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  • Une soirée pour soutenir la lutte contre le racisme

    Une soirée pour soutenir la lutte contre le racisme

    Le mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) organise une soirée solidaire ce vendredi 6 novembre au théâtre des Carmes à Avignon. Dont la recette « aidera à financer nos activités, aide juridique et administrative, actions de solidarité, interventions dans les établissements scolaires », précise l’organisation.

    Car si le programme se veut convivial, avec des lectures de Paul Fructus, des contes de Jihad Darwiche et des « chansons engagées » d’Isabelle Desmero, le tout agrémenté de quelques boissons et grignotages, les finances de la structure sont en difficulté. « Le Mrap vit des aides de l’État s’il considère que la lutte contre le racisme et l’intégration de travailleurs en France est une priorité. Mais c’est de moins en moins le cas », constate Françoise Darwiche, coprésidente.

    Appel aux bénévoles

    L’occasion de mettre en avant également les activités de l’association. Une dizaine de bénévoles actifs se relaient au sein du local avignonnais pour les deux permanences hebdomadaires. « Il y a une quinzaine de personnes en moyenne chaque jour. Mais mercredi dernier, il y a eu 29 passages, ce qui est assez exceptionnel », glisse Isabelle Fructus, également coprésidente. Des victimes d’agressions racistes viennent y demander des conseils, mais aussi des personnes en voie de naturalisation. « Des personnes qui viennent avec des sacs entiers de papiers qu’il faut trier, cela prend un temps fou », poursuit la présidente qui appelle également de nouveaux bénévoles à rejoindre l’équipe.

    Un lieu que loue le Mrap depuis trois ans après avoir perdu son local prêté par la mairie. « Il faut aussi chauffer l’espace et cela coûte très cher. Il faut stocker plusieurs milliers de dossiers, ce qui prend de la place », poursuit Françoise Darwiche.

    Théâtre des Carmes à 19h.
    Prix libre.

  • Nuñez assume tout devant la commission

    Nuñez assume tout devant la commission

    Audition très attendue mardi que celle de Laurent Nuñez. Le ministre de l’Intérieur a en effet ouvert les travaux de la commission d’enquête sur les débordements du 17 octobre. « Pas de tabou, mais pas de cirque », a d’emblée mis en garde le président, le député macroniste Vincent Caure.

    Si en introduction Laurent Nuñez a reconnu que « le bilan de la journée du 17 octobre est un échec », c’est pour mieux tout nier ensuite. Pas assez de policiers ? « Un dispositif policier plus étoffé en volume d’effectif déployé n’aurait sans doute pas permis à lui seul d’empêcher les incidents constatés », assure-t-il. Tout juste admet-il « un manque d’anticipation » quant à la simultanéité des « risques ». Mais d’assurer plus tard que si « dans certains endroits, les forces de l’ordre ne pouvaient pas intervenir […] je ne dirais pas qu’elles ont subi ni qu’elles ont été dépassées ».

    « Oui, on a protégé les manifestants »

    L’utilisation de la grenade assourdissante EF-SON autorisée le 17 octobre après avoir été suspendue le 7 octobre, dans le cadre du mouvement lycéen, après avoir arraché la main d’un étudiant à Lens ? « C’est une arme intermédiaire qui est extrêmement utile » assure le ministre, à peine gêné par le cas du jeune homme. S’il « regrette cette blessure très grave qui va se traduire par une infirmité permanente pour un jeune », il maintient que, selon lui, « le contexte de l’engagement de la force était réuni ».

    Le LBD ? « La seule arme intermédiaire qui permet de cibler une personne en particulier » lâche encore Laurent Nuñez, sachant que de nombreux blessés par cette arme ont été recensés lors de la manifestation du 17 octobre et que des enquêtes administratives sont en cours. Le recours à la nasse qui a piégé nombre de manifestants ? « Une technique qui est utile » affirme encore le ministre. Et d’affirmer sans ciller : « Oui, on a protégé les manifestants ».

    Celui qui avait présenté sa démission – refusée par Emmanuel Macron au lendemain du 17 octobre – n’est pas non plus prêt à reconnaître qu’il a failli à Marseille. L’absence de forces de l’ordre devant la mairie attaquée ? L’attention des CRS a été « détournée sur des groupes à risque » et ils « ont dû quitter provisoirement l’entrée de la mairie. C’est à ce moment-là que [les casseurs] sont entrés », raconte Laurent Nuñez, version contestée par le maire de Marseille, Benoît Payan.

  • Des projets d’architecture durable récompensés

    Des projets d’architecture durable récompensés

    Coorganisée par le Département et le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE 05), la dixième édition du grand prix départemental de la construction, de l’aménagement et de l’architecture durables s’est déroulée à Gap. « Le changement climatique est là, et on le ressent dans nos bâtiments », a introduit Marc Viossat, président du CAUE 05. Il invite à faire évoluer les pratiques architecturales en rénovant plutôt qu’en construisant, en utilisant des matériaux locaux et biosourcés ou encore en limitant l’artificialisation des sols.

    Le jury a sélectionné huit lauréats parmi les seize candidats. Le prix du bâtiment public a été remporté par la construction d’une nouvelle mairie et pôle de service à Puy-Saint-Eusèbe. Pour la catégorie rénovation patrimoniale, la réhabilitation d’une villa de l’ancienne cité ouvrière du Beynon a été récompensée. La réhabilitation de la maison du château médiéval à Saint-Crépin a reçu le prix de la maison de village. Celui de l’aménagement d’espace public a été remporté par la place Assaoudi et du musée de la vigne à Réotier : un ancien atelier de distillation a été transformé en lieu de mémoire sur l’histoire viticole du village. Le nouveau parc des sports de Briançon a, quant à lui, reçu le prix de l’équipement public. Le jury a également décerné des prix spéciaux : à la Maison de pays à Gap, implantée sur le site d’une ancienne station-service, à la mairie de Saint-Jacques en Valgaudemar, rénovée énergétiquement et à la renaturation de la cour de l’école de la Tour à La Bâtie-Neuve. Enfin, le prix des lecteurs du Dauphiné Libéré, partenaire de l’évènement, a été remis, lui aussi, au parc des sports de Briançon.

  • Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Nous sommes dans une situation de maltraitance étatique comme nous en avons rarement connu. Depuis dix ans, nous alertons sur les mêmes incohérences et insuffisances de la part de l’État, qui assèche les fonds destinés aux services publics et aux collectivités locales », a déclaré Jean-Marie Bernard (LR), lors de la séance du Conseil départemental ce mardi. Le président des Hautes-Alpes a donné le ton : les questions d’orientations budgétaires ont dominé l’ordre du jour, sur fond d’inquiétude des élus quant aux marges de manœuvre financière du Département.

    Alors que le gouvernement fait face à une situation financière critique, le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) entend mettre à contribution, entre autres, les départements. « Mais nous refusons d’endosser la responsabilité des conséquences budgétaires de l’État », a poursuivi l’élu, dénonçant la « condescendance » du gouvernement. « Le Département est, avec la commune, le service public de proximité par excellence. Nous finançons les routes, les collèges, des projets d’aménagements pour nos vallées, et nous garantissons une solidarité entre concitoyens, que ce soit sur la question du handicap, de l’insertion ou du vieillissement. » Les élus sont unanimes sur la nécessité de « continuer à faire tourner le Département » et de « faire autant avec moins ».

    Plus de dépenses,

    moins de recettes

    Patrick Ricou, en charge des finances, a présenté les différentes contraintes. À commencer par le contexte budgétaire national, qui impacte aussi les collectivités locales : « Nous avons une croissance nationale qui tâtonne, et de l’autre côté une inflation qui ne cesse de grimper. La dette de notre pays et l’augmentation des taux d’intérêt sont une vraie préoccupation ».

    Si le PLF 2027 est adopté tel qu’il est aujourd’hui prévu, le Département devra contribuer « à l’effort national ». Ce qui signifie, concrètement, plus de dépenses et moins de recettes. Les Hautes-Alpes devront dépenser 2,1 millions d’euros dans le cadre de la Contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB), et verront leurs frais augmenter du fait de « mesures exogènes », comme la hausse du montant du Smic ou l’évolution des prestations sociales. Elles verront également leurs recettes diminuer de 2,81 millions d’euros à cause du blocage du gel de la TVA et de la baisse du FCTVA, une aide de l’État qui rembourse aux collectivités la TVA qu’elles paient lorsqu’elles réalisent des investissements. « On est en plein dans un effet ciseau, a dénoncé Patrick Ricou, des dépenses rigides avec peu de marge de manœuvre, des recettes peu dynamiques et une ponction importante de l’État pour le redressement des finances publiques. »

    Mais pas question de réduire les investissements « en faveur du territoire » : « Il est donc impératif de stabiliser la courbe des dépenses de fonctionnement, qui concernent notamment la masse salariale ». Pour cela, les élus prévoient de mener « des efforts de gestion », de stabiliser le niveau d’épargne et d’augmenter le taux des DMTO, des frais de notaire qui s’appliquent aux citoyens lors d’un achat immobilier. Il passera de 4,5% à 5%, mais les primo-accédants seront épargnés de cette revalorisation.

    Ces mesures permettront d’envisager un niveau d’investissement annuel qui reste important, de l’ordre de 56 millions d’euros. Car malgré ces contraintes, le Département assure maintenir ses engagements pour 2027 : modernisation des infrastructures routières, amélioration du patrimoine scolaire, solidarité humaine ou encore réduction de la fracture numérique.

  • Fabien Roussel appelle à amplifier les mobilisations

    Fabien Roussel appelle à amplifier les mobilisations

    La rue n’a pas dit son dernier mot ». Au siège du Parti communiste français, ce mardi, Fabien Roussel « appelle les Français à se saisir du 5 novembre » et à faire grossir les rangs des manifestants à l’occasion de la journée de mobilisation de l’intersyndicale.

    « Il faut que chacun prenne bien conscience de l’ampleur exceptionnelle du mouvement social auquel nous assistons. Exceptionnel par son ampleur et sa durée, par la convergence de toutes celles et ceux qui se rassemblent », entame le candidat à l’élection présidentielle. Et s’il loue ce mouvement social, c’est notamment car « cette mobilisation oblige le pays tout entier à regarder notre jeunesse et les conditions indignes dans lesquelles elle accède aux connaissances ». De quoi faire le lien avec les positions communistes sur les services publics : « Je dis aux lycéens et étudiants que nous ne les remercierons jamais assez de leur mobilisation. Nous qui dénonçons les politiques d’austérité depuis des années qui frappent les écoles, les lycées et les universités ». Et plus qu’un lien, le maire de Saint-Amand-les-Eaux voit dans la lutte de la jeunesse un « écho aux difficultés que vivent des millions de familles, de travailleurs et de retraités, dans le public comme dans le privé ».

    « Il faut une perspective politique »

    « Tout le monde subit les conséquences de 10 années de macronisme avec violence et brutalité », dénonce Fabien Roussel. Avant d’énumérer : « C’est la hausse des prix, des factures, des salaires en baisse, c’est la smicardisation du monde du travail, c’est l’accès à des services publics dégradés… ». Et de qualifier la crise politique actuelle : « une République qui connaît une régression sociale aussi inédite qu’insupportable ».

    Sur le fond, le candidat explique surtout qu’il « faut une perspective politique » à la colère qui s’exprime. « Il faut montrer qu’il y a des partis politiques qui relaient leurs propositions, c’est ce que nous faisons », explique-t-il. Et somme le gouvernement de « répondre aux revendications : C’est maintenant que nous voulons que les salaires augmentent. […] On ne peut pas attendre les élections présidentielles ! ». Il rappelle également la proposition du PCF d’une nationalisation de Total au regard du coût de l’essence : « Le coût d’une baisse de TVA sur l’essence ne représente qu’un trimestre de ses bénéfices annuels ». D’où son insistance à amplifier « le rapport de force entre le pouvoir et le peuple ». « C’est par le rapport de force qu’on pourra les faire plier. Emmanuel Macron a semé la misère, il récolte la colère, c’est l’heure de la moisson », martèle le communiste.

  • à Aix, plusieurs tentatives de blocus

    à Aix, plusieurs tentatives de blocus

    L’important aujourd’hui, c’est moins le nombre que de montrer que les revendications ne sont pas éteintes. Le mouvement s’est un peu essoufflé localement ce début de semaine mais il va revenir de plus belle », prévient Samir*. Comme une cinquantaine d’autres étudiants, ce jeune répond à l’appel à manifester lancé la veille. Rendez-vous était donné à 11h, sur la Rotonde. Un petit nombre de lycéens et d’étudiants a tenté de former un cortège, avant d’être rapidement délocalisé par les forces de l’ordre, sous peine « d’être verbalisés », rapportaient plusieurs d’entre eux.

    Dans la foulée, le groupe s’est dirigé d’un commun accord, vers le commissariat pour demander la « libération » de camarades interpellés en début de matinée : un peu partout en ville, des tentatives de blocus sont survenues dans les lycées. Selon la police, trois lycées « ont été bloqués ou partiellement bloqués » à Aix. À cela s’ajoute un blocage de Sciences Po et une action devant la fac de lettres. Toujours selon la police, deux personnes ont été interpellées pour « respectivement, jets de projectiles et feu de mobilier urbain ».

    En revanche, si Sciences Po a été bloquée, dans les lycées, les élèves ont eux pu se rendre en cours. « S’ils sont maintenus, alors les élèves se sentent obligés d’y aller, sinon ils sont notés absents. Entre pression des profs et des parents, je comprends qu’ils choisissent d’entrer dans le lycée. C’est pour cette raison qu’il faut qu’on remotive tout le monde ! », expliquait Lina*, devant le lycée Vauvenargues. La faculté de lettres a également vu une mobilisation tenue devant ses grilles, sans annulation de cours. « Il y a énormément d’universités bloquées aujourd’hui. Cela montre que le gouvernement est en perdition : il n’arrive pas à éteindre le mouvement. Ça n’augure que de bonnes choses pour le 5 novembre », avait estimé Younes Dufrenes pour l’Union Étudiante.

    Réfléchir le mouvement

    Sur tous les lieux de mobilisation, les revendications restent les mêmes : abrogation de Parcoursup et du programme Bienvenue en France, précarisation de la jeunesse, conditions d’études et climat. « Mais ça reste difficile de se positionner sur : est-ce qu’on fait les cours en distanciel, pour valider notre licence et avoir une chance d’avoir un master ? Où est-ce qu’on va se battre pour nos droits, pour ceux qui arrivent derrière ? », pose Luna, étudiante. « Pourtant on ne veut pas que ça lâche, on a envie que ça marche, qu’il y ait des réponses et des avancées. » Toutes ces questions ont été redébattues au cours d’une assemblée générale, tenue à l’appel de l’interlycéenne, dans des locaux prêtés par la MJC Prévert. Étudiants et lycéens présents restent déterminés pour « convaincre à venir manifester » et se réorganiser.

    * Le prénom a été modifié.

  • À Aix-en-Provence, les salariés toujours inquiets de la vente de SFR

    À Aix-en-Provence, les salariés toujours inquiets de la vente de SFR

    Finalisée en juin dernier, la vente de l’opérateur télécom SFR par Altice, son propriétaire, à Orange, Bouygues et Free avait suscité angoisses et incompréhension chez ses salariés.

    Déjà en septembre, plusieurs dizaines de salariés étaient descendus au pied du siège aixois de SFR, déplorant un flou quant à leur avenir au sein de la boîte où autour des conditions de départ proposées. Rebelote, ils sont une soixantaine à avoir fait grève ce mardi 3 novembre au matin.

    Pas de visibilité

    Pour rappel en septembre, la mesure prévoyait de passer 2 500 salariés, au total, chez les trois acheteurs : dont environ 2 300 vers Bouygues Telecom. Une SA SFR avait également été créée comme passerelle pour alléger cette refonte. « Sauf qu’au cours des négociations avec le consortium [composé d’Orange, Free et Bouygues, Ndlr.], on découvre qu’une seule offre nous sera proposée », déplore Jonathan Fulpin pour la CFTC. En cas de refus, c’est « le minimum sur un licenciement économique ». Seconde option proposée aux salariés : « Lever la main pour partir, poursuit Jonathan Fulpin. On négocie donc les départs volontaires mais ils restent bien moins avantageux que ceux proposés en 2017. »

    Qui plus est, le syndicaliste indique, entre autres, l’absence de mise en place d’un « plan sénior ». Les discussions sociales devraient reprendre dès vendredi, entre salariés SFR qui promettent d’être « très attentifs à ce qu’on leur propose » et le dit consortium.

  • Appeler le 18, ce n’est pas « commander une pizza »

    Appeler le 18, ce n’est pas « commander une pizza »

    Un clip vidéo décalé de moins d’une minute fait mouche. Un homme compose le 18 « pour une urgence » et souhaite l’arrivée des pompiers « dans 10 minutes si possible avec un supplément grande échelle et gyrophare ». Entre temps, un sapeur pompier apparaît à l’écran pour apporter une autorité bienveillante avec un slogan : « On ne commande pas un pompier comme on commande une pizza ». Voilà le message délivré depuis ce mardi par les sapeurs pompiers de Vaucluse qui ont lancé une campagne de communication qui sera largement relayée sur les réseaux sociaux, cinémas mais aussi en mairies ou emplacements médicaux.

    « Il y a un problème d’éducation de la population, parfois des gens en panne sur autoroute nous appellent », constate le commandant David Chesnel, qui a en charge la gestion de la plateforme d’appels au sein du Sdis de Vaucluse, là où transitent toutes les conversations du 18, 15 et du 112. « Les gens ne savent pas comment est traité leur appel, pensent que faire le 18 est un dû pour avoir les pompiers, le but de la campagne est de leur expliquer comment cela fonctionne », poursuit David Chesnel. « On ne dit surtout pas aux gens, n’appelez plus mais on souhaite changer leur perception sans les culpabiliser avec comme mots d’ordre appelez, expliquez et faites confiance », abonde Martine Casadeï, cheffe de l’administration générale au Sdis qui a piloté la campagne réalisée par l’agence de com’ avignonnaise Sur le pont !

    À peine 15% des appels amènent les pompiers

    Si a priori le Vaucluse est l’un des premiers Sdis à lancer une telle campagne, c’est parce que le nombre d’appels est en croissance permanente. 360 000 appels reçus l’an dernier – 18, 15 et 112 confondus – soit +6% en un an. « Cela fait environ 1 000 appels par jour et, en réalité, seuls 140 ont déclenché une intervention des pompiers, chiffre le colonel hors classe Paichoux, patron du Sdis. Loin de moi de penser que près de 900 appels sont inutiles, des gens en détresse ont besoin d’assistance, on va avoir le même niveau d’attention, mais chaque appel répond à une situation différente et un traitement différencié », fait-il valoir. Ainsi, en fonction du degré d’assistance, trois possibilités s’offrent : soit un simple conseil téléphonique, soit un transport sanitaire par ambulance, soit une urgence et, là, les pompiers interviennent.

    « La population doit comprendre que l’engagement des pompiers n’est pas automatique mais seulement réservé à des urgences vitales, il faut vraiment faire confiance à l’opérateur en ligne », plaide Christophe Paichoux. En ces temps où certains services d’urgences incitent d’abord à faire le 15 avant de se déplacer, et où joindre un médecin est de moins en moins aisé, en bout de chaîne les appels d’urgence progressent. « Les gens sont habitués à l’immédiateté, à consommer des services publics comme des services marchands mais nous sommes un service d’urgence qui ne peut être partout à la fois au risque ensuite de ne plus être disponible pour les urgences vitales », avertit le chef des pompiers. Surtout dans le contexte actuel où les pompiers, sursollicités, ont largement exprimé leur mal être et revendications par la grève depuis septembre.

  • Agritourisme, conquête de marchés étrangers, outils digitaux… Var Tourisme lance son plan d’action pour 2027

    Agritourisme, conquête de marchés étrangers, outils digitaux… Var Tourisme lance son plan d’action pour 2027

    Au crépuscule de l’année 2026, il est temps de penser à la prochaine. Et dans le Var, plus qu’ailleurs, à la saison touristique qui vient avec. Cela, après un exercice marqué par « une saison estivale où nous avons été en difficulté, dans le contexte actuel de notre pays. Mais nous sauvons les meubles », résume Guillaume Decard, président de Var Tourisme, qui relève avec satisfaction les chiffres encourageants de l’avant et de l’arrière-saison, avec, notamment, « 600 000 nuitées supplémentaires en octobre par rapport à 2025 », permettant d’entrevoir un bilan prévisionnel stable de 80 millions de nuitées sur l’année.

    Les effets du développement « 4 saisons » qui lui est si cher, bien que « ça ne veuille pas dire qu’on doit lisser le tourisme. Nous devons préserver le noyau dur qu’est la saison estivale, qui représente 5 milliards d’euros de retombées économiques », martèle Guillaume Décard. Et pour cela, Var Tourisme lance son plan d’action 2027 intitulé « Varêvolution ».

    Développer l’agritourisme et le tourisme chinois

    Premier outil : l’observation et l’analyse des données grâce à l’observatoire digital du tourisme lancé fin 2023, y compris dans une logique de gestion des flux touristiques et de suivi de l’impact carbone. La communication et la valorisation seront aussi des axes forts, à travers des événements tels que la tenue d’un pop-up à Paris en novembre, des campagnes marketing et un accent sur les outils digitaux, notamment avec l’appui d’influenceurs. Mais aussi à travers le guide du réseau « Destination le Var », permettant de mettre en valeur ses membres (hôtels, restaurants…) auprès des visiteurs.

    Tout cela sera mis au service du développement de l’activité dans un département doté « de filières infinies », appuie Anthony Matteuzzi. Parmi elles, le golf, la spiritualité, le nautisme, ou encore le tourisme de pleine nature, qui bénéficieront toutes de mises en valeur à travers des événements, supports et outils promotionnels. La question de l’accessibilité sera aussi au centre, via un colloque et un site internet dédié. Mais l’axe de l’agritourisme et de l’œnotourisme, mis en avant depuis 2025, apparaît comme la priorité. Il s’agira de poursuivre la mise en valeur et l’accompagnement des projets du genre, comme cela a déjà été engagé cette année avec la sortie du guide de l’agritourisme. Un nouveau guide à destination du public, « Le Var des terres », paraîtra en février.

    Enfin, Guillaume Décard ambitionne « la conquête de nouveaux marchés » de clientèle étrangère, dotée d’un pouvoir d’achat supérieur. L’Italie, par exemple, qui n’est qu’au 6e rang en la matière malgré sa proximité, le Canada, qui a progressé de 114% depuis 2019, et surtout la Chine, pour laquelle une mission de développement est à l’étude. En parallèle, Var Tourisme veut consolider les marchés déjà fructueux (Allemagne, Scandinavie, Pays-Bas, États-Unis). Sans oublier le marché hexagonal, alors que le Var reste la destination favorite des Français, malgré le contexte économique : « Le tourisme social nous intéresse aussi », affirme le président du département Jean-Louis Masson. « Le fait que le panier étranger est plus important que le français doit nous pousser à le développer. » À travers, notamment, l’excursionnisme, c’est-à-dire les séjours à la journée en provenance de territoires de proximité (Var, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes).

  • [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    [Entretien] « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors »

    Sur un grand drap blanc posé à même le sol, place Jean-Jaurès, 21 peluches sont disposées sur des taies d’oreiller. Elles représentent « 21 enfants scolarisés à Montpellier, de la crèche à l’université », qui, depuis la rentrée scolaire, « n’ont dû leur mise à l’abri qu’à des citoyennes et des citoyens, et non à l’État ». 21 enfants « qui dormaient avec leurs parents dans des halls d’immeubles, dans leurs voitures, dans des tentes, à deux pas de chez nous, de chez vous », interpelle, au micro, Murielle Kosman, de l’association Une École Un Avenir.

    Lundi 2 novembre, le collectif Un Toit Un Avenir, qui réunit la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Cimade, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Droit au logement (DAL) et l’association Une École Un Avenir, appelait, avec le soutien du Réseau Universités Sans Frontières (RUSF), à un rassemblement pour « rendre visibles » ces familles qui dorment dans la rue à l’approche de l’hiver.

    « Ces 21 enfants ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne Murielle Kosman, selon laquelle une centaine d’enfants seraient aujourd’hui sans abri à Montpellier, d’après les estimations des associations. « Quand on dort dans la rue, on a moins de chances pour étudier, construire son avenir, on a une santé fragilisée. Tout est mis en péril. C’est quoi le droit à l’éducation, le droit à la santé pour les enfants qui dorment dehors ? », interroge la porte-parole.

    Depuis septembre, la mobilisation citoyenne impulsée par le collectif a permis de financer « plus de 150 nuits de mise à l’abri, dont plus de 110 chez des habitants solidaires, et de récolter plus de 11 000 euros ». Hébergement chez des particuliers, nuitées d’hôtel ou dans des locations de type Airbnb financées par des cagnottes, dons de nourriture et de vêtements : faute de solutions institutionnelles, la solidarité prend le relais.

    « La solidarité a ses limites »

    Mais « les pouvoirs publics ne sauraient se reposer plus longtemps sur la générosité des citoyens pour s’acquitter d’une obligation qui leur incombe », insiste le collectif, qui rappelle que l’article L. 345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles « garantit un accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence pour toute personne sans abri en situation de détresse, quel que soit son statut administratif ». Il réclame donc un plan « zéro enfant à la rue » dès cet hiver à Montpellier, porté conjointement par l’État et la Ville. « La solidarité a ses limites, il faut de la sécurité. Ces familles sont en stress permanent », alerte Murielle Kosman.

    « Malgré la trêve hivernale, il est évident qu’il va y avoir des familles à la rue cet hiver. Des familles se retrouvent dans la situation suivante : elles appellent le 115, mais il n’y a pas de solution, malgré des injonctions. Pire, l’État a décidé de réduire encore le nombre de places d’hébergement d’urgence », dénonce la représentante d’Une École Un Avenir.

    Une audience auprès de la préfète de l’Hérault a été sollicitée. La municipalité est elle aussi interpellée : « Nous pensons que Michaël Delafosse est en mesure d’aider le secteur associatif et de faire le travail de conviction nécessaire auprès de la préfecture », estime Murielle Kosman. « Des chartes sont signées, des jolis mots sont dits mais nous souhaitons des actes concrets pour que derrière les inscriptions à l’école suivent des toits, des hébergements. Quelle que soit la manière dont les pouvoirs publics s’y prendront. La réquisition, on est pour. L’habitat intercalaire, pourquoi pas. La construction de logements sociaux, évidemment », énumère la militante.

    À la nuit tombée, les participants étaient invités à allumer leurs lampes-torches pendant les prises de parole. Une façon de mettre en lumière ces familles que la précarité contraint trop souvent au silence. « Je salue le courage de ces familles. Parce que c’est très difficile pour elles d’aller demander de l’aide, d’accepter les conditions dans lesquelles elles vivent », rappelle la porte-parole du collectif, qui prévient : « Nous ne nous tairons pas tant qu’un seul enfant dormira dehors. »