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  • Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    « La cellule anticorruption a vocation à regrouper les dossiers de corruption et d’atteinte à la probité pour avoir une vision transversale et panoramique, assurer un traitement centralisé pour mettre en œuvre des stratégies face à l’infiltration et la pénétration du crime organisé », pose solidement le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne, qui a dévoilé hier les premiers résultats de cette « COC » créée il y a six mois, le 1er octobre 2025.

    « Détecter et poursuivre » sont les pivots de cette cellule qui traite tous les corps de métier impactés par un phénomène corruptif en expansion : agents pénitentiaires, policiers, militaires, gendarmes, auxiliaires de justice, avocats, notaires, opérateurs privés à des postes stratégiques, dockers, agents de sécurité, élus, agents publics « jusqu’aux personnels des services judiciaires car nous ne sommes pas épargnés », se désole le procureur dont la cellule a lancé plusieurs enquêtes flash pour des levées de doute rapides. Si les signalements abondent chaque semaine, il n’y a pas toujours au bout des infractions. « On imagine le pire et on trouve de l’incompétence, une erreur de bonne foi, du je-m’en-foutisme, l’absence de tout repère professionnel », observe aussi le procureur.

    « On est très fortement impactés à Marseille »

    « Jusqu’alors on s’arrêtait à l’écume des choses, la face émergée de l’iceberg, que sont les violations de secrets, les consultations de fichiers, les remises illicites d’objets, l’objectif de cette cellule est d‘aller au-delà. » La montée en puissance a été rapide. Partant d’un portefeuille de 17 dossiers récupérés dans différents services, la cellule est montée à 31 dossiers. Le stock actuel est de 28 dossiers, trois dossiers ayant été clôturés : un classement sans suite, une condamnation d’un policier syndicaliste marseillais corrompu (La Marseillaise du 3 avril) et un transfert à la Jirs.

    « On est très fortement impacté par le phénomène à Marseille », reconnaît le procureur qui passe en revue les cas : un élu dont il ne dira rien, deux auxiliaires de justice, six agents des services judiciaires, neuf affaires impliquant des agents pénitentiaires et treize affaires concernant des policiers. Les infractions vont du détournement de fichiers à la corruption passive, de la participation à association de malfaiteurs à la violation du secret professionnel ou de l’instruction. Deux dossiers vont bientôt toucher la barre de la 6e chambre correctionnelle.

    Cartographie des risques

    Une problématique généralisée se dégage sur des recrutements rapides sans enquête sérieuse de moralité, mais surtout la consultation de fichiers avec détournement de données. « C’est un vrai sujet qui impose des réflexions au niveau de l’administration centrale sur la traçabilité, les contrôles aléatoires surtout dans une société totalement numérisée. L’inspection des services judiciaires et l’Agence française anticorruption sont venues la semaine dernière cartographier les risques et les points de fragilités. On attend un retour de cet audit sur les failles de sécurité », explique Nicolas Bessone.

    Cette cellule a pour mérite de redresser des pratiques. Le président du tribunal judiciaire s’est emparé du sujet de l’accès des agents du tribunal aux différents fichiers d’État. La directrice de greffe a procédé à un audit et une remise à plat des droits d’accès des agents, droits qui finissaient par rester ouverts après des mutations internes.

    « Désormais chaque agent du tribunal qui ouvre son ordinateur voit une fenêtre s’ouvrir l’avertissant qu’il traite des données sensibles qui ne doivent faire l’objet d‘aucunes compromissions et dont on pourra vérifier l’utilisation irrégulière », observe le procureur. « La multiplication en quelques années des applicatifs et des fichiers a amélioré le fonctionnement des services mais il a aussi banalisé l’importance des fichiers », note Jean-Yves Lourgouilloux, le vice-procureur chargé de la grande délinquance économique et financière.

  • Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    « Pour nous, on a gagné une bataille. Mais pas la guerre. » Leur guerre, aux syndicalistes CGT de l’usine pétrochimique Kem One, sur la plateforme de Lavéra, c’est celle contre l’amiante et ses dégâts sur la santé comme l’envisage le délégué syndical CGT Geoffrey Del Baldo.

    Le comité social et économique (CSE) du 2 avril a marqué un tournant dans la lutte des syndicalistes pour leur sécurité et leur santé au travail. Une motion adoptée par l’ensemble des élus du personnel, moins une abstention, ouvre la voie à une nouvelle politique de prévention, et des actes. Cette motion que La Marseillaise a pu consulter fait part de « la plus grande inquiétude des élus quant à l’absence d’une politique structurée, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site », en violation du Code du travail selon les auteurs, « exposant directement la santé et la vie des travailleurs à un risque cancérogène avéré ». Plus précisément, les syndicats au travers de leur motion mettent en cause un « traitement superficiel et non conforme au cadre réglementaire du risque amiante » dans le document unique d’évaluation des risques professionnels de l’entreprise, ainsi que l’absence d’évaluation spécifique des unités de travail exposées à des agents chimiques dangereux présents sur le site.

    « Aucune prévention »

    De même, « les élus ont constaté l’absence totale d’une politique cohérente, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site avant 2019 », jugeant les actions entreprises depuis « largement sous dimensionnées et insuffisantes face aux risques et expositions avérés ». Soit des procédures de repérages avant travaux sur des installations anciennes « non systématiques », des interventions sans repérage, l’absence de plan de retrait ou de confinement lorsque des matériaux amiantés sont identifiés, l’absence de formation et la « défaillance du suivi médical » spécifiques pour les travailleurs exposés.

    C’est dans ce contexte que la direction du site Kem One de Lavéra est mise en demeure par les élus du CSE de prendre une somme de mesures selon un échéancier de 0 à 24 mois, en y associant le Service de santé au travail. Parmi les mesures immédiates exigées, la formation généralisée des personnels et la création d’une commission des expositions. À court terme, de 3 à 12 mois, de cartographier l’ensemble du site par zone, bâtiment et service de manière matérialisée, de fournir « un état des lieux complet et documenté du risque amiante sur le site ». Plus encore, la mise en place du suivi médical renforcé pour tous les travailleurs exposés, en lien avec la médecine du travail et en établissant les fiches d’exposition individuelles, de manière rétroactive.

    Pour Geoffrey Del Baldo, cette « victoire » réside dans le fait de « contraindre la direction dans la durée » par le suivi des mesures prises par le CSE. « Ce n’est que le début, nous resterons exigeants », promet le délégué syndical CGT. En perspective, la demande de reclassement des installations comme site amianté, initiée par la CGT, qui permettrait de prétendre au préjudice d’anxiété des travailleurs exposés ainsi que le départ à la retraite anticipé sous conditions. « Même si demain le dossier de reclassement n’aboutit pas, nous aurons déjà obtenu quelque chose pour la santé des salariés à long terme », conclut Geoffrey Del Baldo. Alors que le futur du groupe Kem One s’assombrit avec le départ annoncé du fonds Apollo propriétaire, la lutte syndicale offre encore des espoirs à l’horizon. Contactée, la direction n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • [Entretien] Benoît Thomassin : « L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie »

    [Entretien] Benoît Thomassin : « L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie »

    La Marseillaise : L’hôpital est en proie à des difficultés de recrutement de médecins, ce qui avait conduit à la fermeture de l’unité la Nef il y a un an. Sur le site de l’hôpital 32 offres restent à pourvoir. Où en est-on ?

    Benoît Thomassin : L’établissement comme beaucoup dans la psychiatrie, a des difficultés à attirer les médecins et à pouvoir les fidéliser. Sur l’hôpital aujourd’hui on a 67 équivalents temps plein de médecins, ce qui fait 81% de postes pourvus. Mais on a une difficulté sur le pôle littoral où des postes de médecins seniors, c’est-à-dire des praticiens hospitaliers ou des hospitaliers contractuels, restent vacants. Seuls 38% sont pourvus. On accueille des internes ou des praticiens diplômés étrangers qui s’ajoutent également. On essaie de renforcer les équipes de façon pérenne. Il y a eu la fermeture de la Nef faute d’effectifs médicaux, mais on met tout en œuvre pour avancer dans les recrutements de médecins. Selon les maquettes de l’hôpital, il n’y a pas de problème de sous-effectifs parmi les postes de soignants.

    Les syndicats CGT, FO et SUD ont interpellé les élus qui siègent au conseil de surveillance, inquiets d’une éventuelle suppression d’unités externes du pôle littoral Nord situées dans les 15e et 16e arrondissements. Est-ce une option envisagée par le comité de direction ?

    B.T. : Nous comprenons les inquiétudes des personnels car il y a eu des fermetures par le passé. Mais en conseil de surveillance, nous n’avons pas présenté de tel projet. On n’est pas dans cette idée. Aucune démarche n’a été engagée par la direction en ce sens. Édouard-Toulouse dispose de huit pôles avec une quarantaine de structures extrahospitalières dans le nord et le centre-ville de Marseille pour répondre à ses missions de soins, pour une offre de proximité. L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie. On va essayer de regagner les 25 lits qui ont été supprimés lors de la fermeture de la Nef. C’est pour cela que nous avons besoin d’effectifs. Ce n’est pas un problème financier, car l’Agence régionale de santé nous soutient dans cette démarche. Ce que nous privilégions c’est qu’il n’y ait pas de rupture dans le parcours de soins du patient. Et ce parcours ne se passe pas uniquement dans les unités d’hospitalisation.

    Face au manque de médecins, pour éviter les fermetures, on se réorganise, mais on le fait dans le calme, dans le temps, dans le respect des instances médicales et non médicales des représentants des personnels de l’établissement. Il faut pouvoir garantir la sécurité des soins et en améliorer la qualité de prise en charge des patients. On étudie comment travailler différemment. Il était convenu qu’on travaille avec un comité de pilotage élargi. Et que ce comité produise un diagnostic sur l’état de la population, les critères démographiques, les évolutions des dernières années, les besoins d’accès à l’offre de soins en santé mentale.

    La psychiatrie est un secteur difficile. Comment regagner en attractivité ?

    B.T. : On met en avant ce que fait l’établissement qui est à la pointe de la politique de ce qui se fait en zéro contention. On organise des journées de référence sur le territoire. Les salaires sont encadrés dans la fonction hospitalière et il s’agit de ne pas créer de déséquilibre dans les équipes donc nous travaillons à l’amélioration des conditions de travail, nous sommes attentifs au projet personnel. Nous comptons aussi sur des appuis extérieurs avec des postes partagés.

    Dimanche 12 avril, un infirmier a été agressé au couteau par un patient qui avait des problèmes d’addiction aux stupéfiants et qui avait fait l’objet d’une hospitalisation sous contrainte. Ce type d’hospitalisation représente-t-il la majorité des occupations de lits ?

    B.T. : Il y a des problématiques qui sont prégnantes et qui ne sont pas spécifiques à cet hôpital, ni à Marseille. Et il y a plusieurs modalités d’accès à l’hospitalisation psychiatrique parmi lesquelles les prises en charge sous contraintes, soit à la demande d’un tiers, souvent la famille, soit à la demande du représentant de l’État. Aujourd’hui, sur les trois pôles de psychiatrie adultes il y a 45% de journées en soins libres et 55% sous contrainte. En fonction des secteurs, il y a des pôles qui sont plus sous contrainte que d’autres. Ce sont des patients sur lesquels il y a des risques. Il n’y a pas de risque zéro. Nous devons réexaminer comment les réduire tout en garantissant l’accompagnement du patient dans les soins et la protection des soignants. Une de nos difficultés c’est que l’hôpital est un milieu ouvert. Mais c’est aussi nécessaire car c’est un lieu de soins.

    Quelles mesures ont été prises ?

    B.T. : Le médecin ainsi que l’administrateur d’astreinte se sont rendus sur les lieux de l’agression pour aider à la gestion de la situation de crise et accompagner les professionnels. Le centre hospitalier accompagnera l’infirmier touché dans l’exercice de ses missions et s’associe à la plainte déposée le 13 avril. Un accompagnement individuel et collectif a été engagé pour les professionnels et les patients et se poursuivra sur un temps assez long car les répercussions peuvent être à moyen ou long termes. Ensuite, nous ferons un retour d’expérience pour évaluer les pratiques et travailler à la réduction des risques avec le service qualité et gestion des risques.

    Des investissements sont-ils prévus sur le bâti ?

    B.T. : D’importants travaux de rénovation ont déjà été entrepris depuis quelques années sur l’ensemble de nos pôles. Ce sont entre 8 et 10 millions d’euros qui sont ainsi investis sur un budget de 80 millions. C’est un des hôpitaux qui investit le plus dans son patrimoine.

  • Cinq fraudeurs de meublés Airbnb assignés à Marseille

    Cinq fraudeurs de meublés Airbnb assignés à Marseille

    Alors que la saison touristique redémarre, la municipalité a assigné cinq nouveaux propriétaires en infraction sur huit adresses de meublés touristiques. Les audiences sont fixées aux 6 et 22 mai prochains devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Marseille. Par ailleurs, 4 assignations de la Ville sur des meublés à Malmousque et au Panier d’un juge consulaire de Marseille qui ont été dépaysées à Toulon y seront jugées le 12 mai.

    Selon les estimations de la mairie, plus de 6 000 des 13 000 meublés touristiques identifiés sur les plateformes de location sont exploités sans autorisation de changement d’usage (désormais conditionnée à une compensation par transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage), ni déclaration préalable de mise en location.

    Chaque année à Marseille, plus d’un million de nuitées avec valises à roulettes se font dans des meublés de tourisme. Pour endiguer ce phénomène qui nourrit la crise du logement, la Ville a déjà abaissé la durée de mise en location pour les résidences principales de 120 à 90 jours par an. Elle saisit les boîtes à clés sauvages et traduit en justice les fraudeurs. En février, pour la première fois, elle a fait condamner définitivement – il n’y a pas eu d’appel – deux gros loueurs à 255 000 euros d’amendes civiles intégralement versées à la ville, avec retour à usage d’habitation des locaux dans les trois mois.

    « Rendez les logements ! »

    Pour cette saison 2, la Ville poursuit sept loueurs dont un investisseur immobilier de 36 ans, Florent R., qui étale sa réussite et ses conseils sur les réseaux sociaux. L’influenceur est d’ailleurs nommément visé dans un communiqué du Groupe unifié pour l’insurrection du quotidien. Ces activistes traquent les « crevards de ce Far West de l’immobilier » avec pour slogan : « Rendez les logements ! »

    Le trentenaire aux 13 sociétés répond de l’exploitation de quatre meublés au 9, rue des Honneurs au Panier et de deux grands meublés dans un appartement divisé au 16, rue Colbert (1er). « On ne savait pas trop la procédure » a-t-il répondu aux agents de la brigade de contrôle, alors qu’il se dit « expert en location courte durée et automatisation ». En quatre ans, d’après les calculs de la Ville, ces six meublés touristiques gérés à distance ont généré 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires, six fois plus que ce qu’ils auraient généré en location classique. D’où sa fierté de tirer « à ce jour près de 20 K euros/mois de revenus locatifs ».

    « Ici on fait du business, pas de la charité »

    Florent R. dit gérer 44 meublés touristiques à Bordeaux, en région parisienne et à Marseille. Sur sa chaîne Youtube, il se vante d’être devenu un « millionnaire dans l’immobilier » fort d’un « patrimoine d’environ 3 millions d’euros ». Il propose du « coaching individualisé » pour « gérer sa location courte durée à distance ». « Ici on fait du business, pas de la charité. Finalement c’est facile de louer des nuits à plus de 200 euros », pouvait-on lire sur son compte Facebook qu’il a verrouillé. La mairie fustige sa « très grande indifférence à la loi », son « sentiment d’impunité ouvertement affiché » et demande au tribunal de lui infliger pour plus de 1,5 million d’euros d’amendes civiles avec retour à l’habitation classique de tous ces locaux illégalement exploités.

    Autre multipropriétaire assigné, Mickael S., 40 ans, pour quatre meublés touristiques au 76, avenue de Montolivet (4e), 12 rue de Crimée (3e) et 147 boulevard de la Blancarde (4e) en recourant à l’occasion un faux numéro d’enregistrement, ce qui démontre selon la ville « une véritable volonté de fraude ». Il est demandé pour chaque adresse 100 000 euros d’amende pour défaut de changement d’usage, 5 000 euros pour usage de faux, 12 500 euros pour défaut de publication.

    Paul C., 40 ans, investisseur parisien, est lui assigné pour deux meublés non déclarés au 118, rue Dragon (6e) dont une chambre de bonne. Proposé sur les plateformes Airbnb et French Casa, le grand appartement avec six chambres, loué 400 euros la nuit, lui a rapporté 207 600 euros illégalement de 2022 à 2024 selon la Ville. Deux autres investisseurs doivent répondre aussi de leurs meublés exploités en douce rue Fontaine de Caylus et rue Nationale.

  • Les délégations des conseillers municipaux de Marseille enfin connues

    Les délégations des conseillers municipaux de Marseille enfin connues

    La liste des délégations des adjoints :

    Michèle Rubirola, 1ère adjointe déléguée au projet municipal, aux relations internationales, au bien-être dans la ville

    Joël Canicave, 2e adjoint délégué aux finances, aux moyens généraux et aux partenariats

    Samia Ghali, 3e adjointe, maire adjointe déléguée aux mobilités, à la rénovation urbaine et aux projets structurants

    Amine Kessaci, 4e adjoint délégué à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement

    Audrey Garino, 5e adjointe déléguée au logement, à l’hébergement, à la lutte contre l’habitat indigne

    Arnaud Drouot, 6e adjoint délégué au bataillon des marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile

    Pascaline Lécorché, 7e adjointe déléguée à l’éducation, au soutien scolaire et aux activités périscolaires

    Pierre Huguet, 8e adjoint délégué aux relations institutionnelles

    Hanifa Taguelmint, 9e adjointe, déléguée à l’emploi et à la formation

    Eric Méry, 10e adjoint délégué aux sports

    Nassera Benmarnia, 11e adjointe déléguée au bâti scolaire, au Plan écoles, à la construction et à la rénovation des écoles

    Hervé Menchon, 12e adjoint délégué à l’environnement et à la biodiversité

    Marie Batoux, 13e adjointe déléguée aux luttes contre les discriminations, à l’égalité femme – homme et à la lutte contre les violences faites aux femmes

    Julien Harounyan, 14e adjoint délégué à l’attractivité économique et au tourisme durable

    Audrey Gatian, 15e adjointe déléguée à l’urbanisme, à la stratégie foncière et patrimoniale

    Pierre-Marie Ganozzi, 16e adjoint délégué à la sécurité

    Perrine Prigent, 17e adjointe déléguée aux espaces verts et à la nature en ville, et aux cimetières

    Anthony Gonçalves, 18e adjoint délégué à la santé

    Josette Furace, 19e adjointe déléguée au stationnement et à la circulation

    Karim Touche, 20e adjoint délégué à l’action sociale et à la solidarité

    Capucine Edou, 21e adjointe déléguée à la mer, au littoral, et la transition écologique et énergétique

    Gwenaël Richerolle, 22e adjoint délégué au patrimoine municipal et aux équipements culturels municipaux

    Chahidati Soilihi, 23e adjointe déléguée à l’agriculture urbaine

    Hassan Guenfici, 24e adjoint délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire

    Sophie Guérard, 25e adjointe déléguée aux personnes en situation de handicap, à l’inclusion et l’accessibilité

    Yoan Lévy, 26e adjoint délégué au cadre de vie, aux espaces publics et aux emplacements

    Clara Jaboulay, 27e adjointe déléguée à la vie culturelle, à la création artistique et à la nuit marseillaise

    Ahmed Heddadi, 28e adjoint délégué aux seniors et aux fêtes de quartier

    Nathalie Tessier, 29e adjointe déléguée aux droits des enfants et à la place des enfants dans la ville

    Hedi Ramdane, 30e adjoint délégué à la propreté dans la ville

    Rebecca Bernardi, 31e adjointe déléguée au commerce, à l’artisanat, aux noyaux villageois

    Yannick Ohanessian, 32e adjoint délégué à la vie associative et aux associations

    Juliette Masson, 33e adjointe déléguée à la petite enfance

    Les délégations des conseillers municipaux :

    Enda Amraoui, conseillère municipale déléguée à l’accès aux droits

    Nadia Boulainseur, présidente de commission

    Katia Yakoubi, conseillère municipale déléguée à l’accès aux services publics

    Mohamed Itrisso, conseiller municipal délégué au Samu Social

    Nina Palomba, conseillère municipale déléguée à la condition animale

    Laurent Lhardit, président de commission

    Mirabelle Lamoureux, conseillère municipale déléguée à l’économie numérique et à l’innovation

    Emilia Sinsoilliez, conseillère municipale déléguée à l’accueil des nouveaux Marseillais

    Lucas Langomazino, conseiller municipal délégué aux cantines scolaires et à l’alimentation

    Thomas Roller, conseiller municipal délégué aux ressources humaines et au dialogue social

    Azad Kazandjian, conseiller municipal délégué au patrimoine historique et cultuel

    Christophe Hugon, conseiller municipal délégué au budget participatif et aux relations avec les acteurs du numérique

    Anne-Sophie Sidani, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville

    Jean-Marc Signes, conseiller municipal délégué aux relations avec les CIQ

    Martin Grand-Dufay, conseiller municipal délégué aux fêtes de quartier et au lien social

    Ibrahim M’ze, conseiller municipal délégué à la mutuelle municipale

    Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux vacances pour tous et aux cités éducatives

    Julien Rossi, conseiller municipal délégué à la gestion et entretien des cimetières, et régie des pompes funèbres

    Laure Rovera, conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et aux périls

    Philippe Cahn, conseiller municipal délégué à la commande publique

    Lydia Frentzel, conseillère municipale déléguée aux rues jardins

    Nicolas Hue, conseiller municipal délégué aux mobilités douces et aux taxis

    Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants

    Romain Pastor, conseiller municipal délégué aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales

    Cécile Vignes, conseillère municipale déléguée à l’économie verte et circulaire

    Candice Le Tourneur, conseillère municipale déléguée à l’enseignement supérieur, à la recherche et à la vie étudiante

    Yahya Güngörmez, conseiller municipal délégué aux évènements sportifs de proximité et à la pratique sportive libre

    Fatima Mostefaoui, conseillère municipale déléguée à la prévention de la délinquance

    Eric Semerdjian, conseiller municipal délégué à l’économie sociale et solidaire

    Samia Chabani, conseillère municipale déléguée au conseil municipal des jeunes, à l’éducation aux médias et à l’information

    Patrick Amico, président de commission

    Wassila Hammache, conseillère municipale déléguée à la médiation sociale

    William Leday, conseiller municipal délégué aux fonds européens

  • L’amande comme futur modèle du « made in France »

    L’amande comme futur modèle du « made in France »

    On la consomme bien souvent espagnole ou californienne. L’amande, fleuron provençal jusqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale (12 000 hectares), est désormais bien loin de son lustre d’antan. Avec seulement 2 200 hectares cultivés sur l’ensemble du territoire français, la production nationale, qui ne représente qu’environ 2% des amandes consommées en France, atteint péniblement les 600 tonnes.

    Un constat qui a mené à l’émergence de la Compagnie des amandes. Créée en 2018, elle s’est rapidement imposée comme le leader de la production française. Derrière la société, une figure du « made in France », en la personne d’Arnaud Montebourg. L’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif (2012-2014) en est l’un des cofondateurs, et était présent lundi, à Brignoles, pour l’inauguration de la Casserie d’amandes. En marche depuis l’automne dernier dans un hangar de plus de 1 800 m² dans la zone industrielle de Nicopolis, elle permet, à l’heure actuelle, de produire 1,25 tonne d’amandes par jour. Un rendement qui sera doublé cet été grâce à une deuxième ligne de production.

    Un outil nécessaire à la viabilité de la « relocalisation » souhaitée par Arnaud Montebourg, qui assure aussi la commercialisation des produits. La compagnie travaille ainsi avec huit producteurs associés (sur 230 hectares) sur sa propre production, mais aussi avec des producteurs indépendants (notamment dans le Vaucluse, l’Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône), dont la production représente 65% des amandes cassées à Brignoles depuis l’automne, pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 3 millions d’euros. Ce qui fait dire à l’ancien ministre que « cet outil n’est pas uniquement le nôtre, c’est celui de la filière ». Il n’y a toutefois aucun producteur varois, où la culture reste très marginale. « On aimerait aborder ce sujet avec la compagnie, en vertu de notre plan de diversification des cultures méditerranéennes, mais ça n’a pas encore été fait », déplore Sylvain Audemard, président de la Chambre d’agriculture du Var.

    La Chambre d’agriculture veut des prix justes

    L’usine, qui représente 2,5 millions d’euros d’investissement, vise donc à fédérer la production à une échelle supérieure à celles déjà existantes en France, à travers « une stratégie collective qui consiste à investir et promouvoir des services et outils, pour développer l’ensemble d’une filière », explique Arnaud Montebourg. Et celle-ci porte ses fruits, puisque la production d’amandes françaises est passée de 650 tonnes à 1 800 aujourd’hui, avec l’objectif d’arriver à 3 500 d’ici 5 ans (sur les 51 000 consommées chaque année dans l’Hexagone).

    S’il paraît illusoire d’éliminer les imports, l’amande incarne un exemple dans la poursuite des objectifs de souveraineté alimentaire du ministère de l’Agriculture à l’horizon 2036, élevée au rang d’intérêt général majeur. La Compagnie des Amandes a ainsi été sollicitée pour exporter ses méthodes à d’autres filières, Arnaud Montebourg, chargé d’écrire une partie des plans de souveraineté des productions végétales spécialisées, en tête. Il rend visite, à ce titre, à des horticulteurs hyérois ce mardi.

    Une usine de transformation de pistaches verra aussi le jour à Brignoles d’ici la fin de l’année. Et pour parvenir à faire rayonner ces filières de relocalisation, le nerf de la guerre demeure le prix. L’ancien député socialiste promet « des prix espagnols », et met en avant les nombreux accords ficelés avec la grande distribution. Mais dans les faits, la réalité est quelque peu différente : « Peut-être que la grande distribution joue le jeu car elle se trouve face à un ancien ministre, mais les relations avec les producteurs ne se passent pas très bien en général », contraste Sylvain Audemard, qui espère « qu’avec la loi d’urgence pour le monde agricole, la loi Egalim soit un peu réformée, pour une contractualisation à long terme avec la grande distribution et des prix en phase. »

  • Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Dans la zone industrielle de Nicopolis à Brignoles dans le Var le bâtiment flambant neuf de la casserie de la Compagnie des amandes est silencieux. Depuis quelques jours, ce n’est pas les amandes qu’on y prépare, mais l’inauguration qui aura lieu ce lundi, en présence de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard et du président (Ren) de région, Renaud Muselier.

    Derrière de grands murs anthracite, d’où se détache le logo de la Compagnie des amandes, on sèche, on trie, on égousse et on décortique des amandes françaises. Et pour cela la casserie s’est dotée d’une machine de haute technologie italienne, mise au repos forcé pendant les préparatifs de l’inauguration. Une technologie qui permet de décortiquer plusieurs tonnes d’amandes en quelques jours. Une mécanique que Henry Dessigny, opérateur au cassage, connaît mieux que personne.

    Savoir-faire à réapprendre

    Cet ancien artisan s’est reconverti il y a tout juste un an pour aider son fils dans le projet fou d’ouvrir une casserie en Provence. Initiée et soutenue par la Compagnie des amandes, l’usine reçoit la machine en octobre 2025. « J’ai eu une formation d’une journée avec un Italien, car la machine a été fabriquée là-bas, explique le quinquagénaire. C’est un nouveau métier, parce qu’on n’avait plus trop ce savoir-faire en France. »

    Mais après cette première saison dans la casserie et 250 tonnes de fruits à coques décortiqués, Henri Dessigny est rôdé : « Avant de maîtriser parfaitement la machine, il faut casser une centaine de tonnes d’amande, précise-t-il. Mais comme on ne peut pas les perdre, on est très méticuleux et donc plus lents au début. » Car pour chaque espèce d’amandes, il y a un calibrage spécifique. Ce que l’opérateur appelle ses « recettes », c’est-à-dire les réglages qu’il doit effectuer sur la machine suivant leur taille, la façon dont les coques se cassent, pour que les amandes sortent parfaitement décortiquées. « Après il faut affiner les réglages suivant le producteur, et parfois même suivant les versants, car les fruits n’auront pas toujours la même taille », insiste-t-il.

    Une expertise acquise sur la machine qui lui permettra de gérer deux machines pour la saison prochaine, pour passer à 800 tonnes. « L’objectif est d’arriver à 2 000 tonnes d’amandes décortiquées d’ici 2030 », affirme Benjamin Dessigny, directeur de la casserie. Pour l’épauler, deux nouvelles embauches sont prévues, un agréeur pour vérifier les lots et un cariste pour conduire le chariot élévateur.

    Une augmentation de la production qui suit celle de la demande des agriculteurs d’amandes. « Il y a énormément de gens qui veulent travailler avec nous, explique Henri Dessigny, que ce soit des producteurs ou des distributeurs. Et même si on casse de plus en plus d’amandes, on a aucun mal à revendre les stocks », sourit-il.

    S’il existe encore quelques casseries en France, elles sont souvent de petite taille. Car depuis les années 1950, la production d’amandes a baissé, et avec elle le nombre de casseries. L’ambition est donc de redynamiser la filière tout entière, en cassant les amandes de la compagnie, mais pas seulement. « Nous avons des partenariats avec d’autres agriculteurs. Le but c’est d’arrêter de casser à l’étranger, et de vraiment faire des amandes fabriquées en France », insiste le directeur de l’usine. Car en France, l’amande, on l’aime. Que ce soit à croquer, dans des pralinés, pour les calissons ou pour l’orgeat, les Français la consomment. Mais pour répondre à la demande, on l’importe en masse.

    Actuellement, moins d’une amande consommée sur dix est française. L’ouverture de cette casserie semble donc être un petit pas de plus pour une meilleure souveraineté alimentaire du pays.

    « Le but c’est d’arrêter de casser
    à l’étranger, et faire des amandes fabriquées en France »

  • L’OM rectifie le tir mais reste dans le rôle du chasseur

    L’OM rectifie le tir mais reste dans le rôle du chasseur

    Après les deux défaites face à Lille et Monaco, les Olympiens étaient attendus au tournant à l’occasion de la réception de Metz.

    Face à la lanterne rouge, les hommes de Habib Beye savaient que seule une victoire permettrait d’effacer les frustrations. Avec le soutien d’un Vélodrome qui avait retrouvé sa voix avant même le coup d’envoi, ils sont parvenus à leurs fins. Avec un score certes flatteur (3-1) qui permet de revigorer leur différence de buts.

    Sous l’œil de Stéphane Richard et de Frank McCourt, l’OM est allé à l’essentiel. Sans vraiment convaincre. « Le match est moins abouti qu’à Monaco, mais cette fois nous gagnons », admet l’entraîneur marseillais. Il souligne « notre cohérence dans ce que nous avons proposé et la continuité dans les offensives ». Sur cet aspect, l’OM a fait presque aussi bien qu’en Principauté, avec 18 tirs face aux Messins, contre 19 à Louis II.

    Néanmoins, à l’image des spectateurs, Habib Beye a conscience que son équipe aurait pu faire mieux. « Le but encaissé est le bémol de cette soirée, nous aurions aimé garder cette cage inviolée pour la confiance et pour Gero [Rulli, Ndlr]. Mais avec la pression induite par nos deux défaites d’affilée, il était important de s’imposer. »

    Son équipe a inscrit trois buts. Dont le premier signé Pierre-Emerick Aubameyang, qui était dans le dur depuis quelques matches. En ouvrant le score, il a débloqué la situation et permis à son équipe d’aller de l’avant.

    Différence de but à soigner

    Tout comme le soutien retrouvé du peuple du Vélodrome, qui s’est fait entendre de bout en bout, après plusieurs soirées de grève partielle. « Cela fait du bien parce que nous étions dans une dynamique négative », reconnaît Habib Beye. Il souligne l’importance des supporters dans le résultat final. « Il fallait profiter de ce public qui nous a supportés d’un bout à l’autre. Je pense que nous aurions mérité de mener davantage à la pause. Mais l’équipe s’est un peu tendue… C’est pour cela que j’ai densifié le milieu. »

    L’OM a poussé pour marquer le troisième but, après la réduction du score messine. « La différence de buts sera décisive pour la fin de saison, c’était important de marquer ce troisième but à la fin », a confessé l’entraîneur phocéen.

    Ce succès a permis à son équipe de profiter du faux pas de Monaco face au Paris FC
    (1-4) pour reprendre de la marge sur les Monégasques. Il lui a permis aussi de remonter sur le podium quelques heures. Mais dimanche, en fin d’après-midi, Lille est allé chercher une victoire nette à Toulouse (4-0) qui permet aux Dogues de repasser devant l’OM.

    Un OM qui est à un point des Nordistes. Mais dont la différence de buts, sur laquelle insiste Habib Beye, est pour le moment en leur faveur, car elle est à +20 pour les Marseillais, contre +15 pour les Lillois.

    Mais il reste ce point de handicap à combler. Pour cela, il reste désormais cinq rendez-vous pour relever ce challenge capital.

  • Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    C’est la deuxième grève de l’histoire du groupe en France, c’est historique ! » Devant le magasin de vêtements Zeeman, sur le boulevard d’Athènes à Marseille (1er), une petite vingtaine de salariés tiennent le piquet. L’enseigne d’habillement à bas coût a ses grilles fermées ce samedi, tout comme la plupart des autres boutiques marseillaises de la marque.

    En cause ? Un mouvement de grève national, à l’appel notamment de Force ouvrière, sur fond de négociations annuelles obligatoires (NAO). « La direction a proposé une enveloppe bidon. L’an dernier, on n’avait déjà presque rien eu et on avait été pris pour des imbéciles ! Pour obtenir quelque chose cette fois, on s’est dit qu’il allait falloir bloquer », expose Stéphane, délégué syndical FO et travailleur du magasin situé à l’avenue Jean-Lombard (11e).

    Dans le détail, le montant prévu pour ces NAO serait, pour l’heure, de 570 000 euros pour les 1 800 salariés du groupe. FO met en avant un montant correspondant à seulement « 0,3% du chiffre d’affaires ». Pas de quoi sauter au plafond. « C’est presque rien ! Sachant qu’on n’a pas de tickets-restaurants, pas de chèque vacance, peu de primes et pas de treizième mois », abonde Anis, élu Unsa, du magasin du Cours Julien. « On demande à ce que l’enveloppe soit dédiée à un treizième mois, c’est notre combat », développe Stéphane, alors que la prochaine réunion sur le sujet est prévue pour ce mardi 14 avril.

    Une petite famille

    qui ne connaît pas la crise

    Preuve du mécontentement des salariés, ils avaient déjà mené un premier jour de grève, le 8 avril dernier. Ils haussent le ton depuis : « Le magasin des Cinq avenues est fermé, celui du Merlan, celui de rue d’Italie aussi… Sur Marseille, ils sont presque tous fermés. » Rien d’anodin pour le secteur du commerce et encore moins alors que « la zone de Marseille est l’une des plus importantes de l’entreprise en France » selon les travailleurs présents. « Fermer un samedi, c’est pas de gaieté de cœur, mais on n’a pas d’autres choix que de mettre la pression pour obtenir quelque chose », abonde Jérôme, du magasin rue d’Italie. Il insiste : « On demande une reconnaissance, une motivation… Ça fait des années qu’on demande un geste et qu’il n’y a que des refus. »

    Comme le discounter Action, Zeeman est un groupe néerlandais qui ne lésine pas sur l’import de produits asiatiques pour pratiquer des prix défiant toute concurrence. Mais c’est surtout un capital détenu à 100% par les descendants de son fondateur Jan Zeeman, décédé en 2020 qui avait lancé le premier magasin en 1967 et l’une des plus grandes fortunes des Pays-Bas. Depuis, la croissance est exponentielle : 300 magasins en France, 1 300 au total sur plusieurs pays européens.

    Si moult enseignes de vêtements françaises sont en difficulté, comme Jott (lire notre article du 11/04), ce n’est pas le cas de Zeeman France qui a remonté la bagatelle de « 5 millions d’euros versés en dividendes au groupe en 2024 » selon les calculs de FO. « Le prévisionnel est bon, la croissance est là », assure Stéphane. En parallèle, les salariés ont de quoi revendiquer : « L’inflation, les loyers, l’essence… Tout augmente, mais notre Smic n’augmente pas ! »

    D’où l’attitude jugée « méprisante » de la direction à l’égard des demandes des représentants syndicaux. « La dernière fois, on est venu négocier et ils nous ont dit cash : “on parle pas du 13e mois” », s’indigne Anis. Comme un symbole, le rassemblement des salariés avait lieu devant un magasin « qui va bientôt fermer ». Contactée, Zeeman n’a pas répondu à notre sollicitation à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    « 5 millions d’euros ont été versés en dividendes »

  • « On a créé une entreprise filièrequi relocalise une production »

    « On a créé une entreprise filièrequi relocalise une production »

    La Marseillaise : Présentez-nous cette casserie et la genèse du projet…

    Arnaud Montebourg : C’est un projet que nous avons conçu il y a 7 ans de relocalisation partielle d’une filière qui a disparu, ou quasiment, dans les années 1950. Pour donner un ordre d’idée et quelques chiffres : aujourd’hui, on consomme 51 mille tonnes d’amandes en France mais on n’en produit que 2 000. En 2018, quand on a créé la Compagnie des amandes, on était à 40 000 tonnes de consommation pour 800 tonnes produites. Voyez un peu la croissance : 25% d’augmentation. L’amandier est un arbre qui trouve sa place naturelle dans le bassin méditerranéen mais qui a disparu pour plusieurs raisons : gel des années 50, préférence pour une plantation de vignes car l’amandier est long à venir… Puis c’est un savoir-faire qui s’est perdu. D’abord, notre projet consistait à réintéresser les agriculteurs à cette culture en les dérisquant financièrement, techniquement et commercialement.

    Comment « dérisquer » les agriculteurs ?

    A.M. : Techniquement d’abord : on a l’Inrae [Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, Ndlr] dans notre capital. On a embauché des ingénieurs en agronomie de haut niveau et des techniciens de vergers, qui sont capables de maîtriser la culture, de partager l’expérience et de disposer du savoir scientifique de l’institut. Notre directeur scientifique est Henri Duval, qui était chargé de la recherche sur l’amandier, c’était le dernier des Mohicans, à Avignon Montfavet. Tout cela a permis de réhabiliter l’implantation de variétés françaises, sélectionnées par l’Inra dans les années 50. On ne peut pas les mettre à l’abri sur le gel. Mais il y a un choix d’emplacement grâce à une connaissance historique du parcellaire qui peut limiter les risques. Il y a aussi une répartition des vergers entre Occitanie et Paca. Tout cela fait qu’on a de bons résultats agronomiques. Financièrement ensuite : on s’associe avec les agriculteurs. Ces derniers, au début, ne comprenaient pas : on leur disait « on veut s’associer avec vous », et ils répondaient « vous allez nous les acheter combien les amandes ? ». On leur expliquait ensuite que ce n’était pas notre raisonnement. On propose une association, sur des terres qui restent aux agriculteurs, dans votre verger qui reste conduit par des agriculteurs. Mais on va élever nos arbres ensemble, et vendre le produit de la récolte ensemble, le plus cher possible. L’intérêt pour eux, c’est que la Compagnie des amandes est une compagnie agricole, alignée sur les intérêts des agriculteurs. On a d’ailleurs décidé de les payer avant qu’ils ne récoltent quoi que ce soit.

    C’est assez rare de payer avant la récolte…

    A.M. : Ça n’existe pas ! Depuis le néolithique, l’agriculteur est payé après la récolte. Mais si on leur dit : On plante, et dans 6 ans on verra, tu bosses gratos d’ici là… C’est normal qu’il n’y ait plus d’amandiers ! À l’inverse, si on propose un paiement en fonction des besoins, des hectares… Cela permet d’augmenter les surfaces cultivées en amandiculture. De cette manière, on a planté 230 hectares à Aix, Narbonne… C’est en lien avec le fait de les dérisquer commercialement : sur les 2 000 tonnes produites d’amandes par les vergers français, la moyenne du parcellaire est de 2,2 hectares. Ils se retrouvent donc avec 2 tonnes d’amandes sur les bras et ne savent pas quoi en faire, à qui les vendre… D’où la casserie : on va les casser, les transformer, les vendre et maîtriser le marché. Elle est très performante, aux normes technologiques. Et permet de relocaliser la casse, qui allait en Espagne via des camions, tout en étant compétitif. Et surtout d’avoir nos propres vergers à casser, nos propres tonnages et on offre un débouché pour tous les agriculteurs indépendants. Pour la campagne de 2025, on a cassé 120 tonnes, ça augmente tous les jours. Car on a créé une entreprise filière : on fédère les agriculteurs producteurs et on assure leurs revenus en concentrant les discussions avec les acheteurs, sur nous.

    Comment êtes-vous compétitif dans ce marché mondialisé qu’est l’amande ?

    A.M. : Si l’on veut de l’amande française, traçable, aux normes, qui répond aux cahiers des charges des artisans chocolatiers, nougatiers ou calissoniers, on est les seuls. C’est ce qui nous permet de défendre les revenus des agriculteurs. Sur le plan agronomique, notre amande est meilleure : on n’épuise pas les arbres, on respecte la nature… Notre parcours est agroécologique. Cela fait qu’on a moins de rendement que les Américains mais on a un goût phénoménal. Tout le monde le salut, tout le monde en veut. Nos ventes sont en décollage vertical : on n’a pas assez d’amandes pour satisfaire la demande, les prix montent, la croissance aussi, le marché continue de grossir… On peut aller jusqu’à 3 000 tonnes avec cette casserie, s’il y a la production. C’est notre objectif, et ça ne serait que 5-6% du marché national.

    Vous démontrez que le « fabriquer en France », c’est possible avec cette casserie qui ouvre à Brignoles ?

    A.M. : Oui, on montre que, sur toutes les filières endommagées, quand on craque le modèle, on peut relocaliser. Tout en servant les agriculteurs, qui doivent recevoir un revenu raisonnable, et les consommateurs, qui demandent du local. On vient de signer un contrat de 5 ans avec Système U. C’est du jamais vu un contrat de 5 ans !

    La ministre de l’Agriculture vient pour l’inauguration de la casserie, ce lundi. Quel regard portez-vous sur les politiques de relocalisation du gouvernement actuel ?

    A.M. : Elle nous fait l’honneur de venir, on l’a aussi invitée. Sur le plan agricole, Annie Genevard construit des plans de souveraineté. Elle m’a d’ailleurs confié une partie d’entre eux sur les productions végétales, car elle a vu que ce que nous faisions avec la Compagnie était intéressant. Je le fais d’une manière tout à fait bénévole et désintéressée, dans l’intérêt national. On essaie donc de faire ce travail dans d’autres filières agricoles. Pour le reste, la réindustrialisation n’est pas au rendez-vous. Pourquoi ? On n’a pas mobilisé l’ensemble de la société en ce sens. Pas les banques, pas le système financier… On n’a même pas mobilisé le Parlement pour, par exemple, simplifier la réindustrialisation. Aujourd’hui, construire une usine est un enfer, un parcours du combattant. Alors qu’on a besoin de nouvelles usines si l’on veut donner du pain quotidien à nos concitoyens ! Et si on laisse fermer les anciennes et que l’on n’en crée pas de nouvelles, on a un vrai problème. La bataille pour défendre les outils productifs en France ne fait que commencer.

    Ce que vous faites sur les amandes, on peut le faire sur d’autres productions ?

    A.M. : On peut le faire sur le plan agricole car les agriculteurs sont seuls. Ils ont besoin d’être dérisqués, ils ne peuvent pas y arriver seuls : ils n’ont pas de capitaux, plus de capacité d’endettement, ils n’ont pas de débouché eux-mêmes pour les produits… Nous, on propose un système coopératif mais privé. On le fait financer par du capital. On a fait une alliance capital-travail. La Compagnie est la force d’équilibre, on évite que le capital soit trop gourmand, on protège l’agriculteur contre ses abus. Si elle marche, tout le monde est gagnant : l’investisseur y trouve son compte, l’agriculteur gagne sa vie, le consommateur trouve un produit que le marché ne faisait pas…

    Vous ne craignez pas que le capital prenne trop de place ?

    A.M. : Non car on maîtrise ça, c’est notre travail de faire cet équilibre. Et regardez, dans le capital de la Compagnie : il y a Daco Bello, leader du fruit sec en France, Arterris, la première coopérative du midi de la France avec 25 000 agriculteurs et l’Inrae… On est fier d’avoir fait ça. Mais c’était très difficile, on n’a pas toujours eu des nuits paisibles. Il fallait trouver l’argent, on a quand même levé pas loin de 17 millions !.