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  • Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Quand tous les ingrédients sont réunis, et que la mécanique bat son plein, la recette ne peut qu’être un succès. Au départ de Château-Gombert, la 48e édition du Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise a été au rendez-vous sur tous les points.

    Notamment sportif avec un scénario plaisant et passionnant. « C’était une belle édition tout simplement parce qu’il y a eu de la course », souligne Lilian Calmejane, ancien coureur professionnel et consultant pour Novo19, le diffuseur du Grand prix. « Si on n’a pas suivi la course de l’intérieur ou qu’on n’a pas suivi à la télé, on se dit au final sprint massif, il ne s’est rien passé. Mais ce n’a pas du tout été le cas. Les coureurs nous ont proposé d’énormes mouvements de course depuis l’Espigoulier jusqu’à l’arrivée. Ça a été indécis avec le dernier gros repris à quasiment 500 mètres. Il y a eu du spectacle », poursuit l’Occitan, qui connaît sur le bout des doigts le tracé marseillais pour avoir terminé par deux fois à la troisième place de cette course d’ouverture de la saison cycliste européenne.

    La revanche du « Coq »

    « C’était un sprint massif, mais un sprint massif bien maîtrisé. Bryan Coquard a pris entre guillemets sa revanche, parce que c’est une course qui lui échappait alors qu’il a toujours pris en début de saison », note-t-il, conscient que « le Coq » était passé proche d’un premier sacre en 2021, année où Aurélien Paret-Peintre avait fait la différence dans un sprint final à trois.

    Mais la victoire du Nazairien n’est en rien une surprise. Surtout comparé à la présence de coureurs inattendus dans le top 10, à l’image de Nicolo Buratti (MBH Bank CSB Telecom Fort) et Xabier Berasategi (Euskaltel-Euskadi) qui terminent respectivement quatrième et cinquième au classement général. « Mais ils sortent d’où ? », s’interroge Lilian Calmejane à l’arrivée, persuadé que d’autres surprises surgiront à l’Étoile de Bessèges à partir de mercredi.

  • Les supporters de l’OM mettent un gros coup de pression aux acteurs du club

    Les supporters de l’OM mettent un gros coup de pression aux acteurs du club

    Les tensions autour de l’OM sont montées crescendo depuis l’élimination en Ligue des Champions, à tel point que les groupes de supporters ont réclamé une réunion avec l’ensemble des acteurs olympiens, lundi soir à La Commanderie. Selon l’un des participants, « l’ambiance était plutôt sereine » malgré le contexte. Les discussions ont duré plus d’une heure, où le match de Coupe de France, ce mardi face à Rennes, a été l’un des sujets centraux. « On n’a pas grand-chose à dire, juste qu’on veut la victoire. […] J’espère qu’on a été entendu, après on verra la suite comme vous », lance un supporter à la sortie de La Commanderie. Au-delà de l’état-major, tous les joueurs ont assisté à la réunion et Roberto De Zerbi, l’entraîneur olympien, était accompagné par son staff. Les supporters leur ont promis, selon nos informations, qu’ils vont bien les encourager, mais qu’en cas de défaite, il pourrait « peut-être y avoir 60 000 personnes sur la pelouse », comme le balance un autre supporter. Un débordement qui serait inédit dans l’histoire olympienne.

    Comme un air de 2023…

    Pour rappel, la dernière rencontre au sommet entre les supporters et les acteurs du club remonte à septembre 2023, période où l’entraîneur espagnol Marcelino avait démissionné de ses fonctions, ce qui avait provoqué le très éphémère intérim de Jacques « Pancho » Abardonado, puis la nomination de la légende italienne Gennaro Gattuso.

  • [Entretien] René Villard : « Le journal des combats des salariés et de la ruralité »

    [Entretien] René Villard : « Le journal des combats des salariés et de la ruralité »

    La Marseillaise : Comment percevez-vous l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes à partir du 7 février ?

    René Villard : Je ne peux que m’en féliciter ! J’étais présent au congrès de l’UD 04 où cette idée a été évoquée pour la première fois. J’ai vu la détermination qui a été mise depuis pour y parvenir, je ne peux que la saluer. Cela renoue le fil de notre histoire. Lorsque je militais à l’usine, on diffusait La Marseillaise parce que c’était le journal qui retranscrivait les combats des salariés. Cela a beaucoup manqué quand le journal a dû se retirer de notre territoire que ce soit au niveau syndical ou politique. Avoir un journal qui nous accompagne à nouveau, c’est une très bonne chose !

    Quels sujets concernant votre département, votre commune, ses habitants, vous semblent particulièrement importants à appréhender ?

    R.V. : La santé, la sécurité et le logement, c’est le triptyque de priorités qui figure dans mon programme municipal, je crois que ça correspond aux préoccupations de la population et j’imagine que cela dépasse notre département.

    Vous êtes communiste, vous avez été responsable syndical, engagé sur la reconnaissance des maladies professionnelles liées à l’amiante, quelle place attendez-vous dans nos colonnes pour le monde du travail ?

    R.V. : Ce sont des sujets qui sont très importants pour moi. Quand on a monté le « Comité amiante, prévenir et réparer » (Caper), La Marseillaise avait été au rendez-vous. Le pluralisme des médias est essentiel pour faire apparaître ces problématiques. C’est vrai pour le monde du travail, c’est vrai pour la ruralité aussi. Je me languis d’avoir La Marseillaise sur le bureau le matin. Il faut se battre pour que tous les maires, quelle que soit leur opinion politique, fassent de même.

    L’extrême droite progresse aussi dans les Alpes. Ça vous inquiète ?

    R.V. : On l’a vu lors des dernières législatives. Les gens en ont tellement marre de tout… Ce n’est pas en regardant les chaînes d’info en continu que ça ira mieux. Il faut que La Marseillaise soit attrayante, pour apporter un autre regard sur l’actualité, toucher le maximum de personnes. Nous avons à convaincre tout un tas de gens de s’en saisir. À l’occasion de la diffusion massive du journal le week-end qui arrive, on sera sur le marché de Château-Arnoux-Saint-Auban dimanche 8 février.

    Quels sont les enjeux des JO selon vous ?

    R.-V. : Personnellement, je trouve que c’est une bonne chose pour nos départements. Sans doute encore plus pour le 05 que le 04. Je sais que ça fait débat. Il faut que les investissements tiennent compte de l’existant et des besoins de la population.

  • Un dernier jour de mercato mouvementé à Marseille

    Un dernier jour de mercato mouvementé à Marseille

    Les périodes de mercato se suivent et se ressemblent côté olympien. L’état-major marseillais s’est activé dans les dernières heures avant la clôture définitive, prévue lundi à 20h, pour réaliser quelques retouches dans l’effectif.

    Attendu depuis quelques semaines, le club phocéen a officialisé lundi matin les arrivées de l’Angevin Himad Abdelli (3,5 millions d’euros, bonus compris), milieu offensif international algérien âgé de 30 ans, puis celle de Tochukwu Nnadi, milieu central international nigérian de 22 ans, en provenance de l’écurie belge du Zulte Waregem (6 millions d’euros). Si le nom d’Abdelli est plus parlant, en raison de ses trois saisons et demie passées en Anjou et de sa présence dans le groupe algérien lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, celui d’Nnadi est très estimé hors de nos frontières. « Joueur très physique », « aspirateur de ballons » et « rugueux », comme on peut le lire chez nos confrères belges et nigérians qui critiquent également sa capacité à prendre trop de cartons, la recrue surprise possède de solides atouts.

    Dégraissage massif

    « Je suis content d’être ici. C’est mon premier jour en France. Je suis ici pour jouer au football et me battre pour l’équipe. C’est mon ambition », a-t-il déclaré lors de son arrivée à l’aéroport de Marignane. Pour ne pas accumuler pas trop de milieux de terrain inutilement, l’OM a décidé de se séparer d’Angel Gomes, Matt O’Riley et Darryl Bakola. Le Britannique fait son retour en Premier League en rejoignant Wolverhampton sous la forme d’un prêt payant estimé à environ un million d’euros, assorti d’une option d’achat fixée autour de sept millions d’euros. Le Danois retourne à Brighton, après que les Seagulls ait décidé de casser le prêt en cours. Et le jeune français de 18 ans file à Sassuolo pour la somme de dix millions d’euros. Bakola n’a pas fait le voyage en Italie seul. Le défenseur latéral gauche suisse Ulisses Garcia a également fait ses valises pour rejoindre les Neroverdi sous la forme d’un prêt avec une option d’achat à quatre millions d’euros. Toujours à Sassuolo, le club italien a décidé de lever l’option d’achat d’Ismaël Koné, ce qui permet à l’OM d’encaisser 13 millions d’euros supplémentaires. Dans le même temps, Keyliane Abdallah, vainqueur de la Coupe Gambardella 2024, quitte temporairement la cité phocéenne. Le neveu de Toifilou Maoulida va découvrir le football espagnol, où il a été prêté au Nastic Tarragona, partenaire de la maison olympienne.

  • Un rapport confirme le risque grave pour les agents du bloc à Avignon

    Un rapport confirme le risque grave pour les agents du bloc à Avignon

    Un rapport d’expertise d’un cabinet agréé sur les conditions de travail au bloc opératoire de l’hôpital d’Avignon, communiqué ce mardi 27 janvier au personnel, a conclu « à l’existence d’un risque grave, identifié et actuel, pour la santé et la sécurité des agents du bloc opératoire, nécessitant une action urgente et concertée ».

    Une enquête commandée par la formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), à la suite d’une alerte pour danger grave et imminent déposée en novembre 2024 et du droit de retrait exercé en conséquence par les agents du bloc. Une étude dans laquelle 87 membres du personnel ont été interrogés, dont 19 ont évoqué des « idéations suicidaires en 2024 ». Le tout relaté dans un document de 121 pages que La Marseillaise a pu consulter. Il met en avant des « indicateurs alarmants », parmi lesquels un absentéisme de l’encadrement « critique » de 39,05% et de 15,10% au sein du bloc, soit « deux fois la moyenne de l’établissement ». Ou encore un turn-over de 40% au sein de l’encadrement, soit « un renouvellement complet en trois ans », de 43% chez les infirmiers en soins généraux (IDE) et de 25% chez les aides-soignants. En réponse, la direction organise une conférence de presse dans ses locaux ce mardi 3 février. Il y a deux semaines, suite à une alerte de la CGT, le directeur Pierre Pinzelli s’étonnait de l’engouement autour de l’audit, affirmant que l’enquête avait été lancée à son initiative. Assurant que c’était un « processus très concerté, très travaillé, très préparé », avec « l’objectif de ne pas créer de zones d’affrontements, de conflits ou de frottements, mais de travailler ensemble ». Et demandait « d’arrêter la personnalisation des choses », le bloc opératoire « n’est pas sous la gestion directe de la direction générale », lançait-il. Le tout alors que les équipes travaillent à la venue de la Haute autorité de santé (HAS) afin de tenter de récupérer la certification du centre hospitalier, perdue justement pour des défaillances liées au service.

    Impact financier

    Dans sa synthèse, le cabinet indépendant liste divers points de dysfonctionnement. Il décrit par exemple un « effondrement managérial », expliquant que « seul un cadre supérieur, arrivé en juin 2025, pilote désormais l’ensemble du bloc, assisté de coordinateurs “faisant fonction” qui cumulent missions d’encadrement et gardes opérationnelles ». Une situation qui « génère un vide managérial critique, empêchant toute régulation quotidienne efficace de l’organisation du travail ». Mais aussi des conditions de travail qualifiées d’« insoutenables », citant des agents qui « décrivent une cadence insoutenable avec des dépassements horaires quotidiens et une impossibilité structurelle de poser les congés ». Ainsi que des « risques pour la qualité des soins », évoquant des agents qui témoignent « des risques importants d’erreurs médicamenteuses, d’une vigilance altérée par l’épuisement et d’une hausse suspectée des infections nosocomiales ». Le tout avec un impact financier estimé entre 375 000 et 450 000 euros par an. Des recommandations sont également formulées en fin de document, telles que l’arrêt des réorganisations du service tant que les « problèmes ne sont pas réglés », la création d’un comité de pilotage, des recrutements « en urgence » ou encore l’octroi de moyens matériels supplémentaires.

  • L’OM nage en eaux troubles

    L’OM nage en eaux troubles

    Écarté de la course européenne, puis freiné dans son ascension en championnat samedi dans l’antre du Paris FC, l’Olympique de Marseille ne possède plus qu’une carte dans sa manche pour éviter de couler définitivement : l’épopée en Coupe de France qui pourrait apporter le premier titre, tant espéré par tous les Marseillais, après 14 ans de disette. Et sur le chemin menant au trophée, le Stade Rennais débarque ce mardi (21h10) au Vélodrome, pour les huitièmes de finale.

    Les Olympiens ont la ferme intention de rebondir après les derniers résultats décevants. « On travaille et on essaye de donner le maximum comme d’habitude », souligne Roberto De Zerbi. « Je prends mes responsabilités. Il faut essayer de tenir le coup dans les moments difficiles. C’en est un. Quand les choses vont bien, c’est facile. Mais il faut être fort dans les moments plus durs. C’est dans ce genre de moment que l’homme ressort, son professionnalisme et ses valeurs », poursuit le technicien italien. Il est notamment revenu sur le cas du défenseur Amir Murillo, rétrogradé en équipe réserve et qui était prié de quitter le club d’ici la fermeture du mercato, clôturé lundi soir à 20h en France.

    Selon De Zerbi, le Panaméen est coupable de plusieurs erreurs qui ont entraîné des buts cette saison. « La question est très simple : je pense que tout le monde voit des buts sur des touches, à la fin des matches… L’erreur footballistique je l’accepte mais il y a une chose que je veux voir : la faim. Je veux que tout le monde la voie », martèle l’entraîneur de l’OM, qui estime que cette rencontre face aux Rennais d’Habib Beye est « l’un des matches les plus importants de la saison », à l’instar de ceux joués à Bruges et au Koweït contre le PSG. Un retour au Vélodrome où les Marseillais vont probablement s’attendre à un accueil hostile, surtout vingt-quatre heures après la réunion entre les supporters, les joueurs, l’entraîneur et la direction à la Commanderie (lire ci-contre).

    « En ce moment, on est en tort. Quand tu es en tort, tu dois présenter tes excuses pour progresser. Le Vélodrome est un miroir. Un reflet de ce que tu donnes sur le terrain. Demain, il faut être prêt à recevoir des sifflets. […] Ça fait mal, mais il faut assumer et essayer de changer les choses », soutient De Zerbi, conscient que l’environnement olympien est unique. « La pression est plus élevée qu’ailleurs. C’est bien quand ça fonctionne et difficile quand ça va mal », résume-t-il avec justesse, tout en réclamant plus de temps pour parvenir aux résultats attendus par le peuple bleu et blanc.

    Le prometteur Nwaneri prend ses marques

    Il a débarqué dans un contexte sous tension, mais cela ne l’a pas empêché de montrer de bonnes choses sur le terrain. L’ailier international espoirs anglais Ethan Nwaneri, prêté par Arsenal et arrivé à l’OM la semaine passée en même temps que Quinten Timber, a vécu « une semaine très positive ». « Nous n’avons pas obtenu les résultats voulus mais nous allons dans la bonne direction. On est prêts à pousser et c’est très positif », souligne le natif de Londres âgé de 18 ans. Il s’est bien adapté aux consignes de son nouvel entraîneur, Roberto De Zerbi. « Il m’a juste donné quelques orientations tactiques pour prendre le ballon au bon poste et au bon moment. Il m’a donné beaucoup de liberté », ajoute celui qui veut « aider à marquer l’histoire du club ». « Marseille est un très grand club. Le coach, les joueurs, les supporters… C’est extraordinaire. C’était une grande expérience pour moi, je n’ai pas réfléchi longtemps. […] Le soutien est tellement formidable, le coach aussi… On sent une responsabilité. On veut faire au mieux », insiste Nwaneri.

  • Eric Feldman sur le drôle de divan de l’histoire à Marseille

    Eric Feldman sur le drôle de divan de l’histoire à Marseille

    Son spectacle aurait pu s’intituler « Freud et Hitler sont sur un bateau ». D’un côté, l’inventeur de la psychanalyse, « un savoir qui m’a sauvé la vie », campe Eric Feldman. De l’autre, « un assassin majuscule » qui a « tué un peuple, une culture et une langue, le yiddish ». Mais l’auteur et interprète de ce solo, qui prend ses quartiers au Théâtre des Bernardines du mardi 3 au samedi 7 février, a finalement opté pour le titre On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie. L’idée de son « stand-up théâtral », qui oscille entre l’humour et la gravité : évoquer « les effets traumatiques de la Shoah sur les enfants cachés survivants » – à savoir ses parents, oncles et tantes – « sur leurs propres enfants et particulièrement sur moi », rappelle Eric Feldman. Ses aïeux juifs « portaient l’étoile jaune infamante et ont miraculeusement survécu. Aujourd’hui, ils sont morts ou très âgés. Bientôt, il n’y aura plus aucun témoin direct de cette sombre période », alerte-t-il à propos cette « autofiction » qui, comme l’indique le programme des Bernardines, tire le fil rouge suivant : « Et si Hitler avait fait une psychanalyse avec Freud, aurait-il perpétré un tel génocide ? ».

    « Humour et dépression »

    Eric Feldman, lui, en a bien suivi une : « J’évoque aussi, par le biais de mon expérience psychanalytique, le thème essentiel de l’altérité, la question de l’étranger en soi, celle de la relation à l’autre, son éthique. »

    Sur un « plateau presque nu », Eric Feldman « nous parle de lui, mène le récit intime de ses névroses, qui sont nombreuses », résume Olivier Veillon. Mais, selon le metteur en scène de ce spectacle, « il mène aussi, par l’incarnation de lui-même, le récit d’un personnage auquel on s’attache, tout en flirtant avec une forme de danger souterrain, de folie douce et abysses où l’on sent qu’on pourrait plonger, sans jamais pourtant s’y abîmer tout à fait ». Se jouant des frontières entre le stand up et l’autofiction, Eric Feldman parle aussi bien d’Hitler et de psychanalyse que « d’avortement et de suicide », mais aussi de son « chat Milosh et du grand écrivain Isaac Bashevis Singer [auteur polonais en langue yiddish, Ndlr] ». Comme il le rappelle, « dépression et humour font souvent bon ménage ». Quant à l’origine du titre, On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie, « il ne vient pas de nulle part. Les spectateurs le comprendront à un moment », entretient-il le mystère.

  • [Entretien] Karima Boutayeb et Muriel Ré : « C’est la force des prud’hommes d’Arles que de travailler en collectif »

    [Entretien] Karima Boutayeb et Muriel Ré : « C’est la force des prud’hommes d’Arles que de travailler en collectif »

    Élue à l’unanimité du collège salarié, Karima Boutayeb reçoit le flambeau de vice-présidente du conseil de prud’hommes d’Arles de sa prédécesseure Muriel Ré. Elle sera présidente de la juridiction l’année prochaine, en alternance tour à tour avec le collège employeur.

    La Marseillaise : Comment appréhendez-vous vos fonctions ?

    Karima Boutayeb : Je suis honorée. Être la 2e femme à la présidence du conseil après Muriel a d’autant plus de sens au regard du parcours d’une femme engagée, ayant adhéré à la CGT en 2015 grâce à Claude Mas. J’aborde mon mandat avec engagement et humilité. Notre rôle est de rendre la justice. On a intérêt à être dans l’échange et l’écoute. Ce qui compte, c’est le justiciable, les divergences syndicales ne rentrent pas trop en compte. C’est ce que les conseillers prud’homaux CGT portent et nous avons une reconnaissance au sein du conseil. Je veux porter l’œuvre de Muriel, basée sur l’échange et le dialogue apaisé et permettre le travail commun. Pour avoir participé à des formations ailleurs, c’est la force d’Arles que de se mettre à table. On est nommé en tant que personne mais le travail est collectif, dans l’idée de l’échange, de la coopération et du respect entre toutes les composantes et toute l’équipe du conseil de prud’hommes. Je l’appréhende comme ça.

    Est-ce le début d’une nouvelle ère ?

    K.B. : Si on arrive à maintenir le bon fonctionnement du conseil, à prendre les dossiers en charge dans les délais et à rendre justice ce sera déjà beaucoup !

    Quelle évolution avez-vous pu constater dans la manière de rendre justice ?

    Muriel Ré : C’est un bouleversement. De moins en moins de justiciables vont aux prud’hommes alors qu’ils le pourraient, beaucoup préfèrent négocier directement avec l’employeur plutôt que de batailler. La procédure était auparavant axée sur l’oral mais glisse de plus en plus à l’écrit, ça peut expliquer les difficultés. Avant les justiciables venaient seuls, maintenant ce sont surtout des avocats qui les défendent. Ils pourraient être accompagnés d’un conseiller syndical mais on en manque. Mais ce n’est pas qu’il n’y a moins de problèmes !

    Est-ce plus difficile d’être une femme conseillère qu’un homme ?

    M.R. : Non ça n’est pas plus compliqué, après c’est mon caractère : je ne supporte pas les injustices. Cela dit, quand j’ai été présidente la première année en 2008, c’est allé jusqu’au pénal avec un homme en responsabilité. Il m’empêchait de prendre les dossiers, était tout le temps derrière moi… C’était la béquille des employeurs ! J’ai dû voir un médecin légiste pour qu’il apprécie mon ITT pénale. Mais je ne me suis pas laissée faire. Au final c’est lui qui est parti mais il a recommencé avec une autre conseillère. C’est pas pour rien toutes les dénonciations qu’on connaît aujourd’hui.

    K.B. : Ça s’est amélioré. Il y a eu du changement et une reconnaissance. On est attendu on reste vigilant mais on lâche pas.

    M.R. : Ce que je retiens c’est l’engagement pour la reconnaissance des droits des salariés et la justice. J’enrage de voir des gens qui ne se battent pas. Faut pas se laisser faire.

  • L’eau de mer devrait à nouveau couler dans le tunnel du Rove

    L’eau de mer devrait à nouveau couler dans le tunnel du Rove

    C’est historique ! Porté par le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre (Gipreb) et la Région Sud, le projet de remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove se concrétise enfin et entre en phase opérationnelle d’obtention des autorisations réglementaires de travaux.

    Deux éboulements

    Inauguré en 1927 après 16 ans de construction, l’ouvrage avait connu un éboulement en 1963 « à 1 kilomètre de la sortie côté Marignane, sur environ 130 mètres de long », explique Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « C’est lui qui empêche le passage de l’eau. » C’est à travers cet amas de pierres « qu’il va falloir mettre un tuyau en béton de 2,5 mètres de diamètre » afin d’alimenter l’étang grâce aux échanges avec la mer.

    Plus loin au nord, un second éboulement aurait pu poser des difficultés. « On a une zone qui s’appelle tranchée de Gignac, ou tranchée de Marignane, qui présente des talus d’une quarantaine de mètres au-dessus du niveau de l’eau, reprend le scientifique du syndicat mixte. En 2019, il y a eu un glissement de terrain sur l’un d’eux à environ 200 mètres de la sortie du tunnel. On aurait pu se dire : “le sort s’acharne“. Sauf que cet éboulement, très rapidement consolidé, a donné place à une nouvelle plateforme qui est tout à fait pertinente pour accueillir une station de pompage et son alimentation électrique, qu’il aurait été difficile de mettre dans le tunnel. » Cette pompe permettra d’envoyer l’eau stockée dans un bassin tampon d’un kilomètre de long dans le canal du Rove.

    Estimés à 16 millions d’euros en 2022, les travaux devraient débuter en 2029 « dans un calendrier optimiste », confie Raphaël Grisel. « Aujourd’hui, deux tiers du financement font l’objet d’engagement de la Région et de la Métropole. Un troisième tiers est en cours de construction avec une participation de l’État et de l’Agence de l’eau dès lors que toutes les études réglementaires auront montré l’efficacité du projet. »

    Un renouveau de la qualité de l’eau

    Avec ce projet, les scientifiques attendent une nette amélioration des milieux aquatiques grâce au retour des différentes espèces végétales essentielles à l’équilibre de l’écosystème. Des experts ont jugé que ces plantes, permettant production d’oxygène et stockage de carbone, pourraient avoir totalement reconquis leurs milieux après une vingtaine d’années.

    « L’idée, c’est que cet apport marin très pauvre en nutriment, en azote et en phosphore notamment, va permettre un renouveau et une amélioration de la qualité de l’eau dans l’ensemble du complexe lagunaire, puisque tout est interconnecté », explique le directeur du Gipreb. En amont de la remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove, une première opération de rénovation des ouvrages de communication entre l’étang de Berre et l’étang de Bolmon d’une part, et l’étang de Bolmon et le canal du Rove d’autre part, débute le 23 février.

    Ce chantier du tunnel du Rove s’inscrit dans la feuille de route globale du Comité stratégique de l’étang de Berre, installé par le préfet en juillet 2022, qui agit également pour la réduction des apports d’eau douce de la centrale EDF.

  • Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    « Nous bloquons toute entrée par la passe nord du port », a confirmé Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille lundi matin. Après une grève le 2 décembre, la CGT des compagnies Corsica Linea et La Méridionale avait déposé la semaine dernière un nouveau préavis de 48 heures débutant ce 2 février afin de « sécuriser les emplois ».

    Le syndicat dénonce l’arrivée de compagnies opérant sous pavillon étranger sur les lignes desservant le continent français avec le Maghreb et certaines destinations corses induisant une concurrence déloyale. « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois. Contre ça, on ne peut pas lutter », s’insurge le syndicaliste. Dans un courrier adressé au ministre des Transports, la CGT Marins exige de l’État français qu’il oblige les armateurs qui s’installent en France à respecter la législation française. « Il n’est pas normal que ces compagnies puissent utiliser un pavillon international, dénonce Frédéric Alpozzo, l’État doit supprimer les autorisations de GNV à Sète avec l’Algérie et nous attendons une coopération entre la France et le Maroc avec les ports de Sète et Marseille. » Autre revendication « urgente », précise le secrétaire général, « il faut un programme commun de flottes entre nos deux compagnies avec un programme supplémentaire de coopération à Sète avec l’Algérie, complémentaire au port de Marseille avec Algérie Ferries ».

    Un raz-de-marée low cost

    De sérieuses inquiétudes pèsent sur les compagnies françaises. Pour rappel, en juin dernier, le groupe CMA CGM n’excluait pas la revente de la compagnie La Méridionale, en difficulté. La CGT Marins, dans une lettre du 3 juillet demandait « solennellement » au PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé de conserver La Méridionale, craignant les lourdes conséquences sociales d’une telle vente. Le 24 janvier, confrontée « à une dégradation de sa situation économique, dans un contexte de concurrence internationale très intense », expliquait la direction de La Méridionale justifiant la cession du Kalliste à un chantier turc en vue de sa mise à la casse. « On nous annonce la perte de 50 000 passagers, des résultats qui ne permettront plus de payer les navires neufs, ni la mise aux normes écologiques de la flotte avec une activité réduite au service public entre Marseille et la Corse également menacée par Corsica Ferries sous pavillon italien. » Les marins refusent de désarmer et exigent une stratégie d’avenir.