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  • [Spectacle] « Médée/s » ou le « vacillement » d’une mère à Marseille

    [Spectacle] « Médée/s » ou le « vacillement » d’une mère à Marseille

    Médée/s est « né du désir de la comédienne Rachida Brakni et du mien de questionner la place de l’infanticide dans notre société, et à travers lui, les mères qui le commettent », écrit dans sa note d’intention Louise Vignaud, autrice et metteuse en scène de cette pièce qui prend ses quartiers du mardi 3 au samedi 14 novembre aux Bernardines. Cette femme de théâtre marseillaise s’empare pour l’occasion de la tragédie imaginée par Euripide en 431 avant J.C., dramaturge grec ayant su déceler dès cette époque les assignations putrides accolées aux femmes, pour la faire se télescoper avec notre époque.

    Dans cette pièce, Rachida Brakni incarne « l’histoire d’une femme au bord du gouffre qui, à un moment de sa vie, se met à se poser des questions qu’elle ne s’était jamais posées. Face à ce miroir, une autre femme lui apparaît : c’est Médée. Un espace de dialogue inconscient se déroule entre sa vie et une vie déjà passée d’une autre femme, entre elle et toutes les femmes. Il n’est pas question ici de tuer ou pas ses enfants, mais de savoir ce qui fait qu’une femme en arrive au bord du gouffre et va vouloir en finir », explique Louise Vignaud, tout en soulignant l’étymologie du mot suicide, qui signifie « se supprimer soi-même, mais aussi supprimer ses enfants ».

    « En fait, il n’y a rien d’innommable »

    Dans la réécriture de cette tragédie par Louise Vignaud, « l’idée est de s’interroger sur ce qu’est une Médée contemporaine », note de son côté Rachida Brakni. Une trajectoire portée par cette dernière, au son d’une composition signée par la violoncelliste Orane Duclos, et appuyée par les dessins et la scénographie d’Irène Vignaud.

    « Médée est une figure féminine qui a été écrite maintes et maintes fois, mais toujours sous le regard d’un homme. Comme Médée a tué ses enfants, on en parle toujours comme d’une sorcière pour mieux la maintenir à distance. Or des Médées, il en existe malheureusement et pour de multiples raisons. La principale, c’est que les femmes qui tuent leurs enfants ont été victimes elles-mêmes d’inceste ou de violences conjugales », contextualise la comédienne à propos de cette pièce qui s’appuie également sur Mères à perpétuité, documentaire de Sofia Fischer dans lequel des femmes qui ont commis ce type de crime témoignent du tabou ultime. « Ce sont des madame tout le monde. On peut tous être confronté à ce vertige, à ce vacillement. Qu’est-ce qui fait qu’on bascule ou pas ? C’est tout l’enjeu de cette pièce qui permet de s’interroger à hauteur humaine sur ce qu’on pourrait qualifier d’innommable. Mais en fait, il n’y a rien d’innommable », éclaire Rachida Brakni.

    Places encore disponibles pour jeudi 12 et samedi 14 novembre. Entre 10 et 30 euros. www.lestheatres.net

  • La Grande Collecte Solidaire de Jouets pour Noël de retour dans le Var

    La Grande Collecte Solidaire de Jouets pour Noël de retour dans le Var

    En France, un jouet non utilisé reste en moyenne 5 ans au placard avant de s’en séparer. 27% d’entre eux finissent à la poubelle, par méconnaissance d’une autre solution. C’est en partant de ce constat, et pour offrir un Noël aux enfants qui n’en ont pas, qu’a lieu chaque année et partout en France la grande collecte solidaire de jouets. Dans le Var, sept collectivités (Provence Verte, Cœur du Var, Lacs et Gorges du Verdon, Pays de Fayence, Provence Verdon, Golfe de Saint-Tropez et le SMIDDEV) se joignent aux éco-organismes Ecosystem et Ecomaison, porteurs de l’initiative, pour l’organiser, et proposer plus de 80 lieux de collectes, confiés à des associations locales, du 1er au 30 novembre. 27 magasins, 28 bureaux de postes et 7 associations s’en font également les relais.

    Chacun est invité à y déposer ses jouets inutilisés, quels qu’ils soient : jouets électriques ou électroniques, d’intérieur (poupées, peluches, figurines, jeux de construction…), d’extérieur (draisiennes, jeux de plage, etc.), cadeaux issus de menus enfants ou de magazines, jeux de société et puzzles… La priorité : le réemploi, grâce aux acteurs de la filière (qui plus est souvent créateurs d’emplois en insertion), qui réalisent un travail de tri, de nettoyage, de remise en état et de complétion si besoin, et permettent de sauver près de deux jouets sur trois. Les jouets trop abîmés sont quant à eux recyclés par Ecomaison et Ecosystem.

    Une fois triés, les jouets en état d’usage seront redistribués par les associations partenaires, ou revendus à prix solidaires. Une belle occasion de faire un joli geste en cette période durant laquelle la solidarité compte encore davantage que le reste de l’année.

    Trouvez votre point de collecte sur www.jedonnemesjouets.fr

  • Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Toujours dans l’optique de favoriser l’éducation populaire, Coudes à coudes accueille à la Maison des associations*, Saadia Gacem, pour évoquer les mouvements féministes en Algérie. « Le but, c’est de discuter sur la base d’un savoir, d’une expertise, d’une problématique avec laquelle on peut ne pas être d’accord avec un apport qui vient souvent des sciences sociales, mais qui peut venir d’autres types d’experts » explique Michel Potoudis, un des membres fondateurs de l’association.

    Doctorante à l’université d’Aix-Marseille, Saadia Gacem, travaille sur le traitement judiciaire des affaires de violences conjugales dans les tribunaux à Alger nous précise cette féministe engagée. Elle présentera ce mardi son projet de création d’un fonds numérique de documents produits par les collectifs ou groupes féministes de la post-indépendance en Algérie, jusqu’à la fin des années 90.

    Des femmes toujours mobilisées

    Tracts, revues, « ce sont des documents assez rares, parce qu’ils sont devenus en quelque sorte privés gardés par les militantes car les associations ont disparu dans les années 90 », détaille-t-elle. Un pan méconnu de l’histoire algérienne, quand le Hirac a permis en quelque sorte aux féministes d’aujourd’hui de donner de nouveau de la voix.

    La quarantenaire est aussi à l’origine de la revue La Place, annuelle, bilingue arabe-français, aux Éditions Motifs, disponible dans une petite dizaine de librairies marseillaises**. « Il y a toujours des intellectuelles et des artistes femmes qui produisent, qui pensent, mais qui n’ont pas l’espace pour partager ça, parce qu’en Algérie, comme partout ailleurs dans le monde, la parole des femmes et l’espace pour les femmes est extrêmement restreint », ajoute-t-elle. Et quand on lui demande si on peut dresser un parallèle avec la situation actuelle en France, elle n’y va pas par quatre chemins : « On se dit peut-être que c’est le début d’un hirak français, on l’espère même si on voit qu’en France le pays des Lumières, on se retrouve avec une répression monstre. C’est ce qui s’est passé en Algérie. Quand un pouvoir se fragilise et se sent vraiment en danger, il y a un réflexe d’autoritarisme. On n’a jamais fini de lutter. »

    * À 18h30, au 93, La Canebière
    à Marseille (1
    er)
    ** Plus d’infos sur editionsmotifs.com

  • Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Elles sont trois femmes qui ont pour point commun la perte brutale de leurs fils, assassinés il y a six ans sur fond de règlement de compte. Trois corps retrouvés en deux temps, carbonisés, dont l’un était démembré.

    Parmi les victimes, Brahim Chabane, le grand frère d’Amine Kessaci, voix de la lutte contre le narcotrafic. Depuis l’ouverture de ce procès le 19 octobre, les débats suivaient un cours relativement fluide, jusqu’à l’arrivée de ces mères endeuillées. Face aux cinq accusés dans le box, qui jusqu’ici niaient les faits, toutes, exigent que le voile sur les dernières heures de leur enfant soit levé. Et après des récits de douleur, des accusés jusqu’ici mutiques ont livré de premières explications aux mères, mais aussi à un père, à des fratries. « Pour la première fois, dans cette audience, on a un peu réhumanisé les choses », estimait Pierre-Olivier Sûr, avocat d’Amine Kessaci.

    « Pourquoi cette brutalité ? »

    Le récit parfois coupé d’un sanglot, la mère de Nassim Loubani est la première à s’avancer pour décrire un fils aimant, travailleur. « Il me manque terriblement. » « Pourquoi cette brutalité ? », implorait à la barre la mère de Brahim Chabane, aussi mère d’Amine Kessaci, qui revient sur le choc de cette information, l’incompréhension mais aussi le combat incessant pour « sortir » son fils de mauvaises fréquentations jusqu’à se faire braquer sur un point de deal. Claire, cette mère invoque aussi la peine d’une petite-fille qui n’a plus de père. Puis, inévitablement, le deuxième coup, celui de la mort de Mehdi Kessaci, abattu en plein jour, en novembre 2025. « Dans ma tête, j’ai deux morts. J’ai Brahim, j’ai Mehdi… Ils ont menacé mon fils (Amine) ! Ils ont fait l’impossible pour nous détruire », pleure-t-elle, rappelant que Medhi « était un innocent ». Puis arrive la mère de Réda Khaldi. « Je n’ai pas pu voir mon fils, je n’ai vu que son cercueil », déroule cette maman, qui a aussi perdu un mari, mort de « chagrin ». Les parties civiles ont toutes pu choisir une photo de leur proche à diffuser dans la salle d’audience. Ont défilé des selfies tout sourire, des extraits de vie quotidienne. C’est la tombe de son fils que la mère de Réda a choisi : « Voilà ce qu’il me reste de lui ».

    Dans une salle étouffante, Malik Kariba, accusé d’avoir découpé le corps de Nassim Loubani, fend le silence. « J’ai énormément de regrets ». Zakaria Bensaci enchaîne, « s’excuse d’avoir été là quand vos enfants ont perdu la vie […] Les trois ont perdu la vie au même moment ». Amine Oualane, accusé dans ce dossier d’être le relais sur le terrain de Karim Harrat et baron présumé de la DZ Mafia donne lui aussi un faisceau de réponses. Nassim Loubani ? « C’est une victime collatérale », estime l’accusé, qui apprendra aux familles que « personne n’a été torturé […] Comptez sur moi pour vous dire la vérité. Par Allah ». Quand Karim Harrat, commanditaire présumé de cet assassinat promet aux familles :« Je n’ai rien à voir ni de près ni de loin ».

    « La personne qui… »

    Une suspension d’audience, puis le premier coup de tonnerre. Zakaria Bensaci, pâle, raconte un passage dans une cité du 3e pour récupérer un « boîtier électronique », puis une rencontre avec les victimes, en vue d’une mission de vol de Mégane jusqu’à un arrêt sur Châteauneuf-lès-Martigues, première scène de crime. Alors qu’il était sur le siège passager, Nassim Loubani au volant, Réda Khaldi et Brahim Chabane dans un véhicule qui les suivait, « j’ai entendu tirer derrière moi, les portières s’ouvrir et se refermer », apercevoir un individu tirer puis ouvrir le feu sur lui et Nassim. Il prend une balle dans le bras, tente de fuir, assure qu’un individu le rattrape, l’assure qu’il ne veut pas le tuer. S’ensuit le récit d’incendie de voiture, d’une opération clandestine sur son bras blessé…« Je peux vous dire que la personne qui a tiré [sur les victimes] c’est Amine Oualane, le commanditaire c’est Karim Harrat, la personne qui a donné le boîtier c’est [Nadjim Ahamada] Mbae. La personne qui a découpé le corps, Malik Kariba », énumère Bensaci. « Merci pour sa sincérité, c’est la moindre des choses », souffle le père de Nassim Loubani. Poussé par le président, Malik Kariba admettra dans un récit long et confus s’être chargé du corps de Nassim Loubani. « Je suis pas décideur, je suis exécutant. On m’aurait dit coupe-toi le bras, j’aurais coupé, obligé monsieur », lance-t-il en expliquant avoir agi sous la peur. Lui, dira ne pas connaître ses coaccusés, ou à peine, et taira tout nom.

  • Les salariés du secteur médico-social en action

    Les salariés du secteur médico-social en action

    De la petite enfance aux jeunes majeurs à protéger, de personnes en situation de handicap ou en dépendance, ils sont plus de 3 000 à être accueillis et accompagnés dans les 7 dispositifs de la trentaine de sites gérés par Sauvegarde 13 qui emploie 950 salariés. Ces missions qui participent à la mise en œuvre de politiques publiques sont mises en péril par un déficit de moyens alertent à nouveau les syndicats.

    Mobilisés dans la cour de l’association départementale, 4 rue Gabriel Marie dans le 10e arrondissement de Marseille, où ils organisent un pique-nique revendicatif les salariés exigeront : « Des financements adaptés, des emplois préservés et des droits respectés », résume Myriam Machy, déléguée syndicale CGT Sauvegarde 13. Les syndicats CGT et CFDT Santé-sociaux ont appelé à une journée morte dans les établissements et ont demandé audience auprès du directeur général.

    « Aujourd’hui, la situation financière de l’association est particulièrement préoccupante. Et les orientations retenues pour rétablir l’équilibre budgétaire pèsent sur les emplois, les conditions de travail et la qualité de l’accompagnement proposé », annoncent les syndicats, précisant : « Le CSE central a déclenché une alerte économique et engagé une expertise des comptes. » Dans les crèches, les salariés sont confrontés à « des remplacements qui se raréfient et un nombre d’enfants en augmentation », dans les IME « les dépenses sont réduites » et la direction « vient encore demander des efforts aux personnels dans les établissements ».

    Jérémy Bacchi en soutien

    Soumis à la logique des appels d’offres publics les établissements et services médico-sociaux sont confrontés à des tensions financières croissantes « À l’heure où les difficultés du secteur social et médico-social, et notamment la crise de la protection de l’enfance, sont régulièrement pointées du doigt, il est indispensable de donner aux professionnels les moyens d’exercer leurs missions », a appuyé le sénateur communiste Jérémy Bacchi qui apporte son « plein soutien » à la mobilisation. Les syndicats n’exonèrent pas « la gouvernance associative de ses responsabilités » et exigent « de la transparence ». Ils se joignent également à l’appel à manifester du 5 novembre.

  • « La jeunesse se bat pour ses conditions d’existence »

    « La jeunesse se bat pour ses conditions d’existence »

    La Marseillaise : L’Élysée a dit que « le temps du retour en classe était venu » et vous avez appelé à un mardi noir. Où en est la mobilisation ?

    Sabrine Kharbach : Avec l’Union syndicale lycéenne, l’Union étudiante, l’intersyndicale de la jeunesse, nous avons appelé à une date nationale, mardi, et à ce que lundi, étudiants et lycéens s’organisent en assemblée générale, en préparation de la journée de grève des travailleurs, jeudi. Mais des blocages ont eu lieu lundi. La mobilisation continue puisque les mesures annoncées par le gouvernement ne sont pas suffisantes.

    Le mouvement a sauté les vacances. Qu’est-ce qui l’alimente ?

    S.K. : Le gouvernement comptait sur le mauvais temps et les vacances pour que ça s’essouffle mais le mépris a atteint son comble avec les réponses des ministères sur la répression et les violences policières, sans un mot pour les mineurs qui ont perdu des mains, des bras, un œil. Ce sont des questions de dignité. Et puis on est à un moment charnière après dix ans de macronisme. Il y a un terrain fertile : les lycéens, les étudiants mobilisés depuis le 15 septembre sur la question de « Bienvenue en France » et des APL, les travailleurs, les gilets jaunes, les pompiers, sur la question de la vie chère et des services publics détruits par ses politiques. Le ras-le-bol est généralisé et la réponse insuffisante.

    Les mouvements étudiants ont souvent été liés à des partis. Est-ce encore le cas ? Certains crient à l’instrumentalisation ?

    S.K. : Les jeunes qui se mobilisent voient que les systèmes d’oppression ne s’arrêtent pas aux portes des universités, qu’il y a des lycées plus favorisés que d’autres, que 1% des plus riches s’enrichissent sur le dos de tout le monde, il y a une conscience politique des réalités politiques et de dominations. Dire que les mouvements de jeunesse seraient affiliés à tel ou tel parti, c’est nier la capacité de la jeunesse à se déterminer et penser par elle-même. Si ça prend, c’est que les conditions matérielles d’existence ne sont pas suffisantes et les syndicats étudiants et lycéens sont à disposition de ce mouvement. Après si la jeunesse a des aspirations qui se retrouvent dans certains partis, c’est à eux d’y répondre. La jeunesse est profondément antiraciste, antifasciste, pro-Palestine et se bat pour ses conditions d’existence.

    L’antiracisme, la lutte contre les oppressions, partout et jusque dans son lycée, c’est ce qui fait lien ?

    S.K. : Totalement. Et c’est aussi le lien que fait l’extrême droite quand elle attaque les mouvements de jeunesse. Il n’y a qu’à voir Trump qui dit que la jeunesse qui se mobilise, c’est l’immigration massive et l’islamisation… C’est pour cela aussi qu’on voit ce rejet de l’extrême droite chez les jeunes. Et évidemment cette question fait le lien car c’est d’abord parti dans les lycées de banlieue, avec le rejet de la ségrégation, d’un lycée et d’une université à deux voire trois vitesses, avec le privé et des établissements plus réputés que d’autres… On sait que l’extrême droite n’améliorera pas nos conditions puisque depuis dix ans elle n’a voté qu’avec la Macronie pour la casse, en vantant une fausse méritocratie. C’est aussi des étudiants d’extrême droite qui veulent débloquer les universités mais cette jeunesse est minoritaire. On le voit avec toutes ces réactions positives quand on refuse de parler à CNews et aux médias d’extrême droite. Ces jeunes refusent d’alimenter le discours de l’extrême droite.

    Que répondre à ceux qui disent que ces blocages pénalisent les élèves et pointent une majorité silencieuse prête à reprendre ?

    S.K. : La majorité silencieuse, ça me fait rire. Ce qui nous peine, c’est de ne pas avoir de profs de français l’année du bac, c’est les conditions insalubres de nos établissements, c’est la valeur de notre bac quand on est trié à l’entrée à l’université, quand on n’a pas de place en master. Nous n’appelons pas qu’à l’organisation de blocage, mais aussi à changer de mode d’action, à ouvrir les universités, à rendre nos établissements plus vivants, à en faire des vrais lieux de débat.

    Quels seraient les signes concrets qui montreraient que vous avez obtenu ce que vous voulez ?

    S.K. : On commence à avoir déjà des résultats, le gouvernement tremble et commence à lâcher. Après on a conscience qu’on doit maintenir cette pression pour gagner de vrais conquis. Quand on nous annonce 15 000 places en licence, on sait que 10 000 places ont été supprimées cette année. Il faudrait nous prendre au sérieux, on connaît très bien nos sujets et nos revendications sont légitimes. Ce sont des choses de base quand on voit des milliards investis dans l’armement et la guerre, et rien dans la jeunesse, l’éducation, l’enseignement.

    La Macronie n’a pas reculé face aux Gilets jaunes ni sur les retraites. Qu’est-ce qui vous fait penser que vous obtiendrez gain de cause ?

    S.K. : On est dans un mouvement offensif, on se bat pour de nouveaux droits, on a tout à gagner. Ce sont les six derniers mois de Macron dont le projet était de tout casser avant de partir. Nous, on va tenir la baraque, on ne va pas lui donner de vacances et défaire un maximum de choses qu’il a faites pour détruire nos services publics. Parce que si lui, il part dans six mois, à la fin, nous nous aurons nos partiels et le bac à passer.

  • Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Plus de 120 secteurs professionnels ont leur niveau de rémunération le plus bas en dessous du Smic ! Une affirmation qui a de quoi étonner, puisqu’il est illégal de payer en deçà du salaire minimum en France, mais qui est pourtant bien réelle. Dans un dossier au sujet des négociations salariales paru il y a quelques jours, la CGT a même décompté pas moins de 122 branches où les minima conventionnels, c’est-à-dire la rémunération plancher d’un secteur, sont inférieurs au Smic. Parmi ces branches qui paient au rabais, certaines ont des écarts avec le Smic qui ont de quoi faire froid dans le dos. C’est le cas pour le secteur hospitalier privé dont le montant du premier niveau de salaire s’établit à 1 729,36 euros, soit 137,66 euros de moins que le Smic brut à 1 867,02 euros. Au total, 32 branches ont un écart au Smic de plus de 50 euros, ce qui concerne plusieurs millions de salariés.

    Les travailleurs de ces secteurs sont bien payés au Smic en rémunération réelle, illégalités et tours de passe-passe patronaux obligent, mais cela illustre surtout l’absence de volonté des employeurs de se pencher sur des hausses réelles de salaires. Quand le Smic est régulièrement revalorisé, les négociations salariales dans les secteurs d’activité, via ces fameuses branches professionnelles, ont bien du mal à suivre. « Tous les ans, on se retrouve rattrapé par le Smic. Plusieurs niveaux de notre grille salariale, presque la moitié, sont d’ailleurs au Smic. Quand on entre dans la coiffure, on est au Smic. Et que l’on soit coiffeur débutant, coiffeur confirmé ou coiffeur tout court », expose Nadia Mimoun, référente de la branche de la coiffure pour la Fédération CGT Commerce et Services.

    Car qui dit branches professionnelles, dit grilles salariales qui définissent les niveaux de rémunération par secteur. Et les premiers échelons de ces grilles n’augmentent pas autant que le Smic. « Les organisations patronales ne veulent pas revaloriser toute la grille de notre branche. Par exemple, il va y avoir une augmentation du Smic prochainement. Nos employeurs l’attendent pour se calquer dessus », développe Nadia Mimoun également secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Sauf qu’à l’arrivée, on obtient des « grilles totalement incohérentes » où la progression à des échelons supérieurs n’amène à rien. « La coiffure est la deuxième branche de France qui consomme le plus de formations : diplômes, certifications, BEP ou CAP… Mais pour se retrouver au Smic puisque tous les premiers niveaux de notre grille sont calqués dessus », développe Nadia Mimoun. D’où le terme de « tassement » des grilles de rémunérations et donc de « smicardisation » de tout un pan de travailleurs. « Un débutant ou un confirmé est payé de la même manière, c’est ce qu’on appelle le tassement des grilles », abonde la syndicaliste. Avant de dénoncer : « Un des arguments des employeurs pour refuser de revoir les grilles est de renvoyer aux Négociations annuelles obligatoires (NAO). Mais dans la coiffure, il y a 70% de très petites entreprises, où il n’y a donc pas de NAO ! S’il n’y a pas d’augmentation qui vient de la branche, ça ne vient de nulle part ».

    L’ampleur du phénomène est telle que le constat vaut aussi quand l’employeur est l’État. « Quand on entre dans la fonction publique, on arrive au premier grade qui est techniquement en dessous du Smic », expose Dominique Maccari, co-secrétaire générale de la CGT de la Métropole Aix-Marseille Provence (AMP). Une situation qui concerne « les trois versants de la fonction publique », que le travailleur officie dans un hôpital public ou dans une petite collectivité. « Pour éviter que les plus basses catégories soient en dessous du Smic, ils donnent un montant en fin d’année qui rattrape le négatif », développe la fonctionnaire. Elle y met en regard l’absence de revalorisation du point d’indice, qui est la base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, et qui est gelé depuis des années : « Vu qu’ils n’augmentaient que les plus basses catégories, et pas les autres, à un moment ça se chevauche, il y a cet effet de tassement ».

    Dans cette lignée, Lionel Zaouati, responsable régional Paca de la Fédération CGT des organismes sociaux (CAF, CPAM ou Urssaf…) évoque même une « paupérisation des deux côtés des guichets » pour son secteur. Les salariés de ces organismes sont au contact des plus précaires alors même que « 27% des salariés des organismes sociaux demandent la prime d’activité ». Et pour cause : le premier niveau de rémunération du secteur est de 55 euros en dessous du Smic. « À cause de ça, les organismes sociaux n’embauchent plus qu’au troisième niveau de rémunération », explique-t-il. Bonne nouvelle pour les nouveaux embauchés ? Pas vraiment, car cela aboutit au fait que « les agents restent plus longtemps au 3e niveau ». « J’ai 32 ans d’ancienneté et je ne suis qu’au niveau 4 », prouve Lionel Zaouati.

    « Quand
    on entre dans la coiffure,
    on est au Smic »

  • Une rentrée de mobilisation dans plusieurs lycées marseillais

    Une rentrée de mobilisation dans plusieurs lycées marseillais

    La colère n’est pas retombée. Ce lundi, à l’occasion de la rentrée des vacances de la Toussaint, le mouvement lycéen est reparti de plus belle. Pour l’exécutif qui tablait sur un retour à la normale après avoir annoncé le remplacement progressif de Parcoursup en 2028, le plafonnement des classes de seconde à 28 élèves, et le gel des suppressions de postes d’enseignants, c’est raté.

    « On était ce matin sur quelques lycées perturbés, c’est a priori assez résiduel, quelques-uns en Île-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse », affirmait Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation, sur la matinale de France Inter. À 9h30, son ministère indiquait que 41 établissements étaient bloqués en France. Rien qu’à Marseille qui compte 75 établissements, une quinzaine était bloquée.

    Le MNL 13 organise

    sa première manifestation

    Quatorze exactement pour reprendre le décompte du Mouvement national des lycéens des Bouches-du-Rhône. « Ce lundi c’est un jour de chauffe », glisse au passage le syndicat, rappelant que les deux journées noires de blocus ont été annoncées pour ce mardi et jeudi, jour de la journée de grève de l’intersyndicale interprofessionnelle. Le MNL 13 organisera d’ailleurs ce mardi, sa première manifestation, « avec notre propre service d’ordre, des lycéens et des professeurs » à 10h30 au départ des Réformés.

    Derrière le mot d’ordre « pas de moyens pas de rentrée », les lycéens ont mis le réveil très tôt ce lundi pour organiser les blocus de leur lycée. Dans le centre-ville, la direction du lycée Thiers (1er) a finalement décidé de fermer les portes pour la journée, pendant que les Remparts (7e), Saint-Charles (1er), Montgrand (6e) étaient bloqués. Sur ce dernier, la poursuite du blocus a été votée devant le lycée à une très large majorité des lycéens présents. Plus loin les élèves ont bloqué Marie-Curie (5e), Diderot (13e), Marcel Pagnol (10e) et Saint-Exupéry (15e) où le dispositif des forces de l’ordre semblait comme souvent surévalué.

    Toujours des tensions

    à Marseilleveyre

    Dans l’après-midi, les lycéens de Victor-Hugo qui avaient échoué le matin ont eux aussi barré l’entrée de l’établissement. Presque partout des voitures de la police nationale ont surveillé la mobilisation de loin, qui s’est déroulée dans le calme et souvent sous la surveillance de quelques professeurs des établissements.

    Dans les quartiers sud, les entrées de Daumier (8e), un lycée qui avait rouvert ses portes avant les vacances, et de Périer (8e), ont aussi été bloquées par des poubelles et des barrières. Rue Paradis, la cheffe d’établissement de ce dernier a tenté de faire passer des lycéens par la porte de service, sans trop de succès mais pas sans heurt. Des élèves ont été légèrement touchés par des poubelles que des personnels ont poussées sur eux en tentant de dégager le blocus, confirme une professeure restée sur le trottoir.

    Devant les cités scolaires Jacques-Chirac (2e) et Marseilleveyre (8e), deux « établissements d’excellence » de la ville, l’ambiance a été un peu plus tendue. Souvent le fait de parents d’élèves se montrant menaçant envers les élèves en lutte. C’est à Marseilleveyre, à l’extrême sud de la ville, que les crispations se sont faites les plus fortes, comme cela avait été le cas avant les vacances.

    Le chef d’établissement qui a lancé une grande consultation auprès de ses élèves, sous forme d’un sondage dont le résultat est attendu jeudi, a même sollicité les forces de police. Elles sont arrivées peu après 9h et se sont postées à l’entrée pour faire passer les élèves qui le souhaitaient.

  • Des syndicats de Vaucluse unis face aux « intimidations »

    Des syndicats de Vaucluse unis face aux « intimidations »

    Ce jeudi 5 novembre, l’intersyndicale de Vaucluse sera dans la rue avec une manifestation prévue au départ de la cité administrative d’Avignon à 10h30. Avec un mot d’ordre commun, ils seront là « malgré les intimidations ».

    Ils évoquent tous les interdictions de se rassembler prononcées dans le centre-ville d’Avignon et autour des remparts lors des journées de mobilisation lancées par les lycéens et étudiants et des mouvements contre la vie chère des samedis 24 et 31 octobre. Deux journées pendant lesquelles des dizaines de manifestants ont été verbalisées, voire parfois arrêtés et placés en garde à vue. Aucune interdiction n’a été prononcée concernant ce jeudi. « Un arrêté d’interdiction ne nous fera pas taire. Et la jeunesse est la première à s’y opposer », lance en préambule Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT de Vaucluse.

    Avant que chacun des représentants syndicaux n’abonde dans ce sens. « Alors que les rassemblements du 24 et du 31 octobre étaient pacifiques et festifs, le pouvoir cherche la provocation. Le 5, nous ne nous laisserons pas intimider et nous ferons entendre nos revendications. Ces politiques mortifères ne font que faire monter l’extrême droite, qui cherche à diviser le mouvement social et à récupérer les colères pour se renforcer. Nous refusons les discours de haine et les divisions entre jeunes, retraités, salariés, chômeurs ou immigrés », ajoute Alice Raimundo, secrétaire départementale de la FSU.

    Privé comme public

    « Une interdiction serait malvenue sachant qu’il n’y a jamais eu de problèmes aux manifestations syndicales en centre-ville. Le gouvernement tente de manœuvrer une sortie de crise à moindres frais. Mais la majorité des annonces sont des changements prévus pour 2028, quand le gouvernement sera parti. Ce que la jeunesse a très bien compris », poursuit Etienne Raoul, secrétaire départemental de FO. Tandis que pour Pascale Battaglia, trésorière de l’Unsa, il est « hors de question de laisser passer ces décisions liberticides ».

    Les revendications, elles, ne bougent pas. Eric Bultel, représentant de la CFDT de Vaucluse, illustre l’absence de réponse en sortant un communiqué de son syndicat émis au début du mois d’octobre dernier. « Je peux reprendre ce papier et le signer. Rien n’a bougé. On veut simplement vivre de notre travail », explique-t-il. Dans le public, la revalorisation du point d’indice est ainsi demandée. « Pour les agents publics, au 1er juin 2026, on a eu 862 000 agents publics bénéficiaires de l’indemnité différentielle. Donc les bénéficiaires de l’indemnité différentielle, c’est que leur salaire est inférieur au Smic. Donc ça, c’est quand même une donnée importante à prendre. Sachant qu’au 1er janvier 2026, ils n’étaient que 356 000. Donc là, on commence à se rapprocher assez fort du million. C’est assez inquiétant », pointe Etienne Raoul. Alors que les débats autour du budget 2027 sont en cours à l’Assemblée nationale, Alice Raimundo exige des moyens « permettant d’assurer la rénovation du bâti scolaire », mais aussi « des créations [de postes d’enseignant] en nombre suffisant pour diminuer le nombre d’élèves par classe, d’étudiants et d’étudiantes par groupe de TD et assurer la présence d’équipes pluridisciplinaires au complet ». Dans le privé, la fin de l’année civile rime aussi avec le début des négociations annuelles obligatoires. « C’est le moment que le patronat donne un signe fort. Il y a des choix politiques, il y a des choix patronaux qui sont aussi des choix politiques. Et répondre aux demandes d’augmentation de salaire par le biais des NAO, c’est pas donner 15 centimes d’euros d’augmentation », pointe Laurence de Villèle.

  • Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Institution nîmoise depuis 1884, les halles ont besoin d’un sérieux coup de neuf. Mais comment moderniser ce marché emblématique sans lui faire perdre son âme ni fragiliser les commerçants qui le font vivre ? C’est l’équation à laquelle s’attaque Vincent Bouget. Ainsi, le 12 octobre, le maire et son adjoint au commerce Emmanuel Bois ont rencontré les quelque 70 étaliers pour présenter leurs engagements.

    Première garantie : les halles resteront en régie publique, conservant leur vocation de marché alimentaire. La municipalité entend privilégier les travaux de sécurité, de mise aux normes et d’amélioration des conditions de travail plutôt qu’un coûteux projet d’embellissement. Le premier chantier concret sera la gestion des déchets, devenue un véritable casse-tête pour les commerçants. La Ville prévoit de rénover le local insalubre dès le début de l’année 2027 et de reprendre l’organisation de la collecte, confiée à un prestataire.

    Rénover sans fermer

    Le chantier le plus délicat reste celui de la rénovation générale du bâtiment. La municipalité promet de limiter les perturbations de l’activité commerciale, mais aucun calendrier ni scénario de travaux n’est encore arrêté. Autre inquiétude majeure : l’avenir des étaliers, dont les autorisations d’occupation arrivent à échéance fin 2029. La Ville souhaite examiner chaque situation pour favoriser leur maintien, sans pouvoir garantir un renouvellement automatique. « On a senti une réelle volonté de concertation et de dialogue, ça change », salue malgré tout V. Vergne, président des étaliers. Un prestataire doit être désigné d’ici la fin de l’année pour accompagner une concertation élargie. Reste désormais à transformer les engagements en décisions concrètes, dans un dossier qui concerne quelque 300 emplois. A.J