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  • L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    Coincé sur l’Hexagone depuis le week-end de Pentecôte, le « dôme de chaleur », qui agit comme un couvercle en piégeant l’air chaud venant du Maroc, n’épargne pas l’Occitanie. Jeudi 28 mai, dix départements de la région étaient en vigilance jaune canicule. Avec des pics à 37 ou 38 degrés attendus dans les prochains jours, certains pourraient basculer en vigilance orange. Des chaleurs précoces qui surprennent d’autant plus que les températures étaient en dessous des normales saisonnières jusqu’à la mi-mai. Pour l’ingénieur agronome expert en climatologie, Serge Zaka, il s’agit d’une « anomalie statistique qu’on redoutait ».

    La vague de chaleur particulièrement forte à l’ouest du pays a entraîné la vigilance canicule la plus précoce depuis la création du dispositif en 2004, suite à la canicule d’août 2003 qui avait provoqué de nombreux décès chez les personnes vulnérables et éveillé les consciences aux dangers du réchauffement climatique. Tandis que l’été 2026 n’a pas officiellement débuté en France, au moins sept personnes sont décédées de ce premier pic de chaleur. Si bien qu’une réunion de crise se tenait jeudi 28 mai à l’Élysée. Objectif : élaborer un « plan d’endurance dans la durée jusqu’en septembre ».

    Dans le Gard et l’Hérault, les autorités et collectivités (la Ville de Nîmes notamment) ont pris les devants ces derniers jours, multipliant les conseils de prévention. C’est notamment le cas dans l’éducation. Il faut dire qu’on se souvient que certaines écoles (à Nîmes, Sète, Montpellier…) avaient particulièrement souffert de la canicule en juin 2025. Sans aller jusqu’à reporter certaines épreuves du Bac pro prévues ce vendredi 29 mai*, le ministère de l’Éducation nationale s’est fendu d’un courriel. À tous les chefs d’établissement, il est conseillé de « privilégier les salles à l’ombre pour la tenue des épreuves », de « fermer les stores et rideaux des façades exposées au soleil la journée », de « s’assurer que les élèves disposent d’eau potable » et d’apporter une « vigilance particulière aux candidats présentant des pathologies ou en situation de handicap ». Aux enseignants, il est rappelé que « les activités physiques et les sorties doivent être réduites ou supprimées aux heures les plus chaudes ». Enfin, les parents sont invités à « adapter l’habillement des plus jeunes élèves, de prévoir casquettes et lunettes de soleil, et, si nécessaire, d’appliquer de la crème solaire avant l’école ».

    Les droits des salariés

    Pour les travailleurs, la canicule est aussi synonyme de difficultés voire de dangers pour la santé. Rappelons que le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses salariés. S’il n’y a pas de température maximale tolérée, l’employeur a l’obligation de fournir de l’eau potable fraîche, d’assurer une ventilation/aération correcte ou salle climatisée, limiter l’exposition à la chaleur, prévoir des pauses ou espaces de repos. De son côté, le salarié peut faire des propositions (au cas par cas) : aménager les horaires pour finir plus tôt, réorganiser la charge de travail, réduire des tâches physiques, rallonger les pauses, demander du télétravail exceptionnel… En cas de « danger grave et imminent », il est même possible d’exercer son droit de retrait en ayant d’abord prévenu son employeur, le CSE ou la médecine du travail.

    De son côté, l’association Peta vient de rappeler quelques consignes qui concernent les animaux. Ne jamais les laisser enfermés dans une voiture, même quelques minutes. En extérieur, leur « laisser de l’eau et des zones ombragées ». Prendre garde aux sols brûlants, le bitume pouvant provoquer des « brûlures sur les coussinets des chiens » par exemple avec lesquels il est « déconseillé d’aller faire son jogging ».

    Enfin qui dit canicule dit risque incendie. Si aucun départ de feu n’est encore à déplorer, le patron des pompiers de l’Hérault se tient à l’affût. « La stratégie qui fonctionne c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables », insiste Eric Florès en référence au méga feu de l’Aude en 2025. Il en profite pour rappeler que « tout apport du feu en forêt méditerranéenne est proscrit depuis le 15 mai ». Les travaux agricoles en plein soleil sont déconseillés et le jet de mégots est passible de sanctions pénales.

    * Celles du CAP auront lieu les 8-9 juin, du 11 au 18 juin pour le Bac général et technologique et enfin les 26, 29 et 30 juin pour le brevet des collèges.

  • Les amendes forfaitaires délictuelles : à quand la réforme ?

    Les amendes forfaitaires délictuelles : à quand la réforme ?

    Par Adrien Félix, avocat au barreau de Marseille

    Alors que les charges se font accablantes contre l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), cette procédure pénale simplifiée est en passe d’être une nouvelle fois étendue, par un gouvernement obnubilé par la politique du chiffre, de la « tolérance zéro », et d’une efficacité fantasmée.

    « Simplifiée », le tour est euphémique tant l’AFD déroge à certains principes fondamentaux du droit. De quoi s’agit-il ? En pratique, d’un procès-verbal électronique, dressé par des policiers ou gendarmes, constatant la commission d’un délit. En bref, d’une sanction pénale immédiate, inscrite au casier judiciaire, sans commissariat, sans tribunal, sans procès. À la clé, une amende, minorée ou majorée selon le délai de paiement, avec des modalités de contestation tout à fait blâmables – en particulier le versement d’une consignation obligatoire pour saisir le juge. Limité à l’origine aux seules contraventions, le mécanisme investit le champ délictuel en 2016, s’étend en 2023, pour couvrir aujourd’hui plus de 90 délits – les principaux en 2024 étant le défaut d’assurance, l’usage de stupéfiants, le défaut de permis de conduire. L’extension de son domaine s’accompagne surtout d’une très forte hausse de son utilisation : entre 2019 et 2024, multiplication par neuf du nombre d’amendes émises, passant de 57 300 à près de 500 000, représentant désormais 10 % des délits enregistrés. Si le Conseil constitutionnel a bien voulu fixer des garde-fous, jugeant que l’AFD ne peut porter que sur des délits punis d’une peine de moins de 3 ans, « dont les éléments constitutifs peuvent être aisément constatés », avec des peines d’amendes de faible montant, la réalité actuelle est celle d’un outil pénal défectueux, inique, et largement inefficace. Au-delà du régime éminemment dérogatoire, portant atteinte au droit d’accès à un juge, au principe d’individualisation des peines, aux droits de la défense, ou encore à la présomption d’innocence, sa mise en œuvre accuse d’importants dysfonctionnements combinés à des pratiques discriminatoires et abusives établies. Critiquée de longue date par les associations, par la Défenseure des droits qui recommandait d’y mettre fin en 2023, c’est au tour de la Cour des comptes de faire le procès de l’AFD. Dans un rapport du 15 avril 2026, elle dresse un bilan très négatif du dispositif, pointant des réformes structurelles indispensables avant d’envisager toute extension. Dans le même temps, une partie de la classe politique envisage d’en étendre le périmètre au profit des polices municipales, d’augmenter le montant de certaines amendes et d’accroître encore les infractions concernées. Cherchez l’erreur.

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  • Un artiste qui fédère toutes les générations

    Un artiste qui fédère toutes les générations

    La culture hip-hop est intrinsèquement contestataire. Lorsque, en 2010, le rappeur Jul – de son vrai nom Julien Mari – débarque dans l’industrie, il bouleverse tous les codes. Benjamine Weill, philosophe spécialisée dans la culture hip-hop, rappelle que l’artiste marseillais a dû se faire une place : « Beaucoup de rappeurs de l’ancienne génération méprisaient le travail de Jul. C’était surtout du mépris de classe. »

    Jul entre aussi en rupture avec des monuments du rap français parisien en offrant des sonorités plus légères et gaies. Il aborde des thématiques similaires, mais à sa manière. « L’environnement influence la création. Parisiens et Marseillais vivent la même galère, mais pas de la même façon », explique la philosophe.

    « Tout le monde peut

    y adhérer »

    Selon Benjamine Weill, la popularité de l’artiste peut s’expliquer par plusieurs raisons : « Ce que je dis reste de l’ordre de l’hypothèse, mais on peut envisager que son succès tient à sa générosité vis-à-vis de son public et à son efficacité. » En effet le Marseillais a sorti 26 albums sur une période de huit ans. De nombreuses mixtapes ont été diffusées gratuitement, traduisant une démarche fondamentalement hip-hop. « En recyclant et détournant à l’extrême des titres des années 80 et 90, il a surfé sur la nostalgie, toutes les générations peuvent l’écouter. »

    D’après Benjamine Weill, « Jul est politique sans avoir de conscience politique, parce qu’il ne se positionne pas, tout le monde peut y adhérer. Il raconte son quotidien, ni plus, ni moins, c’est droit au but. Comme quoi ça lui va très bien le Vélodrome ! »

  • Le village de Bayons a enfin un candidat pour devenir maire

    Le village de Bayons a enfin un candidat pour devenir maire

    Une liste de neuf personnes, menée par Christine André, a enfin été déposée à Bayons, où personne ne s’était porté candidat en mars. Le village, très étendu mais comptant très peu d’habitants, était ainsi depuis géré par une délégation spéciale nommée par la préfète. Le maire sortant, Régis Rioton, n’avait pas souhaité se représenter, et regrettait que personne ne soit volontaire pour prendre sa suite. « La tâche fait peur, cela demande un investissement conséquent, ça ressemble à du bénévolat », avait-il alors expliqué.

    Les habitants pourront enfin aller aux urnes dimanche 7 juin et élire leur maire. Parmi les candidats, sur la liste Vivons Bayons, Thomas Montero, Mickaël André, Marina Cimadomo ou encore Olivier Riano. Ils viennent redonner espoir aux habitants, qui étaient pour certains inquiets d’un potentiel rattachement avec une autre commune si personne ne se portait candidat.

    Des effondrements de routes à gérer

    La délégation spéciale, présidée par Françoise Klein, a dû gérer d’importantes problématiques en l’absence de maire, comme l’effondrement d’une route qui coupait du monde une partie du village. Cette délégation nommée le 16 mars est composée de trois « fonctionnaires à la retraite expérimentés », selon la préfecture. Elle ne pouvait ni préparer le budget municipal, ni engager les finances communales au-delà des ressources disponibles de l’exercice courant, ni modifier le personnel. Elle était chargée d’organiser de nouvelles élections municipales partielles dans un délai de trois mois.

  • Face aux moustiques tigres, la vigilance est requise

    Face aux moustiques tigres, la vigilance est requise

    Avec la chaleur, ils pullulent. Les moustiques tigres sont de retour, et ils gâchent la vie d’Alain. « On est assaillis depuis trois ans, c’est invivable, s’agace-t-il. On ne peut pas vivre dehors, l’été c’est un peu bête… Moi je suis retraité j’aimerais bien pouvoir profiter de mon jardin. »

    L’an dernier, c’est dans son quartier de la ferme de Croze qu’un important épisode d’épidémie de chikungunya s’était déclaré. Pas moins de 47 cas avaient été identifiés par les pouvoirs publics au cours de l’été. Selon le maire de Vitrolles (PS) Loïc Gachon, « les quartiers pavillonnaires sont les plus touchés. Le moustique tigre vole mal et très peu loin. C’est pour ça que la densité de population sur un secteur et la végétalisation sont déterminantes. »

    Alors que 80% des gîtes larvaires se trouvent dans des espaces privés, l’édile a un message à faire passer : « On a tous, dans notre jardin, une soucoupe ou un fond de pot qui n’a pas été retourné depuis l’hiver. À chacun de prendre sa responsabilité et d’éliminer les eaux stagnantes. Il n’y a pas d’espoir ou d’attente à avoir envers les pouvoirs publics qui ne peuvent pas intervenir sur l’essentiel du réservoir. (…) Ce contrôle ne peut être fait que par les citoyens. »

    En cas de symptômes – douleurs articulaires importantes, fièvre élevée, éruptions cutanées pour le chikungunya ; courbatures, maux de tête et douleurs orbitales pour la dengue -, les habitants sont appelés à se signaler auprès d’un médecin généraliste.

    Clémentine Calba, épidémiologiste chez Santé Publique France (SPF), explique : « Lorsqu’on identifie un premier cas autochtone, on met une enquête de terrain en place avec du porte à porte auprès des riverains en étroite collaboration entre SPF, l’ARS et la commune pour sensibiliser, passer les messages de prévention et rechercher un max de cas. » À Vitrolles, sur les 47 personnes diagnostiquées, 24 avaient été identifiées par le biais de cette opération.

    Devant l’ampleur de l’épidémie, l’Entente interdépartementale pour la démoustication était passée tôt le matin dans les jardins du quartier pour éliminer le foyer à l’aide d’insecticide, invitant les habitants à rester calfeutrés chez eux. Pour éviter ce dernier recours, mieux vaut prévenir que guérir.

  • À Avignon, la marche des fiertés veut continuer à aller de l’avant

    À Avignon, la marche des fiertés veut continuer à aller de l’avant

    « Toujours là, parce que c’est encore nécessaire. » Plus d’un demi-siècle après les émeutes de Stonewall aux États-Unis, qui ont lancé dans le monde les luttes pour les droits des homosexuels, bisexuelles et transgenres, le combat reste d’actualité. « Cela va l’être encore un moment car quand les idées d’extrême droite poussent et arrivent au pouvoir, les droits des minorités et des femmes sont attaqués en premier », constate Aurélie Créa, coordinatrice de la marche des fiertés pour le pôle LGBT de Vaucluse.

    Ce samedi 30 mai, la structure organise la 4e édition de la marche des fiertés à Avignon. « Elle est organisée à 100% par une quinzaine d’associations, cette année un gros travail a été mené sur les chars et tous les artistes sont nouveaux sur notre manifestation », synthétise la coordinatrice. Fini aussi les concerts dans l’espace public, direction le tiers-lieu la Scierie. Le démarrage est prévu à 15h avec les stands associatifs sur la place Pie avant la grande marche à 17h qui traversera les rues Carnot et Carreterie jusqu’à la place Saint-Lazare. Suivra donc la soirée, en entrée libre, à la Scierie jusqu’à 1h, où des stands seront également installés.

    Un moment festif et militant « pour diffuser le message à ceux qui n’ont pas conscience de l’impact de la poussée de l’extrême droite ». Tout dernièrement, suite à l’élection du RN ou de la droite extrême aux municipales à Faches-Thumesnil (Nord) et Elne (Pyrénées-Orientales), les maires ont fait enlever les drapeaux arc-en-ciel de l’Hôtel de ville, repeint en blanc un passage piéton arc-en-ciel, voire carrément annuler la marche des fiertés. « Cette levée des symboles pousse à légitimer ceux qui sont là pour casser du PD », déplore Aurélie Créa.

    À deux jours d’un procès attendu

    Les militants sont déterminés « à garder leurs droits » alors qu’en décembre le pôle LGBT avait une nouvelle fois été tagué sans, à ce stade, d’avancée d’enquête malgré un dépôt de plainte. Les associations suivront de près le procès aux assises d’Avignon, qui s’ouvre pour une semaine ce lundi 1er juin, de six individus soupçonnés d’avoir agressé des homosexuels dont l’un avait été tué, en mars 2023 à Sorgues. Mi-avril, deux frères avaient été condamnés à de la prison ferme à Avignon pour avoir organisé des guets-apens homophobes.

    LES RENDEZ-VOUS EN RÉGION

    Aix-en-Provence

    La marche des fiertés de l’association Aix Vanguard se déroulera samedi 6 juin. Le départ est prévu sur la place de l’Hôtel de Ville à 14h30.

    La Ciotat

    C’est à 19h que la marche organisée par l’association collégiale l’Éventail débutera. Départ prévu à la Chaudronnerie samedi 6 juin.

    Toulon

    La marche du collectif Fiertés Toulon se déroulera samedi 13 juin. Le départ est prévu pour 17h, à la place d’armes. L’itinéraire au cœur du centre-ville reste le même que l’année précédente. Le cortège comptera 3 chars dont deux avec DJ sets. Un arrêt avec un sitting et une minute de silence se fera devant la mairie en mémoire à toutes les victimes des LGBT phobies.

    Marseille

    Fierté Marseille Organisation prévoit, samedi 4 juillet, sa marche LGBTQIA+ intitulée « Aucune marche arrière ». Le circuit débutera à 16h30, Place Castellane, et se poursuivra sur la rue de Rome jusqu’à la Canebière. Le cortège continuera ensuite vers le Quai de la fraternité, puis sur le Quai du Port, pour enfin, se terminer devant l’Hôtel de Ville.

    Calypso Sadousty

  • [Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »

    [Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »

    La Marseillaise : Quels sont les enjeux de cette 4e édition de « Nettoyons le Sud » qui se déroule ce samedi 30 mai ?

    Christophe Madrolle : Nous avons créé cette opération parce qu’il y avait beaucoup d’associations qui organisaient leurs propres nettoyages et on s’est dit, vis-à-vis de l’urgence de protéger notre belle région, que mobiliser l’ensemble des associations autour d’une date que nous avons fixée au 30 mai serait beaucoup plus impactant pour la population. Nous avons eu plus de 100 tonnes de déchets ramassés l’année dernière, une mobilisation de 400 collectivités et de 22 000 bénévoles qui se sont mobilisés ce jour-là. C’est une opération qui est construite avec les associations environnementales, les associations de défense de l’environnement, celle de l’espace marin, des collectivités et des entreprises. Nous espérons atteindre et doubler le nombre de bénévoles pour cette année.

    Cette opération porte aussi sur les enjeux autour des déchets sur le territoire ?

    C.M. : Absolument, elle a un rapport sur un véritable point, un point politique puisque cette opération permet de sensibiliser nos citoyens sur les moyens que met en place la région en matière de protection de l’environnement. On veut aussi rappeler que la Région Sud s’est dotée du premier budget vert européen, donc toute aide donnée par la région à une entreprise, une collectivité ou une association est acceptée à une seule condition : répondre à un cahier des charges avec la baisse d’émissions de carbone sur leur traitement de déchets.

    Au-delà de la sensibilisation, est-ce que cette opération peut donner un message d’espoir aux habitants ?

    C.M. : C’est ce qu’on cherche en tout cas, si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète, grosso modo. On a une action à la région que nous portons pour que les entreprises réduisent les déchets à la source, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi continuer à amener nos concitoyens à faire le tri sélectif et avoir de la transparence dans la chaîne de traitement des déchets. C’est un message qui nous amène à prendre conscience qu’un déchet, depuis sa fabrication jusqu’à sa destruction, c’est quelque chose que nous devons traiter.

    Selon l’Insee, en 2021, la quantité de déchets dans la région s’élevait à plus de 638 kg par habitant, soit 16% de plus qu’en France métropolitaine, on peut donc faire mieux.

    C.M. : Exactement, cette opération permet de porter un discours : que l’on habite dans une grande ou petite ville, le tri sélectif se fait différemment. Il faut alors une vraie sensibilisation et permettre à tous de pouvoir réduire ses déchets ménagers.

    Entretien réalisé par Noa Armony

  • Avec Memento, le Vaucluse met en valeur sa mémoire

    Avec Memento, le Vaucluse met en valeur sa mémoire

    C’est l’aboutissement d’un projet de dix ans, quand, en mars 2016, le Conseil départemental de Vaucluse a voté le principe d’un nouveau bâtiment afin d’abriter les archives départementales. Une décennie plus tard, voici Memento, un pôle des patrimoines présenté comme une maison commune, abritant donc les archives départementales de Vaucluse, le service départemental d’archéologie (notre édition du 18/04), le centre de conservation et d’étude de l’État, les réserves des musées départementaux, le service de valorisation patrimoniale et culturelle, mais aussi les archives du Grand Avignon.

    Un bâtiment de 11 000 m2 -sur 80m de long et 70m de large- situé à Agroparc et qui a été inauguré ce jeudi après-midi devant 600 personnes. Dès ce vendredi, le public est invité à découvrir ce site. Un week-end festif d’ouverture * est prévu, avec visites guidées, ambiance musicale et découverte d’une exposition, Mon trésor, qui présente une cinquantaine d’objets significatifs de l’histoire vauclusienne. « Memento est plus qu’un bâtiment public, c’est l’un des équipements patrimoniaux les plus ambitieux réalisés en France », applaudit Dominique Santoni, présidente LR du Département, qui a rendu hommage à son prédécesseur, Maurice Chabert, présent jeudi et instigateur du projet.

    « Coffre-fort ouvert à tous »

    De couleur ocre, en tuiles inversées, ce pôle des patrimoines est « un coffre-fort ouvert à tous, car l’ambition de Memento n’est pas seulement de conserver et restaurer la mémoire, mais de la montrer », rappelle Dominique Santoni. Depuis près d’un an, les services des archives et de l’archéologie ont investi les lieux. Si côté archives le palais des Papes, où étaient stockés quelque 26km linéaires de documents, pouvait avoir un côté majestueux, les conditions de conservation -et de travail des agents- étaient loin d’être optimales. « C’est une réussite, on dispose d’une réserve de 40 km », relève Cédric Lelièvre, chef du bureau des publics.

    Un chantier à près de 33 millions d’euros, financé pour moitié par le Département mais aussi l’État, la Région et le Grand Avignon. Que ce soit le préfet Thierry Suquet, la vice-présidente DVD de la Région Bénédicte Martin, ou le maire et président (DVD) du Grand Avignon Olivier Galzi, tous ont eu peu ou prou la même formule : « Une société n’a un avenir que si elle connaît son passé ».

    * Réservation au 04.90.86.16.18 ou à valorisation.memento
    @vaucluse.fr.

  • La CGT comme rempart aux guerres et à l’extrême droite

    La CGT comme rempart aux guerres et à l’extrême droite

    « Face au capitalisme qui se nourrit des guerres et des idéaux de haine, la question que nous devons nous poser aujourd’hui, c’est que doivent faire les organisations syndicales, associatives, politiques ? » C’est par ces mots que Julien Bouillé, co-secrétaire de la CGT 05 a ouvert le débat de ce mercredi dans la Salle des Arcades de Veynes. Le syndicat y a convié des représentants du Mouvement de la Paix, de la Cimade, de VISA (association intersyndicale antifasciste) et des cheminots de la région Paca. La discussion a commencé au sujet de la montée des guerres et des armements, et la façon dont celles-ci servent les intérêts capitalistes dans le monde et la division des peuples.

    « Il y a les utopistes, ceux qui pensent qu’on fait la paix en préparant la guerre, une ânerie dite il y a 2 000 ans qui n’a jamais été démontrée, et ceux qui pensent qu’il faut agir sur les causes de la guerre. Or, s’il y a des guerres, c’est qu’il y a des inégalités, et qu’il y a des gens qui ont des intérêts à cela », a argumenté Pierre Villard, du Mouvement de la Paix, qui a par ailleurs relevé avec humour que la table ronde, réunissant six hommes, était peu représentative de la société française. Or, face à ces guerres et ces inégalités qui produisent des migrations, la réponse des autorités nourrit la division, selon Patrick Marsauche, représentant de la Cimade : « Le plus intolérable, c’est la façon dont ces personnes sont reçues. Depuis décembre 2015, la France a de nouveau fermé la frontière dans les Alpes, et refoulé des demandeurs d’asiles, alors qu’elle a déjà été condamnée pour cela, c’est illégal ! », s’est-il indigné. Pour les débattants, le syndicalisme doit être au cœur de la riposte collective. « Les syndicats ont pour responsabilité de faire obstacle à l’extrême droite, il en est l’ennemi comme on l’a vu à Carcassonne où le maire RN veut interdire à la CGT l’accès à la Bourse du travail », a alerté Jean-Albert Guidou du pôle CGT sans-papiers.

    Proposer une alternative collective

    Comme exemple d’action collective, il a rappelé que les travailleurs sans-papiers sont régulièrement à l’initiative de luttes victorieuses sur le terrain, citant plusieurs mobilisations récentes réussies. Après avoir discuté de la façon de lutter pour briser les isolements et faire naître la solidarité, Julien Bouillé a ainsi conclu le débat : « Rien ne changera si on reste dans son coin et qu’on accepte d’être mis en concurrence, opposés entre travailleurs, entre précaires, entre français et étrangers. Ce qui change, c’est quand on s’organise, qu’on lutte ensemble, qu’on construit un rapport de force. »

  • [Entretien] Romain Baciak (CGT) : « Encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin »

    [Entretien] Romain Baciak (CGT) : « Encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin »

    C’est un nouveau coup de massue qui frappe l’industrie en France.
    Le groupe français Michelin, leader mondial des pneus, a annoncé ce jeudi matin un dispositif de départs volontaires en France portant sur 1
     500 emplois, soit près de 10% de sa masse salariale. Le groupe avait déjà supprimé 1 246 emplois en France en 2024 dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), en fermant deux sites industriels dans l’ouest du pays, à Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan). Et ce, alors que le groupe a perçu quelque 10 millions d’euros d’aides publiques aux entreprises en 2023…

    La Marseillaise : Michelin a annoncé ce jeudi matin un dispositif de « départs volontaires » en France concernant sur « jusqu’à 1 500 postes sur trois ans ». Êtes-vous surpris ?

    Romain Baciak : On n’est pas surpris, il y avait des bruits de couloirs qui circulaient. Nous avions été alertés par la préfecture. Ça fait encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin sur les 14 000 qui reste – si on ne compte que MFPM (Manufacture française des pneumatiques Michelin), soit près de 10% de la masse salariale. On sait que derrière, ça induit 4 à 5 emplois supprimés en plus. Ça signifie donc 6 000 à 7 500 emplois en France qui vont disparaître grâce à Michelin. Il y a deux ans ça concernait les sites de Vannes et Cholet. Un peu avant c’était la Roche-sur-Yon. Moi, je suis aux Carmes à Clermont-Ferrand et nous avons été impactés par ces précédents plans. C’est à se demander si un jour il restera des Michelin en France ou pas.

    Comment la direction de Michelin justifie-t-elle cette annonce ?

    R.B. : Elle va encore le justifier, je pense, par les coûts, en disant que la vie est trop chère, etc. Mais Michelin est celui qui vend les pneus les plus chers. Si lui n’y arrive pas, comment font les autres groupes pour s’en sortir ?

    Comment comptez-vous au sein de la CGT Michelin vous opposer
    à ce nouveau plan social
     ?

    R.B. : Pour l’instant, ça vient de tomber donc on ne sait pas quels seront les salariés concernés. On ne parle que de départs volontaires mais on sait ce que ça veut dire chez Michelin : on supprime ton poste, il faut que tu partes. On va attaquer les négociations en connaissant déjà la position de la CGT. On ne signera pas un plan comme ça. La CGT est le seul syndicat qui est pour la réindustrialisation du pays.

    Aujourd’hui, quand on est syndicaliste, on ne peut pas être pour des suppressions de postes. Si on valide des suppressions de postes, derrière, il faut aussi penser aux générations futures. C’est-à-dire que 1 500 postes en moins sur Michelin, ça fait 1 500 postes en moins pour nos enfants et nos petits-enfants. Je sais que tous les syndicats ne sont pas d’accord avec nous. Moi, je ne conçois pas qu’on soit là pour valider des suppressions de postes. Reste à savoir ce que feront les autres organisations syndicales.

    La commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises avait mis en cause Michelin qui avait révélé avoir perçu plus de 10,6 millions d’euros d’aides en 2023. Est-ce toujours le cas ?

    R.B. : Tous les ans, Michelin touche des aides publiques. Le groupe en a touché pour son usine de La Roche-sur-Yon et a été contraint de rendre 4,3 millions d’euros [le site a fermé en 2020, Ndlr.]. Mais il avait touché beaucoup plus. Cet argent a été restitué parce que Michelin a été forcé par le sénateur Fabien Gay [PCF], qui a mis le sujet en avant. Si ça n’avait pas été le cas Michelin aurait toujours ces 4,3 millions d’euros dans sa poche.

    Quelle est la demande que vous formulez à l’État ?

    R.B. : À l’État, tout ce qu’on demande, c’est d’arrêter de donner des subventions publiques à des entreprises qui font des milliards de bénéfices et qui reversent des milliards d’euros aux actionnaires. Cette année, Michelin a quand même pioché dans ses réserves 200 millions d’euros pour les donner aux actionnaires. Quand on est capable de piocher des millions d’euros pour les donner à ses copains les actionnaires, on peut sauver des emplois ! On doit être le seul syndicat à être contre ça et à agir pour la réindustrialisation du pays. Les autres votent pour les PSE…

    Quel message souhaitez-vous faire passer ?

    R.B. : Le message, il est clair : aucune suppression de postes chez Michelin. Et puis, que l’État arrête de les valider ! Quand une entreprise fait des milliards de bénéfices, qu’on n’ait pas le droit, même si c’est des départs volontaires, par des ruptures conventionnelles collectives (RCC), par des accords de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP), ou autre, de supprimer des postes.