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  • À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    Dans l’urgence, au mois de juin, la Ville d’Istres avait déployé un plan de rafraîchissement dans ses 13 groupes scolaires. Les deux mois d’été ont été l’occasion de poursuivre la trajectoire entamée par la précédente mandature pour une meilleure adaptation des écoles au changement climatique, notamment avec le marché global de performance énergétique (MGPE) « avec un double objectif : améliorer le confort et réaliser des économies, dans le respect de l’environnement », détaille le maire (LR) Robin Prétot. À Jule-Ferry, dans le quartier du Prépaou, une subvention de 900 000 euros du fonds européen Feder a permis de réaliser la rénovation thermique du bâtiment.

    La promesse de campagne de climatiser toutes les salles de classe avant l’été 2027 « sera tenue », assure l’édile. Un emprunt de 2,5 millions d’euros a dû être contracté par la nouvelle majorité pour financer le marché, qui était passé mais dont le budget n’était pas prévu. Quatre premiers groupes scolaires seront équipés avant la fin de l’année 2026 : Jean-Moulin, Mendès-France, Clé des Champs et Clos de la Roche. « Forcément ça va faire grimper la facture d’électricité, mais tout l’intérêt de poursuivre le MGPE est de la faire baisser par ailleurs en chauffage l’hiver, grâce à une meilleure isolation », souligne Robin Prétot.

    Une bulle sensorielle

    Une autre promesse de campagne s’est concrétisée lors de cette rentrée : celle de faire de l’inclusion la cause du mandat. Une première bulle sensorielle est déjà opérationnelle dans l’école Reine Marie Casimir Gouin, une deuxième ouvrira à Mendès-France après les vacances d’automne. Ce nouvel espace, peint en bleu, est dédié à l’apaisement, au calme et au repos et s’adresse aux enfants porteurs de handicap, ou ayant des troubles du comportement ou de l’apprentissage (dys). « L’idée c’est d’avoir un petit coin de répit, un petit sas de décompression, pour les élèves en crise », détaille Sophie Declercq, adjointe au maire déléguée à l’éducation.

    Cécile Tivoli, conseillère municipale déléguée au handicap et aux solidarités, ajoute : « Le but c’est que l’école s’adapte à eux. Ces élèves ont des besoins particuliers, ils peuvent être sur stimulés par le bruit, ou par un temps de concentration trop long. Avec cette bulle, on désengorge les classes perturbées par des crises en offrant une solution pédagogique qui favorise le retour en cours. »

  • [Week-end] Sentinelles de Provence : 418 trésors révélés

    [Week-end] Sentinelles de Provence : 418 trésors révélés

    La Région Sud monte au créneau. Elle vient d’achever l’inventaire thématique du patrimoine fortifié en Provence-Alpes-Côte d’Azur, un vaste travail scientifique lancé il y a quarante ans et désormais en ligne à la disposition de tous.

    Cette étude exhaustive et richement illustrée a démarré en 1986 dans le Briançonnais à l’occasion de l’étude topographique de ce territoire au moment où ces ouvrages historiques étaient devenus sans intérêt pour l’armée. « La thématique de l’enquête s’est centrée sur l’architecture fortifiée du pouvoir royal, puis national, entre le XVIe et le XXe siècles, en excluant du corpus les ouvrages de l’époque féodale et en y englobant les constructions italiennes devenues françaises au gré des fluctuations de la frontière alpine », décrit Marceline Brunet, conservateur du Patrimoine, chef de l’Inventaire général de PACA, un service qui s’est entouré de trois experts : Philippe Truttmann, Christian Corvisier et Bernard Cros.

    418 dossiers d’inventaire ont ainsi été constitués. Dans les Hautes-Alpes, on retient la place forte de Briançon, l’ensemble fortifié italien à Névache et Montgenèvre, les places fortes d’Embrun et de Mont-Dauphin, Fort-Queyras. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’ensemble fortifié de l’Ubaye, les places fortes de Colmars, Seyne, Sisteron et Entrevaux. Chaque ouvrage a sa fiche explicative détaillée.

    Dans les Alpes-Maritimes, les positions de l’Authion et du Mont-Ours, les places fortes de Nice, Antibes, Saint-Paul-de-Vence, Sainte-Marguerite, les fortifications italiennes du Vallo Alpino, la redoute de Menton, etc.

    Dans le Var, l’ensemble fortifié des îles d’Hyères, la citadelle de Saint-Tropez, l’ensemble des ouvrages côtiers de Carqueiranne, du Pradet et La Seyne-sur-Mer, de Toulon. Pour des raisons de sécurité, l’accès a été refusé au fort présidentiel de Brégançon et au fort sensible de Six-Fours.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les internautes apprécieront de redécouvrir la place de Marseille, ses batteries côtières avec tous les ouvrages du Südwall, ceux du Frioul, de Cassis, de La Ciotat et tout au long de la Côte bleue jusqu’à Port-Saint-Louis-du-Rhône.

    Ce patrimoine militaire est analysé comme « probablement le plus varié en termes de typologies et de périodes de construction, mêlant architecture frontalière de montagne et du littoral, du début du 16e siècle à 1944 ». Il a aussi la particularité de recéler des « ouvrages très remarquables dus aux ingénieurs italiens, depuis les forteresses du duché de Savoie au XVIe siècle jusqu’aux lignes fortifiées édifiées dans l’Entre-Deux-Guerres par le gouvernement de Mussolini ».

  • [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    La Marseillaise : Votre nouvel album s’intitule « Je rentre à la maison ». Que signifie la maison pour des artistes qui partent régulièrement en tournée comme vous ?

    Florent Dasque : C’est un sujet qu’on interroge tout au long de l’album, notamment dans une chanson qui s’intitule elle-même « Je rentre à la maison ». Dans la chanson, notre personnage part de chez lui et repense à l’endroit où il a grandi, à tous ceux qu’il laisse derrière lui. Il doit se reconstruire ailleurs. C’est une question très présente chez les artistes : on vit dans les tourbus, on se reconstruit un peu à chaque endroit où l’on se produit. On a choisi ce thème en le laissant ouvert à toute interprétation, parce que c’est très difficile de définir ce qu’est une maison. Ce n’est pas une maison maçonnée, avec quatre murs et un toit. C’est un refuge intérieur, invisible, dans lequel on peut enfermer des visages, des souvenirs, des paysages, des couleurs, des saveurs, une langue, une région, un pays, peu importe. Notre identité transite dans notre maison au fil de la vie.

    Cette réflexion s’accompagne d’un projet pédagogique et culturel inédit. En quoi consiste-t-il ?

    F.D. : Ça fait des années qu’on est sollicité pour rendre visite à des publics scolaires ou associatifs, ces échanges nous plaisaient tellement qu’on s’est dit qu’il fallait leur consacrer davantage de temps. On s’est donc entourés d’enseignants, de chercheurs et de formateurs, qui ont créé des fiches pédagogiques autour des questionnements sur l’identité. C’est devenu un espace d’expression pour les scolaires, mais aussi pour n’importe quelle association, des personnes en situation de handicap, des foyers, etc. Aujourd’hui, n’importe quel enseignant ou éducateur peut trouver ces fiches sur le site du ministère. Ce sont des déroulés de séances adaptés pour des enfants de 8 ans jusqu’à des ados de 18 ans, voire des publics de 30 ou 40 ans. Il y a des exercices qui posent des questions comme : Qui suis-je ? Qu’est-ce qu’il y a dans ma maison ? Peut-on avoir plusieurs maisons ? Peut-on reconstruire une maison quand on a quitté la sienne ? C’est un support qui s’adresse à des publics très divers, pour que chacun, peu importe son parcours, d’où il vient, où il va, puisse réfléchir à ce que représente la maison pour lui. L’an dernier, avec l’aide du ministère de l’Éducation Nationale, on a récolté des milliers de projets de jeunes sur ce sujet. À chaque concert, on a réservé nos premières parties aux projets qui nous ont le plus interpellés, que ce soit de la poésie, du slam, de la lecture, de l’art plastique, de la musique… On a par exemple reçu des réécritures de couplets de « Je rentre à la maison » en roumain, en arabe ou en suédois. C’était une façon pour ces jeunes qui parlaient une langue différente chez eux de se rapprocher d’une maison qui leur ressemble et qui les rassure. Beaucoup de projets portaient aussi sur la lutte contre le harcèlement scolaire. Chez les plus grands, on a eu des réflexions plus philosophiques sur la quête d’identité, en perpétuelle construction tout au long de la vie. C’est un grand projet culturel qu’on mène depuis un an maintenant, on le reconduit à la rentrée avec l’Éducation nationale.

    Partager autant avec le public, notamment avec les jeunes, a-t-il influencé votre rapport à la musique ?

    Initiales : On dit souvent que Boulevard des Airs a été créé pour être sur scène, pour partager avec les gens. Effectivement, ce projet était aussi un prétexte pour aller à la rencontre d’un public nouveau, de faire de la musique différemment et ne pas s’enfermer entre concerts, tournées et studios. Ça a donné beaucoup de sens à notre démarche d’artiste et à cet album. Et puis les jeunes, c’est un public qu’on adore. À cet âge-là, il n’y a pas de filtre. Se poser des questions aussi intimes que les questions sur l’identité, qui interrogent en profondeur le parcours des gens, ça soulève des réflexions très intéressantes et très inspirantes pour nous.

    C’est la première fois que vous vous produisez à Ici Live La Ciotat. Pourquoi être présents cette année ?

    F.D. : On est un groupe qui vient du sud de la France, on a collaboré avec plein d’artistes du sud, notamment Carbonne. Donc on a hâte d’y être pour partager avec le public. En plus, l’endroit est superbe, avec la scène sur l’eau. On va passer un beau moment de partage ! C’est toujours un plaisir d’aller à la rencontre de nouvelles personnes, de nouveaux endroits et de nouvelles équipes.

    Après la tournée des festivals, vous avez prévu un voyage aux États-Unis. À quelle occasion ?

    F.D. : Notre projet pédagogique autour de l’album s’est largement exporté puisque l’on part à la rencontre de jeunes américains mais aussi de jeunes d’autres horizons en fin d’année. On va sur une dizaine de villes de la côte ouest pour faire de la musique autrement, avec un public différent. Ce projet a énormément grandi, il n’avait pas du tout vocation à devenir ce qu’il est aujourd’hui ! C’est vraiment une réussite pour nous de pouvoir prendre conscience des questionnements sur l’identité qui ont lieu ailleurs que chez nous. À notre retour, on réattaque la tournée des salles début 2027. On est déjà en train d’écrire la suite, donc on a hâte de continuer notre histoire avec le public.

    Propos recueillis par Andréa Goyard-de castro

  • Handball : Montpellier, remise en selle et en salle

    Handball : Montpellier, remise en selle et en salle

    Les Argentins ne sont pas tous détestés en France. Certains sont mêmes adulés. Ou étaient adulés. Diego Simonet, meneur de jeu de l’équipe d’Argentine de handball, n’est plus un joueur de Montpellier Handball depuis juin dernier. « Chino » a mis un terme à sa carrière, à treize ans de vie au MHB.

    Joueur spectaculaire, homme solaire, vainqueur de la seconde Ligue des champions, Simonet (36 ans) n’est plus le trait d’union entre le public de Bougnol et le MHB. Avec l’ailier suédois Lucas Pellas, ils ne sont qu’eux deux à quitter Montpellier, mais Simonet laisse une empreinte profonde dans l’histoire d’un club, qui se cherche un après depuis la funeste affaire des paris en 2012.

    Montpellier perd l’un des piliers de son âme, mais bouge peu d’une saison à l’autre. Il prône la stabilité pour mieux reconquérir un trône qui lui échappe depuis 2012. Il mise pour ça sur la nouvelle formule du championnat, bouclé désormais par un inédit play-off (1), et son goût des grands rendez-vous.

    Depuis que Érick Mathé a pris le relais en 2024 de Patrice Canayer, entraîneur et manager légendaire, le MHB a réappris à gagner. Avec deux Coupes de France et un trophée des champions.

    Samedi 29 août (20h) à Aix-en-Provence, Montpellier s’offre une nouvelle occasion d’enchaîner par un 46e sacre. Il ouvre sa saison par un nouveau trophée des champions face à l’incontournable champion de France : Paris SG. Un premier test qui préfigure la saison. « On a envie de conserver ce Trophée des Champions et de bien lancer notre saison. Affronter Paris est toujours un bon moyen de se jauger face à l’une des meilleures équipes du championnat. Avec l’arrivée des play-offs, on sait que les confrontations directes et les matchs couperets auront encore plus d’importance cette saison », résume le capitaine Valentin Porte, tout proche de ses 36 ans.

    Un automne de muerte

    Avant de se projeter sur l’issue de la saison, Montpellier va devoir tenir le choc dans une aventure au très long cours. Et probablement très incertaine. Pour la première fois depuis l’intronisation de Mathé à ses commandes, il s’apprête à jongler entre un championnat, toujours très dense, et une Ligue des champions, aussi excitante qu’éprouvante.

    Sous l’effet de l’élargissement de la Ligue des champions, promise au troisième club français, le MHB embarque au côté des légendes du hand européen. Veszprem, Kielce, la pléiade
    des clubs allemands, dont Magdebourg, et bien sûr Barcelone, champion en titre.

    Faveur ou vertige, le MHB s’apprête lors du premier tour à défier le Barça et son ancienne pépite : Ludovic Fabregas, issu de son centre de formation. Au-delà de ce rendez-vous de prestige, le 17 septembre, il devra résister au Dinamo Bucarest et aux Danois de Aahrus pour accrocher la seconde place, qualificative pour le tour principal. Autre vrai enjeu.

    Le double champion d’Europe va devoir survivre à un automne de muerte. Avec un doublé défi : exister dans la nouvelle Ligue des champions et rester en vie en championnat, où il va croiser dès septembre la route de Nîmes, requinqué sous la patte du nouveau coach Guillaume Saurina, et Nantes, dauphin du PSG.

    Comme souvent, le plus gros palmarès du handball français vivra ses plus belles affiches à la Sud de France Arena et les autres matchs à Bougnol, siège ancestral rebaptisé au gré du naming. Depuis une décennie, le club présidé par Julien Deljarry attend une nouvelle salle. Une enceinte moderne de 6 000 places environ.

    Au cours de la dernière campagne municipale, le maire Michaël Delafosse, réélu au printemps pour un second mandat, a promis la construction d’un nouveau lieu de vie. Qu’en sera-t-il ? La glorieuse incertitude du sport gagne le champ politique.

    À l’issue de la saison régulière,
    le play-off opposera les quatre premiers du championnat.
    Avec deux demi-finales en aller et retour. Et une finale sur un seul match.

  • Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Qu’il semble loin le temps où l’État endossait son rôle de défenseur de la laïcité. Avec les arrivées au pouvoir de Robert Ménard à Béziers et de Julien Sanchez à Beaucaire en 2014, la loi de 1905 qui consacre la séparation des Églises et de l’État a vite été piétinée par l’extrême droite. Laquelle se sert de la religion catholique comme un outil idéologique d’exclusion et de repli identitaire.

    Les premières années, même si elles avaient parfois besoin d’être alertées par les associations, les préfectures du Gard et de l’Hérault contre-attaquaient face à l’installation en mairie de crèches de la nativité. Avec succès d’ailleurs, le prosélytisme des maires d’extrême droite ayant été sanctionné à maintes reprises. Et puis, plus rien ou presque.

    Dans l’Hérault, pas un préfet n’a jugé utile d’engager de recours contre la crèche illégale de Robert Ménard depuis le 8 décembre 2017. Même tendance dans le Gard quand bien même 2022 a fait figure d’exception sous la pression associative. Voilà bientôt une décennie que si la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ou la Libre Pensée n’agissaient pas régulièrement contre cette violation manifeste d’un principe essentiel de la République française, personne ne trouverait à y redire.

    La préfète dans son droit

    Ce mutisme devenu la norme représente, face à la transgression de la loi de 1905, une forme de renonciation de la part de l’État. On peut même aller plus loin. Et voir dans la présence régulière des préfets à la messe d’ouverture de la Feria de Béziers (en rien une « tradition » puisqu’elle a été inventée par Robert Ménard en 2014 avec la procession de la Vierge), un signe d’approbation.

    Au cours de l’édition 2026 de la Feria, le discours trumpiste de Robert Ménard en a scandalisé plus d’un. Mais il n’a suscité aucune réaction de la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, alors même que l’image des femmes et des valeurs républicaines telles que la fraternité ont été malmenées par l’édile d’extrême droite.

    Rappelant que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (article 2 de la loi de 1905 sur la laïcité), la Libre Pensée a écrit à la préfète pour lui demander deux précisions. Premièrement : le financement municipal du char de la Vierge, emblème religieux par excellence, ne constitue-t-il pas une violation manifeste de la loi ? Deuxièmement : la présence à une cérémonie religieuse d’élus municipaux ceints de leurs écharpes tricolores ainsi que de Chantal Mauchet elle-même en sa qualité de préfète, n’est-elle pas une autre entorse au principe de laïcité ?

    À la première question, la préfecture de l’Hérault donne sa lecture de la jurisprudence. À savoir que « la seule représentation d’un symbole appartenant à une tradition religieuse ne permet pas, à elle seule, de qualifier la dépense de subvention cultuelle. Une telle appréciation suppose d’examiner la destination de l’œuvre ou de l’équipement, son contexte d’utilisation, sa fonction au sein de la manifestation, ainsi que ses éventuelles dimensions artistique, culturelle, patrimoniale ou festive. » Ce à quoi la Libre Pensée s’étonne. « Il nous semble difficilement contestable qu’une représentation de la Vierge Marie dans le cadre d’une procession un 15 août intitulée “défilé de la Vierge” puisse avoir le moindre caractère culturel indépendant du culte de la Sainte Vierge. »

    Sur le fait que les élus sont soumis à « une forme de réserve lorsqu’ils représentent la collectivité publique » (article L. 1111-13 du Code général des collectivités territoriales, CGCT) ou que l’usage de l’écharpe tricolore se limite aux « cérémonies publiques », (…) « fonctions d’officier d’état civil et d’officier de police judiciaire » (article D. 2122-4 du CGCT), Chantal Mauchet précise. « La présence d’un maire à une cérémonie religieuse ne saurait être regardée comme constituant une méconnaissance du principe de laïcité. Dans le contexte d’une fête locale, cette présence peut relever des fonctions de représentation de l’élu et de sa participation à la vie institutionnelle, culturelle et traditionnelle de la commune. »

    Même raisonnement pour les préfets. « Il convient de distinguer la présence institutionnelle à une cérémonie cultuelle de l’accomplissement personnel d’actes relevant du culte : la présence d’un représentant de l’État à une messe ne permet pas de caractériser une méconnaissance du principe de neutralité ». Interrogée par La Marseillaise, la préfecture ajoute que le préfet « n’a pas une interdiction absolue de participer à des offices religieux dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, dès lors qu’il s’abstient d’y participer activement ».

    La Libre Pensée, elle, déplore « l’absence de mesure qui encadre strictement la participation des préfets » aux cérémonies religieuses. Quoi qu’il en soit, les préfets sont désormais plus enclins à assister à la messe d’une fête populaire qu’à attaquer une crèche religieuse en mairie reconnue maintes fois illégale.

  • Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Onze départements d’Occitanie avaient été placés en vigilance orange aux orages par Météo-France. L’accumulation d’air chaud liée aux canicules successives de cet été a servi de carburant aux orages qui ont balayé la région ce 24 août, avec un épisode particulièrement violent dans l’Aude (lire aussi P.22), où une tornade dévastatrice s’est abattue vers 17h30 sur le village de Pomas, faisant 39 blessés et de nombreux dégâts matériels (300 habitations impactées).

    Ces pluies torrentielles, accompagnées de grêle et de fortes rafales de vent, ont ensuite frappé l’Hérault, où les intempéries ont débuté vers 17h30 pour traverser le département d’ouest en est. Vers 20h30, les orages avaient filé vers le Gard voisin. Un phénomène relativement rapide, mais très intense. Les stations météorologiques ont en effet enregistré des vents d’une violence rare, avec des pointes à 121 km/h mesurées à Pézenas-Tourbes et 112 km/h à Murviel-lès-Béziers. Couplées à des précipitations pouvant atteindre 50mm dans le Biterrois et 20 à 30 mm à Montpellier en quelques minutes, ces rafales ont causé d’importants dégâts.

    Dans l’Hérault, où plus de 500 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour 150 interventions d’urgence, « 35 communes ont subi des dégâts matériels lors de cet épisode, majoritairement liés aux fortes rafales et aux chutes d’arbres », indique la préfecture dans un communiqué qui dresse le bilan de l’épisode.

    Un seul blessé léger

    dans l’Hérault

    « Des dégâts ont notamment été constatés sur des toitures, des routes et les réseaux électriques, ainsi que dans plusieurs parcelles viticoles avec des rangs de vignes couchés et des arbres fruitiers brisés ». Une quarantaine de maisons ont été endommagées sur l’ensemble du département. Paulhan, à mi-chemin entre Béziers et Montpellier, a été particulièrement touchée par les intempéries. De même que Saint-Georges d’Orques, dans l’agglo montpelliéraine, qui offrait elle aussi, au lendemain de ce violent épisode orageux, un paysage de désolation avec une centaine d’arbres déracinés, dont certains se sont abattus sur des voitures en stationnement. Les lignes électriques (au plus fort de l’épisode, 22 000 clients ont été privés d’électricité dans l’Hérault) et le réseau routier ont particulièrement souffert. À Montpellier, les pluies torrentielles ont inondé certaines rues, rendant le passage des bus et des trams difficile. Fort heureusement, le bilan humain reste très limité : « Une seule personne a été légèrement blessée lors des intempéries à la suite d’une chute de branche, tandis qu’à Capestang, une famille dont le véhicule avait été touché par la chute d’un arbre a été secourue et est indemne », relate la préfecture. L’événement n’est pas classé en état de catastrophe naturelle, informe-t-elle : « les particuliers ayant subi des dommages sont invités à se rapprocher de leur assurance dans les plus brefs délais ». Un classement toutefois réclamé publiquement par le sénateur PS de l’Hérault Hussein Bourgi et la députée PS héraultaise Fanny Dombre-Coste.

    Dans le Gard, que les orages ont atteint vers 20h30 avec un peu moins d’intensité, une centaine de pompiers ont réalisé une vingtaine d’interventions, dont trois pour des débuts d’incendie liés à la foudre dans des maisons à Alès, Sauve et Bernis. Sur le plan humain, « un motard a été légèrement blessé après avoir percuté une branche sur la route à Nîmes », relate Ici Gard-Lozère. Le 25 août au matin, 300 foyers étaient toujours privés d’électricité dans le département, selon la radio locale. À noter que la journée du 24 août a été « la plus foudroyée de l’année », avec 26 000 impacts de foudre recensés, selon l’observatoire des tornades et orages Keraunos. Un phénomène immortalisé par l’agroclimatologue et chasseur d’orages héraultais Serge Zaka, qui a saisi et publié sur son réseau social X des images spectaculaires. Amélie Goursaud

  • Des travaux pour des écoles plus fraîches et plus accessibles à Martigues

    Des travaux pour des écoles plus fraîches et plus accessibles à Martigues

    Il y a des choses qui ne changent pas : les affiches d’Arcimboldo placardées au mur, les pages de définition expliquant où se trouvent l’étymologie, les différents sens du mot ou les exemples, les tableaux blancs… Et puis il y a des choses qui évoluent. Face aux vagues de chaleur qui se multiplient, les écoles sont contraintes de s’adapter. À Martigues, sur l’année scolaire 2025/2026, la Ville a investi 1,52 million d’euros dans ses 28 établissements, principalement pour améliorer leur résilience face au changement climatique et leur accessibilité.

    À quelques jours de la rentrée, les ouvriers et agents municipaux s’affairent dans l’école élémentaire Antoine Tourrel pour installer les derniers brise-soleil électriques orientables au premier étage. « On est plein sud, donc ça va servir », souligne Christophe Logerot, chargé d’opérations. En plus de la pose de ces stores extérieurs, le désamiantage, l’étanchéité et l’isolation de la toiture, ainsi que le remplacement des menuiseries ont été réalisés en seulement sept semaines pour 250 000 euros. « C’est la complémentarité de ces actions qui permet d’avoir des résultats en termes de baisse des températures, souligne Gilles Picard, adjoint au maire à l’éducation (PCF). Chaque classe de chaque école et les restaurants scolaires bénéficient d’un ou plusieurs brasseurs d’air, et dans les maternelles chaque dortoir a la climatisation. » Pour l’élu, « la clim n’est pas l’alpha et l’omega de la lutte contre la canicule, à la fois parce que l’installation et l’entretien représentent un coût certain, mais aussi parce qu’on préfère avoir une perspective de long terme ».

    Deux ascenseurs créés

    Dans l’école Lucien Toulmond, la cour a bien changé entre la fin de l’année scolaire et la rentrée. 230 000 euros ont été fléchés pour la création d’îlots de fraîcheur et le changement de l’enrobé, qui est passé d’un noir qui emmagasinait la chaleur à une couleur beige clair, avec un matériau plus perméable. Ce lundi, les 400 élèves du groupe scolaire ne trouveront que des reliefs recouverts de copeaux, mais dès les vacances de la Toussaint (selon les conditions climatiques), 42 arbres seront plantés.

    Un travail topographique a été mené pour plus de continuité dans les espaces, et les marches extérieures sont devenues des pentes douces. À Antoine Tourrel, les sanitaires sous le préau ont bénéficié d’une réfection totale et une rampe pour les personnes à mobilité réduite a été aménagée. Mais ce sont les écoles Robert Desnos et Laure Moulin (à Canto-Perdrix) qui ont connu les plus gros chantiers d’accessibilité, avec la création de deux ascenseurs, dont les travaux seront prochainement achevés. Quatre autres groupes en sont déjà équipés. « Je pense qu’on peut dire que la rentrée est réussie », se félicite le maire Gaby Charroux (PCF).

  • À Aix, les punaises de lit traquées dans les bibliothèques

    À Aix, les punaises de lit traquées dans les bibliothèques

    Mauvaise nouvelle pour les usagers des bibliothèques d’Aix-en-Provence. La Ville a décidé « un contrôle préventif de l’ensemble du réseau de bibliothèques » après la détection, la semaine dernière, de punaises de lit à la bibliothèque de la Halle aux Grains. La décision de fermer les établissements a été prise jeudi soir.

    « À ce jour, aucune punaise de lit n’a été détectée dans les autres bibliothèques municipales », précise la mairie dans un communiqué. Mais « afin de confirmer cette situation et de préparer la rentrée dans les meilleures conditions, la Ville a choisi d’engager un contrôle préventif de l’ensemble des établissements. Cette opération nécessite leur fermeture temporaire au public ».

    Six sites concernés par

    la fermeture temporaire

    Sont concernées la bibliothèque Méjanes, la bibliothèque des Deux Ormes, Li Campaneto, le point lecture de Puyricard ainsi que la bibliothèque et les archives municipales Michel-Vovelle. La bibliothèque de la Halle aux Grains demeure fermée dans le cadre du protocole déjà engagé. Les boîtes de retour des Deux Ormes et de Li Campaneto sont également fermées.

    Les documents pourront être rendus et les réservations retirées dès la réouverture, précise les services de la Ville. « L’objectif est de pouvoir rouvrir l’ensemble des bibliothèques dans les meilleurs délais, avec toutes les garanties nécessaires pour accueillir sereinement usagers et agents », précise la mairie qui « informera le public de la réouverture des établissements sur ses sites internet et ses réseaux sociaux ainsi que sur ceux de ses bibliothèques ». Les punaises de lit ont été détectées sur le mobilier de la bibliothèque de la Halle aux Grains grâce à l’intervention de chiens renifleurs. Le traitement consiste à utiliser de la vapeur, puis des insecticides

    En octobre 2019, infestée par les punaises de lit, la plus grande bibliothèque de Marseille, l’Alcazar avait dû fermer ses portes au public pendant plusieurs jours. Depuis les années 1990, une recrudescence mondiale des punaises de lits est observée.

    Quant à l’impact sur les habitants, 145 consultations chez un médecin liées aux punaises pour 100 000 habitants ont été recensées en 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la deuxième région la plus touchée.

  • La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    « Nous sommes à la veille d’une rentrée particulièrement dégradée dans l’Éducation nationale. » Au sein de la Bourse du travail, à Marseille, Virginie Akliouat secrétaire départementale de la FSU 13, débute la conférence de rentrée du syndicat pessimiste.

    Postes supprimés, manque de classes adaptées, salaires qui stagnent, manque de solution face aux fortes températures, attaque sur les congés maladies… La liste des dégradations des conditions de travail et d’accueil des élèves est longue pour le syndicat. « Car ces dix années de macronie ont cassé l’École et les services publics », renchérit la secrétaire syndicale.

    Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 postes d’enseignants au lycée en moins. Ces suppressions sont justifiées par une baisse démographique, « mais cette baisse devrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’accueil des élèves », insiste Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) des Bouches-du-Rhône.

    Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) précise même : « si l’on voulait juste revenir au même taux d’encadrement qu’en 2017, il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée ». Car la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Union européenne et de l’OCDE en terme du nombre de jeunes par classe.

    Manque de places pour les enfants handicapés

    Et le manque de moyens humains impacte d’autant plus les enfants les plus vulnérables. « Alors que dans les Bouches-du-Rhône on manque d’au moins 12 classes Ulis [qui permettent d’accueillir des enfants handicapés], il y a cinq postes dédiés à ce public qui ont été supprimés », se désole Charlotte Bourgougnon.

    La grande annonce du ministre de l’éducation sur la distribution d’un questionnaire pour libérer la parole des enfants sur les violences sexuelles est, elle aussi, tombée à plat. « Car pour libérer la parole, il faut du personnel qui peut la recueillir et l’orienter vers les services adaptés », insiste Valérie Brignole co-secrétaire du syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP).

    Ils dénoncent également le manque de résilience du bâti scolaire face au réchauffement climatique et exigent un plan pour permettre aux écoles d’être plus vivables lors des canicules. « En juin, on avait certaines classes qui atteignaient 33°. Qui peut étudier dans ces conditions ? », s’interroge Nicolas Bernard-Hayrault. Face à tous ces manquements et aux attaques répétées du gouvernement contre la fonction publique et l’école, la FSU appelle à s’allier au mouvement de grève national et intersyndical du 29 septembre « pour peser sur le débat autour du budget 2027 qui s’ouvrira le 30 septembre », soutient Virginie Akliouat.

  • Martine Vassal met les bouchées doubles pour les collégiens

    Martine Vassal met les bouchées doubles pour les collégiens

    « Nous sommes le département en France qui dote le mieux les collèges ». À quelques jours de la rentrée, Martine Vassal (DVD), présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône entend rappeler l’effort fourni par la collectivité pour la rentrée scolaire des collégiens. Et il y a de quoi faire : « Nous avons en charge le bâti des collèges publics, l’entretien, les personnels qui y travaillent mais aussi le temps de cantine », rappelle l’élue marseillaise. La collectivité a donc sous sa houlette 105 000 collégiens pour cette année 2026-2027 et 1 917 agents du département qui officient dans ces établissements.

    Concrètement, elle met en avant son action sur la question du pouvoir d’achat des familles avec le kit de fourniture offert. « Chaque rentrée scolaire est chère : il faut les fournitures, les équipements vestimentaires… Nous voulons être proactifs sur cette problématique en offrant l’équivalent de 800 euros par un collégien qui entre en 6e », vante Martine Vassal. Dans le package qu’auront les minots qui entrent au collège, ils auront notamment un ordinateur portable et une calculatrice scientifique, ce qui concerne tout de même 24 400 entrants en 6e. Et l’ensemble des collégiens, de la 6e à la 3e donc, ont droit à un kit de fournitures scolaires et 150 euros crédités sur la carte Cjeune. Coût total de cette aide aux familles : 17 millions d’euros pour la collectivité. La présidente de cette dernière insiste sur l’utilisation encadrée des ordinateurs : « On a bloqué les réseaux sociaux après 21 heures ». Le tout, sur fond de lutte contre le harcèlement : « Depuis 2024, nous proposons des formations sur le harcèlement scolaire et aujourd’hui, 903 agents ont été formés à ces problématiques ».

    Autre angle d’attaque de Martine Vassal : le coût de la cantine. « Il ne change pas, il est à 3 euros, il reste à 3 euros », martèle-t-elle.

    Sécurité et hommage à Samuel Paty

    Fidèle aux mantras de sa famille politique à droite de l’échiquier, l’élue fait aussi tout un focus sur la sécurité dans, et autour, des collèges. « L’idée c’était de pouvoir équiper les collèges qui le pouvaient du dispositif “100% sécurité” Nous avons installé plus de 1 800 caméras de vidéoprotection », explique l’élue. On compte donc 104 collèges équipés par ce dispositif qui inclut un contrôle d’accès par des sas sécurisés, un réseau de vidéoprotection et un rehaussement des clôtures autour des établissements. Autre totem de Martine Vassal : la projection du film L’Abandon qui revient sur les onze derniers jours de l’enseignant Samuel Paty, assassiné par un terroriste en 2020. « Il y aura au moins 2 classes pour les collèges volontaires qui assisteront, le 12 octobre, à une projection du film dans les cinémas », développe-t-elle, sans s’avancer sur un chiffre précis. Tout un programme pour les minots donc.