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  • Les futures stars mondiales du football réunies en Provence

    Les futures stars mondiales du football réunies en Provence

    Le tournoi international de football espoirs est de retour à partir de ce dimanche 31 mai à 15h en Provence. La Chine affrontera l’Arabie saoudite au Parc des Sports d’Avignon. La compétition se déroulera jusqu’au samedi 13 juin. Dix équipes venues des cinq continents tenteront de succéder à la France, absente pour la première fois du tournoi depuis 2003.

    Une absence notable, mais pas catastrophique pour l’organisation. « La dernière fois que c’était comme ça, il y a eu une finale Portugal-Argentine avec Javier Mascherano et Cristiano Ronaldo sur le terrain. Donc on souhaite la même réussite cette année », tempère Amayes Brahmi, coorganisateur de l’événement. Une absence expliquée par « des raisons budgétaires », qui auraient été avancées par la Fédération française, explique l’organisation, les équipes U21, U18 et U19 étant déjà mobilisées sur différentes compétitions internationales, tandis que les U20 n’ont pas joué depuis la Coupe du monde de leur tranche d’âge, fin 2025.

    Mais les absents n’éclipsent pas les présents. Deux poules de cinq équipes vont se disputer la première place de leurs groupes à Avignon, Aubagne ou Toulon, avant des matches de classement. Avec des pays de « tous les continents », comme le rappelle Laurent Lauricella, coorganisateur. À savoir donc la Chine et l’Arabie saoudite. Mais aussi la République démocratique du Congo, la Tunisie, le Japon, la Côte d’Ivoire, le Venezuela, le Canada, le Portugal et la Colombie. Toutes les rencontres seront également gratuites, « même la finale », insiste l’organisation.

    Plateau relevé

    Les organisateurs insistent également sur le renouvellement des nations invitées, avec le retour du Congo pour la première fois depuis 13 ans, ou du Portugal depuis 2019. Et n’hésitent pas à mettre en avant les grands joueurs qui ont foulé les prés provençaux depuis la création du tournoi, avec notamment quatre Ballons d’or que sont Zinedine Zidane, Cristiano Ronaldo, Jean-Pierre Papin et Hristo Stoichkov. Mais aussi d’autres grands noms, citant pêle-mêle Thierry Henry, David Beckham ou, plus récemment, Marquinhos et Maghnes Akliouche.

    « On promet du spectacle », ajoute Laurent Lauricella, mettant en avant la moyenne de 70 buts par édition depuis la première édition. Il voit l’équipe ivoirienne comme favorite de cette quinzaine avec des joueurs comme Abdoul Ouattara, qui évolue à Strasbourg en Ligue 1, ou Kader Meïté, transféré pour une trentaine de millions d’euros de Rennes au club saoudien Al-Hilal FC, lors du dernier mercato hivernal. Sans oublier le Portugais Mateus Mané, qui évolue en Premier League anglaise à Wolverhampton, ou encore le Japonais Nick Schmidt, défenseur chez les Allemands du FC Sankt Pauli de Hambourg.

    Tous les matches sont gratuits. Programme complet sur tournoimauricerevello.com

    La Sud ladies cup n’aura pas lieu

    Alors qu’elle se déroulait en préambule du Maurice-Revello, la Sud ladies cup n’aura pas lieu cette année.

    Le comité d’organisation a jugé que les indicateurs actuels ne permettaient pas de garantir aux délégations étrangères le niveau d’accueil et de performance qui a bâti la réputation et l’attrait de ce tournoi féminin réservé aux U20.

    Loin d’être un désengagement, cette pause est présentée comme « une mise en stand-by et nous aimerions relancer le tournoi, si nous trouvons une solution », confie Amayes Brahmi. Le coorganisateur regrette qu’après le lancement en 2018, « il y a eu de belles paroles, mais peu d’actions malgré de belles affluences ».

    M.Ga.

  • Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Faire face à l’anéantissement de Gaza. C’est le thème du colloque organisé durant deux jours au Mucem (2e), ces 21 et 22 mai. Tenu dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le rendez-vous ambitionne de réunir « des artistes et chercheurs de Gaza (…), des institutions culturelles et artistes engagés pour la Palestine, ainsi que des spécialistes de la région et des migrations artistiques ».

    La journée de jeudi, après un accueil introductif d’une trentaine de minutes le matin, s’est ouverte avec un « état des lieux » de l’anéantissement à Gaza. Animée par la journaliste d’Orient XXI Sarra Grira, la rencontre a été l’occasion de revenir sur la destruction du patrimoine gazaoui. Une présentation assurée par Ahmed Ashour, chercheur à l’Université de Tours, spécialiste des politiques culturelles et de l’apprentissage communautaire dans des contextes marqués par la guerre et l’oppression.

    Aïda Delpuech, journaliste indépendante, a évoqué l’écocide en cours à Gaza, d’après elle outil important de la destruction durable de l’enclave. « Attaquer l’écosystème palestinien fait partie du mode opératoire israélien. Il faut comprendre que l’écocide est d’abord un outil du génocide à court terme, car si on prive une population de ses outils de production agricole, on alimente la famine et donc le génocide en cours, détaille-t-elle. Mais aussi à long terme : les bombardements rendent Gaza inhabitable pour une longue durée. On détruit les écosystèmes sur le moment, mais aussi après, avec des ressources, comme les sols, l’eau, l’air, qui sont durablement contaminées. »

    Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, est également intervenue, en visioconférence. « Nous devons accepter que nous vivons une destruction totale de ce qui est la Palestine en tant qu’identité », martèle-t-elle. Et de rappeler la définition des termes qu’elle emploie : « On parle de génocide lorsqu’il y a volonté de détruire totalement ou partiellement un groupe et religieux. Ici, la volonté n’est pas cachée. » D’après le ministère de la Santé du Hamas, plus de 70 000 personnes sont mortes dans l’enclave palestinienne, chiffre jugé fiable par l’ONU, depuis l’attaque terroriste du 7-Octobre du Hamas sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre à Gaza.

    Protestations

    C’est notamment pour protester contre la présence de Francesca Albanese que le président du Crif Marseille, Bruno Benjamin, avait appelé, en début de semaine, à un rassemblement devant les portes du Mucem, qualifiant la rapporteuse de l’ONU d’« antisémite notoire ». Il reproche aussi à l’événement d’être trop orienté politiquement et exige qu’il y ait « la même chose pour le 7-Octobre ». Lui et une trentaine de soutiens, dont le collectif Nous vivrons, sont venus manifester, jeudi matin, devant le musée. En réaction, plusieurs collectifs de défense de la Palestine sont, eux aussi, venus protester. « Mettre sur le même plan le dominant et le dominé, le colonisateur et le colonisé, ça n’a strictement aucun sens », s’est indigné Pierre Stamboul, membre de l’Union des juifs français pour la paix, collectif pro-palestinien.

    Les 428 militants de la flottille pour Gaza expulsés d’Israël

    Les quelque 430 militants de la Global Sumud flotilla, interceptés entre lundi et mardi au large de Chypre par les forces israéliennes, ont finalement été renvoyés en Turquie. Jusque-là détenus dans la prison israélienne de Ktziot, ils ont, jeudi, « tous été expulsés », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien. Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait provoqué un tollé international en publiant une vidéo montrant des militants agenouillés et les mains liées.

  • La CGT demande des comptes au patronat

    La CGT demande des comptes au patronat

    Encouragée par environ 300 manifestants, d’après les organisateurs, une délégation de représentants syndicaux d’entreprises a été reçue par l’UPE 13. La CGT d’ArcelorMittal, de la Métropole, du Grand Port maritime de Marseille, de la CPMM, de Fibre excellence et de Kem One ont porté ensemble un message fort aux représentants du patronat local : l’industrie a un avenir dans le département. « Nous ne laisserons pas liquider notre industrie, ni nos services publics qui en découlent, ni les emplois du département », affirme Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13 et participant de la délégation. Un message porté de manière interprofessionnelle pour exiger le maintien de l’emploi et des salaires dignes. Prochain rendez-vous, le 1er juin pour continuer à faire monter le rapport de force.

    Stéphane Martins de Araujo, CGT Arcelor Fos

    « On veut alerter sur l’importance des emplois qui risquent de disparaître demain. On se dirige, si on ne fait rien, vers une casse sociale et sanitaire au regard des enjeux de décarbonation. On porte des revendications claires et nettes, dans le sens d’une sécurisation des emplois. Et à moyen terme, d’arriver à décarboner ce qui est possible sur le bassin de Fos. On se pose beaucoup de questions sur la faisabilité de cette décarbonation quand on voit ce qu’il s’est passé avec Carbon. Et à Arcelor Fos, il n’y a pas de volonté de décarboner nos hauts-fourneaux. »

    Propos recueillis par A.B.

    Carole Crescenzo, CGT Hôpital Nord

    « On est là parce que le patronat s’en met plein les poches ! Alors que notre point d’indice n’évolue pas. Et puis ils sont en train de privatiser la santé et l’hôpital public. Ils sous-traitent de plus en plus. Au sein de l’hôpital Nord, c’est une entreprise extérieure qui fait le ménage maintenant. Et il y a un cabinet privé qui réalise les dialyses. Et à côté de cela, les hôpitaux sont en train d’être gérés comme des entreprises, pour être rentables. Or dans le système de santé c’est l’humain qui devrait primer. On ne peut pas gérer l’hôpital comme on gère du capital. »

    Propos recueillis par E.J.

    Josette Biancheri, CGT retraités

    « On est venus faire convergence. Car notre société est basée sur ce que l’on appelle la sécurité sociale, interprofessionnelle et intergénérationnelle, qui nous prend en charge de la naissance à la mort. Mais si les emplois sont mal payés et que les cotisations baissent, ce sont nos retraites et celles des générations futures qui vont payer les pots cassés. Nous nous battons pour que nos pensions de retraite évoluent et pour maintenir des emplois bien rémunérés pour que tout le monde puisse vivre dignement de son travail. »

    Propos recueillis par E.J.

    Julie Didonnat, CGT, salariée de la CPMM

    « On tape à toutes les portes pour se faire entendre. Les aides publiques pour la presse sont données aux grands groupes mais pas à nous ! Cela met en péril la viabilité économique de l’ensemble des dépositaires de presse. Où va cet argent ? Pourquoi ne ruisselle-t-il pas jusqu’à nous ? Ce sont les questions qu’on pose au patronat et à l’État. Je m’inquiète pour nos emplois mais aussi pour les diffuseurs de presse, les kiosques, les magasins de presse, les transporteurs…. Si ça continue et que la distribution s’arrête, ça mettrait des milliers d’emplois en danger. »

    Propos recueillis par A.B.

    Laetitia Sidibe, CGT, conseil départemental

    « Le patronat, c’est lui qui négocie avec l’État et ce sont nous, les travailleurs du privé et du public, qui en payons le prix. Car les caisses de l’État servent à remplir les poches du patronat plutôt que les nôtres. On est là car on a besoin d’embauches, dans notre secteur mais partout. En tant qu’assistante sociale, on est en sous-effectif, avec une charge de travail toujours plus importante. Mais on est là pour tout le monde, car nous recevons de plus en plus de personnes qui ont un travail mais qui ne s’en sortent pas. »

    Propos recueillis par E.J.

    Laurent Quinto, CGT Fibre Excellence

    « On est là pour deux points : sauver nos emplois à Tarascon, être solidaires de tous les camarades qui ont aussi leurs emplois menacés. On est dans la même situation : regardez Arcelor, ils pourraient faire de la captation de CO2, du bioéthanol, comme nous sur Fibre Excellence… On pourrait tous se développer, renforcer nos industries plutôt qu’être en danger. Mais tout cela nécessite des investissements, des actions. Il faut que le Medef remonte le message aux plus hautes instances, le patronat doit faire quelque chose rapidement : on a besoin d’actions urgentes. »

    Propos recueillis par A.B.

    Fabrice Florio, CGT Cheminots

    « Toutes les industries sont imbriquées. Sans industrie, il n’y a pas de train de fret SNCF, donc c’est important que nous la défendions. Mais il y a aussi des problématiques avec l’ouverture à la concurrence. On fait venir des sociétés privées qui prennent la place de la SNCF, et on se rend compte que ça a un surcoût au niveau des deniers publics. On est là pour que le Medef local prenne ses responsabilités ainsi que l’État. Car le risque, c’est beaucoup de pertes d’emploi, ce qui risque d’impacter les services publics. »

    Propos recueillis par E.J.

    Véronique Dolot, CGT Métropole Aix-Marseille Provence

    « On va à la rencontre du Medef car l’on veut que ce groupe d’influence travaille dans le même sens que nous sur l’augmentation du prélèvement mobilité des entreprises. Ils ont la clé de la mise sous tutelle de la Métropole, et donc d’une éventuelle augmentation d’impôt pour tous les habitants du territoire, entre les mains. Une hausse de 1% du prélèvement, c’est 200 millions d’euros, ça règle le problème. Il faut que le patronat contribue à hauteur de ce que fait la Métropole : routes, transports, réseau de services publics. »

    Propos recueillis par A.B.

  • Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Sur la plage de Corbière, ce mercredi matin, des dizaines de petites mains s’activent entre les rochers. « J’ai trouvé une bouteille ! » « Moi, j’ai un mégot ! ». Une centaine d’enfants venus de centres aérés voisins, mais aussi des particuliers, se sont réunis dès 9h30 pour un grand nettoyage de la côte. Munis de gants, sacs en plastique et pinces, ils sont tous vêtus de t-shirts floqués « le Grand bleu », l’association organisatrice de l’événement.

    Brahim Timricht est son fondateur. Depuis 22 ans, grâce à cette manifestation, il sensibilise les plus jeunes à la protection de l’environnement. « C’est une goutte dans le sable, mais des milliers de gouttes font des rivières. Sensibiliser les tout-petits, dès 3 ans, c’est créer des réflexes pour plus tard. » Brahim Timricht, qui a été nommé cette année Chevalier de l’ordre du mérite, est un homme engagé socialement. Notamment au travers d’activités nautiques et de l’apprentissage de la nage, qu’il organise toute l’année. « On transmet aux jeunes marseillais le goût et le respect de la mer. »

    Cette journée s’inscrit donc dans la continuité de son action. À la base nautique de Corbière, kayak, paddle géant, voilier et même une double pirogue polynésienne, « la première de Marseille », sont mis à disposition des enfants pour récupérer des déchets en mer et pour beaucoup, découvrir ces sports nautiques souvent inaccessibles.

    La valeur du collectif

    La joie se lit sur le visage des enfants, qui sont 400 à participer aux activités de l’après-midi. Un moment de jeu et de découverte autour de l’écologie qui demande de la cohésion d’équipe et qui valorise les enfants. « Je suis fière, on a rendu notre plage plus propre », explique Mélissa, 8 ans, qui vit à l’Estaque.

    Les soutiens institutionnels et privés, notamment Suez et la Seramm, étaient présents pour assister à l’événement. Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, espère que le projet s’élargisse au-delà de Corbière. « Nous soutenons désormais le développement des activités du Grand bleu à l’ancien village olympique. » Durant la journée, environ 5 tonnes de déchets ont été récoltées par les enfants.

  • À Montpellier, un club de foot se mobilise pour la libération de Kamal

    À Montpellier, un club de foot se mobilise pour la libération de Kamal

    C’est une histoire qui illustre l’ignominie de la politique migratoire en France. Pour des problèmes administratifs, certains sont jetés en rétention dans des conditions indignes. C’est ce qui est arrivé à Kamal, jeune Algérien de 30 ans membre du club omnisports Athlétique Club (AC) Asteras Montpellier.

    Pêcheur de sardines en Algérie, ce dernier ne voit pas d’avenir dans son pays et part en France dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Posant ses valises dans la capitale héraultaise, il intègre rapidement le Football du peuple Montpellier avant de rejoindre l’AC Asteras. Ce club omnisports ambitionne de redonner une pratique populaire du sport, portée par des valeurs de solidarité et de justice sociale. « Kamal était très actif pour le club et il joue très bien au foot », fait valoir Mathieu, membre de l’AC Asteras.

    Sauf que fin avril, Kamal est interpellé à la gare de Montpellier à la suite d’un « contrôle au faciès », selon ses proches. « Ils l’ont amené au commissariat et le lendemain, ils l’ont conduit au CRA (Centre de rétention administrative, Ndlr) de Sète. Mais Kamal ne savait pas ce qui se passait. Il n’a pas demandé d’avocat. Ils lui ont fait signer une feuille, il pensait qu’il allait être relâché », raconte Nicole, une amie du jeune homme. Sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) car sans-papiers, Kamal est donc enfermé au CRA depuis le 25 avril. Ses proches et membres du club se sont rassemblés le 20 mai devant les grilles de la préfecture héraultaise pour exprimer leur soutien.

    La rétention prolongée ?

    Sauf que le juge pourrait bien ordonner une prolongation de 30 jours, pouvant être reconduite une nouvelle fois, soit 90 jours au total. Pour l’instant, Kamal trinque. « Les conditions sont insalubres. Quand ils jouent au baby-foot, des rats passent. Il mange peu car rien n’est halal. Ils sont tous mis ensemble avec les gens dangereux et des personnes malades – qui ne sont pas soignées et à qui on donne du Doliprane. Mais cela se passe bien avec les gens et les gardiens », soutient Nicole.

    Mais le joueur de l’AC Asteras ne semble pas baisser les bras. « On lui rend visite souvent. Il sourit, il nous fait des blagues, il est sympa. Il est soutenu, il a un vrai réseau autour de lui », reprend Mathieu. Bénévole à Saint-Vincent-de-Paul, Kamal a pris des cours de français avant de passer une formation dans l’espoir de trouver un travail et construire sa vie en France. « Il pourrait passer le Bafa, je le verrais bien animateur », avance Nicole. Auparavant, Kamal avait travaillé trois ans dans une pizzeria. « Mais ils lui faisaient miroiter des papiers, ça n’arrivait pas et je lui ai dit d’arrêter », poursuit Nicole.

    Si ses proches se mobilisent aujourd’hui, c’est également pour dénoncer la politique déshumanisante que mène la France. « On dénonce les conditions du CRA et on aimerait mobiliser sur la situation des étrangers en France », fait valoir Nicole. Ses proches entendent aussi venir le soutenir le jour de l’audience, fin mai, à la fois à Montpellier et à Sète, où Kamal assistera à son audience en visioconférence. Dans l’espoir d’obtenir sa libération.

  • Benoît Payan et Nicolas Isnard demandent à Patrick Bruel d’annuler ses concerts

    Benoît Payan et Nicolas Isnard demandent à Patrick Bruel d’annuler ses concerts

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a demandé mercredi à Patrick Bruel de « ne pas maintenir son concert prévu à Marseille, le temps que la justice fasse sereinement son travail », d’après Ici Provence citant l’entourage de l’élu. Même son de cloche du côté du maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard, le même jour, qui enjoint le chanteur visé par plusieurs plaintes de femmes pour viol et agressions sexuelles d’ « d’annuler de lui-même ses concerts le temps que la justice se fasse ». Le chanteur doit normalement se produire le 4 juillet à Salon-de-Provence et en octobre à Marseille.

    Une pétition lancée par le collectif Salon féministe a réuni plus de 32.000 signature pour demander l’annulation de la tournée de l’artiste, invitant à « faire de cette tournée de la honte une tribune des idées féministes ».

    Les deux édiles ont emboîté le pas du maire (PS) de Paris Emmanuel Grégoire, qui a appelé, pour les mêmes motifs, le chanteur à « mettre entre parenthèses sa carrière », sur le plateau des 4 vérités de France 2 mardi matin.

  • Confrontation entre manifestants du Crif et pro-palestiniens devant le Mucem

    Confrontation entre manifestants du Crif et pro-palestiniens devant le Mucem

    Une manifestation se tient depuis 9h30 devant le Mucem, à l’occasion de la tenue du colloque « Faire face à l’anéantissement de Gaza », organisé ces 21 et 22 mai dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026 .Plus tôt dans le semaine, le Crif Marseille avait appelé au rassemblement pour protester contre le rendez-vous culturel. Bruno Benjamin, président du Crif Marseille, reproche à l’événement un caractère trop orienté politiquement, ainsi que l’intervention de Francesca Albanese, en visioconférence, qu’il qualifie d’ « antisémite notoire ». En réaction, des militants pro-palestiniens, dont l’Union des juifs français pour la paix, le collectif Palestine Martigues ou le collectif chrétien contre le génocide, se sont eux aussi réunis devant les portes du Musée. Les deux groupes campent devant le l’établissement culturel depuis ce matin, séparés par un cordon de CRS.

  • [Maj] Les scrutins de 2027 déjà dans les têtes à gauche

    [Maj] Les scrutins de 2027 déjà dans les têtes à gauche

    Désormais Emmanuel Macron est un président « canard boiteux », c’est-à-dire sans aucune influence dans le débat politique et pour l’avenir du pays. Après près d’une décennie de politique antisociale et alors qu’il fut élu en 2017 et 2022, non sur son projet néolibéral mais contre la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, le RN n’a jamais été aussi menaçant et se dit prêt à gouverner en 2027.

    Cette situation politique inquiétante n’est pas propre à la France. Sur tous les continents, les extrémistes de droite progressent et pour certains dirigent comme aux États-Unis, en Russie, en Italie, en Argentine ou encore en Inde. Mais des exemples montrent que cette ascension est résistible : l’Espagne en est un et, à une autre échelle, New York en est un autre. Toutes proportions gardées, la bascule de Nîmes dans le camp progressiste avec l’élection du communiste Vincent Bouget, témoigne que la dynamique et la victoire sur un projet rassembleur de justice sociale sont possibles. Pour la socialiste gardoise Chloé Ridel « face à une droite installée et une extrême droite forte, nous avons gagné parce que nous avons mené une campagne unie, heureuse, concrète, avec les citoyens et la société civile. Nous n’avons pas passé notre temps à parler des autres partis de gauche » (lire ci-contre). Une méthode qu’elle estime applicable au niveau national. Mais le piège de l’hyper présidentialisme menace toujours la gauche. Ainsi, le fondateur de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon s’est lancé officiellement, en solitaire, dans sa quatrième candidature à l’Élysée. Pour ses soutiens, il est le seul « capable ». « Tourner la page de la Macronie, mais battre l’extrême-droite, en réalité aujourd’hui il n’y a qu’un candidat à gauche qui est prêt et qui est capable de mener cette bataille, c’est Jean-Luc Mélenchon. » résume la députée FI de l’Hérault, Nathalie Oziol (lire page 6). « Une impasse » pour Chloé Ridel : qui déplore que « la scène soit occupée par Jean-Luc Mélenchon d’un côté et François Hollande de l’autre. Deux impasses, deux figures irréconciliables, qui empêchent la gauche de s’unir sur un logiciel clair. Or, la seule manière de l’emporter face à l’extrême droite en 2027, c’est l’union ». Les communistes travaillent pour l’heure sur leur congrès et le projet qui sera porté par le parti (lire aussi nos informations page 23). « Fabien Roussel a indiqué sa capacité à mettre toute son énergie dans la présidentielle de 2027. Personnellement, c’est l’option que j’aimerais que nous retenions mais ce sera tranché par le débat. Si on veut se présenter, c’est qu’on veut reconquérir un électorat et qu’on veut faire vivre des idées », avance Clara Gimenez, membre de l’exécutif national du PCF et élue de Montpellier (lire ci-contre). Sa camarade Saliha Boussedra, co-secrétaire de la fédération du PCF du Gard, a une autre position. : « Nous sommes trois sur les quatre secrétaires de la fédération du Gard à avoir signé le texte [alternatif],”Communistes à l’offensive”. C’est donc difficile de parler au nom de la fédé et au nom du parti puisque les choix sont en cours de délibération. Si je dois donner un avis personnel, il est simple et clair : il y a une priorité qui est le mur qu’on a en face, qui est celui de l’extrême droite. Donc, il faut travailler, imposer l’union de la gauche en partant de la base. »

    Pour l’heure divisée sur la stratégie pour 2027, les gauches n’en ont pas moins un ADN commun concentré sur la question sociale à laquelle ni la droite ni l’extrême droite ne peuvent répondre. Un atout car les attentes du mouvement social sont fortes après plus d’une décennie de casse sociale.

    Clara Gimenez , membre du comité exécutif national du PCF, vice-présidente de la Métropole de Montpellier

    « Le débat avance dans les cellules, les sections et les fédérations en vue du congrès qui aura lieu en juillet prochain à Lille. Ce congrès n’est pas en conclave, il est ouvert sur la société. Les communistes discutent du projet, du fond, des idées et de la stratégie à adopter pour les mettre en application et donc de la présentation ou pas d’un candidat à l’élection présidentielle. Cette question sera tranchée par les communistes tout début septembre. Tout est aujourd’hui ouvert et ce sont aux communistes de décider. Fabien Roussel a indiqué sa capacité à mettre toute son énergie dans la présidentielle de 2027. Personnellement, c’est l’option que j’aimerais que nous retenions mais ce sera tranché par le débat. Si on veut se présenter, c’est qu’on veut reconquérir un électorat et qu’on veut faire vivre des idées parce qu’au-delà de l’échéance électorale, la question c’est : qu’est-ce qu’on fait bouger dans les têtes ? C’est un moment important pour porter sa vision de la société et de ce qu’il faudrait faire. On a besoin d’un Parti communiste fort pour avoir des politiques transformatrices. On a besoin d’avancer sur des idées et pas sur des personnes. Nous voulons porter une volonté transformatrice de la société et pas s’accommoder d’une société capitaliste. C’est là que nous avons une vraie différence et que nous voulons porter cette idée de rupture que ne portent pas les autres. Dans la période actuelle, il y aura deux grands enjeux que l’on porte depuis longtemps. Il y a déjà la paix parce que sans elle, il n’y aura pas de progrès sociaux. Ensuite, il y a la défense des intérêts du monde du travail, que ce soit son organisation, sa rémunération, le droit à l’emploi pour tous ou le droit à la formation. Ces enjeux, nous sommes les seuls à les porter en les couplant à un projet de société transformateur où chacun trouve sa place et peut s’émanciper. »

    Recueilli par Tristan Arnaud

    Chloé Ridel, députée européenne, secrétaire nationale du PS, conseillère municipale de Nîmes

    « Pour moi, le principal danger à gauche aujourd’hui, c’est que le devant de la scène soit occupé par Jean-Luc Mélenchon d’un côté et François Hollande de l’autre. Deux impasses, deux figures irréconciliables, qui empêchent la gauche de s’unir sur un logiciel clair. Or, la seule manière de l’emporter face à l’extrême droite en 2027, c’est l’union. Je plaide donc pour une primaire de la gauche. Ce que nous avons fait à Nîmes peut servir de leçon nationale. Face à une droite installée et une extrême droite forte, nous avons gagné parce que nous avons mené une campagne unie, heureuse, concrète, avec les citoyens et la société civile. Nous n’avons pas passé notre temps à parler des autres partis de gauche. Nous avons parlé des Nîmois, de leurs besoins, de leurs quartiers, avec l’idée de réunir la ville. Cette méthode peut être portée à l’échelle du pays. La France est profondément fracturée socialement, territorialement, identitairement. Il faut reconstruire l’unité du peuple français par des politiques de justice : justice fiscale, justice territoriale, mixité sociale et scolaire, lutte contre les discriminations. Sur le fond, la gauche doit répondre au pouvoir d’achat. Revaloriser le Smic et les salaires, oui, mais aussi s’attaquer aux dépenses contraintes : logement, énergie, alimentation, transports. Il faut reprendre la main sur le marché du logement, encadrer les loyers, appliquer la loi SRU. Il faut aussi un nouveau contrat social des transports, avec des véhicules électriques accessibles aux ménages modestes, davantage de trains, de RER métropolitains, et la nationalisation des autoroutes. Les lignes rouges sont claires : l’Europe, le respect du droit international partout, en Ukraine comme en Palestine, et la défense d’une souveraineté européenne. La gauche doit promettre la liberté, mais pas la liberté de quelques-uns. La liberté pour toutes et tous : vivre dignement, se loger, se nourrir, se déplacer, choisir sa vie. »

    Recueilli par Axel Jolidon

    Julien Pradel, premier secrétaire de la fédération du PS de l’Hérault

    « Nous sommes à un an de la présidentielle mais nous avons le temps encore pour choisir la personne. Par contre, ce qui devient urgent, c’est de construire une plateforme programmatique. Il me semble qu’il vaut mieux partir du projet plutôt que de la personne. Au PS, on travaille sur un projet qui a une vision plus longue, pour le XXIe siècle, donc pas forcément pour des échéances très courtes, même s’il faudra s’en inspirer. Mais il me semble que là où nous attendent les Français, c’est sur le social, sur le travail, sur le logement, des choses du quotidien : des propositions très concrètes sur le plafonnement des loyers par exemple, la sécurité dans les quartiers populaires et ailleurs, la revalorisation des salaires. Comme sur les retraites, il faut être concret, comment on va les financer. Il ne suffit pas de faire de la démagogie en annonçant la retraite à 60 ans, mais il me semble que c’est comme ça qu’on peut arriver à une retraite équitable. Si on est d’accord sur un projet commun, les divisions personnelles ne peuvent plus exister, les questions d’ego doivent disparaître. Il faudra garder la tête froide face à une extrême droite en passe de gouverner. Il faudra prendre la personne qui sera le mieux armée et la plus plébiscitée pour pouvoir gagner. La primaire proposée par une partie de la gauche n’arrive pas à rassembler les appareils, donc c’est un problème. Il faut d’abord passer par le projet pour entraîner une population plus large que deux partis morcelés et un micro-parti. Si on parle du PS, il me semble que c’est à ses adhérents de déterminer qui est la personne la plus capée pour représenter le parti. À la présidentielle, c’est encore une autre histoire, je suis prêt à faire confiance à la personne que je désignerai au PS – ce que je souhaite – mais si ça ne doit pas être un socialiste qui représente une vision de la gauche qui est nécessaire, je fais confiance à cette personne pour trouver les contreparties et les compromis là-dessus. »

    Recueilli par Louis Dupin

    Lise Florès, co-secrétaire régionale des Écologistes

    Face aux échecs répétés de la gauche à l’élection reine et à la menace de l’extrême droite, Lise Florès n’envisage qu’une option. « Je suis pour l’union de la gauche, unioniste à 100%. Il faut tenir ce cap au maximum », martèle la co-secrétaire régionale des Écologistes en Occitanie. Elle voit deux raisons majeures. La première c’est « le risque d’un RN au pouvoir », la seconde c’est que si Jean-Luc Mélenchon peut être un bon candidat de premier tour, « il a peu de chances de l’emporter au second. J’ai peur que LFI ait raté le coche. On doit être pragmatique ». Ainsi Lise Florès défend-elle l’idée de la primaire du 11 octobre à laquelle Marine Tondelier a l’intention de participer. Si l’écologiste lunelloise concède que l’exercice, parfois considéré comme une « machine à diviser », n’est pas parfait, il aura le mérite « d’éliminer plusieurs candidats potentiels ». Par la suite, elle espère que « guerres d’ego et autres querelles à la noix » s’effaceront pour laisser place à l’essentiel. « La gauche doit se recentrer sur ses points communs : permettre aux gens de vivre dignement, la santé au quotidien, les services publics et l’écologie ». Pour ne pas que l’écologie soit coercitive, elle aimerait que les élus effrayés par les normes soient accompagnés . « Une ZFE sans transports en commun, c’est ridicule. L’écologie punitive c’est celle de Macron et de la droite ». S’il a déjà été réussi deux fois dans l’urgence aux législatives avec la Nupes (2022) puis le Nouveau front populaire (2024), le périlleux exercice de l’union des gauches se heurte souvent au système du présidentialisme. La raison pour laquelle, elle aussi défend l’idée d’une VIe République avec « un système plus parlementaire avec des alliances programmatiques ». « On peut régler nos différends de cette manière. On ne peut pas gouverner par la force ad vitam æternam ». Le 10 juin, les Écologistes, pour l’heure divisés sur le sujet, tiendront leur conseil fédéral qui tranchera la ligne du parti sur la primaire et entre ceux qui penchent vers les socialistes ou vers les insoumis.

    Recueilli par Rémy Cougnenc

    Nathalie Oziol, députée LFI de l’Hérault

    « La candidature de Jean-Luc Mélenchon a été choisie collectivement lors d’une réunion d’intergroupe [réunissant les élus insoumis et les membres de la coordination de LFI, Ndlr]. Il y a eu unanimité pour soutenir sa candidature. Alors qu’on assiste au désastre de la division dans tous les camps politiques, que ce soit dans les autres partis de gauche, que ce soit dans le camp macroniste, la concurrence entre la droite et l’extrême droite, nous, nous sommes prêts. La situation catastrophique d’un point de vue politique, économique, social exige qu’il y ait une candidature sérieuse et à la hauteur du moment et celle de Jean-Luc Mélenchon l’est. Nous avons un candidat, mais on a aussi un programme qui est très identifié avec une équipe. Ce n’est pas juste l’aventure personnelle de Jean-Luc Mélenchon. Il est entouré de personnes qui sont extrêmement capables et compétentes comme Manuel Bompard, Clémence Guetté, etc.

    Tous les tenants de la primaire de la gauche ont fait la démonstration de l’absurdité de cette proposition puisque maintenant chacun y va de sa candidature personnelle en sautant par-dessus la primaire qui est en train de s’enliser. Tout le monde comprend que ça n’aboutira à rien du tout. Heureusement qu’on n’attend pas après ces personnes qui en fait passent leur temps à se disputer entre eux. Rien qu’au PS, c’est un désastre. Chaque individu en soi porte une position ou une candidature presque. Il est hors de question qu’on se laisse traîner dans cette espèce d’arène de disputes personnelles. Lors des deux dernières présidentielles, où on lui faisait déjà exactement les mêmes reproches, qu’il était clivant, qu’il ne pourrait jamais dépasser un plafond de verre, il a fait la démonstration non seulement qu’il était qu’il était en capacité de se qualifier au second tour et qu’il était en progression. La bataille qui est devant nous est si importante que pour non seulement tourner la page de la Macronie, mais battre l’extrême droite, en réalité aujourd’hui il n’y a qu’un candidat à gauche qui est prêt et qui est capable de mener cette bataille, c’est Jean-Luc Mélenchon. »

    Recueilli par Louis Dupin

    Boris Chenaud, coopérateur de La Carmagnole, à Montpellier et membre de l’Après

    « Le gros danger démocratique, social, écologique, c’est qu’en 2027 l’extrême droite accède au pouvoir. Face à cela, il faut trouver un chemin pour l’union des gauches et des écologistes. C’est ce qu’ont fait les anciens il y a 90 ans, lorsqu’ils ont constitué le Front populaire le 6 février 1934 et qu’ils ont réussi à l’emporter en 1936, alors qu’une vague brune gagnait toute l’Europe. Comme il n’y a pas de personnalité qui ait une légitimité naturelle ou qui s’impose à toute la diversité de la gauche, ce chemin commun passe, pour nous, par une primaire, avec un programme qui soit partagé par l’ensemble des candidatures. On ne part pas de rien, puisqu’il y a eu la Nupes en 2022 et le NFP en 2024. On a donc déjà une base programmatique. Par ailleurs il ne faut pas reproduire le schéma d’une primaire à deux tours avec des camps qui s’affrontent dans le but de montrer qu’on est le meilleur. On souhaite un scrutin à un tour, où la personne la plus fédératrice l’emportera. Cette dynamique autour d’une union à gauche doit à la fois être impulsée par en haut, c’est-à-dire par les partis, pour travailler un Front populaire 2027, mais aussi par en bas, à la base, avec des comités locaux ouverts à toutes les forces de gauche qui organiseront des réunions publiques d’information pour expliquer cette démarche de la primaire. C’est ce qu’on va faire dans l’Hérault. En matière programmatique, nos priorités sont les salaires, la retraite, le logement, l’écologie populaire… Le partage des richesses constitue également un gros enjeu, avec une indispensable remise à plat du système fiscal qui nous donnerait les moyens des politiques sociales et écologiques que nous souhaitons mettre en place. Il faut également miser sur les services publics et les sortir au maximum de la logique marchande. Sans oublier la nécessité d’une révolution démocratique : aller vers une VIe République avec une perspective de Constituante et redonner la voix aux citoyennes et citoyens comme l’avaient demandé les Gilets jaunes, avec l’instauration du référendum d’initiative citoyenne. »

    Recueillis par Amélie Goursaud

    Emmanuel Grieu, maire de Mandagout, membre de Debout! et soutien de François Ruffin

    « La primaire est la moins mauvaise façon de trancher. On sait que la primaire peut être un piège, que c’est imparfait mais quand on voit le grand écart qu’il existe à gauche, que peut-on faire ? Il est indispensable de se réunir parce que si on continue comme on fait aujourd’hui, on va droit dans le mur. En ce moment, on est la gauche la plus bête du monde. Il va bien falloir se mettre autour de la table et se confronter. Puis il faut qu’on consulte notre base électorale pour voir ce qui serait le plus pertinent. Il y a une pétition sur le site du Nouveau Front Populaire 2027 et j’appelle toutes les personnes qui souhaitent l’union de la gauche à aller la signer. Il faut que ce soit un large appel pour créer l’espoir et créer une vraie dynamique. On a les moyens de le faire. La petite fenêtre de tir qui existait quand la France insoumise était majoritaire car elle avait réussi à nous remettre dans la direction de la gauche et avait une richesse incroyable de profils, s’est refermée. Au lieu de vouloir rassembler, ils ont préféré se retrancher derrière un sac de sable et tirer à vue sur tout ce qui est différent d’eux. Mais je reste profondément insoumis au fond de moi parce que la FI garde la direction qu’il faut suivre. On a vu ce qu’ont donné les Bernard Cazeneuve et Carole Delga : un extrême centre avec Emmanuel Macron. Il faut donc garder la direction insoumise mais selon moi, Jean-Luc Mélenchon est le dernier homme qui peut faire consensus à gauche. C’est aberrant de ne pas le voir. Il est inaudible aujourd’hui alors que la France insoumise et la gauche de manière générale, font un travail incroyable à l’Assemblée nationale avec des positions géniales mais elles sont totalement inaudibles. C’est aussi dû au bashing anti-LFI mais ils ne font rien pour être plus malins. On ne peut pas tenter la roulette de la FI toute seule et en même temps, on ne peut rien faire sans la FI. Avec François Ruffin, on fait le pari de travailler avec les gens. Avoir des idéaux c’est bien, mais il faut les confronter au réel pour faire avec les gens, avec tous les gens. Il faut orienter cette colère pour qu’elle ne soit pas une colère aveugle. Il faut que la gauche revienne vers le salariat et le travail. »

    Recueillis par Tristan Arnaud.

    Évelyne Coulouma, place publique, membre de la coordination de l’Hérault, responsable du territoire de Béziers.

    « En ce moment nous sommes en train de finir de construire un programme social-démocrate, nous essayons de construire le programme le plus rassembleur à gauche en vue de la présidentielle. Pour le moment la priorité ce n’est pas le candidat mais bien le programme. La priorité est d’essayer de mettre autour d’une même table les forces de la gauche en présence. Nous ne sommes pas que dans la recherche d’un seul candidat, nous recherchons surtout un consensus sur un programme de gauche.

    Ce ne sera pas évident sur Béziers même de faire passer des idées sociales démocratiques, nous le savons. Pour ce qui est des grands axes du programme, il y a d’abord la défense et la sauvegarde de la démocratie, nous souhaitons rétablir la confiance dans les politiques : que les personnes se rappellent de la confiance que cela apporte, nous constatons que les gens sont prêts à confier les rênes au Rassemblement National, sans prendre conscience de ce que cela peut engendrer. Nous souhaitons aussi lutter contre les inégalités sociales, on est en train de les prendre en pleine figure, c’est une catastrophe et il faut rétablir l’égalité dans la population. Nous ne voulons pas qu’une certaine partie de la population soit désignée bouc émissaire, comme on peut le voir avec les immigrés par exemple. Nous pensons donc qu’il faut développer la conscience des individus, rappeler l’importance du « ensemble ». Nous souhaitons protéger les personnes en situation de vulnérabilité, il est important de ne laisser personne de côté.

    Nous accordons aussi beaucoup d’importance à la question écologique : lutter contre les problèmes climatiques, intervenir dans la vie quotidienne, avec le logement, le transport, l’alimentation. Nous mettons ces trois domaines : démocratie, lutte contre les inégalités et l’écologie presque au même niveau de priorité. On sait que ce sont des programmes partagés par d’autres forces de gauche et nous souhaitons donc les mettre autour d’une même table pour décider d’un consensus. Ce n’est pas une quête d’ego mais un souhait de vraiment défendre ce programme. »

    Recueilli par Zoé Loritano

  • La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue ne veut plus seulement être regardée comme une carte postale. Marais, taureaux, chevaux, flamants roses, salins, rizières, roselières : derrière les images connues, c’est tout un territoire vivant, fragile et menacé qui cherche aujourd’hui une reconnaissance internationale. Portée par l’association « La Camargue à l’Unesco », créée fin 2023, la candidature du delta du Rhône au patrimoine mondial naturel se structure pas à pas. Avec une conviction martelée par ses promoteurs : il ne s’agit pas de mettre la Camargue « sous cloche », mais de mieux organiser sa protection.

    Réunis en avril à Vauvert, au siège du Syndicat mixte de la Camargue gardoise, les membres de l’association ont présenté l’avancée du dossier devant élus, associations et habitants. À leur tête, Stanislas Blohorn, président, et Véronique Jullian, vice-présidente, portent une ambition de long terme. « On avance », résume cette dernière. Une première étape a déjà été franchie avec un courrier adressé au ministère de la Transition écologique pour formaliser la démarche. Le territoire figure d’ailleurs depuis 2002 sur la liste indicative française de l’Unesco, passage obligé avant toute candidature officielle.

    Un delta, cinq arguments

    Pour convaincre, l’association a défini cinq grands axes. Le premier tient au delta du Rhône lui-même, l’un des plus vastes d’Europe, né d’un fleuve prenant sa source dans les Alpes suisses avant de rejoindre la Méditerranée. Un espace façonné par l’eau, les sédiments, les crues et les vents. Un « laboratoire à ciel ouvert » face au changement climatique.

    Le deuxième axe met en avant les processus naturels rares : lagunes, cordons littoraux, dynamique sédimentaire, interaction permanente entre le fleuve et la mer. Le troisième insiste sur la biodiversité exceptionnelle du territoire, tandis que le quatrième valorise son rôle de carrefour migratoire majeur. Quelque 350 espèces d’oiseaux y trouvent refuge ou passage, entre Afrique et Europe du Nord. Enfin, le dernier pilier du dossier concerne la relation ancienne entre l’homme et la nature : riziculture, salins, élevage de taureaux et de chevaux, récolte de la sagne. Ici, les activités humaines font partie du paysage.

    C’est un point sur lequel les porteurs du projet insistent. Une inscription à l’Unesco ne signifierait pas l’arrêt de la vie locale. « L’Unesco n’interdit pas, elle organise », rappellent-ils. L’enjeu est au contraire de concilier protection de la nature, agriculture, tourisme et activités économiques. Dans une Camargue déjà confrontée à la salinisation des eaux, à l’érosion du littoral, à la pression touristique, aux projets industriels ou d’infrastructures, la reconnaissance mondiale pourrait permettre de mieux coordonner les réponses.

    Une gouvernance

    à inventer

    Car le territoire souffre aussi d’un morcellement institutionnel. Grande et Petite Camargue, Gard, Bouches-du-Rhône, Occitanie, Paca, communes, syndicats mixtes, parcs, propriétaires privés, acteurs économiques : chacun gère une partie du puzzle. Pour l’association, la candidature doit permettre de dépasser ce millefeuille. Elle se présente comme un facilitateur et plaide pour une gouvernance partagée, autour d’un organe juridique nouveau et d’un plan de gestion sur dix ans. « On doit montrer qu’on est capable de fédérer tous les acteurs », insiste Véronique Jullian.

    Le chemin reste long. L’État devra actualiser l’inscription sur la liste indicative, puis décider de porter officiellement le dossier devant l’Unesco. Études, concertation, financements : plusieurs années seront nécessaires, avec un horizon de
    « 5-6 ans ». Mais pour ses défenseurs, l’enjeu dépasse le prestige. Il s’agit de faire de l’Unesco non pas une médaille, mais un outil : pour mieux protéger la Camargue, renforcer sa visibilité internationale et construire un développement durable à la hauteur de ses fragilités.

  • Les secrets du mammouth gardois de Durfort exposé à Paris

    Les secrets du mammouth gardois de Durfort exposé à Paris

    Snack, route, cuvée à son nom et désormais parcours pédagogique sur son histoire… À Durfort, le mammouth est partout. Cette petite commune gardoise de moins de 300 habitants près d’Anduze, est en effet le lieu où a été découvert l’un des joyaux de la paléontologie française. Seul spécimen français à avoir été reconstitué, il trône et domine désormais la Galerie de Paléontologie du Muséum d’histoire naturelle de Paris.

    Après avoir travaillé en collaboration avec le Muséum (dont tous les habitants de la commune peuvent désormais visiter gratuitement les collections), la municipalité axe maintenant ses projets autour de son mammouth. Un parcours pédagogique constitué de 13 panneaux a vu le jour près du cimetière, non loin de là où a été découvert le fameux squelette. Conçu pour les élèves mais aussi pour les touristes, ce parcours retrace l’histoire de la découverte du mammouth, détaille ses conditions de vie à l’époque dans cette région et présente les caractéristiques de l’animal disparu.

    Une découverte rarissime

    Mais ce parcours n’est qu’une première étape pour la municipalité réélue aux dernières élections. « C’est un projet scientifique avant d’être un projet touristique », rappelle le maire Robert Condomines (SE). « Nous allons ajouter des QR codes sur les panneaux pour qu’il y ait un peu plus d’informations. On aimerait aussi qu’il y ait un moulage au sol du mammouth. Nous travaillons également pour créer une randonnée qui partirait du centre du village et mènerait jusqu’à ce parcours ». Pour cette découverte historique, il a fallu un sacré concours de circonstances. C’est en effet à bord de sa diligence en 1869, que Paul Cazzalis de Fondouce, accompagné de Jules Ollier de Marichard, deux savants spécialistes de la Préhistoire venus à Durfort pour organiser des fouilles archéologiques à la « grotte des morts », aperçoit une dent ressemblant à une molaire d’éléphant. « Ils vont alors organiser une fouille succincte et ils trouvent un crâne en mauvais état qu’ils envoient à la faculté de Montpellier. Cela va ensuite faire grand bruit dans plusieurs pays européens à l’époque », explique Élisabeth Vauclare, passionnée d’histoire, qui vient de rejoindre la nouvelle municipalité pour mener tous les projets autour du mammouth.

    Entre les guerres et les manques de financement, les fouilles s’organisent par intermittence. Finalement, ce sont trois squelettes qui sont découverts et celui en meilleur état est envoyé au Muséum, qui commande une restauration de plus d’un an en 2022. Ce spécimen est un mammouth méridional apparu en Afrique il y a plus de 7 millions d’années. Il s’est développé en Eurasie, entre 2 millions d’années et 700 000 ans avant notre ère. Il est donc contemporain du mammouth laineux et du mammouth des steppes. Celui de Durfort (7 mètres de haut, 4,5 mètres de large et devant peser plus de 10 tonnes) était en réalité un adolescent d’environ 25 ans qui mangeait 200 à 300 kilos d’herbe par jour et buvait 80 litres d’eau…

    De nouvelles fouilles ?

    L’hypothèse privilégiée (au vu de la position du squelette) est que ces mammouths vivaient dans la zone car il y avait un petit lac qui leur permettait de boire. Ils seraient alors tombés dans l’eau et n’auraient pas réussi à remonter. C’est la composition du sol qui aurait permis la conservation du squelette. Pour affiner cette hypothèse et déterminer plus précisément l’âge du squelette, de nouvelles fouilles ont eu lieu en 2022, auxquelles Élisabeth Vauclare a pris part : « Cette découverte est une histoire de dent. Le dernier jour de la fouille, on a découvert une dent d’hippopotame et une mandibule de cerf. Après analyse, le mammouth aurait plutôt vécu il y a 680 000 ans avant notre ère ».

    Ces nouveaux résultats ont été une surprise pour beaucoup de scientifiques puisqu’ils prouveraient que Durfort était l’un des derniers refuges de l’espèce. La municipalité travaille donc avec le Muséum et les collectivités pour relancer des fouilles. Mais celles-ci sont onéreuses car difficiles, puisque l’eau est présente partout dans cette zone dès que quelques mètres de terre sont creusés, nécessitant un important pompage. Pourtant, tous en sont persuadés : le sol de Durfort, où ont également été découverts des squelettes de rhinocéros, n’a pas livré tous ses secrets.