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  • Deux mille manifestants à Toulon pour faire entendre raison au gouvernement

    Deux mille manifestants à Toulon pour faire entendre raison au gouvernement

    « On est venus trop tôt. Une équipe de deux camions de policiers est arrivée et a tout enlevé. Ils ont même confisqué mon mégaphone. Je trouve ça inadmissible », témoigne Denis, regrettant également que les caméras des policiers n’aient, selon lui, pas été activées malgré sa demande. Il est 7h30 devant le lycée Bonaparte et malgré l’action des pandores, tout est prêt pour une nouvelle journée de manifestation.

    « On est tous mobilisés aujourd’hui. On va continuer », affirme le lycéen, convaincu que le nombre sera déterminant pour faire aboutir les revendications. Et de poursuivre : « Ça pourrait même prendre de l’ampleur dans les prochains jours, et le 17 ça va être monstrueux. »

    Ce qui est certain c’est que la colère est en train de monter. Un autre lycéen interroge : « On a fait les choses correctement. On a manifesté pacifiquement. Et au final, le préfet et le directeur académique se sont moqués de nous. Vers qui doit-on se tourner ? C’est la question que je vous pose et que tout le monde se pose. » Venue encore une fois soutenir et protéger les jeunes, l’intersyndicale est présente et veille au grain afin que tout se passe correctement. « On partage quasiment les mêmes revendications que les lycéens. Et nous, on va rajouter les salaires », explique Alain Tournay le secrétaire général de la FSU dans le Var. Cécile, une militante de la CGT, vient d’être bousculée par les policiers dans les escaliers. Ce qui confirme une certaine tension de la part des forces de l’ordre face à une manifestation pourtant tout à fait pacifiste. « On est là, Pour défendre les jeunes, c’est insupportable qu’on ait un gouvernement qui se permette d’être aussi violent et méprisant », commente Brigitte Cheinet (CGT). Alors que les problèmes existent, et sont dénoncés depuis des années par les syndicats, s’indigne-t-elle. Et de conclure : « Les lycéens ont raison de contester, ils ont raison de vouloir une vie meilleure, c’est l’essentiel. »

    « Les lycéens sont là pour leur avenir »

    Même son de cloche pour Sylvie Vinceneux, la secrétaire de la fédération du PCF dans le Var qui dénonce les politiques austéritaires et la casse des services publics. Et de poursuivre : « Ces jeunes nous donnent aussi une leçon, ça fait du bien aussi de voir qu’ils sont là. Ils sont là pour leur avenir. » Ce que confirme un peu plus tard Manon Magagnosc (CGT) : « Je suis hyper fière de voir cette jeunesse se soulever. Ils ont les moyens de faire lâcher le gouvernement. » Un peu en retrait, Alice, qui prépare sa thèse à La Garde, explique « être là uniquement en appui, pour montrer qu’ils ne se battent pas tous seuls, que c’est quelque chose d’intergénérationnel et d’interclasse. »

    Plus loin, Aïcha confie : « Dans ma classe, on est 35 et nos professeurs absents ne sont pas remplacés : je n’ai pas eu de cours de SVT depuis le début de l’année. » En tout cas, elle ne veut pas que ses enfants grandissent dans une société aussi méprisante envers sa jeunesse. Et elle en est convaincue : « Les blocages dureront tant qu’on n’aura pas été entendus ! ». Le cortège s’est maintenant élancé sur la place de la Liberté. En chemin, le secrétaire général de l’Union départementale CGT Richard Roméo-Giberti analyse : « Les jeunes donnent l’exemple au mouvement social parce qu’ils partent des besoins immédiats et qu’ils veulent changer le monde, changer leur avenir comme nous voulons changer la société. » Et de préciser : « Ils ont compris que le chronomètre a démarré et qu’il n’y a pas d’avenir sans progrès social, sans paix dans le monde. »

    Après le passage par la faculté de droit et le lycée Dumont D’Urville, la manifestation est forte de plus de 2 000 âmes lorsqu’elle entame le boulevard Maréchal Joffre pour rejoindre le lycée du Parc Saint-Jean.

    Zoé Desmoulins (Solidaires) déplore que la semaine dernière, « quand les lycéens ont rencontré le préfet et le Directeur académique des services de l’Éducation nationale [Dasen], ils ont surtout rencontré du mépris et du sarcasme ».

    En revanche comme Marion à ses côtés, enseignante également, elle trouve encourageant de voir des jeunes qui se politisent et prennent leur destin en main.

  • Les élèves de Thiers discutent d’engagement à « La Marseillaise »

    Les élèves de Thiers discutent d’engagement à « La Marseillaise »

    Dans le cadre d’un cours d’éducation aux médias, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, a engagé la discussion avec les élèves de seconde du lycée Thiers (1er). L’occasion de rappeler les origines du journal créé par les résistants à un public qui s’engage en ce moment aux côtés des revendications lycéennes nationales.

    « On s’engage par solidarité », a réagi Sarah*. « On est bien conscient d’être le lycée avec le plus de moyens à Marseille, on se mobilise pour soutenir ceux qui ne sont pas dans notre cas ». « À Thiers on est bien, il y a quelques instabilités, mais ailleurs c’est pire », confirme Rose*. Les élèves dénoncent par ailleurs la création d’une « classe de défense » à Thiers, en partenariat avec la Marine nationale. « C’est une normalisation de l’idée de la guerre chez une tranche d’âge qui n’a pas l’âge d’y penser », défend Sarah*. Les élèves de seconde ont dénoncé « la mauvaise attribution des moyens par l’État », qui favorise selon eux « l’armée et la police plutôt que l’éducation et la jeunesse ».

    Faire face aux pressions

    Certains y voient un problème plus global, relatif au modèle de la société française actuelle : « On vit dans un système capitaliste qui valorise la guerre. » Restitutions de moyens, approfondissement d’une politique concernant la santé mentale des jeunes, remplacement des professeurs, fin de Parcoursup et de la surcharge des emplois du temps, rénovation énergétique du bâtiment, garantie du droit de grève et de réunion pour tous les élèves, gratuité des transports pour les étudiants… Les multiples revendications des lycéens figurent sur les tracts que certains sont partis distribuer aux Réformés, dans la manifestation de ce mardi 13 octobre.

    Comment obtenir gain de cause auprès des pouvoirs publics ? Les lycéens répondent à ce questionnement crucial en encourageant le mouvement à prendre plus d’ampleur. « Il faut que les travailleurs nous rejoignent » appelle Margot*, appuyée par ses camarades qui soutiennent « la nécessité d’une grève générale ». Pas convaincus par le « plan d’urgence » pour remplacer les professeurs absents, annoncé par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, les secondes de Thiers placent beaucoup d’espoir en l’appel à la mobilisation générale prévue le 17 octobre, premier jour de leurs vacances scolaires. « On aura toujours les mêmes revendications, elles ne vont pas s’arrêter parce que c’est les vacances », assure Margot*. Et ils ne manquent pas d’idées pour encourager le mouvement à s’étendre : « Il faut organiser plus de manifestations », « dépasser les lycées et bloquer les infrastructures plus générales »… Les propositions fusent chez ces lycéens qui disent tout de même s’inquiéter pour leur avenir face à leurs absences relevées alors qu’une partie des cours se poursuit en visioconférence.

    « À Thiers, on est hyperpacifistes, mais les médias ne montrent que les images des dégradations », proteste Sarah*. La jeune fille dénonce notamment les chaînes de télévision CNews et BFMTV, qui ont « relayé en boucle les images du bus qui a brûlé plutôt que de parler de nos revendications ». Les critiques du traitement médiatique des mobilisations lycéennes sont majoritaires au sein de cette classe de seconde, qui déplore l’utilisation des images de casse par les médias dominants. Les lycéens de Thiers se sont également dits choqués de la répression policière dans certains mouvements, en particulier face à aux arrestations violentes dont ont été victimes leurs amis. « La violence policière entraîne la violence des lycéens », a observé Loan*.

    *les prénoms ont été modifiés

  • À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    Ce n’est pas encore l’heure de la récréation dans la cour de l’école Jean-Jaurès de Martigues. Pourtant ce mardi après-midi, les élèves de CM1 et CM2 de l’école Tranchier enfourchent leurs vélos pour certains, enfilent des chasubles pour d’autres, et se lancent chacun leur tour sur le parcours urbain peint au sol, sur lequel ont été placés des panneaux et un système de feux tricolores.

    L’objectif de la mise en situation est d’intégrer les bons réflexes. « Ce qu’on leur explique c’est d’être visibles, attentifs, et d’établir le contact visuel car l’autre usager de la route ne les a pas forcément vus » explique Magali Gomez, agente de police municipale. Trois groupes de 8 élèves évoluent sur le terrain, piétons, cyclistes et policiers. Les premiers circulent en respectant les feux et en constituant un aléa à surveiller pour les seconds, tandis que les troisièmes pointent et remontent les fautes aux encadrants.

    Toutes les subtilités du code de la route sont à prendre en compte. Si le feu tricolore est globalement « bien respecté » selon l’agent Ludovick Abba, ce n’est pas le cas du cédez-le-passage. « Tu sais jamais si tu dois t’arrêter ou pas » avance Lola Santiago, élève de CM2.

    « Un enjeu indispensable »

    C’est tout l’art de mettre en pratique la théorie, étudiée pendant une heure avant de monter à vélo. « Un seul élève n’a fait aucune faute, c’est dans la moyenne » relève Ludovick Abba. « Le loupé du stop est le plus fréquent, comme le cédez-le-passage. Car comme ils ne sont pas obligés de s’arrêter, ils passent sans regarder » détaille le policier municipal. Cette intervention revêt donc un caractère « indispensable » selon l’agent, « ce sont les connaissances de base pour se déplacer en sécurité ».

    « Indispensable » aussi aux yeux de l’adjoint délégué aux déplacements et à la voirie, Roger Camoin (PS). « À force de faire de la prévention dans les écoles, on avait remarqué il y a quelques années que les accidents sur le territoire avaient baissé de 47% » avance l’élu. Et l’impact n’est pas seulement sur les minots : « Je leur dis quand je remets les récompenses : on espère que les enfants disent aux parents “tu peux pas faire ça” ou “faut s’arrêter là“ » développe l’adjoint.

    Lola Santiago se dit « plus en confiance » après la séance. Puisse cette confiance être utile au passage de l’Attestation
    scolaire de sécurité routière,
    au collège.

  • Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    « Au niveau social, sans les associations, tout s’effondre », campe Giorgia, travailleuse sociale pour Habitat Alternatif Social, une association se battant pour l’accès au logement des plus précaires. « Nous, si on arrêtait, on enverrait des personnes avec de multiples problèmes de santé à la rue », poursuit-elle, faisant référence aux 7 femmes qu’elle accompagne au quotidien dans une pension de famille située dans la rue d’Aubagne, à Marseille.

    Ce mardi matin, dans le cadre de la mobilisation associative nationale « Et si nous arrêtions vraiment ? » pour dénoncer les baisses de financement dans le budget examiné depuis ce jour par les députés, des locataires de la pension de famille et des membres de l’association organisaient une vente de vêtements et de nourriture. Une initiative à double objectif : alerter sur la situation financière de la structure et récolter des fonds pour financer les activités des résidents.

    Sortie de parcours de prostitution, accidents de vie, troubles d’addictions, décès familiaux… Âgées de 35 à 65 ans, « les femmes qui viennent ici sont isolées socialement et dans une situation de grande précarité », précise Mathilde, seconde travailleuse sociale du lieu. Ici, chacune bénéficie d’un logement privé à des loyers très réduits, tandis que des espaces communs permettent d’accueillir des activités collectives au rez-de-chaussée. Alors qu’elle alpague des passants au stand de vente, Alexandra, locataire depuis 9 ans, se confie : « Je me sens carrément bien ici, c’est comme une grande coloc. » Elle apprécie l’approche bienveillante de l’association, notamment sur la réduction des risques : « On a le droit de consommer de l’alcool dans les espaces communs sans se faire culpabiliser, par exemple ».

    Insuffisance de personnel

    Mais la bonne humeur régnant en cette matinée ne saurait cacher les inquiétudes du personnel associatif.

    Si le manque de financement des activités pose problème, c’est surtout l’absence de soutien médical auprès de résidentes souffrant parfois de troubles psychiques qui inquiète. « Il nous faudrait a minima un infirmier. On a eu une décompensation psychique il y a pas longtemps, on a dû appeler les pompiers », déplore Mathilde.

    « On a un gros turnover et beaucoup de difficultés à pérenniser les postes à cause du manque de moyens », se désole également Joëlle Fage, la responsable financière d’Habitat Alternatif Social.

  • À Digne, les lycéens veulent tenir sur la durée

    À Digne, les lycéens veulent tenir sur la durée

    « Il faut continuer à manifester comme on le fait, en y croyant à fond, et, au bout d’un moment, ils seront obligés de nous écouter », estime Matthias, 17 ans, élève en terminale au lycée Alexandra David-Néel. Les manifestants ont tenté de mobiliser, mardi matin, devant l’établissement scolaire, alors qu’ils sont de moins en moins nombreux. « Il faudrait qu’on soit beaucoup plus, et qu’il y ait une convergence des luttes », avance Faustine, elle aussi âgée de 17 ans et en classe de terminale à David-Néel.

    « Il y a de moins en moins de monde, ça faiblit, mais j’ai espoir que cela reprenne à la rentrée, parce que, si les mobilisations s’arrêtent, on est décrédibilisés », regrette Maël, 16 ans, en première dans le même lycée. « On est peu, mais il y a beaucoup plus de profs et d’adultes », nuance Faustine.

    « On n’est pas dans une grande dynamique de victoire », abonde Aurélien P., professeur d’histoire géographie à Alexandra David-Néel venu en soutien aux élèves. Son collègue, Loïc Z., se dit lui aussi « pas très optimiste ». « Il faudrait réussir à agréger la colère entre élèves et profs, mais, pour l’instant, on n’y arrive pas », avance Jérôme Callebaut, professeur au collège Borrely.

    « J’avoue que c’est compliqué ce matin, il fait froid, il n’y a pas grand monde, ce n’est pas la matinée la plus encourageante », déplore Ivan, 17 ans, élève en terminale à David-Néel. « Le seul moyen pour que ça marche, c’est que ce soit tellement gros qu’ils soient obligés de nous écouter. Là, ça rame un petit peu… », regrette-t-il. « Il ne faut pas se laisser abattre », tempère le lycéen.

    « Une situation précaire »

    « Plus tard, je voudrais être professeur, mais l’État enlève beaucoup de postes de professeurs titulaires pour ne laisser plus que des remplaçants, une situation précaire. J’aimerais ne pas être dans une situation de précarité. L’État se fout de nous » estime Matthias.

    Atteint de troubles autistiques, Maël déplore, lui, les mauvaises conditions de travail des AESH, « mal payées pour un travail louable », et les « injustices » entre les différents lycées de France. Les manifestants ont tenté de mobiliser les lycéens qui sortaient de l’établissement à la pause : « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! ».

    « Balles dans la mâchoire car ils savent que la vérité sort de la bouche des enfants », pouvait-on lire sur l’une des pancartes. Les lycéens comptent sur le 17 octobre, samedi, pour faire converger les luttes.

    ET AUSSI

    Manosque

  • L’OM face aux clubs grecs : historiquement une réussite

    L’OM face aux clubs grecs : historiquement une réussite

    L’amour entre Marseille et la Grèce ne date pas d’aujourd’hui. Historiquement, bien entendu, les liens sont étroits, mais une relation footballistique s’est tissée depuis la fin des années 1980. À travers ses nombreuses joutes européennes, l’OM a croisé à 14 reprises des clubs grecs et une statistique ressort de ces différentes confrontations. Dix victoires et 71% de réussite, ceci représente le meilleur ratio des Olympiens face à une nation de l’UEFA.

    Club ami des ultras marseillais, l’AEK Athènes est la première équipe hellène croisée sur les terrains continentaux. C’était en 1989 à l’occasion des huitièmes de finale de la Coupe des clubs champions. Après une victoire 2-0 au Vélodrome, les Phocéens ont assuré le coup en Grèce avec un match nul (1-1). Il a fallu attendre 34 années supplémentaires pour recroiser les Jaunes et Noirs. Placés dans le même groupe en Ligue Europa, les hommes de Gennaro Gattuso n’avaient pas tremblé pour battre leurs homologues 3-1 puis 2-0. Mbemba, Ismaïla Sarr ou Veretout étaient les buteurs.

    Toujours aussi récemment, lors de la saison 2021-2022, l’OM a également affronté le PAOK, club de Salonique. Lors des quarts de finale de la Ligue Conférence, les Phocéens ont aussi fait le boulot. 2-1 au match aller, sur le boulevard Michelet, dont un but de Dimitri Payet qui a frôlé le Prix Puskas de plus belle réalisation de l’année. Pour le retour dans le nord de la Grèce, le Réunionnais était encore buteur (1-0), alors qu’Amine Harit, titulaire, est le seul survivant de cette époque.

    Le Panathinaïkos, blessure ouverte

    Le match OM-Olympiakos, jeudi, sera la 7e confrontation entre les deux formations. Le bilan face au club du Pirée, le grand port athénien, est de 4 victoires pour 2 défaites. Tout avait commencé en 1994, quelques mois après l’affaire VA-OM, ayant rétrogradé l’équipe de Bernard Tapie en deuxième division. Malgré tout qualifiés pour la Coupe UEFA, les Marseillais découvrent l’Olympiakos et le match aller-retour marque les esprits. 5-1 au cumulé, des buts de Jean-Christophe Marquet ou encore Tony Cascarino permettent aux Ciel et Blanc de passer un tour supplémentaire.

    En 2011 et 2020, retrouvailles en phase de poules de la Ligue des Champions avec, cette fois, un statu quo. Au début de la décennie 2010, les Grecs iront gagner à Marseille, Marseille ira gagner en Grèce, Lucho Gonzalez étant le seul buteur phocéen. L’OM tombera cette année en quarts de finale face au Bayern (0-4), futur finaliste. En pleine crise Covid, devant des tribunes vides, les hommes de Villas-Boas s’imposeront au Vel (2-1), après une défaite à Athènes (0-1).

    Le Panathinaïkos, affronté au cœur de l’été 2023, en 3e tour préliminaire de la Ligue des Champions, reste un crève-cœur important pour les fans olympiens. Dans sa quête de phase de groupes, l’OM va buter en Grèce, non sans de nombreuses polémiques arbitrales, avant d’aller jusqu’à la séance de tirs au but au retour. L’ambiance du Vélodrome n’y changera rien et Marseille est douché par le club au trèfle (2-2, 5-3 aux t.a.b.). Un épisode jamais vraiment digéré, le coach espagnol Marcelino tombera peu après.

    La préfecture de police rétropédale

    La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a sérieusement cafouillé en interdisant, dans un premier temps, par un arrêté rendu public mardi matin, aux supporters de l’Olympiakos et de l’Étoile Rouge de Belgrade d’assister au match au stade Vélodrome et de se déplacer dans le centre-ville. Une annonce vivement critiquée. Quelques heures plus tard ce mardi, la préfecture de police se contredit et a rendu un arrêté « portant abrogation » du précédent arrêté d’interdiction. Elle autorise donc « toute personne se prévalant de la qualité de supporter [de l’Olympiakos] et de l’Étoile rouge de Belgrade prise en charge par les effectifs de police d’accéder au stade Cepac Vélodrome de Marseille, le jeudi 15 octobre 2026 ». Il est vrai que plus de 3 000 supporters grecs ont leur billet en poche et certains sont déjà arrivés.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    « Aujourd’hui, nous devons faire face à une réalité : le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les périodes de sécheresse s’intensifient, les températures augmentent, les ressources en eau deviennent plus fragiles et les épisodes de pluies intenses peuvent accentuer les risques d’inondations », a expliqué mardi le président du syndicat mixte Asse Bléone, Claude Fiaert, en marge de la signature du contrat eau et climat 2026 – 2030, avec le Département, la Région, le maire de Digne et la préfète. « Après l’été que nous venons de passer, nous savons toutes et tous à quel point les questions liées à l’eau, à la préservation de nos ressources et aux risques d’inondation sont devenues concrètes et permanentes sur nos territoires », a ajouté Julien Di Benedetto, le maire de Digne-les-Bains.

    « La ressource en eau est déjà perturbée par l’action de l’homme, par les prélèvements trop importants, par les pollutions, par la modification des cours d’eau, et puis on a ce changement climatique qui vient rajouter une couche sur ces effets et qui crée un cercle vicieux avec de l’eau qui tombe à des moments très erratiques, trop au moment où on n’en a pas besoin, pas assez quand on en a besoin », a estimé Annick Mievre, directrice de la délégation Paca Corse à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Même les pluies « ne sont plus efficaces puisque l’eau s’évapore très rapidement, les sols s’assèchent et quand il repleut à nouveau, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et crée parfois des inondations », a-t-elle précisé. De plus, « moins il y a d’eau dans les milieux naturels, plus les polluants que nous y déversons se concentrent, et plus la vie aquatique est perturbée, mais aussi plus l’eau qu’on boit est polluée, et plus on a de coût pour les services d’eau potable », a déploré Annick Mievre. Face à ces enjeux primordiaux, « tout le monde doit se mobiliser et travailler ensemble », puisque « la question de l’eau concerne tout le monde », a-t-elle martelé. C’était précisément la démarche de la signature de ce contrat eau et climat, mardi.

    Une gestion éprouvante

    Claude Bondil, conseiller départemental délégué aux routes ou encore à l’administration générale, a de son côté évoqué l’importance « d’assurer la sobriété des usages ». C’est en tout cas l’engagement que le département prend dans le cadre de ce contrat, a-t-il promis. Le budget annuel du département « pour aider les investissements sur l’eau potable, l’assainissement et l’hydraulique agricole est de trois millions d’euros », a rappelé Claude Bondil, qui espère « préserver la vitalité de la Bléone et la pérennité de la ressource en eau ».

    Jean-Charles Borghini, maire de La Brillanne et conseiller régional qui représentait le nouveau président de la Région, François de Canson (DVD), a salué « le travail collectif », « plus facile ici, où on se connaît tous ». « Nous avons été la première région en Europe à élaborer un budget vert », a-t-il affirmé.

    La préfète Isabelle Tomatis a finalement témoigné des difficultés traversées avec la gestion de l’eau, de la sécheresse et des aléas climatiques. Le traitement de la rivière de l’Asse « a été une épreuve tout l’été » pour elle, a-t-elle confié. « Depuis que je suis préfète, je n’ai jamais autant de ma vie aimé la pluie », a-t-elle ironisé, soulignant la « belle réussite collective » que représente selon elle la signature de ce contrat eau et climat.

    Les élus et représentants des différentes institutions et associations, présentes en nombre, ont ensuite visité le chantier titanesque de « restauration des continuités écologiques » sur la rivière de la Bléone, à Digne-les-Bains.

    La signature de ce contrat et la visite du chantier tombaient à pic, alors que la préfecture vient de placer, lundi, l’Asse, l’Esteron et le Lauzon en crise sécheresse.

  • À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    « Notre devoir est d’écouter et de comprendre, et à la jeunesse mobilisée je veux dire simplement que je vous ai entendu, que je vous comprends et que je vous soutiens », lance Didier Jau, maire écologiste des 4e et 5e arrondissements de Marseille en préambule de la séance, mardi soir. Il confirme par ailleurs que des espaces municipaux seront ouverts, à la demande, durant les vacances d’automne. L’édile a glissé un mot pour Enzo, élève du lycée Marie Curie « blessé mercredi dernier alors qu’il se mobilisait pacifiquement aux côtés des enseignants ».

    Face aux élus et aux habitants présents, Antonin prend la parole au nom de ses camarades : « nos attentes sont les mêmes que les élèves de Saint-Exupéry dans le 15e arrondissement de Marseille, de Saint-Denis en banlieue parisienne, de Lyon, ainsi que de tous les autres établissements mobilisés dans ce mouvement : travailler dans des conditions dignes et saines ». C’est en ce sens que vient la question de la rénovation du bâti : « Que devons-nous attendre ? Que des élèves fassent des malaises de chaleur dans les classes l’été ? Que nos toits perforés finissent par nous tomber sur la tête ? Que des étudiants tombent malades dans des classes dépourvues de quelque chaleur que ce soit l’hiver ? ». Et demande, à la mairie d’arrondissement d’accorder des subventions à son lycée.

    Lycéens, enseignants et personnels de l’établissement ont déjà arraché une première victoire et pas des moindres. La vice-présidente de la Région en charge des lycées s’est engagée, la veille, à faire voter une enveloppe de 53 millions d’euros pour la restructuration de l’établissement. « Je ne sais pas si vous mesurez ce que ça représente dans le budget lycée de la Région. C’est à peu près la moitié. C’est la preuve que seule la lutte paye ! », pousse Imrane Trocmé, élu insoumis du secteur. « Si nous voulons que ce mouvement authentiquement social puisse porter et faire aboutir ses revendications, nous devons l’accompagner », renchérit William Leday, adjoint Génération.s, au maire. Les élus d’extrême droite n’ont, quant à eu, pas adressé un mot aux lycéens

  • À Marseille, les lycéens focus sur leurs revendications

    À Marseille, les lycéens focus sur leurs revendications

    Après trois semaines intenses de mobilisation, les lycéens ont de nouveau fait entendre leur voix dans les rues de Marseille. Avec une énergie intacte. Ils étaient 35 000 selon l’interlycéenne, 3 800 selon la préfecture de police, à réclamer mardi des moyens pour l’éducation, bien encadrés par les forces syndicales et soutenus par de nombreux enseignants et parents. 5 000 de plus qu’il y a une semaine. Signe de cette forte participation, c’est le trajet long de la manifestation qui a été retenu entre les Réformés et la porte d’Aix.

    Un cortège joyeux et pacifique, improvisant une « battle d’aura » et s’ambiançant sur des morceaux de Jul avant le départ. Le rappeur marseillais a apporté jeudi « La force à la jeunesse de France » dans un massage ponctué d’un poing levé sur les réseaux. De la force les lycéens n’en manquent pas malgré la fatigue qui s’accumule. Certains après la dispersion de la manifestation, repartiront d’ailleurs encore marcher dans les rues de la ville tout l’après-midi, jouant au chat et à la souris avec les CRS.

    « Le mouvement ne s’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut : dix milliards pour l’éducation », martèle Malo en tête de cortège. Consciente que les vacances peuvent « pauser la mobilisation », elle y voit aussi une opportunité de souffler. « Ça nous laissera du temps pour s’organiser », reprend l’élève en terminale à Montgrand (1er) où mardi les élèves ont fait une chaîne humaine pour garder leur lycée fermé. « Ça fait trois semaines qu’on est mobilisé, on est dehors toute la journée, il y a les manifs, les AG, les réunions dans les lycées, à la préfecture, la mairie… »

    « Les vacances peuvent calmer le mouvement, il n’y a aura pas de blocus, sans doute pas de manif même si on ne sait pas ce qui peut se passer avec les gilets jaunes, mais on a espoir que ça reparte après », abonde Ange, en terminale au lycée Périer, après avoir posé le mégaphone.

    Si une AG de l’interlycéenne doit fixer la suite du mouvement, la plupart ont en tête la date de samedi 17 octobre, « avec les gilets jaunes », et celle du 5 novembre, journée de grève nationale interprofessionnelle lancée par les syndicats pour la rentrée. D’ici là de nouveau blocus sont prévus.

    « On a créé un lien »

    « Vu qu’il n’y a eu aucune réponse du gouvernement si ce n’est la répression, ça peut repartir », estime Eustache, élève au lycée Montgrand où une mobilisation au printemps, déjà, s’était essoufflée avec les vacances. « Contrairement à la dernière fois, nous sommes en train de créer un lien avec les professeurs, les personnels de l’éducation et le monde du travail. On a leur soutien. »

    « Il y a l’appel à la grève le 5 novembre, la jeunesse est encore en colère, on n’a obtenu aucune revendication, 1 500 postes profs vont être supprimés, je ne pense pas que ça s’arrête », enchaîne Ange. Lui est étudiant. À l’université, les vacances ne dureront qu’une semaine. « C’est intense, ça fatigue, il y a beaucoup de réveils à 5h pour les blocus. Mais si les établissements sont ouverts, on sera là pour les banaliser, on veut mettre fin au distanciel, on se bat pour tout le monde », assure Emre, étudiant en fac de droit à Canebière.

    Plus loin dans le cortège, Gauthier et ses amis ont aussi en tête la date du 31 octobre. Mercredi passé, au lendemain d’une première mobilisation massive, le Premier ministre, avait promis des décisions pour la fin du mois. Ces réponses, ils ne les attendent pas forcément pour leur quotidien mais pour « les lycées les plus précaires, de manière solidaire », expliquent ces élèves aux Remparts. « Si on arrête, les gens vont nous voir comme des branleurs qui ne voulaient juste pas aller en cours. Mais on se bat pour notre avenir », estime de son côté Adame, lycéenne en classe de terminale à la cité Jacques Chirac (2e).

    Parcoursup, pression scolaire, revalorisation du métier de professeur et d’AESH, Gillian, élève en terminale au lycée Saint-Vincent de Paul, se sent, elle aussi, concernée. Elle a participé à beaucoup de blocus et de manifestations, avec ce trait d’union qui réunit cette jeunesse : le refus de la violente réponse policière faite à leurs revendications.

    « J’arrive plus facilement à accepter des égarements de lycéens encore en apprentissage dans leur parcours éducatif ou citoyen, que de policiers censés être formés à ce genre de choses et à faire moins d’écarts que nous », juge la jeune fille. « C’est mal dit et mal organisé par le gouvernement. Le mouvement continue parce qu’ils ne nous écoutent pas. Ça renforce notre détermination et ça durera tant que notre parole ne sera pas prise en compte. »

  • Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    La campagne des dernières municipales bruissait déjà des échos du document, alors que sa version provisoire avait déjà été présentée au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, au mois de novembre dernier. C’est finalement à l’occasion du conseil municipal de ce vendredi, que sera présenté le rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la situation financière et la gestion des ressources humaines par la Ville de Marseille, entre 2018 et 2024.

    Un rapport introduit par une synthèse au vitriol. « La commune n’est pas en mesure de présenter des comptes d’une fiabilité satisfaisante », reprochent les magistrats financiers qui pointent des réorganisations successives qui n’ont « pas porté leurs fruits », un pilotage des politiques municipales qui « doit être significativement amélioré », tant en matière d’investissements que de recrutements. Mais surtout, la chambre régionale des comptes s’inquiète d’un contrôle interne « limité ». « Un substantiel effort est désormais urgent », insiste le document de 90 pages assorties de sept recommandations.

    Pour certaines, elles ne sont que des répétitions pédagogiques. Déjà en 2021, l’Agence française anticorruption avait réclamé une cartographie des risques corruptifs. « Les initiatives récentes sont modestes. Elles ne découlent pas d’un plan d’actions structuré, basé sur une analyse du risque d’atteinte à la probité, pourtant élevé et connu », pointe le rapport qui rappelle les exigences de la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2017. Les magistrats financiers déplorent l’absence de contrôle sur les embauches réalisées en mairies de secteur. Les contrôles internes, eux, sont freinés par la baisse des effectifs de l’inspection générale des services, passée de 10,9 équivalents temps plein travaillés en 2021 à 6,7 en 2024. Quant à la cartographie des risques, en particulier pour l’urbanisme et les régies de recettes, la municipalité la promet pour 2027, après avoir renoncé à recourir à un cabinet de conseil. Elle prône une approche « pragmatique et progressive », explique-t-elle. Quand les recommandations de l’Agence française anticorruption devaient être suivies dès 2022.

    Embauches auscultées

    Le rapport cible aussi des confusions entre les responsabilités politiques et administratives de certains collaborateurs, contestées par la municipalité. Dans le viseur aussi de la CRC : les embauches réalisées par la municipalité. Au total, 1 800 agents supplémentaires ont été recrutés entre 2018 et 2024, ce qui représente 968 équivalents temps pleins. Avec des emplois principalement contractuels, qui visent surtout à faire face à un absentéisme en hausse. « La redistribution des emplois vers des agents contractuels a entraîné une diminution de 15 points de la part des fonctionnaires », pointe le rapport. Derrière les chiffres, la politique volontariste de la municipalité pour remplacer les agents manquants dans les écoles, les tatas, pour « respecter les taux d’encadrement », explique la municipalité. Ou encore dans la sécurité, avec 90 postes de policiers municipaux supplémentaires. La CRC s’inquiète de voir ces embauches consommer les ressources issues de la hausse de la taxe foncière et limiter les marges de manœuvres financières. Après avoir pourtant, dès son introduction, alerté sur « de substantiels besoins de services à la population ».

    Réponse salée du maire

    La réponse du maire de Marseille, elle, est aussi salée que la synthèse du rapport. « Le rapport dans son ensemble ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 », déplore Benoît Payan, qui rappelle le manque de financements du Département ou de la Métropole. Et de persifler : « Je ne puis me résoudre à voir dans ces décalages et ces incohérences un choix délibéré. Je préfère y reconnaître les conséquences des contraintes qui pèsent sur votre juridiction, chacun connaissant les difficultés de moyens auxquelles elle est confrontée. »