est prévu de fusionner avec celui de gastro-entérologie. « La direction veut supprimer 28 lits dans ces deux services, au prétexte que nous ne sommes pas remplis », explique la syndicaliste. Conséquence première, les agents « changent tout le temps d’horaires ce qui complique énormément la vie de famille », détaille-t-elle. « C’est aussi notre organisation personnelle qu’ils remettent en cause » tance Julie* aide-soignante du service de cardiologie, « c’est annoncé pour dans 15 jours, au mépris total des agents et des usagers », insiste-t-elle.

    Des risques sanitaires ?

    Cette décision inquiète également les agents pour leurs patients. Amélie*, infirmière en cardiologie, fait part d’un « manque de formation dans les spécialités » des patients d’autres services hébergés en cardiologie. Alors, la demande d’une infirmière en renfort a été faite. « Demande refusée, manque d’argent oblige », lâche-t-elle.

    « On fait de la cardio depuis longtemps, faire une autre discipline dans deux services est dangereux pour les patients », insiste Sylvie, une troisième infirmière de cardiologie, déplorant « deux-trois jours de formation » seulement.

    Et soulève un autre problème : « Les patients en gastro-entérologie, qui viennent par exemple pour une coloscopie, ne sont pas “propres” par rapport à ceux de cardiologie, où on accueille des soins intensifs, dont des arrêts cardiorespiratoires. » « Ils veulent fusionner deux spécialités différentes avec des pathologies incompatibles dans un même service, ce qui met à mal la qualité des soins », reprend sa collègue Amélie, parlant de « risques pour les patients différents aussi ».

    Le dialogue social est malgré tout compliqué. « Quand on parle de revendications ou de fatigabilité, qui se reporte sur les patients, on nous répond qu’on exagère, et que personne n’est irremplaçable », déplore Sophie. « On travaille dans le stress et sous tension en permanence. La direction vient nous voir pour faire des annonces de changement de planning en pleine journée difficile, c’est désolant », se déleste l’infirmière. Sa collègue Julie l’assume : « Beaucoup d’agents cherchent ailleurs, et moi j’attends une nouvelle affectation. Ce projet de fusion ne me plaît pas et après 26 ans de cardiologie comme aide-soignante je suis contrainte de partir. »

    Un plan d’efficience

    Suppression de deux aides-soignantes sur trois au bloc opératoire, manque de personnel, de formation, suppression de lits, fusion de services : l’éléphant dans la pièce est le plan d’efficience de l’Agence régionale de santé (ARS) dénoncé par la CGT. « On fait des économies sur le personnel », tranche Anne-Marie Lesage. « Comment allons-nous soigner la population du territoire ? La direction répond à nos alertes en disant c’est obligé, c’est l’ARS. Mais ça ne nous satisfait pas », insiste-t-elle. « On cotise tous pour avoir droit à des soins de qualité sans regarder son statut social », objecte son collègue brancardier.

    « L’opposition est complètement solidaire avec vous face à cette casse du service public », assure aux agents Lucille Venet, élue de l’Union pour Arles au conseil municipal.

    La revendication principale reste l’arrêt de la fusion de ces deux services.

    * Les prénoms ont été changés

  • Deux organisateurs du teknival interpellés

    Deux organisateurs du teknival interpellés

    Piégée par les festivaliers qui sont parvenus à organiser le teknival du 6 au 9 juin dans l’Hérault à la frontière avec le Gard malgré le déclenchement du plan « rave bleu », la préfecture de l’Hérault a tenté d’afficher une image de fermeté mercredi 10 juin.

    Lors d’un point presse organisé par Chantal Mauchet, la préfète, et le colonel Frédéric Schneider, commandant en second du groupe de gendarmerie, le détail de la répression de cette rave party illégale a été détaillé. Ainsi, 160 gendarmes par jour ont été mobilisés pour empêcher d’autres festivaliers d’accéder au site. 4 525 personnes et 1 812 véhicules ont été contrôlés à l’arrivée ou à la sortie du teknival. L’opération a donc coûté 105 000 euros à l’État, assure la préfète.

    457 amendes forfaitaires ont ainsi été dressées, non pour la participation à cette fête géante mais pour détention de produits stupéfiants, détention d’armes blanches ou défaut d’assurance. 1 111 infractions au code de la route ont également été recensées pour « non-respect de l’arrêté préfectoral notamment ». Deux organisateurs ont été identifiés, interpellés et entendus pour l’organisation sans déclaration préalable d’un événement festif. Une quinzaine d’enceintes ainsi qu’un groupe électrogène ont aussi été saisis mais la sonorisation principale n’a pas pu être retrouvée dans son intégralité. Les pompiers sont également intervenus une dizaine de fois pour des malaises ou pour des chutes.

    L’autre point noir de ce teknival a été l’altercation survenue entre un riverain et plusieurs festivaliers. Ceux-ci ont tambouriné à sa porte en pleine nuit, ont tenté de pénétrer chez lui et se sont même baignés dans sa piscine. Après une bousculade, ils seraient aussi partis avec sa canne. « Quand on a appris cette histoire, on a essayé de retrouver ces personnes », raconte un organisateur. « Mais c’était impossible de savoir qui c’était. On a décidé de lancer une petite cagnotte entre nous pour lui renvoyer une canne. »

    Des propriétaires ont également déposé plainte, a annoncé Chantal Mauchet. Les communes concernées pourraient également saisir la justice dans les prochains jours. La préfète a par ailleurs annoncé qu’elle se constituerait partie civile pour obtenir le remboursement des moyens engagés.