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  • Cap au Nord pour Toulon

    Cap au Nord pour Toulon

    Le cap fatidique des quarts de finale. C’est à ce stade de la compétition que les pensionnaires du Rugby Club Toulonnais avaient été sortis de Champions Cup, la saison passée, au terme d’une pénalité inscrite au dernier moment par le célèbre arrière toulousain Thomas Ramos. Un an plus tard, quasiment jour pour jour, les Varois ont parcouru le même chemin. Mais au lieu de recevoir un voisin à Mayol, ils se rendent à Glasgow, ce samedi, avec l’espoir de se qualifier pour le dernier carré de la plus prestigieuse compétition européenne. « On va en quelque sorte affronter l’Écosse », lance le manager du RCT, Pierre Mignoni, conscient que la grande majorité du XV des Warriors est composée d’internationaux du Chardon. Il s’inspire d’ailleurs de leur dernière confrontation face à l’équipe de France, le 7 mars, lors du Tournoi des Six Nations. « Ça va être un peu le même style de match. Les conditions seront forcément différentes, mais c’est une équipe favorite qui ressemble à son équipe nationale, actuellement première en Rugby Championship avec la meilleure attaque d’Europe », estime le technicien toulonnais.

    Jouer sans regrets

    En se qualifiant pour les quarts de finale, les Rouge et Noir ont atteint l’objectif fixé par le président Lemaitre en début de saison. « Je suis content d’y être parvenu, surtout quand on voit à quel point cette saison a été difficile pour nous », lâche Mignoni, jamais épargné par les longues blessures de ses protégés tout au long d’un lourd calendrier. « Il faut jouer avec un peu plus de légèreté, tout en apportant de l’énergie et de la détermination. Parce que si tu gagnes, tu fais une demi-finale », rappelle le manager de 49 ans, qui ne veut surtout pas connaître les mêmes regrets qu’il a connus à la suite de la défaite, l’année passée, face au Stade Toulousain. Et pour cela, il compte sur une stratégie « claire et comprise de tous ». Absent des 23 convoqués la semaine dernière face aux Sud-Africains des Stormers, Melvyn Jaminet sera un élément clé de la tactique varoise au poste d’arrière. Les retours tant attendus d’Esteban Abadie et Baptiste Serin vont également être déterminants pour que Toulon puisse repartir avec un succès inespéré. En cas de succès des Rouge et Noir, ces derniers disputeront leur demi-finale (le week-end du 1er mai) soit à Bordeaux, soit au Leinster, en fonction du résultat du club irlandais face aux Anglais de Sale.

  • L’initiation aux sports nautiques de plus en plus efficace à Marseille

    L’initiation aux sports nautiques de plus en plus efficace à Marseille

    Les rayons du soleil frappent le stade nautique Florence-Arthaud, sous le regard des anneaux olympiques, posés fièrement face à une mer peu agitée. Ce mercredi 1er avril, l’association l’Avi Sourire a inauguré le dispositif Sport Handi Nautique Marseille (SHNM). Présent depuis 2010 à Corbières, l’événement a basculé sur un site multifonction et idéal pour initier au plus grand nombre. « Le message que l’on veut faire passer c’est, les activités nautiques sont adaptées et adaptables à tout le monde. Parfois, les gens pensent qu’ils sont éloignés de ce type d’activités. Nous, on leur dit “ici, sur un site accessible, on peut vous accueillir” », souligne Florin, membre de l’association. Par ailleurs, les stands proposés sur place mettaient en valeur le sport à travers différentes thématiques, comme la nutrition, la biodiversité ou le ramassage des déchets.

    Parmi l’armée de bénévoles habillés de rose, un homme se détache. Sylvain est partout, mais, en même temps, il est chez lui ici. Sylvain se déplace en fauteuil roulant à cause d’un dysfonctionnement du cervelet, affectant son équilibre, sa parole et sa perception des mouvements. Lunettes de soleil jaunes sur le nez, il coupe notre première question : « Attendez, je refais mon brushing » –, on nous avait précisé qu’il avait de l’humour. Membre du club, il décrit son rôle et la raison de sa venue. « Je suis rameur, avant tout, auprès de l’association, et bénévole. Avant, j’ai fait de la natation pendant 20 ans et je voulais faire autre chose. Ça s’est fait par bouche à oreille, j’ai entendu qu’il y avait un club d’aviron à Corbières. Maintenant, ça fait cinq ans que je suis là. J’apporte ma pierre à l’édifice et je suis heureux », dit-il dans un sourire.

    Après son court moment de célébrité, le rameur est revenu à sa mission principale : faire à découvrir le nautisme aux enfants atteints de handicap. Environ 450 se sont inscrits, pour pratiquer l’aviron, le kayak et autres sports sur l’eau. « Ces enfants viennent d’instituts médico-éducatifs (IME). Il y en a environ 60 dans la région marseillaise. Avant, la plupart se trouvaient en classes Ulis et ils passent généralement en IME jusqu’à leurs 20 ans. » Ces paroles sortent de la bouche de Dominique Guende, créatrice de l’association, en 2003. « À l’origine, nous étions le seul club français de para-aviron avec une section pour les valides. Car c’est ça l’inclusion, permettre à absolument tout le monde de participer », glisse la femme aux cheveux courts.

    Les écoles marseillaises remplissent les créneaux

    Les bénévoles doivent donc gérer et apprendre les sports nautiques à des enfants autistes, amputés ou encore sourds et muets. Avec calme et bienveillance. « C’était trop bien ! », affirme Sacha, en débarquant de son kayak. L’activité plaît visiblement aux principaux concernés, vu les sourires affichés sur leur visage. La promesse de rendre le stade nautique aux petits Marseillais est en passe d’être validée. Aurélie Di Napoli, responsable du site, détaille : « On a une capacité annuelle d’accueil de 330 classes et on va les atteindre. C’était l’objectif et on va l’accomplir dès cette année scolaire. » Le dispositif d’accès au nautisme se fait par le biais de l’éducation nationale, qui décide de l’attribution des créneaux. « Nous, on ouvre des créneaux, les écoles publiques de la ville s’y inscrivent et ensuite il y a la sélection de la part de l’éducation nationale. Ils vont choisir en fonction du projet pédagogique, si l’école en a déjà bénéficié et du maillage territorial et les écoles », appuie Aurélie Di Napoli.

  • Marseille: les 33 adjoints au maire

    Marseille: les 33 adjoints au maire

    1ère adjointe : Michèle Rubirola

    Élue maire en juillet 2020, devenue première adjointe cinq mois plus tard, l’écologiste reste la figure de proue du Printemps marseillais.

    2e adjoint: Joël Canicave

    L’ancien chef du groupe de la majorité et précieux adjoint en charge des finances, des moyens généraux et des budgets participatifs, rempile.

    3e adjointe: Samia Ghali

    L’ancienne sénatrice socialiste, ralliée sur le fil au Printemps marseillais en 2020, conserve son titre de maire adjointe.

    4e adjointe: Amine Kessaci

    Militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic, candidat écologiste aux européennes et aux législatives, il occupe une place de choix dans l’exécutif.

    5e adjointe: Audrey Garino

    L’élue communiste, adjointe à la solidarité, la lutte contre la pauvreté et l’égalité des droits, depuis 2020 est devenue une cadre du Printemps marseillais.

    6e adjoint: Arnaud Drouot

    Élu adjoint en 2020, ce proche de Benoît Payan, avait quitté l’exécutif pour devenir directeur de cabinet du maire. Il assure qu’il va y rester.

    7e adjoint: Pascaline Lécorché

    Chercheuse et Marseillaise depuis 2013, la déléguée de Place publique était candidate du NFP dans les 11-12 aux législatives de 2024.

    8e adjoint: Pierre Huguet

    Battu dans les 9-10, l’élu (G.s) avait en charge l’éducation et les cantines scolaires lors du dernier mandat, avant de devenir chef du groupe PM.

    9e adjointe : Hanifa Taguelmint

    Militante des luttes antiracistes, engagée au PS puis à LFI, cette voix historique des quartiers Nord a rejoint le PM en janvier face à la menace RN.

    10e adjoint: Éric Méry

    L’avocat, président de Mad Mars, avait pris la suite de Mathilde Chaboche à l’urbanisme. Son sérieux est récompensé.

    11e adjointe: Nassera Benmarnia

    L’ancienne socialiste, adjointe en charge des espaces verts, des parcs et jardins, a été très active lors de la mandature précédente.

    12e adjoint: Hervé Menchon

    Membre du groupe Écologistes et pluriel.s, adjoint à la mer, à la biodiversité marine et au littoral lors du dernier mandat, l’élu EELV est resté fidèle au PM.

    13e adjointe: Marie Batoux

    Ancienne membre du collectif du 5-Novembre, un temps insoumise, elle a été adjointe à l’éducation populaire puis aux mobilités.

    14e adjoint: Julien Harounyan

    Co-président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France Sud, il a rejoint le Printemps marseillais en février.

    15e adjointe: Audrey Gatian

    Adjointe aux mobilités puis à la politique de la ville, la socialiste est la présidente du bailleur social, Marseille Habitat.

    16e adjoint: Pierre Marie Ganozzi

    Incarnation citoyenne du Printemps marseillais, ce prof d’histoire-géo et ex-secretaire de la FSU 13, a été l’adjoint du plan école et du bâti scolaire.

    17e adjointe: Perrine Prigent

    Élue de la société civile en 2020, elle a été adjointe déléguée à la valorisation du patrimoine, aux espaces publics et à l’eau dans la ville.

    18e adjoint: Anthony Gonçalves

    Ce cancérologue a rejoint le Parti communiste en 2014 et mené plusieurs batailles électorales. Il était le chef de file du PCF aux municipales.

    19e adjointe: Josette Furace

    Ancienne conseillère municipale déléguée à l’emploi des jeunes, cette ghaliste issue des 15-16 est promue adjointe pour ce mandat.

    20e adjoint: Karim Touche

    Délégué général de la Ligue de l’enseignement des Bouches-du-Rhône, il intègre l’exécutif municipal pour son premier mandat.

    21e adjointe: Capucine Edou

    Responsable partenariat à la CMA-CGM, cette écologiste avait déjà été candidate aux municipales à Paris en 2014 et aux dernières régionales ici.

    22e adjoint: Gwenaël Richerolle

    Directeur de cabinet d’Olivia Fortin, la maire (Mad Mars) des 6-8, l’écologiste entre dans l’arène en intégrant l’exécutif de la mairie centrale.

    23e adjointe: Chahidati Soilihi

    Adjointe au maire d’arrondissements dans les 15-16, c’est à la mairie centrale qu’elle fait cette fois-ci son entrée.

    24e adjoint: Hassan Guenfici

    Président du Forum franco-algérien depuis 2024, ce communiste était secrétaire général du groupe de gauche Pour une Métropole du bien commun.

    25e adjointe: Sophie Guérard

    Directrice d’école maternelle, elle fut adjointe au maire en charge de la place de l’enfant. Elle fait partie de la composante citoyenne du PM.

    26e adjoint: Yoan Levy

    Ancien secrétaire général du groupe Printemps marseillais à la mairie, le socialiste avait intégré le cabinet du maire en janvier 2025.

    27e adjointe: Clara Jaboulay

    Présidente de 2016 à 2018 de l’Union nationale des lycées, elle a été collaboratrice à la mairie des 2e et 3e arrondissements de 2022 à 2025.

    28e adjoint: Ahmed Heddadi

    Ancien président des Radicaux de gauche 13, il était depuis 2020 adjoint en charge du lien social, de la vie associative, des centres sociaux et du bel âge.

    29e adjointe: Nathalie Tessier

    Élue en 2020, la communiste, jusqu’ici conseillère municipale déléguée aux droits des femmes, franchit un palier.

    30e adjoint: Hedi Ramdane

    Salarié pendant 13 ans dans une mission locale, il devient en 2020 adjoint au maire délégué à la jeunesse.

    31e adjointe: Rebecca Bernadi

    Entrepreneuse dans le 12e, l’adjointe au commerce, à l’artisanat et aux noyaux villageois, incarnait la composante citoyenne du PM.

    32e adjoint: Yannick Ohanessian

    Secrétaire du PS 13 et porte-parole national d’Olivier Faure, l’ancien adjoint à la tranquillité publique perd quelques places.

    33e adjointe: Juliette Masson

    Adjointe à la maire des 6-8, déléguée aux écoles, à la place de l’enfant, son travail est récompensé par une place dans l’exécutif municipal.

  • Les Marseillaises ont investi le Vélodrome

    Les Marseillaises ont investi le Vélodrome

    Une imposante masse s’est déplacée jusqu’au stade Vélodrome, ce samedi soir. Jamais dans l’histoire du football féminin français, autant de monde n’avait assisté à une rencontre. Un record a donc été battu lors de ce match d’Arkema Première Ligue entre les Marseillaises et Montpellier, lanterne rouge du championnat. 35 713 spectateurs étaient présents pour assister à la défaite 2-1 de l’OM. L’ancienne marque tenait depuis novembre 2019 et une confrontation entre l’OL Lyonnes et le PSG (30 661 spectateurs). Durant la semaine, les réservations s’étaient envolées avec plus de 50 000 demandes. Même si le nombre final est bien en deçà, les Phocéennes ont investi avec succès l’antre du boulevard Michelet. Notons, par ailleurs, que le précédent record pour un match des Marseillaises était de 2 726 personnes, soit 13 fois moins élevé.

    Familles et écoles

    de foot au rendez-vous

    Il était 17 heures lorsque le public commença à débarquer devant le parvis Jean-Bouin. Les gens arrivent par grappes, bien emmitouflés sous leur doudoune, pour contrer ce vent qui aura gêné les habitants de la ville durant toute la semaine. Beaucoup se prennent en photo avant de grimper les marches menant à l’enceinte. C’est le cas d’Eva et Justine. Maillots domicile et extérieur sur les épaules, elles racontent en chœur que « c’est la première fois que nous venons voir les Marseillaises. C’était l’occasion pour nous. Martigues, ça fait un peu loin quand on n’a pas de véhicule. »

    C’est aussi cette proximité avec la ville qui a amené de nombreux spectateurs au stade, samedi. Marc et Christine sont venus en famille. Accompagné de leurs trois enfants en bas âge, le couple a profité de la rencontre. « ça nous faisait une sortie en famille. C’est rare de pouvoir faire ça tous les cinq, gratuitement. L’ambiance est agréable », disait Marc. En effet, voir un match au Vélodrome gratuitement, ce n’est pas tous les jours – pour ne pas dire jamais. Cette offre a permis à beaucoup de familles, d’écoles de foot de venir au stade. Un public très rajeuni ce samedi, avec également de nombreux groupes de jeunes présents pour l’événement.

    Après le Vel’, retour

    à Martigues

    À l’intérieur du stade, l’ambiance était plus feutrée, le Vélodrome s’est rempli petit à petit et les 35 000 spectateurs n’étaient pas tous là lors de l’entrée des joueuses. Justement, en bord de pelouse, un kop a donné de la voix. Une bâche « Les Marseillaises » a été brandie et des cheerleaders aux pompons bleus et blancs ont assuré l’ambiance. Certains ont d’ailleurs dû manquer le malheureux CSC de Kbida, dès la première minute. Si les encouragements étaient timides, la seconde période était plus rythmée en tribunes. Le but du 2-0 a d’abord fait mal au crâne, mais la fantastique réduction du score de Mathilde Bourdieu a ravivé la flamme dans les travées. L’annonce du « record historique » par la speakerine de la rencontre a vu naître un long frémissement dans le stade. Il restait un quart d’heure et les Phocéennes pouvaient encore revenir dans la partie. Ensuite, les nombreuses opportunités marseillaises ont été poussées par le public, jusqu’au bout du temps additionnel. En vain.

    Une défaite qui fait mal pour les joueuses, mais les fans semblaient heureux de l’expérience. Rencontrée à la sortie de l’enceinte, Jihane a apprécié le moment… et pourrait revenir. « C’était cool, j’ai passé une bonne soirée. Bien sûr, c’est dommage qu’elles aient perdu, mais j’ai bien fait de venir et c’est possible que je revienne les voir jouer cette saison. » Christophe, la trentaine bien tassée, mettait en avant le mérite de ces joueuses. « ça devait être un rêve pour elle. Jouer devant autant de monde, dans ce stade emblématique, c’est quelque chose d’unique. Malgré la défaite, j’espère qu’elles garderont toutes de bons souvenirs de ce match », raconte-t-il.

    Après l’ivresse du Vélodrome, les Marseillaises vont devoir retourner dans leur stade Francis-Turcan, à Martigues. Cette rencontre sur le boulevard Michelet doit les rapprocher un peu plus d’une venue permanente à Marseille. En tout cas, le public a répondu présent à l’appel du club et l’objectif affiché est atteint : le record français pour un match féminin appartient bien aux Marseillaises.

    « C’est possible que
    je revienne les voir jouer
    cette saison »

  • La première mesure de leur mandat

    La première mesure de leur mandat

    Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille

    « Ma première action est un axe fondamental de notre programme pour Marseille. Protéger les Marseillaises et les Marseillais, c’est aussi soutenir leur pouvoir d’achat et lutter contre toutes les formes de précarité. Nous allons proposer la création d’un guichet unique du pouvoir d’achat, avec une offre complète de dispositifs nouveaux ou renforcés : l’assurance habitation municipale, une mutuelle municipale, la multiplication des gratuités pour les cantines scolaires et les petits-déjeuners à l’école… »

    Josée Massi, maire (SE) de Toulon

    « Nos priorités sont d’abord la sécurité, parce qu’elle est la première des libertés. Nous agirons vite pour ajuster l’organisation de notre police municipale, pour renforcer sa présence en proximité. Je souhaite que nous engagions aussi sans tarder une démarche forte pour les quartiers, notamment au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var, en nous inspirant de ce qui a été fait avec succès pour le centre-ville. Je veux que ces quartiers sentent rapidement que quelque chose se remet en mouvement. »

    Alexandre Roux, maire (DVG) d’Entrechaux

    « Même si j’ai été réélu pour un second mandat, l’équipe a été renouvelée de moitié. Une des premières choses sera un tour du patrimoine communal avec l’ensemble des élus pour que tout le monde ait connaissance des sujets. Autre chose symbolique, la réalisation d’une seconde fresque murale monumentale sur la place de l’église. La suite sera de poursuivre rapidement le projet au cœur du village, avec le nouveau quartier, les Jardins d’Isaline voué à accueillir entre 8 et 10 habitations pour des familles et pérenniser nos 4 classes à l’école. »

    Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc

    « La première mesure phare, j’ai demandé à rencontrer le ministre de l’Intérieur pour mettre en place le commissariat mixte. Le local actuel est vide depuis des années, on aimerait y installer la police nationale et la police municipale. Après avoir réussi à faire reculer les trafics de drogue, on reste vigilants. Autrement, on est dans la continuation des grands projets en cours. On a l’Anru qui va nous prendre beaucoup de temps, avec la démolition de la barre de la Lèque et de la cité Bellevue, qui va être refaite, et l’aménagement des extérieurs des Comtes. »

    Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove

    « Ma première mesure est l’extension du périscolaire de 7h30 à 18h30 et la mise en place du centre aéré le mercredi. Mon premier objectif est d’aider au maximum les parents qui travaillent. »

    André Molino, maire (PCF) de Septèmes-les-Vallons

    « Nous allons continuer à œuvrer au niveau de nos groupes scolaires et de nos crèches, travail que nous avions entamé durant le précédent mandat. Nous poursuivrons également le développement de nos centres de santé sur notre territoire. Nous soutenons aussi la création d’un commissariat de plein exercice à Plan-de-Campagne. Environ 300 000 véhicules passent par cette zone le week-end, ce qui nécessite la mise en place d’un système de sécurité efficace. Au global, nous travaillerons à appliquer le projet sur lequel nous avons été élus. »

    Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence

    « La première chose que je vais faire après avoir été réélue, c’est aller saluer les Écrivains du sud ce soir, ensuite nous allons ouvrir la Biennale (qui débute le 11 avril), puis je pense aller saluer les services municipaux. Ce sont des activités, plus que des mesures ! Mais je ressens une ardeur au travail, on ne s’est pas arrêtés, depuis lundi. Oui, on sera dans la continuité (du précédent mandat). Il n’y a pas de priorités nouvelles, mais il y a beaucoup de choses à faire, le programme est dense. »

    Julien Di Benedetto, maire (SE) de Digne-les-Bains

    « La première mesure, pour nous, c’est très rapidement travailler sur le centre-ville avec l’association des commerçants. On participera à leur assemblée générale dès lundi soir. Le sujet, c’est vraiment le centre-ville dès le départ, ce qui n’enlève rien ensuite à la santé. Je vais rencontrer les personnels hospitaliers rapidement. Puis il y a aussi le conservatoire de musique de Digne, qui est dans un état très difficile. Le personnel attend de rencontrer les nouveaux élus. Voilà les trois gros chantiers qu’on va ouvrir la semaine prochaine. »

    Laurence Dépieds, maire (SE) de Saint-Martin-de-Brômes

    « La première chose qu’on va faire, c’est acquérir une parcelle sur laquelle il y a une ancienne menuiserie, qu’on va destiner à de la location, à un logement et à un atelier pour le personnel technique. Il y a énormément de demandes et on n’arrive pas à satisfaire la demande des jeunes du village qui cherchent de la location sur des petites surfaces. On a aussi la problématique des loyers élevés. Donc on cherche à faire quelque chose. On a déjà mis à la location un logement qu’on a rénové à loyer modéré. »

    Loïc Gachon, maire (DVG) de Vitrolles

    « La première mesure, avant le débat d’orientation budgétaire, sera l’élection, dès dimanche, d’un adjoint spécial, délégué au quartier des Bords de l’étang. Ce quartier, parce qu’il est géographiquement déconnecté du reste de la ville, (…) a besoin d’un accompagnement spécifique. L’idée est que ses habitants puissent avoir un interlocuteur unique pour toutes les thématiques, que ce soit sur l’aménagement, la mobilité, le stationnement, mais aussi l’éducation ou le sport. »

    Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon

    « Il sera urgent, dès lundi, d’essayer d’y voir plus clair sur nos marges de manœuvre financières. En attendant, il va falloir faire attention aux engagements en cours. On va passer par un audit. D’ici là, on va voir ce qui est dans les tuyaux, les dépenses indispensables ou pas. Et ne pas se précipiter sur le parapheur à la signature qu’on va me proposer au premier jour. Je compte bien sûr sur les services pour m’aider à y voir plus clair. Il y a aussi une grande attente légitime des agents, à qui il faudra redonner du sens et les embarquer dans un projet collectif que les électeurs ont voulu. »

    Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne

    « Ma toute première mesure, sera de stopper la bétonisation d’Aubagne, avec un moratoire immédiat. La ville a été abîmée par le béton pendant les deux derniers mandats. Beaucoup d’habitants ne la reconnaissent plus. Nous allons remettre à plat l’ensemble des projets d’urbanisation, étudier les permis de construire un par un. Nous allons sanctuariser les terrasses agricoles, où des permis ont été délivrés, alors que c’est illégal. Il faut directement stopper l’urbanisation dans les espaces naturels, pour les préserver. »

    Lila Desjardins, maire (DVG) de Peyruis

    « Le premier dossier, c’est un café brasserie sur le terrain vague à côté de la place du village, avec, s’il y a la place, une supérette à côté. On va le déposer le plus rapidement possible. Soit on trouve un gérant privé, soit ce sera un café associatif, soit communal. On a été approché par une ou deux personnes intéressées par la gestion. C’est important car aujourd’hui il n’y a plus de café. Notre idée, c’est de recréer de la vie, un lieu de convivialité, permettre aux gens de sortir de leur isolement, d’échanger, recréer de la solidarité, du lien. »

    Chantal Eymeoud, maire (Horizons) d’Embrun

    « Pour ce nouveau mandat, notre première mesure d’ampleur sera le lancement de l’opération de requalification du quartier du Haut de ville. Cette opération vise notamment à renaturer les espaces publics, sécuriser l’accès aux groupes scolaires et améliorer la qualité des espaces publics. En complément de cette première action pour la commune, nous avons engagé le renforcement des effectifs de la police municipale de la commune. »

  • [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    Forte de 54,34% des suffrages, la nouvelle majorité du Printemps marseillais s’assure une avance confortable avec 73 élus sur les désormais 111 sièges du conseil municipal, version réforme de la loi PLM, soit 10 de plus qu’en 2020. Pour mémoire il y a 6 ans, en pleine crise sanitaire, il avait fallu ferrailler dur pour que l’écologiste Michèle Rubirola prenne la tête de la Ville, avec le soutien de Samia Ghali (DVG) qui briguait elle aussi le poste dans un premier temps.

    Devenue finalement maire adjointe, cette dernière a désormais intégré le Printemps marseillais et fait partie des piliers sur lesquels s’appuie le Printemps nouvelle mouture. Tout comme Pierre Huguet (G.s), ex-adjoint à l’Éducation, Éric Méry, ex-adjoint à l’Urbanisme, le député PS Laurent Lhardit, les socialistes Joël Canicave, ex-adjoint aux Finances, Anthony Krehmeier, maire des 2-3 réélu, ou encore Yannick Ohanessian ex-adjoint en charge de la Tranquillité publique. Jusqu’alors en charge du Logement, Patrick Amico (GRS), bien que 71e sur la liste, est aussi de retour.

    On retrouve également les communistes, Audrey Garino, Jean-Marc Coppola, Nathalie Tessier, respectivement en charge de la Solidarité, la Culture et le Droit des femmes dans la mandature écoulée. Rangs du PCF qui se trouvent renforcés avec Anthony Gonçalves, oncologue et chef de file du parti pour ces municipales, Mohamed Itrisso, militant des quartiers nord et cofondateur du collectif SOS Comores et Ibrahim Mze, responsable du collectif fédéral du logement du PCF 13.

    Troisième de la liste, le militant écologiste, Amine Kessaci, devenu symbole national de la lutte contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, va également peser dans l’hémicycle.

    Une opposition RN

    Il y a aussi les petits « nouveaux » qui ne le sont pas vraiment, ayant déjà fait leurs preuves dans les secteurs ou à la métropole, comme Emilia Sinsoilliez, ex-première adjointe au maire des 2-3, Enda Amraoui, présidente du collectif pour une société plus inclusive, « Plus jamais sans nous » et ex-adjointe à la mairie des 4-5, Juliette Masson, ex-déléguée aux Écoles dans les 6-8 ou Jean-Marc Signes, ex-conseiller métropolitain écologiste, élu dans les 11-12. Côté société civile, Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement 13 ou Yahya Güngörmez, représentant du Conseil démocratique kurde à Marseille font leur entrée.

    En face l’extrême droite. Franck Allisio, ayant totalisé 40,29% des voix, se pose en leader d’une opposition passée de 9 à 34 élus. Cumul des mandats oblige, il devra sans nul doute démissionner de la Région. Il s’appuiera sur des historiques comme Jean-Marc Graffeo, responsable départemental de Reconquête !, la députée RN Gisèle Lelouis ou Eléonore Bez, conseillère régionale. Il pourra compter sur une ribambelle d’ex-élus de secteur, Sophie Arrighi, Thibaut Charpentier, Jessy Nakache, ou Gérard Audibert. Figure aussi Jean-Baptiste Rivoallan, ancien président du groupe de la droite marseillaise à la métropole.

    Droite marseillaise atomisée avec 4 élus seulement dont Martine Vassal (DVD), présidente du Département, son bras droit Romain Simmarano (Ren.), Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille et Stéphane Pichon, président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

  • Le second tour en un clin d’œil : des résultats contrastés selon les départements

    Le second tour en un clin d’œil : des résultats contrastés selon les départements

    BOUCHES-DU-RHONE

    La victoire confortable du maire DVG Benoît Payan à Marseille, la deuxième ville du pays, met du baume au cœur des électeurs de gauche de tout le pays. La capitale des Bouches-du-Rhône s’est mobilisée et a résisté malgré l’inquiétude provoquée par la progression de l’extrême droite qui revendique la victoire dans des mairies d’arrondissement. Les communistes conservent leurs bastions : Gaby Charroux rempile pour un quatrième mandat à Martigues (44,14%), qui s’ajoute aux communes maintenues dès le premier tour, Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc et le Rove. Les progressistes se maintiennent à Noves, Vitrolles et récupèrent Aubagne des mains de la droite avec le succès de Jean-Pierre Squillari (36,28%). L’extrême droite remporte Fos-sur-Mer, Tarascon et garde Rognac. Malgré des échecs, la droite conserve ses bastions acquis dès le premier tour (Gémenos, la Ciotat, Cassis etc.), auxquels elle ajoute son fief d’Aix-en-Provence en reconduisant la dynastie Joissains (47,35%) et pour la première fois la fille Sophie à la mairie. Patrick de Carolis (Horizons) repart pour un deuxième mandat à Arles.

    VAR

    Le camp brun continue s’étendre sa mainmise sur le département du Var. Une quadrangulaire aura fini d’enfoncer la Seyne-sur-Mer dans les bras des lepénistes qui ciblaient la deuxième commune varoise comme une de ses priorités. La victoire du RN Dorian Munoz (46.31%) confirme les dynamiques des dernières élections nationales, D’une courte tête (50,06%), le député RN Frédéric Boccaletti est élu maire de Six-Fours, malgré son passé de libraire aux ouvrages fascistes et antisémites. À 21 voix près, il fait tomber le maire de droite Jean-Sébastien Vialatte qui dirigeait la ville depuis 1995. Ce dernier a annoncé déposer un recours. La Valette-du-Var et Salernes s’ajoutent dimanche aux villes d’extrême droite remportées dès le premier tour : Puget-sur-Argens et Fréjus, dirigée par David Rachline depuis 2014. Cette année-là marquait la bascule de Cogolin. Cette gestion prend fin ce dimanche grâce à la candidate DVD Isabelle Farnet-Risso qui l’emporte devant la liste d’union UD-RN de Pierre-Yves Tierce.

    Le front républicain constitué autour de la maire sortante sans étiquette Josée Massi pour empêcher la lepéniste Laure Lavalette de ravir Toulon est victorieux. La capitale du département est préservée. Hyères reste à droite, comme La Crau, Carqueiranne, Ollioules, Saint-Mandrier et Le Revest, où les édiles ont été réélus dès le premier tour.

    VAUCLUSE

    Dans le Vaucluse, c’est la grande désillusion pour les progressistes. La cité des Papes sera désormais dirigée par la droite après la victoire d’Olivier Galzi (41,62%). La fusion des deux listes de gauche durant l’entre-deux tours et les 400 voix gagnées n’auront pas suffi. À Carpentras, c’est la désunion de la gauche qui fait les affaires du RN mené par Hervé de Lépinau. Pour la première fois de son histoire, une alliance de trois listes d’extrême droite remporte la ville avec 50,78% des voix face à la liste du maire sortant Serge Andrieu (DVG) et de son prédécesseur Francis Adolphe (DVG) qui recueillent respectivement 24,52% et 24,70% des suffrages. La bascule vers l’extrême droite est enclenchée à Bédarrides, Monteux mais pas Cavaillon. Le camp brun change de visage à Orange mais pas d’idées. C’est la fin de la dynastie Bompard, qui, après 30 ans de règne est « grand remplacée » par l’un des siens, Jean-Dominique Artaud, choisit par le RN.

    ALPES

    À Gap le maire sortant Roger Didier (DVD) a été réélu, de très peu (47,51%) face à la fusion de la gauche, qui a récolté 46,86 % des voix exprimées. Malgré la fusion des deux listes de gauche au second tour, la mairie, gouvernée par la droite depuis 1971 reste dans son giron. À Briançon, le maire sortant, Arnaud Murgia (DVD) est lui largement réélu face à la liste d’union de la gauche.

    Pas de regain progressiste dans les Alpes-de-Haute-Provence, avec les trois grandes villes du département qui demeurent aux mains de la droite. Manosque, Forcalquier et Oraison réélisent toutes leur maire sortant Camille Galtier (DVD), David Gehant (DVD) et Benoît Gauvan (DVC), obtenant 67,91 %, 60,69 % et 50,16% des suffrages dans leur commune respective. Frédéric Puech et René Villard, maires des Mées et de Château-Arnoux-Saint-Auban, les deux derniers bastions communistes du département, cèdent de leur côté la place au centre. Perdant à 4 voix près, René Villard a déposé un recours au tribunal administratif de Marseille, pointant des « irrégularités » et espérant organiser un nouveau scrutin. Peyruis se compte parmi les rares communes qui donnent la gauche gagnante : Lisa Desjardins (DVG) est élue avec 50,72% des voix.

  • Marseille fait front derrière le Printemps

    Marseille fait front derrière le Printemps

    Après la pluie vient toujours le beau temps avait lancé Benoît Payan, le 26 janvier, lors de la pluvieuse inauguration de son QG de campagne sur la Canebière. Deux mois plus tard, la pluie était encore de la partie à Marseille, mais qu’importe. Le Printemps s’annonce. Un printemps pluvieux, mais un printemps heureux.

    Le risque de voir la deuxième ville de France tomber dans l’escarcelle du Rassemblement national a été écarté. Alors que de nombreux bureaux restaient à dépouiller, les premières estimations sorties des urnes ont levé tout suspense en donnant Benoît Payan largement en tête. Entre 54 et 56% selon les instituts. Il devance le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio, crédité pour sa part de 39 à 41% des suffrages.

    « Une victoire claire »

    Un score qui devrait permettre à la majorité sortante du Printemps marseillais de renforcer sa présence au conseil municipal avec aux alentours de 75 élus dans l’hémicycle de Bargemon. Le RN en aurait, lui, une trentaine. Crédité de 5 à 6%, Martine Vassal (DVD), la présidente de la Métropole et du Département, aurait elle autour de 5 sièges. Sous la barre des 5%, elle n’en aura aucun… Le conseil municipal d’installation aura lieu samedi prochain.

    Au cours de la soirée, à l’annonce des premiers résultats consolidés, les visages se sont décrispés au local de campagne du maire (DVG) sortant. Ils s’étaient déjà détendus dans la journée en voyant que le mauvais temps n’avait pas empêché les électeurs de se rendre aux urnes.

    Cette participation, annoncée en légère hausse au fil de la journée, promettait une soirée joyeuse. La tendance s’est confirmée. À midi, la participation était de 22,7%, trois points de plus que la semaine précédente (19,15%). À 18h, elle était de 50,4%, toujours trois points plus haute. Finalement, elle a atteint les 56% à la clôture. Quatre points de plus que le 15 mars.

    En fin de matinée, Benoît Payan s’était rendu dans son bureau de vote, à l’école Saccoman de Pont de Vivaux (10e) pour glisser dans l’urne, face aux caméras, son bulletin et celui de Pierre Huguet, candidat (G.s) du Printemps marseillais dans les 9-10. Après un petit tour des bureaux de vote, il a filé dans son local rejoindre sa direction de campagne pour suivre la participation et les résultats jusqu’au soir. Il est apparu une première fois devant les journalistes aux alentours de 22h dans le sous-sol du local surchauffé par une nuée de journalistes. Il est revenu quelques minutes plus tard pour une première prise de parole.

    « Je veux remercier sincèrement et du fond du cœur les Marseillaises et les Marseillais, qui se sont rendus nombreux aux urnes. Ils viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d’adresser un message de paix, de concorde et de rassemblement, a réagi Benoît Payan. Ce soir, c’est l’unité et le rassemblement qui l’ont emporté face à celles et ceux qui voulaient nous diviser ».

    Dimanche dernier, au premier tour, sur 283 074 suffrages exprimés, Benoît Payan était arrivé en tête avec 36,69% (103 883 voix), talonné de très près par Franck Allisio, crédité de 35,02% (99 137 voix). La progression de ce dernier entre les deux tours est faible. Plus loin, Martine Vassal (DVD) devançait d’une courte tête avec 12,41% (35 131 voix) le député (LFI) des quartiers Nord de Marseille, Sébastien Delogu, à 11,94 % (33 808 voix). L’analyse détaillée des chiffres bureau par bureau permettra de voir si le retrait de Sébastien Delogu a bénéficié au Printemps marseillais et si les voix de certains électeurs du centre se sont reportées sur le Printemps marseillais. Mais tout laisse à penser que oui.

    Malgré les demandes insistantes des insoumis, allant jusqu’à organiser, lundi dernier, une manifestation devant le QG de campagne du Printemps marseillais pour demander une fusion des listes sur fond de front antifasciste, le maire de Marseille n’a pas cédé. Fidèle à la ligne édictée depuis son entrée en campagne, il a refusé la main tendue qui l’a cogné fort durant plusieurs mois. Un pari gagnant sans doute. Sur ce scrutin en tout cas.

    Sans effrayer l’électorat centriste rebuté par la campagne outrageusement droitière de la droite républicaine marseillaise, le retrait de Sébastien Delogu dans l’entre-deux tours lui a offert une réserve de voix non négligeable sur sa gauche. Martine Vassal, elle, a continué son interminable chute. Une position qui au passage, quel que soit le score final, signait la fin de sa présidence à la Métropole. Elle a d’ailleurs annoncé en milieu de soirée qu’elle ne s’y représenterait pas.

    « L’union et la concorde »

    Dans le sillage de cette campagne ratée, le grand remplacement de la droite par son extrême s’est poursuivi. Car si la menace du RN a été écartée sur la mairie centrale, Benoît Payan et son équipe ont désormais sept ans pour poursuivre leur transformation de Marseille et faire reculer l’extrême droite. La digue a tenu, cette fois encore, mais le mal est profond. « Je mesure l’ampleur de la tâche et l’honneur qui m’est fait ce soir, je mesure la responsabilité qui, dans la situation actuelle du pays, est la mienne ici et la nôtre à Marseille », ne cachait d’ailleurs pas Benoît Payan, face aux caméras. « Notre devoir est de nous rassembler, nous les femmes et les hommes de progrès, nous les humanistes, et de refuser sans cesse les voix qui portent et poussent à la division ».

    En fin de soirée, à l’heure où nous bouclions, deux des trois mairies de secteurs que la droite avait conservées en 2020 étaient données au RN : celles des 9-10 et celle des 11-12. Dans la troisième, la mairie du 7e secteur (13e et 14e arrondissements), le Printemps marseillais restait à la lutte. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que je suis fier d’eux, que ce soir ils nous honorent, ils m’honorent et que je donnerai tout ce que j’ai, que je me montrerais digne de leur confiance, et que les sept ans qui viennent seront pour moi ce chemin qu’ils nous ont indiqué ce soir, le chemin du rassemblement et de l’union, de la concorde. Nous nous sommes adressés aux avec un programme d’une clarté absolue : rassembler, protéger et préparer l’avenir. Et les Marseillais y ont adhéré dans des proportions, importantes, ce soir ce n’est pas une petite victoire ! », conclut Benoît Payan.

    Réactions

    Renaud Muselier, président de la Région Sud

    « Pas de raz-de-marée des extrêmes » se félicite dans un communiqué Renaud Muselier (Ren.). À Marseille, « Benoît Payan reste maire, et la métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique. Il n’y a pas de bouleversement majeur et le RN n’a pas pris la ville » analyse-t-il, remerciant au passage « Martine Vassal pour son combat courageux, contre toutes les tempêtes dans ce scrutin difficile. » À Toulon, « l’union autour de Josée Massi a permis de l’emporter au second tour » se félicitant que « la vague RN annoncée depuis des mois n’a pas eu lieu. » En Avignon, « la victoire d’Olivier Galzi est une bonne nouvelle » se réjouit le président de la Région.

    Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise

    « La France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique la font reculer » a commenté le député de Marseille et coordinateur de LFI. Et de se projeter sur la présidentielle : « J’appelle le peuple de France à nous rejoindre pour mener cette bataille. L’année prochaine, la nouvelle France peut balayer les politiques de malheur de la macronie. »

    Sébastien Barles, collectif Vaï

    Le fondateur du collectif écologiste Vaï Marseille et tête de liste insoumise dans les 1-7, Sébastien Barles, s’est réjouit que le RN échoue à prendre Marseille. « Face à la haine et à la peur, nous opposerons toujours la justice sociale et la solidarité » promet-il.

    Pascaline Lécorché, cheffe de file Place publique Marseille

    « On ne peut que se réjouir, face au RN, les Marseillais ont tranché. Je salue le geste de Sébastien Delogu. J’avais appelé à ce désistement républicain. »

  • Amel Bent : « Plus qu’un concert, c’est l’histoire d’une vie »

    Amel Bent : « Plus qu’un concert, c’est l’histoire d’une vie »

    La Marseillaise : Vous êtes de retour sur le devant de la scène après deux ans d’absence totale. Pourquoi avoir fait le choix de vous effacer ?

    Amel Bent : Ce n’était pas un choix, j’ai vécu un épisode familial douloureux avec la perte de ma mamie, notre taulière au moment où je commençais à entrer en studio pour un huitième album. Je n’ai donc pas du tout suivi les plans qui étaient prévus. J’ai passé des mois à la maison, coupée du monde, à écrire parce que ça me faisait du bien, pour mettre de l’ordre dans ma tête et dans mon cœur. Ce décès, au-delà du deuil et du chagrin, m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis retrouvée comme dans une crise existentielle, une quête de sens, sans compter que mes 40 ans arrivaient… à cette période, l’urgence pour moi était de trouver des réponses à mes questions, de prendre soin de moi. Pas de faire des chansons. D’anciennes cicatrices ont également refait surface…

    À quel moment avez‑vous su qu’il était temps de revenir ?

    A.B. : Toute cette période a finalement été salvatrice, parce que quand j’ai commencé à sortir la tête de l’eau -c’est d’ailleurs pour ça qu’une chanson de l’album s’appelle Sous l’eau– je me suis aperçue que tout ce qui m’était parvenu, tout ce que j’avais écrit, était des thèmes de chansons.

    Que raconte donc ce huitième album, « Minuit Une » ?

    A.B. : Je chante mes enfants, ma mamie, mon couple, ma mère, ma charge mentale aussi, ainsi que mon enfance ou la solitude que j’ai pu ressentir. Ce sont bien plus que des thèmes à mes yeux, ce sont les moments importants de mon existence. Et ces chansons ne sont pas pour moi, c’est une déclaration à mon public, sur tout ce que j’ai traversé et j’avais hâte de leur partager, un peu comme on a hâte de raconter un scoop à notre meilleure copine ! (rires) C’est une grande émotion pour moi parce que c’est à ce moment-là que la boucle sera bouclée. J’espère qu’après le concert, on repartira tous le cœur plus léger. Cet album et ce concert, c’est l’histoire d’une vie en repartant de la douleur originelle pour la transformer en lumière.

    Ce concert et la part de votre vie que vous partagez sans filtre avec le public,
    peut-on dire que c’est
    une thérapie
     ?

    A.B. : Je ne m’en suis jamais cachée, la musique, c’est mon psy, ma meilleure amie, mon éducatrice aussi. Elle me soigne et m’apprend tellement. La musique a une place bien plus importante dans ma vie que d’être juste un art ! Je vois tout à travers le prisme de la musique depuis que je suis petite. C’est pour moi la plus belle des nourritures et je me sens repue humainement, ça c’est merveilleux.

    Vous évoquez votre enfance compliquée dans l’album.
    Le fait de fonder votre foyer a-t-il changé votre perception de l’enfance que vous avez vécue ?

    A.B. : Je pense sincèrement qu’avoir des enfants te force à faire la paix avec différents aspects de ta vie. Je suis encore une femme-enfant, je cohabite avec la petite Amel au quotidien. Je peux être très responsable, très adulte et parfois pas normale, mais on est comme on est (rires) ! Selon moi, il y a deux chemins possibles : soit tu éduques tes enfants en leur déposant dans le cœur tes failles, tes blessures, soit tu décides de régler ce qui t’appartient pour ne pas reproduire les mêmes schémas. La communication avec mes filles a une place très importante, elles savent qu’un papa ou une maman, ce n’est pas quelqu’un de parfait.

    En plus de l’album sorti en 2025, on vous retrouve sur grand écran avec
    le film «
     Ma Frère » nominé au Festival de Cannes. Pouvez-vous raconter cette expérience ?

    A.B. : Je m’étais engagée pour ce tournage et il est arrivé quand j’avais annulé tout le reste. Pour autant, ça a été une expérience intense. Je pense que je me suis reconstruite aussi grâce au regard que les jeunes, présents pour le film, portaient sur moi. J’étais pour eux la fille qui chante l’espoir, qui vient d’un quartier populaire, comme eux, et qui a transformé son destin, qui est forte. C’est grâce à eux que j’ai tout reconstruit et j’ai su qu’après ce tournage, rien ne serait plus pareil.

    Est-ce une nouvelle version de vous-même qui se dévoile au public ?

    A.B. : Ce n’est pas une nouvelle version parce que je suis toujours la même, mais avec une évolution imposée par le temps qui passe, l’expérience et ce que nous donne la vie sur le chemin. J’ai fait la paix avec certains aspects de ma vie, même si j’ai encore quelques pierres dans mon sac. Je peux changer, évoluer, mais je n’oublierai jamais qui m’a élevée, de quel bois je suis faite et surtout d’où je viens.

    Vous êtes d’origine franco-algérienne. Quel regard portez-vous sur la montée
    de l’extrême droite en France en cette période électorale
     ?

    A.B. : Je suis absolument apolitique et je pense que pas mal de gens le deviennent malheureusement. Peut-être par manque de considération face aux vrais combats du quotidien que mènent les gens tous les jours. J’essaie de combattre la violence à ma manière, où qu’elle soit, et je pense que ça commence autour de soi dans la façon dont on communique ou on éduque nos enfants par exemple. C’est ça ma façon de faire de la politique ou du moins de contrer ce que je vois et qui me fait peur ou me révolte. C’est essayer de contrer les discours politiques qui ne sont finalement que des discours. Je ne me sens pas représentée, alors oui, j’ai conscience que je suis privilégiée, mais je n’en suis pas déconnectée de la réalité. Loin de là. Dans ma famille, nous croyons beaucoup à la solidarité, à l’associatif. C’est dans ces valeurs que je m’épanouis, à travers le partage. Dans la vie, ce ne sont pas les politiques qui aident qui que ce soit, ce sont les gens, entre eux, quelle que soit leur religion ou leur couleur de peau. Je suis peut-être trop naïve ou utopiste, mais nous au moins, on sait encore avoir de l’empathie les uns pour les autres.