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  • Le Marché du Soleil fermé six mois par arrêté préfectoral

    Le Marché du Soleil fermé six mois par arrêté préfectoral

    L’étau se resserre autour du Marché du Soleil. Ce lundi, un arrêté préfectoral annonce sa fermeture administrative pour six mois, tandis que douanes, police et gendarmerie se sont coordonnées pour effectuer un vaste contrôle, qui durera jusqu’à la fin de la semaine. En ligne de mire : la vente de contrefaçons, qui serait omniprésente au sein des échoppes du bazar, devenue institution. « Sur 160 commerces, on en estime au moins deux tiers comme faisant du commerce de contrefaçons », explique le directeur régional des douanes, Michael Lachaux.

    Plus de 200 fonctionnaires ont été dépêchés afin de passer au crible chaque boutique. L’opération, coordonnée par la justice et la police, se fait dans le cadre d’une enquête, débutée en novembre et qui avait entraîné la saisie des murs de l’établissement et des contrôles. Le lieu était également régulièrement sous le joug de fermeture administrative par la mairie, pour des manquements à la sécurité, depuis un incendie en 2008.

    Des dispositions sécuritaires d’ampleur permises par la loi narcotrafic, promulguée en juin 2025. Aucun lien entre le lieu et le trafic de drogue n’est établi, mais la nouvelle réglementation permet « d’assécher les lieux d’économies parallèles et de blanchiment d’argent de recel et de contrefaçon », précise Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône.

    Pour le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, le but de l’opération est clair : « Redresser les pratiques et imposer un nouveau rapport à la loi », alors que le marché est conseillé dans les guides touristiques. « Il faut que l’on déconstruise cette image de Marseille », précise-t-il.

    Pour l’un des voisins du marché, c’est la fin. « Cela fait deux ans qu’ils parlent de le fermer, je ne pense pas que cela va rouvrir. » Du côté du préfet et du procureur, l’avenir du lieu est flou, même si le préfet affirme que « le but est de faire arrêter la vente de contrefaçons ». L’avocat du propriétaire des lieux, Me Stéphane Ceccaldi, dit son client prêt à « coopérer avec le parquet pour lutter contre la contrefaçon », mais craint que la fermeture du lieu n’entraîne un grand désordre. L’avocat affirme étudier un recours administratif contre cette décision.

  • Premières amendes pour les meublés touristiques illégaux

    Premières amendes pour les meublés touristiques illégaux

    On est loin de l’amende maximale (2,4 millions) réclamée par la Ville de Marseille mais le tribunal judiciaire a eu la main ferme contre les locations touristiques meublées illégales en prononçant pas moins de 255 000 euros d’amendes civiles pour deux propriétaires.

    Obligation de retour à la location longue durée

    « Ces jugements (…) confirment la pertinence et la solidité de l’action engagée », indique la municipalité satisfaite de l’obligation faite dans ces décisions « de revenir à de la location de longue durée dans les trois mois, sous astreinte financière. Cet élément déterminant constitue un signal fort en faveur de la protection du logement ».

    La condamnation la plus lourde vise la société La Niche, dirigée par Vincent Chevallier, un chirurgien de Périgueux. Entre 2023 et 2025, il avait transformé sans autorisation six appartements du 30, rue Thiers (1er), en quatorze meublés touristiques loués sur Airbnb ou Booking. Une affaire médiatisée en 2024 par une fanfaronnade décomplexée (« C’est Marseille bébé ») face aux caméras de Complément d’enquête. La Ville est parvenue à démontrer l’usage d’habitation initial des logements et l’absence d’autorisation de changement d’usage, malgré la gestion confiée à une conciergerie. Le tribunal a retenu un changement d’usage illicite au sens du code de la construction et de l’habitation et condamne La Niche à 25 000 euros par logement, soit 150 000 euros d’amende.

    Une décision assortie de l’obligation de remise à l’habitation classique, à laquelle s’ajoutent 21 000 euros pour défaut de déclaration préalable. En revanche, la société est relaxée pour l’absence de décompte des nuitées. La conciergerie TheGoodButler group est, elle, condamnée à 8 000 euros pour manquements à ses obligations légales. Au total, 179 000 euros sont versés à la Ville dans ce dossier.

    Dans le second dossier, le juge a condamné la société MessieursDames et son gestionnaire Lovely Keys pour avoir transformé sans autorisation l’immeuble du 31, rue Barthélémy (1er), en neuf meublés touristiques entre octobre 2024 et juin 2025. La société écope de 40 000 euros d’amende. Lovely Keys est sanctionnée de 36 500 euros pour ses manquements déclaratifs. Soit un total de 76 500 euros.

    À l’inverse, la justice a débouté la Ville dans le dossier Chevalier – Arbelet. Faute de preuve suffisante de l’antériorité de l’usage d’habitation du logement, la commune devra verser 2 000 euros de frais de justice aux propriétaires. Le tribunal a aussi accepté le dépaysement du dossier de Philippe Bonifay, juge au tribunal de commerce de Marseille. Ces 255 500 euros d’amendes illustrent une jurisprudence à la fois répressive et exigeante, à l’heure où la Ville tente d’endiguer la prolifération de ces locations meublées illégales. De nouveaux dossiers seront jugés le 6 mai.

  • Alpes-de-Haute-Provence : les communistes, artisans des rassemblements aux municipales

    Alpes-de-Haute-Provence : les communistes, artisans des rassemblements aux municipales

    « Le rassemblement, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font », indiquait Bertrand Perrin pour ses vœux prononcés samedi aux Mées.

    « Dans 90% des villes aujourd’hui dirigées par la gauche, l’union a été reconduite pour 2026 : c’est un fait majeur et le PCF a pris toute sa part à ce combat en appelant, contrairement à d’autres, à ne pas présenter de liste contre ces majorités sortantes », a-t-il poursuivi, fier de souligner que les communistes représentent « la troisième force politique de France en nombre d’élus » et qu’ils entendent bien « conforter cette assise territoriale et l’élargir encore, au service de tous les habitants, en luttant contre l’abstention et en faisant gagner la gauche partout où c’est possible ».

    « Sentinelle de la République »

    Insistant sur l’héritage du « communisme municipal », il a martelé sa conception du rôle d’élu communiste : « Un maire communiste, un adjoint ou un conseiller municipal communiste n’est pas un notable de plus : c’est une sentinelle de la République. »

    « Partout où l’extrême droite menace, nous devons être le rempart et le rassembleur. Partout où la droite gère en terrain conquis, nous devons être le poil à gratter qui propose une alternative. Partout où la gauche peut l’emporter, nous devons être le ciment de l’union et la garantie d’un programme vraiment transformateur. Ce sont ces projets programmatiques locaux que les camarades portent sur le terrain, popularisent et expliquent, forts de nos convictions communes », a-t-il conclu.

    La cérémonie de vœux a ensuite fait place à une intervention de Frédérique Laîné, présidente du comité des Amis de La Marseillaise des Alpes qui a annoncé l’arrivée de notre journal dans le 04 et le 05 à compter du 7 février, une nouvelle chaleureusement accueillie par les présents.

  • Renoncement de Cécile Helle : retour sur une année de péripéties à Avignon

    Renoncement de Cécile Helle : retour sur une année de péripéties à Avignon

    Il y a tout juste un an, le 3 février 2025, la maire (PS) Cécile Helle faisait une annonce qui allait marquer la vie politique locale et son camp à gauche : renoncer à briguer un 3e mandat. Une décision, mue par « l’engagement » pris en 2014 de « ne faire que deux mandats », mais qui a été une véritable déflagration. Outre le timing, à plus d’un an des municipales, aucun signe ne laissait paraître sa volonté d’arrêter. « Être maire, c’est aussi cela : savoir passer le témoin au bon moment et dans les meilleures conditions possibles », écrivait la première magistrate en conclusion de sa lettre aux habitants.

    Un an plus tard, au vu des péripéties, pas sûr que « les meilleures conditions possibles » aient été réunies. Si Cécile Helle a fini par apporter son soutien, il y a dix jours à David Fournier (PS), adjoint à l’administration municipale, c’est au bout d’un long processus à gauche où sa majorité n’en ressort pas plus soudée. Pendant presqu’un an, la maire a brandi son mantra : le choix de son successeur devait « se faire sur deux choses : la capacité à porter un projet et une personnalité qui arrive à faire un rassemblement le plus large possible ». Cécile Helle s’est trouvée « marrie », glissait-elle début janvier, devant l’incapacité de ses élus à s’entendre alors que sur le fond « pas grand-chose ne les sépare ».

    L’année a donc été dense en tractations, sans éclat d’animosité publique entre prétendants. Après une petite période de sidération, Joël Peyre, élu (PRG) aux finances, a été le premier à se manifester pour prendre la relève, début avril. Très vite suivi par David Fournier, désigné premier des socialistes par un vote interne au sein duquel il a devancé Zinèbe Haddaoui, adjointe aux sports et alors fraîche adhérente au PS. Paul-Roger Gontard, adjoint (La Convention) à l’urbanisme, s’est ensuite positionné, début juin.

    Pendant ce temps-là, dans d’autres partis de la majorité, à l’instar du parti communiste et de Génération.s, le maître mot reste la construction de l’union, par les idées et le projet d’abord avant de réfléchir à qui pour l’incarner. Hors majorité, à gauche, les Écologistes font le choix de désigner en juin Sabah Badji comme tête de liste. À la même période, la France insoumise se choisit Mathilde Louvain et Farid Faryssy comme co-chefs de file. Benoît Belvalette et Place publique se lancent aussi en campagne en juin sans perdre de vue la nécessité d’un rassemblement.

    Si c’était à refaire ? Cécile Helle persiste et signe

    S’opère alors un match à trois au sein de la majorité. Fin août, lassé de ne pas voir l’union poindre, Claude Nahoum, Premier adjoint (DVG) annonce soutenir Benoît Belvalette. « Je pensais que l’été serait propice à se rassembler », commence à se désoler Cécile Helle, à la rentrée. Fidèle à sa stratégie de rassembler les partis, David Fournier voit, fin septembre, Génération écologie se ranger derrière lui. Puis les Écologistes – malgré le ralliement récent de sa cheffe de file à LFI –, l’Après, l’ex-insoumis éconduit Farid Faryssy, le parti animaliste et, enfin, début janvier Place publique.

    L’hiver glace un peu les relations avec le PCF et Génération.s, investis dans le mouvement citoyen Avignon collectif dont Zinèbe Haddaoui est l’une des chevilles ouvrières. Tous reprochent la méthode à marche forcée pour tendre vers l’unité de David Fournier, au détriment du fond. Fin décembre, le sondage paru dans La Provence donnant David Fournier loin devant à gauche (18%) va rebattre les cartes. L’enquête d’opinion contraint Joël Peyre à renoncer à concourir. Dix jours après, le PCF, G.s et Avignon collectif font le choix plus radical de se tourner vers la liste insoumise de Mathilde Louvain. Reste le cas Paul-Roger Gontard, qui martèle que « personne ne pourra gagner seul ». L’adjoint est toujours en discussion avec David Fournier. « Si des convergences de vues existent, des espaces de compromis sur les priorités du programme et sur la façon d’agir au mieux sont encore à trouver », indique-t-il, ce lundi encore dans un communiqué. Un an plus tard, avec un peu de recul, Cécile Helle assure qu’elle referait la même chose : « Quel intérêt [de choisir un héritier], sauf à fragiliser celui qui va être finalement désigné ? Il y a un contexte politique suffisamment compliqué pour ne pas venir rajouter du bordel au bordel. »

  • [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    « Droit au but mais aussi droit de vote. » « Dégun le fera à ta place. » « Pour savoir si t’es inscrit sur les listes, c’est tarpin simple. En vrai. » Lancée en novembre, la campagne d’AMU se veut percutante. Où elle endosse un rôle dont on peut se demander s’il relève d’une université. Explications.

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé cette démarche qui est a priori une première en France ?

    Éric Berton : Aix-Marseille Université (AMU) considère que sa mission ne s’arrête pas aux portes des amphithéâtres. AMU est, et a toujours été, une université socialement engagée. Nous avons fait le choix de lancer une grande campagne de sensibilisation sur l’importance du vote tout en proposant des outils concrets pour accompagner les étudiants dans leurs démarches d’inscription sur les listes électorales.

    Nous estimons que c’est précisément le rôle de l’université de redonner le goût du vote à nos étudiants et de les replacer, ainsi que leurs problématiques, au sein du débat démocratique. L’université est un lieu de savoirs et d’émancipation, elle a également vocation à construire les citoyens de demain. En sensibilisant les étudiants aux fondamentaux de notre démocratie, elle est pleinement dans son rôle.

    La temporalité de cette campagne est très simple : l’échelon municipal est le plus concret, celui qui régit le quotidien. Il nous a semblé naturel de lancer cette campagne à l’aune de cette échéance électorale, parce que cette élection est déterminante pour la jeunesse et donc pour les étudiants d’Aix-Marseille Université. C’est une fierté pour notre université que de mener ce combat pour la démocratie.

    Comment s’articule la campagne ?

    E.B. : Elle a commencé à l’automne, à travers une grande campagne d’affichage, accompagnée d’un site internet explicatif des enjeux liés aux municipales et des démarches pour s’inscrire sur les listes. Nous avons par la suite lancé une grande enquête auprès des étudiants, conjointement avec la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop, afin de mieux comprendre leurs engagements, leurs valeurs, et leurs attentes en matière de politiques publiques municipales. Les résultats de cette enquête seront rendus publics dans les prochains jours et feront l’objet d’un affichage sur nos campus et sur les abribus dans nos villes d’Aix et de Marseille.

    Sur la partie sondage Ifop/Fondation Jean Jaurès, ne craignez-vous pas d’être taxé de « parti pris » dans la mesure où cette fondation a été créée par un ancien Premier ministre socialiste ?

    E.B. : Pour garantir l’indépendance de l’enquête, nous avons confié sa réalisation à l’Ifop, institut de référence en études d’opinion, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, think tank reconnu pour son expertise sur les enjeux de jeunesse. Deux entités reconnues pour le sérieux de leur travail, la rigueur de leurs méthodes et la qualité de leurs enquêtes.

    Sur les débats organisés à partir du 11 février avec les candidats aux municipales, cela va-t-il se faire avec toutes les têtes de liste ? Y compris le RN ? Si oui pourquoi ?

    E.B. : Les invitations à l’attention des candidats ont été envoyées et nous attendons de connaître leur réponse pour communiquer sur le dispositif et le format définitif de ce temps d’échange.

    Avez-vous déjà tiré des enseignements de cette campagne ?

    E.B. : Cette campagne est extrêmement utile, à la fois pour informer les jeunes sur leurs droits et leurs devoirs civiques, évidemment, mais aussi pour mieux comprendre leurs attentes et leurs aspirations.

    Nous avons voulu cette enquête pour que les candidats ne puissent plus ignorer l’état réel de notre jeunesse et qu’ils puissent formuler des propositions en phase avec les besoins exprimés. Nous avions des intuitions sur l’engagement de notre jeunesse. Les premiers résultats dépassent certaines de nos attentes, d’autres risqueront de bousculer un peu certaines idées reçues et des représentations parfois caricaturales. Et c’est tant mieux ! Objectiver, chercher, oser, se dépasser, telle est ma vision de l’université, au service de nos jeunesses.

    Repères

    Des jeunes plus engagés au niveau associatif

    Environ 42% des étudiants d’AMU (Aix-Marseille universités) seraient engagés dans des associations universitaires. Un chiffre à mettre en regard des 72% d’abstention relevés chez les jeunes de 18 à 34 ans, lors des précédentes élections municipales en 2020 selon une estimation de l’institut de sondage Ipsos-Sopra Steria. Un chiffre à replacer aussi dans un contexte d’épidémie de Covid.

    Faire de la jeunesse une priorité au niveau local

    C’est ce que demande dans une longue note publiée en novembre, le conseil d’orientation des politiques de jeunesse, une commission administrative consultative placée auprès du Premier ministre. Parmi les propositions, améliorer le rapport avec la police, garantir l’accès à la culture ou aux sports…

    35%

    des 18-24 ans se disaient intéressés par les municipales en 2020 selon une étude de l’Observatoire du Comportement Électoral des Jeunes, menée par l’Anacej (association nationale citoyenneté enfance jeunesse).

    16

    ans et pouvoir voter… Un droit qui s’inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant, pour participer à la vie démocratique de leur pays rappelle l’Unicef, pour qui « les jeunes ont une voix ! » Et d’exhorter les pouvoirs publics à abaisser l’âge du vote à 16 ans pour les municipales.

  • Le sens du combat avec Toulon en commun de Danielle De March

    Le sens du combat avec Toulon en commun de Danielle De March

    « L’enjeu pour notre ville est bien celui de la démocratie, Toulon ne doit pas tomber dans les griffes de l’extrême droite », exprime avec force l’ancienne vice-présidente communiste du Parlement européen Danielle De March.

    Elle met une fois encore toute sa passion et son expérience pour mener la bataille des idées dans cette campagne des municipales. Dans cette « bataille de Toulon », comme elle la nomme, consciente de la rudesse du combat qu’elle appelle à mener, en s’appuyant sur la grande histoire de la gauche à Toulon qu’il est utile de faire connaître aux jeunes générations. Une ville qui ne s’est pas toujours laissée aller à ses passions tristes. Loin s’en faut.

    Et de rappeler pour commencer que « le peuple toulonnais a eu à la Libération la possibilité d’acclamer sur le boulevard de Strasbourg le général de Gaulle et leur nouveau maire communiste Jean Bartolini ».

    Ce dernier avait été député avant de se voir déchoir de son mandat, arrêté, condamné par le gouvernement de Vichy et déporté à Alger comme tous les élus communistes refusant de se soumettre et renier leur parti.

    Et de montrer comment cet ouvrier de l’Arsenal, avec les socialistes, les démocrates devient le premier maire PCF du Port du Levant et comment il a porté haut et défendu les valeurs de la Résistance à la tête de la ville.

    L’occasion aussi de mettre à l’honneur Gabriel Péri un autre Toulonnais résistant et communiste qui a payé de sa vie le prix de son engagement contre le nazisme.

    Ouvrir le champ des possibles

    « Alors, oui, la gauche à Toulon peut écrire aujourd’hui de nouvelles pages, comme nous avons su le faire en 1977 », explique la présidente du comité de soutien à Magali Brunel tête de liste de Toulon en commun. Lors de ces municipales, le rassemblement de la gauche unie a en effet réussi à faire trembler les droites. Danielle De March manquant d’un cheveu alors de devenir maire du Port du Levant.

    Elle se souvient d’ailleurs de ce bel enthousiasme qui régnait alors en ville, notamment lorsque l’international de rugby André Herrero, décédé en fin d’année dernière – sa veuve Roseline vient de rejoindre le comité de soutien de Magali Brunel – prend la parole devant un opéra comble. Aragon, alors à Toulon, fait partie de l’auditoire. Aux côtés des salariés de l’Arsenal, des agents services publics. Et des habitants des quartiers populaires. « Ils étaient tous venus en force », reprend l’ancienne passionaria de la gauche toulonnaise.

    Une ferveur qui ne demande qu’à renaître, explique-t-elle fidèle à l’espoir que ses parents résistants lui ont inculqué. Et c’est d’ailleurs tout le sens de ce comité de soutien qu’elle préside et qu’elle continue jour après jour d’étoffer avec des artistes, sportifs et intellectuels de renom, des enseignants, des syndicalistes qui apportent leur signature. On relève par exemple la présence des journalistes et écrivains Claude Ardid André Baudin et Patrice Maggio, ou le co-initiateur des Amap en France Daniel Vuillon. Mais la liste est longue. « Raviver la mémoire combative de notre ville c’est aussi montrer ce qu’il est possible de faire aujourd’hui », ajoute-t-elle. Danielle met aussi en avant comment la mobilisation, certes plus modeste, de 2020 a permis à trois candidats de la liste de Toulon en Commun d’être élus : « Depuis 6 ans les formidables interventions en conseil municipal de Magali Brunel, André De Ubeda et Philippe Leroy ont su relever le défi tout en se maintenant sur le terrain au plus près des habitants de nos quartiers. »

  • À Aix, un premier « grand » meeting pour la gauche

    À Aix, un premier « grand » meeting pour la gauche

    Il y avait certes eu une réunion publique, une inauguration de la permanence de campagne. Mais c’est ce jeudi 5 février que l’union de la gauche, portée par le candidat et député (PS) de la 11e circonscription Marc Pena, a choisi de tenir son premier « grand » meeting de campagne. Le rendez-vous est donné au château de l’Horloge, un lieu qui « n’est pas un hasard, bien entendu, rapporte Marc Pena. Nous avions tracté là-bas, lorsque la liste Aix Avenir a déclaré son union (…) pour ce meeting, on voulait être dans un quartier populaire plutôt que vers le centre-ville. C’est une façon de dire qu’Aix est certes composée de son centre-ville vitrine mais aussi de nombreux villages et de quartiers dits populaires. Le Jas à tout ce qu’il faut pour lancer une campagne de gauche à Aix-en-Provence ».

    Sécurité, tranquillité

    Si le thème du logement avait imprégné le premier événement public du candidat, au tour des « grands thèmes de la campagne », d’être débattus. « J’insisterai, parmi les thèmes, sur la jeunesse, dont je fais un pilier de mon programme et les problèmes dits de sécurité. Ils sont prégnants sur le territoire. Je vois une municipalité qui est dans le déni total dans ce domaine, ça m’inquiète beaucoup, poursuit le candidat. À Aix, il faut être attentif à ce que le narcotrafic – que l’on voit dans de nombreuses villes – ne se mette pas à prospérer rapidement parce qu’on serait inertes. Je serais amené à développer des propositions concrètes sur la sécurité, la tranquillité publique, de manière générale. » Pour les noms de liste, il faudra encore attendre. « Ce n’est pas l’objet de jeudi. On a un peu de temps », estime Marc Pena. Des élus locaux et nationaux, dont les noms n’ont pas été communiqués, sont attendus sur la soirée. « Aix-en-Provence est un sujet national, estime-t-il. Si Aix venait à être à gauche, ce serait une bascule fondamentale pour le territoire. Si demain je suis maire, la donne de la Métropole change aussi, et chacun mesurera le chemin parcouru et la capacité de gagner dans un contexte peu évident », conclut le candidat.

  • À Marseille, la Société des écoles visée par une enquête

    À Marseille, la Société des écoles visée par une enquête

    Chantier symbole du plan écoles, la rénovation du groupe scolaire Saint-André – la Castellane (16e) se transforme en un caillou gênant dans la botte du Printemps marseillais. Ce chantier est en effet au cœur d’un signalement de l’ancien préfet de région Georges-François Leclerc, désormais directeur de cabinet à l’Élysée, auprès du parquet daté du 15 septembre dernier mais révélé ce lundi par le site d’information Blast.

    Au cœur de cet « article 40 », une « acquisition sans mise en concurrence comme l’exigent les règles des marchés publics », pointe le courrier de « dénonciation de faits susceptibles d’être constitutifs d’infractions à loi pénale et notamment de délit de favoritisme ». En ligne de mire, l’achat en catastrophe le 8 juillet 2025 des bâtiments modulaires de l’école Vayssière tout juste rénovée pour accueillir les enfants de Saint-André – la Castellane, face aux défaillances de l’entreprise en charge du chantier Impresa Percassi, dont le marché avait finalement été résilié le 19 décembre 2024 (notre édition du 03/04/2025), le tribunal administratif rejetant ses demandes d’indemnisations. Or, le directeur du service juridique de la Société des écoles avait averti son secrétaire général, avec l’ensemble de la direction en copie : « Tu fais fi du délit de favoritisme. » Une alerte ignorée, et un achat de 1,4 million d’euros validé dans l’été.

    « Permettre aux enfants d’avoir un réfectoire »

    « Cette décision unanime a permis aux enfants de l’école d’avoir accès à un réfectoire et des repas chauds dès la rentrée de septembre 2025 », se défend la municipalité. Tandis que le signalement pointe aussi le nombre élevé d’attributaires différents pour les rénovations, la Ville rappelle que la responsabilité est partagée avec l’État. « Le maire de Marseille s’étonne que son co-actionnaire, le préfet de l’époque, n’ait pas informé l’ensemble du conseil d’administration et des actionnaires du signalement », cingle-t-elle dans un communiqué. Indiquant saisir aussi le parquet. Interrogé, celui-ci n’a pas donné suite.

    Mais en pleine campagne, c’est du pain béni pour ses opposants. « Benoît Payan doit s’expliquer », exige Sébastien Delogu (LFI). « Le candidat Payan avait annoncé exclure de sa liste tous les colistiers faisant l’objet d’une enquête, va-t-il donc se retirer ? » interroge le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano.

  • Inscription sur les listes électorales : à Marseille, des quartiers aux urnes, remobiliser

    Inscription sur les listes électorales : à Marseille, des quartiers aux urnes, remobiliser

    « Élections municipales 2026, ce qu’il faut savoir. » Cité Bourrely, Kader Benayed, représentant syndical à l’hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse et porte-parole du collectif KGBS (Kalliste, Granière, Bourrely, Solidarité) jette un œil sceptique sur l’affiche scotchée sur la porte vitrée du centre social : « C’est bien, mais les gens ne les lisent pas. » La salariée de l’accueil défend : « Nous faisons de la sensibilisation auprès de tous nos adhérents, tout en reconnaissant : on manque de moyens pour aller vers. »

    Dans ces quartiers où 44% de la population vit sous le seuil de pauvreté, où les abstentions sont records chez les jeunes et où le RN fait de gros scores, le collectif veut remobiliser. « Je le vois avec mes élèves, ils sont totalement éloignés de la politique, témoigne Salim Siouani, enseignant en lycée, nous voulons toucher tous les publics. » KGBS s’est lancé dans cette campagne avec le même état d’esprit qui a présidé à la création du collectif, il y a près d’un an : « Redonner aux habitants de ces quartiers le pouvoir de décider de ce qui est bon pour eux, d’être un interlocuteur des politiques, et inversement, faire que les politiques agissent pour la population », explique Zamir Nahouza, professeur en lycée pro.

    « Votez Pierrette, Paulette ou Jacquette, mais votez ! » Lancé avec le sourire, leur slogan fait mouche au porte-à-porte. Leur force, c’est d’avoir grandi dans ces cités du 15e arrondissement, d’y avoir des amis et des proches. Et leur bras de fer avec la Métropole pour la remise en service des bus jusqu’à la Savine a conforté cette confiance. Ils placardent les affichettes dans les halls, grimpent les étages, frappent aux portes. Qui s’ouvrent souvent. « Pour les maires ? Oui je vais voter… mais je n’ai jamais été inscrite », avoue Cynthia, 35 ans, locataire « depuis toujours. Mais je voudrais partir, pour l’avenir de mon fils. Il y a beaucoup de choses à changer ici ». Kader lui tend un A4 pour les démarches d’inscription sur les listes. « Je vote quel nom ? Je ne connais pas les candidats », interroge-t-elle. Habitué, il hausse les épaules : « C’est à toi de choisir, il y a des programmes. »

    Le « qui fait quoi ? »

    Plus bas dans l’escalier, Houaria, femme de ménage et mère de quatre enfants, 42 ans, rentre du travail. « Avec mon mari nous votons toujours. Jamais RN, affirme-t-elle à Zamir, la priorité ça reste des solutions pour les jeunes qui traînent, l’emploi, la formation. » Si elle se dit « heureuse des travaux sur l’école, plus sécurisée », elle ne savait pas que cette compétence relève du maire. Le « Qui fait quoi ? » de KGBS servira de guide. Alors que les trois hommes se dirigent vers un autre immeuble, Cynthia leur crie sa victoire par la fenêtre : « Kader, je l’ai fait ! Je suis inscrite ! ». Un locataire qui aimerait voir sur un programme « bien vivre ensemble et dans la dignité », s’étonne de n’avoir trouvé dans sa boîte « que Delogu ». Kader relève : « Il y a des quartiers où les partis ont du mal à entrer. Nous avons appris qu’un membre de notre collectif est engagé personnellement avec LFI sur les 15-16. Nous serons attentifs à ce que ce ne soit pas au nom de KGBS. » Salim appuie : « C’est parce que nous ne sommes pas partisans que nous bénéficions de ce degré de confiance. »

    D’autres portes s’entrebâillent. Une mère isolée qui a emménagé il y a six mois, après un hébergement en foyer, essuie des larmes. « Très inquiète » pour un de ses fils, de 11 ans, qui « a changé de comportement ici ». Noyée dans des urgences familiales, elle accepte pourtant la fiche informative. « Je vote avec ça ? ». Kader lui décrit le processus.

    10 000 inscrits de plus

    Certaines portes restent fermées. Une retraitée, auxiliaire de puériculture en réanimation, qui a « rempilé parce qu’on ne peut pas vivre avec 800 euros », laisse échapper sa colère en poussant avec difficulté une chaise roulante : « Et ces travaux ! Ma mère n’accède plus à rien… Non, j’irai pas voter, ils sont tous nuls ! ». Le collectif écoute, entend, et explique. « Ne laissez personne choisir à votre place. Il ne suffit pas de contester, de dénoncer, il faut agir, s’organiser pour peser. Votez ! », ont-ils plaidé depuis deux mois auprès de « plus d’un millier de personnes », à la Solidarité, aux Aygalades, à la Granière, à Kalliste et aux Bourrely.

    Aller vers. C’est aussi ce qu’a entrepris la Ville depuis 2020 avec la mairie mobile. Un bus équipé d’un bureau municipal sillonne les quartiers pour pallier la perte de service public de proximité. Et son équipe carbure contre l’abstention. « nous sommes très sollicités depuis janvier, indique un agent. Informations, inscriptions, faciliter les démarches administratives, tout commence par là ». À bord vendredi 29 janvier, adjointe au maire en charge de l’état civil, Sophie Roques annonce « 10 000 inscrits de plus sur les listes. Avec 551 000 inscrits, il faudra 55 000 voix aux candidats pour se maintenir au second tour ».

  • [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    C’est pas tous les jours qu’on voit une star à l’école. » Les minots de l’école l’Estaque Gare ont reçu le rappeur Soprano comme il se doit : avec des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. Et surtout de chauds applaudissements quand il rentre dans la salle. « J’ai vécu dans les quartiers Nord, juste à côté. Je venais ici souvent pour la plage, je connais par cœur le secteur : là où vous grandissez, c’est un peu l’endroit où j’ai grandi aussi », lance la rock star du jour de l’école.

    Sauf qu’il ne vient pas pour un showcase mais en tant qu’ambassadeur de l’Unicef. Une organisation qui lui tient à cœur et surtout pour une cause qui lui est chère : la santé mentale des enfants. « Les enfants sont l’avenir, ils ont le potentiel de faire mieux que nous. L’Unicef me donne l’occasion de leur dire directement », explique-t-il, rappelant ses voyages en Côte d’Ivoire et aux Comores avec l’organisme de l’ONU. Forcément les minots sont excités comme des puces, les questions fusent et toutes ne parlent évidemment pas de santé mentale. « Pourquoi as-tu voulu devenir chanteur ? », lance l’un. Quand une autre demande : « Quelle a été le clip le plus dur à réaliser ? ». Mais le fond est bien là et les questions des enfants sont plus que pertinentes : « Quelle est la différence entre les adultes et les enfants pour la santé mentale ? ».

    « Lutte contre la noirceur »

    « On peut rencontrer des difficultés différentes en fonction de l’âge », rassure Jeanne Royer, coordinatrice pour l’Unicef. « Qu’importe l’âge ou le sexe, il y a des hauts et des bas dans la vie. Même pour les stars, il y a des passages à vide », abonde Soprano. Avant de se confier : « J’ai eu plein de problèmes avec la santé mentale. À force de tout le temps sourire, de dire que tout va bien […], on garde tout et l’on devient fragile, on rentre dans une parano. » Référence à ses dépressions et « sa lutte contre la noirceur » largement évoquée dans certains de ses chansons comme Mes Pensées ou Fragile.

    Pas refroidis par le sujet, les minots parlent même directement de harcèlement au collège et demandent au rappeur s’il en a été victime. « Moi non, mais j’ai vu que les harceleurs n’étaient pas toujours conscients qu’ils font du mal. Et les harcelés ont du mal à le dire. J’étais l’épaule de mes amis harcelés et je grondais mes collègues qui harcelaient », répond le rappeur. In fine, lui et l’Unicef insistent sur « l’importance d’en parler, de partager, d’alerter ».

    Si la visite est un franc succès, elle se fait dans un cadre bien spécifique : la 7e édition de la consultation nationale de l’Unicef avec un questionnaire dédié pour les 6-18 ans. La précédente édition portait sur les « privations et le déficit de protection » et avait récolté 16 203 réponses dans 1 800 villes. Catherine, bénévole à l’Unicef explique la démarche, avant la venue de Soprano : « On a passé la matinée à faire des ateliers par deux avec les élèves, en présence de la maîtresse pour le cadre. On adapte le vocabulaire et on simplifie les idées comme le fait Soprano, pour répondre aux questions des enfants. »

    En tout cas, les minots en ressortent convaincus. « Soprano nous a appris ce que c’était la santé mentale », relate Thaliyam, 9 ans, avec un brin de fierté. Son ami Gabriel, rajoute : « C’était trop bien, il nous a dit qu’il fallait en parler aux adultes si on avait des problèmes. » Mina, bientôt 11 ans va dans le même sens : « On a compris qu’on doit partager nos besoins et nos émotions. » Et surtout : « C’était mieux de le voir en vrai qu’à la télé ! ».

    « L’important c’est d’en parler, de partager, d’alerter »