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  • [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    La Marseillaise : Êtes-vous inquiet de la flambée du prix de l’essence ?

    Hami Kahia-Tani : Sincèrement, sincèrement, c’est très préoccupant pour nous. On va avoir une réunion vendredi pour en parler collectivement. Il va falloir trouver des solutions.

    Pour les livraisons de gros achats, ou pour aller chercher des dons, nous nous déplaçons en camion sur un secteur très étendu dans tout Marseille et jusqu’à La Ciotat. Les bénévoles qui œuvrent sur la communauté viennent avec leur propre voiture, ce n’est pas possible que cela leur coûte de l’argent.

    Envisagez-vous de ne plus sortir, si les prix continuent de grimper ?

    H. K.-T. : Cette solution est complètement inenvisageable, ça serait la mort assurée d’Emmaüs. Pour fonctionner, nous avons besoin de dons et de les vendre pour faire vivre notre communauté et les gens qui y travaillent. Nous ne bénéficions pas de subventions publiques pour l’accueil des compagnons, ni de dons pécuniaires de particuliers.

    Avez-vous chiffré le coût des déplacements ?

    H. K.-T. : Là, tout de suite, je ne sais pas précisément. Mais je me souviens qu’en 2022, on avait pris 40% d’augmentation sur le gazole. Et là, j’entends ce [lundi] matin, que les prix ont atteint un nouveau record dimanche. Autour de 2,41 euros le litre ?! Ce n’est pas tenable. On ne peut pas rester les bras croisés.

    Pensez-vous à des alternatives ?

    H. K.-T. : On doit trouver des solutions, nous devons nous adapter. Nous avons trois camions thermiques, pourquoi pas acquérir un camion électrique ? À Marseille, Emmaüs Pointe Rouge l’avait fait pour ses petits-déjeuners.
    Mais pour ça, il nous faut des aides… Ben, je lance un appel !

  • La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    Le juge des référés n’a pas voulu trancher. Saisi par une requête de RTE pour enjoindre sous astreinte, sept propriétaires exploitants agricoles à laisser ses « agents et tous salariés des entreprises mandatées (…) pénétrer sur leurs parcelles afin de réaliser des études préalables autorisées » dans le cadre du projet de ligne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos, Jean-Marie Argoud a imposé une médiation. Une décision rare pour cette juridiction dont l’objet semble surtout de dénouer les tensions sur l’accès aux parcelles.

    Le président du tribunal a vite rappelé que seules les questions de l’urgence, des mesures utiles et des contestations seraient examinées. La première lui a suffi. Pour rappel, des arrêtés préfectoraux signés fin 2023 autorisaient ces accès pour la réalisation d’un inventaire écologique nécessaire à la demande de déclaration d’utilité publique de la ligne THT. Démarré en 2024 sur une étude élargie, celui-ci n’a depuis pas pu être affiné au tracé.

    Yannick Bocquenet explique à la barre que cette étape lancée en mai 2026 doit se faire sur quatre saisons consécutives. Or depuis, les écologues se disent empêchés. Le chef de projet RTE évoque des menaces et des dégradations de véhicules ayant abouti à des droits de retrait.

    Pas d’urgence

    Les agriculteurs démentent, plaident leur bonne foi, assurent n’être opposés qu’au projet de ligne aérienne. Mais ce sujet caractérisant l’urgence aux yeux de RTE n’est pas poussé. La défense plaide le non-recours autorisé à la force publique pour accompagner les écologues afin de faire rejeter l’urgence. Et en bout de course le président du tribunal menace.

    « À ce stade il n’apparaît pas que le juge des référés retient l’urgence », prévient-il, après qu’une première proposition de médiation ait été repoussée par l’avocat de RTE. « On n’est pas ici pour faire la volonté du gouvernement », reprend le juge : « demander une phase de trois mois reconductible pour un projet d’intérêt stratégique à l’horizon 2030 n’est pas une urgence ». Nouvelle suspension d’audience. De retour, le conseil de RTE plaide alors que la médiation serait acceptée si les écologues pouvaient démarrer leurs travaux. Le juge revient à la charge arguant qu’une réunion de médiation sous dix jours permettrait de gagner du temps et s’engage à proposer un médiateur de qualité en la personne d’un ancien président du tribunal administratif, dans l’attente de son éventuelle tenue, sa décision est mise en délibéré.

  • La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    Après un premier « travail de sobriété » entamé dès son élection, le maire (LR) Robin Prétot veut commencer à dessiner le budget 2027 dès cet automne. Le maître mot sera : économies. « Il n’y avait pas de discipline dans l’administration, de culture de budget par direction, on faisait le budget en janvier pour la date limite de vote en avril », dénonce-t-il. Exit les anciennes méthodes, la nouvelle majorité lance un cycle de conférences budgétaires auprès des élus et des services.

    Alors que les résultats de l’audit des finances et des ressources humaines de la ville seront présentés lundi prochain au grand public, Robin Prétot en livre les premiers éléments : « On est une commune riche, mais qui va trop loin dans son niveau de dépenses. On a une épargne négative cette année, et qui est deux fois moins élevée que pour la plupart des communes de notre strate. On a 51 millions d’euros de dette, soit trois fois celle de Salon-de-Provence pour le même nombre d’habitants, mais on n’est pas en capacité de rembourser en fonds propres. »

    Au regard de cette situation, cumulée aux difficultés de la Métropole qui pourraient amputer le budget de la Ville de 4,7 millions d’euros, la majorité cherche à faire des économies plutôt que chercher des recettes, Istres ayant déjà « la plus grande taxe foncière de la région avec un taux communal de 54% ». Dans le viseur de la majorité, notamment : les dépenses de personnel, qui représentent 63% du budget de fonctionnement. « L’audit nous confirme qu’on a une politique RH très généreuse, parfois irrégulière dans certaines promotions. »

  • Un auteur nationaliste pour la Semaine provençale d’Avignon

    Un auteur nationaliste pour la Semaine provençale d’Avignon

    La lecture d’un texte de Charles Maurras, auteur d’extrême droite nationaliste, xénophobe et antisémite du XXe siècle, lors d’une conférence organisée ce vendredi 2 octobre à la bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon, en collaboration avec l’association l’Oustau de la Culturo Prouvençalo d’Avignoun, interroge.

    Un nom que la librairie avignonnaise Youpi n’a pas manqué de noter. « Il nous paraît opportun de rappeler que Charles Maurras, antisémite antidreyfusard et xénophobe notoire, est à l’origine du mouvement politique français d’extrême droite nationaliste et royaliste qu’est l’action française », rappelle-t-elle dans un mail adressé à la direction des bibliothèques. Et insiste que « l’étude de ses écrits, dont certains sont certes rédigés en provençal, mérite sans doute un petit peu de précautions dans le cadre d’un événement grand public dans un établissement municipal ».

    Contactée, la municipalité affirme qu’elle « n’a pas vocation à censurer les œuvres ni les auteurs présentés dans le cadre d’une programmation culturelle ». Mais que « compte tenu de la nature » des positions de Charles Maurras, « une contextualisation claire de cette lecture nous paraît en revanche indispensable ». Et que l’association en charge de la programmation « indique elle-même vouloir garantir le pluralisme des œuvres présentées et s’est engagée à contextualiser l’œuvre auprès du public présent ».

    Vive réaction chez la section locale de la France insoumise qui estime que « présenter Maurras par sa seule prose provençale, sans contextualiser ce qu’il fut politiquement, ce n’est pas faire œuvre de pluralisme ».

  • [Pétanque] Philippe Quintais dénonce sa mise à l’écart du collectif France féminin

    [Pétanque] Philippe Quintais dénonce sa mise à l’écart du collectif France féminin

    « L’heure est venue de dire la vérité. » Philippe Quintais, directeur sportif du collectif France senior féminin, tenait à s’expliquer après les nombreuses tensions survenues ces derniers mois avec la direction technique nationale de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (notre édition du 17 septembre). Invité par le président Michel Le Bot à prendre les rênes du collectif après les Mondiaux féminins d’octobre 2025, avec pour objectif de le reconstruire, l’homme aux dix-sept titres de champion du monde avait accepté le challenge à condition d’avoir « carte blanche sur les sélections » et de pouvoir coacher. Mais le retour de joueuses précédemment écartées, comme Cindy Peyrot et Nadège Baussian-Protat, a rapidement ravivé les tensions avec Patrice Rodriguez, le directeur technique national.

    Plusieurs actions cachées

    Des désaccords sont notamment apparus autour de « la présence des conjoints » lors des compétitions, un sujet qui a contribué au départ de Cindy Peyrot, sélectionnée pour les championnats d’Europe en Grèce, obligeant Philippe Quintais à lui chercher une remplaçante. Plusieurs joueuses du collectif, Nelly Peyre, Toréa Tairio puis Aurélie Bories, ont alors décliné la sélection. Le directeur sportif affirme également que « toutes les filles du Collectif non sélectionnées lors de la première annonce », sauf Anna Maillard et Aurélie Bories, avaient adressé « un mail contestant la sélection des “revenantes“ », mais que ce message lui aurait été « caché durant plusieurs jours », pointe-t-il. Patrice Rodriguez a finalement proposé Nelly Peyre et Toréa Tairio, alors qu’elles avaient auparavant « refusé la sélection » auprès de Quintais. Ce dernier estime que le DTN lui a ainsi retiré ses prérogatives de sélectionneur. La direction technique nationale lui aurait ensuite demandé de communiquer « sa potentielle annonce de démission » afin de pouvoir annoncer la nouvelle sélection, ce qu’il a refusé. La Fédération a finalement annoncé la nouvelle sélection sans mentionner son éviction ni évoquer le conflit interne. Le Comité directeur fédéral se réunira à Marseille le 25 septembre.

  • Le gratin de la rentrée littéraire fait étape à Manosque

    Le gratin de la rentrée littéraire fait étape à Manosque

    Fondé en 1999, le festival littéraire des Correspondances de Manosque revient investir la ville, à partir de ce mercredi. Le comité de programmation a sélectionné « les meilleurs » parmi les 461 romans qui sortent cette année. Les auteurs sont invités à monter sur scène « pour des rencontres classiques, des lectures, des lectures musicales ou encore des concerts », explique Frédéric Vladyslav, coordinateur du festival.

    « Les Correspondances, au départ, ça a été un des premiers festivals de littérature, là où avant, il n’y avait que des salons, où les éditeurs payent un emplacement pour faire venir dédicacer leurs auteurs. Ici, le principe est différent, c’est vraiment une sélection, ce n’est pas sur inscription. Et on les invite, on les défraie, les rémunère. Depuis, ça s’est fait un peu partout. Maintenant, il y a plein de festivals de littérature », relate le coordinateur. « Précurseur » des festivals littéraires, les Correspondances ont ainsi « accompagné le développement de ce type d’événements ».

    « à chaque fois, les trois quarts des sélectionnés pour le Goncourt, le Médicis, le Femina, sont présents au festival », se réjouit Frédéric Vladyslav. Sur les 50 auteurs invités, neuf publient leur premier roman cette année.

    écritoires à disposition

    Pendant tout le festival, des rencontres avec des auteurs se dérouleront en plein air, sur trois places du centre historique de Manosque. Des apéros littéraires, des lectures à voix haute par des amateurs, sont également proposés tout au long du festival. « Une grande partie participe à un club de lecture qu’on anime tous les mois avec la médiathèque. On propose à toutes les personnes qui le souhaitent de monter sur scène pour lire des extraits de romans du festival, en présence des auteurs. C’est souvent la première fois qu’ils entendent leur texte lu à voix haute en public. Ça donne des choses assez émouvantes », constate Frédéric Vladyslav.

    Le festival essaie de travailler avec des scolaires, notamment au travers du Labo de l’édition, organisé depuis plusieurs années avec des lycéens. « Une maison d’édition indépendante nous confie, en juin, des manuscrits reçus pendant l’année. Une équipe va en débattre publiquement, se mettre à la place d’un éditeur pour une discussion sur scène pendant le festival », explique le coordinateur.

    Le soir, des spectacles musicaux, associant auteurs et musiciens, et des lectures sont proposés au théâtre Jean Le Bleu. Cette année, Arthur H sera par exemple sur scène pour un « concert dessiné » avec Alfred, avec qui il a publié une bande dessinée.

    Pendant le festival, des écritoires conçues par des artistes, perchés dans des arbres ou dans des boîtes aux lettres géantes, sont installées partout dans la ville avec du papier, des enveloppes, des cartes postales et des stylos à disposition pour écrire son courrier.

  • [Sénatoriales] Jean-François Baudin propose une alternative de gauche

    [Sénatoriales] Jean-François Baudin propose une alternative de gauche

    Ancien accompagnateur en montagne, actuellement bibliothécaire départemental et élu à Guillestre, c’est à présent vers le Sénat que se portent les ambitions de Jean-François Baudin. Sa candidature, avec son adjointe Joëlle Vatain, conseillère municipale à Montjay, est soutenue par l’alliance des écologistes, du Parti communiste français et du Parti socialiste.

    Militant « de longue date », le sexagénaire a débuté son engagement au Ceméa, une association d’éducation populaire. Puis, soucieux de ce qu’il donnait à manger à ses enfants, il a milité au sein des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), où il se trouve encore aujourd’hui en tant qu’administrateur de l’Amap du Guillestrois. Il a adhéré au parti des Écologistes autour de 2010, et a porté les couleurs de la Nupes dans la 12e circonscription du Rhône lors des élections législatives en 2022. Il fait partie de la liste citoyenne élue cette année aux élections municipales de Guillestre, et est actuellement le cinquième adjoint au maire Emmanuel Molle, délégué à l’environnement, l’alimentation et l’agriculture.

    « Quand on fait de la politique, on use de toutes nos ficelles pour faire en sorte que nos idées avancent, et pour, en quelque sorte, changer le monde », dit-il. Avec sa candidature réunissant différents partis de la gauche, il espère proposer une alternative solide au candidat sortant, l’actuel sénateur centriste Jean-Michel Arnaud. Jean-François Baudin n’était pas contre le fait d’ouvrir la porte à La France insoumise, qui a décidé d’investir son propre candidat, Michel Pons. « Je suis pourtant convaincu que la gauche n’arrivera au pouvoir que si elle parvient à s’unir », lance-t-il.

    Des enjeux de ruralité

    La justice territoriale est l’une des priorités du candidat : « Il faut que les lois correspondent aussi aux spécificités de notre département », comme l’enclavement, les risques naturels ou l’impact des touristes. L’élu souhaite notamment mettre l’accent sur le ferroviaire. « On n’a pas besoin des Jeux Olympiques pour cela, prévient-il. Ce qu’il nous faut, ce sont des trains du quotidien pensés pour les Haut-Alpins, pas une ligne pour les touristes ». Sur l’agriculture, il aimerait aller vers une autonomie alimentaire territoriale, en prônant la diversité agricole et l’installation des agriculteurs : « Restaurer des paysans, c’est créer du dynamisme ». Le maintien des services publics, le développement des offres de formation post-bac et l’essor de la culture « pensée pour la ruralité » sont également au cœur de son projet. Concernant la gestion des risques, il souhaite renforcer la solidarité Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et le financement de la sécurité civile. Sur ce dernier sujet, il dénonce la position de Jean-Michel Arnaud, « dont le discours n’est pas aligné avec les actes ».

  • Des milliers d’experts réunis à Aix autour de l’énergie de fusion

    Des milliers d’experts réunis à Aix autour de l’énergie de fusion

    Dans plusieurs lieux de la ville, scientifiques, chercheurs, mais aussi industriels et responsables institutionnels de toutes nationalités se réunissent autour d’un vaste sujet : l’énergie de fusion. La fusion nucléaire, phénomène qui alimente le Soleil, consiste à faire fusionner des noyaux atomiques légers afin de libérer une importante quantité d’énergie. Un phénomène naturel que scientifiques et ingénieurs cherchent aujourd’hui à reproduire pour exploiter cette source énergétique.

    Dès ce lundi et pendant cinq jours, 12 000 participants issus de 29 nationalités prennent part à la 34e édition du Symposium on fusion technology (Soft), lancée depuis le Grand théâtre de Provence. Soit, comme l’a rappelé Michael Houry, président du comité d’organisation internationale (CEA), « 66 ans après notre toute première édition, en 1960, l’une des premières conférences internationales consacrées à la fusion ».

    « Notre milieu a travaillé à démontrer que la fusion peut être contrôlée et durable, et nous avons réalisé des progrès remarquables », contextualise Michael Houry. À l’image du projet international Iter, situé à quelques dizaines de kilomètres au nord d’Aix-en-Provence juste à côté du CEA, qui vise à démontrer la faisabilité de la fusion nucléaire comme source d’énergie.

    « Dans le même temps, de nouveaux concepts émergent. Le secteur privé devient une part importante du paysage de la fusion (…). Il y a une dynamique autour de la fusion aujourd’hui. Et Soft a un rôle important à jouer. Le partage des connaissances et des expériences est essentiel. Mais c’est aussi un nouvel espace pour créer des partenariats, notamment entre les organismes publics et le secteur privé », poursuit Michael Houry.

    Une conférence grand public

    Tout au long de la semaine, plusieurs sessions dites plénières, ainsi que des sessions parallèles, permettront aux différents acteurs de la fusion de présenter leurs avancées, leurs travaux et de débattre des enjeux du secteur.

    Plusieurs lieux culturels de la cité aixoise sont mobilisés pour l’occasion : le Pavillon noir, le Grand théâtre de Provence, mais aussi le conservatoire Darius-Milhaud.

    Des posters scientifiques réalisés par de jeunes chercheurs internationaux, doctorants ou en fin de thèse, seront également présentés. « Ils pourront présenter leurs travaux de thèse sur des posters. Ils y mettent leurs résultats scientifiques », explique le service communication du centre CEA de Cadarache. Au total, 800 posters sont exposés dans les espaces du Grand théâtre de Provence.

    Au milieu de cette effervescence scientifique, un rendez-vous est également destiné au grand public. Ce mardi à partir de 18h30, à l’hôtel de ville d’Aix, Alain Bécoulet, scientifique en chef de la Iter Organisation, donnera une conférence consacrée au projet Iter et à la « course mondiale vers l’énergie de fusion ». L’entrée, est libre et gratuite.

  • Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    De quoi remettre en lumière l’expérimentation de la piste cyclable de l’avenue de la République à Toulon, défendue par la municipalité et les associations écologistes, mais vivement critiquée par l’opposition RN, qui lui reproche ses supposés effets négatifs sur le trafic automobile.

    À l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité (du 16 au 22 septembre), l’ENTPE, école d’ingénieurs placée sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, et son laboratoire Énergie et Mobilité (EMob-Lab) ont dévoilé le premier classement des 28 plus grandes villes françaises en fonction de leur facilité de circulation à vélo. Et le Port du Levant se classe à la 4e place, derrière Nîmes, Reims et Paris.

    « Une belle surprise qui met en avant le travail réalisé avec Madame la maire, se félicite Albert Tanguy, adjoint aux mobilités douces à la mairie de Toulon. Cela va dans le sens des premiers retours concernant la piste cyclable depuis la rentrée, avec 500 cyclistes par heure le matin, montrant que cela répond à un besoin. »

    Piste cyclable pérennisée

    Réalisée par le chercheur Tristan Lemoalle, doctorant à l’ENTPE, cette étude revendique une cartographie complète et reproductible de la sécurité et du confort des infrastructures cyclables en milieu urbain, en France, autrement dit de leur « cyclabilité ». L’indicateur repose sur un croisement de données ouvertes, d’enquêtes de terrain et de sondages. À partir de ces éléments, Tristan Lemoalle a développé un programme capable d’attribuer à chaque tronçon cyclable une note sur cinq. « Cette méthode se distingue par sa précision. Elle permet d’évaluer la cyclabilité à l’échelle de chaque rue et apporte ainsi un éclairage différent, mais complémentaire, au Baromètre des villes cyclables, qui mesure la satisfaction des usagers au niveau des villes », détaille le doctorant.

    Cette note se base sur plusieurs critères : le type de piste (séparée, partagée, bande cyclable…), le degré de pente, l’exposition au trafic motorisé, ainsi que l’environnement urbain autour des pistes cyclables (végétation, éclairage…). « L’idée n’est pas de pointer du doigt certaines villes », affirme le doctorant, mais d’offrir aux collectivités un outil facile d’accès pour identifier les points à améliorer sur leurs infrastructures. Celui-ci pourrait être utile à Toulon pour dresser, fin octobre, le bilan de l’expérimentation de la piste cyclable, qui sera « quoi qu’il en soit pérennisée, qu’elle soit maintenue en l’état ou de l’autre côté de l’avenue », affirme Albert Tanguy.

  • Olivier Galzi ouvre au compte-goutte la régie publique de l’eau

    Olivier Galzi ouvre au compte-goutte la régie publique de l’eau

    Conseil communautaire du Grand Avignon de rentrée ce lundi soir, pas forcément fleuve mais avec quelques remous sur la question de l’eau. Pas directement cette fois sur la hausse du tarif de 20% actée en juin dernier, mais sur le futur mode de gestion. Dans un peu plus de deux ans s’achève le contrat de délégation de service public confié pendant dix ans à Suez pour l’eau dans 8 des 16 communes de l’agglo, dont Avignon. La question a rejailli à l’occasion du bilan annuel du délégataire, qui a toujours autant de mal à colmater les fuites (notre édition de lundi).

    Rémy Blanc, élu PCF d’Avignon, tire trois enseignements de cette délégation de service public, comme autant d’éléments qui devraient amener à privilégier le retour en régie publique. « Le contrat a été mal ficelé, entraînant une hausse des tarifs façon coup de boutoir, avec un système de pénalités important qui permet au délégataire de récupérer sur 10 ans entre 2,5 et 3 millions d’euros, il est plus rentable pour lui de distribuer des pénalités que de l’eau », fulmine-t-il. Rémy Blanc rappelle aussi les années successives de rendement défaillant mais aussi le fait « que les changements de délégataires sont difficiles avec une perte de connaissance du réseau et du patrimoine global ». Dans la même veine, David Fournier (PS) a appelé au retour en régie publique, se remémorant qu’avant le passage au privé, « les bénéfices conséquents étaient réinvestis permettant de construire la station d’épuration ». L’ex-tête de liste aux municipales d’Avignon n’en fait pas un débat idéologique. « Quelles que soient nos orientations politiques, vous seriez surpris de voir quelles personnalités ont voté le retour d’une régie publique de l’eau », glisse-t-il, mentionnant à l’adresse d’Olivier Galzi « votre mentor Édouard Philippe (Horizons) au Havre ». Plus proche de nous, en 2015, Nice, sous Christian Estrosi alors LR, avait aussi délaissé le privé pour le public.

    Des échanges avec les villes en gestion publique

    En réponse, le président (DVD) du Grand Avignon trouve un point d’accord avec David Fournier. « Le passage en régie n’est pas une question de couleur politique mais d’état du réseau », pose Olivier Galzi. Sans préjuger de l’issue du choix de l’exécutif, le maire d’Avignon laisse transparaître un penchant pour le maintien d’une DSP. « Quand vous avez des millions à investir dans la rénovation du réseau [ce qui est le cas au Grand Avignon], vous avez plutôt tendance à confier la gestion à un opérateur privé qui va porter pour vous sur le long terme cet investissement surtout quand vous n’avez pas les finances », estime Olivier Galzi.

    Toutefois, il ne ferme pas complètement les vannes. « On est en train d’aller voir comment cela s’est déroulé avec les villes qui sont passées en régie », indique le président du Grand Avignon. Une mission confiée à Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) en charge de l’eau et assainissement. « Dès cette semaine, nous allons rencontrer plusieurs services de grandes communes à 200 ou 300 km de là [Nice, Montpellier] passées d’une DSP à une régie, savoir comment ils se sont organisés, les premiers résultats… », expose-t-il, assurant ne « pas avoir de religion ». Si l’actuelle DSP s’achève à fin décembre 2028, les élus doivent se décider d’ici à un an vers quel modèle opter. Questionné par nos soins à l’issue de la séance, Patrick Sandevoir laisse transparaître quelques écueils sur « la gestion patrimoniale et le système de facturation » induits par un retour en régie. « On serait incapable de gérer la facturation, Nice n’a pas su le faire pendant deux ans, s’alerte-t-il. Il faut y aller par étapes et pas tout d’un coup », projette-t-il. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives, tant réclamées par le Collectif de l’eau, présent lundi soir dans l’assistance ?