Category: accueil-merge

  • [Entretien] Lionel Royer-Perreaut : « La droite et le centre sont trop faibles pour se payer le luxe d’une division »

    [Entretien] Lionel Royer-Perreaut : « La droite et le centre sont trop faibles pour se payer le luxe d’une division »

    La Marseillaise : Vous avez annoncé vous retirer de la vie publique, mais l’on vous voit très actif pour commenter la campagne. Vous comptez peser dans le scrutin ?

    Lionel Royer-Perreaut : J’ai annoncé mon retrait de la vie publique, mais siégeant au conseil municipal marseillais jusqu’au 22 mars, je considère avoir des responsabilités et des comptes à rendre jusqu’au terme de mon mandat. Et se retirer de la vie publique ne veut pas dire perdre sa capacité à penser, analyser, exprimer. Je me vois plus comme une sorte de vigie pour mes détracteurs : quand je dis que rien ne se passe à deux mois du scrutin, c’est un peu pour pousser les candidats à réagir.

    Martine Vassal est allée vous chercher pour faire sa campagne dans les 9-10, pourquoi avoir refusé ?

    L. R.-P. : Je n’ai pas fermé la porte de facto. Son directeur de cabinet m’a appelé un week-end, nous nous sommes vus le lundi, et nous avons parlé de façon très apaisée. Nous n’avons pas parlé du passé, mais de l’avenir, ce qui nous changeait des échanges antécédents. Mais je ne vais pas m’engager pour sept ans sur un programme avec lequel je serai en porte-à-faux : je suis contre la gratuité des transports, contre le tramway aux Catalans, contre le boulevard urbain sud / vert… Et sur la forme, sur les équipes, je sens que des choses peuvent ne pas me convenir. J’avais la possibilité de revenir, je ne le fais pas puisque je considère que la division n’est jamais une solution. La droite et le centre sont trop faibles pour se payer le luxe d’une division.

    Martine Vassal se disait être la seule en capacité de battre Benoît Payan, vous y croyez ?

    L. R.-P. : Elle est la seule dans le champ républicain à pouvoir battre Benoît Payan. Cette élection est atypique, il y a une forme de ras-le-bol. Mais des élections où le Rassemblement national était annoncé très haut, il y en a eues, et pourtant ça ne s’est jamais concrétisé. Il faut être relativement prudent, d’autant plus que beaucoup de choses sont proposées par le RN qui ne sont pas applicables. Quand Franck Allisio propose de décréter l’état d’urgence pour lutter contre le narcotrafic, c’est juste impossible puisqu’il est nécessairement limité dans le temps et l’espace. Laisser croire qu’on peut démanteler en profondeur le narcotrafic en limitant les déplacements pendant deux à trois semaines, c’est une gageure. Laisser croire que seules les personnes âgées pourraient avoir accès aux plages sur certains créneaux, pas un seul tribunal administratif ne le laisserait passer, c’est attentatoire aux libertés individuelles.

    Vous avez justement reproché à Martine Vassal de trop pencher vers cette extrême droite…

    L. R.-P. : Le discours a beaucoup oscillé, mais j’ai cru comprendre qu’elle ferait tout pour faire en sorte que le RN n’accède pas au pouvoir. Qu’il y ait un besoin d’ordre, c’est une évidence. Mais l’ordre, ce n’est pas le RN.

    Renaissance n’obtient à droite que deux têtes de liste, pas dans les secteurs les plus faciles. Comment l’observez-vous ?

    L. R.-P. : Il est certain que si j’avais été candidat, le sujet ne se serait pas posé. Je ne suis pas le négociateur, c’est compliqué quand vous avez une farandole de partis politiques qui ont tous leurs attentes. Je pense qu’une tête de liste dans un secteur réputé gagnable aurait été un gage de confiance supplémentaire. Attendons de voir la composition de la liste centrale, peut-être que le rééquilibrage se fera.

    Le Printemps marseillais se montre ambitieux dans les 9-10, Pierre Huguet peut l’emporter ?

    L.R.-P. : C‘est un secteur avec un socle de droite très affirmée, cela supposerait des triangulaires pour y arriver. Mais il y a une rupture générationnelle et dans le personnel politique. Quand vous observez le sort réservé à la droite en général, soit vous avez un maire qui est là depuis longtemps, qui fait bien le boulot, soit vous avez eu ce changement de génération, ou alors vous n’avez pas été en capacité de vous régénérer et vous subissez une fin de cycle politique et institutionnel. Cela avait été senti par la droite avec Une Génération pour Marseille. J’ai l’impression que cette ambition s’est perdue en cours de route. Ce qui me fait un peu mal, c’est de voir que c’est le RN qui a le vent en poupe, alors que ça a été mon combat de tous les moments.

  • L’ancien préfet de région dans le viseur du maire de Marseille

    L’ancien préfet de région dans le viseur du maire de Marseille

    Des oreilles devaient siffler à l’Élysée ce mardi après-midi. Désormais directeur de cabinet du président de la République, l’ancien préfet de région Georges-François Leclerc a en effet été ciblé dans sa plaidoirie par Me Michel Pezet, défendant le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan que le sénateur (LR) Stéphane Le Rudulier accusait d’être « du côté des trafiquants ». « Les narcotrafiquants à Marseille, tout le monde le sait, c’est une hydre dont il faut se débarrasser. Nous avons eu un préfet de police qui a toujours fait son travail. Mais un jour, un préfet est venu, qui a dit : je supprime le préfet de police », attaquait l’avocat.

    Cette ligne est toujours suivie par le maire sortant de Marseille à l’issue de l’audience. « Il a eu le caprice de dire qu’il ne vient que s’il récupère la préfecture de police », déplore Benoît Payan. Et d’appuyer : « Sa seule obsession, ça a été de faire des OQTF [obligations de quitter le territoire français, Ndlr]. » Avec plus de 7 500 lancées au total, un travail chronophage pour les fonctionnaires de police quand le centre de rétention administrative n’a que 134 places. « Pour quel résultat ? Ce n’est pas le travail de la police et de la BAC ! », s’indigne l’édile marseillais. Le directeur de cabinet de l’Élysée devrait aussi être rattrapé par la demande de commission d’enquête parlementaire pour sa gestion des incendies de l’Estaque en juillet dernier, tandis que le maire lui a demandé des comptes sur son signalement concernant la Société publique des écoles de Marseille, qui n’a été transmis à aucun membre du conseil d’administration.

  • En campagne contre le narcotrafic

    En campagne contre le narcotrafic

    Le narcotrafic rapporte des centaines de milliards d’euros aux mafias chaque année dans le monde. Plusieurs milliards en France où pas un territoire n’échappe aux points de deal, 3 000 recensés officiellement en 2024. Huit communes sur dix sont touchées selon les chiffres du gouvernement et parmi les départements en première ligne de ce marché de la mort, on trouve le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Marseille, Lyon et Paris sont les métropoles les plus impactées car elles concentrent des millions d’habitants. Mais la pieuvre a étendu ses tentacules, jamais rassasiée, à tout l’hexagone. Comment combattre ce fléau ? La question irrigue la campagne des municipales. Mais si la résolution ne peut passer uniquement par les communes, elles ont un rôle à tenir.

    Justice, services publics et prévention

    La fermeture des lessiveuses d’argent sale (petits commerces de nuit notamment mais pas que) est décidée au niveau municipal. La main des maires de gauche, à Marseille et Montpellier notamment, ne tremble pas pour fermer ces lieux qui participent au trafic. Mais le volet sécuritaire qui relève de l’État doit absolument s’accompagner, à parité, par un plan massif de redressement des services publics, par des moyens décuplés pour la justice, par la prévention et l’ouverture de vraies perspectives à une partie de la jeunesse laissée-pour-compte et donc proies faciles des marchands de drogue. Éducation, emploi, droit à la culture, aux vacances, au logement digne : autant de marqueurs de la gauche qui doit prendre à bras-le-corps cette lutte contre la pieuvre.

  • L’OM évite la crise de nerfs

    L’OM évite la crise de nerfs

    « Après la honte et le dégoût, Coupe de France obligatoire ! », pouvait-on lire tout au long de la banderole déployée dans le virage nord du stade Vélodrome, mardi soir lors de l’entrée des joueurs, à l’occasion du 8e de finale entre l’Olympique de Marseille et le Stade Rennais. Éliminés en Ligue des Champions, puis coupables d’un pathétique match nul sur la pelouse du Paris FC en championnat, les protégés de Roberto De Zerbi vivent depuis plusieurs jours sous une tension palpable et constante.

    Celle-ci a atteint son paroxysme à la veille de cette rencontre, où une réunion entre les supporters marseillais et les acteurs du club phocéen s’est tenue à La Commanderie pour mettre les choses au clair. Une rencontre qui semble avoir porté ses fruits, compte tenu de la prestation des Olympiens.

    D’entrée de jeu, les héros du Vélodrome, poussés par la ferveur de leurs fidèles passionnés, ont pris le jeu à leur compte. Doté d’une endurance assez impressionnante, le piston droit américain Timothy Weah a vu son tacle très audacieux être récompensé, tout en distribuant par la suite un caviar à Amine Gouiri afin d’ouvrir le score dès la deuxième minute de jeu.

    De quoi enflammer les tribunes et donner un avant-goût d’une soirée animée. Sur le terrain, le retour d’Emerson – sanctionné de trois matches de suspension ferme par la Commission de discipline de la LFP après son expulsion face à Lens – dans le couloir gauche a apporté plus de stabilité au secteur défensif. Dans sa ligne de mire, la titularisation surprise d’Igor Paixão a également fait son effet, permettant d’être autant dangereux sur l’aile droite que sur l’aile gauche.

    Avec l’installation d’un faux rythme, les Marseillais ont été moins tranchants jusqu’à la mi-temps. Au retour des vestiaires, l’ailier britannique Mason Greenwood – fer de lance olympien et meilleur buteur de Ligue 1 – a conclu une contre-attaque éclair avec brio. De quoi mettre l’OM à l’abri, et de manière définitive a contrario du scénario survenu il y a quelques jours au stade Jean Bouin, avant qu’Aubameyang n’apporte la touche finale.

    MARSEILLE 3 (1)

    RENNES 0 (0)

    8e de finale de la Coupe de France

    Stade Vélodrome (61 783 spectateurs)

    Arbitre : Thomas Léonard

    Buts : Gouiri (2’), Greenwood (46’), Aubameyang (83’) pour Marseille

    Avertissements : Nwaneri (22’), Højbjerg (45+3’), De Zerbi (88’), Kondogbia, Balerdi (90’)pour Marseille ; Seidu (41’), Merlin (67’), Ait Boudlal (74’), Embolo (90+1’) pour Rennes

    MARSEILLE : De Lange – Weah, Balerdi (cap), Medina, Emerson (Pavard, 83’) – Timber (Kondogbia, 70’), Højbjerg – Nwaneri (Nadir, 46’), Greenwood, Paixão (Traoré, 77’) – Gouiri (Aubameyang, 77’).

    Entraîneur : Roberto De Zerbi

    RENNES : Samba (cap) – Seidu (Blas, 58’), Jacquet, Rouault, Ait Boudlal (Brassier, 79’), Merlin (Legendre, 79’) – Szymanski, Kamara (Nagida, 30’), Camara, Al Tamari – Lepaul (Embolo, 46’).

    Entraîneur : Habib Beye

    Le rêve s’arrête

    Les U19 de l’OM n’ont pas réussi à créer la surprise, mardi après-midi sur la pelouse du Real Madrid, à l’occasion des 16e de finale de la Youth League (5-2), l’équivalent de la Ligue des Champions. Les jeunes phocéens avaient pourtant rejoint les vestiaires à la mi-temps sur un score de parité (2-2), grâce à des buts signés Mohamed Baradji (25’) et Tadjidine Mmadi (42’, sp).

  • Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    L’effroi a une nouvelle fois frappé le milieu scolaire. Qui plus est dans un collège réputé sans histoire, dans une commune peu habituée aux faits divers, d’autant plus d’une telle gravité. Peu après 14h, un élève de 14 ans, en 3e du collège la Guicharde de Sanary a porté trois à quatre coups de couteau à sa professeure d’arts plastiques, au niveau du torse, avant de prendre la fuite. Il a rapidement été appréhendé par un assistant d’éducation, sans manifester d’opposition. Il a ensuite été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Une enquête a été ouverte et confiée aux commissariats de police de Toulon et de Sanary.

    La professeure, âgée de 60 ans, a rapidement été secourue et transférée vers l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Elle y a été opérée en urgence puis placée dans un coma artificiel. mardi soir, son pronostic vital était toujours engagé.

    « Des tensions avec cette professeure »

    Qu’est-ce qui a bien pu, dès lors, pousser cet élève à commettre un tel geste ? « Pour le moment, il n’y a aucune connotation religieuse ni politique qui apparaissent », a annoncé le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland. « On sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure, et qu’il lui en voulait d’avoir fait des rapports à son encontre. » Une version corroborée par des témoignages d’élèves. « Le matin, il disait qu’il voulait tuer la prof de maths. On croyait que ce n’étaient que des paroles. Mais comme elle n’était pas là, il s’en est pris à la prof d’arts plastiques car elle lui mettait beaucoup d’observations », déclarait l’un d’entre eux. Autre élément important : l’élève « avait visiblement des problématiques familiales, mais il n’était pas connu pour le moindre fait de violences », a ajouté le procureur, ce qui aurait pu, également, favoriser son passage à l’acte.

    Tatiana Kolodziej, professeure d’EPS et référente premiers secours au collège la Guicharde, est la première à avoir secouru sa collègue : « Les élèves sont venus me chercher. On a eu peur, mais elle est partie consciente », a-t-elle expliqué. Au sein du corps enseignant, c’est « la stupéfaction, le choc. Les collègues sont en larmes. On ne s’attendait pas du tout à ça dans un collège privilégié, tranquille », déplorait-elle.

    « Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C’est un collège d’une petite ville, on n’est pas à l’abri de ce type d’acte dans n’importe quel établissement », s’est ému Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var. Du côté des parents d’élèves « on ne comprend pas. Ma femme et ma fille ont eu cette professeure lorsqu’elles étaient au collège, elle est super gentille (sic). On est une grande famille, les Sanaryens. Il va falloir se soutenir face à ce traumatisme », déplore Roland.

    Les élèves ont quant à eux été rapidement sortis de classe, puis regroupés dans la cour de récréation, avant d’être progressivement évacués à partir de 15h30. Ce mercredi, les cours n’auront pas lieu, mais une cellule psychologique a été mise en place, ainsi qu’un « accueil organisé par le collège pour les professeurs, mais aussi pour les enfants qui en ressentent le besoin », a précisé le préfet du Var Simon Babre. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est quant à lui rendu sur place dans la soirée.

  • Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Un bilan positif de par une action commune. C’est le message qu’ont voulu faire passer ce mardi 3 février les représentants des services de l’État engagés dans leur bilan de la lutte contre le narcotrafic. Le nombre de personnes interpellées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône a augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2 % et 11 %, les points de deal ont diminué de moitié, passant de 181 en 2021 à 89 à Marseille, de 222 à 114 dans le département. Sur les narchomicides, leur nombre est aussi en baisse de 49 en 2023, à 24 en 2024 puis 20 tués en 2025.

    « Notre stratégie », pose le préfet de région Jacques Witkowski, « ne rien lâcher, agir et encore agir. » Et s’appuyer sur le collectif, avec « la totalité de la puissance étatique en marche, chacun avec ses compétences. » Ses leviers d’action : le quotidien avec « un engagement permanent de la police nationale et de la gendarmerie pour sécuriser les secteurs » et la « poursuite des enquêtes judiciaires », le pilonnage et les opérations de grande envergure, « l’aval » avec des investigations dans « tout un tas de domaines » comme le recel et l’amont avec « des résultats probants » sur le blanchiment et 32 millions d’euros d’avoirs criminels saisis contre 30 en 2024.

    Face à des trafiquants qui se réorganisent, misant notamment sur le « ubershit », le « ubercoke » pour éviter aux consommateurs de se déplacer, policiers et gendarmes ont adapté leurs méthodes. Avec plus de contrôles de « flux » quand au-delà des voitures, les livreurs utilisent parfois des trottinettes, raconte Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale. Pour contrer l’arrivée de produits venus de Marseille et d’Avignon, « dans les trains, sur les routes, nous avons investi les transports en commun avec des équipes cynophiles » ajoute le général Pierre Baillargeat à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Des « enquêtes sous pseudonyme » sont aussi menées détaille le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 offre aussi de nouveaux outils. Comme les interdictions administratives de paraître détaille la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Quelque « 150 cette année, ce qui nous permet d’assécher les points de deal », estime-t-elle, rappelant que le contrevenant risque jusqu’à 3 mois d’emprisonnement s’il se fait reprendre. Côté contrôles d’établissements, salle de sport, vendeurs de CBD et autres, ils sont une vingtaine à avoir été fermés dans le cadre des opérations baptisées « Jumbo ». Pour compléter l’arsenal, les expulsions de logements sociaux, avec 36 procédures en cours dont « plusieurs sont passées au tribunal » précise Corinne Simon.

    Apporter une réponse pénale à la hauteur

    Les consommateurs sont aussi dans la ligne de mire. Lors d’un contrôle organisé sur trois jours la semaine dernière mobilisant 1 200 agents dans tout le département, « une personne sur 12 était détentrice de produits stupéfiants » rappelle le préfet, « ils participent au narcotrafic » martèle-t-il.

    Côté justice, le ministère public se fait fort de suivre. Les infractions à la législation des stupéfiants représentent cette année « 24 % de l’activité du Parquet » indique Nicolas Bessone, le double d’une juridiction équivalente, le triple de villes comme Périgueux ou Valence, contre 18 % en 2023, 22 % en 2024. Le nombre de garde à vue dans les affaires de trafic a augmenté, de 15 % passant de 2 406 en 2024 à 2 853 en 2025. « Notre réponse pénale, c’est le déferrement systématique » assume Nicolas Bessone, se félicitant au passage d’une bonne collaboration avec le tout nouveau Pnaco parquet national anticriminalité organisée, mis en place le 5 janvier avec « deux affaires qui ont fait l’objet de co-saisines. »

    Sur les consommateurs, une convention avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFI) a été signée pour assurer le paiement des 10 000 AFD (amende forfaitaire délictuelle) de l’année, 200 euros chacune, les personnes en obligation de soins en ayant été exclues. Des instructions de saisies de voitures ou smartphone commencent aussi à tomber. Un « début » avec 9 téléphones et 4 autos.

    Et le procureur de revenir également sur le travail entamé sur le « haut du spectre » avec de premières saisies d’appartements à Dubaï, des surveillances particulières sur les détenus dangereux qui continuent à gérer leurs affaires depuis la prison.

    Des points de deals qui se déplacent

    Autant de pressions qui ont permis d’avancer mais loin de tout régler. Au-delà des livraisons à domicile, les points de deal se sont déplacés des quartiers Nord vers le centre-ville. Celui du 3e arrondissement restant un point chaud dans le cadre d’un affrontement sans merci pour son contrôle.

    « C’est un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits » commente néanmoins Nicolas Bessone, qui dans le même temps, rappelle que « nous avons affaire à une contre-société » avec une DZ mafia qui fait des conférences de presse, des narcotrafiquants qui proposent du soutien scolaire, de s’acquitter de travaux de bricolage, ou s’organisent en cartel pour s’attaquer à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. « Nous sommes désormais un pack, habitués à jouer ensemble » estime le préfet filant la métaphore rugbystique. De quoi assurer un début de première mi-temps, quand pour le moment, les trafiquants ont toujours le ballon.

  • Sanary-sur-mer, une enseignante poignardée par un élève

    Sanary-sur-mer, une enseignante poignardée par un élève

    Une enseignante d’arts plastiques du collège La Guicharde a été poignardée aux alentours de 14h mardi par un élève de 14 ans qui a été interpellé et placé en garde à vue pour tentative d’assassinat, a expliqué le procureur de Toulon Raphaël Balland.

    «Aucune connotation religieuse ou politique à ce stade» et «on sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure ces derniers temps, et qu’il lui en voulait, a priori d’avoir fait des rapports à son encontre», a ajouté le magistrat lors d’un point presse sur place avec le préfet Simon Babre.

    Le ministre de l’Education, Edouard Geffray, est annoncé sur place dans la soirée.

    Plus d’informations dans notre édition de mercredi.
  • La Chambre de commerce de Vaucluse mise sous tutelle par la Préfecture

    La Chambre de commerce de Vaucluse mise sous tutelle par la Préfecture

    Finalement, c’était loin d’être « un non événement ». Un terme employé, fin août, par Gilbert Marcelli, président de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), lorsque la préfecture de Région avait placé sous tutelle provisoire l’institution consulaire. À l’époque, 4 des 7 membres du bureau avaient démissionné mais le président avait sauvé sa peau en étant réélu confortablement un mois plus tard. Le répit a été de très courte durée.

    Vendredi dernier, le préfet de Région a pris un nouvel arrêté, bien plus lourd de conséquences que celui d’il y a plus de cinq mois : la dissolution de l’assemblée générale et du bureau de la CCI 84 et la nomination d’une commission provisoire, consécutifs aux « dysfonctionnements dans la gouvernance ». En cause encore, « la démission de 22 de ses membres [sur 33] entre le 10 décembre et le 7 janvier », peut-on lire dans l’arrêté. « Dans l’attente de l’installation de la nouvelle assemblée générale et d’un nouveau bureau, résultant d’élections qui seront prévues sous six mois, il est créé une commission provisoire chargée d’expédier les affaires courantes », précise le texte.

    Celle-ci est composée de quatre membres : Stéphane Paglia, président de la CCI du Pays d’Arles et membre de la CCI Paca qui est désigné président et ordonnateur. Mais aussi de Daniel Margot, président de la CCI Paca. Et enfin de deux frais ex-membres de la CCI 84, Richard Hémin et Cédric Ribeiro, celui-ci officiant comme trésorier. « Il faut que ce mauvais chapitre du livre de la CCI de Vaucluse se referme car il n’y a que des perdants », se désolait Daniel Margot, dans La Provence il y a dix jours. Un chapitre qui se répète pourtant puisqu’une tutelle s’est déjà éternisée 30 mois entre 2018 et 2020 pour des problèmes de gouvernance. Mais à l’époque, les élus venaient de listes opposées. Or, aujourd’hui tous les démissionnaires sont issus du même projet né de l’élection de 2021.

    Friture sur la ligne entre président et directeur

    Comme au cœur de l’été, les griefs à l’encontre du président Gilbert Marcelli restent d’actualité. Notamment deux dossiers de fond sur lesquels la CCI s’est impliquée et mouillée financièrement : le rachat du centre de formation Nextech à la barre du tribunal en novembre 2024 pour 3,9 millions d’euros et l’ouverture du restaurant Le Quai des saveurs sur le parvis de la gare centre d’Avignon. Ouvert il y a un peu plus d’un an, le restaurant accuse un lourd déficit (-600 000 euros la première année). Des orientations qui ont pourtant toutes été validées majoritairement par la CCI.

    Mais au-delà de ces sujets, c’est la gouvernance Marcelli qui est en cause, où son management est perçu comme autoritaire et brutal. Nos confrères de La Provence et de l’Echo du Mardi ont documenté une fronde interne contre le président, aujourd’hui en conflit avec son directeur Tomas Redondo alors que les deux étaient jusqu’ici très proches. Selon L’Écho du Mardi, une procédure de licenciement est en cours contre le directeur général pour motif disciplinaire. « La mise sous tutelle, c’est contre productif et déstabilisant pour le département », constatait Gilbert Marcelli dans La Provence. À l’heure où entre autres la CCI risque de perdre la gestion de l’aéroport d’Avignon -la délégation de service public confiée par la Région arrive à terme fin 2026-, cette crise est un mauvais signal pour les acteurs économiques locaux. Sans oublier la centaine de salariés plongés dans le flou.

  • Donner de la voix

    Donner de la voix

    C’est la dernière ligne droite pour s’inscrire sur les listes électorales dans sa commune de résidence.

    D’après l’Insee, en 2022, la part des personnes non-inscrites dans notre région oscille entre 14,8% pour les Alpes-de-Haute-Provence et 20,1% pour les Bouches-du-Rhône avec des chiffres intermédiaires pour le Vaucluse (15%), les Hautes-Alpes (15,3%), le Var (16,2%). Cela représente un nombre considérable d’électeurs potentiels sur la touche avant le match.

    Et pourtant, les élections municipales représentent une échéance fondamentale pour la vie quotidienne, celle de sa famille, de son quartier, de son club de sport, de son association…

    Durant 7 ans, puisque le mandat à venir sera plus long qu’à l’accoutumée pour des raisons d’embouteillage de scrutins à venir, les majorités qui sortiront des urnes les 15 et 22 mars prochain décideront du destin de nos communes. Solidarité, logement, tranquillité publique, environnement, transports, culture, jeunesse… les politiques qui seront menées ne seront pas les mêmes selon les équipes élues.

    Projet contre projet

    Et c’est là tout le sel du débat démocratique et de la confrontation républicaine des projets.

    Au-delà de la lutte contre l’abstention des électeurs déjà inscrits, celle pour l’inscription sur les listes des citoyens qui ne le sont pas ou qui le sont dans une commune qu’ils ont quitté depuis longtemps est un impératif démocratique.

    Elle doit être menée par l’État mais aussi par l’ensemble des forces politiques en présence.

    Quant aux non-inscrits, plus nombreux chez les jeunes et dans les milieux populaires, ils doivent se saisir de ces derniers moments pour pouvoir donner de la voix et défendre leurs intérêts.

  • Budget : les chantiers d’insertion sur la sellette dans le Gard

    Budget : les chantiers d’insertion sur la sellette dans le Gard

    C’est ce qui s’appelle un sacré coup de rabot. Dans le cadre du projet de loi de finances 2026, le gouvernement prévoit une baisse de 11% du budget alloué aux chantiers d’insertion. Face à ces économies réalisées sur le dos des plus vulnérables, le Département du Gard a réaffirmé « son soutien indéfectible aux Ateliers et chantiers d’insertion (ACI) » par courrier le 22 janvier, et alerté le Premier ministre sur les conséquences à venir.

    « J’ai écrit à l’ensemble des structures pour les informer de la situation, et leur dire qu’on n’était pas en adéquation avec cette décision », confirme Rémi Nicolas, conseiller départemental délégué à l’insertion. Dans le Gard, la perte est estimée à un million d’euros sur une année, l’État fléchant sept millions d’euros vers ces chantiers, contre trois millions pour le Département. Un budget qui finance 1 200 postes par an au total, répartis dans les 37 chantiers d’insertion et les 26 structures (publiques ou privées) présentes dans le département.

    Des structures à flux tendu

    Destinés aux personnes bénéficiaires du RSA les plus éloignées de l’emploi ou en lutte contre les freins à l’emploi, ces chantiers sont considérés « comme un levier stratégique de cohésion sociale », souligne le Département.

    « Nous, nous avons maintenu tous nos financements dédiés à l’insertion », précise encore Rémi Nicolas, qui déplore l’impact néfaste de ce genre de coupes sur un territoire en proie à la précarité. « Ici, 28 000 personnes bénéficient du RSA, et une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté », ajoute encore l’élu, qui espère que les députés arriveront à faire marche arrière.

    D’autant que la situation financière de ces associations est déjà très fragile. « Beaucoup de nos chantiers sont aujourd’hui à flux tendu. Les financements ne suivent pas l’évolution des charges. Nous avons des inquiétudes vis-à-vis de deux ou trois structures qui pourraient être durement impactées… » Pour l’heure, le courrier au Premier ministre est resté lettre morte.